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Bon, L'anniversaire d'A était hier (Le 03 Décembre – Si vous avez suivi c'est aussi le jour du remariage… Héhéhé j'ai de la suite dans les idées.) Donc voilà, bon anniversaire et régale toi avec ton passage mature !!!!
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Letie a demandé, Letie reçoit ! Voici la suite de la main en sang….
Encore un gros merci à Kiito/Nix qui relit mes chapitres et a l'amabilité de corriger mes fautes.
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Publié : 04 Décembre 2007
Révisé : 28 décembre 2007
Révisé : 28 févr. 08
Chapitre 15 – Qui vivra verra
D'un pas
rageur, il déambula dans les rues de Tokyo sans faire
attention où il allait. Ses pieds le portèrent
machinalement vers le lycée. Il n'était pas encore
six heures, donc les bâtiments étaient déserts.
Il s'arrêta au milieu de la cour pour reprendre ses esprits.
Il regarda sa paume pour la première fois. Il grimaça
de douleur. Il alla la passer sous l'eau pour évaluer les
dégâts.
-
« Kojiiiiroooo ! » glapit une voix
derrière lui. « Tu es venu ! Et en
avance !!! »
- « Tanda,
pas maintenant ! » coupa-t-il sèchement.
- «
Mais qu'est-ce que tu as fait à ta main ! Il faut aller
à l'infirmerie ! » Elle examina la paume
rapidement. « Je ne pense pas qu'il faille des points,
mais il faut retirer les bouts de verre. »
- « Elle
est fermée depuis ! »
- « Idiot,
j'ai la clé. » Elle le prit par son bras
doucement et l'entraîna dans un bâtiment.
Le lycée
était lugubre, vide de bruit et de lumière. Hikari
s'arrêta devant l'infirmerie, ouvrit la porte avec une clé
de son trousseau et le poussa vers une chaise près d'une
table roulante. Puis elle alluma une forte lampe et l'approcha de
la table. Elle déroula un champ stérile sur le dessus.
- « Mets
ta main là et ne bouge pas ! » ordonna-t-elle.
Elle posa
plusieurs objets sur la table et monta une loupe sur pied. Elle
enfila une blouse blanche, se lava soigneusement mains et poignets,
puis mit des gants en plastique. Elle s'assit en face de lui et se
pencha sur la main de Kojirô. En regardant à travers la
loupe et en utilisant une paire de pince très fine, elle
enleva les morceaux de verre un à un. Dehors, ils pouvaient
entendre de la musique venant du gymnase. La soirée avait
commencé. Enfin, une éternité après, elle
se redressa.
- «
Je les ai tous eus. Serre les dents, tu vas déguster »
prévint-elle. Kojirô la regarda d'un air un peu vide.
« Je vais désinfecter. »
En effet,
la blessure se mit à brûler et bien que Hikari ne fasse
que tamponner, la moindre pression était insupportable. Il
serra les dents et dut mordre son autre poing pour ne pas crier.
- « C'est
bientôt fini. » rassura Hikari sans lever les yeux.
« Voilà ! » Elle enleva ses gants,
les jeta dans une poubelle proche et en enfila une paire propre pour
lui envelopper la main dans de la gaze. Elle se leva, enleva encore
une fois ses gants et elle alla fouiller dans un cabinet en vitre.
Kojirô essayait de retrouver son souffle.
- « Voilà
une tablette d'antibiotiques génériques. Tu en prends
un maintenant. Deux par jour pendant trois jours matin et soir
pendant les repas, mais si cela tire ou brûle ou autre, c'est
direct l'hosto. Une boîte d'anti-douleur. Tu en prends un
aussi. Pas plus de quatre par jour, avec un grand verre d'eau. Des
compresses et des bandes de gazes. Une bouteille de désinfectant.
Tu refais le pansement deux à trois fois par jour. Va voir un
docteur dans trois jours pour voir si tout va bien. Tu as bien choisi
ton jour toi ! Avec Noël et tout. Pas de sport bien sûr.
Et tu ne mouilles pas ta main. » Elle déposa le
tout devant lui dans un sac plastique, avec deux pilules et un verre
d'eau.
- « Bien
docteur. » Il avala le tout.
- « Ne
te moque pas ou je te fais une piqûre. » menaça
Hikari. Elle sortit un appareil à tension.
-
« Pourquoi veux-tu prendre ma tension ? »
- « Pour
vérifier que tu ne vas pas t'évanouir. »
- «Tu
es calée en médecine. »
- « Je
te rappelle que je suis en psychologie. Je dois suivre des cours de
médecine générale. C'est bien pour ça
que j'ai la clé de l'infirmerie d'ailleurs. J'aide de
temps à autre. »
- « Je
vois. »
Hikari
gonfla la machine et consulta le cadran.
-
« M'ouais, pas terrible. Tu vas me manger cette
cochonnerie en pur sucre. Et pas de fête pour toi ce soir.
Direct au lit. »
- « Mais…
mais… »
- « Ordre
de l'infirmière ! » répliqua-t-elle
en lui fourrant une barre dans la main droite. Elle enleva sa blouse.
Le silence retomba pendant qu'il mâchouillait sa barre. Elle
avait raison, ce truc était si sucré que c'en était
écoeurant.
- « Sinon,
tu vas bien ? » demanda Hikari en nettoyant les
instruments et en rangeant l'infirmerie. Elle passait et repassait
devant Kojirô qui nota qu'elle était vêtue d'un
pantalon moulant mi-court.
- « Tu
devrais aller à la fête » suggéra-t-il.
- « Je
dois fermer d'abord. Et réponds à ma question. »
-
« Pourquoi faire ? »
- « Pour
vider ton sac. »
-
« Qu'est-ce qui tu fais dire que… »
- « Pour
la dernière fois, je suis en psycho. Tu es d'ailleurs
un sujet facile à cerner, on lit en toi comme dans un livre
ouvert. C'est mignon. »
Kojirô
commençait à ressentir un grand coup de fatigue. Il
était épuisé par cette journée.
- « Je
viens de me planter en anglais. » débuta-t-il.
- « Ne
touche pas ! » coupa Hikari en voyant qu'il avait
instinctivement entrepris de se gratter à travers le bandage.
Sans
savoir pourquoi, il lui raconta tout. Shouta, le remariage, Neeve
avec son caractère de peste, l'histoire du top, et Shun.
Elle ne dit rien, mais le regardait tout le temps assise sur le
bureau.
- « Ouais,
c'est un sacré numéro celle-là. Mais je pense
qu'elle a réagit sur le coup. Elle ne pense pas ce qu'elle
a dit. Elle est juste stupidement amoureuse. »
-
« Stupidement amoureuse ? » répéta-t-il
étonné par la phrase.
Hikari se
leva, passa derrière lui et commença à lui
masser les épaules. Elle était assez douée, et
Kojirô glissa un peu sur la chaise, commençant à
se décontracter.
- « Le
sentiment amoureux est très bizarre. Médicalement, il
s'explique par réaction chimique entre les hormones. Si le
mâle trouve une femelle presque prête se reproduire, il
va émettre des hormones qui va entraîner chez elle la
production d'autres hormones pour stimuler le besoin d'être
fécondée. Elle va chercher un mâle et
s'accoupler. Et vice-versa. Il n'y a que les humains qui
s'embêtent avec ses histoires de ''je t'aime moi non
plus''. C'est tout le rituel de séduction qui a évolué
avec l'espèce. Nous avons inventé ce concept de
sentiment pour excuser notre comportement bestial. »
- « On
sent l'experte… »
- «
D'un point de vue psychologique, c'est fascinant de voir comment
le cerveau de filles intelligentes se voit battu par des hormones. En
temps normal, la fille trouverait le mec abject, mais soudainement
c'est Apollon descendu du ciel. » La jeune femme lui
parlait doucement à l'oreille. Ses mains caressaient
maintenant.
- « Ah ! »
Kojirô eut un rire court.
- « Moi,
je ne me cache derrière ce mot de ''sentiment''.»
Ses mains glissèrent le long de son torse et Hikari se pencha
sur Kojirô. « Je vois un homme qui me plaît,
je sens mon corps réagir et j'écoute son besoin.
Pourquoi devrais-je avoir honte de ce dont a besoin mon corps ?
C'est juste naturel. Alors j'ai une relation. C'est aussi
simple que ça… » Elle lui parlait doucement en un
souffle à l'oreille.
- « Aussi
simple que ça… » Kojirô sa tête
s'alourdir. L'anti-douleur venait de prendre effet.
- « Tout
le monde me traite de traînée, à coucher à
droite et à gauche. Mais je n'ai jamais contraint personne
moi. » Le souffle glissa sur le cou du jeune homme.
- « Mais
tout de même, avoue que ce n'est pas très régulier
comme attitude. » protesta Kojirô.
-
« Hypocrite ! » accusa Hikari. « Dis-moi
que tu n'as pas senti ça, quand nous étions tous les
deux. Avoue que toi aussi tu as senti cette envie au fond de toi… »
Cette fois elle embrassa son cou et remonta vers son lobe d'oreille
qu'elle titilla de la langue. « Dis-moi que tu n'es
pas frustré là maintenant, et que tu n'adorais pas me
faire l'amour là maintenant. » Les lèvres
se posèrent sur le coin de la bouche du jeune homme.
Il devait
reconnaître qu'il était à bout. Et Hikari
l'avait assez aguiché avec ses caresses et ses baisers pour
avoir déjà une semi-érection. Toujours penchée
sur lui, elle lui renversa la tête en arrière et
l'embrassa. Sa langue se mit à explorer doucement ses lèvres
et à jouer avec le bout de sa langue. Il soupira et déglutit
difficilement.
-
« Viens. » Hikari lui tendit la main et il se
leva. Il la suivit sur le lit de l'infirmerie où elle le
força à s'allonger. « Je t'avais dit
d'aller te coucher ! » plaisanta-t-elle. Puis elle
se mit à califourchon sur lui et s'inclina pour l'embrasser
de nouveau. Elle défit les boutons de sa chemise et entreprit
de lui caresser le torse. Ses baisers descendirent sur la gorge, sa
pomme d'Adam qu'elle suçota un instant, son coup, son
torse, ses seins. Elle donna un rapide coup de langue sur un mamelon
qui se dressa immédiatement. Elle commença à le
mordiller, tandis qu'elle jouait avec l'autre téton d'une
main. Son autre main défaisait la ceinture et les boutons du
jeans. Elle s'arrêta et se contorsionna pour lui enlever le
pantalon tout en restant sur lui. Kojirô était resté
immobile sous ses attouchements. Sa main gauche était lourde
et pulsait un peu. Il avait fermé les yeux et se laissait
aller, appréciant chaque geste. Quand elle lui enleva son
caleçon, c'est à peine s'il ouvrit les yeux. Elle
le prit dans sa bouche, mais le mouvement n'avait rien à
voir avec celui qu'elle avait eu lors du camp d'été.
Elle laissait sa langue glisser le long de son membre puis le suça
doucement, en avalant petit à petit la longueur de son sexe
maintenant en pleine érection. Elle continua ce mouvement lent
et Kojirô lui attrapa les cheveux, à la fois caressant
et agrippant quand le plaisir courait son corps. Au bout d'un
moment, elle ôta son pantalon et sa culotte et se mit au-dessus
de lui. Elle prit sa virilité d'une main décidée
et déroula un préservatif. Puis elle descendit sur lui
très lentement, centimètre par centimètres,
s'arrêtant à chaque fois pour contracter ses muscles.
Lorsqu'il fut intérieurement en elle, il crut qu'il allait
jouir tellement le tout était insoutenablement bon. Mais elle
ne bougeait plus. Elle se pencha sur lui pour l'embrasser encore,
cette fois un peu plus passionnément. La main droite de Kojirô
s'aventura sous son chemisier et il réussit à défaire
son agrafe de soutien-gorge d'une main. Mais il avait plus de mal
avec les boutons. Avec un petit rire, elle le fit passer dessus sa
tête et enleva son soutien gorge.
Kojirô
caressa ses petits seins d'une main experte. A son tour, il joua
avec les tétons avant de se redresser sur le lit d'un coup
de rein. Il était maintenant à moitié allongé,
à moitié assis et son dos reposait sur les nombreux
oreillers. Hikari avait été déstabilisée
par le mouvement et avait dû se pencher en avant et prendre
appui sur ses bras, de deux côtés du corps de Kojirô.
Elle avait laissé échapper un petit hoquet de surprise
et de plaisir. Le jeune homme serra une fesse de sa main libre et
donna un second coup de rein. De nouveau un hoquet. Il recommença
mais cette fois plus fort. Le hoquet devint gémissement, mais
elle bougea les hanches de façon à ce qu'il soit
presque hors d'elle.
- « Tut
tut, je t'ai dis de rester tranquille. »
Elle le repoussa sur les oreillers et Kojirô perdit sa poigne sur son postérieur. Elle se redressa et droite comme un « i », le regarda droit dans les yeux. L'infirmerie était plongée dans le noir; la seule lumière venait de la haute fenêtre de l'infirmerie et la lune éclaira sa poitrine nue. Elle était très belle, surtout quand elle se cambra en arrière pour rejeter ses cheveux. Elle se mit à bouger des hanches, d'abord doucement, puis de plus en plus vite. Kojirô était captivé par ces seins qui rebondissaient devant ses yeux. Mais son souffle se fit plus court, haletant et coupé alors qu'elle enserrait son membre en elle. Il était proche de l'orgasme, parce que sa résistance avait été diminuée par la fatigue et l'anti-douleur. Il sentait qu'elle n'était pas prête à jouir. Aussi il se mit à caresser son clitoris qui était là devant lui. Il remarqua qu'elle était entièrement épilée et sa peau blanche faisait un clash frappant avec sa propre peau bronzée et sa toison noire. Il commença par un effleurement qui ne fit presque pas réagir la jeune femme sur lui. Mais alors qu'il approfondissait, tournait et pinçait doucement, elle qui n'avait eu que des petits soupirs jusqu'alors, poussa un cri aspiré. Le cri s'amplifia en un gémissement sensuel, de plus en plus essoufflé. Il sentait les parois de son sexe se contracter de plus en plus vite jusqu'à ce qu'elle s'arrête complètement de bouger et que son sexe soit enserré brusquement. Il jouit avec elle.
Elle
retomba sur lui et enfouie son visage dans son cou. Il sentait son
cœur battre la chamade contre sa propre poitrine. Lui aussi
cherchait son souffle. Enfin elle bougea et le libéra. Elle
récupéra le préservatif et le noua avant de le
jeter. Elle chancelait un peu et dut se retenir à un meuble
parce qu'elle avait les genoux en coton. Elle le regarda en
souriant mais ne dit pas un mot.
Ils se
rhabillèrent en silence et effacèrent toute preuve de
leur présence ici. Hikari récupéra le sac
poubelle avec les paires de gants, les compresses pleines de sang et
le préservatif. Elle ferma la porte à clé et une
fois dans la cour, jeta le sac dans une grande poubelle.
- « Bon,
je te vois bientôt. Tiens-moi au courant pour ta main. Je t'ai
mis mon numéro dans le sac. » fit Hikari en
désignant le sac avec les stocks médicaux qu'elle
avait donnés. « Rentre et va te coucher comme le
bon garçon que tu es. » Elle se mit sur la pointe
de pieds pour l'embrasser sur le coin de la bouche et ébouriffer
ses cheveux. Puis elle tourna les talons et disparut vers le gymnase
où la fête battait son plein.
Kojirô
resta immobile pendant une minute. Venait-elle le traiter comme un
gamin de deux ans ? Et est-ce qu'il venait de faire la bêtise
monumentale de coucher avec elle encore ? Lui aussi avait
les genoux en coton, et soudain l'idée de marcher jusqu'à
chez lui parut impossible. Il sortit son portable de la poche de son
pantalon. C'était bizarre et suprêmement ennuyeux de
voir à quel point il s'était vite habitué à
avoir l'engin sur lui tout le temps. Le téléphone
était toujours coupé. Il l'avait éteint pour
les examens et n'avait pas pensé à le rebrancher.
Apparemment, il n'était pas un total esclave des
gadgets à bidouilles. D'une main tremblotante, il fit son
code de sécurité. L'écran s'alluma et une
série de bips lui apprit qu'il avait 6 appels en absence. Il
ignora le message et composa un numéro.
-
« Allo ? » fit une voix dès la
première sonnerie.
- « Maman,
c'est moi… » commença-t-il mais il fut coupé
par une voix stridente qui lui demandait où il était et
s'il était en vie.
-
« Kojirô-kun, c'est Shouta. » dit une
seconde voix. Il avait prit le combiné des mains de Keiko à
moitié hystérique. « Où es-tu ? »
- « Je
suis au lycée, mais je ne me sens pas bien. » Il ne
mentait pas. Sa tête tournait un peu.
- « Ne
bouge pas, je viens te chercher. » répondit
calmement Shouta. « L'entrée nord ou est ? »
- « Est. »
Kojirô
se dirigea vers le portail et s'appuya sur le mur. Il ne se sentit
pas vraiment glisser et ne sentit pas vraiment son corps devenir
froid, à être assis par terre en plein décembre.
Il remarqua sans réagir une voiture s'arrêter devant
lui. Shouta dut descendre et l'aider à monter dans la
voiture. Une fois le jeune homme assis en place avant, il lui vérifia
le pouls et souleva une paupière. Rassuré de le voir
réagir, il rentra à la maison. Heureusement qu'il
était plutôt bien conservé pour son âge
parce que supporter – non porter ! – un grand ado de seize
n'était pas une mince affaire. Aidée de Keiko qu'il
rassura d'un mot – « il est sous le choc, à
moitié évanoui, mais il va bien » – il le
porta dans sa chambre et le coucha. Il le réveilla juste pour
le forcer à boire une grande tisane super sucrée et le
laissa dormir en paix.
Kojirô
dériva dans un sommeil fiévreux pendant toute une
journée. Il se réveilla dans une chambre plongée
dans le noir, se demandant où il était. Il pensait un
instant être revenu dans son ancien appartement. Il essaya de
se lever, mais ses jambes refusèrent de le porter et il dut
s'y prendre à deux fois pour sortir de sa chambre. Neeve
sortait à ce moment de sa chambre.
- « Oh,
tu es réveillé. Papa a dit que tu pouvais prendre une
douche mais ne te mouille pas la main. Je fais te chercher un sac
plastique. »
Elle
disparut dans l'escalier et Kojirô alla aux toilettes. Il se
sentait vraiment mal. Il ne tenait pas debout. Quand il sortit,
Shouta était là, et il fixa un sac poubelle avec de la
bande collante sur son bras.
- « Tu
as besoin d'aide pour te laver ? » demanda-t-il
d'un ton neutre.
Kojirô
secoua de la tête et alla s'enfermer dans la salle de bain.
Il dut batailler avec les bouteilles et le pommeau de douche mais il
arriva à se nettoyer tant bien que mal. Mais il n'avait pas
dû bien fermer la porte parce que sa mère entra avec un
pyjama propre, une serviette et lui ordonna de s'asseoir sur un
tabouret en plastique.
-
« Maman !» gémit-il.
- «
Assis ». Le ton était définitif. Avec un
soupir il s'assit et laissa sa mère lui laver les cheveux et
le dos, puis le rincer. La douche lui fit un bien fou. Il avait les
idées nettement plus claires après, et trouva la force
de repousser sa mère.
- « Maman,
je peux me sécher et m'habiller tout seul. Tiens, va changer
les draps de mon lit pour moi s'il te plait. »
- « Neeve
le fait. » Elle lui suivit très soucieuse sur le
bon un mètre et demi qui séparait la salle de bain et
sa chambre. En effet, le lit avait été refait et la
fenêtre ouverte et fermée pour aérer. Kojirô
se coucha avec une grimace. Il se sentait courbaturé. Shouta
vint l'examiner. Il avait une trousse de docteur bien pleine.
-
« Comment cela se fait que tu sois aussi docteur
généraliste ? »
- « Je
fais du bénévolat sur mon temps libre. J'ai repris
après la pneumonie de Neeve. Je n'aimais pas ne pouvoir pas
surveiller sa convalescence. Bien, la fièvre est tombée,
ce n'était qu'un coup de fatigue général. Ta
tension est un peu basse, mais tu n'as rien mangé depuis
hier midi donc… »
Puis il
défit le bandage et examina la main.
- « Du
travail bien fait. » commenta-t-il. « Est-ce
Hikari qui t'as soignée ? »
- « Euh…
oui mais… »
- « Elle
a laissé son numéro dans le sac. Appelle-la quand tu
peux. » Il désinfecta à son tour, faisant
monter des larmes aux yeux de Kojirô et lui demanda de serrer
le poing. C'était douloureux mais il y arriva. « Arrête
maintenant. Il faut que cela cicatrise superficiellement avant que tu
commences à faire des exercices. Pour garder la souplesse. »
Keiko
arriva avec de quoi nourrir un régiment sur un grand plateau.
Elle resta assise sur la chaise de bureau tant qu'il n'avala pas
tout jusqu'à la moindre miette. Puis elle veilla à ce
qu'il prenne son antibiotique et anti-douleur. Elle l'embrassa
sur le front et lui dit de se reposer. Elle sortit de la chambre et
éteignit la lumière.
Kojirô
resta couché. Il était confortable, avait bien chaud,
mais n'arrivait pas à dormir. Il somnolait à moitié
à cause de l'anti-douleur quand on frappa à sa porte
doucement.
-
« Humm… » marmonna-t-il. La porte
s'entrouvrit et une personne se glissa dans la chambre en silence.
Allongé comme il l'était, il ne pouvait pas voir qui
c'était.
« Mamoru ? »
- « Non
c'est moi. » répondit Neeve.
-
« Hum ? » Elle s'assit sur le bord du
lit.
- « J'en
profite que tu sois malade et tout pour te parler, comme ça tu
ne peux pas me frapper ou m'engueuler. » essaya-t-elle
de plaisanter mais elle même n'y croyait pas. « Je
voulais seulement m'excuser encore pour toute cette histoire.
J'apprécie ton euh… souci ?... pour cette histoire de
vêtements. Et même si je n'ai pas tout compris, je te
remercie pour…euh la dernière fois. Shun… Son nez n'est
pas cassé mais enflé comme une patate. C'est dommage
pour son look de jeune premier. » Cette fois le rire était
sincère et Kojirô sourit dans le noir. « Il a
passé la nuit chez lui avec un bloc de glace dans la face au
lieu d'aller au bal. » Kojirô sourit encore plus,
mais d'un sourire méchant. « Et je suis
absolument désolée pour ta main. Je… je ne sais pas
quoi dire… je… enfin… merde, t'es trop con ! »
s'emporta-t-elle en lui filant une claque sur le bras.
- « Mais
euuuh. » protesta Kojirô d'une voix pâteuse.
- « J'ai
écopé de la punition d'être ton infirmière
pour refaire les bandages. J'ai passé mon diplôme de
premier secours, si cela te rassure. »
- « Hum
m'en fous… » Il commençait à s'assoupir
pour de bon.
- « Ben,
donc, voilà. Je voulais te dire ça. »
Elle se
pencha sur lui et lui donna une rapide accolade. Et le surpris
carrément en l'embrassant furtivement sur la joue. Avant
même qu'il n'ait réalisé, elle avait renfermé
la porte doucement derrière elle.
- « Elle
m'énerve, elle me casse les couilles. » maugréa
Kojirô en baillant avant de s'endormir définitivement.
Mais elle sentait bon la cerise.
Il se
réveilla tard, enfin tard pour lui, le lendemain matin. Il
était tout juste dix heures. Il en avait marre d'être
allongé, il en avait marre de se sentir comme une loque
humaine, il en avait marre de devoir prendre des anti-douleurs qui le
rendaient mou et pathétique. Il décida qu'il allait
bien, qu'il irait bien et puis d'abord merde. Le cœur rempli de
bonnes résolutions, il se leva d'un bond hors du lit. Et ce
fut le cœur au bord des lèvres qu'il se précipita
dans la salle de bains.
Une bonne
douche après… ou plutôt une demi-douche après,
parce que se laver d'une main avec l'autre en l'air ce n'est
pas facile non plus… il descendit voir ce que sa famille devenait.
Il n'y avait que Natsuko qui regardait la télévision.
-
« Bonjour ! Tu te sens mieux ? »
- « J'ai
faim ! » fit-il en guise de réponse.
- «
Shouta-san a dit que cela serait le cas, Maman a laissé un
super petit déjeuner pour toi. »
Kojirô
se précipita dans la cuisine, entassa ce qu'il pouvait sur
le plus grand des plateaux qu'il put trouver et rejoignit sa sœur
sur le canapé. Elle lui sourit. Leur mère détestait
quand ils mangeaient dans le salon, car ils mettaient des miettes
partout.
- « Où
est tout le monde ? » demanda-t-il la bouche à
moitié pleine tandis que Natsuko lui beurrait ses tartines.
- « Maman
fait les courses pour le repas de Noël avec Tak et Mam,
Shouta-san a été appelé pour une urgence et
Neeve travaille. Ils seront tous de retour pour midi. »
Kojirô réalisa soudain qu'aujourd'hui, c'était
déjà la veille de Noël.
- « Oh…
Quels sont les ragots ? » Natsuko savait toujours
tout sur ce qui se passait dans cette maison.
- « Neeve
est toujours privée de sortie, mais Shouta-san est beaucoup
plus calme depuis que Maman lui a parlé. Il a crié sur
Neeve comme sur un poisson pourri toute la soirée de mercredi
et elle a beaucoup pleuré. »
- « Oh…
Aïe… » Kojirô avait essayé de peler
une pomme.
-
« Laisse-moi faire. » proposa sa sœur. « Ken
et Kazuki sont venus te voir mais tu dormais. En fait tu ronflais.
Ils ont qu'ils repasseraient après Noël, mais Kazuki
m'a dit de te dire, et je cite ''qu'il est trop con'' fin
de citation. Une certaine Hikari t'as envoyé un texto. C'est
ta copine, Hikari ? »
- « Mais…
Mais tu as lu mes messages ? » s'indigna Kojirô.
- « Il
faut bien, sinon comment est-ce que je peux suivre ? »
rétorqua-t-elle calmement. « D'ailleurs il
faudrait que tu trouves un code PIN un peu plus élaboré.
Genre pas ton mois et année de naissance. »
- « Ma
sœur est un monstre ! » fit-il faussement affolé.
Natsuko lui fit un sourire en coin qui ressemblait à un peu
trop au sourire version Neeve à son goût. « Et
Neeve a une mauvaise influence sur toi » reprocha-t-il
plus sérieusement.
- « Elle
a dit que tu allais dire ça. » Natsuko eut un
petit rire. « Donc Hikari ? »
- « Hikari
n'est pas ma copine. C'est une amie. C'est elle qui m'a
soigné. » répondit simplement Kojirô.
Natsuko le regarda suspicieusement pendant un instant et eut un
reniflement bizarre.
-
« Mouais. Le copain de Neeve est venu la voir hier. Et je
suis allée à ma boum de Noël et… »
-
« Attends, attends, reviens sur le copain. Ce con est venu
ICI ? »
- « Pfff,
qu'est-ce que cela peut te faire s'il est venu ou pas ? »
Cette fois, Natsuko se moquait ouvertement.
-
« Natsuko, je lui ai presque cassé le nez !
Bien sûr que ça me fait quelque chose s'il vient chez
moi. »
- « Il
n'est pas rentré ici. Neeve lui a d'abord claqué la
porte au nez, puis comme il faisait le pied de grue devant la porte
elle est sortie dehors. Ils se sont disputés et elle a
pleuré. » Kojirô ne put dissimuler son grand
sourire satisfait. Ce mec avait mauvaise influence sur Neeve qui
avait mauvaise influence sur Natsuko. Sans lui, tout le monde se
portera mieux.
- « Puis
dans l'après-midi, il lui a fait envoyé un bouquet de
fleurs grand comme ça ! » reprit Natsuko en
ouvrant les bras. « Il était super joli le bouquet.
Neeve l'a appelé, mais je n'ai pas entendu ce qu'elle
disait… »
-
« Et… ? »
- « A
mon avis, ils sont toujours ensemble. Je l'ai trouvé mignon
moi. »
- « Depuis
quand tu t'intéresses aux garçons toi ? »
- « Bah…
euh… » La jeune fille rougit.
- « Et
quel genre de garçon aimes-tu ? » demanda
Kojirô d'une voix qu'il voulait calme. Génial,
voilà maintenant qu'elle s'y met. Je vais avoir encore
deux fois plus de problèmes !!!!
- « J'aime
bien les garçons grands, forts, et drôles. »
avoua Natsuko toujours aussi rouge.
- « Hum
hum… Et cette fameuse boum de Noël ? »
Kojirô
passa le reste de la matinée à discuter des ''amours''
de sa petite sœur. Il se promit de tout faire pour qu'elle ne
tourne pas comme Neeve. Il prit note qu'il allait devoir avoir une
bonne discussion avec la Miss Satanique quant à l'exemple
qu'elle donnait à Natsuko.
- « Mince,
mes journaux ! » lâcha-t-il soudainement en se
levant si vite qu'il eut un coup de sang à la tête.
-
« Fait. »
-
« Hein ?? »
- « Neeve
et moi et Mam et Tak nous nous sommes payés ta tournée
de distribution hier et ce matin. »
- « Merci
c'est gentil. »
- « Cela
nous a fait une promenade. Et nous avons fait une bataille de boule
de neige en rentrant ce matin. »
Ce ne fut
qu'à ce moment que Kojirô réalisa qu'il avait
neigé. Il regarda par la grande baie vitrée du salon.
Le jardin était tout blanc. Il se leva et marcha jusqu'à
la porte d'entrée. La neige avait tout recouvert et il ne
semblait pas qu'elle allait fondre de sitôt. L'air avait
cette petite odeur d'ozone sec, particulière à la
neige. Tout était transformé.
- « Nous
avons un Noël blanc ! » s'exclama Natsuko
ravie. « Cela faisait longtemps ! »
Kojirô
s'enveloppa dans son manteau et marcha jusqu'à la rue. Le
quartier était tranquille et le tapis blanc n'avait pas été
perturbé par des traces de roues. Il batailla avec la porte de
la boîte aux lettres, qui avait gelé. Il finit par
l'ouvrir avec un coup de poing. La neige et le givre qui
recouvraient la boîte tombèrent pour dévoiler la
petite inscription, « famille Hase et Hyûga »,
avec leur noms classés alphabétiquement.
Famille
Hase et Hyûga. Au singulier. Bizarrement cela le choqua plus
que tout ce qui s'était passé avant. Plus que la
cérémonie de mariage, plus que le déménagement.
Ils étaient une famille. Et sans qu'il puisse expliquer
pourquoi, cette idée projetait sur Neeve une nouvelle lumière.
Elle faisait partie de sa famille. Ce n'était plus quelqu'un
dont il devait tolérer la présence, un peu comme un
invité encombrant. Ce n'était plus la voisine de la
chambre d'à côté dont les habitudes de vie
n'étaient que prétexte pour râler. Elle faisait
partie de sa vie.
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