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J'ai reçu une review de FicAndRea sur est Asuka sur fancfic-fr). Je suis très contente parce que je suis son histoire. Allez tous lire « L'illusion du Réel » et mettez un commentaire pour lui dire à quel point c'est bien.
Autre chose, Tokikofun, MA Tokokofun-sama, est en panne d'inspiration ou fait sa mauvaise tête, ou les deux à la fois. Bref, elle coince sur sa fanfic mais moi je veux la suite. Allez donc lui mettre un message privé sur fanfic-fr ou un commentaire sur fanfiction pour qu'elle me sorte un chapitre.
Finalement pour répondre à Chacha sur fanfiction ; Oui je pense finir ma fic. J'ai déjà toute l'histoire planifiée, et je pense presque que cela va faire un sacré nombre de chaps. Et oui je publie vite, un ou deux chaps par semaine, et si je vois que je ne peux pas tenir le rythme parce que boulot-famille, je vous tiens au courant dans le dernier chapitre publié.
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Publié : 07 décembre 2007
Révisé : 28 décembre 2007
Révisé : 28 févr. 08
Chap. 17 – Le silence est d'or
Dimanche
se traîna un peu. Kojirô avait besoin de bouger, mais une
tempête de neige les contraignit à rester à
l'intérieur. Du coup, Ken et Kazuki ne purent passer venir
le voir. Il se rabattit sur la notice d'emploi de son lecteur mp3,
et réalisa vite qu'il avait un problème. Comment
allait-il transformer ces CDs en mp3 ?
Neeve le
trouva en plein dilemme lorsqu'elle vint pour changer le pansement
et, à sa surprise lui proposa d'utiliser sa super chaîne
Hi-fi. Il pénétra donc en plein territoire ennemi, sous
l'œil acéré de la jeune fille qui entreprit, un peu
rougissante, de ranger sa chambre. Elle avait installé sa
chaîne sur le meuble derrière la porte, à côté
de son lit. Le meuble était assez haut, atteignant la poitrine
de Kojirô. Il brancha son stick et entreprit de convertir ses
quelques CDs, tout en épiant du coin de l'œil Neeve.
Elle
commença par ramasser le tapis de vêtements qui couvrait
uniformément le sol. Puis elle collecta les livres, CDs et
feuilles de papier qui avaient fini leurs vies, abandonnés ou
perdus, sous le tas de fringues. Enfin, elle rangea le haut de sa
commode qui croulait sous les tubes et parfums. Ce qui rappela Kojirô
à ses devoirs fraternels.
-
« Hase ? »
-
« Hum ? »
- « En
ce qui concerne Natsuko… Je ne suis pas certain que… Enfin le
maquillage… Elle est un peu petite pour ça. »
- « Elle
va avoir treize ans bientôt, et il est temps que tu comprennes
ça. En plus, je lui ai choisi des produits de qualité,
le tout en couleur pastel. »
- « La
qualité n'a rien à voir. »
-
« Qu'est-ce que tu préfères ? Que je
lui montre comment bien se maquiller, tout en discrétion
ou qu'elle expérimente par elle-même, ou encore pire,
qu'elle se mette à suivre les conseils de mode des magazines
et finisse par ressembler à une pétasse ? »
- « Euh… »
- « La
discussion est donc close. »
Ayant
encore perdu l'échange, Kojirô feignit de se
concentrer sur son lecteur mp3. C'est alors qu'il réalisa
que les étagères sous la chaine étaient remplies
à craquer de CDs, mis en doubles rangées.
- « Mince,
tu en as des CDs ! Est-ce que je peux en copier ? »
- «
Vas-y. J'ai aussi des titres directement en mémoire. Fais
'menu' pour voir la liste. »
Neeve
écoutait vraiment tout et n'importe quoi. Principalement du
rock-pop, mais elle avait une collection impressionnante de métal,
house et techno. Beaucoup de R'n'B. Quelques albums de pur pop et
ici et la, du jazz, de la musique classique ou des titres inconnus.
- « Toi,
tu n'aimes ni le rap ni le reggae. » commenta Kojirô.
- « Non,
c'est nul. » conclut fermement Neeve.
Kojirô
continua d'explorer les CDs, et arriva à la dernière
étagère. Des pochettes de photos étaient
entassées sur la série d'albums photo.
-
« Pourquoi as-tu autant d'albums ? Tu ne penses pas
en avoir assez sur tes murs ? » s'étonna
Kojirô.
- « Parce
que les photos, c'est le meilleur moyen de se souvenir. »
-
« D'accord, mais tant que ça ? »
- « Tu
n'as jamais assez de souvenirs. » L'amertume dans la
voix de Neeve était nette. Kojirô se retourna juste à
temps pour voir une grimace d'infinie tristesse sur le visage de
Neeve avant que celle-ci se reprenne et lui dédie un grand
sourire.
- « Bon,
si tu as fini, moi je te lance un défi. »
- « Un
défi ? »
Neeve
embarqua ses frères et sœurs dans un tournoi de Twister, que
Kojirô perdit, n'ayant aucune chance entre des gamins
élastiques comme des singes et une danseuse aguerrie. Puis,
Takeru choisissant le jeu suivant, ils jouèrent aux charades
et aux mimes pour le reste de l'après-midi.
Lundi
matin, Kojirô affronta les bons soixante centimètres de
neige pour faire sa distribution de journaux. Jie Wei le surprit en
étant présent, mais il venait d'une partie nord de la
Chine et traitait cette tempête comme si ce n'était
qu'une petite pluie.
- « Hé,
qui était la superbe poulette qui a couvert pour toi l'autre
jour ? »
- « Ma
sœur. » répondit très froidement Kojirô.Poulette?
- « Mince…
désolé, vieux, mais vous ne vous ressemblez pas
vraiment. »
Ballon aux
pieds, écouteur sur les oreilles, il piétina dans la
neige pendant une bonne heure, avant de rentrer. Il décida de
faire des séries d'abdos et de pompes pour compléter
son parcours. Comme il était tôt et que la maison était
silencieuse, il pensait être le seul debout. Il cala ses pieds
sous le montant de son lit. Mais un coup sur sa porte lui apprit que
quelqu'un était réveillé.
-
« Bonjour, Hyûga-san. C'est l'heure du
pansement. »
- « Hase ?
Qu'est-ce que tu fabriques à être debout si tôt ? »
grommela-t-il en se remettant debout.
- « Hum ?
Je dois aller bosser, mais avec cette neige, les bus vont être
bloqués, alors j'ai prévu le temps pour marcher. »
-
« Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ? »
- « Je
n'avais pas réalisé que tu étais aussi
musclé. »
Kojirô
résista à l'envie de porter ses mains à sa
poitrine nue. Il avait ôté son T-shirt couvert de sueur
pour être plus à l'aise pour faire ses abdos.
- « Tu
as fini tes exercices ? »
- « Non,
pas vraiment. »
- « Dans
ce cas, il faudra que tu demandes à Papa de te refaire le
pansement. Cela ne sert à rien si je le fais maintenant, tu
vas encore suer. »
- « Si
tu le dis… »
Neeve fit
demi-tour, prête à sortir de la chambre, mais s'arrêta,
se ravisa, tourna encore une fois des talons et s'approcha de
Kojirô, qui se méfia un peu de son drôle de
sourire. Mais elle se contenta de poser ses doigts sur son estomac.
-
« Contracte. »
-
« Pardon ? »
-
« Contracte, je te dis. » Elle donna un petit
coup de poing dans son ventre. Toujours aussi soupçonneux, il
s'exécuta et contracta ses abdominaux. Neeve exerça
quelques pressions et eut un sourire satisfait… ??.
Puis elle déplaça ses mains sur ses pectoraux.
-
« Contracte. » répéta-t-elle.
- « Mais
je ne suis pas une bête de foire ! » s'indigna
Kojirô.
-
« Allons, ne fais pas l'enfant. » Avec un
soupir, il fit ce qu'on lui demandait. Elle avait les mains
chaudes. Finalement, elle entoura son biceps gauche des deux mains,
et sans qu'elle le lui demande, il contracta. Elle enfonça
son doigt dans la chair et son sourire bizarre s'élargit.
-
« Contente ? »
- « Assez
oui… »
- « Est-ce
que je dois prendre ça pour un compliment ? »
railla-t-il alors que Neeve lui tournait autour.
- « Je
suppose que tu le prendrais mal si je te mettais la main aux
fesses ? »
-
« Qu'est-ce que tu crois ? » glapit un
tigre outragé jusqu'au tréfonds.
- « Tu
es plutôt bien foutu en fait. Je n'avais jamais remarqué… »
- « Oh
la, tu sembles presque regretter… »
- « Non,
je viens juste de réaliser que j'ai été assez
bête pour essayer de me battre physiquement contre toi. Je n'ai
jamais eu une chance. » Elle lui dédia un dernier
regard tête-pieds-pieds-tête des plus étrange,
avant de sortir de la chambre.
- « Bon
je vais bosser. A ce soir ! »
Kojirô
resta là, planté au milieu de sa chambre. Puis il se
précipita sur son T-shirt. Le regard de Neeve l'avait
transpercé, il avait eu l'impression d'être tout nu
devant elle. Avec un soupir, il retourna à ses abdominaux et à
ses pompes.
Il était
15h tapantes quand la sonnette de la porte d'entrée
retentit. Kojirô, affalé sur le canapé du salon,
releva la tête, étonné. Ken et Kazuki ne devaient
pas arriver avant trente minutes. Il était seul, parce qu'il
avait refusé d'accompagner sa famille au cinéma pour
aller voir « Les Chroniques de Narnia ». Et
puis quoi encore ?
Il déplia
son grand corps et alla ouvrir la porte. C'était Ayame.
-
« Bonjour ! Joyeux Noel ! »
lança-t-elle.
- « Euh,
ouais. Hase n'est pas là. »
- « Je
sais, c'est toi que je viens voir. » Et elle se glissa à
l'intérieur en se faufilant sous son bras. Avec un soupir à
fendre l'âme, il ferma la porte.
-
« Sakamoto, soyons honnêtes, je ne suis pas
intéressé par toi donc… »
- « Oh
vraiment ? » Elle enleva ses bottes et le regarda par
en dessous.
- « Oui. »En fait, je te trouve mignonne et marrante, mais bien trop
aguicheuse et puis Hase m'écorcherait vivant si je venais à
sortir avec toi !
- « Hum,
méchant va ! »
- « Je
suis sérieux. Si tu es venue draguer, tu peux partir. »
- « Pff,
tu es vraiment dur. Et de toute façon, Neeve m'a bien fait
la leçon, je n'ai pas le droit de jouer avec toi. »
- « Jouer
avec moi ? » s'étrangla Kojirô.
- « Sauf
si bien sûr, tu te jettes sur moi en avouant que tu es prêt
à te sacrifier corps et âme pour moi. Enfin, plus corps
que âme, si tu vois ce que je veux dire. »
Kojirô
toussota pour cacher son embarras. Puis, prit d'un doute, il posa
LA question.
-
« Sakamoto, est-ce que tu penses étudier la
psychologie plus tard ? »
- « Euh…
pas vraiment. Je n'y ai pas pensé… Mais maintenant que tu
en parles, oui, pourquoi pas ? »
Oh
joie ! Une Hikari en puissance !
Ayame
avait posé sac et manteau dans le salon et se faisait une
tasse de thé, comme si elle était chez elle. Elle
s'assit sur le canapé et tapota la place à ses côtés.
- « Viens
faire sissitte. Toi et moi allons avoir une graaaande conversation. »
- « Ah
bon ? » Kojirô n'aimait pas la tournure des
événements. Et il n'était pas un chien. Il ne
faisait pas sissitte ! Il s'appuya contre un mur et
croisa les bras.
- « Je
vois. Bon, je vais faire comme si tu étais mignon tout plein.
Donc, ma question… Que s'est-il vraiment passé avec
Shun ? »
Si la
question surprit Kojirô il ne le montra pas.
- « Je
lui ai mis mon poing dans la figure. »
- « Merci,
j'avais compris. » répliqua acidement Ayame.
« Pourquoi ? »
- « Parce
que je ne l'aime pas. »
-
« Pourquoi ? »
- « Parce
que c'est un con. Tu as fini avec tes questions ? »
gronda-t-il.
- « Non.
Pas la peine de te mettre en colère, je veux savoir et je te
ferai cracher le morceau, foi de Sakamoto. » La voix
était menaçante et elle ne plaisantait pas. « Donc
pourquoi ? »
- « Mais
qu'est-ce que tu viens fouiner ? Ce ne sont pas tes
oignons ! ». Cette fois Kojirô était en
colère. L'intimidation ne fonctionnait pas avec lui.
-
« Ecoute-moi bien ! » Ayame réussit
l'exploit de le foudroyer du regard depuis son canapé.
« Neeve est ma meilleure amie et son bonheur est important
pour moi. Donc si tu viens tout casser, cela devient mes
oignons. »
- « Dans
ce cas, dis-lui de quitter cet abruti. »
-
« Pourquoi ? »
- « Mais
tu m'emmerdes à la fin avec tes pourquoi ! »
Ayame
sirota un peu de son thé.
- « Est-ce
que tu savais que je connais Shun depuis presque trois ans ? »
- « Non. »
- « Mais
je sure que tu admettras que trois ans c'est beaucoup. »
- « Et
alors ? »
- « Arrête
de crier. Est-ce que tu connais Shun ? »
- «
Moi non, mais mon poing a fait ami-ami avec son nez ! »
rétorqua-t-il avec un sourire méchant.
- « Non,
je voulais dire, lui avoir parlé, savoir ce qui se passe dans
sa tête ? »
- « Pas
besoin d'être devin pour savoir qu'il ne se passe rien dans
sa tête ! »
- « Donc
si un type que je connais depuis trois ans me dit qu'un mec qu'il
ne connaît ni d'Adam ni d'Eve lui a presque cassé le
nez, quelle réaction penses-tu que j'ai ? »
- « Tu
dis que ce mec inconnu est un gros con et tu viens le faire chier
jusque dans son salon ? »
- « Tu
sais que tu es un type bien toi ? » Mince,
qu'est-ce qu'elles ont toutes à me sortir ça ?
« Mais dommage pour toi, tu as tout faux. La bonne réponse
est que normalement tu sympathises avec ton ami et décides que
cet inconnu est effectivement un gros con et ne vaut pas la peine de
s'exciter sur son cas. »
- « Purée,
où veux-tu en venir ?! Si tu as un truc à dire,
dis-le et casse-toi ! »
- « Il
n'est donc pas logique que je sois ici, maintenant, n'est-ce
pas ? »
- « Rien
à battre, casse-toi. » Ayame n'était pas
le moins du monde impressionnée par l'attitude de Kojirô.
- « A
moins que je n'ai pas envie de sympathiser sur le cas de ce copain.
Ce qui veut dire que la 'victime' n'est pas un si bon copain
que ça. » Elle sirota encore un peu de thé,
le temps que ses paroles atteignent le cerveau de Kojirô.
-
« Attends un peu… » fit ce dernier en se
décollant du mur. « Tu n'es pas copine avec
Shun ? »
- « Ce
n'est pas parce que ma meilleure amie sort avec lui que je dois
être sa copine. »
Ils se
regardèrent en silence. Ayame posa sa tasse délicatement
sur un sous-verre et croisa les chevilles. Elle soupira délicatement.
- « Neeve
et Shun sortent ensemble depuis presque trois ans. Depuis qu'ils
ont douze-treize ans. »
- « Et ? »
Elle avait laissé sa phrase en suspens, comme si la conclusion
était tellement évidente qu'elle n'avait pas à
prendre la peine de la finir.
- « Et
qu'est-ce qu'on y connaît, à l'amour, quand on a
treize ans ? »
Il sourit,
repensant à Natsuko. Non, en effet, les romances de treize
n'étaient pas de l'amour.
- « Je
pense que Neeve, » reprit la jeune fille, «
est plus habituée à l'idée d'être
amoureuse de Shun qu'elle n'est réellement amoureuse de
lui. »
-
« Hein ? »
- « En
gros, ils ont grandi ensemble. Se tenir la main, les premiers bécots,
les premiers rendez-vous amoureux, les premiers attouchements, les
premiers french kiss. Et tout et tout. Je pense qu'elle n'arrive
pas à imaginer une vie sans lui. Mais est-ce vraiment de
l'amour ? »
- « Et
le rapport avec moi ? »
-
« Pourquoi penses-tu que Neeve s'accroche à
Shun ? »
- « Mais
qu'est-ce que j'en sais moi ? » rugit Kojirô.
« Parce qu'il a une belle gueule, sûrement. Et si
ce que tu dis est vrai, parce qu'elle ne voit pas qui il est
vraiment. »
- « Exact.
Elle a une image de Shun qui ne correspond pas à ce que – ou
qui – Shun est vraiment. »
- « Ben
qu'est-ce que tu attends ? C'est toi la meilleure amie non ?
C'est ton job d'aller lui secouer le cocotier ! »
- « Neeve
est amoureuse. Elle refusera de voir la réalité en
face. Elle refuse déjà de voir la réalité
en face. Si je vais lui parler, je ne ferrai que la blesser. Et elle
s'éloignera de moi, ce qui fait que je ne pourrai plus
garder un œil sur elle. »
- « Tu
en penses quoi, du Shun ? Ou mieux, qu'est-ce que tu penses
que Shun voit en Neeve ? »
-
« Qu'elle n'est pas un coup facile, si c'est ce que
tu imagines. Tout le monde, toi compris si tu venais à faire
sa connaissance, s'accorde à dire que Shun est intelligent,
intéressant, mature et éveillé. Il est riche,
bien éduqué, et il est beau. Si, si, je t'assure il
est beau. Il est gentil, plutôt généreux et n'a
pas trop la grosse tête. »
- « Le
prince charmant quoi. »
- « Sauf
que si tu le fréquentes trop, tu t'aperçois qu'il
est plein de morgue envers les gens « normaux. »
Pas ceux qui ne sont pas aussi doués en étude que lui,
mais ceux qui n'étudient pas assez. Ceux qui n'exploitent
pas leur potentiel à fond. »
- « C'est
malsain ça. »
-
« Exactement. Et je pense qu'il voit Neeve comme la
parfaite petite amie. Je pense qu'il l'aime beaucoup, mais pas
autant que Neeve l'aime. Pas comme Neeve l'aime. En fait,
Shun est quelqu'un de compliqué. »
- « Ah
ouais ? » Je l'ai trouvé plutôt
primaire moi. Genre obsédé sexuel.
- « Moi
aussi, je pense que je ne vois pas le vrai Shun. A trop rester près
de lui et de Neeve, je ne vois pas bien les choses en face. Mais je
te vois toi. Je ne te connais pas, ce qui me permet de voir que tu es
quelqu'un de bien. »
- «
Ah ouais ? »
- « Et
c'est aussi ce que Neeve me dit de toi, oui. » Neeve
lui dit du bien de moi ? « Donc le fait que tu
aies prit Shun en haine juste par un regard m'apprend bien plus sur
Shun que les trois derniers mois. »
- « … »
- « Donc
je te confie Neeve. Ne tape plus sur Shun, parce qu'elle va se
mettre à pleurer. Mais veille qu'elle ne tombe pas trop dans
l'illusion. Et elle aura besoin d'une épaule sur laquelle
pleurer quand elle se réveillera. La chute sera dure,
crois-moi. »
C'est à
ce moment que Neeve rentra. Ayame fronça les sourcils. Elle
n'avait pas finit, et maintenant impossible de parler.
- « Hé,
Ayame, qu'est-ce que tu fais ici ? »
- « Je
voulais juste faire un coucou. Mais tu n'étais pas là !
Hyûga m'a invitée à rester ici en attendant. »
- « Ah ?
C'est…gentil de sa part. »
- « Oh,
Neeeeeeeeeve ! Tu ne connais pas la meilleure ! »
- « Non.
Hyûga-san, je fais du thé, est-ce que tu en veux ? »
- « En
fait, oui. »
Il
s'approcha du bar américain pour se poser près
d'Ayame qui lui fit un clin d'œil discret.
- « Devine
qui veut aller à Tôhô l'année
prochaine ? »
- « Je
ne sais pas… attends NON ! »
- « Et
si ! »
- « Mais
noooon ! Elle a toujours dit qu'elle voulait aller à
Shiten parce que ''les uniformes sont telleeeeeement
miiiiignons''.» Neeve imita une voix haute perchée.
« Elle fait une obsession sur moi ou quoi ? Avec
toute ma chance, elle va atterrir dans ma classe. Miss psychopathe
grosse truie Yamashita. »
Neeve
s'assit sur une chaise de l'autre côté du bar
américain et s'affala sur le comptoir. Ses longs cheveux
s'éparpillèrent partout.
- « Je
veux mouuuuriiiiir ! » geignit-elle.
-
« Allons, allons… » tempéra Ayame en
tapotant le crâne de son amie. « Rassure-toi, nulle
comme elle est, elle ne sera pas dans la section internationale. »
- « Tu
rigoles, elle ne devrait même pas être au collège.
Elle devrait être enchaînée dans une camisole dans
une chambre toute blanche avec des tapis au mur. » Neeve
ne releva pas la tête. « Je hais la
viiiiiiiiiiiiie. »
Le
carillon de la porte résonna soudainement.
- « Ça,
c'est Ken et Kazuki » fit Kojirô en se levant.
-
« Laisse, je vais ouvrir. De toute façon je dois
partir. Neeve, je te téléphone plus tard, je hais quand
tu fais ta miséreuse. Au revoir, Hyûga-san ! »
Et Ayame
partit. Il l'entendit ouvrir la porte.
-
« Bonjour Ken. » salua-t-elle d'une
voix malicieuse.
- « Euh…
Bonjour »
- « Et
c'est toi donc Kazuki ? »
- « En
chair et en os. Pour vous servir. »
- « Et
ben tu me servira en te poussant, je dois passer. A plus. »
- « Au
revoir ! » firent les deux footballeurs en cœur.
Deux
secondes après ils déboulèrent dans la pièce
principale. Ils virent Kojirô enfoncer une cuillère en
bois dans le bras de Neeve, qui ne réagit pas. Elle se laissa
glisser de quelques centimètres sur la surface du comptoir.
Kojirô, grand sourire aux lèvres, continua encore et
encore, et Neeve ne consentit à bouger que lorsqu'elle était
sur le point de tomber.
- « Mince,
on ne peut même pas déprimer en paix dans cette
baraque. » grommela-t-elle en se levant. « Crétin ! »
D'un geste vif, elle attrapa une spatule en plastique et entreprit
de croiser…le fer… avec Kojirô. Comme de bien entendu, la
pauvre cuillère en bois qui n'avait rien demandée à
personne se brisa, et le bout alla s'envoler pour retomber aux
pieds de Ken.
- « Mais
c'est pas un peu fini, non ? On dirait des gamins ! »
- « Hé,
qui était la super fille à la porte ? »
demanda Kazuki tout songeur.
- « Ma
copine Ayame. Pourquoi ? »
- « Rien,
c'est juste que je n'ai pas l'habitude de voir des filles
sortir de chez Kojirô. Surtout des comme ça ! »
- « Tiens
Neeve, regarde ça. Je suis sûr que cela va te remonter
le moral. » fit Ken en sortant plusieurs CDs de son sac,
et en coupant Kazuki avant qu'il ne dise une belle bêtise.
- « Oh
lala ! Où est-ce que tu as déniché
celui-là ? » s'exclama la jeune fille en
bondissant sur les pochettes et en parcourant les titres. « Et
ça ? Je ne connais pas cet album ! »
- « Je
t'avais bien dit que cela te plairait. »
- « Cool !
Je monte les graver et je te les rends tout de suite ! »
Neeve partit comme une flèche, laissant Ken sous les regards
accusateur de Kazuki et Kojirô.
- « Depuis
quand est-ce que tu connais ses goûts en musique ? »
questionnait ce dernier, l'air suspicieux.
- « Euh,
on a dû en parler comme ça en passant… »
bredouilla Ken.
- « Depuis
quand est-ce que tu lui parles comme ça en passant ? »
ajouta Kazuki.
- « Mais
euh ! Le jour après la fête, j'ai téléphoné
à Kojirô et c'est elle qui a répondu. On a
juste discuté quoi ! M'enfin ! »
Kojirô
et Kazuki reniflèrent tous les deux de concerts, l'un
n'aimant pas qu'on utilise son téléphone, le second
jaloux de n'avoir pas pu ''discuter'' avec Neeve.
- « Bon,
les gars, j'ai tout de même un truc pour vous. »
annonça Kojirô. « Devinez ce que j'ai eu
pour Noël ? »
Quelques
cris de surprises et des remerciements plus tard, ils s'installèrent
devant la télévision pour suivre un match de foot de la
Ligue des Champions de l'UEFA. Shouta avait fait installer le câble,
et la famille avait le choix entre presque cinquante chaines. Peu de
temps après, Mamoru, Takeru et Natsuko arrivèrent et
annoncèrent que leurs parents avaient décidés de
prendre la soirée en amoureux. Les trois gamins se joignirent
au groupe pour venir hurler contre les joueurs ou l'arbitre. A
tel point que Neeve redescendit en vitesse pour voir ce qui se
passait.
- « Oh,
ce n'est que du foot… » Elle fronça le nez d'un
air dégoûté.
-
« Comment ça, que du foot ? Kojirô, tu
ne la pas dressée comme il faut ! » s'indigna
Kazuki.
Avec un
grand sourire narquois, elle se pencha sur le canapé et passa
les bras autour du cou de Ken, sous prétexte de lui rendre ses
CDs.
- « Non,
je suis une méchante petite fille qui ne s'intéresse
pas au foot. Mais j'ai d'autres passe-temps dans la vie. »
fit-elle d'un ton provocateur et tentateur. « Ken, merci
beaucoup pour tes CDs. » ajouta-t-elle d'une voix
innocente et douce. « Je te passe ceux-là, tu me
diras si tu aimes… »
Ken ne dit
rien, il était tout rouge parce que 1. Kojirô et Kazuki
le foudroyaient du regard, le premier n'aimant qu'il se laisse
faire par Neeve, le deuxième parce qu'il était jaloux
de fait que Neeve flirte avec Ken et pas lui. Et puis 2. Avec Neeve
penchée comme elle était derrière lui, il
sentait sa poitrine contre son cou, et ca le mettait bien à
l'aise… non mal à l'aise… non bien… non mal et puis
3. Tout gêné ou content qu'il était, il en
oubliait de respirer.
Neeve se
redressa et disparut dans la maison. Elle passa le reste de
l'après-midi en vadrouille dans la maison, apparemment
collectant le linge sale, faisant les lessives et ramassant le linge
sec. Elle finit par dresser la table à repasser dans un coin
du salon et regarda le match d'un œil discret.
- « Qui
joue contre qui ? »
- « Milan
contre Manchester. »
- « Qui
est en rouge ? »
-
« Milan. »
- « Qui
gagne ? »
- « Milan,
tais-toi un peu j'essaye de suivre. » répondit
distraitement Kojirô.
- « Et
comment comptes-tu faire mon éducation comme ça ? »
- « Moi
je veux bien faire ton éducation ! » lança
Kazuki en lui dédiant un grand sourire.
- « Non
merci, mais je ne pense pas que tu puisses faire l'affaire. »
-
« Pardon ? »
- « Tu
n'es qu'un buteur alors que Hyûga-san est butteur ET
capitaine de l'équipe. Je ne fréquente que les
meilleurs. »
Sorimachi
se retourna dépité et Ken eut une crise de fou rire
silencieuse. Il aimait Neeve, elle était vraiment trop drôle.
Plus personne ne parla avant que Neeve se mette à rouspéter
lourdement.
- « Mais
ce n'est pas possible. Hyûga-san ! » La voix
claqua et bien malgré lui, le jeune homme sursauta.
-
« Qu'est-ce que j'ai encore fait ? »
grommela-t-il sans quitter l'écran des yeux.
-
« Pourquoi est-ce que tu roules toujours les manches de
tes T-shirts ! C'est impossible à rattraper au
repassage !! » Neeve regardait d'un air dégoûté
le vêtement sur la planche.
- « Hein ?
Tu repasses mes T-shirts ? » Cette fois-ci il se
retourna. « Mais laisse tomber, tu es malade. »
- « Ah
bon ? Tu es certain ? » Neeve faisait la moue
devant sa pile de linge.
- « Pff,
quelle idée de fille… repasser mes T-shirts. »
-
« Paaaarfait ! » Neeve retira une quantité
impressionnante de vêtements de son panier, les plia
soigneusement et réalisa que sa pile avait largement diminuée.
Au bout de dix minutes, elle avait fini. Elle rangea son matériel
et disparut encore.
Le match
se termina, mais Kojirô zappa sur une autre chaine sport.
- « Mais,
c'est Wakabayashi ! » s'écria Ken.
« Qu'est-ce qu'il fout a la télé,
lui ? »
- « Il
est plutôt mignon. » commenta Neeve qui passait par
là. « Qui est-ce ? »
- « Le
plus grand rival de notre ami Ken ici présent. »
taquina Kazuki. Devant l'air vide de Neeve, il ajouta « C'est lui,
le gardien titulaire de l'équipe junior du Japon. »
- « Ah…
Dans ce cas, il pue. Boooouuu ! » lança Neeve.
-
« Pourquoi ? » s'étonna Ken.
- « Parce
que c'était toi le meilleur. » répondit
Neeve avec un grand sourire. « Booooouuu !»
reprit-elle, accompagnée des trois plus jeunes Hyûga.
-
« Taisez-vous un peu !» tonna Kojirô.
« J'essaye de comprendre ce qu'ils disent. Déjà
que c'est en anglais. »
- « En
gros, ils disent que c'est un des espoirs pour les clubs de foot
allemands. Ils sont en train de comparer son jeu à celui d'un
certain Muller. » fit Neeve.
- « Quoi ?
Tu comprends ce qu'ils disent ? » firent Ken et
Kazuki plein d'admiration.
- « Très
bien, toi tu restes là et tu traduis. » Kojirô
lui empoigna l'avant bras et la força à s'asseoir
près de lui. Kazuki dut faire un bond de côté
pour éviter qu'elle ne tombe sur ses genoux. Non pas qu'il
s'en serait plaint.
- « Mais
j'ai des trucs à faire moi ! » protesta
Neeve.
- « Hase !
Sois gentille pour une fois. »
- « Je
suis toujours gentille, c'est toi le méchant. »
- « Ce
n'est pas pour moi, c'est pour Ken. » glissa-t-il
d'une voix mi-fiel mi-miel.
Prise à
son propre jeu, elle s'assit confortablement.
- « Il
fallait le dire plus tôt. Le programme passe en revue les
espoirs du foot en Europe. Ils sont en train de parler de
Scheiner… »
-
« Schneider ! » corrigea Kojirô.
« Applique-toi un peu quand même ! Kazuki,
enregistre le truc.»
Elle
soupira et reprit l'interprétation du documentaire. Une fois
terminé, elle se leva d'un bond.
- « Mais
vous avez vu l'heure ! Il est temps que je prépare
à manger ! »
- « Oui
j'ai faim moi !» pleurnicha Takeru.
- « Moi
aussi. » constata Kojirô.
-
« Hyûga-san, tu as toujours faim ! »
répondit Neeve depuis le frigo. « Bon, il y a du
poulet. Oh la, il faut manger ces tomates. Oh du concombre. Mais qui
a fait les courses ! Il n'y a rien dans ce frigo… Bon
ramen au poulet pour ce soir !» annonça-t-elle.
-
« Ouaiiiis ! » Mamoru aimait le poulet.
- « Ken,
Sorimachi, ça vous va ? »
- « Nous ?
Pourquoi ? » demandèrent les deux interpellés.
- « Je
pensais que vous restiez dormir ici ce soir moi ! En plus il est
déjà trop tard pour les bus et les métros seront
sûrement fermés avec cette neige. »
Les trois
garçons remarquèrent pour la première fois qu'il
neigeait abondamment.
- « Mais
nous ne pouvons pas rester ici et s'imposer. Cela ne se fait pas. »
- «
Cela se fait très bien et vous allez rester. »
menaça Neeve en agitant son concombre.
- « Mais
où va-t-on dormir ? »
- « Je
pensais dans la chambre de Hyûga-san. Nous avons un extra
matelas deux places, et il a une place dans son lit. Nous avons une
chambre d'ami aussi. Mais je veux bien partager mon lit avec
Ken si cela arrange tout le monde. »
- « Non,
je suis sûr que tu parles en dormant. » répliqua
ce dernier, en se retenant à grand peine de rougir. Il
s'approcha du comptoir et prit quelques tranches de concombre.
- « Tu
n'as pas tord. Mais Hyûga-san ronfle. »
- « Et
Kazuki pue des pieds… Je suppose que nous allons tous rester dans
la même chambre. Dans la joie et la bonne odeur. »
- «
Bon, dans ce cas. Ken, Hyûga-san, allez chercher le matelas. Il
est sous le lit dans la chambre d'ami. Natsuko, sors des
couvertures et oreillers s'il te plait. Sorimachi, tu aides Mamoru
à mettre la table. »
- « Chef,
oui Chef ! » plaisanta Ken en saluant à la
militaire.
- « Et
moi ? » demanda Takeru.
- « Toi
tu surveilles les deux zigotos, qu'ils fassent bien leur travail. »
fit Neeve en désignant Kazuki et Mamoru.
Sorimachi
commença à protester. Mais il suivit Mamoru dans la
cuisine qui prit les assiettes dans la cuisine et lui fourgua les
couverts dans la main. Il essaya de prendre du concombre mais se
reçut un coup de cuillère en bois - une autre - bien
placée sur la main.
-
« Aïe ! »
- « Bien
fait ! Arrête de voler ! »
- « Mais
pourquoi pas Ken ? »
- « Parce
que Ken, lui, est un gentil garçon ! »
répondit Neeve alors que l'intéressé passait
dans le couloir en portant le matelas. Il fit un grand sourire à
Neeve, juste pour faire enrager Kazuki.
- « Mais
moi aussi je suis un gentil garçon… » tenta de
séduire Kazuki.
Neeve le
regarda bien en face, eut son sourire narquois et leva son sourcil
droit. Kojirô apprécia le fait que pour fois, ce n'était
pas lui qui était visé.
-
« Sorimachi, je veux bien admettre que tu es plein de
choses, mais tu es tout sauf un gentil garçon. »
Tout le
monde éclata de rire. Et riait encore quand le repas fut
prêt. Et encore quand ils allèrent tous se coucher, même
s'ils riaient pour autre chose.
Le réveil
de Kojirô qui sonna à 7h le lendemain arracha des
protestations étouffées à Ken et Kazuki.
Après maintes discussions, Kojirô avait mit son
propre matelas par terre, et les trois jeunes hommes avaient tous
partagés les deux matelas deux places. Kojirô, le plus
près du chevet, éteignit l'importun et piétina
allégrement ses deux amis.
- « Debout
les marmottes ! Les journaux n'attendent pas. »
Ken
grommela quelque chose qui mettait en relation journaux et une partie
anatomique du corps du Tigre normalement gardée privée.
En guise de vengeance, Kojirô attrapa les couvertures.
- « Allez,
courir va vous réchauffer. Debout sinon j'appelle Mamoru et
Takeru. »
La menace
fit son effet. Kazuki et Ken sautèrent hors du lit et furent
prêts en instant. Ils distribuèrent les journaux à
trois, à grande vitesse et à grand renfort de boules de
neiges. Puis ils continuèrent à courir jusqu'au parc,
où ils jouèrent au foot. Kojirô prit la position
de gardien tandis que Sorimachi et Wakashimazu s'affrontaient pour
la balle.
Ils ne
s'arrêtèrent que parce qu'ils avaient vraiment trop
faim pour continuer. Leurs montres étaient plus proches du
déjeuner que du petit-déjeuner. Ils rentrèrent
au pas de course, le perdant devant préparer le repas des deux
autres. Ils arrivèrent en même temps et chahutèrent
encore un peu dans le jardin avant que leurs trois estomacs grondent
en concert.
Ils furent
accueillis par une musique rock puissante. Kojirô se déchaussa
et se précipita sur le palier prêt à rugir mais
s'arrêta net. Les deux autres se cognèrent contre lui
dans l'étroit couloir. Ils commencèrent à
protester mais devant le manque de réaction total de leur
capitaine, suivirent son regard. Et leurs mâchoires tombèrent,
leurs yeux s'écarquillèrent, les mots s'étranglèrent
dans leurs gorges. Ils étaient sur le palier et dominait le
salon où Neeve faisait le ménage. Elle était
encore en pyjama, un vieux truc en lycra moulant qui disait « Dance
your life away ! » sur le haut. La musique venait de
la télévision, branchée sur la chaine des clips
vidéo. Le son était mis si fort pour couvrir le bruit
de l'aspirateur. Neeve chantait avec la musique, mais surtout se
déhanchait avec la musique. Et elle savait se déhancher,
chose que Kojirô avait déjà constatée, et
que Ken et Kazuki constataient maintenant. Elle utilisa l'embout de
l'aspirateur pour mimer le corps d'une guitare électrique.
Elle se mit à agiter la tête furieusement, ses cheveux
volèrent partout et les trois garçons eurent un petit
rire. Mais Neeve se pencha, les fesses en l'air, pour aspirer sous
la table et le rire devint un hoquet. Elle arrêta l'aspirateur
alors que la musique devenait un clip pop. Elle continua à
gigoter, dans le rythme, tout en saisissant le balai-serpillère.
Neeve fit un moon-walk à la Michaël Jackson, trainant le
manche du balai avec elle. Avec une série de pointe et
d'entrechats, elle passa autour des canapés. Le clip changea
pour une musique plus lente et plus soutenue par des batteries, une
sorte de R'n'B moderne. Elle s'adapta au nouveau son, et ses
mouvements se firent plus sensuels. Elle se servit du balai, planté
au sol, comme d'un dancing pole, pour descendre en tortillant des
fesses, le dos bien droit. Elle remonta de la même façon
les trois garçons avalèrent leur salives difficilement.
Puis Neeve eut une pirouette et remarqua enfin les trois garçons,
qui rouges et la tête vide, la regardaient comme une brochette
de merlans frits.
-
« AAAAH! » ne
put-elle retenir. Elle tira sur son haut de pyjamas et s'empourpra.
En retour, ils tournèrent violets. « Je croyais que vous
étiez partis ! » accusa-t-elle.
- « Je
croyais que tu bossais ! » répliqua Kojirô,
le premier à se reprendre.
- « Vous
étiez là depuis longtemps ? »
- « Non. »
mentit-il.
- « Je
dois aller me changer. Je vais bosser bientôt. D'ailleurs je
suis de corvée de fermeture donc je rentrerai tard. »
- « On
prend notre petit déjeuner et on s'en va. »
-
« Bien. »
- «
Bien. »
Tout le
monde trouva quelque chose à faire. Les garçons
allèrent prendre une douche et Neeve sa changea. Elle
redescendit en jeans et un gros pull.
-
« Hyûga-san, pour ton pansement… »
- « O.K
je viens. »
Ils
disparurent dans la salle de bains pendant cinq minutes pendant
lesquelles Ken et Kazuki préparent les tartines. Kojirô
revint avec un beau bandage tout blanc.
- « Euh…
bon…Je vais bosser. »
- « Où
est le tout le monde ?»
- « Papa
est a l'hôpital, et il a prit Mamoru et Takeru avec lui. Ils
voulaient voir ce qu'il faisait. Keiko-san travaille et Natsuko
dort chez une copine. Oh… Papa a rangé le matelas et j'ai
nettoyé ta chambre parce qu'avec ta main… Ce n'est
pas une bonne idée que tu touches de la poussière. A
plus !»
- « Au
revoir ! » s'écrièrent en cœur Ken
et Kazuki, encore un peu sous le choc.
- « Est-ce
qu'elle vient de dire qu'elle venait de nettoyer ta chambre ? »
- « Est-ce
qu'elle vient de jouer à l'infirmière avec toi ? »
- « Quoi ?
Pourquoi vous me cherchez des poux ? » protesta
Kojirô.
- « … »
- «
… »
- « … »
- « Je
savais qu'elle était bien moulée… Mais elle a
vraiment le corps pour aller avec son… fessier. Je me demande
comment est sa poitrine…» fit Kazuki.
- « Ronde.
» laissa tomber Kojirô distraitement. Ses deux amis le
foudroyèrent du regard.
- « … »
- «
… »
- « Raaaa…
N'allez rien imaginer ! »
- « … »
- «
… »
- « Elle
n'énerve et elle me casse les couilles. »
-o-o-o-o-o-o-
