Note 1 : Ce chapitre justifie le « M » pour mature. Disons que j'ai décidé de faire plaisir à mon amie A. Vous êtes prévenu(e)s.

Note 2 : Une de mes amies m'a dit qu'elle ne connaissait rien à Captain Tsubasa et m'a demandé de mettre un résumé en introduction. J'étais très très fatiguée, énervée et légèrement bourrée, donc le résultat est … spécial. Je tiens à rassurer tous les fans du manga, je l'adore mais je sais également voir le parodique. Allez le lire !

Note 3 : Après la review très sympathique de Kiito, j'ai retouché le chapitre 5. Il est tout beau tout neuf en ligne !

Note 4 : « le Hase ». C'est comme ça que Kojirô appelle mentalement Shôta HASE. Comme l'histoire est plus ou moins vue par ses yeux – pour le moment – je n'ai trouvé que ça. Un peu comme « le Dupont ». C'est mieux que « l'autre con » non ?

Note 5 : J'invente ! J'ose ! Je copyrigth le mot « pouffement » du verbe « pouffer »… Une action 100% greluche, particulièrement de greluche de groupe…

o.O.o

Kiito : merci pour tes reviews fidèles ! N'hésite pas à me dire si je vais hors chemin ou/et hors personnage. J'espère que la partie « m » ne te ferra pas fuir. Si oui, le bureau des plaintes sera tenu par A…..

Thokyo : Contente que tu aimes ! La rencontre fille de Shouta – Kojirô est prévue pour le chapitre prochain. Idem pour la partie « m »….

o.O.o

Première parution : 09 Novembre 2007

Révision : 01 décembre 2007

Révision : janvier-février 2011

Chapitre 6 – Parlons peu, mais parlons bien.


Kojirô n'avait pas envie de rentrer chez lui. En fait, il réalisa que c'était la première fois depuis un bon bout de temps qu'il avait un peu de temps libre. Entre entraînements, petits boulots et études, les seules pauses qu'il s'accordait étaient pour aller au parc avec sa fratrie. Mais là, il se retrouvait tout seul. Comme un con. J'ai l'air malin comme ça.

Involontairement, il marcha vers le lycée. C'était devenu une habitude, et cela valait une promenade comme une autre. Il s'amusa à shooter dans une canette de boisson vide, mais le raclement métallique eut vite fait de l'énerver. Puis il arriva sur une place très animée et bourrée de monde, qu'il connaissait vide et grise aux petites heures du matin, en route pour sa distribution ou son entraînement. Grommelant et pestant, il entreprit de faire le tour quand il tomba nez à nez avec Ken Wakashimazu, son goal, et Kazuki Sorimachi, l'autre avant-centre de Tôhô, tous deux en charmante compagnie. Ouais, charmante c'est vite dit. Trop de maquillage et bien trop de babillages ! Vous ne pouvez vous taire deux secondes !

Les deux jeunes filles, que Kojirô reconnaissait vaguement comme étant élèves de première année à Tôhô, avaient toutes deux poussé de concert un petit cri strident en le voyant. Ce dernier remarqua que Ken avait grimacé.

- « Tiens, salut Capitaine ! » fit Sorimachi. « Tu connais Miki, bien sûr. »

- « Bien sûr, nous sommes dans la même classe ! » pouffa ladite Miki. Ah ouais ? Première nouvelle… Attends, peut-être que si… Euh… au deuxième rang ? Oh et puis merde, je m'en balance… « Ce que tu peux être bête des fois. » Miki pouffa encore et se colla contre Kazuki. Celui-ci passa un bras autour de la taille de sa compagne.

- « Mais pas aussi bête que celle qui sort avec moi. » susurra-t-il.

Kojirô aurait parié que la fille allait lui mettre une baffe en tout cas c'est ce qu'il aurait fait s'il se faisait traiter de crétin devant un copain. Mais la fille sembla fondre devant le sourire en coin du joueur et se mit à pouffer de plus belle avec sa copine.

Sous prétexte de saluer son capitaine, Ken s'était détaché de la Miki-bis qui lui collait au bras.

- « Oh, s'il te plaît, sors-moi de là ! » supplia-t-il doucement. « Si elle rit encore une fois, je l'étrangle. »

- « Mais comment tu t'es débrouillé ? » répliqua-t-il tout aussi bas.

- « C'est Kazuki, il avait des vues sur Miki, mais elle n'a accepté de sortir avec lui que s'il trouvait un rendez-vous pour sa copine… »

- « Tu devrais savoir que c'est dangereux de faire des doubles rendez-vous amoureux avec Kazuki. »

- « Le tombeur de ces dames m'a offert de faire mes devoirs d'anglais pour une semaine. C'est une offre que je ne pouvais pas refuser. »

- « Alors démerde-toi ! » ricana Kojirô.

- « Mais euuuh… » Ken se pencha encore plus vers son ami pour l'implorer d'avantage. « Mais, mais, tu sens la cocotte, dis-moi ! » s'exclama-t-il.

Ken renifla de plus belle et Kojirô dut le repousser avant de le voir enfouir son nez dans son cou.

- « Ah bon ? » demanda Kazuki, qui réussit à décoller ses lèvres de celles de Miki. « Tu es aussi très chic. Oh la la, aurais-tu un rendez-vous galant ? »

Miki et Miki-clone se penchèrent l'une vers l'autre et se mirent à chuchoter rapidement en jetant des coups d'œil qui se voulaient discrets vers Kojirô. Ici et là il pouvait entendre des pouffements étouffés.

C'est bien pourquoi je ne mettrai JAMAIS d'after-shave avant le lycée.

- « Est-ce c'est la belle Hi »… commença Kazuki mais le regard noir de son capitaine le coupa net. « Bon, que nous vaut l'honneur ? Pour que sa majesté des buts sorte de son terrain pour frayer avec les communs des mortels un samedi après-midi ? » relança-t-il avant que les deux machines à pouffer ne relèvent sa bourde.

- « Ben, vous étiez en retard, alors je suis allé faire un tour. » répondit Kojirô.

- « En retard ? Pourquoi ? » demanda l'autre buteur.

- « L'exposé d'histoire ? Nous avions convenu de le faire aujourd'hui chez Ken… »

- « Ah oui ! J'avais complètement oublié ! » Ken avait saisit l'allusion et avait sauté dessus comme un nageur en perdition sautait sur une bouée de sauvetage.

- « Exposé ? Mais je… » bégaya Kazuki. Puis il entrevit le regard complice entre Ken et Kojirô et se résigna. « Ah oui, je me souviens maintenant… ». Il soupira à fendre l'âme et se tourna vers Miki. « Ma chérie, tu as un tel effet sur moi que j'en perds la tête. »

Comme Kojirô s'y attendait, Miki pouffa.

- « J'espère que tu ne m'en veux pas trop » geignit-il en faisant une petite mine. « Cela me briserait encore plus le cœur de savoir que je ne reverrai pas ton beau sourire… »

Ce n'est pas son sourire que tu vois, ce sont plutôt ses amygdales. Kojirô détourna les yeux alors que Miki se jetait dans les bras de Sorimachi et entreprenait de lui nettoyer l'intestin grêle avec la langue. De son côté, Ken prenait congé de sa compagne, de façon bien moins dramatique et familière. Miki-bis sembla se renfrogner un peu, mais Ken s'en souciait comme de sa première chaussette. Sorimachi s'arracha à son étreinte passionnée et avec un dernier soupir, emboîta le pas à ses deux amis.

- « Désolé, mais trop c'est trop ! » s'excusa Ken.

- « Nan, c'est pas grave. C'est encore mieux, comme ça, elle va trop vouloir me revoir. En fait, c'est carrément un plan ! » s'écria Kazuki.

- « Bon, autant allez chez moi pour le faire, cet exposé ! » proposa Ken

- « Tu me dois une semaine de devoirs d'anglais, à ce propos. » laissa tomber Kojirô d'une voix tranquille. Ken se récria et bougonna pendant cinq minutes, mais se ravisa quand son capitaine suggéra de retourner sur la place.

- « Je ne comprends pas ce que tu reproches à Kinu, elle est pourtant mignonne » s'insurgea Kazuki.

- « Peut-être pourrais-je remarquer qu'elle est mignonne si sa bouche n'était pas toujours ouverte sur un pouffement. »

- « Roh tu exagères ! Tu ne lui as pas adressé une seule parole gentille !»

- « Comme quoi ? »

- « Je ne sais pas moi, un sujet de discussion avec une fille cela ne doit pas être si dur à trouver ! N'est-ce pas, Kojirô ? » Sorimachi se tourna vers la tête du trio en quête de soutien.

- « Moi je ne parle pas aux filles, ça va plus vite. » grommela-t-il d'un air absent. Il avait l'habitude des querelles entre Ken et Kazuki à propos des filles et était totalement blasé. Aujourd'hui encore plus.

- « Ah ouais ? Et elle en dit quoi, Hikari » ? glissa Ken.

- « On ne parle pas avec Hikari. » répondit-il sans faire attention.

Devant les cris de ses amis, Kojirô s'empourpra jusqu'aux oreilles.

- « Et ça veut dire quoi ça exactement ? » gronda-t-il.

- « C'est vrai, tu ne nous as jamais raconté ce qui s'était passé entre vous deux… »

- « Rien, il ne s'est rien passé ! » protesta Kojirô

- « Allons, elle s'est pratiquement jetée sur toi au camp d'été ! »

- « Et je te signale que j'ai menti pour toi quand tu étais manquant à l'appel du soir de la nuit du feu de camp. Alors tu peux bien me raconter. » rajouta Ken.

- « Que dalle, nous avons juste discuté ! »

- « Ah ouais !?» Kazuki était totalement goguenard.

- « Je croyais que tu ne discutais pas avec les filles. » glissa le goal.

- « Ni avec Hikari. »

- « Je comprends mieux le ''ça va plus vite'' maintenant. »

- « Ouais, pas de préliminaire, et hop action directe… »

- « Bon, c'est fini non ? » tonna Kojirô en colère.

Ken et Kazuki jugèrent bon de ne pas tenter leur bonne étoile plus encore. Pour le moment… Les emportements de Kojirô étaient brusques et violents, mais se calmaient rapidement. Dans une heure ou deux, il aurait oublié. Ils le connaissaient bien, leur capitaine.


Ken, Kazuki et Kojirô étaient un trio d'amis soudé. Non seulement unis par la même passion du foot, ils avaient le même âge et avaient été dans la même classe depuis la deuxième année de collège, quand Kazuki avait intégré la Tôhô ainsi que l'équipe de foot. Ken et Kojirô, inséparables larrons depuis la Meiwa, avaient accueilli rapidement le joyeux fanfaron, aussi bon au foot que partisan du moindre effort en études qu'eux, aussi participatif en toute idiotie qu'eux. Ensemble, ils étaient le trio le plus admiré du collège puis du lycée, et le plus redouté des professeurs. Au lieu de les séparer, l'administration avait décidé de mettre toutes les pommes pourries dans le même panier et leur classe écopait année après année des professeurs les plus rigides, si ce n'était sévères.

Les 3K, comme ils avaient été surnommés, étaient les rois incontestés du lycée. Quand ils marchaient dans les couloirs ensemble, les têtes se tournaient vers eux, et les regards envieux, masculins comme féminins, les suivaient.

Kazuki était le beau gosse de l'équipe, le beau gosse de la classe, et si on en croyait les rumeurs, le beau gosse des classes de premières années. Les filles tombaient à ses pieds comme des mouches, premières, deuxièmes et même troisièmes années confondues. Il faisait avec plus ou moins de réussite les devoirs d'anglais du groupe et avait une nouvelle copine toutes les semaines qui l'aidait dans son dur labeur.

Ken ferait rire une porte de prison et avait le rôle très important de caresser les professeurs dans le sens du poil quand ils avaient oublié leurs devoirs ou avaient besoin d'un extra de temps pour finir un rapport dont ils ignoraient l'existence auparavant. Il avait également beaucoup de succès avec les filles, mais n'en profitait pas – autant que – Kazuki. Ken était très fleur bleue malgré les apparences. Tous ses amis savaient qu'en fait il se cherchait une gentille et compréhensive petite amie. Il ne voulait pas s'attacher à une fille qu'il n'aimait pas, et au lieu de blesser une jeune demoiselle, il papillonnait ici et là. Tous pensaient que soncôté samurai l'empêchait de s'amuser et que sonproblème demeurait dans le fait que sa liste de pré-requis pour la copine idéale était bien trop lui présentait différentes filles dans l'espoir de le voir tirer la bonne pioche, mais sans succès jusqu'à ce jour. Il prit note que « ne pas pouffer comme une bécasse » venait de rallonger ladite liste.

Kojirô, lui, se chargeait des devoirs de japonais et de maths et arbitrait les disputes entre les deux autres au besoin. Il avait acquis Dieu seul sait comment la position de confident du groupe et posait comme leader incontesté de l'équipe comme de la bande. Ce qu'il ne savait pas est qu'il était extrêmement estimé par ses amis et co-équipiers. Certes il était brusque, s'emportait facilement, ne se confiait presque jamais, mais il était solide, sobre voir sombre, de bon conseil et d'une loyauté sans faille envers ceux qu'il appréciait.

Le problème de Kojirô est qu'il avait grandi trop vite et qu'il n'avait pas vécu sa jeune vie. Trop tôt, sa passion du foot et ses difficultés familiales avaient accaparé son esprit. Kojirô aimait lire et écouter de la musique, mais avait rarement le temps d'ouvrir un bouquin autre qu'un manuel scolaire ou de brancher ses écouteurs. Et il avait encore moins les moyens de se payer un livre ou un CD. Il ne regardait pas vraiment la télévision, ne s'intéressait ni à la mode ni aux vedettes.

Aussi quand ses amis et les autres élèves de sa classe avaient une discussion « normale » d'adolescents, Kojirô ne savait pas quoi dire. Ou comment le dire. Donc il ne disait rien. Son mutisme et sa réputation de colérique – à juste titre gagnée diraient ses co-équipiers – lui valurent d'être considéré « pas commode » voire « dangereux ».

Apparemment, cette réputation ne faisait pas ombre à sa popularité. Les filles lui tournaient autour, et il avait su en profiter. Après tout il avait seize ans et la profession de footballeur n'était pas celle d'un moine ! Mais il détestait les mijaurées, ne supportait pas les gloussements de dindons, ne savait jamais quoi leur dire sans qu'elles finissent par pleurer pour un oui ou pour un non. Aussi les filles le trouvaient difficile à approcher tout en reconnaissant qu'il s'agissait là de tout son charme.


Perdu dans ses pensées, il traînait un peu la patte. Ken et Kazuki finirent par mettre fin à leur énième querelle et tentèrent d'engager la conversation avec leur ami. Mais celui-ci ne répondait même pas. Ils se concertèrent du regard et aboutirent à la même conclusion : Kojirô avait des soucis. Ou plutôt un autre souci, car Kojirô avait toujours des soucis. Le laissant ruminer tout seul, ils se mirent à élaborer un plan de bataille pour arracher des aveux à leur capitaine.

Ils durent attendre d'être installés dans la chambre de Ken, confortablement assis sur des coussins autour d'une table basse en train d'apprécier une boisson bien fraîche pour relancer le sujet.

- « Bon, et Hikari ? »

- « Mais vous n'avez pas un peu fini vous deux ? » protesta Kojirô.

- « Non ! » s'exclamèrent Ken et Kazuki en cœur. « Nous voulons savoir et nous saurons. »

Kojirô leur lança un coussin, et ce fut le début des hostilités. Ken se jeta à l'assaut de ses pieds, tandis que Kazuki lui administrait de grands coups de poings pour protéger son gardien de but. À deux contre un, Kojirô se retrouva rapidement cloué au sol et immobilisé.

- « Bon vous avez gagné ! » accepta-t-il. « Mais il n'y a rien de passionnant. » rajouta-t-il en se redressant. « Vous avez bien vu, elle s'est jetée sur moi ! Je n'allais pas non plus la repousser, non ? »

- « Mais encore ? » demande Ken.

- « Ça ne vous regarde pas ! » Kojirô se sentit rougir. « Est-ce que je vous en pose des questions, moi !? »

- « Moi je n'ai rien à cacher » dit Kazuki. « Que ce soit avec Mami, Sakura ou Ritso ou… »

- « C'est bon, c'est bon, on a compris » coupa Kojirô. « Nous allons arrêter la conversation en disant que de nous trois, il n'y a plus que Ken qui soit encore pur et innocent. » avoua-t-il avec un sourire a la fois gêné et fier. Kazuki éclata de rire et Ken fit la grimace.


Hikari Tanda s'était bel et bien jetée sur lui. Au début, il n'y avait pas cru, mais elle avait su le convaincre que son intérêt était réel. Il savait qui elle était, et ce qu'elle était : la manageur de l'équipe de football universitaire de la Tôhô, étudiante modèle en première année de psychologie et Miss Tôhô Uni – élue avec une majorité écrasante. Ils s'étaient rencontrés une ou deux fois pendant les réunions inter-foot, pour organiser des matches d'entraînement, mais c'était l'entraîneur Makoto Kitazume qui avait parlé, et elle ne lui avait accordé qu'un regard. Jusqu'au camp d'entraînement d'été. Comme à l'accoutumée, les administrations du lycée et de l'université Tôhô avaient réuni leurs clubs de foot, volley, base-ball, basket et athlétisme masculin dans un complexe de la côte Est près de Tokyo. Au programme, course sur le sable et dans l'eau, parcours de combattant et test d'endurance, et surtout matches d'entraînement pour chaque sport opposant équipes lycéenne et universitaire. Le tout couronné par un barbecue/feu de camp sur la plage lors du dernier soir.

Lorsqu'ils étaient arrivés au camp, Kojirô et Hikari avaient dû passer ensemble moins d'une heure à préparer la rencontre « amicale » entre leurs deux équipes. En fait, Hikari avait pris toutes les décisions et Kojirô, assis sur sa chaise, les bras croisés sur la poitrine s'était contenté de grogner en signe d'approbation quand elle arrêtait de parler pour reprendre son souffle. Il en avait profité pour reluquer tout son content le corps de la jeune femme moulé dans son short de sport. Elle n'avait pas été élue Miss Tôhô Uni pour rien. Après cette réunion vite expédiée, il ne l'avait plus revue. Et elle était sortie de son esprit. Les choses auraient dû en rester. Sauf que...

Deux jours avant la fin du camp, il avait écopé de la corvée de nettoyer les ballons. Il s'était installé au frais dans le local qui servait de vestiaire à son équipe et il sifflotait tranquillement en s'activant quand il entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Il se retourna pour voir que Hikari était entrée et avait verrouillé le loquet, ce qui empêchait quelqu'un d'ouvrir la porte depuis l'extérieur, même avec les clés.

- « Tanda-san, est-ce que je peux t'ai… »

Il ne put finir sa phrase car elle venait de se jeter sur lui et avait collé ses lèvres aux siennes. Il essaya de se dégager en douceur, histoire de comprendre un peu, mais elle approfondit son baiser. Le ballon qu'il tenait encore à la main s'échappa de ses doigts alors qu'il refermait ses bras autour de sa taille.

Qu'est-ce qui se passe ? C'est un piège ? Mais qu'est-ce qu'elle sent bon ! Je n'arrive pas à y croire !

Sa tête tournait et il n'arrivait pas à mettre de l'ordre dans ses idées. Il aurait voulu parler mais il ne pouvait s'arrêter de l'embrasser encore et encore. Elle commença à parcourir ses lèvres avec sa langue et Kojirô ne put retenir un grognement sourd. Elle en avait profité pour glisser sa langue sur la sienne et ce fut à ce moment que tout devint blanc autour de lui. Ses mains bougèrent par elles-mêmes pour se poser sur le dos, les seins, les fesses de la jeune femme. Hikari délaissa ses lèvres pour couvrir son cou de baisers et de petites morsures. Le corps de Kojirô était en feu mais un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale. Soudainement, Hikari le repoussa. Kojirô tituba et retomba assis sur la chaise derrière lui. Elle s'installa à cheval sur lui, ses jambes entourant les siennes et attira avidement ses lèvres vers elle en le tirant par le col de son tee-shirt. Elle lui coupa le souffle en l'embrassant fiévreusement.

Puis elle glissa ses mains sous son haut et entreprit de lui caresser le torse. Kojirô gémit doucement mais ne fit rien pour l'arrêter. Il avait posé une main sur la nuque de la jeune femme pour contrôler le baiser tandis que l'autre s'était égarée du côté de son arrière-train. Il mit un moment à réaliser que Hikari avait défait le nœud de la cordelette qui retenait son short, y avait glissé sa main et s'était emparé de son membre. Il rompit le baiser en tournant la tête mais elle resserra son étreinte autour de sa virilité déjà bien dressée. Elle s'aplatit sur lui et captura de nouveau ses lèvres en même temps qu'elle entreprit de le caresser d'un mouvement de va et vient. Au début, l'attouchement était subtil et lent, mais peu à peu, le rythme s'accéléra et la pression intensifia. Kojirô sentait le souffle de la jeune femme sur son visage entre deux baisers et ne pouvait se retenir de haleter.

Il allait atteindre sa limite quand elle resserra sa main en une étreinte presque douloureuse. Elle s'écarta de lui et le fixa du regard. Il commençait à reprendre son souffle et ses esprits quand, dans un mouvement fluide, elle tomba sur ses genoux et pris son sexe dans sa bouche. Kojirô eut un violent sursaut et voulu se libérer, mais déjà ses forces le quittèrent. Il resta assis et ferma les yeux, mais il voyait clairement des cercles de lumières se dessiner sous ses paupières. Il entendait ses propres râlements de plaisir comme s'ils n'étaient pas les siens. Il perdit tout contrôle et cette fois-ci, Hikari ne s'arrêta pas au moment fatidique. Kojirô eut encore un soubresaut et se laissa aller. Il était sourd tant les battements de son cœur résonnaient dans ses oreilles.

Quand il regagna ses esprits, Hikari était partie. Il resta planté sur sa chaise pendant un petit moment, essayant de comprendre ce qui venait de lui arriver. Puis il se dépêcha de finir sa corvée pour aller prendre une longue douche froide.

Il ne la revit pas et il se doutait qu'elle l'évitait parce que, sans chercher activement à la rencontrer, il regardait autour de lui sans jamais la voir. Il finit par laisser tomber et essaya tant bien que mal de se concentrer sur les deux jours d'entraînement restants. Lorsque le dernier ballon fut nettoyé et les bagages faits, il rejoignit les autres garçons sur la plage pour profiter du feu de camp. Comme la nuit avançait, l'ambiance était au rendez-vous. Les étudiants de l'université s'étaient procuré des packs de bière et essayaient de saouler l'entier bataillon de lycéens. Certains avaient préféré retourner se coucher, d'autres avaient trouvé la force de refuser et les derniers étaient en état d'ébriété plus ou moins avancé. Kojirô s'était contenté d'une seule bière et, bouteille encore demi-pleine à la main, regardait maintenant un gars de l'équipe de volley défier tout le monde au bras fer sous une pluie d'encouragements. Un peu plus loin, un groupe chantait des chansons paillardes à tue-tête et complètement hors ton, et le reste des gaillards s'amusaient comme ils le voulaient…ou pouvaient… Le tout était bruyant à souhait, aussi ne l'entendit pas quand elle se faufila derrière lui. Elle lui prit la main et le tira à l'écart.

Kojirô ouvrait la bouche pour lui parler quand Hikari posa un doigt sur ses lèvres pour lui intimer le silence. Elle portait un haut de maillot de bain deux pièces assez décolleté, et un paréo court qui dévoilait ses longues jambes fines. La lueur du feu se reflétait dans ses yeux et elle souriait d'un air mystérieux. Il était hypnotisé et lorsqu'elle le tira par le bras, il la suivit docilement. Cette fois, elle se dirigea vers le local de l'équipe d'athlétisme et ouvrit la porte qui aurait dû être fermée à clé. Elle l'entraîna vers le gros tapis qui servait de coussin de réception pour le saut en hauteur et se pencha sur lui. Elle noua ses jambes autour de sa taille et l'embrassa langoureusement tout en lui glissant un préservatif dans la main. D'un coup de rein puissant, Kojirô les propulsa tous deux sur le tapis. Et dans la nuit, ils entendaient au loin les rires et chahut des autres alors qu'elle lui faisait découvrir pour la première fois les plaisirs de l'amour.

Il se réveilla tout courbaturé et surtout tout seul. Un coup d'œil par la lucarne lui apprit qu'il faisait toujours noir, même si le soleil pointait son nez. Alors Kojirô quitta la pièce en prenant soin de verrouiller la porte derrière lui. Il s'introduisit silencieusement dans le bungalow de son équipe, longea les rangées de lits superposés pour regagner le sien. Il s'endormit immédiatement et dormit du sommeil du bienheureux. Du coup, il eut du mal à émerger et malgré le remue-ménage du départ, il fut le dernier debout. Il sortait de la douche quand Ken entra en trombe.

- « Kojirô, bouge-toi, tu es le dernier et Kitazume est en train de péter un câble. »

- « Ça va, c'est bon, une minute »

- « La vache, tu devrais essayer de garder ton tee-shirt pour les prochains jours ! »

- « Hein ? »

- « Elle n'y est pas allé de main morte, elle t'a fichu une sacrée griffure ! » Ken fit passer son doigt sur un endroit douloureux du dos de son capitaine, qui se tordait le cou pour essayer de voir son propre dos. « On peut savoir qui c'est ?» continua-t-il d'un ton malicieux.

- « Hyûga, Wakashimazu, si vous n'êtes pas dans ce bus dans 10 secondes, nous partons sans vous et je vous ferai courir jusqu'à Tokyo sur les fesses ! » rugit leur coach depuis la porte.

Avec un rictus, Kojirô empoigna son sac et courut jusqu'au bus. Kitazume était bien capable de leur faire regretter leur retard. Mais une fois dans le bus, dans le brouhaha des conversations et les ronflements de ceux qui cuvaient leur vin ou simplement rattrapaient du sommeil, il ne put se soustraire à l'interrogatoire poussé de Ken et Kazuki… Il ne leur confia que les grandes lignes, et depuis, ils n'arrêtaient pas de l'asticoter.

Aujourd'hui ne faisait pas exception.


- « Mais encore ? » questionna Kazuki pendant que Ken ramassait ce qu'il lui restait de dignité.

- « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

- « Vous êtes ensemble ou pas ? »

- « Comment veux-tu qu'on soit ensemble ? Tu penses vraiment que j'ai le temps ? »

- « J'aurais pensé que… »

- « Tu penses mal. S'il nous arrive de nous apercevoir sur le campus, c'est à peine si elle me fait un signe de tête. » avoua Kojirô. Ce n'était pas vrai, et Ken comme Kazuki le savaient. Jamais Kojirô n'avouerait qu'il continuait à voir Hikari, mais que leurs rencontres étaient toutes dans la même veine que la première. Des embrassades torrides, mais assez vides de sens. Ses deux amis le connaissaient assez pour faire le lien et lire entre les lignes. Après tout, ils savaient qu'Hikari et leur capitaine se rencontraient de temps à autre.

- « Donc ce n'était qu'une histoire de sexe. » conclut Ken, presque content.

- « Bon, maintenant que tout est dit, » bougonna Kojirô, « on se le fait, cet exposé ? »

- « Pas avant que tu nous dises ce qui ne va pas. » répondit placidement Ken.

- « Ou du moins, ce qui est encore pire dans ta vie. Tu as toujours un truc sur l'estomac, mais là, on sait que c'est grave. » rajouta Kazuki.

- « Mais…comment…. » bredouilla le buteur, abasourdi d'avoir été percé à jour.

- « Allons, tu as été à côté de tes pompes pendant les deux dernières semaines. »

- « Tu sais pourtant que tu peux tout nous dire ! »

- « Enfin presque. Garde tes fantasmes pour toi ! » ironisa Sorimachi afin de détendre l'atmosphère.

Kojirô sourit en coin. Oui, il pouvait le leur dire. Ils étaient ses meilleurs amis et peut-être qu'ils y comprendraient quelque chose.

- « Ma mère va se remarier » lâcha-t-il.

- « PFFFFFFFFFFF. » Ken et Kazuki s'étranglèrent de concert avec leur boisson.

- « C'est pas vrai ! » croassa Sorimachi entre deux toux. « Avec qui ? »

- « Avec le pape, banane ! » répliqua Kojirô. « Un chirurgien. »

- « Mais tu l'as rencontré ? Il est comment ? »

- « Oui, aujourd'hui. D'où les fringues et le parfum…Il est réglo… je pense… » termina-t-il.

Les trois jeunes hommes restèrent silencieux pendant un instant.

- « C'est plutôt une bonne chose, non ? » avança timidement Ken. « Je veux dire, pour ta mère et ta famille ? »

- « Oui ! » s'empressa d'ajouter Kazuki. « Un chirurgien, il doit être riche. Tu vas peut-être pouvoir arrêter tes boulots ! »

- « C'est vrai, je n'avais pas vu ça comme ça. » fit Kojirô songeur.

- « Il va venir habiter chez vous ? »

- « Non, c'est trop petit. Et puis, il n'y a pas de chambre pour sa fille. »

- « Il a une fille ! Elle est mignonne ? » interrogea rapidement Kazuki.

- « Je ne sais pas, je ne l'ai pas rencontrée. »

- « Elle a quel âge ? »

- « Je ne sais pas, un peu plus jeune que moi je crois. »

- « C'est Natsuko qui va être contente. Une sœur ! »

- « Elle ne sera pas notre sœur ! » répliqua violemment Kojirô.

- « Tu ne vas quand pas lui faire la gueule non ? »

- « Elle est peut-être sympa. Donne-lui une chance au moins… »

- « Et Koji, imagine-toi un peu, tu vas déménager dans un superbe appartement, avec tous les luxes et tout et tu vas même avoir une autre victime à tyranniser. Le clan des crapauds va s'agrandir »

- « Mouais… Tant qu'elle ne glousse pas »

- « Bon et cet exposé ? » demanda Ken. « On va pas y passer la nuit non ? »