Voilà voilà… Toutes mes excuses pour le délai mais j'avais beaucoup de boulot. Ne travaillez pas dans l'événementiel si vous voulez faire les 35h. Enfin, je pense pouvoir faire plus de sorties bientôt.
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Note 1 : Dix chapitres, tout juste 30 000 mots ! – je ne compte pas les mots dans mes blablas d'avant chapitre… Bansai !
Note 2 : L m'a dit au téléphone que mes titres de chapitres n'avaient aucun lien avec le contenu du chapitre. Je proteste mais bon… par acquis de conscience, commentez ce point ?
Note 3 : J'ai tout mis en euro. Je ne vais pas m'empapatouiller à aller faire des conversions en yens que vous, en lisant, aller devoir vous empapatouiller à remettre en euros. J'ai déjà du mal avec les euros comme ça. Beuh oui, les Britishs en sont encore à la livre sterling… Bande de barbares.
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Kiitoo/Nix : qu'est-ce que tu veux dire par « elle a plus d'atouts que la moyenne » dans ton dernier commentaire sur Neeve ? (°_o)
Chacha sur fanfiction : contente que cela te plaise !
Yayoi sur fanfic-Fr : Un super grand merci pour tes commentaires. Je plaide coupable pour les chapitres 4 et 5, j'ai eu un mal fou pour cette conversation. Moi aussi je m'éclate après le chapitre 6. En fait, j'aurai du couper les chapitres 4 et 5. Hélas ! Enfin, pour tous, les réactions bizarres de Shôta sont faites comme ça, parce que…vous verrez plus tard.
ALLEZ TOUT(E)S lire les fanfics de Yayoi parce qu'elles sont superbes et Yayoi déchire l'écran !
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Publié : 24 Novembre 2007
Révision : 01 Décembre 2007
Révision : février 2008
Révision : janv-fév 2011 & 2015
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Chapitre 10 - Pierre qui roule n'amasse pas mousse
La fin de semaine arriva en un éclair. Kojirô avait dû jongler entre cours, entraînements et petits boulots pour trouver le temps de faire tout ce qu'il avait à faire. Avant tout, emballer ses possessions. Il réalisa qu'il avait pas mal de choses tout compte fait, et que sa famille avait une manie d'entasser, de garder et de conserver tout et n'importe quoi, alors même que la place faisait défaut. Il houspilla Takeru jusqu'à ce qu'il fît le tri de ses jouets, et résista corps et âme à sa mère qui voulait garder tous les dessins, les colliers en pâtes et autres horreurs enfantines accumulées par quatre enfants. Bataille qu'il gagna, mais de justesse.
Puis il dut passer à la nouvelle maison plusieurs fois, pour aider Shôta à monter les meubles. Il comprit mieux d'où Neeve tenait son attitude « tête de mule », puisque Shôta s'obstinait à ne pas vouloir lire la notice de montage. Le problème était surtout que le chirurgien, malgré ses nombreuses qualités, n'était pas doué pour le bricolage – même le plus basique fut-il. Du coup, Kojirô passait autant de temps à démonter qu'à monter. Le seul point positif fut qu'il arrangea sa chambre. Il avait installé son double lit et était extrêmement satisfait de son bureau. Il avait son propre bureau ! Plus de grain de riz en perspective... Et Shôta lui avait acheté un superbe fauteuil de bureau imitation cuir qui était vraiment confortable.
Enfin, mais point de taille, Keiko le traîna littéralement à la boutique pour hommes pour lui dégoter un costume en vue de la cérémonie de mariage. Puis elle retrouva Neeve et Natsuko à la boutique pour dames juste à côté. Kojirô envia Takeru et Mamoru qui, en raison de leur jeune âge, n'avaient à porter qu'un pantalon et une chemise neuve. Mais lui ! Il dut endurer plaintes et gémissements du vendeur qui lui reprochait presque d'avoir des épaules trop larges. Après de trop nombreux essayages, il finit par dénicher un complet à veste droite à trois boutons. Bien sur, sa mère râla parce qu'il était noir mais Kojirô tint bon. Le noir, c'était pratique, ça allait avec tout et puis lui, il aimait bien le noir. Neeve se contenta de le regarder de bas en haut et de concéder « qu'il n'était pas mal ». Kojirô allait répliquer méchamment mais se ravisa en voyant que la remarque avait calmé sa mère. Il ne put voir ce que sa mère et les filles avaient acheté parce qu'elles avaient terminé bien avant lui.
Quand Shôta sortit sa carte pour payer, Kojirô se sentit assez gêné. Il devait déjà avoir déboursé une petite fortune pour équiper la maison. Pour être allé chez lui, il savait que la famille Hase n'était pas pauvre, mais tout de même ! Malheureusement, Shôta mésinterpréta la grimace du jeune homme.
- « À ce propos, je voulais te dire que tu pouvais laisser tomber tous tes petits boulots. Enfin, tu peux les garder pour arrondir tes fins de mois, mais ce n'est pas obligé. »
- « Arrondir mes fins de mois ? »
- « Ton argent de poche. Neeve a droit à trente euros par semaine, donc je pensais te donner la même chose. Et vingt euros pour Natsuko, et peut-être cinq ou dix pour les garçons. »
- « Trente euros ? » répéta Kojirô incrédule.
- « Ce n'est que pour tes loisirs et divers achats personnels. Si tu as besoin de quelque chose d'utile, pour le lycée ou le foot, comme une paire de chaussures ou autre, tu nous le dis. »
Shôta s'éloigna pour régler les détails de la livraison, laissant Kojirô bouche bée. Trente euros par semaine ! Il allait être riche !
Kojirô remit donc sa démission au directeur de la supérette avec un énorme plaisir. Le boulot était dur, les horaires mal aménagés et la paye pas si bonne que ça. Il eut plus de mal avec son patron du bar Ishiin. Lui et sa femme appréciaient Kojirô comme une sorte de petit-fils. En plus, ils savaient qu'ils allaient avoir du mal à trouver quelqu'un d'aussi travailleur pour un si bas salaire. Ils tenaient ce petit café-resto tous les deux et s'ils avaient de la clientèle dans ce quartier populaire, ils ne roulaient pas sur l'or non plus. Kojirô devait s'avouer qu'il aurait bien aimé garder ce boulot juste pour les aider, mais il habitait maintenant trop loin pour travailler tous les soirs. Il proposa de venir tous les mercredi soirs, jour de livraison et de passer donner un coup de main les week-ends si besoin était. Ishiin accepta de bon cœur et admit que se remettre un peu plus au boulot allait l'aider à perdre ses « bourrelets de vieux ».
La bonne surprise vint du responsable du centre de journaux. Quand il apprit que Kojirô voulait partir, il fit grise mine. Encore une fois, le jeune homme dut expliquer que pour se rendre au centre de distribution et faire son trajet habituel, il devrait se lever vers les 3:00 du matin. C'est alors que le visage de l'homme s'éclaira. Il demanda à Kojirô de lui donner sa nouvelle adresse et alla consulter une grande carte détaillée des quartiers environnants punaisée au mur.
- « Mais c'est juste parfait ! »
- « Pardon ? »
- « Tu vas habiter dans un quartier encore mal couvert. C'est un coin huppé, et les gosses de riches ne se lèvent pas le matin pour faire la distribution de journaux. Mais leurs parents, eux, aiment avoir le journal dans leur boite aux lettres pour lire pendant qu'ils sirotent leur café bien tranquillement le cul sur leur chaise. Ça te dirait de prendre ce secteur ? »
- « Le problème est toujours là. Le temps que j'arrive au centre… »
- « Mais non, on te les livrera sur place. Ici. » coupa l'homme en pointant une rue sur la carte de son gros doigt sale. « C'est une épicerie locale assez grande. Le patron reçoit ses produits frais le matin aux aurores et nous lui confions nos journaux en même temps. »
Kojirô réfléchit un moment. Il n'avait plus besoin d'argent maintenant, mais il aimait bien livrer les journaux. Il pouvait s'entraîner et améliorer son endurance. De plus, l'épicerie n'était pas bien loin de sa future maison, surtout en coupant par les petites rues. Dernier point, et pas des moindres : il refusait de dépendre intégralement de la « générosité » de Shôta Hase.
- « Et la zone de distribution, c'est grand comment ? »
- « Bof, un peu plus petite que celle que tu avais avant. Il y a plus de stops – foutus rupins - mais vous seriez deux. J'ai déjà un gars sur le coup et il galère !»
- « J'aimerais d'abord tâter la chose. Je ne dis pas non mais… »
- « Je te donne une semaine de vacances pour le déménagement, puis une semaine d'essai. Tu me diras après si c'est bon pour toi ? »
- « Pourquoi pas ? Je vous tiens au courant. »
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Ce fut ainsi que Kojirô se retrouva quatre jours après avoir célébré l'anniversaire de Neeve, debout à l'aube en train d'essayer de remettre de l'ordre dans ses idées. Encore une fois, tout était arrivé trop vite et le jeune homme avait encore du mal à réaliser qu'il allait déménager. En fait, il était en train de déménager ! Takeru, les yeux encore lourds de sommeil, le regardait fermer les derniers cartons et vérifier que rien n'avait été oublié. Les déménageurs étaient attendus pour huit heures du matin ce samedi. Natsuko, postée à la fenêtre, faisait le guet.
- « Ce n'est pas drôle de déménager maintenant. Il fait super froid ! » gémissait-elle.
- « Il fait plutôt doux pour une fin de novembre. » commenta Keiko qui passait avec sa valise. « Soyons contents qu'il ne pleuve pas ! »
Kojirô grommela et se mit à bailler à s'en décrocher la mâchoire. Il avait travaillé dur hier soir, et l'entraîneur lui avait donné encore plus d'exercices avant cela, parce qu'il allait rater la session de cet après-midi…
- « Pensez aussi à Shôta et Neeve. Les déménageurs passent chez eux d'abord, donc ils ont vraiment dû se lever tôt. »
- « Pauvre princesse qui va avoir des cernes… »
- « Je t'ai entendu. »
- « Et moi j'entends le camion des déménageurs. »
En effet, un camion venait de s'arrêter au bas de l'immeuble. Trois hommes, aussi baraqués que des armoires normandes se présentèrent à la porte et commencèrent à transporter cartons, meubles et valises. Le camion était déjà bien rempli par les affaires de la famille Hase, mais ce n'était pas grave. Les Hyûga n'avaient pas grand chose de valeur à garder. Bien au contraire, Keiko avait été ravie de balancer certains vieux meubles. Et le tri de Kojirô avait été radical. Shôta essaya d'aider mais les déménageurs réussirent à l'en dissuader. Apparemment ils avaient déjà eu cette discussion quelques heures auparavant. Neeve resta tranquillement assise dans la voiture.
L'appartement des Hyûga fut donc rapidement vidé, et finalement, le camion suivit la voiture familiale jusqu'à la nouvelle maison. Les cinq enfants durent s'entasser sur la seule banquette arrière, les autres sièges ayant été pliés pour faire de la place pour encore d'autres cartons. Neeve prit Takeru sur ses genoux et Kojirô dut supporter le sans cesse remuant Mamoru. Encore une fois, il remarqua que son jeune frère commençait à faire son poids et fut assez content de se dégourdir les jambes une fois arrivé à destination.
Les trois plus jeunes furent envoyés dans le jardin pour « ne pas être au milieu » pendant que Keiko demanda à Shôta de faire des courses. Kojirô et sa mère partagèrent un regard entendu. Elle venait de lui faire gentiment comprendre que lui aussi « était au milieu. » Neeve dut comprendre le message elle aussi parce qu'elle lui donna une longue liste de commission détaillée.
- « Neeve, Kojirô-kun, il faudrait que vous déchargiez la voiture dans ce cas. »
Neeve eut un grand sourire que Kojirô trouva narquois, mais il préféra se taire et empoigna le premier carton. Si Shôta acceptait ce genre d'attitude envers lui, qui était-il pour faire une quelconque remarque ? Mais qu'elle ne s'amusât pas à lui faire la même chose ! Neeve, qui arrivait après lui, reçut un grognement étrange, mais elle aussi choisit d'ignorer ce comportement qu'elle trouvait à la hauteur du primitif qu'il était. Pendant quelques minutes, ils ne firent que se croiser dans le couloir, l'un portant un carton, l'autre retournant en chercher un. C'est ainsi qu'ils se trouvèrent nez à nez quand Kojirô descendit du premier étage alors que Neeve était sur le palier. Ils eurent ce moment où chacun fait un pas de côté pour laisser passer l'autre, mais seulement pour être imité.
- « Beuuuuuurk pas en public ! » s'exclamèrent-ils tous les deux, mettant fin à ce petit manège sans fin. En dessous, dans le salon, Keiko et Shôta étaient en train de s'embrasser.
- « C'est dégoûtant ! » râla Neeve.
- « Non, Neeve ce n'est pas dégoûtant. » fit Shôta d'une voix lasse. « C'est une preuve d'amour et j'apprécierais que tu arrêtes ton manège à chaque fois que tu nous vois en train de nous prodiguer un geste d'affection. »
- « Geste d'affection, hum ? Donc cela ne te dérange pas que Shun et moi nous nous embrassions, n'est-ce pas ? »
- « Shun et toi est un tout autre problème. Maintenant décharge la voiture pour que j'aille faire les courses et que je vous laisse en paix ! »
- « Moi je dis que ce n'est pas juste. Toi et Keiko-»
- « Allons nous marier ! » coupa Shôta
- « Et Shun et moi, cela fait trois ans. Nous sommes presque mariés ! » répliqua Neeve.
- « Mais vous êtes encore des adolescents et je te jure que si je te vois embrasser Shun autre part que sur la joue, je te mets au couvent illico presto ! »
Neeve fit sa moue boudeuse et alla déposer son carton dans la cuisine. Kojirô en resta bouche bée. Elle a un copain ? Elle ? Depuis trois ans ?… Mais Shôta a l'air assez sévère pour la question copain/copine…Peut-être est-ce pour ça qu'il veut la changer d'école ? Il suivit du regard Neeve en se demandant quel genre de gars était ce fameux Shun. D'un côté, il comprenait mieux pourquoi un gars supporterait la mauvaise humeur de la jeune fille. Il n'avait pu s'empêcher de noter ses formes et notamment ses fesses alors qu'elle descendait les marches. Aujourd'hui elle portait un jean qui moulait son arrière-train très joli. L'arrière-train, pas le jean, bien sûr. Oh oui, le pantalon n'était pas mal, avec un grand dragon brodé sur la jambe gauche, depuis l'ourlet jusqu'à la cuisse, avec des flammes sur la poche arrière. Détail qui ramenait le regard sur l'arrière-train de la jeune fille, qui oui, décidément, était bien agréable à regarder.
- « Hum hum. » toussota Keiko. Kojirô sursauta. Il s'était accoudé machinalement à la rambarde. « Je ne pense pas que Shôta apprécie que tu reluques les fesses de sa fille. » ajouta-t-elle doucement.
- « Je ne reluquais pas ! » Il s'empourpra violemment et tourna les talons avec colère en voyant le sourire en coin de sa mère.
Il continua à décharger la voiture en grommelant entre ses dents. Il venait de déposer le dernier carton marqué « salon » et avait déjà fini les cartons « cuisine » quand il commença à se demander combien de cartons il pouvait bien rester dans ce coffre. Après tout ce n'était qu'un monospace !
Neeve se posait la même question. Elle avait grimpé dans le coffre à proprement dit pour pouvoir pousser les boîtes et valises vers l'extérieur. Kojirô eut donc droit à une nouvelle vue de son fessier, à la différence qu'il put cette fois remarquer que le jean était non seulement moulant mais aussi taille basse. Il n'était certes pas expert en mode féminine, mais il savait tout de même que si une jeune fille se baissait à quatre pattes dans un coffre de voiture et que si quelqu'un derrière elle voyait une partie non négligeable de son anatomie généralement couverte, alors le dit jean était taille basse. Et Kojirô était maintenant à même de confirmer que Neeve portait un string jaune avec un petit nœud au milieu.
- « Hyûga-san, peux-tu porter ça pour moi ? » demanda Neeve par dessus son épaule en reculant. Elle descendit du coffre et entreprit de décharger un étui de guitare et des enceintes. « Tu vas bien ? Tu es tout rouge. Tu devrais faire une pause, peut-être… » s'inquiéta-t-elle.
- « Euh, non tout va bien, ça baigne. » Il empoigna la valise, une des plus grosses qu'il n'eut jamais vue. « Pff, c'est lourd ! ». Pour contrebalancer il attrapa un autre sac.
- « Oui, Papa m'a dit que j'avais trop de vêtements… Fais attention avec le sac, ce sont mes chaussures.»
- « Tu as un sac rien que pour tes chaussures ? »
- « Oui, Hyûga-san. C'est un truc de filles, je suis certaine que ta mère a aussi plein de chaussures. » Le ton sarcastique fit grincer les dents de Kojirô.
- « Autre chose que je dois savoir sur les habitudes vestimentaires féminines ? » À part le fait que tu es capable de te taper un déménagement avec un bout de ficelle entre les fesses…
- « Hum, je pense que cela devrait aller. À moins que tu sois suicidaire ou insomniaque. »
- « Euh, la guitare, c'est une guitare électrique ? » Soyons aimable…
- « Une basse.
- « C'est la tienne ? » Je vois mal Shôta faire de la guitare…
- « C'était celle de mon grand-père. »
- « Tu es bonne ? »
- « Nan, je fais surtout beaucoup de bruit avec. Je n'ai pas eu de cours récemment. Je pense que Grand-père avait bien l'intention de faire hurler mon père quand il a commencé à m'apprendre. »
- « Pourquoi a-t-il arrêté les cours ? »
- « Il est mort. »
- « Oh... euh… Désolé »
- « Je sais. »
- « Mais pourquoi tu ne…. Beeeeeeeeeurk ! » Kojirô ne put retenir son cri dégoût.
Il venait d'entrer pour la première fois depuis le jour de la visite dans la chambre de Neeve.
- « Quoi, tu n'aimes pas ? » La jeune fille déposa doucement la caisse de guitare sur son lit.
Le mur en face de la porte était rose bonbon pastel et le mur à droite était jaune doré. Les rebords des deux fenêtres étaient peints en verte pomme, même couleur que le plafond de la pièce. Les deux autres murs étaient simplement blancs.
- « Non pas vraiment. Mais c'est ta chambre, c'est toi qui vas dormir ici. »
- « Au moins, tu es honnête. »
- « Tu es sûre que toutes tes fringues vont rentrer dans cette petite armoire ? »
- « J'ai aussi une commode. »
- « Oui, mais… »
- « Hyûga-san, je n'ai qu'une grosse valise, deux cartons et un sac de chaussures! Certaines des mes amies ont deux, voire trois fois ça ! »
- « Une ÉNORME valise, deux GROS cartons ET un sac de chaussures, c'est déjà beaucoup. »
- « Hyûga-san » fit Neeve avec une fois menaçante. « Je pense qu'il est temps que nous fassions un pacte toi et moi. »
- « Un pacte ? »
- « Pour notre bonne cohabitation et la paix générale. Je comprends bien que tu n'aies jamais vécu avec une jeune fille. Ni moi, avec un garçon. Il va falloir faire des ajustements. Donc règle numéro un… »
- « Si tu me sors la règle du couvercle des toilettes, j'explose. »
- « Je te signale que je vis avec un homme. Mon père. Qui lève le siège des toilettes…. Donc règle numéro un, je ne te critique pas, tu ne me critiques pas. »
- « Je vois. »
- « Deux : toujours frapper quand nous entrons dans la chambre de l'autre. Et attendre pour une réponse. »
- « Je vois »
- « Trois, di-a-lo-gue. Si je fais un truc qui t'énerve, tu ne fais pas la tête, tu ne boudes pas et tu m'en parles. Idem pour moi. »
- « Je vois ».
- « Est-ce que tu peux arrêter de dire 'je vois'. J'essaye d'avoir une discussion intelligente ici. »
- « Je t'écoute. »
- « Nous nous mêlons de nos propres affaires, tu as ta vie et j'ai ma vie. »
- « Dis-moi, tu es extrêmement sociable, toi. » se moqua Kojirô. « Il serait temps que tu arrêtes de la jouer grande victime. Il est aussi temps de te remettre les pendules à l'heure, Miss-je-sais-tout ! » Le Tigre commençait à voir rouge. « Pour qui tu me prends ? Bien sûr que je toque aux portes avant d'entrer ! Et je n'ai vraiment pas l'intention de te coller aux baskets ni de jouer aux surveillants. » Il avait perdu son sang-froid et avait décidé de vider son panier ! Non mais, il y a une limite à tout ! « Si tu veux que je te respecte un peu, arrête de te comporter comme une gamine ou une bimbo écervelée ! Si tu n'étais pas si égoïste et convaincue que la vérité sorte de ta bouche, tu aurais peut-être remarqué que je suis loin d'être un crétin irascible ou un fils à maman. Tu sais quoi, tu me fais vraiment suer et ton deal tu peux te le mettre là où je pense ! » Kojirô laissa Neeve seule la bouche ouverte, scotchée par son discours, et descendit les escaliers quatre à quatre.
Elle est épuisante. Un jour elle te saute à la gorge, le jour d'après elle est tout sourire et ensuite elle te parle comme si tu étais un attardé mental. Nous allons nous entretuer, nous allons finir dans un bain de sang. Je ne le supporte pas !... Mais elle a un cul d'enfer. C'est Kazuki qui va être jaloux.
- « Hyûga-san ! » Kojirô se retourna. Neeve lui avait couru après. « Euh… je crois que je te dois des excuses. »
- « Je crois aussi. »
- « Donc… euh…enfin… » Neeve bafouilla en s'empourprant de plus en plus chaque seconde. « Je… »
- « Porte ça ! » lui ordonna Kojirô en lui balançant un carton assez brusquement entre les mains. « Ça va dans la chambre des garçons. »
Soudainement il n'avait pas envie d'entendre ses excuses. Pourtant il savait qu'elle était prête à sincèrement s'excuser. Le plus important est qu'elle avait compris la leçon. Il venait d'établir leur relation dans le sens qu'il voulait : 1. il n'était pas débile 2. il ne fallait pas lui chercher des noises et 3. il avait vu clair dans son jeu.
Elle sembla le traiter différemment à partir de ce moment. Oh, elle se moquait toujours autant de lui, mais elle faisait pareil avec son père. Peut-être qu'elle me prenait vraiment pour un gros bras sans cervelle. J'aurais dû lui mettre les points sur les « i » bien avant.
Le reste de la journée consista à déballer les cartons et à aménager la maison. Shôta arriva juste après midi avec un monospace rempli à ras bord. Il avait eut la bonne idée d'acheter des plats tout faits pour le repas du midi et le dîner, parce que plus personne n'avait assez énergie pour se mettre aux fourneaux après une telle journée.
Le lendemain matin, Kojirô se réveilla assez tard et un peu courbatu. Il avait apprécié dormir dans un grand lit, mais mit cinq minutes à réaliser où il était. La maison était silencieuse bien que son réveil affichât 10 h 17, heure à laquelle les crapauds étaient généralement en train de batifoler.
Avec un grognement de frustration à l'idée du boulot qu'il lui restait à faire, il se leva. Il n'avait presque pas défait ses cartons car il avait dû presque arracher la perceuse des mains de Shôta qui voulait faire des trucs aux murs pour fixer toutes les choses à fixer. Neeve lui avait demandé poliment de bien vouloir lui faire quelques trous dans les murs de sa chambre et l'avait même surpris en l'aidant à monter les étagères dans la chambre de Natsuko. Mais contrairement à son père, elle n'avait pas deux mains gauches et arrivait encore à se servir d'un tournevis. Elle avait tout de même avoué que tournevis/marteau/pince étaient les seuls outils que son grand-père n'avait jamais voulu lui laisser toucher.
Le ventre gargouillant de faim, il descendit dans la cuisine pour essayer de trouver quelque chose de mangeable. Shôta et Keiko étaient déjà attablés autour de la table basse du salon, chacun avec une tasse de café fumant. Neeve était en train de préparer le petit-déjeuner.
- « Qu'est-ce que tu prends, du café ou du thé ? » demanda-t-elle depuis derrière le comptoir américain où elle s'affairait.
- « Café. Mais je peux… »
- « Tut tut. Prends ta tasse et sors d'ici. Entre les cartons et tout, il n'y a pas assez de place. » répondit-elle. « Le sucre et le lait sont sur la table. »
- « Merci. » Il prit la tasse qu'elle lui tendait. Il avait l'impression qu'elle avait voulu ajouter quelque chose mais qu'elle avait ravalée sa réplique. Bonne petite, tu apprends vite.
- « Tu es allergique à quelque chose ? Je ne voudrais pas te tuer sans le faire exprès. » fit-elle avec un sourire malicieux, tout à fait consciente de l'ambiguïté de sa phrase.
- « Non, mais je n'aime ni les choux de Bruxelles ni les carottes. »
- « Tu as tort, les carottes, ça rend aimable. »
- « Et donne la cuisse rose, oui je sais. » rétorqua-t-il. Ben voilà, c'était trop beau pour durer. « Et je n'aime pas trop les fruits de mer non plus. » Ne pas prendre la mouche, c'est juste son sens de l'humour qui pue…
- « Je ne comptais pas en mettre dans le petit déjeuner. » Exactement, sens de l'humour qui pue…
Kojirô s'assit à côté de sa mère et commença à lire le journal sportif d'hier. Juste après, Natsuko et ses frères descendirent à leur tour. Neeve leur servit du thé et du chocolat chaud et leur demanda encore une fois s'ils avaient des allergies et des préférences alimentaires, mais cette fois sans les piques et les moqueries. Kojirô ne put s'empêcher d'acquiescer mentalement. Neeve faisait une excellente grande sœur, ne traitant les jeunes Hyûga ni comme des bébés ni comme des idiots. Si seulement elle faisait une bonne petite sœur, ou bonne petite tout court.
Quand tout le monde fut installé, Neeve sortit de la cuisine avec un énorme plateau. Elle distribua des bols de salade de fruits et posa au milieu de la table une montagne de crêpes, de gaufres et de tartines de pain frais. Puis elle fit passer les pots de confitures, le beurre et le chocolat à tartiner. Tout le monde s'extasia sur la bonne surprise mais Kojirô lui s'extasiait sur autre chose. Neeve, comme tout le monde, était encore en pyjama. Mais si elle portait un pantalon long, elle n'avait qu'un petit débardeur en coton en guise de haut. Bien que le tissu n'était ni moulant, ni transparent, Kojirô savait maintenant qu'elle avait une poitrine qui allait de pair avec son fessier. Et qu'elle avait un ventre blanc bien plat. Il y a pire comme vision le matin. Je pourrai m'y faire. Cette fois-ci, personne ne remarqua son regard.
- « Neeve, va enfiler un pull, tu vas prendre froid ! » ordonna Shôta. « Tu sais très bien que tu as… »
- « Non papa, je ne vais pas prendre froid. » coupa Neeve. « Je ne vais pas fondre tu sais. »
- « Monte prendre un pull. » Sa fille soupira et se leva. « Et pense aussi à une paire de chaussettes ! Je t'ai déjà dit de ne pas marcher pieds nus ! » Kojirô s'étonna de son ton autoritaire, et apparemment, Keiko était aussi surprise que lui.
- « Il ne faisait pas si froid, Shôta. »
- « Oh, rappelle-toi, je t'en ai parlé… Neeve a été très malade il y a trois ans. C'est pour ça qu'elle a redoublé. »
- « C'était si grave que ça ? » osa demander Natsuko d'une voix timide. Shôta la regarda et la rassura d'un sourire avant de reprendre.
- « Une pneumonie avec complication. Même si elle est guérie, elle est encore fragile. Et elle s'obstine à se balader à demi-nue. Et même si elle n'était pas malade, elle doit réaliser qu'elle vit avec un jeune homme maintenant. Non pas qu'elle doive avoir honte. Je pense que j'ai plutôt réussi ma fille. N'est-ce pas ?»
Kojirô faillit s'étouffer avec son café. Keiko ne put retenir un sourire et glissa un regard entendu vers son fils aîné. Heureusement, Neeve était de retour avec un pull et une paire de chaussettes.
- « Et voilà, ma gaufre est froide. » se plaignit-elle. « Quoi ? Qu'est-ce que vous avez tous à me regarder ? J'ai un truc sur la figure ? »
- « Shôta-san a dit que tu étais réussie, même si tu te baladais à moitié nue. » répondit innocemment Takeru
- «Que… hein ?... PAPA ! » rugit la jeune fille en passant du rouge au violet. « Je n'étais pas à moitié nue ! Et d'abord… arrête de dire des trucs pareils ! Je te signale que nous habitons avec un garçon maintenant ! » protesta Neeve en pointant un doigt accusateur vers Kojirô.
- « Hé, j'y suis pour rien ! » protesta ce dernier. « En ce qui me concerne, tu peux te balader à moitié nue, cela ne me dérange pas. » fit-il calmement en tartinant sa crêpe. Neeve rougit tellement qu'on aurait dit qu'elle allait éclater.
- « Moi non plus. » rajouta Takeru en léchant ses doigts couverts de confiture.
- « Et puis, moi aussi je suis un garçon ! » grommela Mamoru. « Même si je ne vois pas ce que cela a à voir. » La réplique était tellement hors sujet que tout le monde se tourna vers lui. « Ben quoi, je suis un garçon non ? » répéta-t-il boudeur, conscient d'avoir dit une bêtise.
- « Oui, tu es un garçon » fit Neeve avec un sourire en le prenant dans ses bras. « Tout mignon et sincère et innocent. »
- « Je suis pas mignon et innocent ! » s'exclama Mamoru en se tortillant pour échapper au câlin, provoquant une vague de rire générale. « Je ne suis pas un bébé comme Takeru. »
- «Qu'est-ce que tu es dans ce cas ? » demanda Neeve en le lâchant.
- « Je suis… un garçon… et je ne suis pas mignon… Je suis méchant comme Kojirô ! » L'hilarité était à son comble. Keiko en avait même les larmes aux yeux.
- « Mais laissez-moi tranquille. » s'emporta Kojirô en se levant de table. « Vous ne valez pas mieux l'un que l'autre. Cette famille marche à l'envers ».
Famille…je l'ai dit… Nous sommes une famille. G-é-n-i-a-l….
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Content(e)s ? Déçu(e)s ? Exprimez-vous et venez me foutre un coup de pied au cul ! J'attends vos commentaires.
