Note : je suis très occupée les deux semaines prochaines, donc mon rythme de parution va sûrement baisser. Mais je ne vous oublierai pas.

o.O.o

Letie : Merci pour tes encouragements ! C'est également ma 1ère fanfiction donc je galère un peu.

Infinitylight : Yaoi n'est pas admis… Snif snif. Mais regarde bien dans les coins.. (AetL, pas tappeeeeeeeeeeeer)

Bumber_Alex : uh_uh_uh. Mayu Shinjo Powa

o.O.o

Publiée : 11 Novembre 2007

Révision : 01 Décembre 2007

Révision : Février 2008

Révision : janvier-fév 2011 & 2015

o.O.o

Chapitre 7 - Une fleur ne fait pas le printemps

La nuit tombait déjà quand Kojirô retourna chez lui. Octobre allait commencer et déjà l'automne déversait ses pluies journalières avec entrain. Il grimaça un peu comme tout bon félin, le Tigre n'aimait pas être mouillé. Dire que quelques semaines auparavant, on se plaignait de la chaleur... Le sportif haussa des épaules, blasé : hiver comme été, il n'avait jamais chaud et ne condescendait à enfiler des manches qu'au plus fort de février. Mais le temps n'était pas son souci actuel. Chemin faisant, il repensait à Hikari et aux quelques autres filles avec lesquelles il était « sorti ». Les dernières ne s'étaient intéressées à lui que parce qu'il était populaire et mignon. Hikari, elle, le traitait un peu comme un morceau de viande. Plus il y pensait, plus cela l'ennuyait. Il comprenait maintenant mieux pourquoi Ken s'entêtait à vouloir trouver une « âme sœur » ! Kojirô aimerait bien pouvoir avoir quelqu'un avec qui discuter. Mais discuter de quoi ? Et puis surtout, comment ? Entre une nymphomane muette et une groupie en mode jacassant non-stop, il avait eut droit à tout et son contraire.

Quand il voyait sa mère et le H…non Shôta,corrigea-t-il mentalement. Autant prendre de bonnes habitudes…. Quand il voyait leur tendresse et entente mutuelle, il était presque envieux. Peut-être que les gars ont raison. Maintenant que nous allons avoir de l'argent, je vais pouvoir souffler. Qui sait, avoir du temps pour une copine ? Bon, on verra bien, rien ne va se faire dans la demi-seconde non plus...


Mais jamais Kojirô ne s'était autant trompé. Maintenant qu'il leur avait donné carte blanche, Keiko et Shôta accélèrent le mouvement. Sa mère profita de son horaire tardif le mardi soir à à la supérette pour parler à ses trois benjamins et lorsque Kojirô rentra de son entraînement le vendredi de la même semaine, il trouva Shôta assis à la table basse en train de jouer aux cartes avec Mamoru et Takeru. Il s'éclipsa dans son placard favori en prétextant des devoirs à finir. Mais bien sûr, des devoirs, moi ! Non qu'il fut un cancre, mais il n'avait jamais montré un zèle excessif à s'acquitter de ses responsabilités scolaires. Encore moins un vendredi soir. Keiko ne dit rien, mais n'en pensa pas moins.

L'avant-centre ne sortit de sa tanière que pour se joindre au dîner et y retourna illico presto dès qu'il put sans être grossier. Il n'avait pas envie de revivre ça… Quelque temps après son départ, il entendit ses benjamins aller se coucher, sans trop de chahut cette fois et puis la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer. Il soupira de soulagement, tenta de trouver une position confortable sur son lit et revint à la lecture de « Of Mice and Men » de John Steinbeck, livre hautement soporifique mais dont il devait faire un compte rendu la semaine prochaine…

Le silence retomba définitivement quand sa mère alla se coucher à son tour. Son réveil affichait 11:45, ce qui était un peu tôt selon ses critères, mais la littérature anglo-saxonne semblait réussir un travail de sape contre sa résistance. Courageusement, il tenta de finir son chapitre, mais il passait autant de temps à lire qu'à chercher des mots dans son dictionnaire, ce qui compliquait la compréhension globale du texte. Il bataillait avec une phrase plutôt compliquée quand Mamoru entra dans sa chambre.

- « Hé, ça ne va pas ? Tu es malade ? » s'inquiéta l'aîné.

- « Tu… savais pour Maman ?» demanda Mamoru d'une petite voix.

- « Depuis samedi oui ». Kojirô fit signe à son frère de s'approcher. Celui-ci monta sur le matelas et vint s'asseoir près de la tête du lit.

- « Pourquoi elle se remarie ? »

- « Parce qu'elle est amoureuse de Hase-san. »

- « Mais Papa ? Elle l'a oublié ?! »

- « Non elle ne l'a pas oublié. » dit doucement Kojirô en caressant les cheveux de son frère.

- « Natsuko est super contente ! » coupa celui-ci. « Elle se voit déjà en demoiselle d'honneur et elle n'arrête pas de dire que c'est trop romantique. Elle devient bizarre maintenant… » Mamoru renifla et s'essuya le nez avec sa manche de pyjama. Kojirô réprima un sourire devant le commentaire de son frère. Natsuko grandissait et commençait à se comporter comme une fille. Mamoru, pourtant proche d'elle, ne saisissait pas pourquoi elle préférait maintenant se mettre du vernis que d'aller grimper aux arbres avec lui… « Et Takeru est trop petit pour comprendre. Ce n'est qu'un bébé ! »

- « Tu ne veux pas que Maman se remarie ? »

- « Je ne veux pas qu'elle oublie Papa ! »

- « Qu'est-ce qui te fait dire qu'elle l'oubliera ? »

- « Parce qu'elle a quelqu'un d'autre dans son cœur maintenant… »

- « Mamoru, regarde-moi » Kojirô fit glisser son doigt sous le menton de son frère et l'obligea à relever la tête. « Tu aimes Maman, n'est-ce pas ? »

Le jeune garçon hocha la tête.

- « Et tu m'aimes moi ? » Nouveau hochement. « Et Natsuko et Takeru. Et tu aimes aussi Tabina-san. » Encore un hochement. « Le fait que tu aimes quelqu'un de nouveau ne signifie pas que tu n'aimes plus les autres. Dans ton cœur, il y a autant de place que tu as de personnes à aimer. »

- « Mais… mais… et si c'était moi qui oubliais Papa ? » murmura Mamoru en un souffle presque inaudible.

Kojirô serra son frère dans ses bras. Mamoru était encore très jeune quand leur père était mort. Il n'en avait que de vagues souvenirs et Kojirô comprenait qu'il avait peur de l'oublier totalement, surtout s'ils allaient avoir un nouveau père. Il tendit le bras et attrapa le cadre qui était sur son chevet. C'était une photo de famille, prise quelques mois avant l'accident.

- « Tiens, regarde Papa est là. Tu te souviens, nous étions allés au zoo et tu avais voulu voir les ours ! »

- « Huum… » Le petit prit le cadre et se blottit contre son frère. « Je me rappelle… »

Kojirô continua à évoquer différents souvenirs jusqu'à ce que Mamoru s'endormît en serrant le cadre contre lui. Encore une fois il étendit le bras et éteignit la lampe. Son livre d'anglais tomba du lit alors qu'il s'allongeait près de son frère qui ronflait légèrement.


Bien décidés battre le fer pendant qu'il était chaud, Keiko et Shôta orchestrèrent une rencontre des deux familles peu de temps après. Le rendez-vous était fixé pour un samedi midi, dans un restaurant familial près du parc. Kojirô dut demander une dispense auprès de Kitazume pour ne pas assister à l'entraînement prévu cet après-midi. Il s'était contenté de dire qu'il avait « des affaires de famille » à régler. L'entraîneur l'avait dévisagé un instant avant de signer la dispense. « Affaire de famille » dans la bouche de Kojirô signifiait toujours encore plus de soucis que d'habitude et il n'avait pas envie de savoir. Ken et Kazuki qui avaient réussi à savoir Dieu seul sait comment à être au courant de cette absence, l'asticotèrent jusqu'à ce qu'il cédât et leur racontât tout. Eux aussi restèrent silencieux et ne revinrent pas sur le sujet. Mais quand Kojirô quitta le lycée après s'être recoiffé et avoir défroissé sa chemise mise à mal par une matinée de cours, ils ne purent s'empêcher de le siffler comme le loup de Tex Avery en guise d'encouragement et de lui faire le signe de la victoire. Kojirô secoua la tête et shoota dans un ballon qui traînait dans le coin avec une telle force qu'il coupa le souffle à Kazuki qui l'avait reçut en plein ventre.

Cette fois, il fut le premier arrivé au restaurant. Il attendit dehors malgré le vent et la pluie intermittente. Le temps passa et le jeune homme commença à avoir froid.. Et à devenir de plus en plus nerveux, sans savoir pourquoi. Bientôt, sa famille apparut au coin de la rue. Takeru rouspétait contre le fait qu'il n'avait pas eu le droit de porter son tee-shirt Pokemon favori et Natsuko portait sa belle jupe à volants. Shôta se gara presque en face du restaurant deux secondes après. Waa, une grosse berline Toyota ! Pas mal. Kojirô admira la voiture avant de réaliser que Shôta était seul.

- « Je viens de recevoir un coup de téléphone. Ma fille a réussi à être en retard. Elle sera là bientôt. Je propose que nous l'attendions au chaud. »

Ils entrèrent et se dirigèrent vers une grande table près de la baie vitrée qui donnait sur la rue. Bien sûr, Mamoru et Takeru se disputèrent pour savoir qui s'assiéra où. Shôta glissait des regards soucieux vers la fenêtre et tapotait des doigts sur la table, à la fois anxieux et énervé. Enfin son visage s'éclaira. Une silhouette se dessinait au bout du chemin qui traversait en courant le parc. Alors qu'elle se rapprochait, Kojirô put distinguer une grande queue de cheval qui se balançait au rythme de sa course. Elle ne ralentit pas et traversa la pelouse en grandes enjambées. Arrivée au muret qui délimitait le parc, elle prit son élan et sauta le parapet en prenant appui sur les mains comme quand les gamins jouent à saute-mouton.

- « Héé, elle est bonne ! » commenta Mamoru. « Est-ce qu'elle sait jouer au chat ? » demanda-t-il à Shôta.

Celui-ci avait commencé à s'excuser pour le comportement de sa fille mais la remarque le laissa sans voix.

- « Je pense qu'il faudra lui rappeler les règles. Elle est vieille maintenant. » annonça-t-il très dignement.

- « Vieille comment ? » s'enquit Takeru.

- « Vieille comme Kojirô-kun. Elle va avoir seize ans bientôt. »

Kojirô fut surpris. Il savait qu'elle avait à peu près son âge, mais il s'était imaginé qu'elle était plus jeune que ça. Vers les quatorze ans.

- « Alors, elle n'est pas drôle » décréta Takeru. « Nii-san, il connaît rien aux Pokemon ».

- « On dit ''ne connaît rien'' » corrigea l'intéressé. « Et puis le monde ne tourne pas autour des Pokemon. »

La fille de Shôta avait passé la porte. De là où il était, Kojirô ne voyait toujours qu'une forme enveloppée dans un grand manteau. Tout de même, il ne fait pas si froid que ça. La serveuse lui montra la table et elle s'approcha en défaisant son écharpe et son manteau. Dessous, elle était habillée avec un uniforme scolaire que Kojirô ne reconnaissait pas.

- « Bonjour ! Toutes mes excuses pour mon retard, mais le conseil de classe n'en finissait pas. »

- « Ce n'est pas grave. » fit son père en lui donnant une rapide accolade. « Tu connais Keiko ». La jeune fille eut un grand sourire à l'adresse de Keiko. « Et je te présente Takeru, Natsuko, Mamoru et Kojirô. Et je vous présente ma fille Neeve !»

- « Bonjour ! » répéta-t-elle avec un autre grand sourire en s'asseyant gracieusement entre son père et Takeru.

- « Tu connais les Pokemon ? » lui demanda tout de suite ce dernier

- « Bien sûr, qui ne connaît pas les Pokemon ? Mon préféré dans la première saison était Nosferati. J'ai même un tee-shirt. » Elle avait répondu sans laisser paraître la moindre surprise.

- « Et tu sais jouer au chat ? » s'interposa Mamoru

- « Au chat, au chat perché, au Colin-maillard, et je suis imbattable au ballon prisonnier… »

- « Tu sais faire les cookies ? » repris Takeru. « Moi j'aime les cookies ».

- « Moi aussi ! Surtout avec de la noix de coco. Nous pourrons en faire ensemble. »

Mamoru et Takeru continuèrent à l'assaillir de questions les plus stupides les unes que les autres, et elle répondait toujours avec le sourire. Keiko commença à protester devant cette invasion et demanda à ses plus jeunes de laisser à la jeune fille le temps de respirer.

Natsuko était restée silencieuse jusqu'à ce qu'elle soufflât à Kojirô, assis à côté d'elle :

- « Elle est jolie non ? »

- « Hum ? Bof. »

En fait, Kojirô était encore sous le choc. Elle était plus que jolie. Elle avait clairement bénéficié de son héritage mixte. Elle était grande pour une japonaise, peut-être dans les cent soixante-dix centimètres, mais avec l'ossature typiquement orientale. Elle avait une grâce naturelle dans ses mouvements et le footballeur se douta qu'elle faisait de la danse ou un sport similaire. Sa peau était nettement plus claire que la moyenne, une sorte de pêche-doré accentuée par ses vêtements bleus profonds. Elle avait les cheveux longs naturellement ondulés, attachés pour le moment en une haute queue de cheval qui lui retombait sur les épaules. Elle n'était pas vraiment blonde, plutôt une sorte de châtain comme son père, mais plus doux. C'était un vrai changement par rapport aux éternelles chevelures raides et noires de jais des nippones. Mais ce qui frappait le plus chez elle était ses yeux. Des yeux gris oscillant entre le vert et le bleu qui marquaient un visage rond, aux pommettes hautes, avec un nez droit. Des yeux gris aux paupières légèrement en fente, donnant dans l'œil en amande, qui le regardaient bien en face.

- « Hein ? Comment ? » bafouilla-t-il.

- « Je te demandais si toi aussi, tu avais des questions sur mes nombreux talents cachés. » répéta-t-elle en dépliant sa serviette.

- « En fait, je me demandais quel genre de nom était Neeve. Tu utilises quel caractère pour l'écrire ? » se reprit-il

- « Il n'y a pas de kanji, c'est en katakana. Neeve est un nom d'origine celtique. Pour être totalement exact, il s'écrit N-I-A-M-H mais se prononce Neeve. »

- « Moi je trouve que c'est très beau. » dit Natsuko timidement. Neeve lui dédia un grand sourire.

- « Merci ! Mais tu serais surprise par le nombre de personnes qui l'écorchent… »

La serveuse s'approcha pour prendre leurs commandes et la conversation dévia. Neeve semblait à l'aise et ne souciait pas d'être le centre d'intérêt des trois plus jeunes Hyûga. Keiko lança un coup d'œil à son aîné avec un coup de tête significatif. Non, je ne suis pas en train de bouder dans mon coin ! Comprenant néanmoins le message, Kojirô se jeta à l'eau.

- « Heu… Hase-san… Tu as dit que tu avais un conseil de classe. Dans quel lycée es-tu ? »

- « Je ne suis pas au lycée. Je suis en dernière année au collège international Saint Elizabeth. »

- « Quoi ? Je croyais que tu allais avoir 16 ans ? »

- « Effectivement, mais j'ai une année de retard. Et toi dans quel lycée es-tu ? »

- « Je suis à Tôhô.»

- « Waou, je suis impressionnée. C'est difficile d'y rentrer. »

- « Pas plus que pour St Elizabeth. » fit remarquer le Tigre d'un ton qui coupait assez froidement la conversation, car il n'appelait pas à réponse.

- « Kojirô n'est pas qu'élève à Tôhô. » intervint Shôta « Il est la star de son équipe de foot. » fit-il presque fièrement.

- « Alléluia ! » répliqua Neeve. « Tu vas enfin pouvoir avoir quelqu'un avec qui hurler pendant les matchs à la télévision ! Mon père a toujours été désespéré d'avoir eu une fille et non un garçon. » dit-elle avec un petit sourire malicieux vers Kojirô. « À toi de te taper la corvée des soirées sport, maintenant… »

- « Tu n'aimes pas le foot ? » demanda incrédule Takeru. « Nous, on supporte tous Kojirô Nii-san ! » averti-il d'une voix ferme.

- « Ce n'est pas une question d'aimer, c'est une question de…politique féminine » glissa Neeve. Elle avait posé ses coudes sur la table, et posé le menton sur ses mains jointes. Cette fois c'était un sourire narquois qu'elle adressa à son père. « Il faut bien que je le houspille sur certains points, sinon il m'aurait élevée comme un vrai garçon manqué. » Shôta éclata de rire.

- « Elle a décidé qu'elle ne s'intéressait pas au sport pour échapper aux dites soirées sport. Mais je sûr qu'elle viendra encourager Kojirô à ses matchs. »

Neeve se contenta de sourire mais Kojirô eut l'impression que Shôta venait de faire une grosse supposition qui n'allait pas vraiment se réaliser. Neeve sentit qu'il la regardait. Le menton toujours sur les mains, elle lui rendit son regard avec juste ce qu'il fallait de moquerie pour qu'il fût certain d'avoir vu juste. Sale peste ! En plus, elle était capable de faire ce geste qu'il trouvait si sexy chez Nicole Kidman : ne soulever qu'un sourcil à la fois. En ce moment, il ne trouvait pas ça sexy et n'avait qu'une envie, celle de lui filer une claque.

- « Kojirô Nii-san est super bon » renchérit Takeru. « Tout le monde l'appelle le Tigre ! »

- « Le Tigre ? » releva Neeve. « Et pourquoi la gazelle ou le porc-épic pendant que vous y êtes ? »

Toute la famille éclata de rire, surtout devant la grimace de Kojirô qui s'était renfrogné. Toujours avec son sourire doucereusement railleur aux lèvres, Neeve se détourna et engagea la conversation avec Keiko. Au dernier moment, ses yeux recroisèrent ceux de Kojirô et là, il sut. Face d'ange, cœur de démon. Je ne suis pas sorti d'affaire.

De son côté, Neeve ricanait intérieurement. Et puis quoi encore ? Il pense vraiment que je vais aller jouer à la groupie déchaînée ? Regarde-le dans son coin. Monsieur « le joueur star » qui te regarde comme si tu étais la prochaine poule au cerveau-grelot qui va se pâmer devant ses exploits. Moi ballon moi taper !


Le repas se passa sans guère plus d'échanges entre Kojirô et Neeve. Shôta essaya bien de relancer des sujets de conversation communs, mais quand il proposa que Kojirô aidât Neeve à réviser les concours d'entrée pour le lycée, celle-ci roula des yeux.

- « Je m'en sors très bien toute seule. Je suis sûre de passer au lycée de St E. de toute façon. Et puis Hyûga-san est certainement très occupé avec ses entraînements, n'est-ce pas ? ». Son regard était clair : « Dis autrement et tu es mort ! »

- « Euh, oui » acquiesça-t-il. « Surtout que la saison du tournoi départemental va approcher rapidement ».

L'addition payée, Keiko proposa d'aller faire un tour dans le parce puisqu'il ne pleuvait plus. Neeve avait fait une pause à la voiture pour y poser son sac de cours et le reste du groupe prit de l'avance avec les deux garçons courant en tête, Natsuko entre les deux adultes et Kojirô derrière. Il s'était laissé distancer volontairement pour pouvoir avoir une discussion entre quatre yeux avec Neeve qui revenait vers eux. Elle dut comprendre car elle ralentit le pas pour rester à son niveau.

- « Hase-san… »

- « Bon, je suis désolée. Vraiment. » coupa-t-elle.

- « … »

- « Pour le commentaire sur le surnom. Je ne pensais pas que c'était si important. »

- « Et tu crois d'en tirer avec un ''désolée'' ? ». Neeve rougit violemment.

- « Je suis partie du mauvais pied avec toi, n'est-ce pas ? » Kojirô resta silencieux. C'est le moins que l'on puisse dire… « Voilà ce que je propose. Je ne fais plus de commentaire sur le foot et tu ne fais plus la gueule. »

- « Qui t'as dit que je faisais la gueule ? »

- « Le fait que tu n'aies pas ouvert la bouche de tout le repas ? »

- « Parce que pour toi ne pas parler constamment est un signe de mauvais caractère ? »

- « Tu sais très bien ce que je veux dire » fit-elle sèchement. « Si tu es contre ce mariage, c'est ton problème. Mais ne me le fais pas payer ! »

- « Tu croyais que… » s'exclama Kojirô. « Soyons bien clair, si je décidais de te le faire payer, tu ne serais pas là en train de sourire. »

- « Donc tu es d'accord avec tout ça ? »

- « Et toi ? »

- « J'ai posé la question la première… »

- « Et je n'ai pas envie d'y répondre. »

- « Waaou, ça aide vraiment la conversation ce genre de réponse » rétorqua Neeve, acide.

- « Et qui te dis que j'ai envie d'avoir une conversation avec toi ? »

Neeve s'arrêta de marcher et le foudroya du regard.

- « Et là, c'est vraiment pas toi qui fais ta mauvaise tête ? Qu'est-ce que je peux dire ? Tu ne veux pas me parler ? Bien ! Parfait ! Bravo ! Et bon débarras ! »

Elle le dépassa et se mit à marcher vers Keiko et Shôta. Kojirô lui prit le bras et la retint si brutalement qu'elle dérapa. Elle essaya de se dégager mais Kojirô était bien plus fort qu'elle.

- « Quoi encore ? »

- « T'as fini de te la jouer Drama Queen ? »

- « Me la… Mais pour qui tu te prends d'abord ? Comment oses-tu me juger ? Tu ne me connais même pas ! »

- « Et cela ne t'as pas empêché de me tourner en ridicule. » riposta Kojirô

- « Point un, je ne voulais pas te tourner en ridicule, ce n'était qu'une plaisanterie, et point deux je t'ai présenté mes excuses. C'est toi qui as... oh comme c'est étrange, fait ta mauvaise tête ! » ironisa Neeve.

Kojirô soupira, un long soupir. Il relâcha la jeune fille qui se massa l'avant bras maussadement.

- « Oui, je n'aurais pas dû en rajouter » admit-il après un moment de silence.

- « Attends, serais-tu en train de t'excuser ? »

- « Hé, si tu le prends comme ça moi je… »

- « Je t'ai peut-être mal jugé. » avoua-t-elle aussi, mais plus lentement. « Ça me met mal à l'aise et j'ai toujours tendance à dire des choses plus vite que je ne pense… »

Kojirô retint la remarque sarcastique qui lui montait aux lèvres. Toi penser ? Il la regarda de travers avant de réaliser qu'elle avait l'air sincère.

- « Bon j'accepte tes excuses, mais pour cette fois seulement… »

- « Mes excuses ! » s'emporta Neeve, mais elle aussi se contrôla. « Nous sommes d'accord, pas de remarque sur le foot et pas de tirage gueule. »

- « C'est mon jour de bonté. » lâcha-t-il.

- « Je vois, prince des pelouses et prince au grand cœur ». La voix ne se moquait plus mais taquinait.

- « Exactement. Après, que pouvais-tu attendre d'autre du grand sportif plein de muscles et vide du cerveau hein ? » Neeve s'empourpra et se mordit les lèvres « Tu m'avais vraiment vu comme ça… ? »

- « Euh… un peu… tu n'as pas fait grand chose pour me donner une autre image de toi... Tu es si bon que ça au foot ? »

- « Il paraît…Mais je joue seulement pour draguer les filles, bien sûr. » Kojirô prit sur lui pour ne pas rétorquer qu'elle n'avait pas fait beaucoup d'efforts de son côté pour effacer cette image de peste qu'elle s'était collée toute seule.

- « Bon ça va, j'ai compris. T'es lourd. » maugréa Neeve.

- « Ça te met vraiment si mal à l'aise ? »

- « Hum ? » Le changement de sujet avait déstabilisé la jeune fille.

- « Le remariage. » Il n'y avait que Kojirô pour avoir une conversation si décousue, essentiellement parce qu'il n'avait pas l'habitude d'en entretenir une. Alors, il ne faisait que reprendre les sujets précédemment évoqués, histoire de boucler la boucle.

- « Ce n'est pas tant le remariage que votre famille. »

- « Quoi, qu'est-ce qu'elle a ma famille ? » rétorqua Kojirô avec un brin de hargne.

- « Rooo, arrête de monter sur tes grands chevaux. Ce que tu peux avoir mauvais caractère ! Elle n'a rien ta famille. C'est juste que moi… moi je n'ai pas de famille. »

- « Pas de ? »

- « Il n'y a jamais eu que mon père et moi. Avoir une mère, c'est sympa comme idée, mais si elle a une famille avec, c'est déjà plus compliqué. Tu ne réalises pas à quel point ça peut être stressant… l'idée que je vais devoir cohabiter avec d'autres personnes. »

- « Tu ne veux pas partager ton père ? »

- « Au contraire, cela me fera des vacances. Toi, tu as toujours vécu avec des frères et sœur donc tu es habitué. En fait, pour toi, que je sois fille unique ou que j'ai deux ou trois autres frères, cela ne te ferait pas trop de différence. Moi, je vais devoir vivre avec l'idée d'être une sœur. Une grande sœur ! »

- « Je vois… » Cette raison permettait en effet d'expliquer ces virevoltes d'attitude. Lui se comportait mieux, ayant appris à gérer son stress grâce aux matchs. « En fait, ce n'est pas trop compliqué. Et puis le fait d'être l'aîné te donne plein de privilèges. »

- « Lesquels ? » s'enquit curieusement Neeve.

- « Tu peux choisir la chaîne de télé que tu veux, tu peux manger tous les cookies en premier, et tu peux abuser d'eux parce que tu es plus fort qu'eux… »

- « Humhum… un connaisseur…. » Mais elle soupira.

- « Allez ce n'est pas si terrible. Tu aurais pu tomber sur pire. »

- « Comme quoi ? »

- « Des gosses mal élevés. Piailleurs, sales, menteurs… »

- « Beeeeeeeeeeeeurk ! »

- « Pardon ? » s'offusqua Kojirô

- « Pas toi, eux » fit-elle en montrant Keiko et Shôta qui s'embrassaient.

- « Euh… ooh beeeeeeeeeeeeeeurk ! »

- « Vous allez devoir vous y faire. » répliqua Shôta qui avait vu leurs réactions.

- « Pas moyen ! » s'écrièrent Kojirô et Neeve d'une voix dégoûtée.

Shôta et Keiko explosèrent de rire et recommencèrent à s'embrasser. Avec un haussement d'épaules, Neeve les dépassa et Kojirô lui emboîta le pas.

- « Tant qu'ils ne me font pas un bébé, moi je suis contente… » confia Neeve.

- « Un bébé ? Non ça ne va pas bien chez toi. »

- « Oh, si seulement tu savais… »

- « Non merci, j'ai déjà assez d'ennuis comme ça… » dit Kojirô.

- « À mon avis, ce n'est que le commencement. ».

Et j'ai bien l'impression que tu ne vas pas y être étrangère…

o.O.o

O.K ce chapitre n'est pas terrible, mais bon, cela pose le personnage. Personnellement, je l'aime bien Neeve. Elle est si… peste…. Non, vous ne voyez pas pourquoi je dis ça? Attendez, vous allez voir… hihihi