« Le chaos est rempli d'espoir parce qu'il annonce une renaissance. »
Coline Serreau

Remus blanchit furieusement tandis que les autres personnes les regardaient étrangement.

—Les lupryadalis ? Qu'est-ce que c'est ? demanda Lily aux Élus du Temps tandis que Sirius s'était tourné vers son petit-ami qui tremblait.

—Remus, ça va ?

Il hocha faiblement la tête avant de répondre à la question de Lily.

—Comment avez-vous pu vous en sortir par Merlin ? commença-t-il en s'adressant à Remus et Hermione. Les lupryadalis sont des créatures sanguinaires. Nés de l'union d'un elfe et d'un loup-garou, ce sont des êtres aux cheveux roux, aux yeux bleu électrique, haut de deux mètres minimum. Ce sont des machines à tuer. Ils ont pris les meilleurs caractéristiques de leurs parents, la magie et la puissance des elfes, la vitesse et les sens sur-développés des loups-garous. Ils ne souffrent pas de lycanthropie liée à la pleine lune mais peuvent se transformer quand bon leur semble, souvent pour chasser leurs proies. Lorsque tu entres sur leur campement, tu ne peux pas t'échapper. Dans le meilleur des cas, tu deviens un des leurs, dans le pire, ils te torturent jusqu'à la mort. Si tu parviens à t'échapper, tu as maximum vingt-quatre heures pour survivre, quelque soit ta place sur Terre.

—C'est impossible ce que tu dis Remus.

—J'ai eu la même réaction Alice, quand Rem' m'a expliqué qui ils étaient. Mais je t'assure que c'est vrai.

—Et comment tu sais ça Lunard ? demanda James.

—Je vous ai dit qu'ils descendent des elfes ET des loups-garous. Pour eux, ils sont considérés comme des dieux vivants.

—Tu es comme Rem', tu exagères ! fit Hermione.

—Tu n'as pas vécu en meute, lui répondirent d'une même voix les deux Remus.

—Et s'ils sont si forts, pourquoi ils ne sont pas déjà là ? Votre préavis de vingt-quatre heures est bientôt dépassé. Et vous étiez où ? Comment se fait-il que je n'ai jamais entendu parler de cette espèce ?

—Ils sont très discrets, et seuls les loups-garous, ce que tu n'es pas et heureusement pour toi, les connaissent, et encore, uniquement ceux qui ont fait partie d'une meute. En revanche, j'aimerais beaucoup savoir comment vous avez fait pour leur échapper. Même si la maison est entourée de sorts très puissant, ce n'est pas un simple fidelitas qui les empêchera d'entrer.

—Ils ne viendront pas pour une raison très simple, nous ne nous sommes pas échappés, ils nous ont laissé partir.

—Impossible.

—Nous étions en Albanie et c'est là-bas que je me suis rendu compte que l'objet que nous cherchions était chez eux. J'ai tout de suite pensé signer mon arrêt de mort, mais Helena y croyait dur comme du fer que nous allions nous en sortir. Nous avons été attrapés par deux elfes qui faisaient leur tour de garde. Je vous épargne les détails de notre intégration, nous avons trouvé l'object et il a été détruit, mais un lupryadalis nous a vu et il a demandé une audience aux tre të mëdha, les trois grands en albanais, ce sont leurs chefs. Nous avons été en procès devant toute leur tribu, ils voulaient nous tuer mais une des elfes qui nous avaient attrapé, nous trouvez louche et elle a pris de notre essence magique.

—C'est illégal !

—Ils n'obéissent pas aux mêmes lois que nous Lily. Mais elle a découvert que Helena avait été bénie par une descente du chef des elfes, elle était intouchable et je suis de sa famille, par extension, je le suis aussi.

—Bénie ?

—Je l'ignorais. Je l'ai découvert en même temps qu'eux.

—Et vous avez pu partir juste comme ça ?

—Les chefs des loups-garous et des elfes étaient pour notre libération, celui des lupryadalis était contre, mais la majorité l'emportait et je crois qu'il y avait une quelconque loi ancienne qui disait que puisqu'on était béni, on devait avoir la vie sauve. Après, ils nous ont tout de même menacé. On ne doit pas rependre cela sur tous les toits, ni revenir sur leur territoire.

—Donc on compte sur vous pour n'en parler à personne.

—Tout de même, survivre aux lupryadalis !

—On est encore sous le choc rassure-toi.

Fabian et Gideon quittèrent rapidement le QG après cela, ils devaient se lever tôt le lendemain matin, rapidement suivis par Alice et Frank. Les maraudeurs et Lily restèrent plus longtemps, surtout pour Lily qui posaient le plus de questions à Hermione et Remus sur cette nouvelle espèce qu'elle venait de découvrir.


La réunion se termina et la majorité des membres sortirent du QG pour rentrer chez eux. La réunion avait été intensive, Hermione avait rencontré les nouveaux membres de l'Ordre et Remus les avait revu, certes avec plusieurs années de différence, mais ils étaient tout de même bien là. Enfin presque tous. Les morts récentes de plusieurs membres planaient au-dessus de leurs têtes et ce n'était point plaisant. Beaucoup leur avait jeté des regards accusateurs, comme s'ils pensaient qu'ils étaient responsables de la mort des autres membres. Hermione pensait que c'était surtout parce qu'il n'avait pas révélé leur mission mais Remus n'en était pas si sûr.

Certes ils n'étaient pas là et ne pouvaient donc rien faire, mais cela n'excluait pas que certaines choses n'étaient pas de leur faute. La mort d'Emmeline Vance par exemple. C'était une des seules à avoir survécu au premier ordre et qui avait pu se construire une vie après la guerre mais maintenant elle était morte, soit dix-sept ans plus tôt que s'ils n'étaient pas revenus dans le passé et Remus ne pouvait cesser de se sentir coupable. Causer la mort d'un mangemort, il ne s'en formalisait plus et avait bien évolué là-dessus ces dernières années, mais provoquer la mort d'une de ses alliés, voire amie dans sa jeunesse, c'était difficile à accepter.

Dumbledore et Maugrey vinrent les voir à la fin de la réunion et ce dernier leur ordonna de se rendre dans son bureau. Hermione se retint de lui faire une remarque que c'était sa maison et que donc ce bureau était le sien, mais elle se retint. Autant ne pas mettre le feu au poudre avant d'avoir parler, même si elle savait pertinemment ce que les deux sorciers ne les convier pas là-bas s'ils ne voulaient pas savoir ce qu'ils avaient fait pendant leur absence.

—Grace, Lucas. Nous vous avions dit que nous ne vous demanderions pas de compte-rendu de vos missions, vous ne voulez rien nous dire de toute façon, mais nous sommes en droit de vous demander ce que vous avez fait pendant presque trois mois d'absence, alors que vous auriez pu être utile ici.

Les Élus du Temps s'étaient doutés que les deux chefs de l'Ordre les interrogeraient, et ils s'étaient donc demandés ce qu'ils pouvaient leur dire, une partie de la vérité, mais bien évidemment, pas tous les détails.

—Nous avons dû aller en Albanie pour notre mission, commença Hermione. Elle s'est soldée par un succès, bien heureusement, mais nous avons eu un léger contre-temps, des elfes nous ont trouvés, et avec cela, des loups-garous et des lupryadalis.

—Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Maugrey tandis que Dumbledore les regardait, médusé.

—Comment avez-vous pu vous en sortir ? fit-il en reprenant contenance.

Remus fit une brève explication sur ce qu'était les lupryadalis à l'auror présent puis ils expliquèrent simplement qu'ils avaient tous les deux étaient bénis par une descendante d'elfe. La vérité étaient édulcorée, mais les deux sorciers n'étaient pas censés le savoir, si bien qu'ils ne dirent rien de plus, même si Dumbledore semblait toujours méfiant et surpris.

Ils sortirent du bureau et rejoignirent les maraudeurs et Lily dans la cuisine. Ces derniers savaient, ou pensaient savoir ce qu'il s'était passé en Albanie, et même s'ils ne le montraient pas, ils étaient heureux que les deux sorciers leur aient fait confiance au point de leur raconter ce qu'ils avaient fait pendant tout ce temps en Albanie, ce qui n'était pas le cas des autres membres de l'Ordre.

Remus s'affala sur une chaise pendant qu'Hermione se servait une boisson. La jeune femme n'avait qu'une envie, reprendre son mannequin de combat et s'entraîner pendant de longues heures, jusqu'à connaître cet épuisement qu'elle aimait tant. Ne pas s'entraîner pendant plusieurs semaines, même si être chez les lupryadalis lui avait appris certaines choses, cela lui avait beaucoup manqué. Mais Remus lui avait fermement conseillé d'attendre un peu. La nouvelle lune arrivait et c'était à ce moment-là que le loup qui était en eux s'énervait et où Hermione, il fallait se l'avouer, était la plus insupportable, alors comme il l'avait si bien dit, autant laisser un peu plus d'énervement se dévoiler à ce moment-là. Alors elle prenait son mal en patience.

D'un certain côté, il avait raison, son voyage l'avait tout de même fatiguée et elle pouvait aspirer à un peu de calme avant de se reprendre et s'entraîner. Mais elle craignait la prochaine bataille, elle avait peur de ne pas, de ne plus être à la hauteur.

—Helena, tu peux venir ?

La sorcière hocha la tête, surprise que Sirius veuille lui parler, encore plus à en croire sa tête, d'un sujet grave qui nécessitait leur mise à l'écart.

A sa surprise, ils ne sortirent pas dans le jardin ou sur le bord de mer mais montèrent au premier étage, dans la salle de combat. Il fit apparaître des coussins et invita Hermione à s'asseoir. Toujours surprise, la sorcière obtempéra tandis que Sirius resta debout.

—Je n'aime pas la mer, commença-t-il. C'est pour ça que je suis venu ici plutôt que sur la plage.

Hermione ne répondit pas, elle attendit seulement que Sirius continue, il ne l'avait pas fait venir ici seulement pour lui dire ça. Mais le sorcier n'avait pas l'air décidé à lui répondre, il faisait les cents pas à travers la pièce.

—Je suis désolé, finit-il par lâcher.

Hermione lui jeta un regard mêlé de surprise et d'interrogation.

—Je suis désolé pour ce qui t'est arrivé.

—A propos de quoi ?

—A propos de moi qui te fait remonter de mauvais souvenirs, à propos de ma cousine qui t'a fait je ne sais quoi, à propos de—

—Sirius. Assieds-toi, ordonna Hermione en désignant le coussin qu'il avait métamorphosé quelques minutes plus tôt.

Voyant qu'il ne semblait pas plus décidé, elle lui jeta un regard éloquent et il s'assit de mauvaise grâce.

—Premièrement, tu ne pouvais pas savoir que tes paroles auraient de telles conséquences, sinon tu ne l'aurais pas dit, même pour satisfaire ta curiosité sur mon passé. Ensuite, il est vrai que me remémorer tout cela m'a fait du mal, mais c'était en avril Sirius, de l'eau à couler depuis. Quant à ta cousine… Je ne sais même pas si on peut encore l'appeler comme cela. Tu as été renié, et même si tu ne fais plus partie de cette famille de fou qu'est la famille Black, Bellatrix est mariée. C'est Bellatrix Lestrange maintenant. Et qu'importe, oui c'est mon épouvantard, oui j'ai terriblement peur d'elle pour ce qu'elle m'a fait dans le passé, mais je ne vois pas le rapport avec toi. Ce n'est pas parce que vous avez un lien de sang qu'il faut y accorder de l'importance. Ta famille, ce n'est pas elle. Pas plus que Narcissa ou tes parents. Ta famille, c'est Remus, c'est James, c'est Lily. Ne trouves-tu pas qu'ils sont une bien meilleure famille ? Alors oui, tu m'as déjà blessé Sirius, plusieurs fois, mais jamais autant que Bellatrix Lestrange, je la déteste, encore plus que Voldemort, mais ce n'est pas toi Sirius. Ce n'est pas toi.

—Mais malgré ce que tu dis, même si j'ai été renié, je reste un Black. Azkaban me l'a bien montré. J'ai les cheveux noirs et bouclés, j'ai les yeux gris si reconnaissable, j'ai cette part sombre et violente en moi, j'ai un caractère de merde et…

—Sirius, ce qui compte ce ne sont pas vos ressemblances mais vos différences. Tu es courageux, loyal, intelligent. Tu donnerais ta vie pour tes amis ! Tu combats des personnes qui font souffrir les autres, souvent les plus faibles qu'eux. Tu n'es pas rempli de préjugés, tu sais réfléchir par toi même. Et c'est ça qui compte. Crois-tu que James aurait pu être ton meilleur ami, ton frère même, si tu ressemblais au reste de ta famille ? Crois-tu que Remus aurait pu tomber amoureux de toi s'il trouvait que tu avais quelque chose en commun, autre que votre nom de naissance, avec Bellatrix Lestrange ? Ton nom de famille est Black. Et alors ? Tu ne peux pas laisser les autres décider pour toi simplement parce que tu viens d'une mauvaise famille. Et parlons en. Tu n'as pas que Bellatrix comme cousine. Andromeda est là, et il me semble qu'elle partage plutôt les mêmes opinions que toi non ? Et ton oncle qui t'a aidé à t'enfuir ? Est-ce que tu profites de les voir ? Être un Black ne se résume pas aux ressemblances, qui plus est sont physiques, avec les personnes que tu détestes.

Les paroles d'Hermione semblaient monter jusqu'au cerveau de Sirius et le sorcier paraissait étrangement ému que quelqu'un lui dise tout cela, ce qu'il avait besoin d'entendre, tout simplement.

—Merci.

—Pas de quoi.

—Mais tu es sûre que je ne peux pas t'aider pour quoi que ce soit ? En dette de ce que la famille Black t'a fait.

—Tu ne me dois rien. Rentre toi bien ça dans le crâne. Tu es le premier à dire que tu ne fais plus partie de cette famille. En revanche, je pourrais avoir besoin de ton aide, termina Hermione avec un sourire en coin.


Remus dormait sur le canapé lorsqu'il fut réveillé par une violente quinte de toux. Il se tourna d'un bloc vers Hermione, toujours ensommeillé. La jeune femme toussait beaucoup ce qui semblait inquiéter les autres personnes qui étaient là, à savoir Lily, son lui-jeune et lui-même. Il s'aperçut alors que toutes les autres personnes étaient partie. Sachant qu'il n'aimait pas s'endormir entouré d'autres personnes, cela lui paraissait étrange de s'être endormi ainsi mais il est vrai qu'il était fatigué depuis son retour.

—Helena, tu veux un verre d'eau ? proposa Lily en voyant que sa toux ne passai pas.

La jeune femme acquiesça et tenta de le boire, avant de tout recracher sur le sol.

—Tu devrais t'asseoir, fit remarquer le jeune Remus.

Hermione allait obéir, pensant que ce n'était pas une si mauvaise idée mais ne put, sentant son dîner remonter le long de son œsophage. Elle se précipita aux toilettes les plus proches avant de vomir son repas. Puis sa quinte de toux repris. Elle tira la chasse d'eau, se nettoya rapidement le visage puis sortit. Avant qu'elle n'ait pu faire quelques pas, elle se sentit tanguer de plus en plus. Elle eut seulement le temps de lâcher un faible « Rem » qu'elle perdait déjà connaissance.

Remus se précipita vers elle, aidé de Lily et de lui-même. Ils firent léviter Hermione jusqu'au canapé avant de la coucher sur le côté.

—Helena. Helena !

Les yeux d'Hermione papillonnèrent avant de s'ouvrir faiblement.

—Ne t'endors pas d'accord, lui murmura-t-il, puis il continua en se tournant vers les deux sorciers. Si vous voulez aller vous coucher je comprends, je ne sais pas quelle heure il est mais il doit être tard.

—On peut rester, il n'est que une heure moins vingt. Je m'en voudrais si je partais dormir alors que Helena n'est pas très bien.

—Quant à moi, je pense que nous avons le même problème, répliqua Remus en pensant à la nouvelle lune qui arrivait.

Remus acquiesça et s'assit près d'Hermione qui n'allait pas vraiment mieux. Elle toussait toujours et de la fièvre était apparue. Elle était très pâle et tremblait.

—On dirait qu'elle a la grippe.

—Je ne crois pas qu'on vomisse lorsqu'on a la grippe. Et même si tu connais beaucoup de choses Lily, il y aura toujours des mystères, comme par exemple le métabolisme des loups-garous. Nous ne pouvons pas tomber malade aussi simplement que cela. Notre système immunitaire est beaucoup plus puissant que celui d'un humain normal. Je ne suis jamais tombé malade depuis mes cinq ans, ce n'est pas par magie. Les sorciers tombent malades, pas les loups-garous.

—Je ne savais pas. Je crois que tu as raté mon intronisation chez les loups-garou Rem'. Entre les lupryadalis et mon super système immunitaire…

Hermione fut prise à nouveau d'une quinte de toux incontrôlable. Elle ne comprenait vraiment par pourquoi elle était ainsi, mais elle détestait être faible. Elle voulait juste dormir, avant de se réveiller et de retrouver la forme qu'elle avait une heure plus tôt. Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus que déjà, le sommeil l'appelait.

La journée fut rude. Remus avait à peine dormi, surveillant Hermione toute la nuit. Il avait envoyé Lily et son jeune-lui se coucher à deux heures et demie, cela se voyait qu'ils n'en pouvaient plus. L'état de la jeune femme n'avait fait qu'empirer depuis le début de la nuit et même si Lily lui avait proposé de la surveiller pendant qu'il se reposait, il n'avait pas voulu, il était bien incapable de laisser seule son amie alors qu'elle était dans cet état-là. Même si elle connaissait Lily, elle se sentirait tout de suite perdue devant ces visages qui n'était pas le sien. Ce fut Sirius qui lui apporta un début de réponse sur l'état de son amie.

—Qui aurait cru que seulement deux jours après votre arrivée, Helena soit dans cet état. Il lui en faut un peu plus d'habitude.

—Ça fait déjà deux jours ? J'ai complètement perdu la notion du temps. On est quel jour ?

—Le dix-neuf septembre. 1979 si tu as un doute sur l'année.

—On est le dix-neuf septembre ? bégaya Remus. Merde, il faut que je vois Minerva.

—Elle est à Poudlard.

—Le dix-neuf septembre, comment ai-je pu ne pas y penser plus tôt ?

Il se précipita vers Hermione, qui était toujours très faible. Il demanda aux autres personnes présentes dans la pièce de bien vouloir sortir et même si ceux-ci étaient suspicieux, ils obéirent sans faire de vagues. Il jeta un sortilège et de silence puis se pencha vers son amie et lui murmura son hypothèse.

—On est le dix-neuf septembre Mione. Le dix-neuf septembre 1979. Quelque part dans le monde, tu es entrain de naître. Je pense que c'est pour ça que tu ne vas pas bien du tout. La Magie ne sait plus où donner de la tête. Une personne qui a exactement la même empreinte magique que toi naît en ce moment-même. Et c'est à la fois toi, et une autre personne. Toute ta magie doit être concentrée à te mettre au monde et toi tu en souffres.

Les heures passèrent et plus Remus semblait convaincu de sa théorie. Hermione avait hoché la tête, mais il ne savait pas vraiment si c'était par réflexe ou si elle était d'accord avec sa réflexion. Plus les heures passaient, plus l'état d'Hermione se dégradait. Ce fut aux alentours de vingt-deux heures trente que Remus paniqua, Lily tremblait à côté de lui, Hermione n'était pas passé loin du coma, sa respiration s'était terriblement ralentie, de même que les battements de son cœur. Lily paniquait et l'angoisse de Remus grandissait de seconde en seconde et si ses sens aiguisés de loup-garou ne lui avait pas permis de distinguer les battements du cœur et la respiration d'Hermione, il était clair qu'il aurait paniqué.

Puis à vingt-deux heures vingt-sept, précisément, Hermione se releva brusquement et prit un grand bol d'air, avant de tousser faiblement. A partir de ce moment-là, son état de santé revint à la normale. Ces dernières heures, ces quintes de toux incessantes, ces vomissements monstrueux, ces malaises fréquents, tout cela ne serait plus qu'un désagréable souvenir.

Remus était heureux que la jeune femme se sente mieux, mais il ne pouvait cesser de douter. Et si maintenant qu'elle était née, la magie ne pouvait plus choisir entre les deux Hermione ? Et si le bébé tentait de dérober, inconsciemment, la magie de son homologue ? Toutes ces questions restaient sans réponse et il avait bien peur aue cela ne dure encore quelques temps. Lui n'avait pas eu ce problème, la magie, que ce soit la sienne ou celle de son lui-jeune, était contrôlée. Elle était dite mature et l'une n'allait pas voler l'autre. Remus secoua la tête, il fallait qu'il arrête avec ses pensées négatives.

Pour l'heure, le vingt septembre pointait son nez, et avec son arrivée, la promesse de nouveaux horizons.