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Je suis en train de reprendre mes premiers chapitres. Purée ils sont pleins de fautes d'orthographe, c'est à se demander comment vous avez pu tout comprendre. Je reprends ici et là quelques contradictions. Donc je les aurai tous remis en ligne d'ici dimanche.

Le seul changement majeur est dû à un message privé qui m'a dit « comment ça, Shouta et Keiko ne se connaissent que depuis six mois et ils se marient ?? Moi si j'étais Kojirô j'aurai hurlé. » La vérité m'a frappée. Donc j'ai ajouté un détail qui n'a aucune importance, mais rend le tout crédible : ils se connaissent depuis un an, mais ne sortent ensemble que depuis 6 mois.

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Un grand merci à Kiito/Nix pour sa fidèle présence. Neeve à Tôhô va faire des étincelles, mais pas celles que tu penses !

Yellou, contente de te revoir parmi …euh…moi ? Pareil sur Neeve et Tôhô – Dieu qu'elle est populaire cette fille. Et dire que c'est le perso que j'aime le moins. Moi j'aime Hikari. Et Ayame. (cours se cacher)

Coucou àChacha et Nano pour leurs encouragements sur Fanfiction.

Et spécial dédicace à Flo, sur fanficfr, qui m'a laissé un superbe commentaire. Et sur ses recommandations, je viens de lire et j'ai adoré, la fanfic de Kirin « je t'aime moi non plus » donc allez tous la lire !

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Première publication : 01 Décembre 2007

Révision : 28 déc. 07

Révision : 28 févr. 08

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Chapitre 13 – Il n'y a pas de fumée sans feu

Plus tard dans la soirée, Kojirô crut mourir d'une attaque cardiaque. Il était en train de sortir les poubelles dehors quand il vit Shouta juché en haut d'une échelle appuyée contre le mur du garage. Il était en train de fixer quelque chose au dessus de la grande porte. Neeve, en gros pull et bas de survêtement, tenait l'échelle en bas.
- « Shouta-san, est-ce que je peux t'aider ? » demanda Hyûga. Mais qu'est-ce qu'ils vont encore inventer ces deux-la ? On ne peut vraiment pas les laisser seuls deux secondes.
- « Merci, mais j'ai tout juste terminé. Encore un tour de tournevis et voilà. Mademoiselle va enfin me laisser en paix.» répondit-il en regardant ironiquement sa fille.
- « Donc maintenant tu peux aller te changer et venir prendre ta pâtée ! »
Kojirô regarda bizarrement Neeve. Elle tenait un ballon de basket entre ses mains et désignait le panier que son père venait de fixer. Elle sait jouer au basket ? Elle ?
Shouta rangea l'échelle et allait mettre les bouts d'emballages dans la grande poubelle quand elle l'arrêta.
- « Tut tut, et le recyclage ? » Neeve désigna du doigt les trois hautes poubelles bleue, verte et marron qu'elle avait installées contre la grille, vers le passage vers l'arrière de la maison quelques jours auparavant.
- « Tu me compliques toujours la vie ! » rouspéta Shouta. Mais il mit le carton dans la poubelle marron et le plastique dans la bleue. « Satisfaite ? »
- « Oui. Viens jouer. » Neeve commença à dribbler et lança la balle à son père.
- « Pas aujourd'hui, chérie. Tiens, demande à Kojirô-kun. Je suis certain qu'il joue mieux que moi. » Il lui relança la balle et rentra.
Neeve examina Kojirô des pieds à la tête avec son petit air narquois et sa moue dubitative. Elle faisait tourner le ballon sur son doigt, un peu-beaucoup pour lui en mettre plein la vue.
- « Tu sais jouer ? »
- « Un peu… » Kojirô haussa les épaules. Il connaissait les règles pour avoir dû faire du basket en cours de sport.
- « Tu veux jouer ? »
Il hésita. Il n'avait pas vraiment envie de jouer au basket mais il n'avait rien de pressant non plus. En plus il était intrigué.
- « Je pensais que tu faisait de la danse. » accusa-t-il presque.
- « Oui, mais mon grand-père m'a appris à jouer. Il était très bon. Il aurait peut-être même pu jouer à l'université, s'il y était allé bien sûr. »
- « Tu t'entendais bien avec lui, on dirait ». Il s'était mis dos au panier et Neeve dribblait d'une main en faisant des petits pas de côté, cherchant à trouver un point faible pour le passer.
- « Oui, il était formidable avec moi. » Soudainement elle se lança en avant, passa le ballon dans son autre main tout en dribblant et sauta. « Un point pour moi. »
- « Je ne joue pas trop longtemps, j'ai des devoirs. »
- « O.K. Le premier à dix points ? » proposa Neeve. Kojirô grogna. Elle savait maintenant qu'il voulait dire oui. A son tour, elle se mit en position défense.
Kojirô dribbla et décida de passer en force. Neeve ne fit pas le poids mais contrairement à ce qu'il pensait, ne perdit pas l'équilibre.
- « Normalement, il y aurait faute pour bousculement. » fit-elle en reprenant le ballon.
- « Un partout. Il n'y a pas faute. C'est comme ça qu'on joue. Le sport ce n'est pas pour les fillettes. »
- « Et tu joues au foot comme ça ? »
- « Oui » Il essaya de la bloquer mais elle tira presque directement de là où elle était.
- « Je n'y connais rien au foot donc je ne peux pas juger. Deux-un. Qui étaient les deux gars ? »
- « Quoi ? Oh dimanche… Mes copains. » répondit simplement Kojirô. Il essaya de passer mais elle lui prit le ballon lorsqu'il dribbla.
- « Trois-un. Ils jouent aussi au foot ? »
- « Ouais. » Cette fois-ci il essaya de l'imiter et de tirer directement mais il rata son coup.
- « Quatre-un. Et ils sont aussi bons que toi ? »
- « On peut dire ça. » Neeve sauta pour marquer mais il sauta plus haut qu'elle et lui vola la balle.
- « Comment ça ? » grimaça la jeune fille.
- « Quatre-deux. Ken joue comme gardien de but et Kazuki est buteur, comme moi. C'est difficile de comparer. » Il commençait à prendre le rythme. Neeve se déplaçait légèrement et maintenait un échange rapide. Elle enleva son gros pull et Kojirô lorgna sur le décolleté que son T-shirt col V offrait à sa vue.
- « Ken, c'est le petit ? »
- « Non, ça c'est Sorimachi. » fit le jeune homme automatiquement. Il se concentrait sur le jeu et cette discussion à bâtons rompus l'enquiquinait. Après tout, il jouaittoujours pour gagner. « Quatre-trois. »
- « Et Sorimachi c'est Kazuki. » conclut Neeve. Elle essaya de passer par sa gauche et feinta. Elle pivota sur son pied droit, lui présentant son dos en protégeant sa balle puis visa. « Cinq-trois. »

Ils continuèrent à jouer en silence, chacun se concentrant sur le jeu de l'autre, bien décidés l'un comme l'autre à gagner. Kojirô compensait son manque de technique par sa supériorité en force et allonge. Ils arrivèrent au score de neuf-neuf et Kojirô marqua le point de la victoire en un parfait Slam Dunk. En même temps qu'il agrippait l'anneau en se laissant pendre de tout son poids, il réalisa que c'était Shouta qui avait fixé le panneau et crut que son cœur allait s'arrêter – encore une fois. Mais la structure tint bon.
Neeve avait récupéré le ballon d'un air maussade.
- « Il est temps de rentrer, on va bientôt passer à table. »

Kojirô secoua la tête derrière elle avec un grand sourire satisfait. Ce qu'elle pouvait être mauvaise perdante ! Ils montèrent à l'étage prendre une douche, lui admirant encore une fois ses fesses alors qu'elle montait les marches devant lui. Il n'y a pas de petits plaisirs dans la vie. Mais elle fut plus rapide que lui et s'enferma dans la salle de bain européenne, lui laissant le choix entre la salle de bain à la japonaise ou celle européenne en bas. Attendre pour qu'elle lui laisse la place n'était pas une option. Il savait déjà qu'elle prenait un temps fou pour se laver, mais si elle captait qu'il attendait, elle mettrait encore plus longtemps. Ayant perdu la bataille mais certes pas la guerre, il alla se doucher en bas.

Dans le salon, c'était la crise. Takeru et Mamoru tentaient de convaincre leur mère de prendre un chien. Maintenant qu'ils avaient DEUX jardins… Ils en discutèrent tous durant le repas. Neeve déclara qu'elle s'en fichait tant que 1. Elle n'avait pas à s'occuper de l'animal et 2. Qu'il ne s'approchait en aucun cas d'elle. Elle trouvait les chiens stupides, bruyants, salissants et chers à entretenir.
- « De toute façon, je ne vois pas pourquoi nous nous prenons le chou. Nous avons déjà un animal à la maison. » Devant l'air intrigué de la famille, elle désigna Kojirô d'un coup de menton. « Vous oubliez le tigre. Et entre chat et chien, le courant ne passe pas. »
Kojirô se renfrogna et tout le monde éclata de rire. Elle trouve toujours le moyen de me mettre hors de moi. Moi qui commençais presque à la trouver potable. Elle m'énerve, elle est odieuse. Comment ai-je pu la trouver presque potable.
Il avait raté une partie de la conversation pendant qu'il grinçait des dents dans son coin. Comme c'était Neeve qui parlait, il décida que ce n'était pas important.
- « J'ai une grande nouvelle » annonça-t-il. « Il semblerait qu'une coupe du monde des moins des dix-neuf ans va s'organiser dans un ou deux ans. En Europe. Matsumomo-san pense que cela va être ma chance de me faire repérer par un club. »
Toute la famille, Shouta compris, s'exclama et le félicita. Seule Neeve ne disait rien. Kojirô lui jeta un coup d'œil. En fait elle le regardait avec un drôle d'air, genre …impressionnée… ? Elle vit qu'il la regardait et lui rendit son regard, ajoutant un air narquois et auto-satisfait qui fit hurler mentalement Kojirô.
- « Ce n'est pas tout, je dois aller bosser. » Il se leva hors de table et alla s'enfermer dans sa chambre pour plus de sûreté.

Ne voulant pas perdre son sang froid et décider à tenir ses bonnes résolutions quand à ces notes, Kojirô se fit aussi rare que Neeve. Tous deux révisaient pour leurs examens de fins de semestre. Le jeune homme prit exemple sur Neeve et commença à faire des exercices supplémentaires d'anglais, à la plus grande surprise de son professeur. Ken et Kazuki, mis au courant pour le championnat la demi-seconde après qu'il eut rejoint sa classe, avaient approuvé son idée de donner un coup de collier en cette matière, puisqu'ils iraient en Europe d'ici deux ans. Depuis ce jour, ils étudiaient beaucoup – enfin, selon leurs propres critères, ce qui les faisaient en fait passer de 'effort minimal' à 'efforts moyens, peut mieux faire' – et se dépensaient sans compter au foot. Le tirage des éliminatoires pour le championnat inter-lycée venait d'être publié. Kojirô criait tellement après son équipe qu'il s'en cassa presque la voix et dut coasser pendant toute une soirée. Faisant le plus grand bonheur des ses frères qui l'imitèrent jusqu'à ce qu'il fasse les gros yeux. Les yeux, ça n'a pas de voix, pas plus que les bras… Surtout les GROS bras.

Le mercredi soir de la semaine suivante, il rentra du café Ishiin fatigué. Il venait de découvrir qu'étudier demandait plus d'énergie qu'il ne le pensait. Heureusement que le patron du centre de distribution lui avait dit qu'il avait assez de gars pour la distribution du soir. Il devait se ramollir au contact de tout ce luxe, parce qu'avant il avait trois boulots et il menait le tout plutôt bien. Il s'arrêta net dans le pas de sa porte.
- « Qu'est-ce que tu fous ici ?! » beugla-t-il. Neeve se tenait au beau milieu de sa chambre. Elle le regardait comme si de rien n'était.
- « C'est ton père, n'est-ce pas ? » Elle tenait à la main le cadre qu'il avait posé sur son chevet. Celui avec la photo de famille. SA photo de famille.
- « Qu'est-ce que tu fous ici ?! » répéta Kojirô en retenant de la gifler.
- « Le ménage... » Neeve désigna avec son plumeau l'aspirateur qui gisait à ses pieds. « Tu sais que tu lui ressembles beaucoup ? » reprit-elle sur un ton badin tout en regardant la photo. « Je veux dire, physiquement c'est Mamoru qui tient de lui, c'est presque son portrait craché. Oh, oui tu as des points communs, mais c'est plus dans l'attitude que vous vous ressemblez. »
- « Pose cette photo et sors d'ici. Maintenant ! » hurla Kojirô en perdant patience. Mais de quoi elle se mêle ? « Casse-toi ! »
Il s'attendait à une réplique sanglante mais elle ne dit rien. Elle reposa délicatement le cadre sur le chevet et sortit de la chambre.
- « Tu seras bien gentil de mettre l'aspirateur dans le couloir quand tu auras terminé, je n'ai pas encore fini l'étage. »

Kojirô claqua la porte avec violence. Je n'ai pas besoin que tu viennes fouiner dans ma chambre, ni que tu viennes faire le ménage. D'ailleurs elle est très propre ma chambre. Il se baissa et ramassa les magazines qui trainaient, collecta le linge disséminé ici et là pour mettre le tout dans son panier à linge qui se remplit à ras bord et shoota ses chaussures sous son lit. Puis il brancha rageusement l'aspirateur et donna quatre-cinq grands mouvements de va et vient sur le plancher en laissant des moutons dans les coins, arrêta, débrancha et sorti la machine en trois secondes. Voilà elle est contente ?En fermant la porte, il entendait des bruits de brosse venant d'une des salles de bains. Noie-toi dans le bain, pourriture.

Mais bien sûr, elle eut le dernier mot. Le soir même, lorsqu'il dut supporter sa présence à table, Keiko la remercia chaleureusement d'avoir fait le ménage dans toute la maison. Elle avait même fait la chambre des petits. Sans en avoir l'air, elle s'arrangea pour croiser son regard et lui dédia son éternel sourire narquois et fit encore une fois la démonstration de ses talents mono-sourciliers.

Il se fit la promesse de l'éviter soigneusement pour le reste de ses jours, mais comment éviter quelqu'un quand on vit avec ? Et à sa plus grande horreur, la maison fut envahie par un groupe de fille de sa classe le vendredi en fin d'après-midi.
- « Mais, mais… ? » bégaya-t-il. Il était tranquillement installé dans le salon et regardait les informations sportives.
- « Elles viennent pour finir un projet de groupe. » lui rappela Neeve.
- « Depuis quand ? »
- « Depuis au mois la semaine dernière. Tu n'as qu'à écouter au lieu de bouder… Les filles, » reprit-elle à voix haute, « lui c'est Hyûga-san, et voici, Ayame, Sayuri, Kyoko et … Oki. »
Les jeunes filles dévisagent Kojirô mais ne pouffèrent pas. Un coup d'œil sur Neeve confirma qu'il y avait quelque chose qui clochait. Paaarfait. Dans tes dents. Quelque soit le problème, je suis content. Ceci dit, il essayait de se faire une idée sur la fameuse Ayame. C'est la première fois qu'il la voyait et il aimait bien ce qu'il voyait. C'était un peu dommage qu'elle soit si petite mais elle avait une lueur malicieuse dans son regard qui lui donnait envie de sourire.
Sayuri et Oki montèrent dans la chambre de Neeve pendant cette dernière et Ayame préparaient un snack dans la cuisine. Curieux de savoir ce qui ne tournait pas rond, il fit semblant de se servir un verre de coca.
- « Mais qu'est-ce qu'elle fiche ici celle-là ? » rouspétait Neeve. « Je pensais que nous étions avec Kana, moi ! »
- « C'est la prof qui a changé. Elle trouvait que les groupes étaient plus équilibrés comme ça. »
- « Equilibrés ? Avec cette grosse vache puante, moche et asthmatique ? Elle rigole ! Elle est moche comme un pou, bête comme ses pieds et pète plus haut que son cul… En fait, elle n'est pas très gâtée anatomiquement parlant.»
PFFFFF ! Kojirô s'étouffa de rire avec son coca. Il devait reconnaître que Neeve avait la rancune imagée. Et pouvait être une sacrée langue de pute. Il dissimula son rire en quinte de toux et disparut dans sa chambre. Malheureusement, cinq filles dans une même pièce font beaucoup de bruit… Apparemment la grosse vac…Oki…n'était jamais d'accord avec le reste du groupe et Neeve perdait patience. Kojirô hésitait : il avait trouvé la jeune fille antipathique au premier regard, bien qu'elle ne soit pas grosse du tout. Elle était même plutôt jolie. Mais elle faisait tourner Neeve chèvre et pour cela, elle avait son soutien moral.

Encore une fois, des protestations traversèrent le mur. Impossible de se concentrer. Il redescendit pour trouver sa mère et Shouta pelotonnés l'un contre l'autre en regardant un vieux film.
- « Elles sont bruyantes non ? » commenta Shouta. « Je vais monter leur dire de baisser le ton. »
- « Non ce n'est pas la peine. Ne les dérange pas, elles étudient. Laquelle reste dormir ce soir ? »
- « Celle avec les longs cheveux noirs. Ayame Sakamoto. »
- « Sakamoto ? Comme dans les industries Sakamoto ? »
- « Euh, oui pourquoi ? »
- « C'est censé être mon patron, ils détiennent les parts majoritaires de la compagnie possédant ma boîte. »
Kojirô était dégouté. Non seulement il devait se taper la dispute de groupe mais encore plus, une soirée de pouffement en vue ? Pas question. Il remonta dans sa chambre et empoigna ce # & de téléphone portable.
- « Kojirô ? C'est bien la première fois que tu m'appelles. Un pépin ? » demanda Ken qui répondit après la seconde sonnerie.
- « Je demande asile politique ! »
- « Tu veux crécher chez moi ce soir ? Mes vieux sont au ciné. »
- « A tout de suite. »
Kojirô fit son sac en trois minutes mais eut le temps d'entendre une nouvelle série de râlements.
- « Maaaaaaman » appela-t-il en dévalant les escaliers, faisant sursauter Keiko et Shouta. « Je vais dormir chez Ken ! »
- « Ah bon ? Pourquoi ? »
- « Je pense qu'il fuit l'explosion nucléaire imminente. C'est un homme sage, ton fils » commenta Shouta alors que tous grimacèrent en entendant un cri plus haut perché que les précédents. « File ! Encore mieux, je vais t'y conduire. »
Le jeune homme n'avait pas trop envie de supporter Shouta, mais la proposition était alléchante. Il accepta d'un signe de tête et le médecin abandonna le navire, laissant Keiko seule pour affronter la tempête grandissante.
Le trajet fut court et silencieux, Kojirô donnant les indications. Shouta était bien content de sortir prendre l'air et Kojirô se douta qu'il allait « se perdre » sur le chemin du retour. Ce qui n'était pas très gentil pour Keiko mais bon…
Il fut accueilli par un Ken curieux de savoir ce qui pouvait bien se passer pour sortir un tigre hors de sa tanière en un vendredi soir. Kojirô le mit au parfum en trois mots et ce fut en hurlant de rire que Ken ouvrit le tiroir de son lit, dévoilant un second matelas, un peu vieux et dur mais faisant parfaitement l'affaire. Ils étudièrent un peu et allèrent se coucher tôt pour être en forme le lendemain. Comme tous les samedis, ils avaient un méga entrainement l'après-midi.
- « Euh, Kojirô ? Tu fais toujours la distribution des journaux le matin? »
- « Merde, j'avais oublié… Je sais, viens avec moi, et je t'offre le petit-déj chez moi. »
- « O.K »
C'était sympa de maintenant pouvoir inviter ses copains chez lui. Il allait peut-être pouvoir retourner les nombreuses invitations de Ken et Kazuki, et même plus. Un lit deux places, une grande chambre qui pouvait accueillir un grand matelas sur le sol, une chambre d'ami et deux canapés. Ça en ouvrait, des possibilités ! Déjà il imaginait une soirée foot avec toute l'équipe… A regarder les matches de la ligue européenne sur le grand écran 16/9… Et la tête de Neeve quand elle réalisera qu'elle devra se taper les matchs… Kojirô s'endormit avec un sourire aux lèvres.

Le lendemain, Ken et Kojirô firent la distribution des journaux à deux en se faisant des passes de ballons avec les jambes, et de journaux avec les mains… Quelques uns finirent par terre dans l'eau mais ils ne se débrouillaient pas trop mal… L'estomac gargouillant, les deux garçons regagnèrent la maison. A la plus grande surprise de Kojirô, Neeve et Ayame étaient encore là. Chacune assise d'un côté du bar américain, elles papotaient en prenant leur petit-déjeuner.
- « Ben… qu'est-ce que tu fous ici ? » demanda Kojirô gentiment à la sauce tigre.
- « Ouais… Bonjour à toi aussi. Je mange. »
- « Ahaha. Et les cours ? »
- « Pas cours. Annulés pour nous permettre de réviser. »
- « Bonjour, je suis Ayame Sakamoto. » fit Ayame en souriant à Ken.
- « Euh… Ken Wakashimazu. »
- « Oh, c'est toi le gardien de but, non ? » coupa Neeve.
- « Euh… oui. Kojirô t'as parlé de moi ? » demanda Ken, un peu interpellé.
- « Bien sûr, il m'a dit que tu était très bon. Prends-tu du café ou du thé ? »
- « Euh… café s'il te plaît. »
Ayame comprit très vite le manège de sa meilleure amie. Elle avait décidé de se faire passer pour un ange auprès du copain de son très cher 'frère'. La bisbille Kojirô-Neeve l'amusait au plus haut point. Tous les jours, Neeve lui racontait la dernière anecdote en date, et comment elle avait encore une fois réussi à faire maronner 'le tigre'.
- « Hyûga-san, nous avons fait de la pâte à gaufres et il nous en reste. En veux-tu ? » proposa-t-elle subtilement.
- « Euh… oui… Merci. »
Elle lui dédia un superbe sourire. Kojirô étant habitué au sourire narquois de Neeve, trouva le changement appréciable et ne put se retenir de sourire à son tour. Il n'avait pas remarqué qu'il venait de tomber dans le piège de la redoutable jeune fille. Ayame était une chasseuse aguerrie, collectionnait les proies et n'avait pas encore de tigre à son palmarès. Et même si cela ne marchait pas, elle venait de détourner l'attention de Kojirô, qui ne remarquait pas que Ken venait de succomber aux charmes de Neeve.

Ayame passa derrière la machine à gaufre et entreprit de préparer une belle gaufre dorée. Elle s'arrangea pour faire glisser la manche de son peignoir pour laisser voir une épaule à la peau douce et fine. Sous le prétexte d'attraper une assiette, elle se pencha et offrir au garçon assis devant elle un aperçu de sa poitrine chastement, mais sensuellement cachée par une nuisette de soie.
- « Et voilà ! » En se redressant, la manche du peignoir se remit en place, dérobant aux yeux les merveilles tout juste découvertes. Et quels yeux. Ayame trouvait Kojirô ab-so-lu-ment sexy et merveilleusement à point.
- « Ayame, could you tell me what the hell you think you are doing ?peux-tu me dire ce que tu es exactement en train de fabriquer? » demanda doucement Neeve.
- « Oh, you know me, just playing around. Don't you think he is smoking hot? Oh, tu me connais, je batifole. Tu ne penses pas qu'il est chaud comme la braise ? »
- « Maybe, but he is out of your game, girl. I mean, we are supposed to be one big happy family, aren't we? Peut-être, mais il est hors limite, ma fille. Je veux dire, nous sommes censés être une grande et belle famille, n'est-ce pas »
Ayame concéda le point en souriant. L'échange en anglais avait été si rapide que ni Ken ni Kojirô n'avaient compris un mot.
- « Neeve, je croyais que tu travaillais aujourd'hui. » rappela soudainement Ayame.
- « Oh, mince, j'avais presque oublié. »
- « Travailler alors que tu devrais réviser, ce n'est pas sérieux. » grommela Kojirô en essayant de chasser les images de nuisette en soie de son esprit.
- « Bon, ces examens c'est dans la poche. Et puis c'est Noël, la boutique est comble, et je suis leur meilleure vendeuse. »
- « Et modeste avec ça. » railla-t-il.
Neeve l'ignora superbement et se retourna vers Ken qui lui avait demandé où elle travaillait.
- « A Impulse. »
- « Attends, Impulse comme dans Impulse ? Quelle branche ? » Ken était surpris.
- « Celle du centre commercial. Ce n'est pas la plus grande, mais c'est la plus branchée. Nous sommes la seule de Tokyo à avoir un café. »
- « Et tu es dans quel rayon ? »
- « Vêtements. »
- « Et je suppose que tu as une carte de réduction en tant qu'employée ? »
- « Hum hum… quinze pour cent en plus de la ristourne étudiante. »
- « Je sens que nous allons être amis. Je dois acheter au moins trois CDs par mois à Impulse. »
- « Mon cher Wakashimazu-san, vous serez toujours le bienvenu à Impulse. Je me ferai un plaisir de vous servir personnellement. » ronronna presque Neeve en glissant un regard vers Kojirô qui bouillonnait devant sa gaufre.
- « Oh, appelle-moi Ken, cela sera plus simple. »
- « Idem. Mais Hyûga-san ! » s'exclama-t-elle d'une voix faussement contrariée, « tu ne manges pas ta gaufre ? Après tout le mal qu'Ayame s'est donné pour toi ?! »

Les deux jeunes filles arrivèrent à retenir leur crise de fou rire jusqu'à ce qu'elles soient dans la chambre de Neeve. Ecroulées sur le lit, elles n'en pouvaient plus.
- « Ceci dit, Ayame… » commença Neeve sur un ton mi-figue, mi-raisin.
- « Oui, oui je sais. Mais c'est bien dommage, il est yummy (à croquer) ton frère. »
- « Pour la dernière fois, il n'est pas mon frère. Mais je reconnais qu'il est moins con que je ne le pensais. Et puis ces copains sont craquants… »
- « N'est-ce pas ? » approuva Ayame en se maquillant. « Mais je te retourne ton conseil… Hors limite ! »
- « Je te signale que j'ai Shun. Ken ne lui arrive pas à la cheville. En plus, il est sûrement comme l'autre tâche, foot foot foot foooooot tout le temps. »
- « Aaah, Shun… Comment ai-je pu oublié le prince ? Allez bouge-toi, nous allons être en re… NEEVE !!! »
- « Chut! »
Dans la cuisine, Ken se fit tout petit. Il savait qu'il venait de faire une gaffe, et une grosse. Il avait pactisé avec l'ennemi.
- « Ken, je pensais que tu cherchais l'âme sœur, pas à vendre la tienne au diable. » reprochait justement l'attaquant.
- « Désolé, mais… Bon d'accord je me suis fait avoir par la face d'ange. Mais j'ai réussi à me dégoter un bon trente pour cent de réduction !! »
- « … Quinze pour cent de dix pour cent cela fait vingt-trois pour cent et des patates, pas trente. »
- « Et puis dis-toi que je me suis infiltré derrière les lignes adverses, je vais être un espion depuis l'intérieur. »
- « Ouais, ben t'infiltre pas trop et reste à l'extérieur, si tu vois ce que je veux dire. »
- « Hé ho, je ne m'appelle pas Kazuki non plus. Je ne pense pas qu'avec ma bite moi ! »
- « Depuis quand Kazuki pense ? »
Les deux garçons éclatèrent de rire. Il n'y avait pas encore de fille capable de casser leur amitié.
- « Tu en penses quoi de la copine ? » demanda Ken.
- « Qu'elle est un joli petit lot prêt à te péter à la figure. »
- « Aguicheuse n'est-ce pas ? »
- « Toi aussi tu as… Putain ! » jura Kojirô. « Hé, Hase, tu comptes aller où comme ça ? » interpella-t-il très violement.
- « Au boulot. » répondit calmement Neeve descendant les marches.
- « Tu déconnes ! T'as vue comment tu t'es fringuée ? »
- « C'est la dernière mode. »
- « Pour les putes oui, on te voit tout. Hein Ken ? »
- « … » Ken avait encore les yeux fixés sur le top de la jeune fille. Un peu de café lui coulait sur le menton. Neeve avait passé un top à moitié transparent qui se nouait derrière le dos, comme un haut de maillot de bain. Un tissu semblable à un voile noir transparent révélait un ventre plat et une bonne partie des côtes avant de s'obscurcir sur les seins, mais redevenait translucide sur le haut de la poitrine et le coup et les bras, tout en cachant les épaules.
- « Tiens, regarde-le ! Tu as envie que tous les gars te reluquent comment ça ! »
Neeve fit une moue. Elle descendit les marches d'un pas décidé et se planta devant Kojirô.
- « Hyûga-san, de quelle couleur est mon soutien-gorge ? » demanda-t-elle.
-« Pfffff ». Ken venait de s'étrangler avec son café à la mention du soutien-gorge.
- « Alors, j'attends… La couleur de mon soutif ? » répéta-t-elle de sa voix basse.
- « Qu'est-ce que j'en sais moi ? » aboya-t-il en ignorant le signe annonciateur de danger.
- « Comment ça ? Je croyais qu'on me voyait tout ? » ironisa Neeve.
- « Tu sais très bien ce que je voulais dire ! »
- « Autre que me traiter de pute ? »
- « Non mais… tu déformes tout ! »
- « M'as-tu ou pas traitée de pute ? »
- « … »
- « Parce que si j'étais une pute, je serai au moins une pute de classe et je n'aurai rien à faire avec un minable pervers et vulgaire comme toi ! »
Kojirô ouvrit la bouche pour répliquer mais, comme Neeve s'y attendait, ne trouva rien à dire. Elle en profita pour assener le coup de grâce.
- « Au revoir Ken, à bientôt j'espère ! »
- « Euuuh, oui…. »
Elle remonta les marches et disparut dans le couloir. La porte d'entrée s'ouvrit et se referma doucement derrière les deux filles. Elles éclatèrent de rire aussitôt dans la rue.
- « Attends, Ayame, tiens-moi ça. » Neeve fourra son sac dans les mains de sa copine, adossée au mur tant elle n'en pouvait plus. Elle sortit un pull moulant long à manches longues et le passa par dessus son top. Puis, elle défit le nœud retenant le top et en se trémoussant un peu, le fit glisser à ses pieds.
- « Tu as vu sa tête ! » s'exclama-t-elle en prenant son sac.
- « Ou celle de son copain ! Oh j'aurai tellement voulu avoir mon appareil photo ! » renchérit Ayame. « Mais tu ne penses pas avoir poussé le bouchon un peu loin ? »
- « C'est un grand garçon non ? Il va s'en remettre, le tigrounet…»
- « Ou lui donner des idées. »
- « Ah, je te l'ai dit... main gauche ! »
- « Moi je te ne fais que te donner un conseil d'ami. Tu connais le proverbe 'tenir le tigre par la queue' ? »
- « … »
- « Non Neeve, pas cette queue ! Perverse va ! »
- « … »
- « Je t'aurai prévenue. »
- « Hé, j'en ai un autre de proverbe pour toi. 'qui vivra verra' »

-o-o-o-o-o-o-o-

Mwaahahaaaa ! qu'elle est horrible Neeve. Je vous l'avais dit !! J'ai presque pitié de Kojirô. Donc entre Neeve et Hikari, laquelle est pire ?

Autre chose, vous aurez – ou allez – remarqué que mon chapitre se finit par deux proverbes ? Tout comme les titres de mes chapitres. Voilà une bonne question pour vous. A partir d'ici, je peux partir faire mon chapitre prochain de deux façon différentes. « Tenir le tigre par la queue » ou « qui vivra verra. » Venez me dire laquelle vous préférez !!!