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Bon, L'anniversaire d'A était hier (Le 03 Décembre – Si vous avez suivi c'est aussi le jour du remariage… Héhéhé j'ai de la suite dans les idées.) Donc voilà, bon anniversaire et régale toi avec ton passage mature !!!!

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Letie a demandé, Letie reçoit ! Voici la suite de la main en sang….

Encore un gros merci à Kiito/Nix qui relit mes chapitres et a l'amabilité de corriger mes fautes.

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Publié : 04 Décembre 2007

Révisé : 28 décembre 2007

Révisé : 28 févr. 08

Chapitre 15 – Qui vivra verra

D'un pas rageur, il déambula dans les rues de Tokyo sans faire attention où il allait. Ses pieds le portèrent machinalement vers le lycée. Il n'était pas encore six heures, donc les bâtiments étaient déserts. Il s'arrêta au milieu de la cour pour reprendre ses esprits. Il regarda sa paume pour la première fois. Il grimaça de douleur. Il alla la passer sous l'eau pour évaluer les dégâts.
- « Kojiiiiroooo ! » glapit une voix derrière lui. « Tu es venu ! Et en avance !!! »
- « Tanda, pas maintenant ! » coupa-t-il sèchement.
- « Mais qu'est-ce que tu as fait à ta main ! Il faut aller à l'infirmerie ! » Elle examina la paume rapidement. « Je ne pense pas qu'il faille des points, mais il faut retirer les bouts de verre. »
- « Elle est fermée depuis ! »
- « Idiot, j'ai la clé. » Elle le prit par son bras doucement et l'entraîna dans un bâtiment.
Le lycée était lugubre, vide de bruit et de lumière. Hikari s'arrêta devant l'infirmerie, ouvrit la porte avec une clé de son trousseau et le poussa vers une chaise près d'une table roulante. Puis elle alluma une forte lampe et l'approcha de la table. Elle déroula un champ stérile sur le dessus.
- « Mets ta main là et ne bouge pas ! » ordonna-t-elle.

Elle posa plusieurs objets sur la table et monta une loupe sur pied. Elle enfila une blouse blanche, se lava soigneusement mains et poignets, puis mit des gants en plastique. Elle s'assit en face de lui et se pencha sur la main de Kojirô. En regardant à travers la loupe et en utilisant une paire de pince très fine, elle enleva les morceaux de verre un à un. Dehors, ils pouvaient entendre de la musique venant du gymnase. La soirée avait commencé. Enfin, une éternité après, elle se redressa.
- « Je les ai tous eus. Serre les dents, tu vas déguster » prévint-elle. Kojirô la regarda d'un air un peu vide. « Je vais désinfecter. »
En effet, la blessure se mit à brûler et bien que Hikari ne fasse que tamponner, la moindre pression était insupportable. Il serra les dents et dut mordre son autre poing pour ne pas crier.
- « C'est bientôt fini. » rassura Hikari sans lever les yeux. « Voilà ! » Elle enleva ses gants, les jeta dans une poubelle proche et en enfila une paire propre pour lui envelopper la main dans de la gaze. Elle se leva, enleva encore une fois ses gants et elle alla fouiller dans un cabinet en vitre. Kojirô essayait de retrouver son souffle.
- « Voilà une tablette d'antibiotiques génériques. Tu en prends un maintenant. Deux par jour pendant trois jours matin et soir pendant les repas, mais si cela tire ou brûle ou autre, c'est direct l'hosto. Une boîte d'anti-douleur. Tu en prends un aussi. Pas plus de quatre par jour, avec un grand verre d'eau. Des compresses et des bandes de gazes. Une bouteille de désinfectant. Tu refais le pansement deux à trois fois par jour. Va voir un docteur dans trois jours pour voir si tout va bien. Tu as bien choisi ton jour toi ! Avec Noël et tout. Pas de sport bien sûr. Et tu ne mouilles pas ta main. » Elle déposa le tout devant lui dans un sac plastique, avec deux pilules et un verre d'eau.
- « Bien docteur. » Il avala le tout.
- « Ne te moque pas ou je te fais une piqûre. » menaça Hikari. Elle sortit un appareil à tension.
- « Pourquoi veux-tu prendre ma tension ? »
- « Pour vérifier que tu ne vas pas t'évanouir. »
- «Tu es calée en médecine. »
- « Je te rappelle que je suis en psychologie. Je dois suivre des cours de médecine générale. C'est bien pour ça que j'ai la clé de l'infirmerie d'ailleurs. J'aide de temps à autre. »
- « Je vois. »
Hikari gonfla la machine et consulta le cadran.
- « M'ouais, pas terrible. Tu vas me manger cette cochonnerie en pur sucre. Et pas de fête pour toi ce soir. Direct au lit. »
- « Mais… mais… »
- « Ordre de l'infirmière ! » répliqua-t-elle en lui fourrant une barre dans la main droite. Elle enleva sa blouse. Le silence retomba pendant qu'il mâchouillait sa barre. Elle avait raison, ce truc était si sucré que c'en était écoeurant.
- « Sinon, tu vas bien ? » demanda Hikari en nettoyant les instruments et en rangeant l'infirmerie. Elle passait et repassait devant Kojirô qui nota qu'elle était vêtue d'un pantalon moulant mi-court.
- « Tu devrais aller à la fête » suggéra-t-il.
- « Je dois fermer d'abord. Et réponds à ma question. »
- « Pourquoi faire ? »
- « Pour vider ton sac. »
- « Qu'est-ce qui tu fais dire que… »
- « Pour la dernière fois, je suis en psycho. Tu es d'ailleurs un sujet facile à cerner, on lit en toi comme dans un livre ouvert. C'est mignon. »
Kojirô commençait à ressentir un grand coup de fatigue. Il était épuisé par cette journée.
- « Je viens de me planter en anglais. » débuta-t-il.
- « Ne touche pas ! » coupa Hikari en voyant qu'il avait instinctivement entrepris de se gratter à travers le bandage.

Sans savoir pourquoi, il lui raconta tout. Shouta, le remariage, Neeve avec son caractère de peste, l'histoire du top, et Shun. Elle ne dit rien, mais le regardait tout le temps assise sur le bureau.
- « Ouais, c'est un sacré numéro celle-là. Mais je pense qu'elle a réagit sur le coup. Elle ne pense pas ce qu'elle a dit. Elle est juste stupidement amoureuse. »
- « Stupidement amoureuse ? » répéta-t-il étonné par la phrase.
Hikari se leva, passa derrière lui et commença à lui masser les épaules. Elle était assez douée, et Kojirô glissa un peu sur la chaise, commençant à se décontracter.
- « Le sentiment amoureux est très bizarre. Médicalement, il s'explique par réaction chimique entre les hormones. Si le mâle trouve une femelle presque prête se reproduire, il va émettre des hormones qui va entraîner chez elle la production d'autres hormones pour stimuler le besoin d'être fécondée. Elle va chercher un mâle et s'accoupler. Et vice-versa. Il n'y a que les humains qui s'embêtent avec ses histoires de ''je t'aime moi non plus''. C'est tout le rituel de séduction qui a évolué avec l'espèce. Nous avons inventé ce concept de sentiment pour excuser notre comportement bestial. »
- « On sent l'experte… »
- « D'un point de vue psychologique, c'est fascinant de voir comment le cerveau de filles intelligentes se voit battu par des hormones. En temps normal, la fille trouverait le mec abject, mais soudainement c'est Apollon descendu du ciel. » La jeune femme lui parlait doucement à l'oreille. Ses mains caressaient maintenant.
- « Ah ! » Kojirô eut un rire court.
- « Moi, je ne me cache derrière ce mot de ''sentiment''.» Ses mains glissèrent le long de son torse et Hikari se pencha sur Kojirô. « Je vois un homme qui me plaît, je sens mon corps réagir et j'écoute son besoin. Pourquoi devrais-je avoir honte de ce dont a besoin mon corps ? C'est juste naturel. Alors j'ai une relation. C'est aussi simple que ça… » Elle lui parlait doucement en un souffle à l'oreille.
- « Aussi simple que ça… » Kojirô sa tête s'alourdir. L'anti-douleur venait de prendre effet.
- « Tout le monde me traite de traînée, à coucher à droite et à gauche. Mais je n'ai jamais contraint personne moi. » Le souffle glissa sur le cou du jeune homme.
- « Mais tout de même, avoue que ce n'est pas très régulier comme attitude. » protesta Kojirô.
- « Hypocrite ! » accusa Hikari. « Dis-moi que tu n'as pas senti ça, quand nous étions tous les deux. Avoue que toi aussi tu as senti cette envie au fond de toi… » Cette fois elle embrassa son cou et remonta vers son lobe d'oreille qu'elle titilla de la langue. « Dis-moi que tu n'es pas frustré là maintenant, et que tu n'adorais pas me faire l'amour là maintenant. » Les lèvres se posèrent sur le coin de la bouche du jeune homme.

Il devait reconnaître qu'il était à bout. Et Hikari l'avait assez aguiché avec ses caresses et ses baisers pour avoir déjà une semi-érection. Toujours penchée sur lui, elle lui renversa la tête en arrière et l'embrassa. Sa langue se mit à explorer doucement ses lèvres et à jouer avec le bout de sa langue. Il soupira et déglutit difficilement.
- « Viens. » Hikari lui tendit la main et il se leva. Il la suivit sur le lit de l'infirmerie où elle le força à s'allonger. « Je t'avais dit d'aller te coucher ! » plaisanta-t-elle. Puis elle se mit à califourchon sur lui et s'inclina pour l'embrasser de nouveau. Elle défit les boutons de sa chemise et entreprit de lui caresser le torse. Ses baisers descendirent sur la gorge, sa pomme d'Adam qu'elle suçota un instant, son coup, son torse, ses seins. Elle donna un rapide coup de langue sur un mamelon qui se dressa immédiatement. Elle commença à le mordiller, tandis qu'elle jouait avec l'autre téton d'une main. Son autre main défaisait la ceinture et les boutons du jeans. Elle s'arrêta et se contorsionna pour lui enlever le pantalon tout en restant sur lui. Kojirô était resté immobile sous ses attouchements. Sa main gauche était lourde et pulsait un peu. Il avait fermé les yeux et se laissait aller, appréciant chaque geste. Quand elle lui enleva son caleçon, c'est à peine s'il ouvrit les yeux. Elle le prit dans sa bouche, mais le mouvement n'avait rien à voir avec celui qu'elle avait eu lors du camp d'été. Elle laissait sa langue glisser le long de son membre puis le suça doucement, en avalant petit à petit la longueur de son sexe maintenant en pleine érection. Elle continua ce mouvement lent et Kojirô lui attrapa les cheveux, à la fois caressant et agrippant quand le plaisir courait son corps. Au bout d'un moment, elle ôta son pantalon et sa culotte et se mit au-dessus de lui. Elle prit sa virilité d'une main décidée et déroula un préservatif. Puis elle descendit sur lui très lentement, centimètre par centimètres, s'arrêtant à chaque fois pour contracter ses muscles. Lorsqu'il fut intérieurement en elle, il crut qu'il allait jouir tellement le tout était insoutenablement bon. Mais elle ne bougeait plus. Elle se pencha sur lui pour l'embrasser encore, cette fois un peu plus passionnément. La main droite de Kojirô s'aventura sous son chemisier et il réussit à défaire son agrafe de soutien-gorge d'une main. Mais il avait plus de mal avec les boutons. Avec un petit rire, elle le fit passer dessus sa tête et enleva son soutien gorge.

Kojirô caressa ses petits seins d'une main experte. A son tour, il joua avec les tétons avant de se redresser sur le lit d'un coup de rein. Il était maintenant à moitié allongé, à moitié assis et son dos reposait sur les nombreux oreillers. Hikari avait été déstabilisée par le mouvement et avait dû se pencher en avant et prendre appui sur ses bras, de deux côtés du corps de Kojirô. Elle avait laissé échapper un petit hoquet de surprise et de plaisir. Le jeune homme serra une fesse de sa main libre et donna un second coup de rein. De nouveau un hoquet. Il recommença mais cette fois plus fort. Le hoquet devint gémissement, mais elle bougea les hanches de façon à ce qu'il soit presque hors d'elle.
- « Tut tut, je t'ai dis de rester tranquille. »

Elle le repoussa sur les oreillers et Kojirô perdit sa poigne sur son postérieur. Elle se redressa et droite comme un « i », le regarda droit dans les yeux. L'infirmerie était plongée dans le noir; la seule lumière venait de la haute fenêtre de l'infirmerie et la lune éclaira sa poitrine nue. Elle était très belle, surtout quand elle se cambra en arrière pour rejeter ses cheveux. Elle se mit à bouger des hanches, d'abord doucement, puis de plus en plus vite. Kojirô était captivé par ces seins qui rebondissaient devant ses yeux. Mais son souffle se fit plus court, haletant et coupé alors qu'elle enserrait son membre en elle. Il était proche de l'orgasme, parce que sa résistance avait été diminuée par la fatigue et l'anti-douleur. Il sentait qu'elle n'était pas prête à jouir. Aussi il se mit à caresser son clitoris qui était là devant lui. Il remarqua qu'elle était entièrement épilée et sa peau blanche faisait un clash frappant avec sa propre peau bronzée et sa toison noire. Il commença par un effleurement qui ne fit presque pas réagir la jeune femme sur lui. Mais alors qu'il approfondissait, tournait et pinçait doucement, elle qui n'avait eu que des petits soupirs jusqu'alors, poussa un cri aspiré. Le cri s'amplifia en un gémissement sensuel, de plus en plus essoufflé. Il sentait les parois de son sexe se contracter de plus en plus vite jusqu'à ce qu'elle s'arrête complètement de bouger et que son sexe soit enserré brusquement. Il jouit avec elle.

Elle retomba sur lui et enfouie son visage dans son cou. Il sentait son cœur battre la chamade contre sa propre poitrine. Lui aussi cherchait son souffle. Enfin elle bougea et le libéra. Elle récupéra le préservatif et le noua avant de le jeter. Elle chancelait un peu et dut se retenir à un meuble parce qu'elle avait les genoux en coton. Elle le regarda en souriant mais ne dit pas un mot.
Ils se rhabillèrent en silence et effacèrent toute preuve de leur présence ici. Hikari récupéra le sac poubelle avec les paires de gants, les compresses pleines de sang et le préservatif. Elle ferma la porte à clé et une fois dans la cour, jeta le sac dans une grande poubelle.
- « Bon, je te vois bientôt. Tiens-moi au courant pour ta main. Je t'ai mis mon numéro dans le sac. » fit Hikari en désignant le sac avec les stocks médicaux qu'elle avait donnés. « Rentre et va te coucher comme le bon garçon que tu es. » Elle se mit sur la pointe de pieds pour l'embrasser sur le coin de la bouche et ébouriffer ses cheveux. Puis elle tourna les talons et disparut vers le gymnase où la fête battait son plein.

Kojirô resta immobile pendant une minute. Venait-elle le traiter comme un gamin de deux ans ? Et est-ce qu'il venait de faire la bêtise monumentale de coucher avec elle encore ? Lui aussi avait les genoux en coton, et soudain l'idée de marcher jusqu'à chez lui parut impossible. Il sortit son portable de la poche de son pantalon. C'était bizarre et suprêmement ennuyeux de voir à quel point il s'était vite habitué à avoir l'engin sur lui tout le temps. Le téléphone était toujours coupé. Il l'avait éteint pour les examens et n'avait pas pensé à le rebrancher. Apparemment, il n'était pas un total esclave des gadgets à bidouilles. D'une main tremblotante, il fit son code de sécurité. L'écran s'alluma et une série de bips lui apprit qu'il avait 6 appels en absence. Il ignora le message et composa un numéro.
- « Allo ? » fit une voix dès la première sonnerie.
- « Maman, c'est moi… » commença-t-il mais il fut coupé par une voix stridente qui lui demandait où il était et s'il était en vie.
- « Kojirô-kun, c'est Shouta. » dit une seconde voix. Il avait prit le combiné des mains de Keiko à moitié hystérique. « Où es-tu ? »
- « Je suis au lycée, mais je ne me sens pas bien. » Il ne mentait pas. Sa tête tournait un peu.
- « Ne bouge pas, je viens te chercher. » répondit calmement Shouta. « L'entrée nord ou est ? »
- « Est. »
Kojirô se dirigea vers le portail et s'appuya sur le mur. Il ne se sentit pas vraiment glisser et ne sentit pas vraiment son corps devenir froid, à être assis par terre en plein décembre. Il remarqua sans réagir une voiture s'arrêter devant lui. Shouta dut descendre et l'aider à monter dans la voiture. Une fois le jeune homme assis en place avant, il lui vérifia le pouls et souleva une paupière. Rassuré de le voir réagir, il rentra à la maison. Heureusement qu'il était plutôt bien conservé pour son âge parce que supporter – non porter ! – un grand ado de seize n'était pas une mince affaire. Aidée de Keiko qu'il rassura d'un mot – « il est sous le choc, à moitié évanoui, mais il va bien » – il le porta dans sa chambre et le coucha. Il le réveilla juste pour le forcer à boire une grande tisane super sucrée et le laissa dormir en paix.

Kojirô dériva dans un sommeil fiévreux pendant toute une journée. Il se réveilla dans une chambre plongée dans le noir, se demandant où il était. Il pensait un instant être revenu dans son ancien appartement. Il essaya de se lever, mais ses jambes refusèrent de le porter et il dut s'y prendre à deux fois pour sortir de sa chambre. Neeve sortait à ce moment de sa chambre.
- « Oh, tu es réveillé. Papa a dit que tu pouvais prendre une douche mais ne te mouille pas la main. Je fais te chercher un sac plastique. »
Elle disparut dans l'escalier et Kojirô alla aux toilettes. Il se sentait vraiment mal. Il ne tenait pas debout. Quand il sortit, Shouta était là, et il fixa un sac poubelle avec de la bande collante sur son bras.
- « Tu as besoin d'aide pour te laver ? » demanda-t-il d'un ton neutre.
Kojirô secoua de la tête et alla s'enfermer dans la salle de bain. Il dut batailler avec les bouteilles et le pommeau de douche mais il arriva à se nettoyer tant bien que mal. Mais il n'avait pas dû bien fermer la porte parce que sa mère entra avec un pyjama propre, une serviette et lui ordonna de s'asseoir sur un tabouret en plastique.
- « Maman !» gémit-il.
- « Assis ». Le ton était définitif. Avec un soupir il s'assit et laissa sa mère lui laver les cheveux et le dos, puis le rincer. La douche lui fit un bien fou. Il avait les idées nettement plus claires après, et trouva la force de repousser sa mère.
- « Maman, je peux me sécher et m'habiller tout seul. Tiens, va changer les draps de mon lit pour moi s'il te plait. »
- « Neeve le fait. » Elle lui suivit très soucieuse sur le bon un mètre et demi qui séparait la salle de bain et sa chambre. En effet, le lit avait été refait et la fenêtre ouverte et fermée pour aérer. Kojirô se coucha avec une grimace. Il se sentait courbaturé. Shouta vint l'examiner. Il avait une trousse de docteur bien pleine.
- « Comment cela se fait que tu sois aussi docteur généraliste ? »
- « Je fais du bénévolat sur mon temps libre. J'ai repris après la pneumonie de Neeve. Je n'aimais pas ne pouvoir pas surveiller sa convalescence. Bien, la fièvre est tombée, ce n'était qu'un coup de fatigue général. Ta tension est un peu basse, mais tu n'as rien mangé depuis hier midi donc… »
Puis il défit le bandage et examina la main.
- « Du travail bien fait. » commenta-t-il. « Est-ce Hikari qui t'as soignée ? »
- « Euh… oui mais… »
- « Elle a laissé son numéro dans le sac. Appelle-la quand tu peux. » Il désinfecta à son tour, faisant monter des larmes aux yeux de Kojirô et lui demanda de serrer le poing. C'était douloureux mais il y arriva. « Arrête maintenant. Il faut que cela cicatrise superficiellement avant que tu commences à faire des exercices. Pour garder la souplesse. »
Keiko arriva avec de quoi nourrir un régiment sur un grand plateau. Elle resta assise sur la chaise de bureau tant qu'il n'avala pas tout jusqu'à la moindre miette. Puis elle veilla à ce qu'il prenne son antibiotique et anti-douleur. Elle l'embrassa sur le front et lui dit de se reposer. Elle sortit de la chambre et éteignit la lumière.

Kojirô resta couché. Il était confortable, avait bien chaud, mais n'arrivait pas à dormir. Il somnolait à moitié à cause de l'anti-douleur quand on frappa à sa porte doucement.
- « Humm… » marmonna-t-il. La porte s'entrouvrit et une personne se glissa dans la chambre en silence. Allongé comme il l'était, il ne pouvait pas voir qui c'était. « Mamoru ? »
- « Non c'est moi. » répondit Neeve.
- « Hum ? » Elle s'assit sur le bord du lit.
- « J'en profite que tu sois malade et tout pour te parler, comme ça tu ne peux pas me frapper ou m'engueuler. » essaya-t-elle de plaisanter mais elle même n'y croyait pas. « Je voulais seulement m'excuser encore pour toute cette histoire. J'apprécie ton euh… souci ?... pour cette histoire de vêtements. Et même si je n'ai pas tout compris, je te remercie pour…euh la dernière fois. Shun… Son nez n'est pas cassé mais enflé comme une patate. C'est dommage pour son look de jeune premier. » Cette fois le rire était sincère et Kojirô sourit dans le noir. « Il a passé la nuit chez lui avec un bloc de glace dans la face au lieu d'aller au bal. » Kojirô sourit encore plus, mais d'un sourire méchant. « Et je suis absolument désolée pour ta main. Je… je ne sais pas quoi dire… je… enfin… merde, t'es trop con ! » s'emporta-t-elle en lui filant une claque sur le bras.
- « Mais euuuh. » protesta Kojirô d'une voix pâteuse.
- « J'ai écopé de la punition d'être ton infirmière pour refaire les bandages. J'ai passé mon diplôme de premier secours, si cela te rassure. »
- « Hum m'en fous… » Il commençait à s'assoupir pour de bon.
- « Ben, donc, voilà. Je voulais te dire ça. »
Elle se pencha sur lui et lui donna une rapide accolade. Et le surpris carrément en l'embrassant furtivement sur la joue. Avant même qu'il n'ait réalisé, elle avait renfermé la porte doucement derrière elle.
- « Elle m'énerve, elle me casse les couilles. » maugréa Kojirô en baillant avant de s'endormir définitivement. Mais elle sentait bon la cerise.

Il se réveilla tard, enfin tard pour lui, le lendemain matin. Il était tout juste dix heures. Il en avait marre d'être allongé, il en avait marre de se sentir comme une loque humaine, il en avait marre de devoir prendre des anti-douleurs qui le rendaient mou et pathétique. Il décida qu'il allait bien, qu'il irait bien et puis d'abord merde. Le cœur rempli de bonnes résolutions, il se leva d'un bond hors du lit. Et ce fut le cœur au bord des lèvres qu'il se précipita dans la salle de bains.
Une bonne douche après… ou plutôt une demi-douche après, parce que se laver d'une main avec l'autre en l'air ce n'est pas facile non plus… il descendit voir ce que sa famille devenait. Il n'y avait que Natsuko qui regardait la télévision.
- « Bonjour ! Tu te sens mieux ? »
- « J'ai faim ! » fit-il en guise de réponse.
- « Shouta-san a dit que cela serait le cas, Maman a laissé un super petit déjeuner pour toi. »
Kojirô se précipita dans la cuisine, entassa ce qu'il pouvait sur le plus grand des plateaux qu'il put trouver et rejoignit sa sœur sur le canapé. Elle lui sourit. Leur mère détestait quand ils mangeaient dans le salon, car ils mettaient des miettes partout.
- « Où est tout le monde ? » demanda-t-il la bouche à moitié pleine tandis que Natsuko lui beurrait ses tartines.
- « Maman fait les courses pour le repas de Noël avec Tak et Mam, Shouta-san a été appelé pour une urgence et Neeve travaille. Ils seront tous de retour pour midi. » Kojirô réalisa soudain qu'aujourd'hui, c'était déjà la veille de Noël.
- « Oh… Quels sont les ragots ? » Natsuko savait toujours tout sur ce qui se passait dans cette maison.
- « Neeve est toujours privée de sortie, mais Shouta-san est beaucoup plus calme depuis que Maman lui a parlé. Il a crié sur Neeve comme sur un poisson pourri toute la soirée de mercredi et elle a beaucoup pleuré. »
- « Oh… Aïe… » Kojirô avait essayé de peler une pomme.
- « Laisse-moi faire. » proposa sa sœur. « Ken et Kazuki sont venus te voir mais tu dormais. En fait tu ronflais. Ils ont qu'ils repasseraient après Noël, mais Kazuki m'a dit de te dire, et je cite ''qu'il est trop con'' fin de citation. Une certaine Hikari t'as envoyé un texto. C'est ta copine, Hikari ? »
- « Mais… Mais tu as lu mes messages ? » s'indigna Kojirô.
- « Il faut bien, sinon comment est-ce que je peux suivre ? » rétorqua-t-elle calmement. « D'ailleurs il faudrait que tu trouves un code PIN un peu plus élaboré. Genre pas ton mois et année de naissance. »
- « Ma sœur est un monstre ! » fit-il faussement affolé. Natsuko lui fit un sourire en coin qui ressemblait à un peu trop au sourire version Neeve à son goût. « Et Neeve a une mauvaise influence sur toi » reprocha-t-il plus sérieusement.
- « Elle a dit que tu allais dire ça. » Natsuko eut un petit rire. « Donc Hikari ? »
- « Hikari n'est pas ma copine. C'est une amie. C'est elle qui m'a soigné. » répondit simplement Kojirô. Natsuko le regarda suspicieusement pendant un instant et eut un reniflement bizarre.
- « Mouais. Le copain de Neeve est venu la voir hier. Et je suis allée à ma boum de Noël et… »
- « Attends, attends, reviens sur le copain. Ce con est venu ICI ? »
- « Pfff, qu'est-ce que cela peut te faire s'il est venu ou pas ? » Cette fois, Natsuko se moquait ouvertement.
- « Natsuko, je lui ai presque cassé le nez ! Bien sûr que ça me fait quelque chose s'il vient chez moi. »
- « Il n'est pas rentré ici. Neeve lui a d'abord claqué la porte au nez, puis comme il faisait le pied de grue devant la porte elle est sortie dehors. Ils se sont disputés et elle a pleuré. » Kojirô ne put dissimuler son grand sourire satisfait. Ce mec avait mauvaise influence sur Neeve qui avait mauvaise influence sur Natsuko. Sans lui, tout le monde se portera mieux.
- « Puis dans l'après-midi, il lui a fait envoyé un bouquet de fleurs grand comme ça ! » reprit Natsuko en ouvrant les bras. « Il était super joli le bouquet. Neeve l'a appelé, mais je n'ai pas entendu ce qu'elle disait… »
- « Et… ? »
- « A mon avis, ils sont toujours ensemble. Je l'ai trouvé mignon moi. »
- « Depuis quand tu t'intéresses aux garçons toi ? »
- « Bah… euh… » La jeune fille rougit.
- « Et quel genre de garçon aimes-tu ? » demanda Kojirô d'une voix qu'il voulait calme. Génial, voilà maintenant qu'elle s'y met. Je vais avoir encore deux fois plus de problèmes !!!!
- « J'aime bien les garçons grands, forts, et drôles. » avoua Natsuko toujours aussi rouge.
- « Hum hum… Et cette fameuse boum de Noël ? »
Kojirô passa le reste de la matinée à discuter des ''amours'' de sa petite sœur. Il se promit de tout faire pour qu'elle ne tourne pas comme Neeve. Il prit note qu'il allait devoir avoir une bonne discussion avec la Miss Satanique quant à l'exemple qu'elle donnait à Natsuko.

- « Mince, mes journaux ! » lâcha-t-il soudainement en se levant si vite qu'il eut un coup de sang à la tête.
- « Fait. »
- « Hein ?? »
- « Neeve et moi et Mam et Tak nous nous sommes payés ta tournée de distribution hier et ce matin. »
- « Merci c'est gentil. »
- « Cela nous a fait une promenade. Et nous avons fait une bataille de boule de neige en rentrant ce matin. »
Ce ne fut qu'à ce moment que Kojirô réalisa qu'il avait neigé. Il regarda par la grande baie vitrée du salon. Le jardin était tout blanc. Il se leva et marcha jusqu'à la porte d'entrée. La neige avait tout recouvert et il ne semblait pas qu'elle allait fondre de sitôt. L'air avait cette petite odeur d'ozone sec, particulière à la neige. Tout était transformé.
- « Nous avons un Noël blanc ! » s'exclama Natsuko ravie. « Cela faisait longtemps ! »
Kojirô s'enveloppa dans son manteau et marcha jusqu'à la rue. Le quartier était tranquille et le tapis blanc n'avait pas été perturbé par des traces de roues. Il batailla avec la porte de la boîte aux lettres, qui avait gelé. Il finit par l'ouvrir avec un coup de poing. La neige et le givre qui recouvraient la boîte tombèrent pour dévoiler la petite inscription, « famille Hase et Hyûga », avec leur noms classés alphabétiquement.
Famille Hase et Hyûga. Au singulier. Bizarrement cela le choqua plus que tout ce qui s'était passé avant. Plus que la cérémonie de mariage, plus que le déménagement. Ils étaient une famille. Et sans qu'il puisse expliquer pourquoi, cette idée projetait sur Neeve une nouvelle lumière. Elle faisait partie de sa famille. Ce n'était plus quelqu'un dont il devait tolérer la présence, un peu comme un invité encombrant. Ce n'était plus la voisine de la chambre d'à côté dont les habitudes de vie n'étaient que prétexte pour râler. Elle faisait partie de sa vie.

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