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Un coucou à Genzo Wakabayashi qui m'a demandé la suite. Donc voici voilà. Je confesse ne pas être très contente du dernier paragraphe mais bon…
Un grand merci à ma revieuse éclair, FicandRea ou Asuka. J'espère que tu vas encore rire toute seule dans ce chapitre. Enfin, assure-toi d'être seule dans la maison.
Enfin, un super gros câlin à Nix/Kiito qui continue à corriger mes fautes. Apparemment, je publie si vite qu'elle commence à ramer ! Je vais donc ralentir un peu. En plus je viens de me chopper une sorte de grippe donc rester devant mon écran d'ordi est difficile pour moi.
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Publié : 16 décembre 2007
Révisé : 28 décembre 2007
Révisé : 28 février 2008
Chap 20 – Il n'est point de bonheur sans nuage.
- «
Et comment est-ce que je suis censé interpréter ce
genre de phrase hein ? » réussit enfin à
hurler Kojirô. Ça faisait du bien de se défouler
un peu.
- « Pitié
Kojirô ! » gémit Ken en s'affalant sur
son lit. « Combien de fois devrai-je te le dire ? Il
n'y aura jamais rien entre Neeve et moi. Ou Ayame. »
- « Encore
une fois. En fait, à chaque fois que je vous vois ensemble. Je
ne lui fais pas confiance. »
- « C'est
justement pour ça qu'elle fait tout pour te mettre des
doutes. Ça l'amuse. Le jour où tu arrêteras de
la suivre ou de la soupçonner, elle va se calmer… »
- « Ou
elle trouvera une autre bêtise à faire… »
- « Ou
bien trouvera une autre bêtise à faire… »
admit Ken.
Mais
Kojirô réfléchissait. Ken n'avait peut-être
pas tort. Et connaissant Neeve comme il commençait à la
connaître, il pouvait s'imaginer le plaisir pervers qu'elle
et Ayame pouvaient prendre à manigancer leurs prochaines
embrouilles.
- « Donc,
qu'est-ce que vous foutiez tous les trois dans ta chambre ? »
demanda-t-il.
- « Je
ne peux rien dire, j'ai promis. »
- « Je
ne dirai pas que tu me l'as dit. »
- « Non. »
-
« Ken ! » gronda Kojirô.
-
« Kojirô ! » gronda Ken.
- « … »
- « … »
- « Et
c'est quoi cette histoire de photos ? »
-
« Hummm…. » Ken se retourna pour enfoncer son
visage dans son oreiller. « J'avais oublié ces
photos…. Elles sont épuisantes… »
- « Si
ça peut te consoler, dis-toi que je m'en tape une à
la maison… tout le temps… »
Ken releva
la tête et regarda son capitaine avec un œil nouveau, plein
d'admiration. Il comprenait mieux pourquoi Kojirô avait été
d'une humeur exécrable les premiers temps après le
déménagement.
- «
Ouais je vois… Mais qu'est-ce que tu viens faire ici ? C'est
rare que tu viennes sans invitation. D'habitude il faut de tirer
par la peau du cou… »
Kojirô
n'osa pas admettre qu'il était venu pour vérifier
ce que Neeve trafiquouillait. Mais il avait une réponse toute
faite.
- « J'ai
croisé Rai. Il a un match ce soir à Tôhô et
je pensais aller y faire un tour. Histoire de l'encourager. Tu veux
venir ? »
- « Depuis
quand tu t'intéresses au basket toi ? »
- « Depuis
que je veux battre Neeve à chaque fois que nous jouons. Elle
est mauvaise perdante. » avoua Kojirô avec un
sourire chafouin. « Et puis, c'est un peu pour remercier
Rai pour la soirée… »
- « Oui
pourquoi pas ? »
- « Hé,
tu ne m'as jamais raconté, qu'est-ce qui s'est passé
après la piscine ? Tu es parti sans que je ne m'en
rende compte… »
- « Bof,
j'ai rencontré une fille. Je l'ai raccompagnée chez
elle. »
- « Et ? »
- « J'ai
rendez-vous vendredi soir avec elle… »
- « Et
tu me cachais ça ? » Kojirô bondit sur
le lit et entreprit de bourrer son goal de coups de poings.
- « Et
toi alors ? Tu as fini la soirée chez Rai non ? »
-
« Hein ? » Kojirô regarda son ami
d'un air vide.
- « Chez
Rai ou avec Rai ? Est-ce que je dois être jaloux, mon
chaton ? »
- « Avec …
Rai ? Chaton ? CHATON ? »
Les deux
garçons se bagarrèrent jusqu'à ce que Ken gagne
et pousse Kojirô hors du lit. Puis comme il était
l'heure de partir, Ken alla se changer. Kojirô en profita
pour passer un coup de téléphone sur son #'' de
portable.
-
« Allooooooooo ? Hyûga-san ?»
fit Neeve en rigolant.
- « Tu
ne t'arrêtes donc jamais non ? Il te faudrait un bouton
off/on. »
- « Que
me vaut l'honneur ? »
-
« Comment s'est passé ton entretien ? »
Kojirô décida d'ignorer la moquerie.
- « Bien.
Malheureusement, j'ai bien l'impression que je serai à
Tôhô l'année prochaine. »
- « Bien.
Je pourrai garder un œil sur toi. »
-
« Pardon ? »
- « Pour
cet après-midi… Je ne veux pas trop savoir dans quoi toi et
Miss Folle-Dingue junior avez embarqué Ken mais j'ai cru
comprendre qu'il y avait des photos. »
- « 'Tu
as cru comprendre' bien. »
- « Donc
je voulais m'assurer que ces photos seront gardées en…
sécurité… »
- « Mais
oui… Rassure-toi, on ne va pas abimer ton gardien. »
Kojirô entendit Ayame parler en arrière fond mais ne
comprit pas. Neeve éclata de rire.
- « Je
dois y aller ! Bye ! »
- « Et
att… » Elle lui avait raccroché au nez.
De toute
façon Ken était prêt. Sur le chemin vers le
lycée, Ken aborda un sujet délicat.
- « En
fait, c'est bien que tu sois passé. Je ne sais pas trop
comment le dire, alors je vais le dire comme ça vient. »
-
« Oui ? » Kojirô était à
la fois intrigué et méfiant. Il enfonça ses
mains dans les poches de son jeans, histoire de se donner contenance.
- « C'est
au sujet de ta sœur… »
-
« Laquelle ? »
- « Depuis
quand tu considères Neeve comme ta sœur ? »
Le ton neutre et la rapidité de la réponse avaient
surpris Ken. Kojirô semblait vraiment voir Neeve comme sa
petite sœur maintenant. Ken ne savait pas encore si c'était
une bonne chose mais…
-
« Qu'est-ce qu'elle a, Natsuko ? »
demanda Kojirô sans répondre à la question.
- « Euh…
en fait… On pense qu'elle est amoureuse de moi. »
Kojirô
s'arrêta et dévisagea Ken. Ce denier était
sérieux.
- « C'est
qui le 'on' ? »
- « Neeve
et moi. »
- « Ça
doit donc être vrai… » Kojirô continuait de
marcher tranquillement.
-
« Tu…n'es pas en colère ? »
- « Pas
vraiment… C'est une amourette de gamine, ça lui passera. »
- « Tu
es sûr que cela ne te dérange pas ? »
- « Bien
sûr que cela me dérange ! Ma sœur commence à
s'intéresser aux garçons ! Mais c'est un peu
normal qu'elle soit tombée sous le charme d'un de mes
copains. »
- « Une
sorte de complexe d'Œdipe ? »
- « En
gros, ouais. Tu fais attention à ne pas te moquer ou autre,
hein … »
- « Mais
oui… Et puis c'est flatteur… »
-
« Flatteur ? »
- « Neeve
m'a dit que toutes les filles se souviennent de leur premier amour.
Enfin amourette sérieuse. Tu te rends compte ? Une fille
va se souvenir de moi toute sa vie ! »
- « Comme
si c'était un exploit... »
- « Mais
euh… » Ken protesta en envoyant sur
super-coup-de-poing-dans-l'épaule-qui-déchire. « Et
puis cela pourrait être pire. » rajouta-t-il
-
« Comment ça ? » Kojirô
réussit à ne pas crier mais se massa l'épaule.
- « Elle
aurait pu tomber amoureuse de Kazuki ! »
-
« Beuuurk non. »
- « Ta
sœur a du goût. »
- « Ne
pousse pas ta chance… »
- « Oui
capitaine… »
Ils arrivèrent au gymnase et allèrent saluer Rai et l'équipe. Puis ils s'assirent sur des gradins près de Kazuki et de sa copine Miki et assistèrent au match. Cela faisait longtemps que Kojirô n'avait pas regardé un autre sport que du foot, même à la télévision. En fait, il n'avait jamais été spectateur lambda, dans le sens que pour une fois, il se contentait de hurler avec la foule et n'analysait pas le jeu des équipes, dans la perspective de monter une stratégie contre eux. Tôhô gagna de justesse. Ils félicitèrent leurs camarades mais Kojirô refusa l'invitation d'aller célébrer en club. Il avait eu une dure journée mine de rien. Il rentra tranquillement chez lui et croisa sa mère qui sortait du supermarché local. Comme tout bon fils dévoué, il l'aida à porter les paquets. Arrivés devant chez eux, Kojirô eut une… petite discussion avec la boîte aux lettres. La porte ne s'ouvrait qu'avec un coup de poing. Normal, c'était Shouta qui l'avait installée… Il se débarrassa de ses sacs sur la table de la cuisine et tria le courrier. Son magazine de foot. Des factures… Une lettre pour Neeve. Le timbre indiquait Sidney, Australie. Il monta et entra dans la chambre de Neeve. Toujours aussi peu rangée. Il posa la lettre sur son bureau, bien en vue et allait partir quand quelque chose attira son œil. Son propre nom. Sur un papier à lettres jaune avec un motif de fleurs en arrière plan.
Ah… cas de conscience… Etait-ce mal de lire le courrier de Neeve ? Mais c'était SON nom… Et puis ce n'était pas sa faute si elle laissait trainer des lettres à moitié finies. Il ignora la petite voix qui disait que la lettre trainait dans sa chambre à elle…
La lettre faisait déjà quatre pages. Les filles… Ça parle trop, ça rit trop, ça écrit trop. Il parcourut les premières pages rapidement. Des ragots. Yamashita était toujours aussi psychotique. Shun était toujours parfait. Ahah, elle mentionnait son nez. Et voilà qu'elle parlait de lui.
Je ne saurais comment décrire ma relation avec Hyûga-San. Il est énervant et bougon, toujours certain que la vérité sort de sa bouche. Pour autant, il n'est pas méchant. Imagine un ours. Un vieil ours solitaire qui essaye de faire peur. Note le « essaye »... Une sorte de grosse peluche quoi… C'est trop marrant de le taquiner… A chaque fois il tombe dans le panneau. A chaque fois, ça marche. Avec lui, ce n'est plus de la marche, plus de la course, ni même de l'endurance. C'est un marathon sprinté ! Tu penses bien que Ayame et moi nous en donnons à cœur joie. Le pire est sûrement le fait que ses deux copains s'en rendent compte mais qu'ils ne lui disent rien. J'aurais presque pitié… Moi sadique ? Non… Tu me connais…
La lettre continuait sur encore d'autres rumeurs. Kojirô reposa la lettre soigneusement là où il l'avait trouvée. Il ne pouvait s'empêcher de sourire… Il sentait un doux sentiment de revanche monter en lui. Il se frotta les mains et alla lire son magazine. Ce que la vie pouvait être bien faite des fois…
Il eut sa
vengeance le mercredi soir suivant. Il rentrait de son boulot au café
Ishiin et avait l'estomac dans les talons.
-
« Mamaaaaaaan ! » brailla-t-il
depuis la porte d'entrée. « Qu'est-ce qu'on
mange ? J'ai faiiiiiiim ! »
- « Je
t'ai déjà dit de ne pas hurler dans la maison. Bouge
tes fesses pour venir me parler. »
- « Oui
Maman… » Il alla embrasser sa mère sur le front.
« Manger ? » fit-il d'une voix pleine
d'espoir.
- « Tu
ne penses qu'à ça. » Keiko protégea
son saladier de crudités à grand renfort de cuillère
en bois. Les cuillères en bois avaient la vie dure dans cette
maison…
- « À
ça, le foot et les filles, oui. Pas nécessairement
dans cet ordre d'ailleurs.» riposta Kojirô. La remarque
refroidit Keiko.
- « Il
va falloir que nous ayons une petite discussion toi et moi. »
- « Non
pas vraiment. Mangeeeeer ? » supplia-t-il.
- « Le
dîner est presque prêt. Va donc aider Neeve à
ramasser le linge ! » ordonna Keiko.
Kojirô
s'exécuta en bougonnant. Il passa par sa chambre pour
déposer son sac et ouvrit la porte au bout du couloir.
- « Hase,
bouge ta graisse, j'ai faim. » Il empoigna le panier le
plus proche et entreprit de décrocher le linge.
-
« J'avais entendu… Comme tout Tokyo… »
-
« Ah-Ah-Ah… »
Kojirô
se retrouva à ramasser la lingerie. Il prenait les chaussettes
deux par deux, et les roulaient en paires. Il s'arrêta un
instant pour contempler la lingerie de Neeve. Ayant aidé sa
mère dans les tâches ménagères, il avait
déjà vu des soutiens-gorges et des culottes, mais il
devait admettre que Neeve avait des dessous plus … affriolants…
-
« Pourquoi tu regardes mon soutif avec cette tête de
demeuré ? » dit soudain Neeve derrière
lui. Il allait répliquer quand la lettre lui revint à
l'esprit. « Un vieil ours solitaire qui essaye de faire
peur » ? « un marathon sprinté » ?
Elle voulait jouer ? Ils allaient jouer…
- « Je
me disais que ce n'était pas ta taille… Tu triches ? »
- « Non,
je ne triche pas. C'est un pigeonnant que tu tiens. »
- « Un
quoi ? »
- « Un
soutien-gorge qui s'arrête à la moitié des
seins et qui les pousse vers le haut. »
- « Ouais…
de la triche quoi… »
- « Non
de la mise en valeur. Allez dépêche-toi. »
Neeve essaya de reprendre son soutien-gorge mais Kojirô le
garda à bout de bras et même en sautant elle était
trop petite. Il allait vu qu'elle était déjà
assez rose sur les joues. Il tendit les bras et examina le vêtement
avec attention.
- « Cette
couleur ne te va pas. » finit-il par laisser tomber.
-
« Occupe-toi des tes fesses. Je te pose des questions sur
la couleur de tes slips moi ? »
- « Oh,
je suis certain que tu connais déjà tous mes slips.
Intimement. »
- « Mais
bien sûr. Je te signale que c'est moi qui fais la plupart des
lessives. Et si tu continues à me chercher, je fais déteindre
mon ensemble rouge sur tes boxers. Tu auras l'air fin avec dans les
vestiaires avec des sous-vets roses… »
- « Parce
que tu as de la lingerie rouge ? Je n'étais pas au
courant… » fit-il d'une voix suggestive. Il lui
décrocha un regard par dessus l'épaule. Elle était
écarlate. « Est-ce que c'est un pigeonnant
également ? »
La jeune
fille lui arracha son soutien-gorge des mains et s'éloigna.
Kojirô en profita pour lui pincer les fesses. Sous le coup de
la surprise elle en lâcha son panier. Elle se retourna et se
retrouva face à face avec un Tigre prêt à donner
le coup de grâce.
- « Voyons
voir de quelle couleur est ton soutif aujourd'hui. » Il
l'entoura dans ses bras, ce qui fit rougir Neeve encore plus.
Rapide comme l'éclair, il glissa ses mains dans le dos de la
jeune fille et d'un coup adroit, détacha l'agrafe.
- « J'ai
gagné… » susurra-t-il de sa voix suggestive.
-
« Kyaaaaaaa ! » piailla Neeve en portant
ses mains dans son dos. Kojirô en profita pour la chatouiller.
En moins de deux secondes, elle avait fait un bond phénoménal
hors de sa portée.
Il éclata
de rire, un grand rire coquin et satisfait. Il prit les deux paniers
et rentra dans la maison. Mais Neeve n'avait pas dit son dernier
mot. Elle rattacha son soutien-gorge et se précipita derrière
Hyûga. Elle sauta sur son dos, enroula ses jambes autour de sa
taille et exploita le fait qu'il avait les mains prises pour lui
frotter les oreilles. Kojirô s'attendait à une astuce
du genre, aussi se mit-il à hurler « Maman, Neeve
essaye de me violer ! » tout en posant les paniers et
en se frottant aux murs pour tenter de déloger son poids.
- « Te
violer ? Dans tes rêves ! »
- « Oh,
ma petite, tu ne veux pas être dans mes rêves, c'est
interdit aux moins de dix huit ans. »
-
« Pervers. »
-
« Allumeuse. C'était toi ou moi qui étais
à moitie nue chez Ken ? »
-
« C'était Ken qui était à moitie
nu. »
- « Et
toi, bien sûr, tu ne te rinçais pas l'œil non ? »
- « Tu
vas voir ! »
- « Je
t'attends gamine. Tu es née dix ans trop tôt pour
pouvoir gagner contre moi. »
Kojirô
se pencha brusquement en avant et Neeve glissa sur le sol. Elle se
retint en attrapant le T-shirt de Hyûga aux épaules et
se retourna. Avec un sourire, il lui balaya les jambes d'un coup de
pieds et accompagna la chute. Il prit tout de même la
précaution de lui tenir la tête pour qu'elle ne se
cogne pas. Neeve, entre le choc de la culbute, et le poids de Kojirô
qui s'était étalé sur elle, avait le souffle
coupé et resta immobile pendant une seconde. Suffisamment de
temps pour que Kojirô se remette à la chatouiller, mais
cette fois, elle ne put s'échapper.
Alertés,
voire affolés par les cris et les bruits, les deux parents
montèrent voir ce qu'ils se passaient. Ils virent une Neeve
maintenue au sol par un Kojirô goguenard. Il releva la tête
vers elle.
- « J'ai
dû me défendre, elle en avait après mon corps de
rêve ! »
- « Rêve,
mon œil. »
- « Hé,
qui a sorti a MON entraîneur que les joueurs de FOOT avaient de
BELLES cuisses, hum ? » Neeve se mordit les lèvres.
« J'ai encore gagné » souffla-t-il
doucement à son oreilles de sorte que 1. Les parents
n'entendent pas et que 2. Elle rougisse encore plus. Il savait que
les oreilles étaient des zones érogènes.
- « Bon,
ce n'est pas encore fini ces sottises ? » rouspéta
Shouta. « Neeve, tu laisses Kojirô-kun
tranquille. Et interdiction de faire un mauvais tour avec son
linge. » Neeve ouvrit la bouche pour protester. « Non,
ma fille, je te connais. »
- « Gagné
encore. Cela fait trois à…oh…que dalle. » Neeve
essaya de se dégager mais rien à faire contre la poigne
de fer de Kojirô.
Kojirô
se releva et sans un regard ou geste pour Neeve, descendit. Elle le
suivit, les paniers de linge dans les bras. Kojirô allait
s'asseoir à table lorsqu'elle passa derrière lui et
d'une main agile et froide, attrapa le haut de son slip et tira
vers le haut. Le vêtement glissa dans une position
inconfortable pour tout garçon, mais connue de toutes les
filles : un string. Loin de se laisser faire, Kojirô
riposta :
- « Maman,
elle vient de me mettre la main aux fesses ! »
- « C'est
très bien, Neeve, continue comme ça ! »
encouragea Keiko. Devant l'air outré de son fils, elle
ajouta : « Désolée, solidarité
féminine. »
Neeve
s'assit en face de lui et lui adressa un sourire narquois. Kojirô
la regarda et articula en silence « Trois à un. Je
gagne toujours. » Elle se contenta de hausser son sourcil
droit et entreprit de donner un bon coup de pied dans le genou du
footballer qui grinça des dents en faisant trembler toute la
table quand il se baissa pour se masser.
- « Je
préférais presque quand ils se disputaient… »
continua de râler Shouta. « On mange… En paix ! »
- « Oui
Papa » fit Neeve d'une voix douce. « Oh !
J'ai les tickets pour mon récital de danse ! »
Kojirô
grogna. De la danse… « Tu as intérêt
à venir ! »
- « J'ai
un match. »
-
« C'est le soir. »
- « Bien
sûr que Kojirô-kun va venir. Après tout, Neeve est
bien venue pour ton match. » intervint Shouta, à la
désolation du jeune homme. En face, Neeve fit « Trois
- deux » avec ses mains.
Le combat
s'arrêta parce que les deux adolescents étaient trop
occupés à manger. Ils se disputèrent la dernière
part de poulet.
- « Si
tu manges trop, tu ne pourras plus rentrer dans tes vêtements. »
dit Kojirô. Il gagna.
Kojirô
marqua finalement le dernier point de la soirée. Lui et Neeve
venaient de finir de se brosser les dents et allaient se coucher.
- « Bonne
nuit ! » lança-t-il à Neeve.
- « Oui,
c'est ça bonne nuit ! ». répondit-elle
d'une voix bougonne. Elle entra dans sa chambre. Il compta jusqu'à
vingt et alla ouvrir la porte de sa chambre juste ce qu'il fallait
pour passer la tête. Comme il s'y attendait elle était
en train de se changer.
- « Donc,
ton soutif est rose aujourd'hui…Intéressant… »
- « Espèce
de… » Elle lui jeta un livre à la figure. Il
ferma la porte, compta jusqu'à dix et rouvrit.
- « Hé,
tu as vraiment de la lingerie rouge ? »
- « MAIS
VAS-TU…??? »
Cette fois
il ferma la porte pour de bon et alla se coucher en éclatant
de rire. « Six-deux Hase ! Six-deux ! »
Ce que la
vie pouvait être bien faite des fois…
Le
lendemain matin, Shouta dut se réveiller plus tôt que
prévu. Neeve lui avait demandé de la conduire à
son collège en voiture parce qu'elle avait trop de choses à
porter. St Elizabeth tenait son festival culturel toute la journée
de samedi et Neeve, en tant que déléguée, avait
été chargée de l'organisation des activités
de sa classe. En revenant de sa distribution, Kojirô fut
embauché comme baudet de service et dut aider à charger
la voiture.
- «
Mais qu'est-ce que tu as mis dans ses cartons ? »
râla-t-il.
-
« T'occupe. Pousse aussi fort que tu es bête et ça
ira comme ça. »
Enfin Miss
Catastrophe fut partie, et Kojirô alla prendre son
petit-déjeuner. Il était content qu'elle dorme chez
Ayame ce soir, parce qu'il n'avait pas envie de reprendre leur
petite guerre. En arrivant au vestiaire pour déposer son sac
de sport, il apprit que l'entraîneur imposait une session
complémentaire le matin. Toute l'équipe se récria,
en conséquence de quoi, Kitazume décida que la première
séance commencerait demain et non lundi.
Ledit
vendredi fut morose pour tous. Le vent soufflait fort et il faisait
froid. Suffisamment froid pour que l'entraînement du matin
soit pénible et celui du soir douloureux. Kojirô rentra
épuisé. Heureusement Neeve était occupée
et la famille Hase-Hyûga passa une soirée au calme.
Samedi matin, Kojirô eut l'impression de se lever aux aurores
pour faire sa distribution de journaux et être à l'heure
pour l'entraînement. En revenant, il croisa Neeve dans la
cuisine. Elle consultait des papiers, éparpillés sur le
comptoir.
-
« Qu'est-ce que tu fais si tôt ? »
Elle avait l'air fatiguée. Ces yeux étaient rouges et
cernés.
- « J'ai
encore une tonne de trucs à régler pour le festival. Et
j'ai une répétition ce matin. Galère ! »
- « Je
ne te le fais pas dire… » Il s'assit et contempla ses
céréales d'un air morose. « Oh, Kazuki
demande s'il peut venir après le match. »
Natsuko,
Mamoru et Takeru allaient voir leur frère jouer à Tôhô,
puis ils allaient tous ensemble faire un tour au festival avant
d'assister au récital de danse.
- « S'il
se tient bien, pas de problème. »
- « Je
te rassure, il est bien dressé, il fait le chien fou mais il
ne fait qu'agiter la queue. »
Neeve
s'étouffa avec son thé et le regarda bizarrement.
- « Mais
ce n'est pas vrai ! Tu as vraiment l'esprit mal placé ! »
protesta le jeune homme en réalisant ce qu'il venait de
dire.
- « Aussi…
Mais l'idée d'un Sorimachi en laisse… en chien…. Genre
caniche vicieux… » Les deux adolescents échangèrent
un rire complice. « Je donnerai son nom à
l'entrée. » reprit Neeve en rajoutant une ligne à
sa ligne à sa liste des choses à faire. « Quelqu'un
d'autre ? »
- « Ken
viendra je suppose… »
- « Il
a déjà un ticket. »
- « Hein ?
Mais qu'est-ce que vous farfouillez ensemble ? »
- « Hum…
Nous ne sortons pas ensemble si c'est ce que tu veux dire. »
- « Je
sais… »
- « Est-ce
que cela te dérange que je sois amie avec Ken ? »
demanda Neeve en le regardant droit dans les yeux.
- « Non
mais… »
- « Ne
t'inquiète pas, je ne vais pas te voler ton meilleur copain.
Je ne me mettrai pas entre vous. »
- « Ce
n'est pas ce… »
- « C'est
exactement ce que tu veux dire. Ken est un ami. »
-
« M'ouais…. »
- « Bon,
je vais être en retard. Si d'autres personnes viennent, elles
devront payer le ticket d'entrée. Pour les étudiants,
c'est trois euros, donc cela devrait aller non ? »
-
« M'ouais. »
- « Arrête
de bouder, ça te donne des rides. Bonne chance pour le
match. »
Et Neeve
partit en coup de vent.
Les cours du matin furent une catastrophe. Aucun des 3K ne prêtèrent la moindre attention aux professeurs. Le match cet après-midi occupaient toutes leurs pensées. Leurs adversaires étaient féroces, et d'ailleurs, ils les avaient battus l'année dernière. Après que Kojirô ait grondé un « Quoi ? » sonore et agressif à la professeur de physique-chimie qui lui demandait de bien vouloir arrêter d'utiliser les fioles pour symboliser les joueurs dans son plan stratégique qu'il exposait à Kazuki (Un « Quoi » qui la fit presque pleurer…), le mot passa et il fut laissé en paix. Ils passèrent l'heure d'anglais à discuter de stratégie dans leur coin. Prudent, le prof ne dit rien. Il tenait à la vie.
Tôhô gagna de justesse 2-1. Bien qu'ils aient ouverts la marque, ils avaient été dominés pendant toute la partie. Kojirô enrageait. Leur défense était nulle. S'ils ne se prirent qu'un seul but, c'est bien uniquement grâce au talent de Ken. Hyûga égalisa en toute dernière minute après une offensive qui tenait plus une mission suicide qu'à du foot. Kitazume n'était pas content et leur passa un savon du diable dans les vestiaires.
Aussi
aucun des trois footballeurs n'étaient très
enthousiaste quand ils arrivèrent à St Elizabeth. Ken
et la famille Hyûga montrèrent leurs tickets et Kazuki
reçut le sien. Bien que la jeune fille à l'entrée
soit très jolie, il ne dit rien et remercia poliment. Kojirô
lui avait fait la leçon avant de venir. Cependant il eut un
hoquet en voyant deux filles traverser devant lui, déguisées
en danseuses des îles, donc très peu vêtues. Le
thème du festival était « Voyage dans le
Temps Autour du Monde » et chaque classe représentait
une nation à une certaine époque. Angleterre
Victorienne se mêlait à la Renaissance Française,
un chasseur de mammouth rigolait avec un sénateur de la Grèce
Ancienne.
- «
Euh… Tu sais dans quelle classe est Neeve ? »
demanda Ken.
- « Non. »
répondit Kojirô platement. Il boudait encore un peu.
- « En
3-E » informa Natsuko. « Elle est dans ce
bâtiment. »
-
« Comment sais-tu ça ? » s'étonna
son frère aîné.
- « Je
suis déjà venue… »
-
« Quand ? »
- « Un
jour. »
La jeune
fille laissa son frère ruminer cette très énigmatique
réponse et mena la troupe au deuxième étage. Ils
passèrent devant la Russie des tsars, l'Egypte pharaonique
et les Inuits, avant d'arriver devant une porte encadrée
d'une lourde tapisserie pourpre. A l'intérieur, ils furent
accueillis par un garçon déguisé en éléphant
blanc. La classe de Neeve incarnait la Perse des Milles et une Nuit.
Le décor mélangeait des éléments arabes
et indiens. Le sol disparaissait sous les coussins et les tapis
orientaux. Des petites tables étaient disséminées
ici et là, pour les visiteurs. Une jeune fille assise par
terre dans un coin faisait semblant de jouer du sitar, la musique
provenant d'un poste CD à côté d'elle. Le
groupe choisit une table, et immédiatement un garçon
habillé tout en blanc avec un turban sur la tête et une
épaisse écharpe en soie en guise de ceinture vint leur
apporter du thé à la menthe. Au fond de la classe, des
filles faisaient une danse du ventre. Kazuki se tint très
droit et silencieux.
Ayame
déguisée en Jasmine de « Aladin »
apparut à ce moment, portant un énorme fait-tout suivie
par une Neeve, qui elle aussi avait un récipient. Cette
dernière était déguisée en génie,
avec un pantalon de soie serrés au chevilles, un haut aux
manches longues couleur chair que Kojirô soupçonna être
un justaucorps de danse, et un court gilet cintré au niveau de
la poitrine. Des bracelets en or lourd clinquaient tout le long de
ses bras. Elle les aperçut et s'empressa le rejoindre.
- «
Salut ! Comment était le match ? »
- « On
a gagné… » grommela Kojirô, le nez dans sa
tasse.
-
« Bravo ! Je suppose que vous avez faim ? »
-
« Toujours ! » firent en cœur les trois
joueurs. Mamoru et Takeru hochèrent la tête.
- « Goûtez
donc ça ! »
La classe
avait préparé du riz au curry et des samosas. Ce
n'était pas très persan, mais bon. Puis elle leur fit
faire le tour du festival et les laissa dans la cour devant le stand
de l'Espagne Moderne. Il s'agissait d'une machine automatique
en forme de taureau qui se mettait à ruer de plus en plus
fort. Le but était de rester accroché le plus
longtemps. Aussitôt les cinq garçons voulurent jouer.
Natsuko se contenta de rire et de prendre des photos avec son nouvel
appareil. Le temps passa et Kojirô se dérida, surtout
après qu'il eut gagné un ticket pour un hot-dog au
soufflé de fléchettes par sarbacane du stand de la
tribu Papou. Natsuko colla un peu Ken qui ne s'en offusqua pas et
alla même jusqu'à lui gagner un T-shirt trois fois
trop grand pour elle au stand de tir de l'Amérique d'Al
Capone.
Bientôt la nuit fut bien installée. Keiko et Shouta les rejoignirent et ils allèrent s'installer dans la cours du lycée pour le récital de danse. La scène était éclairée par des faux flambeaux. Ken s'éclipsa et revint accompagné d'une vieille dame, qui s'avéra être sa grand-mère. Kojirô se demanda pourquoi sa grand-mère était venue, mais il eut vite sa réponse. Le spectacle était une adaptation des contes traditionnels japonais. Neeve et Ayame avaient les rôles principaux et dansaient vêtues de magnifiques kimonos que la grand-mère de Ken avaient bien voulu leur prêter. Malgré sa réticence, Kojirô se trouva captivé par le spectacle. Neeve et Ayame dansaient vraiment très bien, tant les danses traditionnelles que des chorégraphies plus modernes. Lorsqu'elles interprétèrent la danse finale avec les éventails colorés, il ouvrit de grands yeux.
Le récital
se termina et la famille attendit que les « artistes »
se changent. Le premier geste des deux jeunes filles fut d'aller
remercier chaleureusement la grand-mère de Ken pour les kimono
et accessoires. Elles la raccompagnèrent à la sortie et
lui trouvèrent un taxi. Puis elles revinrent vers le groupe.
Alors que Neeve était accaparée par Shouta et Keiko,
Ayame se glissa entre Ken et Kojirô.
- « Psstt,
j'ai les photos !! » fit-elle en sortant une
pochette de son sac. Ken essaya désespérément de
les attraper mais Kojirô intercepta la main d'Ayame. Après
juste un coup d'œil, il pleurait de rire. Samedi dernier, les
filles étaient passées chez Ken pour essayer les
kimonos. Elles en avaient profité pour déguiser Ken en
geisha, le forçant à passer un kimono traditionnel avec
un Obi long de dix mètres. Une photo le montrait momifié
dans le tissu. Sur une autre, les trois posaient comme des danseuses
de French Cancan, montrant leur jambe par l'ouverture du kimono.
- « Tu
as de belles gambettes » commenta Kojirô en
remettant les photos dans la pochette.
Ken
s'empara du tout et le fourra dans sa poche.
- « Je
vous déteste tous !»
- « Allons
bon, moi qui pensais que tu étais en osmose avec ton toi
féminin… Je ne vois pas ce qui reproche à ses
photos, tu fais une superbe geisha… Et puis ne t'inquiète
pas, j'ai toujours les originaux dans mon ordinateur à la
maison. J'en ai même fait mon fond d'écran.»
déclara doucement Ayame.
-o-o-o-o-o-o-
Et voilà. La vérité sur les photos. La vérité sur la scène du chapitre précédent. Une grande question : trouvez-vous ce Kojirô taquin hors caractère ?
