Chapitre 11
Le pire pour la famille d'Helena arriva juste après Noël. La mère de famille s'éteignit en pleine nuit, et l'enterrement eut lieu quelques jours plus tard. Tom, qui avait rejoint Astoria chez elle dès le début des vacances lui tenait la main et la soutenait du mieux qu'il pouvait même s'il ne comprenait pas.
Que les Moldus soient soumis à la mort, cela pouvait se comprendre mais les sorciers n'étaient-ils pas supérieurs ? Tom avait fait des recherches, il existait un procédé pour devenir immortel alors pourquoi ne pas s'en servir ?
Pourquoi s'infliger ça et pourquoi infliger ça aux autres ? C'était tellement idiot, tellement humain ! C'est avec ces idées en tête qu'il repartit pour Poudlard avec la ferme intention d'en savoir plus. Slughorn était celui qu'il pouvait manipuler le plus facilement et il parvint assez facilement à obtenir les réponses qu'il cherchait, cependant, cachant mal son vif intérêt, il fit quelque peu peur au Professeur de potion. Mais ça n'avait aucune importance, dans 6 mois, il aurait terminé sa scolarité.
Un Horcruxe, en créer un permettait de survivre si le corps mourrait. Alors, Tom s'était demandé pourquoi n'en créer qu'un ? Un Horcruxe était un objet regorgeant de magie noire mais il n'était pas infaillible ! Si un ennemi venait à le détruire, il se retrouverait aussi vulnérable que n'importe qui ! Alors que s'il en créait plusieurs, six, plus le morceau en lui, cela donnerait le chiffre sept qui avait un caractère magique. Il n'aurait qu'à les cacher dans des endroits sûrs et il s'assurerait une vie éternelle. Loin de la mort et de la maladie.
Astoria n'allait pas bien, c'était évident mais elle se faisait une raison, puis, elle se concentrait sur son nouvel objectif : obtenir ses ASPIC afin d'entrer à l'Université Magique de Médecine et plus tard, elle ferait tout pour découvrir le moyen de guérir le mal qui avait coûté la vie à sa mère. Puis elle avait Tom, mais elle sentait que ce dernier s'éloignait de nouveau, redevenant sombre comme auparavant.
Mais elle le connaissait depuis plus de 6 ans maintenant. Tom était quelqu'un de compliqué et il était impossible à comprendre. Elle savait qu'il avait une grosse part d'ombre et elle se doutait, sans savoir comment, qu'il pouvait être capable du pire mais bizarrement, il semblait aussi capable du meilleur pour elle, par moment.
Alors, elle décida de monter le voir un matin, alors qu'il était dans son dortoir.
- Tom ?
Elle le vit lever la tête d'un livre et la regarder.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il surpris.
- J'avais envie d'être avec toi, répondit-elle en s'approchant du lit.
- Je suis occupé, je lis comme tu l'as vu, répondit-il en se forçant à lui sourire.
D'un geste de sa baguette, elle ferma la porte à l'aide d'un sort puis insonorisa la pièce. Il la regarda d'un air contrarié qu'elle ne parte pas mais également curieux de voir ce qu'elle allait faire. La sorcière enleva sa cape, défit sa chemise, sa jupe et resta devant lui en sous-vêtements.
- Je ne sais pas ce qu'il t'arrive et si tu ne veux pas m'en parler, je n'insisterais pas mais… Je voudrais juste que tu sois le même qu'avant…Celui qui m'aimait.
- Je t'aime toujours Astoria, répondit-il en rangeant son livre.
- Prouve-le-moi !
Il lui fit signe d'approcher, ce qu'elle fit et il posa ses mains sur ses hanches. La tirant vers lui, il posa ses lèvres au milieu de sa poitrine.
- Pourquoi, dès que je m'isole un peu, il faut que tu remettes en question ce que je ressens pour toi ? demanda-t-il en dégrafant le soutien-gorge de la sorcière.
- C'est toujours tout ou rien avec toi et j'ai du mal à passer de tout à rien, dit-elle en fermant les yeux de plaisir face aux caresses de Tom.
- Je suis désolé, dit-il en l'embrassant.
- Ce n'est pas grave, je ne m'étonne plus maintenant. Je préfère venir te chercher moi-même plutôt que de t'attendre, dit-elle en déboutonnant la chemise du sorcier.
- Comment as-tu réussis à entrer ? J'ai essayé un jour de venir te rejoindre dans ton dortoir et je n'ai pas pu.
- Apparemment, ils ont dû penser que les filles étaient plus sages, s'amusa Astoria.
Tom ne répondit rien et se leva face à la sorcière. Il la laissa le déshabiller et ne put s'empêcher de fermer les yeux en sentant les lèvres de la jeune fille dans son cou. Il lui enleva le dernier vêtement qu'elle portait et la souleva. Elle passa ses jambes autour de sa taille puis le serra plus fort lorsqu'elle le sentit en elle.
Le dos d'Astoria rencontra la pierre froide des murs mais cela ne l'incommoda pas. Le corps de Tom pressait le sien, elle le sentait partout, autour d'elle, en elle et elle donnerait tout pour vivre ça jusqu'à la fin de ses jours. Une fois de plus, les sensations qu'il lui procurait et l'intensité des sentiments qu'elle éprouvait pour lui, lui firent atteindre l'orgasme. Sans la lâcher, il alla jusqu'à son lit et s'y allongea, ils étaient collés l'un contre l'autre, vu qu'il s'agissait d'un lit une place.
- Je vais faire un effort, promit-il.
Tom mit de côté ses projets d'Horcruxes, sans vraiment les oublier mais il savait qu'il ne pouvait pas faire ça tout en restant le même… Or, Astoria ne supporterait pas qu'il fasse de la Magie Noire. Il devait essayer de trouver un autre moyen d'accéder à l'immortalité. Concilier ses désirs avec ses sentiments pour elle devenait vraiment compliqué voire impossible. Il se demandait combien de temps cette situation durerait, avant qu'il ne se retrouve face à un choix à faire : Astoria ou ses envies de dominations, d'immortalité et de terreur ?
Le reste de l'année passa à une vitesse affolante et les ASPIC étaient à présent terminés, après bien des discussions, Tom avait fini par accepter de venir vivre dans l'appartement que le père d'Astoria avait offert à la jeune fille. La vie à deux était étrange pour le sorcier, bien sûr, il avait passé sept années à la côtoyer de près tous les jours mais là, il n'y avait qu'eux deux dans un appartement, qui, bien qu'il ne soit pas petit ne lui offrait pas autant d'espace que Poudlard. Plus difficile donc de se consacrer à ses recherches sur la magie noire.
Alors, il se rendait chez Nott ou Lestrange, en se gardant bien de le révéler à Astoria où il passait son temps lorsqu'il ne travaillait pas. Bien entendu, elle les détestait l'un comme l'autre, elle trouvait leur penchant pour la magie noire dérangeant. Ironique puisque c'était Tom lui-même qui avait poussé ces deux-là un peu plus loin pour servir ses propres intérêts, mais ça, elle l'ignorait !
- Je me suis toujours demandé pourquoi tu avais choisi Astoria… Elle est tellement différente de nous ! s'exclama Nott un jour où Tom lisait chez lui.
- Déjà, de quel « nous » tu parles ? Je ne suis comparable à personne. Ensuite, depuis quand oses-tu me poser des questions personnelles ? demanda-t-il froidement sans lever les yeux de son livre.
Nott blêmit, il savait que c'était une mauvaise idée, il n'aurait jamais dû. Maintenant, il n'avait pas le choix, il devait continuer, car Tom ou plutôt, Voldemort, comme il voulait se faire appeler depuis sa sixième année, ne le laisserait pas faire machine arrière.
- Je suis désolé, cela ne me regarde pas, je le sais, mais j'étais curieux, dit-il sans parvenir à soutenir son regard glacial.
- Une part de moi ne peut s'empêcher de l'aimer. Je fais avec, répondit-il plus honnêtement que ce que Nott avait pensé.
- Mais n'est-elle pas un handicap pour toi ? Pour tes desseins ?
- Oui.
- Alors pourquoi ne pas…
- La tuer ? demanda-t-il en levant enfin les yeux de son livre pour regarder Nott dans les yeux.
- Je pensais plutôt à quelque chose de moins radical, puisqu'apparemment tu l'aimes réellement. La quitter, précisa-t-il.
- Je ne peux pas me passer d'elle, je ne veux pas me passer d'elle.
- Ne crois-tu pas que, plus tard, si tu réalises tes projets, elle sera une menace ? Un Mage Noir amoureux…
- Est-ce que j'entends un soupçon de moquerie dans ta voix ?
- Non ! Bien sûr que non ! Je voulais juste dire que lorsque tu seras devenu Lord Voldemort, lorsque tous les sorciers auront peur de prononcer ton nom… En imaginant qu'elle te suive, ce dont je doute fortement… Un de tes opposants n'aura qu'à la tuer elle, pour te faire du mal…
- Je ne conçois pas les choses comme toi, si une part de moi l'aime, l'autre partie saurait vivre sans elle. Bien sûr, si quelqu'un venait à me l'enlever contre mon gré, je tuerais cette personne en veillant à ce que ce soit long et douloureux, puis je tuerais probablement toute sa famille au passage mais, je m'en remettrais rapidement.
- Comment peux-tu le savoir ?
- Arrête avec tes questions, je le sais, c'est tout !
Contrarié, il partit. Nott n'avait pas eu tort, au contraire. Astoria le ralentissait, elle ne le suivrait pas dans ses projets et maintenant, il savait ce qu'il voulait. Quoiqu'il arrive, il ne reculerait pas. Alors quoi ? Il devait la quitter ? Impossible, si elle vivait, c'était près de lui…
Si elle vivait… La solution était-elle sa mort ? Devait-il envisager de tuer Astoria pour que Voldemort puisse enfin exister complétement ? Est-ce que la part de lui qui ressentait les sentiments mourrait en même temps que son grand amour ? Il en était capable, il le savait mais il ne le ferait que s'il n'avait pas le choix, or, pour le moment, tout allait bien.
Astoria suivait ses cours de Médicomagie, elle était heureuse de rentrer le soir près de lui, il en était de même pour le jeune homme. Pour l'instant, il pouvait encore être Tom pour Astoria et le futur Voldemort lorsqu'elle n'était pas là.
Tom savait qu'il se retrouverait bientôt devant un choix. Un choix qu'il voyait se rapprocher doucement depuis qu'il fréquentait Astoria. Mais il lui restait encore du temps pour profiter avant de devoir renoncer à cette femme, sa femme !
