Annonce de l'auteur

Ouéééééé ! J'ai dépassé les 20 000 mots !

Malgré le fait que j'ai été forcée d'écrire cette fanfic, au bout du compte, je m'éclate bien. Je suis fière d'annoncer que je viens de finir d'écrire la trame principale de l'histoire et je vous rassure (ou désespère…), j'ai un bon nombre de chapitres à pondre. Je nous souhaite à tous d'être fidèles et patients.

Oui les chapitres à venir seront Shojo, pour faire plaisir à L.

Oui il y aura également des passages chauds, pour faire plaisir à A et Bumber_Alex

Malheureusement, pas de scène Yaoi pour Infinitylight. J'ai bien essayé, mais ce n'est pas mon style d'écriture – j'ai bien assez de mal déjà avec les Mayu Shinjo…. Il faudra se contenter des scènes de vestiaires que je glisserai ici et là.

Suite à une remarque des plus méchantes de A, je tiens à préciser que je tape presque tous mes chapitres sur un PC écossais, donc qwerty, donc pas d'accent sur le clavier. Faire insérer/caractère spécial me gonfle assez, donc je dois oublier beaucoup d'accents. Désolée, mais à moins que vous ne vous cotisiez pour m'envoyer un clavier français USB (pas de port PS2 sur mon PC), vous allez devoir souffrir avec moi…

AetL viennent de m'annoncer que j'écrivais trop vite et que je leur donnais trop de boulot à lire et à commenter. En gros, elles ont avoué qu'elles aimaient bien ma fanfic (Bien sur A s'est plainte du manque de sexe…) mais L a été ravie par tous les bons et beaux sentiments !

o.O.o

Commentaires des commentaires :

À tous : merci !

Kiito : Merci pour tes encouragements. Je suis heureuse de voir que je peux faire des personnages vivants. Après tout, je me fais vieille et j'ai du mal à me souvenir de mes 16 ans… Encore moins de mes 9 ans… Misère…

À ce propos, tu viens t'être officiellement nommée revieweuse spéciale pour ta fidélité. J'aurais une petite surprise pour toi dans…erf… une bonne dizaine de chapitres mais bon, c'est l'intention qui compte hein ? J'espère que tu seras là pour voir.

Yellou : bienvenue dans mon histoire ! Boucle ta ceinture et z'ouple là

o.O.o

Publié : 12 Novembre 2007

Révision : 01 Décembre 2007

Révision : février 2008

Révision : janvier-février 2011 & 2015

o.O.o

Chapitre 8 – Chat qui sourit a toujours des griffes

Le lundi matin, Kazuki et Ken attendaient Kojirô de pied ferme. Lorsque celui-ci arriva près des vestiaires pour prendre sa douche traditionnelle d'après-distribution-de-journaux, il s'étonna d'entendre des voix. Il était généralement le premier arrivé… Il poussa la porte et se retrouva nez à nez à ses deux amis qui arrêtèrent de se chamailler pour le fixer du regard, l'air goguenard.

- « Alors ? »

- « Alors quoi ? » grommela-t-il en ouvrant son casier.

- « Qui as-tu tué ?»

- « Personne »

- « Mais… ? »

- « Il n'y a pas de mais… » Kojirô se déshabilla et empoigna son gel douche. Nu comme un ver, serviette à la main, il se dirigea vers les douches.

- « Il y a toujours un mais avec lui, n'est-ce pas Kazuki ? » questionna Ken, d'un ton faussement pincé.

- « Je dirais même plus qu'il s'agirait d'un trait caractéristique au Hyûga tigrus masculinus musculatus. » répondit Kazuki sur le même ton. « Mon avis professionnel sur le sujet est qu'il lui est nécessaire de trouver matière à se plaindre. »

- « Mais je ne me plains pas ! » protesta Kojirô.

- « Mais… ? »

- « Mais je vais prendre une douche. »

- « Tu sais que cela ne nous arrêtera pas. » fit le gardien de but.

- « Ken, je sais que tu es fou de moi, mais j'ai déjà dit que ça ne marchera pas… »

Ken haussa les épaules et ricana.

- « Donc elle est mignonne. » conclut Kazuki.

- « Évidemment, si elle avait été moche comme un pou, il nous aurait déjà tout dit. » fit Ken depuis le placard dans lequel il avait plongé la tête.

- « La question, c'est mignonne comment ? »

- « Jre…fous…elledlte. » gargouilla Kojirô depuis les douches.

- « Tu nous emmerdes ? » releva Ken. « Ce n'est pas très poli ça. »

- « Et est-ce que tu l'emmerdes, elle ? »

- « … Waaao c'est froid ! Wakashimazu, si je t'attrape tu le regretteras ! Remets le chauffe-eau en marche ! »

- « Je pense que tu as besoin d'une bonne douche froide pour te remettre les idées en place. La vengeance est un plat que se mange froid… ou chaud »

- « Waaaao c'est bouillant ! Espèce de… »

PAF ! Kazuki venait de recevoir le gel douche en pleine figure.

- « Mais, je n'ai rien fait moi ! » geignit-il.

- « Empêche-le de toucher au chauffe-eau ! C'est un ordre ! »

- « Oh Capitaine, mon Capitaine, il y a des raisons que la raison n'entend pas ! »

- « Est-ce que tu veux vraiment m'entendre ? »

- « Oui, sur le sujet de ladite mystérieuse sœur. »

- « Elle n'est pas ma sœur ! »

- « Demi-sœur… » concéda Ken en rebranchant le chauffe-eau.

- « Ou belle-sœur… »

- « Vous êtes impossibles ! Sorimachi, envoie le savon ! »

Le jeune homme lança la bouteille d'un geste précis et Kojirô commença à se savonner vigoureusement.

- « Bon elle est mignonne ? » reprit Kazuki

- « Bof, ça fait aller… »

- « Donc elle EST PLUS QUE mignonne. Il faut vraiment tout décoder chez toi. »

- « Et comment s'appelle la jeune demoiselle ? » s'enquit Ken.

- « Neeve. »

- « Neeve ? Ce n'est pas un nom. » jugea le goal.

- « Il paraît que c'est gaélique. »

- « C'est quoi gaélique ? C'est où, ce pays ? » demanda innocemment Sorimachi.

- « Idiot, ce n'est pas un pays, c'est une culture celtique. Genre l'Écosse, l'Irlande et compagnie. » railla Ken en lui donnant le fameux et tant redouté coup de poing maison dans l'épaule.

- « Humm. Une beauté étrangère. Bon, dans un ou deux ans, elle sera prête à être cueillie… » Sorimachi se massait l'épaule.

- « Pourquoi un ou deux ans ? » questionna Kojirô en émergeant des douches. « Ken rends-moi ma serviette. … Tout de suite ! » ajouta-t-il après avoir attendu deux secondes de trop à son goût.

- « Hé ho, je ne les prends pas au berceau non plus. J'attends qu'elle ait dans les seize ans. » affirma Kazuki.

- « Elle les a déjà les seize ans. Ou presque. » laissa tomber Kojirô en se rhabillant.

- « Heiiiiiiiin ? » Ken et Kazuki étaient plus que surpris. « Tu avais dit qu'elle avait quatorze ans ! »

- « Je croyais aussi… Mais c'est une vraie peste ». Il claqua la porte de son casier violemment.

- « Peste comment ? »

- « Peste comme petite fille modèle devant et vrai engin à problème derrière… »

- « Oh, cela va être intéressant… » susurra Ken avec un grand sourire

- « Intéressant ? »

- « De voir comment tu vas t'en sortir…. »

- « Merci, merci, je vois que tu es optimiste… » Kojirô attrapa son sac de cours et se dirigea vers la sortie. Ses deux amis lui emboîtèrent le pas. « Au fait, Sorimachi… » Il s'arrêta dans le pas de porte.

- « Oui ? »

- « Tu ne l'approche pas. OK ? »

- « Oh, chasse gardée ? »

- « Non, espèce protégée. Je n'ai pas besoin que tu me compliques la situation. » Kojirô sortit à grands pas.

- « Tu sais quoi », fit Ken à Kazuki. « J'ai hâte de voir la suite… »


Malheureusement pour Ken, il n'y eut pas de suite immédiate. Les deux familles ne se réunirent plus, même si Shôta était souvent invité à dîner. Kojirô se demandait parfois ce que Neeve pouvait bien faire les soirs où elle se retrouvait seule. Shôta et Keiko passaient de plus en plus de temps ensemble et Kojirô se retrouva à baby-sitter sa famille plus d'une soirée. Vers la fin d'octobre, les deux parents prirent un long week-end de libre pour aller visiter leur famille respective et leur présenter leur nouveau conjoint. Le père de Shôta était mort trois ans auparavant et sa veuve habitait Osaka. La sœur de Keiko habitait dans la campagne à cinq heures de voiture de Tokyo et avait pris leurs parents chez elle.

Ainsi, rapidement, la date du mariage fut arrêtée pour le 3 décembre. Il ne s'agirait que d'une simple cérémonie privée à la mairie et un rapide passage au temple. Aucun membre des deux familles n'était invité, non parce qu'ils n'étaient pas les bienvenus, mais parce que les deux futurs époux ne voulaient pas d'une grande fête. Ils avaient tous deux eut un mariage « digne de ce nom » auparavant.

Keiko arborait maintenant une nouvelle bague. Ce n'était pas une bague de fiançailles traditionnelle mais une simple bague d'or avec de petits diamants incrustés en une délicate vague. Elle avait rangé son ancienne alliance et bague de fiançailles dans un petit sac et les avaient déposées dans son coffre à la banque

- « Je les garde pour toi Kojirô. C'étaient les bagues de ta grand-mère paternelle. Tu voudras peut-être les donner à ta fiancée… »

- « Ouais, on verra… » grommela-t-il en rougissant légèrement.

- « Il faudrait déjà qu'il se trouve une copine » plaisanta Natsuko. « Avec son caractère de cochon, ce n'est pas gagné. Peut-être que Mamoru les utilisera avant toi… ».

- « Et avec ta manie de commérer, tu n'es pas casée non plus. » répondit Kojirô.


Peu de temps après leur voyage, les parents trouvèrent enfin la maison de leurs rêves. Ils avaient cherché une grande maison pour une famille de sept dans la proximité du quartier où la famille Hyûga habitait actuellement. Il était plus facile de changer les habitudes de deux personnes – la famille Hase en l'occurrence. La maison se situait de l'autre côté du campus Tôhô et des écoles de Natsuko, Takeru et Mamoru. Kojirô n'avait plus que dix minutes de marche pour rejoindre son lycée et Keiko pouvait prendre un métro à deux minutes de là qui l'emmenait presque en face de son bureau. Shôta avait proposé de venir les prendre en voiture pour les emmener visiter la maison. Il arriva le jour dit à l'heure dite au volant d'un monospace Mercedes. Il avait dû changer sa berline pour accommoder sa famille grandissante. Tout de même, pas mal, une Mercedes. Il n'a pas des goûts de merde, lui.

Keiko s'installa à l'avant et le reste se tassa dans les sièges arrière. Neeve était là et leur adressa un grand sourire avant d'être totalement accaparée par Natsuko.

Keiko ayant admit que la maison était un peu étrange, aussi Kojirô s'était-il préparé à tout. La maison était effectivement bizarre. Déjà, elle était rose. Rose flamant donnant dans l'orange. Quand la voiture s'était engagée dans la petite rue tranquille, Kojirô avait tout de suite repéré la façade. Pitié pas celle-là, pitié pas celle-là, avait-il supplié mentalement, mais Shôta avait bel et bien remonté l'allée de cette même maison.

Le footballeur regarda le jardin devant la maison. Une allée de dalles blanches menait de la rue vers le garage et se rétrécissait en un chemin qui tournait à gauche vers la porte d'entrée. Le reste était une petite pelouse d'herbe verte clôturée par un muret de brique d'une bonne hauteur. La maison et le jardin étaient séparés des maisons voisines par des hauts murs de béton peints en blanc.

La maison était d'inspiration occidentale mais le tout donnait surtout l'impression que l'architecte n'avait pas vraiment fait de plans avant de construire et avait rajouté les pièces les unes après les autres… et les unes sur les autres... À la façade principale s'étaient ajoutées deux pièces qui s'avançaient vers la pelouse en une sorte de U. La branche de droite était le garage prolongeant la cuisine et c'était la seule partie de la maison qui n'avait pas d'étage. Kojirô crut discerner une sorte de terrasse sur le « toit » du garage, qui se trouvait donc au niveau du premier étage. Un mur avec un portail de fer encastré joignait le garage au mur extérieur le plus proche. Derrière le portail, on devinait un passage, toujours dallé de blanc, qui tournait et faisait le tour de la maison et une échelle en fer permettant de monter sur la terrasse/toit du garage.

La porte d'entrée se situait au bout d'un court escalier montant, collé le long de la paroi de l'autre avancée et couvert par l'étage. Cela donnait l'impression que la porte était entre le rez-de-chaussée et le premier étage.

- « Bon d'accord, il faudra peut-être la repeindre… » admit Shôta devant l'air dégoûté des enfants. « Mais attendez de voir l'intérieur ». Il sortit de sa poche un trousseau de clés et gravit les marches deux à deux. « Tadaaaaa ! » Il poussa la porte qui s'ouvrit vers l'intérieur et s'inclina devant eux. « Je vous laisse les honneurs ».

La porte donnait sur un couloir qui tournait immédiatement à droite, longeant la façade intérieurement vers le garage. Quelques mètres plus loin, ce couloir débouchait sur un palier où le plafond s'élevait. Un autre escalier débutait là, en un virage à 180 degrés. Remontant le sens du couloir, il s'élevait vers l'étage dans la direction opposée au garage. Du palier, une autre série de marches descendait vers ce qui semblait être la pièce principale. Kojirô compris pourquoi Shôta aimait tant cette maison. Le rez-de-chaussée était en fait dénivelé, comme une sorte de sous étage, et il faisait office donc de lieu de vie collectif. Les grandes portes-fenêtres qui donnaient sur une sorte terrasse dallée des mêmes pierres blanches. Le sol s'élevait en une pente douce vers le jardin intérieur, presque un mètre au-dessus du sol du salon. Le tout donnait une impression de profondeur, même si cela manquait un peu de luminosité.

La cuisine se trouvait derrière le garage. D'ailleurs, une porte permettait de passer d'une pièce à l'autre. La cuisine était d'un style moderne, avec un bar américain délimitant le salon. Une autre porte à l'arrière donnait dans une petite buanderie. Par la fenêtre, Kojirô pouvait voir le portail de fer forgé et le passage pelouse-jardin. Un escalier en colimaçon et une trappe permettaient de monter sur le toit, effectivement transformé en terrasse. Ce n'était qu'une grande plaque de béton avec des poteaux entre lesquels des fils à linge étaient tendus et une porte au bout.

Kojirô redescendit vers la pièce principale et traversa le salon dans sa longueur vers la deuxième branche du U. Il y avait un couloir assez court, avec trois portes à sa droite et une à gauche au fond. Celle-ci s'ouvrait sur la grande chambre principale et était munie d'une petite salle de douche à l'européenne dont le plafond était la base d'un escalier. La chambre de Maman et Shôta. Les autres portes donnaient respectivement sur une seconde chambre, assez petite avec une vue sur le jardin intérieur, une salle de bain européenne à peine plus grande et un WC.

- « Probablement la chambre d'amis » fit Keiko qui passait par là. « Il y a quatre chambres en haut et nous pensions vous mettre tous ensemble. Entre jeunes… »

- « Quatre ? » releva Neeve qui était rentrée la dernière et avait suivit Keiko dans la cuisine.

- « Une pour chacun de vous deux, une pour Natsuko et une pour les garçons. Je vous conseille d'ailleurs de monter vite avant qu'ils ne prennent les meilleures… »


Neeve et Kojirô se dépêchèrent de remonter vers le palier. Galamment, il la laissa passer en première et s'engagea à sa suite dans l'escalier montant. Il était assez étroit mais grimpait doucement, n'ayant qu'un demi-étage à franchir. Il tournait à gauche en une autre série de marches, expliquant le plafond de la salle d'eau de la chambre d'en bas. En haut des marches, un autre palier à 180 degrés avec une fenêtre donnant sur la rue, en une sorte de couloir vers l'arrière de la maison. Enfin, ils arrivèrent dans un autre couloir. Trois chambres donnaient à l'arrière de la maison et une chambre sur l'avant. Celle-ci avait la même taille que celle des parents, juste en-dessous et les cinq jeunes l'accordèrent à Takeru et Mamoru, puisqu'ils devaient la partager. Natsuko déclara qu'elle s'installa dans la chambre d'en face, dans le coin arrière gauche de la maison.

Neeve ne semblait pas intéressée elle avait ouvert les portes des pièces opposées aux deux chambres restantes. Kojirô fit un plan mental de la maison et comprit que ces deux pièces couvraient l'espace supérieur entre le garage et la chambre des parents et formaient le plafond du couloir d'entrée. Il ne s'agissait que d'un second cabinet de toilette et de deux petites, presque minuscules, salles de bains, l'une occidentale et l'autre avec un bain à la japonaise. Neeve ouvrit la dernière porte qui se trouvait au bond du corridor. Comme Kojirô s'y attendait, elle donnait sur la terrasse.

- « Bon, quelle chambre veux-tu ? » demanda Neeve avec une moue.

- « Bof, je m'en fiche un peu. Toutes les deux sont déjà bien plus grandes que celle que j'ai. » répondit Kojirô.

- « Dans ce cas, je prendrai celle-là. » Neeve désigna la pièce la plus à droite. « J'aime bien le fait d'avoir deux fenêtres, même si la vue sur la terrasse n'est pas terrible… » En effet, cette chambre avait une large vitre donnant sur le jardin intérieur et une autre sur le toit du garage.

- « J'ai donc celle du milieu. » Kojirô entra dans sa chambre avec un sentiment proche du contentement.

Il s'accouda à l'unique fenêtre dans sa chambre et regarda le jardin intérieur. Juste un grand rectangle d'herbe avec des rangées de fleurs le long des murs. Il imaginait facilement un barbecue et une table de jardin pour l'été. La maison lui plaisait mais l'idée de vivre avec la famille Hase lui donnait la chair de poule. Le déménagement était imminent, prévu pour la fin du mois de novembre qui venait de débuter, soit quelques jours juste avant le mariage. En fait, il était face à un paradoxe : il était nerveux parce qu'il ne connaissait pas Neeve mais ne voulait pas la connaître d'avantage. Leur première rencontre lui avait déjà donné un avant goût doux-amer du caractère de la jeune fille et il savait qu'il allait y avoir des étincelles. Sale peste de chez sale peste d'emmerdeuse de tourner en rond.

Il ressassait ces pensées peu charitables quand la voix de Shôta dans la chambre de Neeve lui parvint par les deux fenêtres ouvertes.

- « Est-ce que c'est ta chambre ? »

- « Oui. Et je te rassure, il n'y a eut ni bain de sang ni règlement de compte. »

- « Je suis fier de toi, ma chérie. Est-ce que la maison te plaît ? »

- « Vi, ça va aller. »

- « J'ai commandé des travaux de peinture. Tout devrait être prêt à temps. As-tu des exigences particulières ? »

- « Oui, j'ai quelques idées pour les murs. »

- « Attention, je te préviens. Une fois que c'est peint, c'est peint. Ne change pas d'avis tous les trois jours. »

- « Pff tu ne comprends rien à ma fibre artistique. »

- « Non je le reconnais… »

- « Dis Papa.. » commença Neeve. « Il faudra que tu m'achètes un vélo. J'aimerais bien un scooter mais je sais que tu vas dire non. Un vélo fera l'affaire. »

- « Un vélo ?»

- « Pour aller à l'école ! J'ai regardé, même avec les bus et le métro, je me tape au minimum une heure de trajet matin et soir. En plus, tu travailles maintenant dans une autre direction, donc tu ne peux pas me conduire au collège. Un vélo me permettrait de faire le tout en trente petites minutes… »

- « Tu sais bien que je suis contre. »

- « Et une heure, c'est si j'attrape les bons bus. »

- « Et puis je ne vais pas t'acheter un vélo pour trois mois ! »

- « Euh… pourquoi trois mois ? »

- « Parce que tu vas aller au lycée Tôhô bien sûr. Il est à seulement 10 minutes à pied ! » s'exclama Shôta d'une voix toute joyeuse.

Kojirô ne put s'empêcher de grogner. C'est le comble, il va falloir que je me la supporte au lycée ! Quelle chance que nous ne soyons pas dans la même année. Avec ma veine, nous aurions été dans la même classe !

- « Depuis quand je vais au lycée Tôhô ? » La voix de Neeve était calme mais un peu trop basse. Oh la, Shôta, c'est un terrain dangereux. Mayday Mayday, abort mission. I repeat, abort mission!

- « C'est logique. En plus, Tôhô est un établissement réputé. J'ai déjà transmis ton dossier pour pré-examen et… »

- « Mais je NE VEUX PAS aller à Tôhô ! Je VEUX rester à St E. ! » Moi aussi….

- « Mais voyons, sois raisonnable ! »

- « J'ai travaillé trop dur pour passer les concours d'entrée. J'ai TOUJOURS voulu aller dans cette école internationale ! » Oh oui restes-y !

- « Tôhô a une excellente section internationale et je… » Kojirô sentait que Shôta était déconcerté par la réaction de Neeve.

- « Et j'y ai tous mes amis !

- « Tu t'en fera d'autres et…. » Pas sûr….je ne parierai pas mon salaire du mois…

- « Je ne VEUX PAS d'autres amis. Mes amis sont parfaits. Tout ce que je VEUX c'est un VÉLO » cria Neeve. Allez, donne-le lui son satané vélo ! Et qu'on en finisse !

- « Neeve, ne fais pas de caprice. Tu étais pourtant d'accord pour déménager ! » Shôta s'emportait à son tour.

- « Déménager oui, mais tu n'avais pas mentionné changer d'école ! C'est la deuxième fois que tu me fais un truc pareil ! » Cette fois, sa voix tremblait et se cassa à la fin de la phrase. Deuxième ? Oulala, mal barré le Shôta. Je me demande ce que c'était, la première fois.

- « Et puis pourquoi tu n'as pas trouvé une autre maison. Une qui me permette de rester à St E. ? Tu t'es bien débrouillé pour arranger Keiko et les autres, mais pourquoi pas moi ? » Bon, il est temps de ne pas être là… Allons voir le jardin de plus près…

- « Nous avons essayé, je te jure. Mais cela n'est pas facile tu sais » fit Shôta d'une voix douce, essayant de calmer sa fille. « Nous avons dû faire un compromis… »

- « Compromis mon œil ! »

Neeve sortit en trombe de sa chambre coupant court à la conversation. Elle bouscula Kojirô et le foudroya du regard. Ou le foudroya entre ses larmes. Hé ho, ce n'est pas ma faute, ne me regarde pas comme ça !

Il entendit Shôta pousser un soupir à fendre l'âme et avant qu'il n'eût eut le temps de faire une retraite diplomatique dans sa chambre, le père sortait aussi.

- « Oh, tu étais là. » Le chirurgien se passa une main sur la nuque, avec une grimace gênée.

- « Euh, non, enfin oui mais… »

- « Elle devra se faire une raison. Désolé que tu aies dû assister à ça. Elle est normalement tellement gentille… » Vraiment ? « Bon ! » reprit Shôta. « Il va falloir que tu me dises le genre de meubles tu aimerais pour ta chambre »

- « Meubles… ? »

- « Franchement, j'ai vu ta chambre. Si nous mettions tes affaires dans cette pièce, tu aurais encore assez de place pour jouer au foot. » Shôta éclata de rire. Kojirô rit un peu, pour être poli, parce que franchement, ce n'était pas drôle. « Je pense qu'en plus tu aimerais un lit double, n'est-ce pas. » suggéra Shôta.

- «Hein? Un lit deux places pour moi ? » Kojirô était incrédule.

- « Mais pas de petite copine dans la chambre ! C'est une règle absolue dans cette maison. »

- « Ah-ah-ah…. »

Kojirô rit jaune et laissa Shôta redescendre vers le salon tout seul. Il avait décidé de visiter le jardin aussi ouvrit-il la porte donnant sur la terrasse et entreprit de retrouver l'échelle en fer qu'il avait remarqué auparavant. Malheureusement pour lui, Neeve était juste en bas dans le passage en train de donner des coups de pied furieux dans la poubelle. Il s'assit donc sur le sol et s'adossa à la rambarde de sécurité en attendant qu'elle se calmât et voulût bien quitter le jardin. Il ne voulait surtout pas tomber sur elle, particulièrement quand elle pleurait. Il pouvait l'entendre renifler entre deux coups de pied.

- « Qu'est-ce que tu fais ici ? » Mamoru venait d'apparaître au coin du passage.

- « Rien, je ne fais rien » répondit Neeve d'une voix lasse en reniflant une nouvelle fois.

- « Tu pleures ? »

- « Pas vraiment… ». Encore un coup de pied. Pauvre poubelle, elle ne mérite pas ça…

- « Moi je ne veux pas d'une sœur qui pleure. »

- « Les filles, ça pleure toujours, il faudra t'y faire » commenta Neeve. Elle reniflait et rigolait en même temps. Cela donnait un bruit d'aspiration bizarre.

- « C'est nul, les filles. »

- « Tu ne diras pas ça dans quelques années »

- « Bof, de tout façon je ne sais jamais quoi leur dire. » avoua Mamoru. « Soit elles rient comme des filles, soit elles pleurent comme des filles »

Kojirô ne put retenir un grand sourire. Son frère venait de résumer toute la philosophie féminine !

- « Écoute, nous allons faire un pacte, si tu veux bien. » Neeve arrêta de taper dans sa poubelle et se tourna vers le garçon. « Tu me dis comment je dois faire pour être une bonne grande sœur – genre ne pas pleurer – et moi je t'apprends à parler aux filles. » Surtout pas ! Tu vas me le pervertir !

- « Je ne pense pas que cela vaille le coup. Ce n'est pas un échange équitable ! » Bien dit, petit frère !

- « Je vois que Monsieur est dur en affaire. Et si je rajoute une tarte aux pommes à chaque fois que je fais un truc pas ''grande sœur'' ? »

- « Là, ça marche ! Et le deal commence maintenant, donc tu me dois une tarte ! »

- « D'accord ! Allez file, je crois que ta mère te cherche… »

Mamoru détala, tout content d'avoir gagné une tarte presque gratuitement et Neeve recommença à taper dans la poubelle. Elle s'arrêta pourtant après deux ou trois coups.

- « Hyûga-san ? » appela-t-elle

- « … »

- « Comment j'étais ? »

- « Comment t'étais comment ? » répliqua Kojirô. Il se demandait comment elle avait su qu'il était là, mais puisqu'elle savait, il ne pouvait pas l'ignorer.

- « Comme grande sœur. Ça allait ?

- « Je ne pourrais pas te le dire… »

- « Comment ça ? »

- « Je n'ai jamais été une grande sœur, je ne peux pas juger. »

- « Crétin ! »

- « À ton service… »

Neeve se mit à shooter dans l'échelle qui résonna d'un bruit sourd. Elle et Kojirô restèrent silencieux un moment.

- « Tu sais ce que c'est le problème ? » Sa voix était calme.

- « Lequel ? » fit-il ironiquement.

- « Je n'ai pas de problème à me voir en grande sœur. Je pense même être capable de faire du bon boulot. Le problème est que je ne me vois pas en petite sœur. Je ne veux pas que tu sois mon frère ! » Sa voix restait flegmatique elle donna cependant un nouveau coup dans l'échelle.

- « Je ne veux pas que tu sois ma sœur non plus. » répondit Kojirô sur le même ton. Il n'avait pas toujours pas bougé.

- « Bien. »

- « Bien. » répéta-t-il.

Le silence retomba, interrompu par quelques coups de pieds. Puis Neeve tourna les talons et suivit Mamoru dans la maison.


Kojirô et Neeve arrivèrent à s'éviter pendant le reste de la matinée, jusqu'au moment où la famille se réunit pour choisir les meubles du salon, puisqu'il était désormais clair qu'ils prenaient la maison. Neeve boudait dans son coin et ne consentit à ouvrir les lèvres que pour commenter le fait qu'elle était contre un canapé en cuir parce que « c'est chiant à entretenir ». Remarque qui lui valu un sermon de la part de Keiko qui refusait d'entendre ses enfants dire des gros mots.

- « Ses enfants » tiqua Kojirô. « Elle la considère déjà comme sa fille. »

Comme punition, Neeve fut chargée d'aller commander des pizzas que la famille dégusta assise sur les marches ou par terre dans le salon tout en continuant de feuilleter les catalogues. L'après-midi était bien avancée quand ils se mirent d'accord. Tout avait été choisi, et Shôta se chargerait de passer commande et de superviser l'installation. Puis Keiko et lui passèrent dans leur chambre pour déterminer la couleur des murs, les trois plus jeunes filèrent jouer dans le jardin, laissant les deux adolescents seuls. Ne voulant pas parler, Kojirô commença à ramasser les cartons de pizzas vides tandis que Neeve rassemblait les magazines de meubles et décorations quand :

- « Tsss, mince je viens de me casser un ongle. » râla-t-elle soudain. « Je venais de me les acheter ! » Oh, c'est le drame du siècle ! Vite vite appelez les pompiers ! La jeune fille dut lire les pensées de Kojirô sur son visage car elle s'approcha de lui et lui planta son index – sans ongle – dans le sternum. « Écoute-moi bien mon bonhomme, il est temps que tu captes quelque chose ! Je suis une fille et aussi bizarre que cela puisse te paraître, j'agis en tant que telle. Alors oui j'aime le rose, j'aime faire du shopping, j'aime passer deux heures dans la salle de bains » Presque chaque mot était accompagné par un coup d'index. Ongle ou pas, elle avait les doigts pointus ! « Et OUI cela m'ennuie quand je me casse un ongle, ongles qui j'apprécie garder propres. Ce qui n'est pas ton cas apparemment ». Kojirô regarda ses mains. Ses ongles étaient sales, mélange de terre et poussière accumulé entre foot et boulot. « Il va falloir que tu t'y fasses une bonne fois pour toutes ! » Neeve s'interrompit pour rependre sa respiration et le foudroya du regard. « Et puis je ne t'aime pas ! » Kojirô fut surpris par cette sortie des plus sincères. « Tu es bien trop grand pour moi. Je déteste m'engueuler avec quelqu'un que je ne peux pas foudroyer du regard sans avoir à me dévisser le cou. Aie la bonté de t'asseoir la prochaine fois ! »

Sur ce, elle lui tourna le dos et monta les escaliers vers la porte d'entrée qu'elle claqua derrière elle.

- « Une dispute ? » demanda Keiko que le bruit de voix avait attirée. Son visage était inquiet, elle fronçait les sourcils.

- « Euh… pas vraiment. En fait je ne crois pas »

Mais qu'est-ce qui lui a pris ? Elle est malade cette nana !

o.O.o

Bon ce chapitre était long et je suis certaine que vous vous dites « pourquoi elle nous fait chier avec sa description de maison, on s'en fout !». C'est juste qu'il y a plein de détails cruciaux pour la suite de l'histoire, parce que plein de choses vont se passer dans cette cabane ! Je vous proposerais bien de faire un dessin de la maison et de le scanner, mais je suis nulle en dessin. La dernière fois que j'ai joué à Pictionnary, je devais dessiner « nid d'oiseau » et ma mère m'a sortit « hippopotame »….