-o-o-o-o-o-o-

Tada !!! Le chapitre 27 !! Attention, passage mature vers la fin !!! (Donc maintenant, A, fous moi la paix !)

Pour la petite histoire, j'ai écrit ce chapitre en cinq heures, record personnel. Et j'en suis très très fière… Vi, vi, vous assistez à une scène où l'auteur qui se lance des fleurs toute seule… ben quoi ? Pour une fois…

Personne n'a dit merci à Kiito pour avoir accepter le dur poste de bêta-lectrice… Donc, la sortie du chapitre 28 sera repoussée puisqu'il faut que je reprenne mon scénario pour insérer du Yaoi… Tiens c'est ma copine Infi qui va être contente… Nyark Nyark…

Merci à Yellou pour ses encouragements ! Un super grand coucou à superchewbacca qui, j'espère, s'est remis(e) de ses émois. Es-tu homme ou femme, oh âme perdue qui s'est aventurée dans mon domaine…euh… bizarre ?? (je suppose qu'on peut dire bizarre.)

-o-o-o-o-o-o-

Je recommande :

« Tarô, la gloire d'un footballeur nippon » de Chenonceau, qui est la suite d'une fic appelée « D'amour ou d'amitié » par Sharleen-Rose. Vous n'avez pas besoin de lire cette dernière pour lire la fic de Chenonceau.

Comme vous l'avez compris, l'histoire tourne autour de Tarô, personnage que je trouve toujours bâclé ou sous-estimé. Mais pas ici. Go Chenonceau Go ! Surtout que Tsubi-joli passe pour un con toutes les deux lignes, donc moi je m'éclate !

Oui je n'aime pas Tsubasa. Captain n'importe qui aurait été mieux que lui… Captain Ken ou Kazuki par exemple…. Ou même Captain Kojirô…. Ben oui, j'aime les gars de la Tôhô… Que celle qui n'a jamais péché me lance la pierre.

-o-o-o-o-o-o-

Nota : ça y est, j'ai trouvé un déménageur qui vient le 12 février. Je prends un vol le 13 février. Donc en gros je serai off line, off live off universe jusqu'au 17 février. Donc vous n'aurez pas de chapitres avant le 25 février, parce que le temps que je les ponde et le temps que Nix me les corrige…

-o-o-o-o-o-o-

Chapitre 27 – Changer d'avis comme de chemise

Lentement, Kazuki, Ken et Kojirô se levèrent. Pourquoi ne pouvaient-ils pas rester dans la salle de cours ? Leur sanctuaire ! Stupide règlement ! Qui a besoin de prendre un bol d'air frais ? Qui avait décidé que les élèves ne pouvaient pas rester 24/7 collés à leur bureau ? Pour la première de leur fois, ils ne voulaient pas aller dehors.
- « Yo Bro ! Bro ! Mon héros ! »Rai avait risqué sa vie pour venir le remercier. Il avait bravé les troupeaux enragés de filles qui s'agglutinaient dans les couloirs, l'œil aux aguets, les griffes luisantes, la bave aux lèvres, prêtes à se jeter sur un pauvre petit tigre en détresse. Le fait que le petit tigre en détresse ait mortellement blessé l'une d'entre elle (une bosse sur le front, ce n'était rien, mais sa fierté souffrait une plaie maintenant indélébile) ne les repoussait nullement. Au contraire, ce nouvel exemple de sa compassion fraternelle et de sa moralité sans faille avait ravivé des ardeurs nouvelles en elles.

Rai s'en fichait ! Il avait entendu parler de l'incident. Le temps de parcourir deux couloirs et de monter un étage, il avait eu droit à trois versions différentes. La première, il s'en doutait, correspondait plus à la réalité. Dans la deuxième, Asa s'était jetée sur lui, s'offrant corps et âme, et Kojirô, tout chevalier qu'il était, avait refusé par respect pour Rai. La troisième, nettement plus rigolote, impliquait Kojirô, un ballon de foot, un pied et un fessier féminin, suivi d'une ambulance, voire même de la police. Il avait écarté les rumeurs qui parlaient de suicide, de double suicide à la Roméo et Juliette, ou d'assistance au suicide. Tout de même, restons sérieux.
- « Bro, tu es un vrai frère ! »
Solennellement, les deux jeunes hommes s'attrapèrent par les avant bras. Puis ils se donnèrent une grande accolade, pendant que Ken et Kazuki reniflaient comiquement en arrière plan. Puis Rai coinça la tête de Kojirô sous son bras, et l'entraîna vers la porte. Le coincé mit les freins, rua des quatre fers, mais n'y fit. Le rideau sonore des piaillements avançait inexorablement vers lui.
- « Vous gueules, les mouettes, la mer est basse ! » rugit Rai en décoinçant Kojirô. « Il est à moi, vous le touchez, vous morflez»
Cette déclaration… d'amour… fit son effet. Kojirô grimaça. Il pouvait déjà imaginer ce qui l'attendait les jours à venir. Les racontars comme quoi lui et Rai seraient intimes allaient se répandre à toute vitesse. Il venait juste d'entendre une fille glisser à la voisine :
- « C'est vrai, quand on y pense… Il n'a jamais eu de petite copine, même au collège… »
Ken et Kazuki entendirent aussi. De nouveau ils éclatèrent de rire. Rai le mena directement à la cantine, où l'équipe de basket avait réservé une table rien que pour eux. En voyant leur co-équipier arriver avec le héros du jour, ils se mirent debout, et commencèrent à applaudir en frappant sur la table, ou en se frappant sur la poitrine, tout en faisant des bruits de gorges profonds, qui ressemblaient à des cris de gorilles en rut.
- « Hou, hou hou !!! »
Ce qui fit redoubler les rires de Ken et Kazuki. Cons comme ils pouvaient l'être, ils imitèrent les cris, entraînant l'équipe de foot avec eux. Kojirô se trouva donc au centre d'un groupe de près de trente personnes complètement déchaîné. Il se dit que c'était une bonne chose que le ridicule ne tue pas... Il réussit à se frayer un chemin jusqu'à la table, où des mains bienveillantes le frappèrent dans le dos et le poussèrent au milieu du banc.
- « Bon, maintenant, tu nous racontes tout. » Un garçon en face de lui se pencha avidement.
- « Est-ce que c'est vrai que tu l'as traitée de pétasse ? »
- « Ce n'est pas la traiter, c'est lui dire la vérité… » grommela-t-il, encore gêné. Mais les autres garçons éclatèrent de rire. Ken était assis à côté de lui, et Kazuki se trouva une place presque en face de lui. Tous deux se délectaient de cette situation. Voilà donc que leur gros méfiant de capitaine était l'homme du jour. Intéressant. Ils savaient que Kojirô n'était ni timide ni un ours des cavernes. Il n'était pas sociable certes, mais uniquement dans le sens où il évoluait dans une autre dimension que celle des ados normaux. Un monde rempli de ballons de foot. Kojirô se savait différent. Il savait que les autres n'aimaient pas ce qui était différent. Il ne voulait pas imposer sa différence. Pour cacher ce sentiment étrange qui mêlait insécurité et désintérêt, Kojirô s'était entouré de cette aura de gros dur « le foot et pas le temps pour autre chose. » Les deux amis voyaient cette épaisse carapace renforcée par les épreuves qu'il avait traversée se fissurer petit par petit. Il n'avait jamais cherché à se faire des amis, mais s'ils venaient à lui… Bon, il fallait tout de même le pousser un peu aux fesses, mais cela venait…

- « Un peu qu'il l'a traitée de pétasse ! » s'exclama Kazuki. « Et pas que de ça ! Attendez, je me souviens… » Le buteur se leva, posa un pied sur le banc et prit une posa théâtrale. « Ken tu fais la pétasse… ».
Kojirô enfouit sa tête dans ses mains. Il s'était cru sauvé, mais cela devenait de pire en pire. Il se disait qu'il était temps de changer de copains. Désigné victime, Ken se prit au jeu. Il croisa les jambes et plia le bras d'une manière efféminée poussée à l'extrême. Maintenant, tous les regards étaient fixés sur eux. Non seulement ceux des gars assis à leur table, mais de la cantine presque toute entière.
- « Ooooh Kojirô ! » roucoula-t-il. Le buteur grogna. Les équipes de foot et de baskets étaient déjà pliées de rire. Kojirô frémit. Ken était effrayant.
- « J'en veux pas de tes chocolats, pétasse ! Mais pour qui tu te prends ? Tu n'arrives même pas à la cheville de Rai ! Tu t'es vue, espèce de grosse vache puante, moche et asthmatique ? T'es laide comme un pou, bête comme tes pieds et pète plus haut que ton cul ! Ne viens pas me faire chier, mocheté ! » déclama Kazuki d'une forte voix. Et il lança son pain au lait encore emballé à la tête de Ken qui fit mine de défaillir.
Une tempête de rires et d'applaudissements salua la performance. Ken et Kazuki firent une série de courbettes en guise de remerciements, puis tous plongèrent le nez dans leur bento. MANGER ! Tous sauf Kojirô qui avait toujours le visage, maintenant chaud et sûrement cramoisi, dans les mains.
« Ooooh Kojirô ! » répéta Ken en soufflant dans le cou de son voisin. Kojirô sursauta.
- « Ne t'approche plus de moi, le désaxé… » rugit-il. « Et je t'interdis de te doucher avec moi maintenant… »
- « Sérieux, bro ! » coupa Rai. « Tu lui as vraiment dit ça ? »
- « Mot pour mot. » confirma Kazuki. « D'ailleurs, d'où te vient ton inspiration ? C'était très poétique… »
- « J'ai particulièrement apprécié le 'péter plus haut que ton cul', personnellement. » commenta Ken.
- « 'sais pas… c'est venu comme ça… » marmotta Kojirô en mordant dans son sandwich. C'est vrai, d'où tenait-il ça ? Sûrement de Neeve… C'était bien son style de sortir des énormités pareilles sans rougir. Il n'y avait qu'elle pour penser à des trucs aussi tordus. Décidément, elle avait une mauvaise influence sur sa famille…

Le seul point positif que Kojirô trouva à s'être payé la honte de sa vie fut qu'aucune fille ne trouva le courage de l'aborder. Il pouvait les voir du coin de l'œil, des ombres qui se tapissaient dans les recoins, un peu comme un prédateur tourne autour d'un feu en attendant que la lumière meure. Il ne fallut que deux heures d'économie pour que cela n'arrive. Le feu était mort. Longue vie au feu. Alors qu'il se dirigeait vers les laboratoires de biologie, une fille surgit hors d'une salle et se planta devant lui. Elle est trop maquillée, puait le parfum premier prix et Kojirô trouva qu'elle louchait un peu.
- « Hyûga-san ! » frétilla-t-elle un peu. « Accepte mon chocolat. »
- « Yo Bro ! » Rai était à l'autre bout du couloir et agitait les bras comme un sémaphore. « Encore en vie ? »
- « Pour le moment… » gueula Kojirô en retour.
- « Qu'est-ce que c'est, tes chocolats ? » mugit Rai, en remarquant la fille.
- « Des chocolats à la menthe. » répondit fortement la fille.
- « Je n'aime pas la menthe. » laissa tomber Kojirô. « J'ai toujours l'impression de manger du chewing-gum. »
- « T'es con ! C'est bon la menthe ! » clama Rai.
- « Ah bon ? Tiens ! » Kojirô arracha presque la boite des mains de la fille qui eut un petit cri et la lança en un geste maintenant légendaire – après tout, il s'était entrainé ce matin – en direction de Rai qui l'attrapa au vol.
- « Cool ! Thanks Bro ! »
Et Kojirô poursuivit son chemin, laissant la fille ramasser sa dignité.

Deux heures de biologie plus tard, il était temps d'aller à l'entraînement. A la plus grande satisfaction des joueurs, il pleuvait toujours autant. Donc les gradins allaient être vides. L'amour donne des ailes, mais ne rend pas imperméable. Sauf que les filles avaient prévu le coup, et s'étaient munies de parapluies. Cependant, Kitazume était également très rusé.
- « Salle multimédia ! » ordonna-t-il. Ce qui voulait dire que les quinze garçons devaient aller s'entasser dans la petite salle commune aux clubs de baseball et foot, équipée d'une télévision et d'un magnétoscope pour regarder des cassettes de précédents matchs. Les joueurs commençaient à acclamer leur entraineur mais il doucha leur enthousiasme. « Il pleut trop fort pour jouer. Mais ce n'est que partie remise. »
- « Alors pourquoi on s'est changé ?… » grommela un joueur.
A ce moment, quelqu'un toqua. Quelques rires percèrent à travers les murs. Poussé à bout, Kojirô se leva et ouvrit la porte :
- « QUOI ?! »
Le groupe de filles devant la porte recula d'un bon mètre. Sauf une qui eut un regard mauvais pour ses amies et s'avança encore plus près. Elle était petite, nerveuse et bégayante.
- « Hy…Hyûga-san… Voilà p-p-pour l'équipe. » Elle se courba un peu et lui tendit un petit paquet joliment emballé.
- « L'équipe ?»
- « De foot… » Elle semblait surprise par sa question. Ben oui, l'équipe de foot, pas celle de natation… C'était bien leur vestiaire, non ?
- « Pourquoi ? »
- « Pour…vous…en-c-c-courager… pour le tournoi. »
- « Et c'est de la part de… ? » La pauvre fille rougit. Kojirô n'était plus en train de crier mais il n'était pas tendre.
- « De moi… Je fais partie du journal de l'école et je couvre la section sport. » Elle parlait maintenant d'un trait, comme pour se débarrasser de sa besogne.
- « D'accord. » Kojirô prit le paquet et lu la carte. « Kaoru Kusumoto. »
- « Merci… » dit-elle en un souffle.
- « Non, c'est moi qui te remercie, au nom de l'équipe. » Il lui sourit gentiment et elle rougit. « Les gars, dites merci à Kusumoto-san ! »
- « Merciiiiii ! » Le concert de voix discordantes fit sourire la jeune fille qui s'inclina encore une fois puis partit en courant.
- « Bon, c'est fini, non ? » râla l'entraineur. Mais il accepta un petit chocolat. Pour ne pas être impoli, bien sûr.
- « Tu sais que tu viens de récolter une nouvelle groupie ? » souffla Kazuki.
- « Hum ? »
- « Quand tu lui as souri… »
- « Kazuki, ta gueule… » essaya de sermonner Kojirô en se laissant tomber sur une chaise. Il était épuisé. Il détestait la pluie et la St Valentin. Encore plus quand ça tombait le même jour. Mais il reporta toute son attention sur les cassettes qui montraient Meiwa en pleine action. S'il y avait un match de préliminaires qu'il voulait gagner à tout prix, c'était celui-ci. Il ne vit pas l'heure passer. Il aida à ranger, eut une dernière discussion avec Kitazume puis attrapa son sac et bondit hors de la salle, tout content de sortir et à l'idée de mettre la raclée de leur vie aux gars de Meiwa. Merde il pleuvait encore. Son enthousiasme un peu refroidi, il avança vers le portail Est. Il eut juste le temps de se plaquer contre le mur avant qu'il ne soit trop tard. Un groupe de filles attendait devant les grilles.
- « J'en ai marre. »
- « Je te dis qu'il va venir. L'équipe vient de sortir, mais pas lui. »
- « Et il passe toujours par le portail Est. »
- « Oui, depuis qu'il a déménagé, parce que avant, c'était le portail Nord… » La vache, c'est de l'obsession…
- « Vous êtes dingues. Il n'en veut pas, de vos chocolats ! C'est pourtant clair, non ? »
- « Il a prit ceux de Kusumoto. »
- « C'était du chocolat d'encouragement pour l'équipe, c'est différent. »
- « Et bien va-t-en ! Moi je reste… »
- « Moi aussi. »
- « Pff… »
- « Attends, je viens avec toi ! »
Mince, les pas venaient vers lui. Paniqué, il chercha une échappatoire. Mais l'allée était déserte, vide de tout buisson ou autre cachette. Il tenta le tout pour le tout. Il essaya d'ouvrir la fenêtre la plus proche de lui. Mentalement, il se préparait pour le pire des cas : il foncerait dans le tas. Il avait déjà essayé cette technique l'année dernière. Elles avaient été assez bêtes pour tenter de le rattraper. Pff, dans leurs rêves. Sauf que l'une d'entre elles avait raté une marche et avait redescendu les escaliers en roulé-boulé. Kojirô s'était arrêté une demi seconde pour être certain qu'elle n'était pas blessée, puis avait continué de grimper, mettant définitivement une distance sûre entre lui et les furies aux chocolats. Mais heureusement, la vitre coulissa, et prestement, agilement et surtout sans bruit, il se hissa dans la pièce.

- « Bon sang ! J'étais sûre d'avoir fermé cette stupide fenêtre. » Une voix retentit tout près de Kojirô, le faisant sursauter. Non… Impossible… Il regarda autour de lui… Il était dans l'infirmerie, le repère d'Hikari, et la veuve noire était là. « Aïe ! Cochonnerie de chaise ! Cochonnerie de lampe, cochonnerie de truc à la con… » Kojirô sourit. Apparemment, il n'était pas le seul à avoir eu une journée pourrie.
- « Hikari-san ! » appela-t-il à voix basse.
- « Hein ? Quoi ? » ronchonna la voix. « Qui est là ? »
Les bruits de pas se rapprochèrent.
- « Silence ! » Il l'attrapa par le poignet alors qu'elle s'approchait de la fenêtre et la tira hors de vue. Il eut juste de temps de refermer le panneau, et plusieurs filles passèrent. Il s'assit par terre, les jambes demi pliées devant lui, de telle sorte qu'il put poser ses avant-bras sur ses genoux.
- « Alors comme ça, on joue au chat et à la souris ? » chuchota Hikari de sa voix de velours, en se laissant glisser le long du mur pour s'asseoir à côté de Kojirô. « La question, qui est la souris et qui est le chat ? » ajouta-t-elle malicieusement.
- « Tiens, toi qui es psychologue, explique-moi pourquoi demain elles me ficheront la paix, mais qu'aujourd'hui c'est l'enfer sur terre. » répliqua-t-il.
- « Cela n'a rien à voir avec la psychologie. C'est juste de la connerie commerciale. Moi je n'ai pas besoin d'un jour pour te dire que je t'aime… » Elle se blottit contre lui et passa un doigt sur son avant-bras en un geste suggestif.
- « Hikari-san, tu ne m'aimes pas. »
- « Si… à ma manière… » Elle se leva et alla fouiller dans un placard.
- « Dis-moi, que fais-tu dans le noir dans l'infirmerie alors que l'école va fermer ? »
- « Comme toi, je me cache… Tiens, joyeuse St Valentin ! » Elle lui lança un truc et machinalement il l'attrapa. C'était une barre de céréales avec des morceaux de chocolat. Malgré lui, il eut un petit rire.
- « Je ne pensais pas que tu t'y mettrais. Bon, puis-je te demander de quoi… ou qui… tu te caches ? »
- « Tu peux demander, mais tu n'auras pas de réponse. » Il haussa les épaules et mordit dans sa barre.
- « C'est plutôt bon ton truc…. » commenta-t-il.
- « N'est-ce pas ? J'ai toujours eu bon goût. » Nous y voilà. Elle revenait vers lui, roulant des hanches. Il connaissait maintenant par cœur ce regard.
- « Tanda-san…. » gronda-t-il gentiment.
- « Tiens je ne suis pas 'Hikari-san' maintenant ? »
- « Seulement quand tu es une gentille fille. »
- « Mais je ne suis pas une gentille fille. » Elle s'était accroupie devant lui avec un sourire charmeur en coin.
- « Menteuse. »
- « Tu m'aimes quand je mens. » Cette fois, elle était à quatre pattes, ses deux mains posées à plat entre ses jambes. Elle se pencha en avant. Kojirô eut un sourire de vaurien. Dans cette position, elle offrait une vue plongeante dans son chemisier, et il ne se priva pas pour regarder tout son content. Un soutien gorge blanc à dentelles. Elle savait ce qu'elle montrait, elle savait qu'il allait regarder. Il savait qu'elle savait ce qu'elle montrait, et il savait qu'elle savait qu'il allait regarder. Elle savait qu'il savait tout ça. Une règle bien établie dans ce jeu qu'ils jouaient à deux.
- « Non. Cela ne me dérange pas que tu mentes. Nuance. »
- « Mais tu m'aimes ? » Mais c'est la mode ou quoi ? Qu'est-ce qu'elles ont toutes à me demander ça ? C'est l'effet St Valentin ?
- « Je ne t'aime comme…comment as-tu dit ? 'À ta manière', hum ? »
- « Et qu'est-ce que tu reproches à ma manière ? » Elle se pencha encore plus, effleurant ses lèvres.
- « Ta manière n'est pas ma manière. » dit-il tranquillement.
- « Mais cela ne veux pas dire que tu n'aimes pas ma manière. » Ses lèvres étaient toujours aussi proches des siennes, un soupçon de baiser, prêt à être donner, prêt à se faire prendre.
- « Hikari, je veux une girl-friend, pas une sex-friend. »
- « Ne me dit pas qu'après un jour comme celui-ci, tu crois encore en l'amour ? »
- « Justement… Si j'avais une copine, je n'aurais pas tous ces problèmes.»
- « Tu es vraiment un bon garçon… » murmura-t-elle.
- « N'est-ce pas, hein ? »

Kojirô l'embrassa à pleine bouche. Il était frustré. Sexuellement, mais aussi émotionnellement. Entre Neeve et la St Valentin, les filles l'avaient fait tourner en bourrique et il ne savait plus où il en était. En fait, si, il savait très bien où il en était. Il en était à leur montrer ce que c'était un homme, un vrai, à commencer par Hikari. Il ne bougea pas et c'est elle qui dut se rapprocher. A peine avait-elle fait ce pas vers lui qu'il s'appropriait le « dialogue. » Il maîtrisa le baiser de bout en bout, et eut la satisfaction de lui tirer une sorte de gémissement essoufflé. Elle se serrait sur lui, avide de continuer cet échange, mais il tourna un peu la tête, juste ce qu'il fallait pour que leurs lèvres se séparent sans pour autant perdre de vue son visage.

Elle était maintenant à genoux entre ses jambes, dressée au dessus de lui, les mains sur ses épaules. Mais pourtant, il la dominait de toute sa présence. Elle fronçait légèrement les sourcils, et il eut ce sourire en coin narquois, celui que toutes les filles trouvaient terriblement sexy et que tous ses adversaires trouvaient absolument prétentieux.
- « Tu sais que je pourrais faire une exception pour toi ? » demanda-t-elle, ses mains caressant les épaules et le torse, s'égarant sous la veste de jogging.
- « A quoi ? »
- « A ne pas être une gentille fille… » Le bruit du zip qu'elle défaisait semblait presque étourdissant.
- « Tu sais que tu ne tiendras pas le coup… » Les mains étaient maintenant sous le T-shirt qui se relevait.
- « On ne peut pas tout avoir dans la vie. » Il la laissa le délester de son T-shirt.
- « Je sais. Mais je ne me contenterais pas de miettes. Je n'aime pas être le dernier que tu vois parce que les autres ne t'ont pas satisfaite. »
- « Hum… Je peux te mettre en top priorité… »
- « De ta liste d'étalons ? Non merci… »
- « Pourquoi pas ? »
- « Parce que je prendrais très mal le fait que je ne sois pas capable de te satisfaire amplement et que tu doives aller voir d'autres gars. »
- « Qui a dit que tu n'étais pas capable de me satisfaire ? » fit-elle aguicheuse.
- « Le fait que tu ne sois pas ma copine. »

L'affirmation sereine de Kojirô déstabilisa Hikari dans son rôle d'allumeuse. Il en profita pour l'embrasser de nouveau. Cette fois, il la prit dans ses bras une main sur sa nuque, l'autre autour de sa taille. Il la plaqua contre lui, la forçant à se mettre à cheval sur lui. Il la dévorait des lèvres et de la langue, la poussant à un rôle d'acceptation, voire de soumission. Elle était comme une poupée dans ses bras.
Il réussit l'exploit physique de se lever depuis sa position assise tout en la gardant dans ses bras. Alors qu'il se redressait, elle croisa ses jambes dans son dos pour se retenir. En sentant le mouvement, elle s'attendait à ce qu'il la retienne, en passant un bras sous ses fesses, mais elle fut trompée. Si elle n'avait pas d'elle-même agrippé sa taille et ses épaules, il l'aurait laissé tomber. Tout cela la mettait dans une nouvelle situation où elle ne contrôlait rien. Elle demandait, elle quémandait même, mais tout ce qui lui était donné ne l'était que parce qu'il voulait le lui donner. Et elle ne pouvait plus comme avant le forcer à quoi que ce soit.

Il fit quelques pas dans l'infirmerie, balançant leurs deux poids sans problème. Il n'avait pas permis que leurs lèvres rompent contact, pas même une seule fois, et sa langue tyrannisait toujours la sienne. Elle fut appuyée dos contre un mur, lui collé à elle. Kojirô la soutenait un peu de sa main droite. De sa main gauche, il retournait le contenu d'un tiroir, à la recherche d'un préservatif qu'il savait trouver ici.
Hikari dut lever la tête pour respirer goulûment et pouvoir laisser passer ce gémissement trop longtemps contenu en elle. Sans pitié, il s'attaqua à son cou et lobes d'oreilles. Ses baisers étaient presque douloureux. Contrairement à toutes leurs entrevues précédentes, il ne cherchait pas à la satisfaire. Il ne se souciait pas d'elle, il ne faisait que ce que lui voulait. Enfin, il trouva ce qu'il voulait et il se détacha brutalement du mur, l'obligeant à resserrer son étreinte sur lui. Elle se sentit se faire jeter sur le lit quasiment sans ménagement et lui immédiatement s'allonger sur elle. Il la bloquait de tout son poids et elle pouvait clairement percevoir son érection contre son bassin. Presque rageusement, il attrapa le pan de son chemisier et tira. Les boutons se défirent d'eux-mêmes, à l'exception des deux derniers qui furent arrachés. Il poussa son soutien-gorge vers le haut, sans prendre la peine de le détacher, et attaqua les seins et tétons de la jeune fille. Plus il s'acharnait, plus elle haletait. Au fond d'elle-même, elle se demandait comment elle pouvait prendre plaisir à un tel traitement. Si elle n'avait pas été consentante, cela aurait été comme un viol. Mais l'était-elle vraiment, consentante ?
- « Ko… Kojirô… » appela-t-elle alors que sa jupe d'uniforme se faisait retrousser jusqu'à sa taille et que des mains exploraient ses cuisses.
Pour toute réponse, il écrasa ses lèvres sur les siennes, la réduisant au silence. Elle essaya de le repousser, mais il attrapa ses poignets dans sa main gauche et les maintint au dessus de sa tête en une poigne de fer.
- « Non… » réussit-elle à articuler.
- « Menteuse… » susurra-t-il à son oreille d'une voix cassante. Toujours en retenant ses bras, il introduisit un doigt en elle. Elle se cabra sous la caresse, mais ne put que céder sous ses gestes. Alternant lent et agile, avec un puis deux et finalement trois doigts, il fit monter en elle des vagues de plaisirs intenses. Elle se tordait sous lui, parce qu'il ne lui donnait jamais pleine satisfaction. Cruellement, il changeait le rythme ou le mouvement de ses doigts juste au moment où elle allait atteindre son climax. Elle en pleurait presque de rage.
- « Non ! Non ! » suppliait-t-elle. « Encore… plus fort… »
Mais Kojirô n'en faisait qu'à sa tête. Il continuait à couvrir de baisers et suçons son corps, sa poitrine, son cou mais jamais ses lèvres, puisant une jouissance inégalée dans ses réclamations et ses cris sans jamais stopper sa main.
- « Kojirô, non ! Ooooh n'arrête pas… »
- « … »
- « Noooon…. Koooojirooo oooh. »
- «… »
- « Kojirô…s'il te plaît…. s'il te plaît…s'il te plaît.. » Bientôt elle ne put que l'implorer de ces trois syllabes. C'était exactement ce qu'il attendait. Enfin il revint l'embrasser, un peu plus doucement, mais tout aussi passionnément. En un instant, il fut nu à l'exception de son préservatif. Il la pénétrait d'un coup sec qui tira un gémissement sensuel de la jeune femme. Il s'empara des ses jambes et les mit autour de son cou, pour pouvoir la pénétrer encore plus profondément. Il se pencha sur elle, prit appui sur ses deux mains et commença un mouvement de va-et-vient rapide, brusque, qui s'accéléra de plus en plus. Elle tenta de nouer les bras autour de son cou, pour le tirer vers elle, ou se rapprocher de lui, mais il refusa le contact. Il la surplombait et elle se sentait seule. Ses mains agrippèrent en échange les draps, serrant et desserrant sa poigne alors qu'il la chevauchait sans ménagement. Elle éprouvait du plaisir, le même qu'auparavant, cette luxure sauvage qui brûlait dans son ventre. Mais tout au fond, elle avait honte. Honte de se faire prendre ainsi, comme si elle était une femme comme une autre. Honte de trouver une jouissance cependant dans cet échange sans sentiment.

Elle jouit avant lui. Elle se contracta de tous ses muscles, l'enserrant en elle, mais il continua ses coups de butoir encore un moment, pendant qu'elle devenait folle à essayer de retenir ses cris d'extase sous lui. Quand il eut son orgasme, il rejeta la tête en arrière au lieu de s'écrouler sur elle comme il en avait l'habitude, et pour la première fois depuis qu'ils avaient commencé, elle l'entendit pousser un grognement de plaisir. Un long et profond râle. Puis il resta en appui sur ses mains, les bras tremblants, les yeux fermés, tandis qu'il cherchait son souffle. Hikari était couverte de sueur. Elle était épuisée, elle avait froid, et ne se sentait presque pas satisfaite. Son corps ne voulait plus lui répondre, et les pulsations internes ne se calmaient pas, la faisant hoqueter ou haleter de temps en temps.
- « Waouh… Joyeuse St Valentin… » coassa-t-elle avec un sourire pour lui, son petit sourire en cœur.

Kojirô se leva d'un bond. Sans même un regard pour elle, il se rhabilla, jetant son condom usagé dans la poubelle. Il attrapa son sac de sport et ouvrit la fenêtre en grand. La nuit était maintenant tombée, et un vent glacial s'engouffra. Difficilement, Hikari s'assit sur le lit et s'enveloppa dans les draps souillés pour essayer de se réchauffer.
- « Attends ! » appela-t-elle d'une voix précipitée. « Où vas-tu ? »
- « Chez moi. »
- « Mais… et moi ? »
- « Tu peux ranger et aller te faire foutre, pour ce qui me concerne… »
- « Comment peux-tu dire ça ? » Les larmes bloquaient sa respiration et cassaient sa voix. « Nous venons juste de faire l'amour, non ? »
- « Nuance, je t'ai baisée… et bien baisée, d'ailleurs. »
- « Kojirô ! » Elle était à la fois indignée et blessée.
- « Quoi ? Ne me dis pas que je ne t'ai pas satisfaite ! Ce n'est pas ce que tu voulais ? Un étalon ? Du sexe et que du sexe ? Pas d'amour ? Même pas un peu de chaleur humaine ? »
- « … »
- « Alors, comment tu te sens maintenant ? Utilisée ? Salie ? Et comment crois-tu que je me sentais après nos…ébats ? »
- « … »
- « Tu l'as dit toi-même, je suis un gentil garçon. Et les gentils garçons, ils veulent sortir avec des gentilles filles. »
- « Tu n'as pas été très gentil… » articula péniblement Hikari. Le reproche et le regret étaient lourds dans sa voix.
- « C'est vrai. Mais je n'ai été pas plus mauvais que toi en tout cas. Moi aussi je sais mentir. Sauf que moi, je sais où s'arrête le mensonge et où commence le vrai moi. Comporte-toi comme une salope et attends-toi à te faire traiter comme une salope. Mêmes les gentils garçons peuvent perdre patience…»
- « Que veux-tu dire… ? »
- « Je veux dire » cracha-t-il, « que j'ai suffisamment attendu pour que tu te décides à être cette gentille fille que tu peux être parfois. J'ai donné et donné et tu as pris. Mais tu n'as jamais donné. Donc va te faire foutre Hikari-chan. » Son amertume éclata sur le « chan. »
Il sauta et disparut dans la nuit, la laissant seule.
Elle regarda la fenêtre, espérant qu'il allait revenir. Mais il n'y avait personne. Personne ne venait pour elle. Elle baissa la tête et pleura, roulée en boule sur le lit étroit qui sentait encore le sexe.

Oui, il était stupidement tombé amoureux de Hikari. Pas pour le sexe. Pas seulement pour le sexe… Mais parce que quelque part, ils se ressemblaient. Ils portaient un masque, et jouaient un rôle à longueur de journée. Mais quand ils étaient tous les deux, ils pouvaient laisser sortir cette partie d'eux-mêmes qui demandait luxure, passion, voire violence. Celle qui s'exprimait par le sexe. Et puis après, ils pouvaient parler de tout et de rien, allongés sur le lit, blottis l'un contre l'autre, ne se jugeant pas, acceptant même tout ce que l'autre était. Dans sa totalité. Lui, il lui avait confié des choses dont il n'avait jamais parlé avant. Elle, il lui arrivait de pleurer sur son épaule, et de trouver enfin un réconfort dans son étreinte masculine, bercée contre sa poitrine.

Il avait attendu qu'elle se décide à arrêter de jouer les allumeuses et se décide à lui avouer qu'elle était peut-être amoureuse de lui. Un peut-être aurait été suffisant. Sauf que plus le temps passait, plus il se demandait qui était la vraie Hikari. La jeune femme fragile mais indépendante, dont il acceptait les caprices et les penchants pour la séduction. Ou la véritable nymphomane doublée d'une mythomane aux tendances de dominatrice. Il avait espéré qu'elle lui donnerait des chocolats. Les siens, il les aurait acceptés. Devant le monde entier s'il le fallait. Quand le hasard les avait mis ensemble ce soir, il avait cru au destin et pas en un coup de chance. Quand elle lui avait donné cette barre, il y avait cru. Quand elle avait commencé à lui parler, il y avait cru. Mais encore une fois, elle s'était dérobée derrière son masque d'allumeuse. Quand elle avait enfin demandé et non plus prit par force ou séduction, quand il avait entendu ses « s'il te plaît. » il y avait cru. Mais elle avait tout gâchée. Il était prêt à se répandre en excuses, à l'embrasser, à lui promettre de prendre soin d'elle mais elle avait déversé son fiel et sa désillusion encore une fois. Une fois de trop.
Waouh… Joyeuse St Valentin… ??? Joyeuse, mon cul !!

Il était arrivé chez lui. Il voulait prendre une douche chaude, et aller au lit, pour en finir avec cette journée. Il ne voulait plus rien voir, plus rien entendre ou sentir. Il se sentait creux. Non il l'était, une carcasse vide…
Il monta les escaliers, fouilla dans sa poche pour trouver ses clés, ouvrit la porte et entra chez lui. Ses frères et sa mère étaient dans la cuisine, prêts à servir le dîner. Shouta expliquait un exercice de maths à Natsuko. Neeve devait bien être quelque part. Allait-il enfin avoir un moment de paix ? Il était presque sur le palier quand il s'arrêta. Non, il ne pouvait pas aller en bas, rejoindre sa famille. Quelque chose l'empêchait de respirer. Il ferma les yeux, pour tenter de chasser le vertige.
Kojirô se retourna sur la porte d'entrée qui s'ouvrait en grand fracas. Neeve était de retour. Il commença à sourire. Neeve comprendrait sûrement, elle, sans qu'il ait besoin de parler. Elle allait couvrir pour lui et il allait avoir son moment de paix. Mais elle n'était pas bonne humeur. Elle remonta le couloir rapidement, se heurtant à lui.
- « Hé ! Qu'est-ce… »
- « Shun est un abruti ! Je le déteste et c'est de ta faute ! » Et elle se jeta dans ses bras pour fondre en larmes.

-o-o-o-o-o-o-

Apparemment, Nix a trouvé ma fin nulle. Ben pas moi… Ici l'auteur se jette toujours autant des fleurs. Des Magnoooooliaaaaaaas par centaiiiineeeeeees!!!

PS pour Yellou : j'ai arrêté la moquette, je me suis mise à l'encens au jasmin… L'effet n'est pas meilleur….