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Note 1 : Letie a choisi, Letie a décidé, voici venir le tigre tenu par la queue… Non pas celle-là…

Note 2 : Avec ce chapitre, je suis juste en dessous des 55 000 mots !

Note 3 : Avec ce chapitre, je compte passer les 1 000 clics sur Fanfic-fr et les 500 sur fanfiction.

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Un grand merci à Letie pour son commentaire. Je t'aime moi aussi, et je veux la suite de tes deux fanfictions. Et plus que ça.

Sinon, je viens de tomber amoureuse d'une fanfiction extrêmement bien écrite que tout le monde doit déjà connaitre mais bon, au cas où, « Et je verrai Mourir Venise » par Eifersucht.

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Publié : 03 décembre 2007

Révisé : 28 décembre 2007

Révisé : 28 février 2008

Chapitre 14 – Tenir le tigre par la queue.

Kojirô n'avait jamais été aussi en colère de toute sa vie. JAMAIS ! Même quand il avait perdu la finale du championnat primaire et qu'il cru avoir perdu la chance de sa vie d'intégrer Tôhô. Même quand il avait presque été renvoyé de la Tôhô pour s'être absenté lors du dernier tournoi collège. Même quand il avait dû faire face à Shouta dans ce restaurant, il y a ce qu'il lui semblait une vie déjà. Mais non, ce n'était qu'un mois et demi !

Ken avait suivi Kojirô hors de la maison et jusqu'au lycée en grand silence. Il avait été choqué par l'attitude de Neeve, même s'il se doutait au fond qu'elle ne voulait que le taquiner. En fait, il avait été également surpris par la réaction de Kojirô. Il criait sur les toits jour et nuit qu'il détestait la jeune fille, mais semblait très protecteur. Ken n'avait pas osé lui dire qu'il avait ressemblait à un père indigné devant sa gamine de treize ans.

En arrivant aux vestiaires, l'attaquant ouvrit la porte violemment et se dirigea à grands pas vers son casier. Il en ouvrit la porte tout aussi brutalement et entreprit de se changer. Dans son dos, Ken fit un geste intimant le silence en passant sa main raide sur sa gorge. Tous comprirent le message et reprirent leur conversation en ignorant Kojirô, mais certainement un ton plus bas.

Kojirô, ayant fini de se changer, referma son casier. Le geste fut si rageur que la porte claqua et se rouvrit. Il cogna avec la même force, pour avoir un résultat semblable. Une fois, deux fois, trois fois sous les regards ahuris des autres joueurs. L'entraîneur dut sortir de son bureau pour lui demander de bien vouloir arrêter de casser l'équipement du lycée. Lui aussi vit l'humeur massacrante du joueur et décida de l'envoyer faire des tours de terrains pour se calmer. Courir jusqu'à épuisement était une très bonne solution pour refroidir les caractères.

Kojirô fut extrêmement dur durant la session. Il aboya ses ordres et engueulait tout le monde dès la moindre erreur. Il fut encore plus intraitable que d'habitude sur les fautes et actions non terminées ou faites à moitié cœur. Ken caressa même l'idée de se faire porter pâle pour ne pas avoir à endurer la traditionnelle séquence de tirs aux buts. Il résista, mais bien que courageux, il n'était pas suicidaire, et laissa passer quelques boulets de ballon. L'un deux éclata d'ailleurs contre le mur en un grand bang sonore qui fit sursauter les autres. L'entraîneur nota le comportement du gardien, mais encore une fois ne dit rien. Kojirô ne prit pas de douche et partit dès qu'il put. Il fulminait toujours autant. Ken prit une décision et se changea presque aussi rapidement, mais prit une douche. Aussi Kitazume ne put mettre la main que sur Sorimachi qui se vit contraint et forcé de raconter…ce qu'il ne savait pas.

Ken alla droit au centre commercial et se glissa dans Impulse par la boutique CD. Il fit semblant de parcourir les rayons mais il cherchait Neeve des yeux. Il la vit sur la mezzanine en train de mettre des vêtements en rayon. Il réalisa qu'elle n'avait pas menti en disant être la meilleure vendeuse du magasin. Toutes les trois secondes, quelqu'un venait vers elle pour un avis ou un commentaire. Il n'entendait pas les conversations, mais il lui semblait qu'elle ne cherchait pas à vendre à tout prix, mais plutôt à conseiller les gens. Il la vit même refuser de vendre une robe qui semblait assez chère et rediriger la cliente sur un modèle en soldes.

Il s'avança vers elle.
- « Neeve ? »
- « Oui ? Oh, Ken… ? Tu veux déjà utiliser ma carte de réduction ? »
- « Non, je veux te parler. C'est urgent. »
- « Oh… » Elle s'éloigna vers une de ses collègues. « Je prends une pause, OK ? ».
En redescendant, elle enleva la veste d'employée et la posa derrière le comptoir. Ken remarqua qu'elle n'avait plus le même haut, et même si celui qu'elle portait était moulant il était absolument portable. Ce qui le conforta dans son opinion de « taquiner ». Ils achetèrent un café à un marchand de la galerie et firent quel pas en silence.
- « Neeve, je vais être franc. Ce matin… je sais bien que ce n'était que pour rigoler, mais Kojirô l'a prit très mal. » Neeve haussa les épaules. « Très très mal. »
- « Et ? »
- « Je ne l'ai jamais vu comme ça. »
- « Et ça fait longtemps que tu le connais ? » demanda Neeve d'une voix égale.
- « Depuis que nous avons dix ans. »
- « Ouais, donc tu sais de quoi tu parles… »
- « Hum. »
- « Je suis dans la merde ? »
- « Jusqu'au cou. Je ne voudrais pas être à ta place. »
Le silence retomba jusqu'à ce que Ken s'assît sur un banc en étendant ses longues jambes devant lui. Neeve se posa à côté de lui, une jambe pliée sous elle.
- « Pourquoi tu le fais tourner chèvre comme ça ? »
- « Parce que ça marche. »
- « Pardon ? »
- « C'est marrant de le taquiner. Il perd tout le temps. »
- « Et regarde maintenant. »
- « Je sais. L'attrapeur attrapé… Mais ce n'est pas que de ma faute. Lui aussi n'est pas commode. »
- « Je n'ai jamais dit qu'il était facile à vivre. Mais cela fait partie de son charme. Avec tout ce qu'il vécu… »
- « J'aimerais bien que tout le monde arrête de me dire ça !» pesta soudain Neeve. « Comme s'il était le seul à souffrir au monde ! » Son ton était amer.
- « Euh, Neeve, tu n'es pas à plaindre, non ? »
- « Ah, ouais ? Essaye grandir sans mère et sans père. »
Neeve se leva, jeta son gobelet d'un geste rageur et s'éloigna.
- « Je dois retourner bosser. »
- « Neeve, attends ! » Ken la rattrapa. « Je ne veux pas te juger, et oui, je ne sais rien de ta vie. Mais si ce que tu me dis est vrai, alors toi et Kojirô avaient plus en commun que vous ne le pensiez. Regarde un peu comme il a réagit ce matin. Il s'inquiétait pour toi ! »
Neeve stoppa net.
- « Qu'est-ce que tu racontes ? »
- « Ben oui ! Tu crois qu'il t'aurait fait cette scène si tu avais été la voisine de palier ? » Neeve pâlit.
- « Vraiment ? »
- « Ça saute aux yeux. »
- « …Merde…. »
- « … »
- « Merde, merde, merde. »
- « Je ne te le fais pas dire. »
- « … »
- « … »
- « Tu es un bon gars, Ken, tu sais ça ? »
- « Euh… merci je suppose ? »
- « Bon, je dois vraiment y retourner. J'espère te revoir…. Dans de meilleures conditions. »
- « Sûr. A la prochaine. »
Ken rentra chez lui avec le sentiment du travail bien fait. Il soupira. Il savait qu'amadouer Kojirô n'allait pas être facile. Mais, avec un sourire, il se dit que si quelqu'un pouvait le faire, c'était bien Neeve. Il devait admettre qu'il aimait bien Neeve. Elle n'était pas bien méchante au fond, mais était juste complètement à côté de la plaque. L'expression « pourrie gâtée » venait immédiatement aux lèvres, mais il se demandait ce qu'il y avait au fond.

Neeve rentra chez elle sur la pointe des pieds. Elle avait ressassé encore et encore sa conversation avec Ken toute l'après-midi et avait dû se rendre à l'évidence qu'elle s'était plantée. Et méchamment. Elle posa son sac dans sa chambre et tendit l'oreille pour savoir si Kojirô était dans sa chambre. Calme plat. Elle monta sur son bureau, pour regarder par la fenêtre s'il avait de la lumière dans sa chambre. Un halo se dessinait sur l'herbe gelée du jardin. Avec un soupir, elle toqua à la porte.
- « QUOI ? » beugla Kojirô. Avec une grimace, elle poussa la porte.
- « Hyûga-san, je… » commença-t-elle.
- « Casse-toi ! » La voix était très basse. Kojirô était assis à son bureau et lui tournait le dos. Il n'avait même pas bougé un poil lorsqu'elle était entrée. Elle s'avança un peu.
- « Pour ce matin, je… »
- « T'es sourde ? Tire-toi. »
- « Je suis désolée ! » dit-elle précipitamment. « Vraiment vraiment désolée. J'ai été stupide et idiote et complètement injuste avec toi. »
- « C'est tout ? Casse-toi. » Neeve se passa la main dans les cheveux et fit encore un pas vers lui.
- « Tu voulais juste être gentil et moi.. »
Kojirô se leva d'un bond et empoigna férocement la jeune fille par le bras. Il la traîna jusqu'à la porte et la mit dehors sans ménagement, puis lui claqua la porte au nez. Les dents serrées à s'en faire mal, il se rassit et essaya de travailler. Il serra le poing si fort qu'il cassa son crayon gris. Avec un hurlement muet de frustration, il enfouit son visage entre ses mains.

Bien qu'il fut invisible toute la journée, toute la famille sentait la mauvaise humeur ambiante dans la maison. L'atmosphère à table durant le dîner était tendue. Kojirô ne desserrait pas les dents et Neeve gardait la tête baissée sur son assiette intouchée.
- « Quelqu'un peut me dire ce qu'il se passe ici ? » demanda Shouta en posant ses couverts. Il regarda à tour de tour Kojirô et sa fille, mais ne croisa que le regard du premier.
- « Kojirô ? » dit à son tour sa mère. « Je sais bien que tu es en colère. »
Le jeune homme croisa les bras et fixa un point droit devant lui.
- « Kojirô ? » reprit sa mère d'un ton plus dur. « Je te parle. »
Devant le mutisme absolu de son aîné, elle soupira et dut avoir recours à sa « grosse » voix.
- « Kojirô, ça suffit comme ça ! Tu vas me dire ce qu'il se passe ou je te jure que… »
- « C'est… c'est ma faute. » coupa Neeve en redressant la tête. Les deux parents tournèrent leur attention vers elle, et elle se retrouva accusée par deux paires d'yeux pas commodes.
- « Explique-toi jeune fille ! » ordonna Shouta d'une voix dure qu'il n'avait jamais employée auparavant. Natsuko, Mamoru et Takeru, qui avaient assisté à l'échange un peu comme le public de Roland Garros, reculèrent dans leur chaise au son de cette voix.
- « J'attends. » réprimanda Shouta.
- « Ben, euh… J'ai… je lui ai fait une…blague de mauvais goût. »
- « Comment ça ? » Neeve eut la décence de s'empourprer d'un violet profond.
- « Euh… ben… euh… »
- « Neeve! »
- « Je ne pense pas que le motif soit très important. » décida Keiko. « Moi, je veux la paix dans cette maison. Neeve, je veux que tu présentes des excuses à Kojirô. »
- « Euh... » Neeve essaya de capter les yeux de l'intéressé, mais celui-ci ne cillait pas. « Je suis vraiment désolée et je te présente toute mes excuses. » dit-elle doucement d'un ton des plus sincères.
Tous les yeux se fixèrent sur Kojirô, attendant sa réaction. Il se contenta de hausser les épaules.
- « Neeve, » continua Shouta. « Puisque tu refuses de dire ce que tu as exactement fait, est-ce que tu juges que te priver de sortie serait une punition suffisante ? »
Neeve tressaillit et leva des yeux écarquillés vers son père.
- « Cela serait approprié » admit-elle d'une voix blanche.
- « Dans ce cas, considère-toi comme privée de sortir jusqu'à nouvel ordre. Et cela inclut le bal de Noël. Tu rentres directement à la maison après les cours. Je t'autorise à aller bosser, mais c'est tout. » Neeve ouvrit la bouche pour protester, mais la referma en se mordant les lèvres. Elle commença à se lever.
- « Tu peux débarrasser et faire la vaisselle. » termina Shouta en quittant la table. Il alla dans le canapé et zappa sur le journal télévisé national.

En silence, les trois plus jeunes quittèrent la table en portant leurs assiettes vers l'évier pour aider puis disparurent dans leurs chambres. Kojirô se leva également mais laissa son assiette. Il était complètement déboussolé et ne savait pas quelle attitude adopter. Il était encore en colère contre Neeve, mais il ne pensait pas que les parents allaient s'en mêler, ou aller si loin. En fait, il ne voulait que leurs parents s'en mêlent. C'était entre lui et Neeve, c'est pourquoi il n'avait rien dit quand on l'avait interrogé. Il ne voulait pas dénoncer. Et maintenant, il pensait que la punition était bien trop disproportionnée. Privée de sortie, oui, mais pas le bal de Noël ! Neeve en parlait depuis tellement longtemps. Elle disait avoir trouvé la robe parfaite et cela semblait être un grand événement pour St Elizabeth.

Sans un mot, il laissa Neeve faire la vaisselle, mais il la guetta le pas de sa porte. Lorsqu'elle remonta vers sa chambre, marchant lentement et lourdement, il la regarda, appuyé sur le chambranle. Leurs regards se croisèrent. Il allait parler quand elle lui lâcha, d'une voix étranglée.
- « Attrapeur attrapé, hein ? » Elle avait les larmes aux yeux.
Elle entra dans sa chambre en laissant Kojirô décontenancé. Au derrière moment, elle ajouta :
- « Tu as vraiment un super copain. Remercie Ken pour moi. » Et elle ferma la porte.
Kojirô bondit sur son portable.
- « Ouais, encore toi ? » demanda allégrement Ken.
- « Qu'est-ce qu'elle veut dire par super copain ? » agressa l'attaquant.
- « Euh, pardon ? Tu as bu ? »
- « Ah-ah-ah… » moqua Kojirô. « Neeve te remercie. »
- « Ah… aaaaah. Oh la, alors ? »
- « Qu'est-ce que tu as fabriqué ? »
- « Ça dépend… »
- « Dépend de quoi ? »
- « Si tu vas m'en vouloir ou pas. Sinon je suis innocent, moi. »
Kojirô éclata de rire. Toute la tension s'envola. Il riait tellement qu'il dut couper la conversation. C'était nerveux, il ne pouvait pas s'empêcher de rire. Il finit par aller se passer la tête sous le robinet pour se calmer. Quand il revint dans sa chambre, son portable sonnait.
- « Euh, capitaine, tu vas bien ? Tu es sûr que tu n'as pas bu ? »
- « Non… Je réfléchissais à question. »
- « Ah, oh, euh… donc ? »
- « Je veux savoir ce que tu as fait. »
- « Disons que j'ai fait le pacificateur. Ça te va ? »
- « Pas vraiment. Je sens que tu vas me dire que c'est entre Neeve et toi. »
- « Un peu. Mais ne t'inquiète pas, je ne suis PAS intéressé par elle. » ajouta Ken précipitamment. « Enfin pas comme ça. Je la trouve… je ne sais pas… marrante… »
- « MARRANTE ? » s'écria Kojirô en regardant son écran incrédule. « Mais c'est toi qui a bu ? Tu as bien vu qu'elle, c'est Satan, ses minions, les démons et les neufs enfers tout en un ? »
- « Ouais, mais si Satan est de ton côté, c'est marrant de voir les autre souffrir. »
- « … Je ne te savais pas sado… »
- « Mwaahahahaa… Je suis ton meilleur copain, Kojirô. C'est déjà du sadisme en soi-même. »
- « Pauvre con !» laissa tomber Kojirô, mais d'un ton affectueux. « On se voit lundi. »
- « Oh, oui ! Exam de japonais à 8h. Le pied, je n'attends que ça. »
- « Pauvre con… » répéta-t-il avant de couper.

Il regarda le mur séparant sa chambre à celle de Neeve. Pas un bruit. Il monta sur son bureau et se dévissa le cou, mais ne vit aucune lumière venant de sa chambre. Il soupira encore. Qu'est-ce que Ken pouvait bien lui trouver ? Mais si Ken aimait quelqu'un c'est que cette personne en valait le coup. Il chassa le sujet de son esprit. Il était toujours en colère contre Neeve, mais pas fou furieux.

Lundi matin arriva, et l'examen de japonais ouvrit la valse. Après quatre heures à répondre à des questions de grammaire, d'histoire ou de littérature, Kojirô était près à éclater. Il agitait la jambe nerveusement et faisait trembler son bureau. Il fallait qu'il bouge. Il avait fini depuis dix minutes, et avait encore dix à attendre. Automatiquement, ses pensées dérivèrent vers Neeve. Elle l'avait évité tout hier. En fait elle avait évité tout le monde. Il n'arrivait pas à savoir s'il avait pitié d'elle ou s'il la détestait. Sûrement les deux à la fois. Il décida d'aller lui parler ce soir. Se sentant mieux avec sa conscience, il relut encore une fois sa copie et put enfin sortir prendre un grand bol d'air frais. L'après-midi fut consacré aux sciences sociales. Il était certain d'avoir une bonne note en histoire, n'était pas très sûr de quelques points pour sa carte d'Eurasie. Tous ces pays près de la Russie en « –stan » ! Mais il était confiant pour ses questions d'économie. Il voulait voir la tête du prof quand ce dernier verrait qu'il devait lui mettre une bonne note.

L'entraînement avait été suspendu pour les examens et les vacances de Noël. Mais Kitazume avait annoncé un décrassement pour la rentrée… et avait suggéré que ceux qui pouvaient s'entraînent. En gros, c'était plus que conseillé, à moins de vouloir cracher ses poumons le 5 janvier.

Kojirô rentra chez lui directement. Comme il s'y attendait, Neeve n'était pas encore là. Il s'installa à son bureau pour réviser son anglais et sa biologie, examens prévus le lendemain, en laissant la porte entrouverte pour attraper Neeve quand elle arriverait. Mais plongé dans ses bouquins, il n'entendit rien. Il releva la tête, le cou un peu ankylosé et remarqua qu'il était déjà presque 18 heures. Elle aurait dû être là. Sa chambre semblait vide, et il entendait un ballon rebondir dehors. Elle devait faire du basket. Il décida de la laisser se…défouler en paix. Maintenant elle allait lui en vouloir pour être privée de sortie. Pourquoi est-ce que les parents s'en étaient mêlés ? Ils n'avaient fait que rajouter de l'huile sur le feu. Il retourna son schéma du cœur humain en se demandant s'il pouvait y avoir une matière plus dégoûtante que la biologie.

Une heure plus tard, elle était toujours dehors. Il sortir sur la terrasse par la porte d'en haut et s'accouda sur la rambarde pour la regarder. Neeve était concentrée et ne le vit pas. Elle était en sueur et toute échevelée. Elle commença à dribbler, partit à droite. Après trois pas elle s'arrêta pour mimer une défense de balle en dribblant et répétant sa feinte pivot sur le pied, repartit à gauche sur trois pas, et recommença le manège. Encore et encore.

- « Arrête un peu, tu vas te faire un claquage. » ne put s'empêcher de commenter Kojirô depuis le toit. Neeve sursauta et laissa échapper le ballon qui roula vers la rue. Elle courut après et revint lentement. Enfin, elle leva la tête pour le regarder. Ils ouvrirent la bouche en même temps, mais Shouta trouva ce moment pour rentrer du travail.
- « Qu'est-ce que tu fais dehors à cette heure ? » demanda-t-il sèchement à Neeve en sortant de voiture. « Tu ne penses pas que tu as mieux à faire ? Comme étudier ? Ce n'est pas avec tes notes que tu vas arriver à aller à l'université ! » Neeve ne dit rien et se contenta de faire demi-tour vers la maison.« Et pour la dernière fois, mets un pull ! »
Il ne lâcha pas Neeve d'une semelle. A table, il l'interrogea en détails sur les sujets d'examens et demanda à voir les questions. Quand elle finit par lui avouer qu'elle n'avait pas su répondre à tel ou tel exercice de maths, il explosa.
- « Mais je t'ai expliqué ce problème des dizaines de fois ! » tonna-t-il. « Tu y mets de la mauvaise volonté ! Monte bosser pour demain ! »

Et Neeve s'enferma dans sa chambre pour le reste de la soirée, coupant toute possibilité à Kojirô de venir lui parler. Ce dernier était indigné par la réaction de Shouta. Il ne semblait pas être un père si difficile à vivre, avant. En tout cas, il prit bonne note de ne pas contrarier Shouta… ou de faire en sorte qu'il ne le sache pas… Parce qu'il ne supporterait pas se faire traiter comme ça et cela finirait mal. TRES mal. C'est sûrement comme ça que Neeve était devenue si insupportablement double jeu. La face de l'ange pour son père, et la face de démon dans son dos…

Enfin ! Enfin les vacances ! Et pour la première fois de presque sa vie, il allait avoir des vacances dignes de ce nom. Plus besoin de travailler jusqu'à l'épuisement, pour profiter de tous les emplois saisonniers et pouvoir offrir un repas de Noël ou des cadeaux. Il pourrait presque faire la grasse matinée ! Hier, il avait passé ses examens d'anglais – qu'il avait raté, mais peut-être un peu moins que d'habitude – et de biologie. Il avait fini avec la physique chimie et maths en une matinée marathon. Epuisés, les trois K prenaient un pot dans un café près du lycée avec leur classe pour célébrer la fin des cours. Kazuki était très occupé à dire au revoir à sa copine Miki, qui allait être séparée de lui pour DIX jours ENTIERS !! Ken avait été pris d'assaut par deux filles avant de pouvoir se libérer et rejoindre Kojirô qui buvait son cappuccino tranquillement dans son coin.
- « Pfff, quelle galère. »
- « C'est toi qui cherches une copine. »
- « N'en rajoute pas. Est-ce que tu viens ce soir ? »
- « Ce soir ? »
- « Le pot des sportifs ? Ce soir à 18h, dans le gymnase. En gros, on prend les mêmes que pour le camp d'été et on recommence. Enfin, la soirée barbecue, pas l'entraînement. »
- « Oui, ça me dit quelque chose. » Kojirô était sûr que quelqu'un avait mentionné la soirée avant mais impossible de se rappeler qui. « Bof, cela ne me dit pas trop… »
- « Allez, tu as besoin de décompresser. »
- « Pff, je verrai. » grommela Kojirô.
- « Tu as parlé à Neeve ? »
- « Non, son père est encore sur son dos. »
- « La pauvre. »
- « Que dalle, elle l'a mérité. »
- « Peut-être, mais son truc de Noël, c'est ce soir non ? »
- « Oui. »
- « Une autre bonne raison pour ne pas que tu traînes dans le coin. Viens ce soir et laisse-la tranquille. »
- « Tu as peut-être raison… »
- « J'ai toujours raison ! »
- « Bon, je dois rentrer, j'ai promis aux crapauds de les emmener faire leurs courses de Noël. »
- « Et je suis sur que tu dois faire les tiennes. »
- « Bah oui.»
- « Tu vas lui acheter quelque chose ? »
- « A qui ? »
- « Jennifer Lopez ! Neeve crétin ! »
- « Faut bien, non ? »
- « Qu'est-ce que tu vas lui prendre ? »
- « Je ne sais pas… Un bâillon ? »
Kojirô emmena ses crapauds préférés au centre commercial pour qu'ils achètent tous les quatre un cadeau pour leur mère et Shouta. A quatre, ils pouvaient acheter de plus beaux cadeaux. Ils choisirent une boite en laque pour Keiko qui en faisait collection, et trois livres policiers pour Shouta. C'est Natsuko qui avait eu l'idée de lui demander innocemment ce qu'il aimait lire. Puis elle se sépara du groupe pour faire ses achats pour ses frères. Les garçons restèrent entre eux pour lui faire son cadeau. Elle revint et Kojirô s'éclipsa, pour les laisser acheter son cadeau, pendant qu'il achetait les leurs. Mamoru et Takeru savaient déjà ce que l'autre voulait et achetèrent leurs « cadeaux » en pleine vue. C'était un soulagement que Takeru ait cessé de croire au Père Noël l'an dernier, parce que cela compliquait les choses. Mais Kojirô trouvait que c'était toujours aussi stupide de devoir dépenser de l'argent pour des cadeaux de Noël. Mince, Noël n'était même pas une fête japonaise !!!

Neeve avait un conseil de classe ce soir et Kojirô monta se préparer pour pouvoir être parti avant qu'elle ne revienne. Il redescendait, quand sa mère l'appela :
- « Kojirô, je suis à court de sauce soja. Est-ce que tu peux passer à l'épicerie du coin pour m'acheter une bouteille s'il te plait ? »
- « Bien sûr. »
Comme d'habitude, il coupa par les petites rues. Il connaissait le quartier comme sa poche maintenant. Il revenait par le même chemin quand, alors qu'il allait tourner le coin de la rue qui donnait derrière chez lui, il vit quelque chose qui l'arrêta net. Un scooter noir venait de s'arrêter. Le fameux scooter noir. Neeve descendait de la place arrière et tendait son casque au conducteur. Celui-ci démonta et enleva son casque à son tour. Kojirô avait deviné juste, il s'agissait bien d'un garçon. De là où il était, Kojirô ne pouvait voir que des cheveux mi-longs qui encadraient un visage fin.
- « Et voilà Princesse, tu es chez toi ! »
- « Merci Shun, tu me sauves la vie. Mon père m'aurait étripé si… » Neeve ne put finir sa phrase parce que le dit Shun l'avait attrapé par la taille et l'embrassait à pleine bouche. Kojirô soupira et s'adossa au mur. Il n'avait pas envie de débarquer en plein milieu de ça !
- « Shun… » supplia Neeve. « Shun, je dois y aller… »
- « Mais tu es chez toi… »
- « Tu sais ce que je veux dire. » Mais Shun ne desserra pas son étreinte sur sa taille et l'embrassa à nouveau. Neeve se laissa faire. Kojirô commençait à perdre patience.
- « Et si tu faisais le mur ce soir ? Je peux venir t'attendre ici vers les sept heures, et tu te prépares chez moi. »
- «Et mon père ? »
- « Tu n'as qu'à dire que tu ne sens pas bien. Il pensera que tu fais la gueule. »
- « Je fais la gueule. »
- « Et tu sors en douce. » Shun ignora totalement Neeve.
- « Il va monter vérifier. »
- « Pff, qu'est-ce que tu peux être conne des fois. » sortit Shun. Kojirô détesta ce ton supérieur. « Mets des vêtements sous les couvertures pour que cela ressemble à un corps. »
- « Je ne sais pas trop. Ça semble risqué pour ce soir. »
- « Mais je vais avoir l'air con moi, si je vais au bal tout seul ! » protesta Shun. Pas besoin, tu es déjà con comme ça…
- « … Je sais ! Tu n'as qu'à rester ici ce soir. Je te fais à manger et tout, et puis tu restes après. »
- « Pff, jouer au monopoly avec ton père, merci bien. »
- « C'est mieux que d'aller au bal tout seul, non ? »
- « Qui te dis qui j'irai seul ? » Pardon ?
- « Pardon ? »
- « Ben oui, je n'ai qu'à claquer des doigts et les filles vont se battre pour être avec moi ce soir. » Salaud…
- « Shun, tu ne peux pas… »
- « Je rigole. » Ah ouais ? « Mais j'irai au bal, avec ou sans toi. Après tout, je suis le président des premières années, je dois y faire un tour. »
- « Mais tu pourrais venir après. » reprocha Neeve. Putain, qu'est-ce que tu lui trouves à ce mec ?
- « Hum… moi ce que je voudrais c'est venir… et rester… » roucoula-t-il en s'asseyant en travers sur le siège du scooter.
- « Shun ? »
- « Si tu es trop chochotte pour faire le mur, moi je n'ai pas de problème pour passer par la fenêtre et te rejoindre… dans ton lit… cette nuit. » suggéra-t-il. Hé oh, ça ne va pas bien dans sa tête. Il rêve !
- « Shun ! » s'indigna Neeve.
- « T'es vraiment chiante ces temps-ci. J'ai l'impression que tu deviens une vraie nonne. »
- « Et puis, je te signale que ce n'est pas comme si j'étais seule dans l'appartement. J'ai des frères et sœurs maintenant. »
- « Tu parles d'une famille. C'est bien à cause de ce gros con qui tu t'es faite grillée ! » Là, trop c'est trop. Tu ne vas pas me baver dessus en toute impunité ! Kojirô se décolla du mur, tourna le coin et descendit la rue à grand pas. Ni elle ni lui ne le virent.
- « Hyûga-san n'est pas un con ! C'est de ma faute si--- » Kojirô se sentit bizarre en entendant Neeve le défendre devant son propre petit copain.
- « Ben, voyons défends-le pendant que tu y es ! Il faudrait savoir dans quel camp tu es. »
- « Shun, tu sais bien que je t'aime mais… »
- « Tu as de drôle de façon de le montrer ! Peut-être que tu préfères passer la soirée avec ce con. »
- « Shun ! »
Shun ne laissa pas Neeve parler. Il l'empoigna brusquement et l'embrassa presque violemment. Neeve apparemment n'aimait pas ça et essaya de se dégager.
- « Shun, arrête ! »
Il l'embrassa de nouveau, bloquant sa tête d'une main, tandis que l'autre se posait sur les fesses de la jeune fille et commençait à la tripoter. Kojirô sentit son sang bouillir. Ne voyait-il pas que Neeve n'aimait pas ça ? Il arriva au moment où la main avait presque remonté la jupe d'uniforme jusqu'aux fesses. Il attrapa cette main alors qu'elle allait se glisser sous le tissu. Il arracha Neeve de l'étreinte en la tirant par l'épaule.
- « Mais, t'es qui toi d'abord ? » protesta Shun en se redressant. Il était juste un tout peu plus petit que Kojirô.
- « Hyûga-san! » s'exclama Neeve.
- « Attends, Hyûga, tu dis? Alors c'est lui le fameux frère ? » répliqua-t-il en toisant Kojirô. Shun agrippa Neeve par l'avant bras et la tira vers lui.
- « Ouais, c'est moi le frère. Le gros con. ».
- « Exactement, tu dégages, tu ne vois pas que tu déranges ? » A son tour, Kojirô prit Neeve par le bras et tira. Mais tira plus fort, et la jeune fille chancela vers lui. Il la passa derrière lui tandis qu'il avançait vers Shun.
- « Hyûga, attends ! » protesta celle-ci
- « C'est toi qui te casses. Et tu ferais mieux de ne pas venir ce soir, si tu vois ce que je veux dire. » dit-il d'une voix menaçante.
- « Pourquoi, tu as l'intention de dormir avec elle ? Pour vérifier bien sûr. » railla Shun d'un air équivoque qui eut raison des dernières onces de patiente et politesse de Kojirô. Il envoya son poing droit directement dans la figure du garçon qui bascula en arrière et renversa son propre scooter. Il avait le nez en sang.
- « SHUUUUUN ! » hurla Neeve en précipitant vers lui. Kojirô l'attrapa par la taille et la tira vers la maison.
- « NON LACHE-MOI ! IL SAIGNE ! » Elle résistait et essayait de s'échapper.
- « TA GUEULE ! » Avec un grognement puissant, il la décolla du sol et la porta presque autant qu'il la traîna. Il poussa la porte d'entrée et la déposa sans ménagement dans le couloir.
- « MAIS DE QUEL DROIT ? TU ES CINGLE !»
- « C'EST ÇA ! C'EST MOI LE PROBLEME ! MAIS QU'EST-CE QUE TU FOUS AVEC UN CON PAREIL !? »
- « JE T'INDERDIS DE TRAINER SHUN DE CON ! TU NE LUI ARRIVES PAS À LA CHEVILLE ! »
Le fait d'être comparé à…ce type… mit Kojirô hors de lui. Malgré lui, sa main droite se leva, prête à lui assener une bonne gifle, histoire de lui remettre les idées en place.
- « MAIS IL TE TRAITE COMME DE LA MERDE ! »
- « BAISSE CETTE MAIN ! »
- « IL TE CONSIDERE COMME UN COUP FACILE ! »
- « JE T'INDERDIS DE ME MENACER ! BAISSE TA MAIN ! »
Les deux adolescents se faisaient face dans les couloirs et se criaient dessus à pleine voix. Alarmée, toute la famille vient voir ce qu'il se passait. Keiko arriva la première et essaya de tirer Neeve à l'écart.
- « Mais ça suffit vous deux ! Qu'est-ce que c'est histoire ? »
Neeve repoussa la main sur son avant bras d'un geste irrité.
- « BAISSE TA MAIN ! TU N'ES QU'UN SALE TYPE VIOLENT ! TU AS DEFIGURE SHUN ! »
- « BIEN FAIT ! J'AURAI DU LUI FAIRE RAVALER SON BULLETIN DE NAISSANCE À CET ENFOIRE ! »
- « CE N'EST PAS UN ENFOIRE ! »

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Elle continuait à le défendre lui ! Et pas un merci pour l'avoir aider alors qu'il la tripotait comme… comme… comme on s'en fout quoi. Il écrasa son poing gauche contre le mur pour éviter de lui dévisser la tête. Il avait complètement oublié qu'il tenait une bouteille de sauce soja et la bouteille en verre éclata sur le choc, en enfonçant des morceaux profondément dans sa chair. Aussitôt le sang se mélangea à la sauce.
- « OH MON DIEU, TU ES MALADE ! » s'égosilla Neeve en tentant de lui prendre le bras pour examiner la blessure.
Extrêmement violement, il la repoussa et elle tomba dans les bras de Keiko. Il sortit de la maison en trombe et disparut au coin de la rue, en ignorant les cris de sa mère.

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Bon, allez je suis gentille, je vous mets la suite très bientôt. Je ne vais pas le laisser tout sanglant tout de même ! Le chapitre 15 sera « Qui vivra verra. » Parce que je n'allais tout de même pas perdre ce beau titre non ? Et puis je suis ½ Corse et ¼ bretonne, donc je m'économise.

En plus, c'est l'anniversaire de ma copine « A » à qui vous devez partiellement cette fic, et totalement les scènes de sexe. Donc bien sur le chapitre prochain verra ma chouchoute à moi rien qu'à moi – ben oui, personne ne l'aime - j'ai nommé Hikari ! C'est Kojirô qui va être content… Non ? Vraiment pas ? Tu ne vas pas te plaindre non plus ?