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Un grand merci à Asuka pour son commentaire si poétique. Vraiment ! Un des meilleurs jamais vus. Spécial clin d'œil pour toi dans le chapitre.

Perdu de vue : Kiito/Nix et Tokhyo. Faites-moi signe, juste un petit message privé pour me dire que vous êtes OK !

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J'ai commencé une courte fiction sur Naruto sur fanfic-fr. Cela ne devait être qu'un One-shot mais tout le monde me demandait une suite, donc allez voir. Le style est plus… euh… poétique ? littéraire ? Différent en tout cas. Dites-moi ce que vous en pensez.

Egalement, allez commenter mon One-shot parodico-deliro-yaoi de Captain Tsubasa, sur fanfiction et fanfic-fr. Please ! Que je sache si vous aimez ce genre de …écarts alcoolisés…

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DISCLAMER : Malgré le contenu de ce chapitre, je suis contre l'abus d'alcool. J'encourage tous et chacun à boire avec modération, ou de prendre leurs responsabilités. Ne pas boire et conduire, ne pas faire aux autres ce que vous n'aimeriez pas qu'ils vous fassent…

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Révision : 28 décembre 2007

Révision : 28 févr. 08

Chapitre 19 – Motus et bouche cousue.

Le calme régna dans la maison jusqu'au 31 décembre. Père et fille se faisaient la tête, ne s'adressant la parole que lorsqu'il le fallait vraiment. Kojirô commençait à savoir qu'ils étaient aussi têtus l'un que l'autre, et suivait avec un amusement grandissant les bouderies Haséiennes. Il était beaucoup moins content du fait que Neeve et Shun s'étaient rabibochés. Le scooter noir était là matins et soirs pour conduire et raccompagner la jeune fille à son travail, bien que la neige ne bloquât plus les bus. Alors qu'il revenait du cinéma avec ses frères et sœurs, qui l'avaient supplié de les emmener voir le dernier Pirates des Caraïbes – encore -, il vit devant chez lui Neeve et Shun en train de s'embrasser. Ils étaient assez loin, pourtant le joueur de foot eut la certitude que l'abruti de service les avait vus et qu'il le narguait. Ils étaient presque arrivés quand Shun passa son casque et démarra. Il adressa un signe de tête à Kojirô en le dépassant, qui ne put voir son visage à cause de la visière.

Le 31 arriva avec une neige abondante. Neeve disparut dès le matin chez Ayame. Kojirô était en train de faire une bataille de boules de neiges avec ses frères pour fêter sa libération de pansement à la main quand Ken et Kazuki débarquèrent. Aussitôt, ils prirent part au combat, profitant de l'occasion pour pouvoir envoyer quelques boulets de canon glacials à leur capitaine, et ce en toute impunité. Keiko passa la tête par la porte pour annoncer qu'elle avait fait un flan. Elle fut presque renversée par une horde au ventre gourmand. Il eut un moment comique où Mamoru cacha l'assiette de Kazuki en essayant de lui faire croire qu'ils l'avaient oublié en coupant le gâteau, et que de toute façon, il était un pique assiette et il avait perdu a la bataille de boules, donc pas de flan, na ! A la plus grande surprise de sa mère, Ken et Kazuki venaient prendre Kojirô pour une soirée. Rai Nishimura profitait du fait que ses parents soient absents pour inviter la moitié de Tôhô chez lui. Ken et Kazuki furent presque étonnés quand Kojirô accepta tout de suite. Ils pensaient devoir user de patience avant de le convaincre. Mais le butteur avait besoin de se changer les idées et il aimait bien Rai.

Il faisait partie de l'équipe de basket, et bien qu'il n'eut intégré Tôhô que cette année, Kojirô et lui se connaissaient bien. Ils avaient en effet passé un certain nombre d'heures de retenues ensembles, puisque Rai avait refusé de retirer ses anneaux d'oreilles et son piercing au sourcil en dépit des menaces du prof de sciences sociales, le même qui avait collé Kojirô pour son survêtement. Leur animosité envers ce ….. les avait rapprochés. En plus, Rai venait d'Okinawa, île que Kojirô avait visitée à plusieurs reprises. Rai était aussi bronzé et grand que Kojirô, mais n'était pas aussi carré. Il était tout en jambes et bras, une sorte d'homme élastique. Pour Kojirô, Rai était le Ken Wakashimazu de l'équipe de basket. Rai n'avait qu'un rêve : celui de jouer dans la NBA. N'importe quel club, mais aux Etats-Unis. Malheureusement il parlait anglais comme une vache espagnole, autre point qu'il partageait avec Kojirô. A la fin des heures de retenue, Rai avait déclaré qu'ils étaient « bro » de cœur. Bro pour Brother… Malgré son niveau déplorable, le joueur s'amusait à utiliser sans cesse de l'argot américain.

Le temps de se changer et de traverser la ville dans des bus bourrés d'étudiants en route pour leurs propres fêtes, les trois footballeurs arrivèrent avec près d'une heure de retard. Rai habitait une grande maison moderne dans les quartiers huppés. La façade était éclairée par des spots et autres décorations de Noël, et les alentours tremblaient sous les assauts répétitifs des basses de la chaîne Hi-fi poussée à fond. La maison était remplie de lycéens. Ils eurent du mal à se faufiler dans l'entrée et restèrent bouche bée devant le spectacle. C'était une orgie comme dans les films américains. Des filles, toutes court vêtues, se trémoussaient sur la musique, sous les regards attentifs des garçons. Rai avait apparemment une piscine d'intérieur chauffée, et des rires mouillés s'entendaient. L'alcool coulait à flot.
- « Yo man ! Trop cool que tu sois venu ! » s'exclama Rai en sautant sur Kojirô. « Bro, je suis en détresse, il faut que tu sauves l'honneur de notre île ! »

Il tendit son bras par dessus une table pour repêcher trois canettes de bière qu'il distribua, puis il tira les trois compères vers une partie du salon où la musique était moins forte. Un tournoi de babyfoot était en cours et Rai perdait. Il recruta d'office Kojirô dans son équipe. Ken se fit alors harponner par l'équipe adverse. A chaque point marqué, l'équipe adversaire devait boire cul sec son shot. Tequila pour le baby-foot, Jet 21 pour le billard, vodka pour les fléchettes. Le tournoi se termina sur un ping-pong bière. Kazuki s'était depuis longtemps évaporé à la poursuite d'une jupette qui passait par là. Ken marqua le point décisif de ce tournoi acharné, et ses partenaires enthousiastes le forcèrent à boire cul sec son verre de whisky, puis le déshabillèrent jusqu'à son caleçon et le lancèrent dans la piscine. Tels des requins, des filles se jetèrent sur lui. Il se retrouva à faire le porteur dans une bataille de filles de « je-pousse-tu-tombes ». Rai et Kojirô, aussi enivrés l'un que l'autre, encouragèrent Ken et poussèrent un groupe de jolies filles dans l'eau, pour qu'elles tombent SUR Ken qui se noya presque sous l'avalanche de bras et jambes. Bizarrement il ne semblait plus se plaindre du fait qu'elles pouffaient. En tant qu'hôte, Rai dut arbitrer le concours de T-shirt mouillés, et Kojirô se fit un devoir de lui servir d'assistant. Le choix fut difficile, mais les deux complices rendirent une décision…enfin, ils réussirent à remettre leur cerveau en marche pour désigner les gagnantes du doigt. Ensuite, ils se joignirent à une partie de ballon dont personne ne connaissait les règles. Ce n'était ni du volley, ni du foot, ni du basket, mais c'était bien marrant. Les heures les plus sombres de la nuit trouvèrent Kojirô et Rai en train de jouer au poker. Les cartes dansaient devant leurs yeux, mais de toute façon, les garçons trichaient parce qu'ils avaient réussis à convaincre trois filles (Miss T-shirt mouillée et ses deux dauphines) de jouer au strip-poker, et leurs cartes à elles semblaient danser la farandole et la bourrée plus que la valse.

Il se réveilla avec un mal de crâne carabiné, en caleçon, allongé sur le lit de Rai qui ronflait à ses côtés tel les cannons de Pittsburgh, lui-même en sous-vêtements. Il se demanda un instant à qui appartenait le string que son ami portait sur la tête en guise de bonnet puis se leva pour chercher ses propres vêtements. En passant, il secouait les autres garçons de l'équipe de basket, recrutés la veille pour faire partie de l'équipe de nettoyage. Ils s'étaient écroulés dans les endroits les plus improbables. Le canapé, bien sûr, les chaises longues de piscine, bon, la chaise de bureau avec les pieds sur le dit bureau, pourquoi pas, mais la baignoire ? Il lui manquait encore une chaussette quand Rai émergea. La journée était bien avancée. Ils rangèrent la maison et tout le monde s'éclipsa quand les paternels Nishimura rentrèrent. Kojirô n'avait toujours pas trouvé sa chaussette mais pour une bonne soirée, ça avait été une bonne soirée !

Kojirô rentra à pieds. L'air frais lui fit du bien, et puis c'était un jour férié donc peu de chances d'attraper un bus. En tournant au coin d'une rue, il tomba sur Neeve qui rentrait elle aussi.
- « Tiens pas de scooter aujourd'hui ? » moqua-t-il.
- « Non, Shun a la gueule de bois. »
- « Pauvre petit. »
- « Comment était ta soirée ? »
- « Pas mal. Et toi ? »
- « Hum, pas mal non plus. Oh, quelque chose est tombé de ta poche … »
Kojirô se retourna prêt à remercier Neeve, mais s'arrêta et passa du blanc au rouge violacé en une nano seconde. Neeve tenait entre son pouce et index un string blanc en dentelle transparente avec des petits diamants…
Que voulez-vous… Pour une bonne soirée, ça avait été une bonne soirée !

Malheureusement, qui dit 1er janvier dit aussi 5 janvier. Et donc rentrée des classes. Kojirô se retrouva emporté dans un tourbillon de cours, devoirs et entraînements. Le décrassage tant redouté, mené tambour battant par un Makoto Kitazume en rogne, fut à la hauteur de sa réputation. Même Kojirô, qui avait fait tous les jours un jogging de deux heures et des exercices était content que cela finisse.

Qui dit 1er janvier dit aussi 8 janvier. Et donc premier match de foot. L'équipe était nerveuse. Leur adversaire était assez dangereux, ils étaient encore tout courbatus et l'entraîneur n'arrêtait pas de leur dire qu'ils étaient nuls depuis trois jours.
- « Bon les gars, » commença Kojirô alors qu'ils étaient dans les vestiaires. Les têtes se levèrent. Le capitaine n'avait pas l'habitude de faire des speeches. « Je n'ai pas l'habitude de faire des discours d'encouragement. » disait justement l'intéressé. « On va faire simple… Alors ne venez pas me prendre la tête ! » Quelques sourires apparurent ici et là. « On a intérêt à gagner ce match parce que sinon Kitazume va nous étriper, moi en premier parce que je suis le capitaine d'une bande de crétins congénitaux incapables de pousser un ballon. » Cette fois, tous souriaient. « Alors vous ne me faites pas chier et vous gagnez ce match, sinon je vous mets mon pied au cul. Pigé ? »
- « OUAAAAIIIIS ! » beuglèrent les autres joueurs.
- « Intéressant comme discours de motivation… » commenta Ken en passant.
- « Va voir dans tes cages si j'y suis… » grommela Kojirô.Ben quoi ? Ça avait marché non ?

La Tôhô gagna son match 6-0, avec quatre buts de Kojirô et deux de Sorimachi, donc il n'y eut ni étripage ni coup de pieds au cul. Kitazume eut même presque un sourire. Il envoya tout son petit monde aux douches avec un mot dur, mais les joueurs savaient qu'il était content. En bon capitaine, Kojirô fut le dernier à sortir des vestiaires. Il s'assura que tout était en ordre, que rien n'avait été oublié et ferma la porte. Dehors, Kitazume parlait avec sa mère et Shouta. Ken et Kazuki étaient avec le reste de la famille. Enfin, Ken parlait avec les trois plus jeunes et Neeve et Kazuki se chamaillaient. Kojirô n'arrivait toujours pas à croire qu'elle était venue. Il n'arrivait pas à croire non plus qu'elle arrive à remettre Sorimachi à sa place comme ça. Apparemment, la dispute portait sur le fait que Neeve n'était pas en total admiration sur les exploits sportifs du jour. Et d'un certain joueur…
- « Il parait que les félicitations sont de mises. » fit Neeve alors qu'il approcha.
- « Comment de mise ? » s'indigna Kazuki. « On a plus que gagné, on les a écrasés ! »
- « Ah bon ? »
- « Ben oui ! 6-0 ! 6-0 !!! »
- « C'est beaucoup ? » demanda Neeve, en toute honnêteté. Sorimachi s'étrangla.
- « OUI ! »
- « Mais qu'est-ce que j'en sais moi ? » s'excita Neeve à son tour. « Je n'y connais rien moi au foot ! »
- « 6-0 c'est beaucoup. » confirma Kojirô calmement. « En général, dans un match équilibré, il n'y a pas plus de trois buts par équipe. » Neeve fronça le nez.
- « Dans ce cas, c'était eux qui étaient mauvais ou vous qui étiez vraiment bons ? »
- « Pardon ? » Sorimachi ne comprenait pas.
- « Ben, il a dit 'match équilibré'. Ce qui veut dire que ce match ne l'était pas. Donc ils puaient ou vous aviez un coup de chance ? »
Kojirô dissimula un sourire. Ken avait raison, c'était amusant de la voir asticoter les autres.
- « Ils n'étaient pas mauvais. » concéda de bon cœur Sorimachi. « Mais nous étions en pleine forme ! » Il glissa un regard pour voir si elle allait enfin le féliciter.
- « Dans ce cas… » Neeve fit un grand sourire, et le joueur se prépara à se rengorger. « Toutes mes félicitations ! » dit-elle en se tournant vers Ken et en ignorant totalement Kazuki.
- « Mais… mais pourquoi LUI ?! »
- « Parce que c'est lui qui a fait tout le boulot. » répondit Neeve avec sa petite moue.
- « QUOI ? Mais il n'a même pas marqué de but ! »
- « Oui, mais il en a arrêté. »
- « Hein ? »
- « Je veux dire, mettre six buts oui, mais … Il me semble que 6-5 c'est beaucoup moins bien que 6-0 non ? »
L'argument coupa Sorimachi net. De son côté, Kojirô fronça les sourcils. Elle n'avait pas tort. Et l'entraîneur semblait d'accord. Les trois adultes avaient fini de parler et s'étaient rapprochés des adolescents. Kitazume avait donc entendu la fin de leur conversation.
- « Très bien analysé, jeune fille. »
- « Oh… Merci. » Neeve ne semblait pas plus déstabilisée que ça par cette nouvelle intervention.
- « Vous vous y connaissez en foot ? »
- « Non. C'est la première que je vois un match. » Cette fois, ce fut l'entraîneur qui eut un soupçon de choc.
- « Pourquoi être venue dans ce cas ? »
- « On m'a forcée. » fit-elle sans un regard vers son père qui se rembrunit.
- « Aahaaaa ! Un avis innocent ! » s'exclama Kitazume en se frottant les mains. « Qu'avez vous pensé de notre match ? »
- « Euh… euh… » Kojirô pouvait voir que Neeve cherchait à dire un truc qui n'était pas une grosse bêtise.
- « En toute honnêteté. » ajouta l'entraîneur.
- « Euh… euh… »
- « N'ayez pas peur. Je ne recherche pas des termes techniques. »
- « Euh... euh… »
- « Allez. »
- « A part que les joueurs de foot ont de belles cuisses ? » finit par lâcher Neeve sous la pression.
Ken et Keiko éclatèrent de rire, Shouta protesta, Kazuki et Kojirô restèrent scotchés. Seul l'entraîneur restait imperturbable. Enfin, ses lèvres frémissaient un soupçon.
- « Ben… ben… que ça allait vite et qu'ils n'arrêtaient pas de se mettre en tas, ce qui faisait que je ne voyais plus le ballon et que je ne comprenais rien. »

Kitazume sembla satisfait avec cette réponse. Il salua de la tête et s'éloigna, laissant une Neeve rouge pivoine. Keiko décida d'aller célébrer la victoire de l'équipe dans un salon de thé et invita Ken et Kazuki. Elle considérait les deux amis de son aîné comme faisant de la famille. Ils se mirent en route. Natsuko reprit sa discussion avec Ken. Kojirô se fit assaillir par ses deux frères qui lui demandaient un commentaire du match minute par minute. Fermant la marche, Kazuki et Neeve.
- « Tu trouves vraiment que les joueurs de foot ont des belles cuisses ? » s'enquérait le jeune homme.
- « En général oui. Il y a des exceptions bien sûr. » Kojirô se doutait qu'elle venait de lancer sa fameuse œillade narquoise.
- « Autre chose ? »
- « Hum… Je préfère les basketteurs. Ils sont plus grands. Mais les rugbymans ont des sont épaules… Les nageurs aussi. Voyons voir… Oh oui, les footballeurs ont de belles fesses ! »
- « Oh… aïe !!!! » Kojirô entendit Neeve glousser. Elle passa devant lui d'un pas rapide et alla se mettre près de Ken.
- « Qu'est-ce qu'y s'est passé ? » demanda Kojirô en étrécissant les paupières. « Qu'est-ce que tu as fait ? »
- « Mais ce n'est pas moi ! » s'offusqua Kazuki. « C'est elle ! Elle m'a pincé les fesses ! »
Devant eux, Natsuko se mit à glousser.
- « Tu ne vas te plaindre non ? » envoya Neeve par dessus son épaule.
- « Mais oui ! Tiens pourquoi tu ne pinces pas les fesses de Ken ? » Ce dernier s'arrêta net et rosit légèrement.
- « Moi ? » demanda-t-il presque timidement.
- « Non, je ne peux pas. Lui est mignon et innocent… »
- « Euh… Neeve ? » interrompit Ken. « C'est un compliment ça ? »
- « Oui, Ken, c'est un compliment. » Neeve réussit à prendre une voix lasse.
- « Il n'y a rien d'innocent chez Ken. » protesta Kazuki. « Il est sournois ! »
- « C'est pour ça que c'est mon chouchou. » Neeve leva son sourcil droit.
- « Et toc ! » fit Ken, tout fier de lui, sans trop savoir pourquoi d'ailleurs.
- « Mais pourquoi LUI ? »
- « Voyons voir. Il est cool, il est class, et c'est un gentil garçon ! Ce que tu n'es pas, je te l'ai déjà dit. »
- « Mais… »
- « Tu t'enfonces… » commenta Natsuko. « Viens par ici, je vais t'expliquer. »

Kojirô regarda sa jeune sœur tirer Kazuki à l'écart, le forcer à se baisser pour qu'il soit à sa hauteur et commencer à lui souffler quelque chose à l'oreille. Neeve et Ken échangèrent un regard complice, ce qui intrigua Kojirô. Il n'aimait pas vraiment que Neeve s'immisce entre eux trois. Natsuko termina sa leçon. Kazuki avait la bouche grande ouverte et restait plié en deux. Les deux filles reprirent leurs chemins en rigolant à gorge déployée. Finalement, l'avant-centre se remit en marche d'un air boudeur.
- « Alors, qu'est-ce qu'elle t'a dit ? » demanda Ken.
- « Rien… Kojirô ? »
- « Hum ? »
- « Neeve a une très mauvaise influence sur Natsuko. »
Ils arrivèrent au salon de thé où toute la famille s'était déjà installée. Neeve portait un plateau avec des boissons et gâteaux.
- « Sorimachi ? » appela-t-elle.
- « Oui ? » Pour le coup, il se méfiait.
- « Viens voir ici. »
- « Pourquoi ? »
- « Sois un gentil garçon… pour une fois… »
Avec un soupir, il s'assit à côté d'elle.
- « Quoi ? »
- « Je t'ai pris du thé Darjeeling et une part de tarte au citron. Je sais que tu aimes ça. »
- « Euh… merci. » Il restait étonné de ce revirement de situation. Elle se pencha sur elle et lui murmura à l'oreille quelque chose. Sorimachi s'étrangla un peu avec son thé mais s'arrêta de bouder. Kojirô, assis de l'autre côté de Kazuki n'avait pas tout bien entendu, mais il était prêt à parier qu'elle lui avait dit un truc qui ressemblait assez à « Tu veux que je te dise ? C'est toi qui a les plus belles fesses de l'équipe. »

La semaine se passa sans autre difficulté. Neeve et Shouta se faisaient toujours la tête, et elle redevenait le fantôme de la maison, enfermée dans sa chambre pour étudier. Jusqu'au vendredi soir.
- « Kojirô-kun ! » fit Shouta lors du dîner. « Le match de demain est toujours à Tôhô ? »
- « Oui. »
- « Est-ce que tu rentres pour le repas du midi demain ? Avant ton match ? »
- « Oui. Pourquoi ? »
- « Est-ce que tu peux emmener Neeve avec toi après le repas? »
Neeve s'écria « PAPA ! » en même temps que Kojirô s'étonna « Quoi ? pourquoi faire ? Elle va venir nous voir jouer ? » d'une voix plus calme.
- « Neeve va passer son entretien pour rentrer à Tôhô demain après-midi. Peux-tu lui montrer le chemin ? »
- « Oui, pas de problème. » Mais Neeve n'était pas d'accord.
- « Je suis tout à fait capable de trouver mon chemin toute seule. C'est à dix minutes ! »
- « Neeve… POINT FINAL ! » ordonna Shouta.
La jeune fille alla bouder dans sa chambre. Mais le lendemain, elle était prête et attendait Kojirô d'un pied ferme.
- « Allez bouge-toi, le sportif. » Neeve semblait inquiète pour son entretien et le stress la rendait agressive.
- « Hé ho, on se calme. Tes nerfs, tu les passes sur quelqu'un d'autre. » avertit Kojirô, en remontant la rue.
- « Murf… » Neeve marmonna quelque chose qui ressemblait à un 'désolée'.
- « Tu vas y aller comme ça ? »
- « Qu'est-ce que tu as contre mes fringues ? » Neeve était vêtue d'un tailleur pantalon gris anthracite avec un chemisier bleu-vert profond qui donnait à ses yeux une couleur splendide.
- « Les autres portent généralement leur uniforme de collège. »
- « Et bien, je ne suis pas les autres. » coupa-t-elle très sèchement.
- « Ho, je disais juste que… » Il accéléra le pas, forçant Neeve à trottiner pour rester à son niveau.
- « Hyûga-san, je vais à un entretien de personnalité. Comment puis-je montrer que j'ai de la personnalité si je fais comme tout le monde ? »
- « O.K. Un point pour toi… » grommela Kojirô. Il devait reconnaître qu'elle avait du style comme ça. « On tourne là. »
Ils passaient un coin de rue quand le jeune homme recula précipitamment et rattrapa Neeve par le bras pour la tirer hors de vue.
- « Mais tu es malade ! Ça fait mal ! » protesta Neeve.

Kojirô avait repéré Rai et l'équipe de basket plus bas dans la rue et n'avait pas envie que Neeve et lui se rencontrent. Connaissant son ami, il allait mentionner la fête du Nouvel An, et il ne voulait pas que Neeve entende plus de détails que nécessaire.
- « Allez, bouge-toi ! » Elle lui donna un coup de coude dans les côtes, puis le dépassa. Il était chanceux, Rai était désormais hors de vue. « Allez, je vais être en retard ! »
Avec un soupir à fendre l'âme, il reprit son chemin mais n'échappa pas au destin. C'était maintenant Masahiko Nomi et ses copains qui débouchaient juste devant eux. Kojirô grimaça. Masahiko était l'un des deux seuls joueurs de troisième et dernière année de l'équipe. Il aurait dû être nommé capitaine mais le titre était allé à Kojirô. Il avait plutôt bien pris le fait mais son meilleur ami, Dejima Abe, avait préféré abandonner le foot plutôt que de se soumettre. Dejima avait la rancune tenace, et ses copains aussi. En voyant Kojirô en charmante compagnie, ils se mirent à le huer et à siffler Neeve.
- « Héééééé ! Quel playboy ! »
- « Tu ne présentes pas ? »
- « Elle est mignonne ! »
- « Salut poulette ! »
Masahiko eut un sourire embarrassé et essaya de calmer ses amis, mais ils étaient déchaînés.
- « Mais c'est qu'il rougit le petit capitaine !! »
- « Qu'est-ce qu'il fout avec une telle nana ? »
- « Allez présente-nous ! »
Kojirô n'avait pas envie de s'attarder, mais il ne pouvait pas reculer sans perdre la face. Priant mentalement tous les dieux connus que Neeve n'en profite pas pour lui faire un coup bas, il commença :
- « Hase, voici Masahiko Nomi, dans l'équipe de foot et Dejima Abe qui jouait au foot. » Il ne connaissait pas les noms des autres troisièmes années. « Elle, c'est Hase-san qui… »
- « Qui va être en retard si on ne se dépêche pas. » coupa Neeve en tapant du pied sur le sol. Elle était toujours nerveuse et son impatience ne faisait qu'accroître son anxiété.
- « Comment est-ce qu'un crétin pareil arrive à se trouver une beauté comme toi ? » fit Dejima. qui reluquait Neeve sans se cacher.
- « Oh, c'est tout dans l'attitude. » rétorqua-t-elle. « En particulier ne pas sortir des platitudes lourdes dignes d'un cerveau de babouin dégénéré. » Neeve le foudroya du regard et empoigna Kojirô pour le traîner. Elle laissa Dejima en proie aux moqueries de ses copains.
- « Ils sont tous comme ça à Tôhô ? » fulmina-t-elle. « Ou c'est juste les joueurs de foot ? »
- « Calme-toi, tu t'énerves pour rien. » tenta de la tempérer Kojirô. Apparemment stress et colère ne faisaient pas bon ménage chez Neeve.
Ils arrivaient en vue du portail de la Tôhô. Mais Kojirô sentit son sang se glacer dans ses veines. Hikari était devant la grille ! De toutes les personnes au monde, elle était la dernière qu'il voulait mettre en contact avec Neeve. Encore une fois, il tira la jeune fille par le bras pour la retenir.
- « AIE ! Mais achète-toi un cerveau !! C'est quoi ton problème ? Tu as honte d'être vu avec moi ? Fallait le dire hier, pauvre tâche ! Allez barre-toi, espèce d'abruti ! »
Kojirô avait tenté d'apaiser Neeve, mais cette dernière venait de voir rouge. Elle lui écrasa le pied et balança son sac avec force dans l'estomac du joueur pour se dégager et avança à grands pas vers le lycée.

Le temps de retrouver son souffle, de se masser le ventre et de vérifier qu'elle ne lui avait pas troué ses chaussures avec ses talons-aiguilles, Neeve et Hikari avaient disparu. Kojirô grogna et se dirigea vers les vestiaires. Il était bougon et l'équipe adverse allait faire un parfait défouloir. Il les plaignait presque…

Ils gagnèrent 3-0, trois magnifiques buts de Kojirô qui avait également envoyé un défenseur à l'infirmerie. S'il était assez con pour essayer de lui faire un tacle…. Il pensait en avoir fini avec les ennuis mais c'était parler trop vite. Il commença par se douter de quelque chose quand Ken se précipita dans les douches après le match. Histoire de savoir de quoi il retournait, Kojirô proposa d'aller célébrer leur seconde victoire dans un café. Toute l'équipe et l'entraîneur approuvèrent mais Ken déclina car il avait d'autres projets. Et quels projets ! Neeve et Ayame l'attendaient à la sortie des vestiaires, et Kojirô, pris à son propre jeu, dut aller au café et laisser son meilleur ami partir avec les deux jeunes filles.

Il décida d'en avoir le cœur net. Après le pot, il se dirigea chez Ken. Une servante lui ouvrit la porte. Kojirô avait toujours du mal à imaginer que la famille Wakashimazu avait une grande demeure traditionnelle accolée au dojo familial, et qu'elle employait près de dix personnels de maison. Dès le début du couloir, il entendit les rires aigus des filles et la voix grave de Ken. Ils semblaient bien s'amuser et parlaient fort.
- « Non, Ken, pas comme ça ! » disait Ayame
- « Mais où donc est-ce que je suis sensé mettre mon truc hein ? »
- « Oh lala ! Qu'est-ce qu'il est grand ! » s'exclama Neeve.
- « Qu'est-ce que tu croyais ? C'est un vrai, certifié conforme Wakashimazu ! »
- « Tu t'y prends mal Ken… » reprit Ayame. « On voit bien que c'est ta première fois ! »
- « Laisse-moi t'aider ! » proposa Neeve.
- « Hé, pas les deux en même temps, je ne vais pas y arriver moi ! » protesta Ken.
- « Allons, ne te sous-estime pas ! »
- « Mince, Neeve tu as les mains froides ! Ça n'aide pas du tout ! »
Kojirô n'en crut pas ses oreilles. Est-ce que…. NON ????!!!!
- « Hé, Ken ! » appela-t-il tout haut.
Les voix dans la chambre se turent immédiatement. Puis des bruits de bousculements, des chuchotages et des rires étouffés.
- « Euh… Kojirô c'est toi ? » demanda Ken d'une voix un peu tremblotante.
- « Tu espérais quelqu'un d'autre ? »
- « Euh… attends deux secondes. »
Les bruits et rires continuèrent, et il entendit clairement Ken murmurer :
- « Arrêtez les filles. » Mais les filles continuèrent de rire. « Bon ça suffit maintenant ! Allez vous rhabiller ! Là-dedans » gronda-t-il doucement.
A ces mots, le sang de Kojirô ne fit qu'un tour. Il se précipita et fit glisser la porte coulissante de la chambre de Ken. Il eut juste le temps d'apercevoir la porte donnant sur la pièce d'à côté en train de se fermer.
Ken était torse-nu, les cheveux emmêlés et se tenait un peu penaud au milieu de sa chambre qui était en désordre monstre. Même son lit avait été dérangé.
- « Euh, salut capitaine… » Le fait de se faire appeler capitaine enflamma Kojirô. Il resta debout, ouvrant et fermant la bouche sur des mots qui ne voulaient pas sortir et agita son bras en pointant vers la porte. Il était tout rouge.
- « Ah… euh…je sais que cela peut porter à confusion… » bafouillait Ken en cherchant désespérément son T-shirt. De leur côté de la paroi, Ayame et Neeve éclatèrent de rire.
« Mais…mais il y a une explication… je jure… »
- « Non ! » hurlèrent les deux filles ensemble. « Ne lui dis rien, ça ne le regarde pas ! »
Elles ouvrirent la porte. Elles étaient toutes deux habillées normalement. Neeve avait un gros sac en bandoulière et Ayame portait le tailleur de Neeve sur un cintre dans une housse protectrice.
- « Salut Hyûga-san ! » firent-elles de concert d'une voix joyeuse. Trop joyeuse.
- « Je dors chez Ayame ce soir. » annonça Neeve en tapotant son gros sac.
- « Ken, tu as promis ! Pas un mot ! » avertit Ayame. Elle se mit sur la pointe de pieds pour embrasser Ken sur la joue. « Merci pour tout, tu as été fantastique ! »
- « Oui, merci Ken ! » dit Neeve. « C'est toi le meilleur ! » Elle embrassa Ken sur l'autre joue.
Kojirô regarda la scène, toujours aussi rouge, toujours planté là, toujours en pointant du doigt, cette fois, vers son meilleur ami et les deux filles.
- « Je t'enverrai les photos, Ken ! » ajouta Ayame en passant sur la droite de Kojirô. « Au revoir Hyûga-san. »
- « Il faudra se refaire ça ! » conclut Neeve en passant sur la gauche de Kojirô. « Au revoir Hyûga-san. »
Ce dernier pivota pour les suivre du doigt et du regard. Regard qui revint foudroyer Ken, bouche qui se rouvrit, et doigt qui alterna entre porte et torse de Ken. Devant cette allégorie de la colère indignée, Ken retomba assis sur son lit et se passa la main sur le visage d'une main lasse.
- « Oh, Kojirô, ces filles, elles sont épuisantes ! »

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Mwahahahaha ! D'après vous, que faisaient Ken et les filles ensemble ? Ken va-t-il se prendre un poing dans la figure ? Kojirô va-t-il pleurer ? La suite… bientôt…

Mwahahahahah

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