"Sirius."
Il était assis la tête entre les genoux dans la cellule à côté, et il lui aurait été difficile de le reconnaître dans la rue. Ils étaient uniquement séparés par des barreaux, et elle avait pressé son visage contre la grille.
"Bella ?"
Il avait levé la tête, lentement. Leurs regards s'étaient croisés, et elle avait fait l'effort de ne pas détourner les yeux.
"C'est moi."
Elle avait tenté de sourire sans y parvenir.
"Comment..." demanda-t-il en s'approchant d'elle.
"Je suis là depuis quelques semaines je crois. C'est difficile à dire ici, pas vrai ? J'ai réussi à échanger ma place avec ton ancien voisin de cellule. Pas très coopératif au début mais il a fini par céder. Ma cellule avait vue sur la mer. Oh, Sirius. Je suis tellement contente de te revoir."
Elle avait plutôt envie de lui arracher les yeux pour avoir trahi la cause qu'il ne savait pas qu'elle défendait. Même si cette envie avait un peu diminué en voyant que Sirius n'était plus lui-même.
Il n'était plus le jeune homme fringant, un peu railleur et incontestablement agaçant de vingt ans qu'elle avait connu.
C'était un homme usé, des cernes marquaient la peau sous ses yeux, son teint était plus pâle qu'il ne l'avait jamais été, une barbe désordonnée lui mangeait le visage, ses cheveux emmêlés atteignaient presque ses coudes.
Sa voix était étrange. Il n'avait plus l'habitude de parler autant.
"Est-ce que tu savais pour Peter ?" demanda-t-il d'une voix froide.
Il avait l'air tellement ravi de la voir. Elle soupira.
"De quoi tu parles ?"
Pas la peine de tourner autour du pot, rien n'énervait plus Sirius. Et elle était fatiguée des devinettes et des jeux de dissimulation.
"Pettigrow. Tu savais qu'il était de votre côté et allais trahir James et Lily ?"
Il avait perdu la raison. C'était pire que ce qu'elle craignait. Elle aussi ressentait l'effet des Détraqueurs et c'était terrible, mais il était resté ici bien plus longtemps qu'elle. Et elle avait au moins eu droit à un procès.
"Je ne comprends pas, Sirius. Tu deviens fou. Tu as tué Pettigrow. Tu as trahi les Potter." dit-elle avec pitié.
"Ne répète jamais ça. Je n'aurais jamais trahi James. Jamais." gronda-t-il.
Si il avait pu se tenir debout dans sa cellule, il aurait sûrement fait les cent pas.
Qu'avait-il dit déjà ?
"Pettigrow était le traître ? C'était Pettigrow... Tout ce temps... La pièce manquante. C'est pour ça que tu l'as tué." dit-elle lentement.
Tout s'expliquait. Elle aurait quand même préféré que Sirius prenne en compte les vies des autres passants avant de produire l'explosion.
"J'aurais bien voulu. Peter est un Animagus, Bellatrix. Il a fait exploser la rue avant de s'enfuir. Sous forme de rat."
"Ils l'ont formellement identifié." objecta-t-elle.
"Grâce à un seul doigt. On ne meurt pas d'un doigt manquant."
"Tu es innocent alors."
Elle respirait mieux tout d'un coup.
"Ne me dis pas que... Tu l'as cru ? Merlin... Tu as cru que j'étais responsable de la mort de James et Lily ? James, Bellatrix, James !"
"J'ai pensé que tu n'avais pas réfléchi aux conséquences."
Elle essayait d'aborder une attitude nonchalante, il n'était pas logique qu'une Mangemort soit soulagée d'apprendre que Sirius soit innocent.
Mais intérieurement elle hurlait de joie.
"Bon sang, je ne suis pas de ton côté et je ne le serais jamais, crois moi." rétorqua Sirius d'un air revêche.
Comment avait-elle pu douter ?
C'était trop d'émotions d'un coup.
Elle en voulait à Dumbledore de l'avoir convaincu de la culpabilité de son cousin, elle était surprise et soulagée que Sirius n'y soit pour rien, elle était choquée d'apprendre la survie de Pettigrow et inquiète qu'il soit resté tapi dans l'ombre tout ce temps...
"Tu m'as manqué." dit-elle, en glissant ses doigts à travers les barreaux pour prendre la main de l'autre prisonnier.
Il porta la main de Bellatrix moqueusement à ses lèvres.
"Et toi qu'est-ce que tu as fait pour te retrouver ici ?" questionna-t-il.
Il craignait le pire.
Les questions, toujours. Il avait besoin de réponses. Et elle ne voulait pas lui donner si elle pouvait l'éviter.
"Tu préfères ne pas savoir." répliqua Bellatrix Lestrange, essayant de ne pas y penser.
La présence des Détraqueurs qui circulaient dans les couloirs n'aidait pas.
"Les autres prisonniers disent que Voldemort a disparu, alors pourquoi ? Tu étais libre et tu as continué ce qu'il faisait. Pourquoi, Bellatrix ?" continua Sirius, insistant.
Elle n'avait pas pensé qu'il poserait la question. Elle aurait dû s'en douter.
"Tu ne comprendrais pas." commenta-t-elle un peu misérablement.
"Je n'ai plus dix-huit ans, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué."
Evidemment, il était plus vieux maintenant. Mais ce n'était pas le problème. Aussi tentant que cela était, elle ne pouvait rien dire. Elle avait promis à Dumbledore et ça compromettrait sa mission.
"C'est une histoire que je n'ai pas envie de te raconter."
Sirius eut un reniflement moqueur. Il se doutait de la raison qui l'empêchait de raconter. Elle devait bien se douter qu'il était allié de Dumbledore.
"As-tu des nouvelles de Rémus ?" finit-il par demander.
"Tu es toujours le même. Je parie que c'était la première question que tu voulais me poser. Il a travaillé un temps à Fleury et Bott. Il a été renvoyé à cause de sa constitution je crois. Les temps sont difficiles pour les loups-garous. Et il est seul."
Comme eux.
"Mais ?" interrogea Sirius.
Il la connaissait trop bien. Ce petit sourire en coin, l'étincelle au fond de ses yeux...
"J'ai peut-être glissé les coordonnées d'un refuge pour loups-garous sous sa porte au cas où cela empirerait. Je pense qu'il a un travail moldu en ce moment. Professeur de musique ou quelque chose comme ça."
Elle aimait bien le loup-garou. C'était quelqu'un d'intègre, de gentil et d'honnête. Elle le savait pour l'avoir observé pendant quelques mois.
"Tu as gardé un œil sur lui."
Elle ne pouvait pas affirmer le contraire. Elle avait souvent glissé des annonces sous sa porte. Elle avait bu un verre ou deux dans un pub douteux avec lui, la capuche de sa cape rabattue sur son visage. Elle avait payé en avance son logeur pour qu'il ne le mette pas à la porte s'il avait besoin de temps pour payer son loyer.
"Tu t'es occupé de lui. Tu l'as fait pour moi." réalisa Sirius.
Elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle baissa la tête, les joues un peu rouges. Elle avait eu besoin de garder un contact avec ses souvenirs de Sirius, besoin de savoir qu'il y avait quelque chose de bon en lui. Elle savait qu'il avait aidé le loup-garou par le passé. Elle avait juste prit la relève, pour perpétuer les gestes désintéressés de Sirius, ça lui faisait oublier qu'il les avait trahis, Remus et elle.
"Peut-être que j'ai juste un faible pour les hommes au système pileux développé." murmura-t-elle, les paupières baissées.
"Approche." demanda-t-il avec douceur.
Elle s'exécuta et il chercha à saisir son visage à travers les barreaux.
Ce n'était pas facile de s'embrasser à travers les barreaux mais après deux tentatives plutôt ratées ils y mirent toute leur passion.
"Il savait pour nous deux." remarqua Sirius, perdu dans ses pensées, une fois le baiser rompu.
Quoi ? Que lui avait-il dit ?
"Tu es fou ? Si mes amis l'apprennent je suis morte ! Qui d'autre le sait ?"
Elle était en panique totale. Pourquoi Sirius était-il allé parler d'elle à son ami ? Ne se rendait-il pas compte d'à quel point c'était dangereux pour eux ?
"Personne. Et si Remus est au courant c'est parce qu'il était venu à l'improviste à l'appartement un matin. Je n'ai pas eu le cœur à le laisser dehors, c'était bientôt la pleine lune et je n'aurais pas su quelle excuse inventer de toute façon. Tu dormais encore." expliqua Sirius.
Un Détraqueur passa, et Bellatrix combattit ses souvenirs de Rodolphus. Sirius ne lui prêta pas aucune attention. Il était presque immunisé à force. Toujours les mêmes images, terribles.
Bellatrix reprit la parole, un peu tremblante.
"Je ne crois pas. Il y a bien une fois où j'ai entendu le bruit d'une discussion et j'ai préféré prendre la poudre d'escampette par le balcon de la chambre plutôt que d'affronter un visiteur dans le salon." se rappela-t-elle.
Elle n'avait pas reconnu la voix mais elle connaissait mal Remus à l'époque.
"Il y avait quand même quelques affaires à toi dans le dit salon." dévoila Sirius.
Elle s'en souvenait. Elle avait transplanné pieds nus et sans manteau en plein hiver et s'était retrouvée aux portes de sa demeure. Elle avait remonté l'allée à cloche-pied.
"Ma veste et mes chaussures." confirma-t-elle avec un sourire : elle se rappelait avoir maudit Sirius mille fois ce jour là.
"Ta veste était dans la penderie, il n'a pas pu la voir. Ton châle, tes chaussures et tes bas en revanche étaient bien disséminés dans le salon avec ma ceinture et le T-shirt que je portais la veille."
Ils étaient enfermés dans l'endroit le plus sécurisé du monde sorcier ou presque et l'un des plus angoissants mais ils furent tout d'un coup pris d'un fou-rire, l'une s'imaginant la scène, l'autre se la remémorant.
"Il pouvait difficilement croire que tu ne faisais que m'héberger mais de là à deviner que c'était mes affaires... Il ne me connaissait pas assez." raisonna Bellatrix, une fois calmée.
"Tu avais laissé ton alliance sur la table." lui apprit Sirius, le regard un peu vide.
Il n'était pas aussi immunisé contre les Détraqueurs qu'il voulait bien se le faire croire.
"En quoi... question stupide. Les armoiries des Black et des Lestrange entrelacés. J'imagine qu'il connaissait au moins celle des Black ?"
"Connaissant Rémus il est probable qu'il puisse reconnaître n'importe quel blason des Grandes Familles."
Le loup-garou avait longtemps été passionné par l'histoire et semblait être le seul qui appréciait les cours de Binns.
"J'aurais pu inventer pas mal de choses si sous la bague il n'y avait pas une lettre avec "BELLA" écrit en gros dessus de l'écriture très distinguée de l'adorable Cissy. Quand je m'étais levé, quelques minutes plus tôt, il y avait un hibou à la fenêtre. J'avais posé la lettre sur la table et mis ton alliance par dessus pour t'éviter de l'oublier, puis Rémus a frappé à la porte. Je n'y avais plus pensé et étais sorti de la pièce le temps de mettre du thé à chauffer. Quand je suis revenu dans la pièce principale, Remus avait ton alliance entre les doigts."
"Je me rappelle d'avoir oublier mon alliance ce jour-là mais tu ne pouvais pas m'expliquer ce qui s'était passé en me la rendant ?" remarqua la plus âgée des deux en serrant la main de son cousin dans la sienne.
Elle sentait le froid se propager dans ses os.
"Tu aurais mis fin à notre relation. Ce n'était pas ce que je voulais."
Il était un peu embarrassé de lui avouer cela mais que lui dire d'autre ?
"Idiot. Si tu savais ce qui était bien pour toi... Comment s'est passée votre conversation ?" dit-elle tendrement.
"Il m'a demandé des explications. Je n'en avais pas vraiment. J'aurais pu lui dire que je cherchais à obtenir des informations ou que j'essayais de te faire changer d'avis mais il aurait senti que je ne lui disais pas tout. Il m'a dit que j'avais vraiment un grain. Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas comprendre. Que..."
Un Détraqueur était passé et Sirius s'était arrêté. Il avait toujours eu des difficultés pour le dire, et se retrouvait plongé dans un désespoir permanent n'aidait pas.
"Oui ?" demanda Bellatrix, en cherchant à être plus près de lui malgré les barreaux.
"Je lui ai dit que tu me plaisais vraiment beaucoup physiquement, que tu avais un corps de déesse et que je ne pouvais pas..."
"Sirius !" le coupa Bellatix, mi-outrée, mi-amusée.
"Tu aurais du voir ta tête. Je lui ai dit que je t'aimais, Bellatrix." soupira-t-il avant de caresser sa joue.
Le désespoir dû aux Détraqueurs qui l'envahissait se rétracta en partie. Son cœur battait un peu plus vite chaque fois que Sirius le lui disait. C'était stupide.
"Qu'est-ce qu'il a répondu ?" lui demanda-t-elle.
Elle voulait savoir ce qu'il avait décidé.
"Que je ferais bien de le dire aux autres. Ce que j'ai refusé de faire. Et je ne crois pas que Remus l'ai fait non plus. Il ne m'avait pas menacé, ça sonnait comme un conseil. A ma grande honte je t'avoue que ça m'a donné des doutes sur sa loyauté."
Il se sentait mal en y repensant et essaya de refouler ses pensées. Avoir des remords était l'une des faiblesses humaines que les Détraqueurs exploitaient le mieux.
"Et lui sur la tienne sans doute. Il doit penser que je t'ai retourné contre l'Ordre." comprit Bellatrix.
C'était ce que Sirius s'interdisait de penser depuis des années. Son seul ami qui n'était ni mort ni un traître était probablement convaincu qu'il était un meurtrier à la solde d'un mage noir. Azkaban ne paraissait pas si désagréable après cette constatation.
"Qu'est-ce que tu sais sur l'Ordre ?"
Les mots de Bellatrix lui avaient échappé sans qu'elle se rende compte de ce qu'elle impliquait.
"Suffisamment." répondit-t-elle d'un ton neutre et détaché.
Après tout, il était évident que les Mangemorts sachent qu'on leur opposait une résistance organisée par Dumbledore.
"Depuis que je suis ici, quels membres sont tombés ?"
Il redoutait la réponse, mais il devait poser la question.
"Les Londubat ont subi l'effet du Cruciatus. Longtemps. Trop longtemps. Ils sont à l'aile des malades permanents de Ste Mangouste. Mercury et James Bones sont morts. Alissa Monroe et Charline Maugrey aussi. Claudius et Ramsès Perry."
Son cœur se serra. Il connaissait bien Ramsès, qui avait deux fils en bas-âge en 1981, et Charline, capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor avant James.
"Je ne te demande pas si tu es responsable, hein ?" murmura-t-il.
Il regretta un peu ses paroles quand il vit qu'il l'avait blessée.
"Je ne fais que suivre les ordres." rétorqua-t-elle, acerbe, en prenant garde à ne pas se laisser aller au sentiment de tristesse ambiant.
"Assume tes actes. Voldemort est mort." contrecarra Sirius.
Il détestait que l'on fuit ses responsabilités. C'était lâche. En même temps qu'attendait-il d'une Mangemort ? Il l'aimait certes, mais elle avait une âme corrompue.
"Pour combien de temps ?" cracha-t-elle, lasse.
Elle était fatiguée de tout ça. Elle ne demandait qu'à vivre en paix, quitte à finir sa vie ici.
"Qu'est-ce que tu veux dire ?"
"Il reviendra. J'en suis certaine." chuchota-t-elle.
Pourquoi était-il surpris ? C'était le credo des Mangemorts, pour affoler la population. Et même si c'était le cas...
"Ce qui te fait énormément plaisir je suppose. Ce dont tu rêves sans arrêt, pas vrai ?"
Bellatrix cligna des yeux. Qu'est-ce qu'il lui prenait tout d'un coup ?
"Sirius, j'ai aimé deux fois dans ma vie. La première fois ça s'est terminé très vite et très mal. J'ai peur que la seconde fois soit pareille. J'aimerais juste que pour une fois on profite du temps qu'on passe ensemble pour faire autre chose que se crier dessus."
"Tu lui retomberas dans les bras s'il revient, n'est-ce pas ?"
Il avait baissé la voix mais elle n'eut aucun mal à l'entendre.
"Pardon ? Oh, les rumeurs. Tu penses que je l'aime passionnément ? Lui ?"
Il la dégoutait au plus haut point. Pas qu'elle puisse le révéler à Sirius.
"Même mort tu suis encore ses ordres." lui reprocha son compagnon, amer.
Elle eut du mal à retenir un sourire. Il était jaloux.
"Il n'y a que la Gazette pour propager des absurdités pareilles. Je suis le bras droit de Voldemort, pas son amante. Et crois moi je n'y tiens pas. Le seul autre homme que j'ai aimé est mort il y a des années. Avant mon mariage à Rodolphus."
Ses pensées s'égarèrent un moment sur Simon.
"Comment te traite-t-il ?"
La confusion se peignit sur son visage. Simon ?
Quand Sirius répéta sa question d'un ton concerné, elle comprit qu'il parlait de Rodolphus Lestrange.
"Il caresse toujours l'espoir que je lui porte un fils. Au moins Azkaban m'évite de l'avoir à mes côtés." dit-elle en faisant une grimace.
"Il te bat toujours."
Ce n'était pas une question.
"Peureux comme il est ? Non. Il me fait battre, c'est mieux." rétorqua dédaigneusement Bellatrix.
Qu'elle haïssait cet homme !
"Il continue aussi de te violer ?" demanda Sirius, leurs doigts entrelacés.
"Il continuera tant que je ne serais pas consentante. On peut parler d'autre chose ?"
"Pourquoi tu te laisses faire ?"
Parce qu'il a besoin de penser que je suis une épouse soumise qui obéit à la loi traditionnelle sang-puriste et qu'il a une totale emprise sur moi pour que je puisse continuer ma mission d'espionne pour Dumbledore discrètement n'était pas la réponse idéale.
"N'inversons pas les rôles. Celui qui est en tort, c'est lui, pas moi. Je ne te permets pas de commenter mes réactions à ce qu'il m'inflige."
C'était vrai aussi. Il n'avait pas à lui dicter sa conduite. C'était Rodolphus qui devait être pointé du doigt et changer de comportement, pas elle.
"Excuse-moi. Amis ?"
Elle acquiesça et ils restèrent là à parler de tout et de rien pour faire passer le temps et oublier les Détraqueurs, avant de sombrer dans le sommeil, seulement séparés par une grille.
