Chapitre 8
Un faible, voilà ce qu'il était ! Il connaissait la formule, un simple Avada Kedavra et la situation aurait été réglée, définitivement. En aucun cas son secret n'aurait été divulgué, personne n'aurait su la retrouver dans la chambre mais il n'avait pas pu le faire. Une partie de lui, toujours cette foutue partie qui était incapable de gagner mais qui refusait d'abdiquer. Il aurait juste voulu arrêter de se sentir tirailler entre Astoria et sa vraie personnalité.
Alors, il l'avait endormie, s'était approché d'elle et l'avait regardée. Qu'est-ce qu'elle était belle, encore plus lorsqu'elle dormait, elle n'avait jamais autant ressemblé à un ange qu'à cet instant avec ce léger sourire sur ses jolies lèvres… Mais qu'avait-elle fait de lui ?
Il s'accroupit au-dessus de la tête de la sorcière et pointa sa baguette au niveau de sa tempe.
- Mimi s'est vexée et a disparu, alors tu es allée aux toilettes du second étage mais ils étaient inondés et tu as glissé. Tu t'es cognée la tête. Tu ne te souviendras de rien d'autre. Si quelqu'un te propose d'explorer ton subconscient, tu refuseras en insistant sur le fait que tu sais très bien comment tu t'es fait ça, que tu as simplement glissé. Tu ne te poseras plus de questions sur la mort de Mimi, tu sais qu'Hagrid n'est pas responsable mais tu ne veux pas savoir qui l'est, dit-il d'une voix très concentrée.
Il ne fallait pas qu'elle recommence à se poser les mêmes questions, mais il ne fallait pas non plus qu'elle déteste Hagrid, Astoria était réputée pour être une jeune sorcière réfléchie. Il se servit ensuite de sa baguette pour faire apparaître une bosse sur le front de la jeune femme.
- Désolé trésor, l'infirmière fera disparaître ça rapidement, dit-il en lui caressant la joue alors qu'elle était toujours inconsciente.
Il la prit dans ses bras et parla Fourchelang devant la statue de Salazar. Le basilic en sortit et Tom mit la sorcière dessus avant d'y monter également.
- Mène nous à la sortie, tu retourneras ensuite à ta place, ordonna Tom en Fourchelang.
Quelques minutes plus tard le serpent redescendit, Tom répara les dégâts que la sorcière avait fait aux éviers. Il ne put s'empêcher de penser qu'elle avait une sacrée puissance, si seulement elle n'était pas aussi profondément attachée à être une bonne sorcière ! Tout serait tellement plus simple si elle était comme lui ! Mais l'aurait-il aimée ? N'était-ce pas sa gentillesse, sa confiance envers autrui, sa naïveté, qui l'avait séduit ? Il n'aurait pas su le dire.
Il secoua la tête pour reprendre ses esprits, regarda une dernière fois autour de lui pour vérifier que tout était en ordre. Il déverrouilla la porte, enleva le sort de silence, alla s'accroupir près d'Astoria puis commença à appeler à l'aide. Le Professeur Dumbledore arriva quelques minutes plus tard, accompagné du Professeur Slughorn.
- Par Merlin Tom ! Qu'est-il arrivé à Miss Greengrass ? s'exclama Slughorn en arrivant près d'eux.
- Je ne sais pas, je l'ai trouvée comme ça, dit-il avec un air très inquiet.
- Vous avez le don pour vous trouver aux bons endroits, aux bons moments, dit le Professeur Dumbledore avec un regard perçant.
- Oui Tom, entre hier soir et aujourd'hui, Poudlard a beaucoup de chance de vous avoir ! s'exclama Slughorn.
Dumbledore n'ajouta rien et se contenta de demander aux deux autres de lui laisser de l'espace. Il fit quelques mouvements de baguette et la jeune fille ouvrit doucement les yeux.
- Merlin soit loué ! dit Slughorn en épongeant son front.
- Miss Greengrass, comment vous sentez-vous ? demanda Dumbledore.
- J'ai un peu mal à la tête, mais je me sens plutôt bien en dehors de ça, répondit-elle en touchant sa bosse.
- Que s'est-il passé ma petite ? demanda Slughorn.
- Mimi s'est vexée et a disparu, je suis venue ici en pensant la trouver mais il y avait de l'eau partout et j'ai glissé… Je me suis cognée la tête, probablement sur un des éviers puis… je me suis réveillée avec vous autour, expliqua-t-elle sans aucune hésitation.
- Vous êtes sûre que c'est tout ce qu'il s'est passé ? demanda Dumbledore.
- Oui Professeur, ou du moins, c'est tout ce dont je me souvienne.
- Peut-être pourrais-je explorer votre subconscient afin de vérifier qu'il n'y ait rien d'autre. Après tout, cela pourrait être plus grave. Une jeune fille est morte hier soir, proposa gentiment Albus.
Tom se retint d'avoir un sourire mauvais, c'est justement pour ça qu'il avait suggéré à Astoria de refuser, parce qu'il avait deviné que si Dumbledore les trouvait, il se montrerait plus suspicieux que les autres.
- Je vous remercie Professeur, mais c'est inutile, je me souviens très bien être tombée bêtement, refusa poliment Astoria.
Le Professeur Dumbledore se leva et tendit la main à la jeune fille pour qu'elle en fasse autant.
- Vous devriez vous rendre à l'infirmerie pour faire disparaître cette vilaine bosse, suggéra le Professeur Slughorn.
- Vous souhaitez que l'un de nous vous accompagne ? proposa Dumbledore.
- Non merci, inutile, Tom, ça te dérange de m'accompagner ? demanda-t-elle en lui souriant.
Il fut un instant saisi par le sourire qu'elle lui adressait, comme si rien ne s'était passé… Mais pour elle, c'était le cas, rien ne s'était passé. Il culpabilisa quelque peu en se disant qu'elle ne l'aimerait plus si elle savait mais il se rassura en se disant qu'il était toujours préférable de lui mentir plutôt que de la tuer.
- Bien sûr, répondit-il.
Ils partirent donc sous les yeux des deux Professeurs et Slughorn donna un coup de coude dans les côtes de Dumbledore.
- Je te parie deux bouteilles d'Hydromels et deux bocaux d'ananas confits que ces deux-là seront mariés et auront au moins deux enfants d'ici dix ans… D'ailleurs, ils battront tous les records à leurs ASPIC, avec deux parents aussi intelligents, s'amusa le Professeur de Potion.
Dumbledore ne répondit rien, se contentant de partir et de s'enfermer dans son bureau. Lui n'était pas aussi aveugle qu'Horace et il s'inquiétait énormément pour la jeune fille. Apparemment, Jedusor était attaché à elle, plus qu'il ne l'aurait cru, cela s'était vu dans son regard d'habitude si froid mais cela ne la mettait pas à l'abri de la dangerosité du personnage, bien au contraire. Malheureusement, il ne pouvait rien faire, car il n'avait rien à reprocher à Tom seul son mauvais pressentiment jouait en sa défaveur.
Astoria et Tom ressortirent de l'infirmerie dix minutes plus tard et Astoria n'avait absolument plus rien sur le visage. Alors qu'ils étaient dans un couloir, le jeune homme regarda à droite puis à gauche puis entraîna Astoria dans une salle de classe vide et l'embrassa, il la sentit sourire contre ses lèvres.
- C'est en quel honneur ? demanda-t-elle amusée.
- Juste parce que j'ai eu peur, avoua-t-il.
- Ce n'était qu'une petite chute, rigola la jeune fille.
- Oui, juste une chute, répéta-t-il en la serrant contre lui.
- Tu es sûr que tu vas bien ? demanda-t-elle le regardant tout en caressant sa joue, le sourire toujours présent sur ses lèvres.
- Oui, je vais bien, tout va bien à présent, assura-t-il en la reprenant dans ses bras.
Elle le trouva extrêmement tendre, et câlin, donc forcément, extrêmement bizarre, mais elle ne s'en plaignit pas, préférant profiter de ce moment unique. Si elle devait se faire une bosse pour qu'il soit comme ça, elle tâcherait de se cogner la tête un peu plus souvent, s'amusa-t-elle à penser.
Et elle eut raison d'en profiter, car cela ne dura pas plus de sept jours. Trois jours avant le départ, Tom recommença à se faire distant et froid, plongé dans le livre que la jeune fille lui avait offert lors de leur premier Noël.
Il s'était concentré à chercher un Tom parmi les descendants de Salazar Serpentard et n'avait pas accordé son attention au reste. Madame Cole lui avait dit un jour que, sa mère, avant de mourir, avait seulement demandé que le bébé, qu'il était alors, devait s'appeler Tom comme son père et Elvis comme son grand-père maternel. Il avait cherché un Tom Jedusor parmi les descendants de Serpentard mais il n'avait jamais trouvé.
Il s'était persuadé que si sa mère était morte, c'était forcément car elle était une Moldue mais un nom avait enfin réussi à attirer son attention, un Elvis Gaunt, qui avait donné naissance à un garçon, Morfin et à une fille, Mérope. Dans le train, il ne pensait qu'à l'adresse qu'il avait réussi à avoir. Il espérait vraiment avoir des réponses aux questions qu'il se posait et surtout à la plus importante de toutes : qui étaient ses parents ? Peut-être que son grand-père pourrait le renseigner…
Il sentit une caresse sur sa main et posa les yeux sur Astoria.
- Tu vas me dire à quoi tu penses ? demanda-t-elle.
- Je ne pense à rien.
- Tu viens chez moi ? demanda-t-elle.
- Tes parents ne m'ont pas invité.
- Mes parents ne t'invitent plus depuis le premier Noël, ta présence tombe sous le sens, railla-t-elle.
- C'est gentil, mais je dois retourner à l'orphelinat… Je te rejoindrai dès que je pourrai.
Elle était déçue, mais le sorcier se rattrapa en l'embrassant et la gardant dans ses bras tout au long du voyage. Seulement, il passa plus de quinze jours sans donner de nouvelles et elle doutait de la véracité de ses propos : il n'avait sûrement pas mis un pied à l'orphelinat.
