Chapitre 9
Tom arriva au Manoir Greengrass à plus de minuit et se fit discret pour rejoindre la jeune fille. D'une part, parce qu'il était très tard mais aussi parce qu'il était dans un état de fureur, de rage mais surtout de tristesse, même s'il le cachait la tristesse derrière la colère, il ne valait mieux pas que les Greengrass le voient comme ça. Il espérait ou plutôt, une partie de lui espérait qu'Astoria parviendrait à le calmer.
Il venait de découvrir l'horrible vérité de sa naissance. Sa mère, issue de la plus noble des familles Sang-Pur était tombée amoureuse d'un Moldu… Même pas un Sang-de-Bourbe, non, un pur Moldu, sans aucun pouvoir, sans aucun intérêt. Rien que de savoir qu'il tenait son nom d'un Moldu lui donnait des envies de meurtre, il y avait d'ailleurs succombé en tuant son géniteur et les parents de celui-ci. Mais il en avait appris plus, plus qu'il ne le voulait. Sa mère avait ensorcelé, probablement à l'aide d'un philtre d'amour, ce Moldu et c'est de ce mensonge qu'il était né.
Il se sentait trahi, sali. Il était le fruit d'une folle et d'un homme qui avait été abusé. Pas étonnant qu'il soit si différent des autres ! Il pénétra dans la chambre de la jeune fille et insonorisa la pièce, il ne voulait pas que les parents d'Astoria le surprennent à cette heure-là. Elle était tellement belle, la seule qui l'aimait sincèrement. Mais au final, même elle ne l'aimerait pas si elle savait, personne ne pouvait l'aimer quant à lui… Il aimait peut-être Astoria, mais que gagnerait-elle à être la seule fille pour laquelle il pourrait éprouver un sentiment aussi fort que de l'amour ? Et lui, quel serait son bénéfice : une permanente sensation de tiraillement entre sa véritable personnalité et cette personne dont Astoria s'est éprise. L'amour ne rimait à rien.
Toutefois, la présence de la jeune fille faisait déjà un peu effet, une partie de lui se sentait mieux depuis qu'il la regardait. Cette même partie qui ne ressentait que de la tristesse et non de la colère, celle qu'il voudrait tuer pour ne plus ressentir de tels sentiments inutiles. L'amour, la tristesse, la tendresse, tout cela ne faisait que le ralentir dans ses projets. Si encore ça annihilait le reste, peut-être serait-ce bénéfique mais là…
Il caressa la joue d'Astoria et vit un sourire fleurir sur ses lèvres, ses magnifiques lèvres qui semblaient toujours l'appeler lorsqu'il laissait place au Tom qu'elle aimait. Elle bougea un peu dans son sommeil puis finit par se réveiller en sursaut.
- Tom ! s'exclama-t-elle.
Elle resta un moment sans bouger, surprise de le découvrir, probablement en train de se demander si elle dormait encore puis elle l'enlaça en lui sautant dessus.
- Tu m'as manqué, dit-elle.
Puis elle l'embrassa et elle l'invita à prendre place à ses côtés, ce qu'il fit. Cela étant, même si la jeune fille était présente à ses côtés et qu'elle faisait preuve de tendresse, ce qu'il avait fait et appris plus tôt dans la journée ne cessaient de le tourmenter.
- Tu ne m'as pas donné de nouvelles pendant un moment, dit-elle au bout de quelques minutes de silence.
Il hésita un instant, devait-il inventer un mensonge ou dire la vérité, enfin, en oubliant le passage où il tuait son père et ses grands-parents paternels avant de modifier les souvenirs de son oncle pour le faire accuser des meurtres. Si vraiment il voulait qu'elle le calme, il fallait qu'elle comprenne à quel point il était mal, l'heure n'était plus à la dissimulation. Il lui raconta donc tout sur ce que sa mère avait fait, sur le fait que son père était parti dès qu'il en avait eu l'occasion, il n'insista pas sur ce qu'il ressentait mais la jeune fille savait qu'il minimisait les choses, cela se voyait qu'il était grandement perturbé…
Mais en même temps, il ne pouvait pas lui confier ce qu'il avait vraiment sur le cœur : l'impression que personne ne pouvait l'aimer, l'impression que dès sa création le monde avait décidé d'être injuste avec lui… Ce qu'il en résulte à présent ? Un besoin de vengeance et de domination, plus forts que jamais.
Elle lui prit la main et se mit à califourchon sur lui, caressant sa joue.
- Ce que tu as appris aujourd'hui concerne ta naissance, pas ta vie ! Je n'ose imaginer à quel point cela peut être dur mais tu n'es pas seul, je suis avec toi, dit-elle avant de le serrer contre elle.
- Tu es la seule à m'avoir aimé mais ton amour est loin d'être inconditionnel !
- Je suis la seule à t'aimer parce que je suis la seule à qui tu en as donné l'occasion. Tu ne considères pas les autres comme des amis… Je ne sais même pas si tu les considères, répondit-elle.
Il attendit, sachant qu'elle n'avait pas fini.
- Pour ce qui est de l'amour inconditionnel, je pense qu'aucun ne l'est vraiment, pourtant, il faudrait vraiment beaucoup de choses pour que je cesse de t'aimer, dit-elle en lui souriant.
- M'aimerais-tu si je tuais quelqu'un ?
- Cette question est trop délicate pour que je puisse y répondre par un simple oui ou non.
- Alors développe.
- Bon, pour commencer, tout dépend de qui et des raisons qui t'y auraient poussé. Mettons que tu tues quelqu'un qui compte pour moi pour je ne sais quelle raison… Je ne pourrais jamais te pardonner, pourtant, je ne cesserais pas de t'aimer. De plus, tu sembles oublier que mes parents t'apprécient beaucoup.
- Beaucoup moins s'il savait que j'entre chez eux par effraction pour m'introduire dans la chambre de leur fille, s'amusa Jedusor.
Il se sentait déjà un peu mieux, la colère était toujours là, mais il pouvait de nouveau la mettre de côté et profiter de ce que lui apportait la présence d'Astoria.
- Par Merlin, Tom, tu viens de faire une sorte de blague !
- Insinuerais-tu que je manque d'humour ? demanda-t-il tout en connaissant déjà la réponse.
- Non, bien sûr que non ! Tu es un tel boute-en-train ! railla-t-elle en souriant.
- Et maintenant, tu te moques ouvertement de moi, dit-il en haussant un sourcil.
- On ne peut rien te cacher, tu es vraiment un sorcier très intelligent.
Il eut un de ces rares sourires qu'il ne réservait qu'à elle et il la renversa pour se retrouver sur elle.
- Astoria Greengrass, sais-tu que tu es la première à te moquer de moi et à m'en faire rire ? demanda-t-il en l'embrassant.
- C'est un véritable honneur pour moi !
- Qu'as-tu de si spécial pour réussir avec moi là où personne n'a jamais réussi ?
- Je ne sais pas, je pense que c'est à toi de répondre à ta propre question, répondit-elle en gémissant doucement en sentant les lèvres de Tom dans son cou.
- Tu es belle, commença-t-il.
- C'est tout ce qui te plait chez moi ? Il y a des sorcières plus jolies que moi.
- Si c'est le cas, je ne les ai pas encore vues, mais non, ce n'est pas tout. Lorsque je suis rentré à l'école, tu as été la seule à m'accepter immédiatement sans te soucier d'où je venais. Tu es douce, tu sais pardonner, tu es intelligente, généreuse… Tout ce que je ne suis pas et quelque chose en plus que je ne saurais pas définir, dit-il en la regardant dans les yeux.
- Une blague et une très belle déclaration dans la même soirée ! Je ne pensais pas vivre ça un jour, dit-elle en l'embrassant.
Elle rigola, son rire agissait comme un calmant puissant sur lui en cet instant pas de ceux qui endorment mais un capable de chasser toutes ses sombres pensées et qui les remplaçait par de la joie… Pourquoi, alors qu'il pensait avoir déjà vu tout ce qu'Astoria pouvait faire pour lui, il découvrait qu'elle pouvait faire encore bien plus. Il se sentait tellement bien en cet instant qu'il souhaitait que plus rien ne change, que cet instant dure toute une éternité. Pourquoi passait-il du noir au blanc en un clin d'œil ?
- Je t'aime, dit-il en fixant la jeune fille, droit dans les yeux.
Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais rien ne sortit. Il commençait à se sentir mal à l'aise, pourquoi ne disait-elle rien ? Et par Merlin, pourquoi pleurait-elle à présent ? Mais il n'eut pas le temps de se vexer vraiment car la jeune fille semblait se reprendre.
- C'est la première fois que tu me dis ces mots… Honnêtement, je ne pensais pas les entendre un jour, dit-elle en caressant la joue du jeune homme.
Il allait lui dire que non, ce n'était pas la première mais se rattrapa juste à temps en se souvenant que, si lui gardait le souvenir de ce qu'il s'était passé dans la chambre des secrets, ce n'était pas son cas à elle.
- Je t'aime aussi Tom, ajouta-t-elle en l'embrassant plus passionnément que jamais.
Le baiser dura un certain temps, puis Tom sentit les mains hésitantes d'Astoria descendre et tirer sa robe de sorcier. Il ne chercha pas à l'arrêter, se demandant si vraiment, ils étaient enfin sur la même longueur d'onde concernant leurs envies. Il la laissa déboutonner sa chemise, la lui ôter et ferma les yeux lorsque les mains de sa petite-amie caressèrent son torse. Il ne tint pas longtemps avant de reprendre les commandes.
Il enleva le haut que portait la sorcière et caressa sa poitrine, ce qui la fit frissonner. Il se savait tout autant inexpérimenté qu'elle, quelque part, c'était rassurant de savoir qu'elle non plus ne savait pas à quoi s'attendre. Il descendit sa bouche le long du cou de la jeune femme et posa ses lèvres sur l'un de ses seins pendant que la sorcière caressait son dos, ses épaules, ses cheveux.
L'envie monta rapidement, se transformant en besoin. Il ôta le pantalon qu'elle portait et les derniers vêtements qu'il portait lui-même puis, prenant ses lèvres dans un nouveau baiser, il la pénétra sans plus de détour. Un petit cri s'échappa des lèvres de la sorcière et ses yeux se remplirent de larmes. Tom se sentit perdu quelques instants mais elle lui fit un sourire encourageant.
- Vas-y, mais plus doucement, lui intima-t-elle.
Ce qu'il fit jusqu'à ce qu'il la sente se détendre, là, il estima qu'il pouvait accélérer la cadence, de petits gémissements s'échappaient de la bouche de la sorcière, excitant un peu plus le jeune homme qui ne tint pas longtemps avant de jouir en elle.
Il se retira et s'effondra à ses côtés. Ils s'endormirent sans rien dire de plus, juste serrés l'un contre l'autre.
