De l'orthographe des prénoms et des noms
Je viens d'apprendre que les prénoms japonais ne prenaient jamais d'accent, et que donc Ayamé devrait être Ayame. De plus, j'aurais dû écrire Toohoo ou Tôhô, tout comme Hyûga devrait être Hyuuga ou Hyûga, pour signifier un long « o » et « u ». Bon ben, mince alors. Zut. Crotte. Caca boudin. – Et oui, je viens de me taper une séance de babysitting.
Et accès de flemme aigue, je ne vais pas chambouler toute ma fic. Ben bon, vous ferez avec, hein ? Vous allez être gentilles, hein ? Vous allez toujours m'aimer, hein ?
Autre chose, pour répondre un message privé. Le prénom de Neeve s'écrit bel et bien Niamh, mais se prononce « Neeve » à l'anglais, donc « Niiiiv » à la française. Donc oui je devrais écrire Niamh, mais :
Mon amie Ecossaise dont j'ai pris le nom écrit elle-même Neeve et pas Niamh (parce que même en Ecosse ils ne savent pas que Niamh Neeve, et elle en a marre d'entendre son prénom être charcuter.)
Neeve, c'est super plus rapide à taper sur le clavier que Niamh, donc voilà.
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Note 1: Ce chapitre m'a pris une éternité à écrire, parce que je n'avais pas du tout prévu la scène du dîner dans mon plan, et j'ai dû réfléchir – si, si je vous jure - pour vous donner un truc cohérent sans massacrer la chronologie des événements. Même chose pour la scène finale, mais heureusement, je sais déjà comment traiter ce passage inopportun.
Note 2 : Rythme de parution chamboulé pour raisons X Y et surtout de compagnies de déménagements qui puent.
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Chapitre 25 - Vouloir tout et son contraire.
Kojirô
mâchouillait sa cinquième part de pizza d'un air peu
commode. Il avait réussi à se contenir jusque là,
mais plus le repas s'éternisait, plus l'envie d'étrangler
Fujita montait en lui. En face de lui, Neeve faisait mille grâces
à son petit ami, qui se laissait servir comme un roi. Il
n'était pas le seul à regretter que la jeune fille se
comporte comme une dinde sans cervelle. Mamoru, à droite de
Kojirô et en face de Shun, faisait des grimaces à chaque
roucoulade.
- « Shun,
veux-tu de la royale ou de la quatre fromages ? »
-
« Huuuum… de la royale. » S'il te plait,
c'est pour les cochons ?
- « Neeve,
est-ce que je peux en avoir aussi, s'il te plait ? »
demanda Mamoru en tendant son assiette et en dévisageant Shun.
Kojirô sourit, dissimulant son contentement derrière sa
part de pizza. Mam et lui étaient vraiment sur la même
longueur d'onde.
- « Alors,
Shun-kun, as-tu décidé dans quelle université tu
vas t'inscrire ? » consulta Shouta.
- « Bah,
j'irai sûrement à Todai. » Mais bien
sûr, tout le monde va à Todai comme ça.
- « Waou,
tu dois être bon en classe ! » s'extasia
Natsuko. Elle, c'était sûr, ne captait pas les ondes.
- « On
fait aller. » répondit modestement Shun.
- « Mamoru
aussi, il ira à Todai ! » fit la petite voix,
un peu tranchante, de Takeru, bien qu'il ne sache pas ce que Todai
était exactement. Quelque part, l'admiration du petit garçon
pour Shun venait de disparaître. Peut-être en avait-il
assez de cette attitude du parfait jeune homme de bonne famille ?Voilà donc qu'il s'y met. Il est mal barré le
Fujita… Trois Hyûga sur le dos…
- « Euh,
oui, pourquoi pas ? Quand on se donne à fond, les efforts
sont toujours récompensés. » La voix de Shun
était affirmative et directe, et son regard n'était
pas moqueur. Au contraire, il semblait plutôt assuré du
succès futur de Mamoru. Mais loin d'apaiser Kojirô, sa
remarqua enflamma la colère du footballeur. Parce que lui,
bien sûr, il n'a pas à travailler dur ?
- « Mais
que veux-tu faire plus tard ? » interrogea Keiko.
- « Je
n'ai pas encore choisi pour de bon. J'aimerais bien étudier
le droit, mais je suis aussi attiré par le journalisme
politique. » Rien que ça ? Tu ne te prends
pas pour une merde, toi…
Mamoru
partageait aussi son sentiment. Il fut prit d'une crise
d'éternuements et Kojirô aurait pu jurer avoir entendu
un discret « Bouffon ! » dissimulé
au milieu. De nouveau il masqua sa joie, cette fois en avalant un
grand coup de coca. Takeru avait également compris, et il se
marrait bien. Les autres autour de la table ne comprenaient pas.
Leurs regards étonnés redoublèrent l'hilarité
du gamin. Au point que Kojirô et Mamoru se mirent à
ricaner à leur tour. L'aîné avait toujours le
nez dans son verre, ce qui fit qu'il inspira un peu du liquide
gazeux. Mamoru s'étouffa sur un morceau d'anchois et
Takeru rigolait parce que ses frères se mirent à
tousser en même temps.
- « Euh,
les garçons, tout va bien ? » enquêta
leur mère d'un ton suspicieux.
- « Ce
n'est rien, c'est un truc entre nous. » expliqua
Mamoru, le premier à se remettre de ses émois
alimentaires. Les trois Hyûga, en parfait harmonie et
totalement synchronisés, sourirent innocemment de toutes leurs
dents, puis échangèrent un regard entendu.
- « Vous
n'êtes pas frères pour rien ! »
s'exclama Shouta en riant aux éclats. Kojirô pouvait
voir que le chirurgien aimait beaucoup cette ambiance familiale, et
se sentit un peu coupable de ruminer dans son coin. Mais depuis quand
Shun faisait-il de la famille, hum ?
-
« Veux-tu du jus d'orange ? »
s'enquérait doucement Neeve auprès de ce dernier.Mais mince, laisse-le souffler, ton Shun, tu vas finir par
l'épuiser. Et puis, il est capable de se servir tout seul.
- « Non,
du coca, please. » Comme je me la joue, avec mon
sourire Colgate. Hein ? Quoi ? Comment ? Du coca ?
MON coca ? MON COCA ! Pas touche à
mon coca !
Rapide
comme l'éclair, avant même que Shun finisse sa phrase,
Kojirô s'empara de la bouteille et entreprit de se servir. A
son plus grand plaisir, il finit la bouteille.
- « Oh,
mince. Désolé. »
- « Ce
n'est pas grave. Je vais chercher une autre bouteille. »
fit Neeve d'un ton un peu sec en commençant à se
lever.
- « Pas
question ! Ne bouge pas, la bancale ! » Kojirô
n'avait pas prévu que Neeve se dévoue à ce
point et voilà que son mauvais tour se retournait contre lui.
Ou elle.
- « Je
vais y aller. » proposa Mamoru. Intrigué par cet
élan de générosité, Kojirô regarda
son benjamin repousser sa chaise et aller dans la buanderie chercher
une nouvelle bouteille. « Elle n'est pas fraiche… »
- « Prends
des glaçons. » suggéra Neeve. Mamoru
s'exécuta et revint avec un bol de glaçons et une
bouteille plastique qu'il ouvrit dans un grand « Pssssiiiit »
pétillant.
-
« Tiens ! » Mamoru voulu mettre un glaçon
dans le verre de Shun, mais rata son coup. Le cube froid rebondit sur
le bord du verre et tomba sur la nappe. « Oups ! »
Il se pencha le pour le ramasser, mais comme par hasard… son
coude heurta la bouteille de coca encore ouverte qui alla se déverser
sur les genoux du lycéen. « Ooooooups !
Pardon. »
Encore une
fois, Kojirô et Takeru durent trouver un moyen de cacher leur
hilarité. Takeru s'éclipsa sous la table, à la
poursuite du bouchon qui avait roulé hors de vue, pendant que
Kojirô s'éloignait dans la cuisine, pour aller prendre
une éponge. Neeve et les parents étaient en train de
sauver le reste des pizzas ou de sécher Shun, ce qui laissa
suffisamment de temps aux trois Hyûga pour partager un sourire
goguenard.
- « Ce
n'est rien, ce n'est rien ! ». Shun essayait de
rassurer Neeve qui se lamentait du sort de son pantalon.
- « Mais
c'est ton pantalon d'uniforme ! Il faut mieux laver tout de
suite avant que les taches s'incrustent. »
- « En
effet. Kojirô, prête donc quelque chose à Shun-kun
pendant ce temps. » décréta Keiko. Shun
protesta fortement. Les sourires des Hyûga se figèrent
un instant, avant que Kojirô ne se reprisse, et élargisse
le sien.
-
« D'accord. Par ici. Mais tout risque d'être un
peu grand, bien sûr. » Espèce de
demi-portion.
Shun
suivit Kojirô dans sa chambre et resta sur le seuil et examina
la pièce pendant que Kojirô fouillait dans son armoire à
la recherche d'un truc à passer à l'abruti de
service. Un truc qu'il ne met plus parce qu'après, il
allait bruler le vêtement. Beeeurrrrk…. Pas moyen qu'il
porte un habit dans lequel Fujita avait posé ses fesses.
- « Tu
ne penses vraiment qu'au foot. » C'est marrant, quand
Neeve lui avait dit ça récemment, il avait prit ça
plutôt comme un compliment. Mais là, les mêmes
mots dans la bouche de Shun sonnaient comme une injure.
- « Et
alors ? »
- « Rien.
Ta chambre est froide, sans personnalité. » C'était
une insulte à peine voilée.
- «
On sent l'expert. » Kojirô lui lança un bas
de jogging élimé. Shun déplia le vêtement
et te tint à bout de bras.
- « Comme
je disais, sans personnalité. Enfin, ce n'est pas étonnant…
de la part d'un sportif de haut niveau. » Le
jeune homme alla s'enfermer dans la salle de bains pour se changer.
Kojirô serra les poings et redescendit dans le salon pour
éviter de fracasser la porte et d'aller noyer Shun dans le
bac à douche. Si, si, il était certain d'y arriver.
« Quand on se donne à fond, les efforts sont
toujours récompensés. » Non ?
En
attendant que le pantalon de Shun soit nettoyé, Shouta invita
tout le monde à faire une partie de Monopoly. Kojirô
grogna tout bas. Monopoly. Un jeu de pure chance… Mais les Hyûga
avaient plus d'un tour dans leur sac, et Dame Chance dut battre
retraite devant une série d'échanges de billets sous
la table. Sans grande surprise pour eux, Mamoru finit premier, et
Shun bon dernier. Les trois frères se réjouirent de
leur victoire commune et papotèrent joyeusement pendant que
Shun se changeait. Takeru vint curieusement s'asseoir près,
très près de son aîné, mais son
comportement s'expliqua très vite. Shun redescendit les
escaliers avec un pantalon jadis bleu couvert de coca, maintenant
bleu avec des marques roses ici et là. Kojirô ne put se
retenir et éclata de rire. Il serra Takeru contre lui et
discrètement tapa dans la main de Mamoru.
- « Mais…
mais…. » Neeve était stupéfaite et
confuse.
-
« Apparemment, il restait un T-shirt rouge au fond de la
machine. » expliqua Keiko.
- « Oh,
Shun je suis désolée ! »
- « C'est
bon Neeve, ce n'est qu'un pantalon. » Mais la voix de
Shun était un peu dure. Du coup, les Hyûga se sentirent
mal. Tout retombait encore sur Neeve. Shun saluait Shouta et Keiko,
qui laissèrent Neeve accompagner son petit ami jusqu'à
la porte. Porte qui se referma derrière eux… Kojirô
regarda Shouta, pensant que celui-ci allait exploser, mais au
contraire, le voilà qui secouait la tête en souriant.
Cependant, comme Neeve ne rentrait pas, il décida qu'il
était temps de vider les poubelles. Pff… les pères….
Comme quoi, ils disent une chose et font le contraire. Kojirô
se rappelait très bien avoir entendu une menace du genre « tu
embrasses Shun devant moi et je te mets au couvent » le
jour du déménagement. D'accord, techniquement
parlant, ils n'étaient pas devant lui, mais Shoutadevait bien savoir qu'ils n'étaient pas en train de
se réciter de la poésie. Kojirô monta la courte
volée de marches vers le palier en un grand pas et remonta le
couloir rapidement. Mais Neeve entrait déjà, bataillant
avec ses béquilles.
- « Ah !
la poubelle…Tu as pensé au recyclage ? »
- « Oui,
oui, oui… » grommela Kojirô. « Le
carton, le plastique et le verre… »
-
« C'eeeeest biiiiiiien. »
Elle avait
vraiment le chic pour l'énerver. Il n'arrivait pas à
comprendre comment Shun pouvait la supporter. Enfin, si, il pouvait
comprendre comment… ou du moins pourquoi. Sale abruti pervers…
Il passa devant ledit abruti pervers qui était en train de
monter sur son scooter, pour aller mettre les sacs dans leurs
poubelles respectives.
- « Hé ! »
-
« Quoi ? » grogna le footballeur en se
retournant.
- « Je
sais que nous sommes partis du mauvais pied, et je sais que ni toi ni
moi ne regrettons. Mais tu laisses Neeve hors de ça. »
-
« Qu'est-ce que tu racontes ? »
- « Votre
petit jeu, à toi et tes frères. Je ne suis pas
débile. »
-
« Vraiment ? »
- « Oui,
vraiment. Que tu le veuilles ou non, Neeve sort avec moi, alors
lâche-moi les baskets. »
- « C'est
ma sœur, c'est normal que je m'inquiète. »
- « Sauf
que ce n'est pas ta sœur et tu le sais très bien. »
Sur ces mots énigmatiques, Shun passa son casque et démarra.
Kojirô haussa les épaules et monta directement dans sa
chambre. Sa mère était en train de souhaiter une bonne
nuit à Takeru et Mamoru. Elle et Shouta partaient le lendemain
matin pour un mariage sur Kyoto et ne rentreraient que le lundi en
fin de soirée. Il était sur le point d'aller prendre
une douche quand Keiko toqua à sa porte.
- « Oui
Maman ? »
-
« Assis. » ordonna-t-elle d'une voix dure en
fermant la porte derrière lui. Kojirô s'inquiéta
et obéit en se laissant tomber sur sa chaise de bureau. Elle
avait la voix qu'elle prenait pour les sermons. Il ne savait pas –
encore – ce qu'il avait fait, mais il allait en prendre pour son
grade. « Je suis extrêmement déçue par
ton attitude. » commença Keiko.
- « A
quel propos ? » demanda-t-il prudemment.
- « La
façon dont tu traites Shun. Et la façon dont tu as
monté tes deux frères contre lui. »
- « Je
n'ai rien monté du tout. Ils se sont 'montés'
tous seuls. » protesta Kojirô.
- « Mais
bien sûr ! »
- « Je
te jure ! »
- « Pff…
Quoiqu'il en soit, les gamineries de ce soir m'ont vraiment donné
honte. Honte de vous trois ! »
- « Hé ! »
- « Non !
Tais-toi ! Shun-kun est un garçon charmant, bien élevé
et qui tient énormément à Neeve. »
- « C'est
ça… »
- « Ne
me coupe pas la parole. Tu as remarqué, j'espère,
que je ne t'ai jamais demandé des explications quand au fait
que tu lui aies presque cassé le nez. Je pensais alors que tu
étais un garçon raisonnable, et qu'il devait y avoir
une raison, une bonne raison pour que tu l'attaques. Mais
maintenant que je l'ai rencontré, je commence à me
demander ce qui c'est vraiment passé. »
-
« Attends un peu Maman ! Qui vas-tu croire ? Moi
ou cet abruti ? »
- « En
temps normal, toi. Mais je serais curieuse d'avoir ton point de vue
sur la question. Pourquoi l'as-tu frappé ? Pourquoi le
détestes-tu ainsi ? » Keiko foudroya son aîné
et attendit une réponse, les bras croisés sur la
poitrine. En d'autres circonstances, Kojirô se serait presque
amusé du fait qu'il se sente intimidé par un bout de
femme qui lui arrivait à la poitrine. Mais le bout de femme
étant sa mère, elle entrait dans une toute autre
catégorie, où la taille et l'âge n'avaient
pas d'importance.
- « Il
traite Neeve comme une poubelle. »
- « Il
ne m'a pas donné cette impression. »
- « C'est
parce qu'il est sournois. Il joue l'ado parfait devant les
parents, mais crois-moi, il ne respecte pas Neeve.»
- « Même
si c'était vrai, ne penses-tu pas que tu pourrais faire
mieux pour elle que de te moquer de son petit ami ? Je te
signale que pour le moment, c'est toi qui traites Neeve comme une
poubelle, lui s'est comporté de façon exemplaire face
à vous trois. »
- « Devant
vous--- »
- «
Je ne vais pas entrer dans la polémique et prendre parti. Je
tiens seulement à t'avertir que j'attends désormais
un comportement exemplaire de ta part la prochaine fois que tu le
vois. Est-ce que je suis claire ? »
- « Hun… »
-
« Pardon ? »
- « Oui
Maman… » Avoir seize ans, c'était galère.
Kojirô alla se coucher de mauvaise humeur, et donc se releva de mauvaise humeur. Il se sentait vexé, dépité et encore plus que tout, blessé par l'attitude de sa mère. Il n'arrivait pas à croire qu'elle doutait de lui. D'accord, il n'avait pas été gentil mais elle l'avait dit elle-même, il était un garçon raisonnable, Donc pourquoi refusait-elle soudainement de le croire ? Se pourrait-il qu'il se soit trompé ? Que Shun soit effectivement un bon gars ? Mais ce n'était pas que lui. Mam et Tak le détestaient. Ayame ne l'appréciait pas. Donc oui, il y avait bel et bien quelque chose de pourri chez Shun. Rassuré par ces pensées, il affronta sa distribution de journaux et l'entraînement du matin sans broncher. Il arriva même à se concentrer en cours de physique-chimie, suffisamment pour pourvoir distiller un arôme de banane qui sentait à peu près la banane… Banane pourrie d'accord, mais banane tout de même. Ken, Kazuki et Kojirô mangèrent ensemble. L'entraîneur avait avancé la session de l'après-midi pour que les joueurs puissent profiter de leur temps libre. Il était ainsi tout juste 3h30 quand Kojirô rentra chez lui.
Le jeune homme se sentait bien. Il venait de faire juste ce qu'il fallait de sport pour se dépenser sans pour autant s'épuiser, avait pris une bonne douche chaude et s'apprêtait à passer un superbe week-end avec ses frères et sœurs. La soirée s'annonçait bien. Neeve avait non seulement promis de cuisiner un repas traditionnel, mais avait également accepté de regarder le match de foot ce soir. Kojirô avait cependant dû la laisser choisir le DVD pour la seconde partie de la soirée. Ses parents étaient absents, ses copains venaient demain techniquement pour étudier, réellement pour regarder les matchs de la J-League sur grand écran, accessoirement pour se faire corriger leurs devoirs d'anglais. Pour une fois, il n'avait pas de souci financier, bien qu'il aurait échangé les problèmes de relations sœur-frère contre n'importe quel manque d'argent à tout moment. Si sa famille avait besoin d'argent, la solution était facile : il lui suffisait de travailler plus. Mais les problèmes de cœur ou d'amitié, c'était une autre paire de manches et Kojirô, lui, n'y connaissait rien en matière d'émotions et relations sociales.
C'est
fou comme les problèmes semblent vous trouver. A croire que
tout être humain est destiné à continuellement
devoir avoir des pépins. Avant le remariage de sa mère,
Kojirô avait des problèmes de temps et d'argent.
Jamais assez de l'un comme de l'autre. Maintenant, il en avait
presque trop, et alors qu'il aurait facilement trouvé
comment profiter de cet extra de temps et d'argent, le voilà
jusqu'au coup dans les embrouilles sentimentales. Ainsi savoir que
pour une fois, il allait passer un moment en paix, rien que ça,
c'était un miracle.
Il fut
accueilli par une bonne odeur de tarte aux pommes. Neeve avait
apparemment respecté sa part du marché passé
avec Mamoru.
-
« Alleeeeeez, Neeeeeeeeeve… » implorait ce
dernier en regardant la tarte fumante posée sur le comptoir.
- « Non
seulement c'est encore trop chaud pour que tu en manges, mais je te
signale que nous attendons ton frère. »
- « Frère
qui est de retour ! » annonça Kojirô en
se léchant les babines d'avance. Il n'y avait rien à
dire, Neeve savait cuisiner. Il se servit un grand verre de coca et
sortit le bloc de glace à la vanille du congélateur.
- « Tut
tut, j'ai fait de la crème anglaise ! »
- « De
vrai ? » demanda Takeru incrédule.
- « Oui,
de vrai. Allez les gloutons, c'est bon. » Neeve
coupa la tarte en huit et distribua les parts. Chacun des garçons
se resservit et ils allèrent même jusqu'à se
battre pour savoir qui se régalerait de la dernière
goutte de la crème anglaise. Puis ils sortirent dans la rue
pour regarder Mamoru s'essayer au skate. Au bout de vingt minutes,
Natsuko alla dans sa chambre pour réviser ses concours qui
arrivaient à grand pas. Neeve s'assit sur un banc, une tasse
de café à la main. Kojirô ne put s'empêcher
de remarquer qu'elle agitait son pied bandé nerveusement.
- « Ça
te fait mal ? »
- « Non
mais ça m'embête. Je n'aime pas rester immobile.
J'ai envie de jouer au basket, ou de danser ou… juste bouger. »
- « Allez,
courage, tu laisses tomber les béquilles lundi. »
- « Oui,
mais mon père va être sur mon dos maintenant. Il veut
que j'aille faire des séances de rééducation.
La barbe ! »
- « Hum. »
acquiesça Kojirô. Le silence retomba jusqu'à ce
que Takeru supplie son frère de le laisser monter sur sa
planche. « J'ai faim. » déclara-t-il
soudain.
-
« Encore ? »
- « Ben
ouais. »
- « Mais…
tu n'es pas normal toi ! »
- « Ben
non. Et parler n'arrange pas le fait que j'ai toujours
faim. »
- « Moi
aussi ! »
- « Et
moi aussi ! »
Neeve
craqua devant les trois paires d'œil Hyûgaesque version
labrador. Elle tenta bien de rouspéter et d'argumenter que
manger entre les repas était mauvais pour la santé,
rien n'y fit. Quand ils rajoutèrent leur sourire en coin,
elle se sut perdue. Elle réussit à tenir encore deux
minutes avant de capituler. Elle leur donna des madeleines avant de
les envoyer ramasser le linge.
-
« Hyûga-san, apporte-moi donc ton linge sale. »
- « J'ai
pas ! » annonça-t-il fièrement.
- « Mon
œil ! »
-
« Mais…. »
- « Si
je monte dans ta chambre et que je trouve du linge sale…. »
- « Bon,
bon, paix la furie. »
- « ET
PLUS VITE QUE CA ! » hurla Neeve alors qu'il
bondissait vers sa chambre. Elle avait raison. Il avait du linge à
laver. En le voyant redescendre les bras pleins, elle eut son sourire
narquois et son haussement de sourcil.
- « Hase,
ta gueule ! » prévint Kojirô.
- « Mais
je n'ai rien dit ! »
- « Tu
penses trop fort ! »
- « Au
moins, moi, je pense. Ce n'est pas comme certains… »
- « Hum….
MAN-GER !!! » Kojirô avança vers elle
comme un zombie et lui souffla dans les yeux. Le temps qu'elle
proteste, il avait filé dans le salon avec son plat de
crudités, s'attirant une nouvelle vague de récriminations.
Mam et Tak descendirent leur puzzle géant de leur chambre et
Kojirô s'attabla sur la table basse pour essayer de les
aider. Neeve avait mis la radio de la cuisine en marche et elle
chantonnait tout en préparant à manger.
- «Oh
la ! Ça fume ! » commenta-t-elle
d'une voix malicieuse.
- « Quoi
donc ? » marmonna Kojirô en examinant une pièce
de plus près. Etait-ce une poutre du pont ou une poutre du
gratte-ciel ?
- « Ton
cerveau… »
-
« Ah-ah-ah… Qu'est-ce que tu veux ? »
- « Que
vous mettiez la table. Le repas est prêt. »
Neeve
s'était surpassé, mais n'avait pas fait assez à
manger pour complètement rassasier ses frères.
- «
Mais je n'y crois pas. Vous êtes de vrais ogres. Vous allez
devenir gros et moches. »
Râlant,
les trois frères s'installèrent sur le canapé pour
regarder le match de foot. Neeve s'installa à côté
avec son papier à lettres et se mit à écrire
fébrilement. Pendant les deux heures de match, elle arriva à
écrire trois longues lettres de quatre pages chacune. Une fois
l'émission sportive terminée, Mam et Tak allèrent
se coucher, sans trop résister. Natsuko redescendit le temps
de faire le plein de thé et remonta dans sa chambre illico.
- « Bon,
c'est l'heure du DVD ! » fit Neeve joyeusement
-
« Humph. »
- « Roo,
tu n'as pas fini ? Tu ne sais même pas ce que j'ai
pris ! »
- « Et
qu'est-ce que tu as loué ? »
- « Le
Bon, la Brute et le Truand. Tu l'as vu ?»
- « Non.
Un western ? »
-
« Ouiiiiiii. J'adoooooore les westerns. »
Voilà
un côté de Neeve qu'il ne lui connaissait pas. Il la
regarda s'asseoir à côté de lui, et se
pelotonner sous la couverture. Il fut fasciné par les
expressions changeantes de son visage : émerveillement,
inquiétude, rire, selon le moment du film. Il secoua la tête.
Elle était vraiment gamine. Pas étonnant qu'elle aime
les Pokemon.
-
« Neeve ? »
-
« Hum ? »
- « Est-ce
que tu aimes les films d'animation ? Genre les Walt Disney ? »
- « Oui
pourquoi ?
- « …. »
-
« Pourquoi est-ce que tu fais la grimace ? J'aime
les dessins animés et alors ? »
- « ... »
- « Arrête
de te moquer de moi !!!» Kojirô avait roulé
les yeux au ciel en entendant sa première réponse puis
avait dédié un regard narquois à la jeune fille
qui rougissait en ne comprenant pas très bien où il
voulait en venir. « Arrête ça !!! »
Neeve se jeta sur Kojirô et entreprit de le bourrer de coups de
poings. Elle ne réussit qu'à le faire rire,
ouvertement.
- « Tu
n'es vraiment qu'une gamine capricieuse ! »
se moqua-t-il gentiment en bloquant ses poings facilement. Elle
essaya de se dégager et il résista. Elle était
plus forte qu'il ne le pensait, mais elle ne faisait toujours pas
le poids. A force de batailler, il se retrouva allongé de tout
son long sur le canapé, la tête sur l'accoudoir
rembourré, elle plaquée contre lui par un bras, pendant
qu'il zappait de l'autre main à la recherche d'un
programme du soir intéressant. Ayant trouvé une énième
rediffusion de « Friends », il posa
naturellement la télécommande sur son dos, entre les
deux omoplates.
-
« Héééééé !
je ne suis pas un coussin… » protesta Neeve en se
tortillant, sans grand résultat.
-
« Chuuuut, j'essaye de suivre… » fit
doucement Kojirô en posant son autre bras sur son dos. Neeve se
trouva définitivement bloquée.
En fait,
c'était plutôt agréable comme position. Une
sorte de câlin allongé. Le corps de Kojirô
émettait une douce chaleur qui étrangement l'apaisait.
Neeve sentait la poitrine du jeune homme se soulever quand il
respirait, entendait un son grondant quand il parlait, percevait ses
abdos se contracter quand il riait. Elle tourna la tête pour
être plus confortable et voir l'écran, collant presque
son oreille sur son torse. Elle distinguait clairement les battements
de son cœur, lents et réguliers. Son sweat-shirt avait un
parfum particulier, un mélange de lessive, de déodorant
et de musc masculin pas déplaisant. Shun ne sentait pas comme
ça. Il sentait toujours l'eau de Cologne ou l'after-shave,
jamais cette odeur brute, cette essence de soi-même. Neeve
réalisa soudain qu'elle avait refermé son poing sur
le tissu qu'elle reniflait doucement, un peu comme un chien. Et que
Kojirô, concentré sur le programme télé,
avait commencé à jouer avec ses cheveux d'une main
distraite.
- « Bon,
ben je vais y aller. » fit-elle brusquement en se
redressant.
- « Hum ?
Tu n'aimes pas Friends ? » demanda Kojirô, un
peu étonné par cette réaction inattendue.
- « Euh,
si mais j'ai déjà vu cet épisode, et j'ai
sommeil. » Neeve rougit profondément. Parce qu'elle
s'était levée, la voilà maintenant quasiment
assise sur les genoux de Kojirô. Surtout qu'il se levait à
son tour, la portant presque dans ses bras avant de la reposer au
sol.
- « Tu
as raison, je vais me coucher aussi. »
Neeve se
détourna rapidement, mais Kojirô avait compris qu'elle
était gênée. Il se rembrunit. Pourquoi ?
Qu'avait-il fait ? Ne pouvaient-ils par regarder la télévision
ensemble ? Ce que c'était chiant, les filles. Il monta
les escaliers derrière elle, grommelant dans sa barbe.
- « Bonne
nuit. » dit Neeve doucement.
-
« Grmph. » Du coin de l'œil, il vit qu'elle
semblait affectée par son grognement. Mais quoi encore ?
Jamais contentes, les filles.
Dimanche matin arriva. Le ciel était lourd et couvert, la pluie tombait par intermittence, décidée à ne pas se déverser une bonne fois pour toute pour laisser les adolescents profiter d'un week-end en paix. Kojirô évita une giboulée en rentrant de sa distribution, et le temps qu'il finisse ses séries de pompes et d'abdos, la pluie s'était dissipée.
Neeve
était curieusement tranquille, s'affairant au ménage
et à la préparation du repas de midi dans son coin.
Elle n'évitait pas Kojirô à proprement dit,
mais ne faisait rien pour rechercher sa compagnie. Il réussit
à la coincer alors qu'elle était sur le toit en train
d'étendre du linge dans l'espoir vain qu'il sècherait,
tandis qu'il sortait de la chambre de Natsuko où il avait
expliqué un problème de maths à sa sœur.
-
« Quelque chose qui ne va pas ? »
demanda-t-il en l'aidant à étendre un grand drap.
Avec ses béquilles, elle faisait presque peine à voir.
- « Non
non, tout va bien ! »
-
« Menteuse ! »
- « Non. »
- « Tu
sais bien que tu ne peux pas me mentir. »
- « Laisse
tomber, c'est un truc de fille. »
- « Mais…
oh…oooooh…. »
Kojirô
s'éloigna rapidement, pensant avoir – enfin - compris
quelque chose. Mais Neeve souriait toute seule, en secouant la tête.
L'ultime excuse, ce « un truc de fille », à
laquelle aucun individu du sexe masculin ne résistait. Elle
fonctionnait pour presque tous les cas : mauvaise humeur, secret
à cacher, envie d'être seule, refus d'obtempérer
– surtout quand il s'agissait de sport. La plupart du temps, ils
comprenaient que c'était-ce-moment-du-mois et elles
avaient la paix pendant une semaine. C'était vraiment trop
chou, les garçons. Faciles à cerner, encore plus à
berner, mais chou.
Ken et
Kazuki débarquèrent en force juste après le
repas. Neeve les chassa de la cuisine immédiatement. Ils
battirent en retraite dans la chambre de leur capitaine.
-
« Qu'est-ce qu'elle a, Neeve ? » gémit
Sorimachi en se frottant une main qui s'était prise un grand
coup de spatule.
- « Laisse
tomber, c'est un truc de filles. »
-
« Oooooh… »
-
« Euuuuuh, Capitaine…. Qu'est-ce que c'est ce
truc ? » demanda Ken soudain, en agitant le tigruesom
entre ses doigts. Kojirô avait soigneusement gardé son
pliage et l'avait posé sur le rebord de sa fenêtre.
S'il était honnête, il avouerait qu'il ne savait pas
lui-même pourquoi il avait conservé cette cochonnerie,
mais il ne pouvait pas se résoudre à la jeter à
la poubelle.
- « Un
origami, tête de pou. » répliqua Kojirô
en tentant de récupérer son bien.
-
« Pourquoi est-ce que ta grue a des dents ? »
interrogea Kazuki en examinant l'œuvre.
- « Parce
que ! » Il sentait qu'il devenait rouge et que ses
amis commençaient à s'étonner de sa ténacité
à vouloir les tenir éloignés du pliage.
-
« Hééééé ! Elle a
un maillot numéro dix, ta grue ! Kojirô, ne me dis
pas que c'est toi qui as fait ça ? »
-
« Occupez-vous de vos affaires ! » gueula
Kojirô. Il parvint à bloquer le bras de Ken et déposer
son trigruesom dans une de ses coupes. Le geste était
désinvolte, pour prouver qu'il s'en foutait, mais il
s'assura d'un regard en coin que l'origami n'était pas
endommagé.
-
« SILENCE ! » hurla la voix de Natsuko à
travers la paroi.
Les
footballeurs s'installèrent comme ils pouvaient, Ken et
Kazuki sur le lit, Kojirô dans sa chaise et entreprirent sans
grande conviction de faire leur exposé d'histoire. Mais la
Guerre de Sécession était beaucoup moins intéressante
que les pronostics des matchs de J-League. Kojirô et Kazuki
entamèrent une discussion sur Yokohama FC Vs Yokohama Marinos
qui dégénéra en dispute jusqu'à ce que
Natsuko ouvrît la porte d'un coup de pied violent et leur
criât dessus à pleine voix.
- « Y'en
a qui bossent sérieusement ici ! Kazuki TA GUEULE ! »
Puis elle
tourna les talons et claqua la porte derrière elle.
- « Elle
aussi, c'est un truc de filles ? »
- « Kazuki
TA GUEULE ! » Ken et Kojirô lui lancèrent
leur livre d'histoire en même temps.
-
« SIIIIILENCE !!!!! » s'égosilla
Natsuko.
Ils
retournèrent à leur guerre américaine mais
abandonnèrent après dix minutes.
-
« Foot ? » proposa Kojirô en
s'étirant.
-
« Foot. » confirmèrent les deux autres.
Ils
descendirent les escaliers et croisèrent Natsuko.
- « Je
vais chez une copine pour réviser… »
informa-t-elle
-
« D'accord. » accepta Kojirô. « Mais
pourquoi prends-tu ton nécessaire à maquillage pour
aller réviser ? »
- « Parce
que je dors chez elle. Tiens la voilà ! »
-
« Natsuko, attends ! » Mais la jeune
adolescente était déjà grimpée dans la
voiture qui venait de s'arrêter devant la maison.
-
« Hase ! » tonna-t-il.
-
« M'oui ? » répondit Neeve depuis
la cuisine.
- « Tu
étais au courant pour Natsuko ? »
- « Oui. »
- « Depuis
quand ? »
- « A
peu près dix minutes… »
- « Mais…
mais… Tu dois m'en parler avant ! » s'indigna
Kojirô, sa fierté de frère aîné
froissée.
-
« Pourquoi faire ? Tu aurais dit oui de toute
façon… »
Coupé
dans son élan d'indignation fraternelle, il ronchonna pour
la forme. Il se faisait mener par le bout du nez. Il renifla
dédaigneusement… mais….
- « Mais
c'est que ça sent drôlement bon ! »
- « Un
peu ! Venez voir ! » appela Neeve.
Les trois
garçons s'approchèrent du comptoir américain
sur lequel des sacs en toiles de petite taille, bleu, noir, vert,
jaune et rouge, étaient posés.
-
« Joyeuse Saint Valentin ! » s'exclama
gaiement la jeune fille en distribuant les sacs. Ken eut droit au
rouge, Kazuki au bleu et Kojirô au noir.
-
« Attends… » faisait ce dernier d'un air
paniqué, « c'est la St Valentin ? »
-
« Demain, oui. Pourquoi ? »
-
« Noooooon !!! » Il s'écroula sur
une chaise tandis que Ken se bidonnait comme une baleine.
- « Il
déteste la St Valentin. Les filles deviennent hystérique,
lui courent après, se jettent carrément sur lui et il
doit passer la journée à se cacher. »
expliqua-t-il.
-
« L'année dernière, il s'est presque
défenestré pour échapper à un groupe des
plus persistants. » ajouta Sorimachi avec un grand
sourire.
- « Et
il était au deuxième étage… »
- « Mais
merde, elles m'ont suivi même jusque dans les vestiaires ! »
protesta Kojirô.
- « Ben,
planque-toi dans les toilettes. » conseilla Neeve. « Elles
ne devraient pas y aller, tout de même. »
- « Mais
de quoi je vais avoir l'air ? Tout le monde pensera que je
suis incontinent ! » s'insurgea le capitaine. Les
trois autres le regardèrent en silence avant d'éclater
d'un rire sonore.
- « Je
hais les filles. »
- « Bon,
Neeve, merci pour… ooooh ! Des tartelettes à
l'abricot ! » fit Ken en ouvrant son sac. « Mes
préférées ! » Il la serra dans
ses bras.
- « Cool,
j'en ai au citron ! Merci Neeve ! »
s'enthousiasma Kazuki. Il voulu faire comme Ken et à sa
grande surprise, Neeve se laissa faire.
- « Et
toi, Capitaine, qu'est-ce que tu as eu ? »
- « Du
gâteau à l'ananas. »
- « Ah
bon ? Pas de tartelette ? » s'étonna
Kazuki.
- « Non,
tu sais bien que je préféré les trucs acidulés.»
Kojirô était surpris. Il ne pensait pas que Neeve savait
qu'il préférait cette pâtisserie par dessus
tout.
- « Mais
pourquoi pas du chocolat ? C'est la coutume pour le 14
février…» s'enquérait Ken.
- « Parce
que les chocolats seront toujours réservés aux deux
hommes les plus importants de ma vie. »
-
« Deux ? »
- « Mon
père et mon amoureux. »
- « Donc
ce n'est pas moi, ton amoureux… » commenta tristement
Kazuki avec des larmes de crocodiles.
- « Pitié
non ! C'est la St Valentin, pas Halloween ! »
Takeru et
Mamoru arriverent à ce moment, coupant net toute discussion.
Le plus jeune Hyûga reçut le paquet jaune, contenant des
cookies aux trois pépites alors que Mamoru avait ses
éternelles tartelettes aux pommes dans son sac vert. Tous
ensembles, les garçons s'installèrent devant l'écran
de télévision pour regarder le match de championnat du
jour.
- « Oh,
Neeve, nous avons une faveur à te demander… » fit
Ken.
- « Quoi ?
Tu veux plus de tartelettes ? » Neeve souriait. Les
sacs étaient déjà à moitié vide.
- « Euh
non… En fait, si, moi j'aime les tartelettes, mais… Est-ce que
tu pourrais corriger nos copies d'anglais… »
- « Ça
dépend… De quoi est-ce que ça parle ? »
- « Des
fiches de lectures… »
- « Et
quels sont les livres… ?»
-
« Moi j'ai pris "1984"
George Orwell, Kazuki a lu "Animal's
Farm", et Kojirô s'est tapé "Brave New World "
de --- »
- « Aldous
Huxley, je sais. Pff, vous avez pris les plus chiants… Bon
qu'est-ce que j'y gagne moi ? »
- « Notre
éternelle reconnaissance ? » tenta Ken avec un
grand sourire.
- « Non… »
- « Un
rendez-vous avec Kazuki ? » plaisanta encore le
gardien.
- « Non. »
- « Mais
euuuh… »
- « Je
sais ! Je vous aide si Kojirô corrige mes exos de maths
pour deux semaines ! »
-
« D'accord ! » accepta tout de suite
Wakashimazu.
- « Hé
non ! » protesta le principal intéressé.
-
« Capitaine, c'est beau de ta part de te sacrifier pour
nous ! » larmoya Sorimachi.
- « Pas
vraiment. En contre partie, vous serez mes gardes du corps demain ! »
La tâche était impossible. Le gardien et l'attaquant
tentèrent d'argumenter mais Kojirô eut le dernier mot.
« A prendre ou à laisser. »
- « Et
moi, pas de prof de maths, pas de prof d'anglais… »
- « Ce
n'est pas juste, vous n'avez pas le droit de vous liguer. »
objecta Kazuki.
- « Ouais,
vous êtes censés vous détester ! »
rajouta Ken.
- « Mais
qu'est-ce que vous racontez, il m'adore ! » fit
Neeve avec un grand sourire. Elle se colla contre Kojirô,
s'installant sur ses genoux.
- « Mais
qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre… » rouspéta
Kojirô. Il essaya de la repousser mais la voilà gluante
comme un grain de riz. « Hase, fiche le camp, le match
commence. »
- « Non.
Tant que tu ne m'as pas dit que tu m'aimes, je reste comme ça. »
-o-o-o-o-o-
