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Note 1 : Letie a choisi, Letie a décidé, voici venir le tigre tenu par la queue… Non pas celle-là…
Note 2 : Avec ce chapitre, je suis juste en dessous des 55 000 mots !
Note 3 : Avec ce chapitre, je compte passer les 1 000 clics sur Fanfic-fr et les 500 sur fanfiction.
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Un grand merci à Letie pour son commentaire. Je t'aime moi aussi, et je veux la suite de tes deux fanfictions. Et plus que ça.
Sinon, je viens de tomber amoureuse d'une fanfiction extrêmement bien écrite que tout le monde doit déjà connaitre mais bon, au cas où, « Et je verrai Mourir Venise » par Eifersucht.
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Publié : 03 décembre 2007
Révisé : 28 décembre 2007
Révisé : 28 février 2008
Chapitre 14 – Tenir le tigre par la queue.
Kojirô n'avait jamais été aussi en colère de toute sa vie. JAMAIS ! Même quand il avait perdu la finale du championnat primaire et qu'il cru avoir perdu la chance de sa vie d'intégrer Tôhô. Même quand il avait presque été renvoyé de la Tôhô pour s'être absenté lors du dernier tournoi collège. Même quand il avait dû faire face à Shouta dans ce restaurant, il y a ce qu'il lui semblait une vie déjà. Mais non, ce n'était qu'un mois et demi !
Ken avait suivi Kojirô hors de la maison et jusqu'au lycée en grand silence. Il avait été choqué par l'attitude de Neeve, même s'il se doutait au fond qu'elle ne voulait que le taquiner. En fait, il avait été également surpris par la réaction de Kojirô. Il criait sur les toits jour et nuit qu'il détestait la jeune fille, mais semblait très protecteur. Ken n'avait pas osé lui dire qu'il avait ressemblait à un père indigné devant sa gamine de treize ans.
En arrivant aux vestiaires, l'attaquant ouvrit la porte violemment et se dirigea à grands pas vers son casier. Il en ouvrit la porte tout aussi brutalement et entreprit de se changer. Dans son dos, Ken fit un geste intimant le silence en passant sa main raide sur sa gorge. Tous comprirent le message et reprirent leur conversation en ignorant Kojirô, mais certainement un ton plus bas.
Kojirô, ayant fini de se changer, referma son casier. Le geste fut si rageur que la porte claqua et se rouvrit. Il cogna avec la même force, pour avoir un résultat semblable. Une fois, deux fois, trois fois sous les regards ahuris des autres joueurs. L'entraîneur dut sortir de son bureau pour lui demander de bien vouloir arrêter de casser l'équipement du lycée. Lui aussi vit l'humeur massacrante du joueur et décida de l'envoyer faire des tours de terrains pour se calmer. Courir jusqu'à épuisement était une très bonne solution pour refroidir les caractères.
Kojirô fut extrêmement dur durant la session. Il aboya ses ordres et engueulait tout le monde dès la moindre erreur. Il fut encore plus intraitable que d'habitude sur les fautes et actions non terminées ou faites à moitié cœur. Ken caressa même l'idée de se faire porter pâle pour ne pas avoir à endurer la traditionnelle séquence de tirs aux buts. Il résista, mais bien que courageux, il n'était pas suicidaire, et laissa passer quelques boulets de ballon. L'un deux éclata d'ailleurs contre le mur en un grand bang sonore qui fit sursauter les autres. L'entraîneur nota le comportement du gardien, mais encore une fois ne dit rien. Kojirô ne prit pas de douche et partit dès qu'il put. Il fulminait toujours autant. Ken prit une décision et se changea presque aussi rapidement, mais prit une douche. Aussi Kitazume ne put mettre la main que sur Sorimachi qui se vit contraint et forcé de raconter…ce qu'il ne savait pas.
Ken alla droit au centre commercial et se glissa dans Impulse par la boutique CD. Il fit semblant de parcourir les rayons mais il cherchait Neeve des yeux. Il la vit sur la mezzanine en train de mettre des vêtements en rayon. Il réalisa qu'elle n'avait pas menti en disant être la meilleure vendeuse du magasin. Toutes les trois secondes, quelqu'un venait vers elle pour un avis ou un commentaire. Il n'entendait pas les conversations, mais il lui semblait qu'elle ne cherchait pas à vendre à tout prix, mais plutôt à conseiller les gens. Il la vit même refuser de vendre une robe qui semblait assez chère et rediriger la cliente sur un modèle en soldes.
Il
s'avança vers elle.
-
« Neeve ? »
- « Oui ?
Oh, Ken… ? Tu veux déjà utiliser ma carte de
réduction ? »
- « Non,
je veux te parler. C'est urgent. »
- « Oh… »
Elle s'éloigna vers une de ses collègues. « Je
prends une pause, OK ? ».
En
redescendant, elle enleva la veste d'employée et la posa
derrière le comptoir. Ken remarqua qu'elle n'avait plus le
même haut, et même si celui qu'elle portait était
moulant il était absolument portable. Ce qui le conforta dans
son opinion de « taquiner ». Ils achetèrent
un café à un marchand de la galerie et firent quel pas
en silence.
- « Neeve,
je vais être franc. Ce matin… je sais bien que ce n'était
que pour rigoler, mais Kojirô l'a prit très mal. »
Neeve haussa les épaules. « Très très
mal. »
- « Et ? »
- « Je
ne l'ai jamais vu comme ça. »
- « Et
ça fait longtemps que tu le connais ? »
demanda Neeve d'une voix égale.
- « Depuis
que nous avons dix ans. »
- « Ouais,
donc tu sais de quoi tu parles… »
- « Hum. »
- « Je
suis dans la merde ? »
-
« Jusqu'au cou. Je ne voudrais pas être à
ta place. »
Le silence
retomba jusqu'à ce que Ken s'assît sur un banc en
étendant ses longues jambes devant lui. Neeve se posa à
côté de lui, une jambe pliée sous elle.
-
« Pourquoi tu le fais tourner chèvre comme ça ? »
- « Parce
que ça marche. »
-
« Pardon ? »
- « C'est
marrant de le taquiner. Il perd tout le temps. »
- « Et
regarde maintenant. »
- « Je
sais. L'attrapeur attrapé… Mais ce n'est pas que de ma
faute. Lui aussi n'est pas commode. »
- « Je
n'ai jamais dit qu'il était facile à vivre. Mais
cela fait partie de son charme. Avec tout ce qu'il vécu… »
-
« J'aimerais bien que tout le monde arrête de me
dire ça !» pesta soudain Neeve. « Comme
s'il était le seul à souffrir au monde ! »
Son ton était amer.
- « Euh,
Neeve, tu n'es pas à plaindre, non ? »
- « Ah,
ouais ? Essaye grandir sans mère et sans père. »
Neeve se
leva, jeta son gobelet d'un geste rageur et s'éloigna.
- « Je
dois retourner bosser. »
- « Neeve,
attends ! » Ken la rattrapa. « Je ne veux
pas te juger, et oui, je ne sais rien de ta vie. Mais si ce que tu me
dis est vrai, alors toi et Kojirô avaient plus en commun que
vous ne le pensiez. Regarde un peu comme il a réagit ce matin.
Il s'inquiétait pour toi ! »
Neeve
stoppa net.
-
« Qu'est-ce que tu racontes ? »
- « Ben
oui ! Tu crois qu'il t'aurait fait cette scène si tu
avais été la voisine de palier ? »
Neeve pâlit.
- «
Vraiment ? »
- « Ça
saute aux yeux. »
-
« …Merde…. »
- « … »
- « Merde,
merde, merde. »
- « Je
ne te le fais pas dire. »
- « … »
- « … »
- « Tu
es un bon gars, Ken, tu sais ça ? »
- « Euh…
merci je suppose ? »
- « Bon,
je dois vraiment y retourner. J'espère te revoir….
Dans de meilleures conditions. »
- « Sûr.
A la prochaine. »
Ken rentra
chez lui avec le sentiment du travail bien fait. Il soupira. Il
savait qu'amadouer Kojirô n'allait pas être facile.
Mais, avec un sourire, il se dit que si quelqu'un pouvait le faire,
c'était bien Neeve. Il devait admettre qu'il aimait bien
Neeve. Elle n'était pas bien méchante au fond, mais
était juste complètement à côté de
la plaque. L'expression « pourrie gâtée »
venait immédiatement aux lèvres, mais il se demandait
ce qu'il y avait au fond.
Neeve
rentra chez elle sur la pointe des pieds. Elle avait ressassé
encore et encore sa conversation avec Ken toute l'après-midi
et avait dû se rendre à l'évidence qu'elle
s'était plantée. Et méchamment. Elle posa son
sac dans sa chambre et tendit l'oreille pour savoir si Kojirô
était dans sa chambre. Calme plat. Elle monta sur son bureau,
pour regarder par la fenêtre s'il avait de la lumière
dans sa chambre. Un halo se dessinait sur l'herbe gelée du
jardin. Avec un soupir, elle toqua à la porte.
-
« QUOI ? » beugla Kojirô. Avec une
grimace, elle poussa la porte.
-
« Hyûga-san, je… » commença-t-elle.
-
« Casse-toi ! » La voix était très
basse. Kojirô était assis à son bureau et lui
tournait le dos. Il n'avait même pas bougé un poil
lorsqu'elle était entrée. Elle s'avança un
peu.
- « Pour
ce matin, je… »
- « T'es
sourde ? Tire-toi. »
- « Je
suis désolée ! » dit-elle
précipitamment. « Vraiment vraiment désolée.
J'ai été stupide et idiote et complètement
injuste avec toi. »
- « C'est
tout ? Casse-toi. » Neeve se passa la main dans les
cheveux et fit encore un pas vers lui.
- « Tu
voulais juste être gentil et moi.. »
Kojirô
se leva d'un bond et empoigna férocement la jeune fille par
le bras. Il la traîna jusqu'à la porte et la mit
dehors sans ménagement, puis lui claqua la porte au nez. Les
dents serrées à s'en faire mal, il se rassit et
essaya de travailler. Il serra le poing si fort qu'il cassa son
crayon gris. Avec un hurlement muet de frustration, il enfouit son
visage entre ses mains.
Bien qu'il
fut invisible toute la journée, toute la famille sentait la
mauvaise humeur ambiante dans la maison. L'atmosphère à
table durant le dîner était tendue. Kojirô ne
desserrait pas les dents et Neeve gardait la tête baissée
sur son assiette intouchée.
-
« Quelqu'un peut me dire ce qu'il se passe ici ? »
demanda Shouta en posant ses couverts. Il regarda à tour de
tour Kojirô et sa fille, mais ne croisa que le regard du
premier.
-
« Kojirô ? » dit à son tour
sa mère. « Je sais bien que tu es en colère. »
Le jeune
homme croisa les bras et fixa un point droit devant lui.
-
« Kojirô ? » reprit sa mère
d'un ton plus dur. « Je te parle. »
Devant le
mutisme absolu de son aîné, elle soupira et dut avoir
recours à sa « grosse » voix.
-
« Kojirô, ça suffit comme ça ! Tu
vas me dire ce qu'il se passe ou je te jure que… »
- « C'est…
c'est ma faute. » coupa Neeve en redressant la tête.
Les deux parents tournèrent leur attention vers elle, et elle
se retrouva accusée par deux paires d'yeux pas commodes.
-
« Explique-toi jeune fille ! » ordonna
Shouta d'une voix dure qu'il n'avait jamais employée
auparavant. Natsuko, Mamoru et Takeru, qui avaient assisté à
l'échange un peu comme le public de Roland Garros,
reculèrent dans leur chaise au son de cette voix.
-
« J'attends. » réprimanda Shouta.
- « Ben,
euh… J'ai… je lui ai fait une…blague de mauvais goût. »
-
« Comment ça ? » Neeve eut la
décence de s'empourprer d'un violet profond.
- « Euh…
ben… euh… »
-
« Neeve!
»
- « Je
ne pense pas que le motif soit très important. »
décida Keiko. « Moi, je veux la paix dans cette
maison. Neeve, je veux que tu présentes des excuses à
Kojirô. »
-
« Euh... » Neeve essaya de capter les yeux de
l'intéressé, mais celui-ci ne cillait pas. «
Je suis vraiment désolée et je te présente toute
mes excuses. » dit-elle doucement d'un ton des plus
sincères.
Tous les
yeux se fixèrent sur Kojirô, attendant sa réaction.
Il se contenta de hausser les épaules.
-
« Neeve, » continua Shouta. « Puisque
tu refuses de dire ce que tu as exactement fait, est-ce que tu juges
que te priver de sortie serait une punition suffisante ? »
Neeve
tressaillit et leva des yeux écarquillés vers son père.
- « Cela
serait approprié » admit-elle d'une voix blanche.
- « Dans
ce cas, considère-toi comme privée de sortir jusqu'à
nouvel ordre. Et cela inclut le bal de Noël. Tu rentres
directement à la maison après les cours. Je t'autorise
à aller bosser, mais c'est tout. » Neeve ouvrit
la bouche pour protester, mais la referma en se mordant les lèvres.
Elle commença à se lever.
- « Tu
peux débarrasser et faire la vaisselle. » termina
Shouta en quittant la table. Il alla dans le canapé et zappa
sur le journal télévisé national.
En silence, les trois plus jeunes quittèrent la table en portant leurs assiettes vers l'évier pour aider puis disparurent dans leurs chambres. Kojirô se leva également mais laissa son assiette. Il était complètement déboussolé et ne savait pas quelle attitude adopter. Il était encore en colère contre Neeve, mais il ne pensait pas que les parents allaient s'en mêler, ou aller si loin. En fait, il ne voulait que leurs parents s'en mêlent. C'était entre lui et Neeve, c'est pourquoi il n'avait rien dit quand on l'avait interrogé. Il ne voulait pas dénoncer. Et maintenant, il pensait que la punition était bien trop disproportionnée. Privée de sortie, oui, mais pas le bal de Noël ! Neeve en parlait depuis tellement longtemps. Elle disait avoir trouvé la robe parfaite et cela semblait être un grand événement pour St Elizabeth.
Sans un
mot, il laissa Neeve faire la vaisselle, mais il la guetta le pas de
sa porte. Lorsqu'elle remonta vers sa chambre, marchant lentement
et lourdement, il la regarda, appuyé sur le chambranle. Leurs
regards se croisèrent. Il allait parler quand elle lui lâcha,
d'une voix étranglée.
-
« Attrapeur attrapé, hein ? » Elle
avait les larmes aux yeux.
Elle entra
dans sa chambre en laissant Kojirô décontenancé.
Au derrière moment, elle ajouta :
- « Tu
as vraiment un super copain. Remercie Ken pour moi. » Et
elle ferma la porte.
Kojirô
bondit sur son portable.
- «
Ouais, encore toi ? » demanda allégrement Ken.
-
« Qu'est-ce qu'elle veut dire par super copain ? »
agressa l'attaquant.
- « Euh,
pardon ? Tu as bu ? »
-
« Ah-ah-ah… » moqua Kojirô. « Neeve
te remercie. »
- « Ah…
aaaaah. Oh la, alors ? »
-
« Qu'est-ce que tu as fabriqué ? »
- «
Ça dépend… »
- « Dépend
de quoi ? »
- « Si
tu vas m'en vouloir ou pas. Sinon je suis innocent, moi. »
Kojirô
éclata de rire. Toute la tension s'envola. Il riait
tellement qu'il dut couper la conversation. C'était
nerveux, il ne pouvait pas s'empêcher de rire. Il finit par
aller se passer la tête sous le robinet pour se calmer. Quand
il revint dans sa chambre, son portable sonnait.
- « Euh,
capitaine, tu vas bien ? Tu es sûr que tu n'as pas
bu ? »
- « Non…
Je réfléchissais à question. »
- « Ah,
oh, euh… donc ? »
- « Je
veux savoir ce que tu as fait. »
- « Disons
que j'ai fait le pacificateur. Ça te va ? »
- « Pas
vraiment. Je sens que tu vas me dire que c'est entre Neeve et
toi. »
- « Un
peu. Mais ne t'inquiète pas, je ne suis PAS intéressé
par elle. » ajouta Ken précipitamment. « Enfin
pas comme ça. Je la trouve… je ne sais pas… marrante… »
-
« MARRANTE ? » s'écria Kojirô
en regardant son écran incrédule. « Mais
c'est toi qui a bu ? Tu as bien vu qu'elle, c'est Satan,
ses minions, les démons et les neufs enfers tout en un ? »
- « Ouais,
mais si Satan est de ton côté, c'est marrant de voir
les autre souffrir. »
- « …
Je ne te savais pas sado… »
-
« Mwaahahahaa… Je suis ton meilleur copain, Kojirô.
C'est déjà du sadisme en soi-même. »
- «
Pauvre con !» laissa tomber Kojirô, mais d'un ton
affectueux. « On se voit lundi. »
- « Oh,
oui ! Exam de japonais à 8h. Le pied, je n'attends que
ça. »
- « Pauvre
con… » répéta-t-il avant de couper.
Il regarda le mur séparant sa chambre à celle de Neeve. Pas un bruit. Il monta sur son bureau et se dévissa le cou, mais ne vit aucune lumière venant de sa chambre. Il soupira encore. Qu'est-ce que Ken pouvait bien lui trouver ? Mais si Ken aimait quelqu'un c'est que cette personne en valait le coup. Il chassa le sujet de son esprit. Il était toujours en colère contre Neeve, mais pas fou furieux.
Lundi matin arriva, et l'examen de japonais ouvrit la valse. Après quatre heures à répondre à des questions de grammaire, d'histoire ou de littérature, Kojirô était près à éclater. Il agitait la jambe nerveusement et faisait trembler son bureau. Il fallait qu'il bouge. Il avait fini depuis dix minutes, et avait encore dix à attendre. Automatiquement, ses pensées dérivèrent vers Neeve. Elle l'avait évité tout hier. En fait elle avait évité tout le monde. Il n'arrivait pas à savoir s'il avait pitié d'elle ou s'il la détestait. Sûrement les deux à la fois. Il décida d'aller lui parler ce soir. Se sentant mieux avec sa conscience, il relut encore une fois sa copie et put enfin sortir prendre un grand bol d'air frais. L'après-midi fut consacré aux sciences sociales. Il était certain d'avoir une bonne note en histoire, n'était pas très sûr de quelques points pour sa carte d'Eurasie. Tous ces pays près de la Russie en « –stan » ! Mais il était confiant pour ses questions d'économie. Il voulait voir la tête du prof quand ce dernier verrait qu'il devait lui mettre une bonne note.
L'entraînement avait été suspendu pour les examens et les vacances de Noël. Mais Kitazume avait annoncé un décrassement pour la rentrée… et avait suggéré que ceux qui pouvaient s'entraînent. En gros, c'était plus que conseillé, à moins de vouloir cracher ses poumons le 5 janvier.
Kojirô rentra chez lui directement. Comme il s'y attendait, Neeve n'était pas encore là. Il s'installa à son bureau pour réviser son anglais et sa biologie, examens prévus le lendemain, en laissant la porte entrouverte pour attraper Neeve quand elle arriverait. Mais plongé dans ses bouquins, il n'entendit rien. Il releva la tête, le cou un peu ankylosé et remarqua qu'il était déjà presque 18 heures. Elle aurait dû être là. Sa chambre semblait vide, et il entendait un ballon rebondir dehors. Elle devait faire du basket. Il décida de la laisser se…défouler en paix. Maintenant elle allait lui en vouloir pour être privée de sortie. Pourquoi est-ce que les parents s'en étaient mêlés ? Ils n'avaient fait que rajouter de l'huile sur le feu. Il retourna son schéma du cœur humain en se demandant s'il pouvait y avoir une matière plus dégoûtante que la biologie.
Une heure plus tard, elle était toujours dehors. Il sortir sur la terrasse par la porte d'en haut et s'accouda sur la rambarde pour la regarder. Neeve était concentrée et ne le vit pas. Elle était en sueur et toute échevelée. Elle commença à dribbler, partit à droite. Après trois pas elle s'arrêta pour mimer une défense de balle en dribblant et répétant sa feinte pivot sur le pied, repartit à gauche sur trois pas, et recommença le manège. Encore et encore.
- « Arrête
un peu, tu vas te faire un claquage. » ne put s'empêcher
de commenter Kojirô depuis le toit. Neeve sursauta et laissa
échapper le ballon qui roula vers la rue. Elle courut après
et revint lentement. Enfin, elle leva la tête pour le regarder.
Ils ouvrirent la bouche en même temps, mais Shouta trouva ce
moment pour rentrer du travail.
-
« Qu'est-ce que tu fais dehors à cette heure ? »
demanda-t-il sèchement à Neeve en sortant de voiture.
« Tu ne penses pas que tu as mieux à faire ?
Comme étudier ? Ce n'est pas avec tes notes que tu vas
arriver à aller à l'université ! »
Neeve ne dit rien et se contenta de faire demi-tour vers la maison.« Et pour la dernière fois, mets un pull ! »
Il ne
lâcha pas Neeve d'une semelle. A table, il l'interrogea en
détails sur les sujets d'examens et demanda à voir
les questions. Quand elle finit par lui avouer qu'elle n'avait
pas su répondre à tel ou tel exercice de maths, il
explosa.
- « Mais
je t'ai expliqué ce problème des dizaines de fois ! »
tonna-t-il. « Tu y mets de la mauvaise volonté !
Monte bosser pour demain ! »
Et Neeve s'enferma dans sa chambre pour le reste de la soirée, coupant toute possibilité à Kojirô de venir lui parler. Ce dernier était indigné par la réaction de Shouta. Il ne semblait pas être un père si difficile à vivre, avant. En tout cas, il prit bonne note de ne pas contrarier Shouta… ou de faire en sorte qu'il ne le sache pas… Parce qu'il ne supporterait pas se faire traiter comme ça et cela finirait mal. TRES mal. C'est sûrement comme ça que Neeve était devenue si insupportablement double jeu. La face de l'ange pour son père, et la face de démon dans son dos…
Enfin !
Enfin les vacances ! Et pour la première fois de presque
sa vie, il allait avoir des vacances dignes de ce nom. Plus besoin de
travailler jusqu'à l'épuisement, pour profiter de
tous les emplois saisonniers et pouvoir offrir un repas de Noël
ou des cadeaux. Il pourrait presque faire la grasse matinée !
Hier, il avait passé ses examens d'anglais – qu'il avait
raté, mais peut-être un peu moins que d'habitude –
et de biologie. Il avait fini avec la physique chimie et maths en une
matinée marathon. Epuisés, les trois K prenaient un pot
dans un café près du lycée avec leur classe pour
célébrer la fin des cours. Kazuki était très
occupé à dire au revoir à sa copine Miki, qui
allait être séparée de lui pour DIX jours
ENTIERS !! Ken avait été pris d'assaut par deux
filles avant de pouvoir se libérer et rejoindre Kojirô
qui buvait son cappuccino tranquillement dans son coin.
- « Pfff,
quelle galère. »
- « C'est
toi qui cherches une copine. »
- « N'en
rajoute pas. Est-ce que tu viens ce soir ? »
- « Ce
soir ? »
- « Le
pot des sportifs ? Ce soir à 18h, dans le gymnase. En
gros, on prend les mêmes que pour le camp d'été
et on recommence. Enfin, la soirée barbecue, pas
l'entraînement. »
- « Oui,
ça me dit quelque chose. » Kojirô était
sûr que quelqu'un avait mentionné la soirée
avant mais impossible de se rappeler qui. « Bof, cela ne
me dit pas trop… »
- « Allez,
tu as besoin de décompresser. »
- « Pff,
je verrai. » grommela Kojirô.
- « Tu
as parlé à Neeve ? »
- « Non,
son père est encore sur son dos. »
- « La
pauvre. »
- « Que
dalle, elle l'a mérité. »
-
« Peut-être, mais son truc de Noël, c'est ce
soir non ? »
- « Oui. »
- « Une
autre bonne raison pour ne pas que tu traînes dans le coin.
Viens ce soir et laisse-la tranquille. »
- « Tu
as peut-être raison… »
- « J'ai
toujours raison ! »
- « Bon,
je dois rentrer, j'ai promis aux crapauds de les emmener faire
leurs courses de Noël. »
- « Et
je suis sur que tu dois faire les tiennes. »
- « Bah
oui.»
- « Tu
vas lui acheter quelque chose ? »
- « A
qui ? »
-
« Jennifer Lopez ! Neeve crétin ! »
- « Faut
bien, non ? »
-
« Qu'est-ce que tu vas lui prendre ? »
- « Je
ne sais pas… Un bâillon ? »
Kojirô
emmena ses crapauds préférés au centre
commercial pour qu'ils achètent tous les quatre un cadeau
pour leur mère et Shouta. A quatre, ils pouvaient acheter de
plus beaux cadeaux. Ils choisirent une boite en laque pour Keiko qui
en faisait collection, et trois livres policiers pour Shouta. C'est
Natsuko qui avait eu l'idée de lui demander innocemment ce
qu'il aimait lire. Puis elle se sépara du groupe pour faire
ses achats pour ses frères. Les garçons restèrent
entre eux pour lui faire son cadeau. Elle revint et Kojirô
s'éclipsa, pour les laisser acheter son cadeau, pendant
qu'il achetait les leurs. Mamoru et Takeru savaient déjà
ce que l'autre voulait et achetèrent leurs « cadeaux »
en pleine vue. C'était un soulagement que Takeru ait cessé
de croire au Père Noël l'an dernier, parce que cela
compliquait les choses. Mais Kojirô trouvait que c'était
toujours aussi stupide de devoir dépenser de l'argent pour
des cadeaux de Noël. Mince, Noël n'était même
pas une fête japonaise !!!
Neeve
avait un conseil de classe ce soir et Kojirô monta se préparer
pour pouvoir être parti avant qu'elle ne revienne. Il
redescendait, quand sa mère l'appela :
-
« Kojirô, je suis à court de sauce soja.
Est-ce que tu peux passer à l'épicerie du coin pour
m'acheter une bouteille s'il te plait ? »
- « Bien
sûr. »
Comme
d'habitude, il coupa par les petites rues. Il connaissait le
quartier comme sa poche maintenant. Il revenait par le même
chemin quand, alors qu'il allait tourner le coin de la rue qui
donnait derrière chez lui, il vit quelque chose qui l'arrêta
net. Un scooter noir venait de s'arrêter. Le fameux
scooter noir. Neeve descendait de la place arrière et tendait
son casque au conducteur. Celui-ci démonta et enleva son
casque à son tour. Kojirô avait deviné juste, il
s'agissait bien d'un garçon. De là où il
était, Kojirô ne pouvait voir que des cheveux mi-longs
qui encadraient un visage fin.
- « Et
voilà Princesse, tu es chez toi ! »
- « Merci
Shun, tu me sauves la vie. Mon père m'aurait étripé
si… » Neeve ne put finir sa phrase parce que le dit Shun
l'avait attrapé par la taille et l'embrassait à
pleine bouche. Kojirô soupira et s'adossa au mur. Il n'avait
pas envie de débarquer en plein milieu de ça !
-
« Shun… » supplia Neeve. « Shun,
je dois y aller… »
- « Mais
tu es chez toi… »
- « Tu
sais ce que je veux dire. » Mais Shun ne desserra pas son
étreinte sur sa taille et l'embrassa à nouveau. Neeve
se laissa faire. Kojirô commençait à perdre
patience.
- « Et
si tu faisais le mur ce soir ? Je peux venir t'attendre ici
vers les sept heures, et tu te prépares chez moi. »
- «Et
mon père ? »
- « Tu
n'as qu'à dire que tu ne sens pas bien. Il pensera que tu
fais la gueule. »
- « Je
fais la gueule. »
- « Et
tu sors en douce. » Shun ignora totalement Neeve.
- « Il
va monter vérifier. »
- « Pff,
qu'est-ce que tu peux être conne des fois. »
sortit Shun. Kojirô détesta ce ton supérieur.
« Mets des vêtements sous les couvertures pour que
cela ressemble à un corps. »
- « Je
ne sais pas trop. Ça semble risqué pour ce soir. »
- « Mais
je vais avoir l'air con moi, si je vais au bal tout seul ! »
protesta Shun. Pas besoin, tu es déjà
con comme ça…
- « …
Je sais ! Tu n'as qu'à rester ici ce soir. Je te fais
à manger et tout, et puis tu restes après. »
- « Pff,
jouer au monopoly avec ton père, merci bien. »
- « C'est
mieux que d'aller au bal tout seul, non ? »
- « Qui
te dis qui j'irai seul ? » Pardon ?
-
« Pardon ? »
- « Ben
oui, je n'ai qu'à claquer des doigts et les filles vont se
battre pour être avec moi ce soir. » Salaud…
- « Shun,
tu ne peux pas… »
- « Je
rigole. » Ah ouais ? « Mais j'irai
au bal, avec ou sans toi. Après tout, je suis le président
des premières années, je dois y faire un tour. »
- « Mais
tu pourrais venir après. » reprocha Neeve. Putain,
qu'est-ce que tu lui trouves à ce mec ?
- « Hum…
moi ce que je voudrais c'est venir… et rester… »
roucoula-t-il en s'asseyant en travers sur le siège du
scooter.
-
« Shun ? »
- « Si
tu es trop chochotte pour faire le mur, moi je n'ai pas de problème
pour passer par la fenêtre et te rejoindre… dans ton lit…
cette nuit. » suggéra-t-il. Hé oh, ça
ne va pas bien dans sa tête. Il rêve !
-
« Shun ! » s'indigna Neeve.
- « T'es
vraiment chiante ces temps-ci. J'ai l'impression que tu deviens
une vraie nonne. »
- « Et
puis, je te signale que ce n'est pas comme si j'étais
seule dans l'appartement. J'ai des frères et sœurs
maintenant. »
- « Tu
parles d'une famille. C'est bien à cause de ce gros con
qui tu t'es faite grillée ! » Là,
trop c'est trop. Tu ne vas pas me baver dessus en toute impunité !
Kojirô se décolla du mur, tourna le coin et descendit la
rue à grand pas. Ni elle ni lui ne le virent.
-
« Hyûga-san n'est pas un con ! C'est de ma
faute si--- » Kojirô se sentit bizarre en entendant
Neeve le défendre devant son propre petit copain.
- « Ben,
voyons défends-le pendant que tu y es ! Il faudrait
savoir dans quel camp tu es. »
- « Shun,
tu sais bien que je t'aime mais… »
- « Tu
as de drôle de façon de le montrer ! Peut-être
que tu préfères passer la soirée avec ce con. »
-
« Shun ! »
Shun ne
laissa pas Neeve parler. Il l'empoigna brusquement et l'embrassa
presque violemment. Neeve apparemment n'aimait pas ça et
essaya de se dégager.
- « Shun,
arrête ! »
Il
l'embrassa de nouveau, bloquant sa tête d'une main, tandis
que l'autre se posait sur les fesses de la jeune fille et
commençait à la tripoter. Kojirô sentit son sang
bouillir. Ne voyait-il pas que Neeve n'aimait pas ça ?
Il arriva au moment où la main avait presque remonté la
jupe d'uniforme jusqu'aux fesses. Il attrapa cette main alors
qu'elle allait se glisser sous le tissu. Il arracha Neeve de
l'étreinte en la tirant par l'épaule.
- « Mais,
t'es qui toi d'abord ? » protesta Shun en se
redressant. Il était juste un tout peu plus petit que Kojirô.
-
« Hyûga-san! »
s'exclama Neeve.
- «
Attends, Hyûga, tu dis? Alors c'est lui le fameux frère ? »
répliqua-t-il en toisant Kojirô. Shun agrippa Neeve par
l'avant bras et la tira vers lui.
- « Ouais,
c'est moi le frère. Le gros con. ».
-
« Exactement, tu dégages, tu ne vois pas que tu
déranges ? » A son tour, Kojirô prit
Neeve par le bras et tira. Mais tira plus fort, et la jeune fille
chancela vers lui. Il la passa derrière lui tandis qu'il
avançait vers Shun.
- « Hyûga,
attends ! » protesta celle-ci
- « C'est
toi qui te casses. Et tu ferais mieux de ne pas venir ce soir, si tu
vois ce que je veux dire. » dit-il d'une voix menaçante.
-
« Pourquoi, tu as l'intention de dormir avec elle ?
Pour vérifier bien sûr. » railla Shun d'un
air équivoque qui eut raison des dernières onces de
patiente et politesse de Kojirô. Il envoya son poing droit
directement dans la figure du garçon qui bascula en arrière
et renversa son propre scooter. Il avait le nez en sang.
-
« SHUUUUUN ! » hurla Neeve en précipitant
vers lui. Kojirô l'attrapa par la taille et la tira vers la
maison.
- « NON
LACHE-MOI ! IL SAIGNE ! » Elle résistait
et essayait de s'échapper.
- « TA
GUEULE ! » Avec un grognement puissant, il la décolla
du sol et la porta presque autant qu'il la traîna. Il poussa
la porte d'entrée et la déposa sans ménagement
dans le couloir.
- « MAIS
DE QUEL DROIT ? TU ES CINGLE !»
- « C'EST
ÇA ! C'EST MOI LE PROBLEME ! MAIS QU'EST-CE QUE
TU FOUS AVEC UN CON PAREIL !? »
- « JE
T'INDERDIS DE TRAINER SHUN DE CON ! TU NE LUI ARRIVES PAS À
LA CHEVILLE ! »
Le fait
d'être comparé à…ce type… mit Kojirô
hors de lui. Malgré lui, sa main droite se leva, prête à
lui assener une bonne gifle, histoire de lui remettre les idées
en place.
- « MAIS
IL TE TRAITE COMME DE LA MERDE ! »
- « BAISSE
CETTE MAIN ! »
- « IL
TE CONSIDERE COMME UN COUP FACILE ! »
- « JE
T'INDERDIS DE ME MENACER ! BAISSE TA MAIN ! »
Les deux
adolescents se faisaient face dans les couloirs et se criaient dessus
à pleine voix. Alarmée, toute la famille vient voir ce
qu'il se passait. Keiko arriva la première et essaya de
tirer Neeve à l'écart.
- « Mais
ça suffit vous deux ! Qu'est-ce que c'est
histoire ? »
Neeve
repoussa la main sur son avant bras d'un geste irrité.
- « BAISSE
TA MAIN ! TU N'ES QU'UN SALE TYPE VIOLENT ! TU AS
DEFIGURE SHUN ! »
- « BIEN
FAIT ! J'AURAI DU LUI FAIRE RAVALER SON BULLETIN DE NAISSANCE
À CET ENFOIRE ! »
- « CE
N'EST PAS UN ENFOIRE ! »
Ce fut la
goutte d'eau qui fit déborder le vase. Elle continuait à
le défendre lui ! Et pas un merci pour l'avoir
aider alors qu'il la tripotait comme… comme… comme on s'en
fout quoi. Il écrasa son poing gauche contre le mur pour
éviter de lui dévisser la tête. Il avait
complètement oublié qu'il tenait une bouteille de
sauce soja et la bouteille en verre éclata sur le choc, en
enfonçant des morceaux profondément dans sa chair.
Aussitôt le sang se mélangea à la sauce.
- « OH
MON DIEU, TU ES MALADE ! » s'égosilla Neeve
en tentant de lui prendre le bras pour examiner la blessure.
Extrêmement
violement, il la repoussa et elle tomba dans les bras de Keiko. Il
sortit de la maison en trombe et disparut au coin de la rue, en
ignorant les cris de sa mère.
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Bon, allez je suis gentille, je vous mets la suite très bientôt. Je ne vais pas le laisser tout sanglant tout de même ! Le chapitre 15 sera « Qui vivra verra. » Parce que je n'allais tout de même pas perdre ce beau titre non ? Et puis je suis ½ Corse et ¼ bretonne, donc je m'économise.
En plus, c'est l'anniversaire de ma copine « A » à qui vous devez partiellement cette fic, et totalement les scènes de sexe. Donc bien sur le chapitre prochain verra ma chouchoute à moi rien qu'à moi – ben oui, personne ne l'aime - j'ai nommé Hikari ! C'est Kojirô qui va être content… Non ? Vraiment pas ? Tu ne vas pas te plaindre non plus ?
