Coucou c'est moi ! Bon encore du retard sur ce chapitre, mais si le fait d'avoir une beta-lectrice améliore la qualité du contenu, ça ralentit aussi le rythme de parution. Enfin…

Un grand merci à Yellou, la seule à avoir remercier Kiito/Nix. Vous pouvez dire lui merci, parce que sinon, je tombais dans un délire Yaoi grave. Pour indication, oui j'aime bien Cloclo ici et là mais je suis loin d'être fan. Et puis on m'a dit qu'on dit « Jasmin » et pas « Jasmine » en Français…

Un grand câlin d'encouragement à FicAndRea et Chenonceau qui se tapent des examens ! Mwaahahaha, que j'aime être une vieille peau qui a finit ses études… PS à Chenonceau, je pense que mon lectorat est 100 féminin…

SuperChewbacca m'a donné une crise cardiaque. En postant sur dernier commentaire (qui est toujours tronqué, d'ailleurs…) elle a eu un bug et m'a laissé 36 commentaires. Mon cœur a fait un bond ! 36 commentaires d'un coup… Et ben non…

Kikou Rowena. J'apprécie vraiment que les « anonymes » (ceux qui ne sont pas enregistrés ou ne suivent pas ma fic) prennent le temps de venir poster un comm. Michi michi.

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Publié : 31 Janvier 2008

Chapitre 28 – Avec des si, on mettrait Paris en bouteille


Hein ? Quoi ? Moi ? Répète un peu ?

L'esprit de Kojirô tournait à blanc. Il avait conscience de Neeve qui pleurait à chaudes larmes contre son torse, mouillant au passage sa veste de survêtement. Il avait conscience du reste de la famille qui s'était arrêté dans leurs activités pour les regarder, bouche bée. Mais alors qu'il savait qu'il devait faire quelque chose, il restait planté sur le palier, le regard perdu dans la contemplation du haut du crâne de Neeve. Son manque de réaction énerva d'ailleurs la jeune fille qui se mit à lui marteler la poitrine de coups de poings rageurs :
- « C'est ta faute ! Je le déteste, je le déteste et je te déteste toi aussi! Tout est ta faute ! » Finalement, elle le repoussa. Normalement, elle n'aurait eu aucune chance d'ébranler la montagne de muscles qu'était Kojirô, mais il était toujours inerte et sous l'impulsion, il recula d'un pas. Suffisamment pour que Neeve puisse grimper les escaliers et aller s'enfermer dans sa chambre.
- « Qu'est-ce que c'est encore que ce cirque ? » demanda Shouta, plus contrarié qu'inquiet. Il connaissait sa fille. Elle avait tendance à tomber dans le mélodramatique à chaque fois qu'elle était mécontente. Quelle chance pour lui qu'elle soit plutôt d'un naturel aimable…
- « Qu'est-ce que tu as encore fait à Neeve, Nii-san ? » accusa Takeru qui se souvenait très bien du week-end précédent.
- « Mais j'en ai marre ! Qu'est-ce que j'ai encore fait ou encore pas fait ? » explosa soudain Kojirô, en faisant sursauter tout le monde devant la brusque montée de voix. « Merde, lâchez-moi les baskets ! » A son tour, il monta à l'étage et claqua la porte de sa chambre. Il en ressortit trois secondes après pour s'enfermer dans la salle de bains.
Shouta ouvrait la bouche pour protester devant ce comportement des plus cavaliers quand Keiko posa une main sur son bras, à la fois calmante et préventive. Elle avait compris que son fils aîné avait des problèmes. Il avait juré devant ses frères et sœurs. En soi, c'était un signe révélateur.

Dans la douche, Kojirô laissait l'eau brûlante couler à flots, comme pour peler un à un les événements de cette journée. Les deux mains à plat sur le mur, la tête penchée en avant, le dos courbé, il fermait les yeux et essayait de faire le vide dans son esprit. Ne plus penser. Ni à Hikari, ni à Neeve. La première venait de lui briser le cœur, la deuxième les couilles… et puis un peu le cœur, parce que la voir pleurer le désolait. Surtout si elle pleurait pour un con pareil. Il n'avait pas conscience que l'eau emportait des larmes qu'il ne savait pas laisser couler sur son visage. Du regret, de la peine, de la rancœur. Ne plus penser. Ne plus ressentir. Rien, nada, niet, niente, kapout, finito… Tiens, pensons à la Meiwa. Comment il allait les écraser, les faire souffrir même. Une activité saine et reposante pour un Tigre fourbu. Enfin calmé, il sortit de sa douche, se sécha et réalisa qu'il n'avait pas amené de change avec lui tant il était en colère avant. Il haussa les épaules et ouvrit la porte en grand, défiant quiconque de venir lui chercher des noises. Les fesses à l'air, il traversa le couloir et rentra dans sa chambre où il passa un pyjama pour aller se rouler en boule sous ses couvertures.

Il ne sut pas combien de temps il resta là blotti au chaud à ruminer contre les filles et l'amour mais peu à peu il se sentit glisser dans une sorte de torpeur qui aurait pu être apaisante si elle n'avait pas été entrecoupée de visions effarantes. Des petits paquets de chocolat s'obstinaient à venir lui courir sur le haricot, l'appelant de la voix que Ken avait prise ce midi. Il courait, mais même le ballon se transformait en chocolat. Il shootait tout de même. Mais dans les filets, il y avait des filles, prêtes à se jeter sur lui. Parce que c'était lui le ballon….

Aussi à peine remarqua-t-il que quelqu'un entrait dans sa chambre. Il grogna se retourna, luttant contre la lumière autant qu'il luttait contre son demi-sommeil. On vint s'asseoir sur le lit à côté de son oreiller. On vint lui caresser sur le front, ôtant doucement des mèches de cheveux décidemment trop longues. Une main, une odeur, une présence qu'il reconnaitrait entre toutes. Sa maman. Il relâcha les muscles qu'il avait inconsciemment contractés et laissa la main se poser pour de bon. Keiko chantonnait un air sans parole, une sorte de berceuse apaisante qu'il lui avait entendu chantonner à ses frères et sœurs quand ils étaient bébés. Sans même sans rendre compte, il soupira, grommela indistinctement et arrêta de se démener dans son lit. Petit à petit, les chocolats disparurent et firent place à un sommeil sans rêve.

N'ayant mangé vraiment pas grand chose hier, Kojirô se réveilla aux aurores. Il s'assit brusquement dans son lit, cherchant des yeux ce qui avait bien pu le tirer de son sommeil. Les éboueurs dehors… Il était tout juste 5H00 du matin. Il se laissa tomber de tout son poids en arrière et porta les mains à son visage pour se frotter les yeux. Bon, maintenant ?

Maintenant, il allait se concentrer sur le foot… Et il allait régler le compte de l'abruti de service une bonne fois pour toute, comme ça Neeve arrêtera de le mêler à ses histoires et lui fichera la paix. Pff, même à moitié endormi comme il l'était, il n'y croyait pas. Cette fille était un aimant à problèmes. Il se leva, et contrairement à ses habitudes, il alla prendre son petit-déjeuner. Son estomac gargouillait bien trop fort pour faire quoi que ce soit d'autre. Puis, une fois calé question stomacale, il se changea directement en survêtement de Tôhô.

En petites foulées, ballon aux pieds et sac en bandoulière, il fit sa tournée de livraison. Un épicier éberlué le laissa entrer prendre ses journaux directement depuis le camion. Il était fou, ce gamin… Si à seize ans à peine, il se levait aussi tôt… Son rapport signé, Kojirô se rendit aussitôt sur le terrain de foot pour s'entraîner. Il cherchait à mettre au point un nouveau tir, qui ajouterait un effet de rotation à la force de frappe de son tir du tigre, histoire de ne pas avoir que des shoots linéaires en puissance. Mais même juste taper dans un ballon comme un bourrin l'amusait. Aussi était-il venu à bout de trois ballons quand l'équipe arriva. Kitazume regarda les cadavres éclatés et alla râler contre Kojirô qui détériorait son matériel. Ce dernier eut son sourire gredin et lui montra l'avancement de ses exercices. Ils se lancèrent dans une grande conversation technique pendant que les autres joueurs se changeaient et s'échauffaient. Ken et Kazuki gardaient un œil sur leur capitaine qui semblait presque trop joyeux. Ils s'attendaient à ce qu'il boudât encore après la journée d'hier. Mais son comportement n'avait rien d'anormal, ce qui était hautement suspect. Et puis Kojirô n'éclatait les ballons que lorsqu'il était vraiment en colère. En général, il imaginait le visage de la personne qui lui prenait la tête à la place du ballon et il shootait. D'accord, c'était de la catharsis et ça marchait, mais cela faisait peur. Pauvres ballons… Ils décidèrent d'attendre la fin de l'entrainement pour approfondir le sujet. Sage résolution parce que Kojirô venait de les engueuler pour être à la traîne. Mais ce fut lui qui aborda le sujet le premier.
- « J'ai pas envie de me taper le prof d'éco… » grommela soudain Kojirô en se séchant les cheveux.
- « Pourquoi ? Tu n'as pas fait tes exos ? » demanda Ken un peu affolé. Il comptait bien sur lui pour recopier quelques réponses.
- « Si, si… tu vas pouvoir pomper… »
- « C'est trop généreux de ta part. » ironisa Ken. « Mais donc ? »
- « Mais donc j'ai les nerfs et il va encore me prendre pour sa tête de turc… »
- « Pourquoi tu as les nerfs ? » demanda Kazuki de but en blanc.
- « Parce que j'ai enfin jeté Hikari et parce que Neeve a encore des problèmes avec son abruti portatif. »
- « Huuuum… » Si les deux amis étaient plutôt contents d'apprendre qu'Hikari la mante religieuse était hors course, ils étaient plus soucieux en ce qui concernait Neeve. Premièrement parce qu'ils l'aimaient bien, deuxièmement parce qu'ils sentaient que c'était un terrain glissant par rapport à Kojirô.
- « Tu sais, nous pourrions nous en charger, de l'abruti. » proposa Kazuki. « Tu nous montres le zigoto, on le coince dans un endroit à part et on lui fait comprendre qu'il n'est pas le bienvenu. » Kojirô et lui se regardèrent. Ils savaient tous deux que c'était hors de question, mais l'offre était tellement alléchante.
- « Pff, laissez tomber… Je n'aurai la paix que lorsque Neeve le virera d'elle-même. »
- « Je sais ! » s'exclama Ken qui venait d'avoir un élan d'inspiration. « Kazuki, demande à une de tes copines d'aller le draguer. On fait en sorte que Neeve le voit en charmante compagnie et ---. »
- « Et quand elle apprendra que nous sommes derrière tout ça, c'est moi qui vais trinquer… »
- « Comment veux-tu qu'elle sache ? » demanda Kazuki qui avait apprécié le plan.
- « Tordue comme elle est ? Elle trouvera… »
- « M'ouais… »
Les trois garçons regagnèrent leurs salles de classe en silence. Comme ils s'en doutaient, les bureaux de Ken et Kojirô disparaissaient encore sous les paquets, des offrandes tardives faites hier soir par de lâches anonymes. Le tout passa à la poubelle.
- « Et toi et Sasaki ? » demanda le buteur à Kazuki.
- « Bof, elle me fait la gueule. » L'intéressé haussa les épaules.
- « Tu t'en fiches ? » Ken était un peu étonné.
- « Pas vraiment. Elle reviendra. Ou pas… Je ne sais pas… on verra bien… » fit le second attaquant avec un flegme assez irritant.
- « Kazuki, un jour tu t'en mordras les doigts. » prévint Kojirô. Son ami le regarda en haussant les sourcils. « Je sais de quoi je parle… j'ai rencontré ton homologue féminin… »
- « Hé non ! » s'indigna Sorimachi. « Je ne suis pas comme elle ! »
L'arrivée du professeur mit fin à la colère du jeune homme qui bouda toute la matinée. Il était tellement contrarié qu'il ne mangea pas avec Ken et Kojirô, préférant passer la pause du midi avec sa dernière conquête, une élève de deuxième année qui lui avait offert des chocolats hier.
- « Tu y es allé un peu fort. » reprocha Ken. En fait, il était assez enclin à applaudir Kojirô pour sa sortie, mais il était de plus en plus frappé par l'attitude de son capitaine. Jamais auparavant le buteur n'avait émit la moindre critique ou opinion quant à leurs histoires amoureuses. Ce qui renforçait encore plus le message envoyé ce matin à Kazuki. Ce dernier le comprenait très bien, mais Kojirô n'avait pas le monopole de l'entêtement aveugle, et voilà que Kazuki avait prit la mouche.
- « Pff, ça lui passera. Mais moi je dis que ça va lui retomber dessus et c'est encore nous qui allons payer les pots cassés… »
- « Oui, oui, je suis d'accord, ne t'excite pas… » tempéra Ken.
- « Grumph… » C'était le pompon ! C'était Kojirô qui faisait la tête à présent.

Et Ken passa donc l'après-midi en grand silence. Devant lui, Kojirô suivait d'une oreille exceptionnellement attentive les cours tandis que Kazuki griffonnait sur les pages de son cahier, tout en jetant des coups d'œil en biais vers son capitaine. Ce dernier avait bien noté les tentatives d'approche de son ami, mais arrogant comme seul lui pouvait l'être, il campait fermement sur ses positions. Lui-même n'était pas vraiment certain des positions sur lesquelles il campait, mais c'était Kazuki le fautif et il allait s'excuser en bonne et due forme.
- « Hé, capitaine… » Sorimachi brisa enfin le silence maussade alors que les trois se rendaient au vestiaire pour se changer.
- « Hum ? » marmotta Kojirô.
- « Si on lançait Hikari sur Fujita ? » Kojirô s'arrêta, se retourna vers Kazuki et le regarda de haut en bas. Puis il n'y tint plus et laissa échapper un ricanement qui se transforma vite en fou rire.
- « Je me demande qui serait le plus à plaindre… Elle ou lui… » Il attrapa Kazuki par le cou, lui bloquant la tête sous son bras et frotta son poing contre le crâne du playboy. Ce qui n'avait rien de plaisant et Kazuki dut se démener comme un diable pour s'échapper. Kojirô lui courut après et le plaqua à terre. Ken se contenta de secouer la tête d'un air désespéré et alla se changer pour ne pas être en retard. Des fois il ne comprenait pas ses amis. Il fronça les sourcils. Déjà qu'il ne savait pas s'y prendre avec les filles, si maintenant il pédalait avec ses copains, sa vie sociale allait en prendre un coup. C'est à ce moment que son portable se mit à vibrer. Il s'assura qu'il n'était pas le dernier dans les vestiaires : Kojirô et Kazuki étaient toujours en train de batifoler sur la pelouse, sous l'œil amusé de Kitazume qui venait de prendre un pari avec la professeur de japonais sur le gagnant de ce pugilat improvisé. Bien sûr, il avait misé sur son « bon petit. » Sportive, elle soutenait Kazuki. Ken lut son message rapidement, puis encore une fois, plus lentement. Un sourire se dessina doucement sur ses lèvres.
- « Kojirô, Kazuki ! Maniez-vous ! » appela-t-il en sortant des vestiaires en sautillant comme un cabri.
- « Qu'est-ce qu'il lui prend ? » souffla Kazuki en maintenant Kojirô face contre terre.
- « Pff, va savoir avec lui… » répondit-il en se cambrant et en envoyant Kazuki valser trois mètres plus loin. Avec un regard entendu, ils se précipitèrent sur Ken. Kitazume réussit à convaincre le professeur de mathématiques de miser sur Ken. L'enjeu n'étant que la prochaine tournée de café, ce dernier accepta et s'accouda à la fenêtre pour regarder trois jeunes hommes se ridiculiser en se roulant par terre.
- « C'est beau la jeunesse… » conclut Kitazume en finissant son café et en s'éloignant. Ses deux collègues approuvèrent. « Bon, puisque vous avez de l'énergie à revendre, cinq tours de terrain. Sorimachi, Hyûga, vous n'êtes pas en tenue, vous me ferez cinquante pompes… et vous avez intérêt à finir vos cinq tours avec les autres.»
- « Ouais! »
Kitazume n'ajouta pas qu'il était déçu d'avoir perdu son pari. Ken avait habilement évité tous les coups et savait porter sa riposte quand il le fallait…La prochaine fois, c'est lui qui parierait sur le karatéka.

L'entraînement avait été dur, mais quelque part extrêmement satisfaisant. Kojirô avait oublié de penser pendant deux heures, et cela lui avait fait un bien fou. Il était en train de zipper sa veste de survêtement en se demandant quel allait être le menu du repas de ce soir quand il eut une envie. Un besoin bizarre. Il salua ses coéquipiers et se dirigea vers le portail Nord.
- « Tiens, tu passes par ici maintenant ? » s'étonna Ken.
- « J'ai un truc à faire… A demain. »
- « A demain… N'oublie pas de te faire corriger les exercices d'anglais par Neeve. Pour que je puisse les copier… »
- « Crétin. »
- « Moi aussi je t'aime… » Kojirô s'éloigna puis se ravisa
- « Ken ! » appela-t-il fortement.
- « Quoi, je te manque déjà ? »
- « Tout va bien ? »
- « Oh oui ! »
- « Qu'est-ce… ? » Mais Ken avait disparu derrière le coin de la rue.

Kojirô haussa les épaules et continua son chemin. Il décida de ne pas utiliser le métro et courut tranquillement dans les rues de la banlieue Tokyoïte. Il retraçait le chemin qu'il avait fait pendant près de quatre ans, ce qui le mena évidemment devant son ancien appartement. Il leva le nez. La fenêtre du salon était éclairée, un carré de lumière sur la façade grise de l'immeuble. Etrangement, cela lui faisait chaud au cœur de savoir que l'appartement était occupé. Il y avait passé de bons moments. La vie avait été dure mais pour lui, cet appartement avait toujours signifié famille, endroit où rentrer le soir pour enfin se détendre. Cet appartement avait fait partie de la famille. Maison. Maison Hyûga. Et pas Hase-Hyûga. Non pas qu'il n'aimât pas sa nouvelle maison, mais cet appartement était spécial. Il était lié à son obtention de bourse à Tôhô, à un renouveau en lui. Avant, il avait vécu comme un écorché vif, et on lui avait donné une seconde chance. Chance qu'il n'allait pas foutre en l'air. Que serait-il devenu s'il n'avait pas été remarqué par Matsumoto-san, si sa famille n'avait pas déménagé ? Un sourire doux apparut sur ses lèvres. C'était une expression qui ne lui était pas habituelle mais personne n'était là pour voir le visage du Tigre presque transformé par la sérénité de ses pensées. Oui, le tigre était content. Encore une fois, Kojirô haussa les épaules et son regard redevint féroce. Le tigre avait faim, il en voulait toujours plus. Mais ce n'était plus une faim vorace et primordiale. Le tigre était devenu gourmet. Il se délectait de victoires et surtout de reconnaissance par ses pairs. Il reprit sa course et vingt minutes après, il déboucha d'une rue donnant au pied d'une petite colline. Rapidement, il gravit les vieux escaliers de pierre, se rappelant comment Neeve avait eu des difficultés pour les monter, et s'arrêta devant l'autel du temple. Il piocha quelques euros depuis le fond de son sac – il n'avait jamais eu de porte-monnaie, puisqu'il n'avait jamais eu d'argent. Après une offrande et l'achat de quelques bâtons d'encens, il se dirigea sur la tombe de son père.

Cela faisait longtemps qu'il n'était pas venu seul. En fait, il n'était jamais venu seul. Toujours en famille, avec ou sans leur mère, mais à la demande de ses frères et sœur. Lui savait bien qu'il n'avait pas besoin de venir devant un carré de pierre pour parler avec son père. Il était dans son cœur. De nouveau, Kojirô se laissa aller à se demander ce que serait sa vie si son père n'était pas mort. Aurait-il pu parler de problèmes de filles avec lui ? Aurait-il été embarrassé d'avoir 'LA ' discussion entre hommes, celle que Keiko lui avait servit il n'y avait pas si longtemps ? Le jeune homme s'agenouilla et ferma les yeux. Il ne priait pas. Kojirô ne croyait pas en la notion de Dieu. C'était lui qui décidait de sa vie, il allait où il voulait et si la route était bloquée, c'était à lui de se débrouiller pour la dégager. Donc il ne parlait ni à Dieu ni à son père. Il se contentait d'écouter les bruits autour de lui, de sentir l'encens qui brûlait devant lui, de percevoir le froid de la pierre sous lui. Il se laissa vider par le souffle du vent. Il était venu ici pour avoir un moment de quiétude. C'est étrange qu'il ait eu besoin de venir dans un cimetière pour trouver une sorte d'apaisement, mais les pierres funéraires lui inspiraient plus le besoin de vivre et de se battre que tout autre chose. Enfin en paix avec lui-même, il se releva et rentra chez lui. Comme il se faisait tard, il prit le métro.

Devant la maison rose, Mamoru était en grande discussion avec un groupe de garçons de son âge, tous équipés de skateboard comme lui. Kojirô fit un signe à son frère qui y répondit à peine, tout excité qu'il était à l'idée de montrer son talent. En effet, le jeune Hyûga s'élança sur sa planche et commença à slalomer entre les boites de conserve vides qui faisaient office de poteaux. Les autres garçons l'encouragèrent, lui criant des conseils. Arrivé au bout de la ligne, Mamoru se tassa sur son skate et sauta tout en pirouettant. La planche tourna sur elle même et d'un coup de pied bien placé, Mamoru la fit basculer de telle sorte qu'il put refaire le slalom en sens inverse. Kojirô dut admettre que son petit frère lui en bouchait un coin. Et aussi qu'il était un peu jaloux. Mamoru venait tout juste de l'ignorer ! Il rentra dans la maison pour trouver le tout silencieux.
- « Salut ? » appela-t-il. Keiko sortit de la buanderie où elle pliait le linge.
- « Kojirô ! Je commençais à me demander où tu étais passé... »
- « Un truc à faire. » Kojirô alla se servir un verre de coca et croqua dans une pomme.
- « Tu vas te couper l'appétit. » réprimanda sa mère.
- « Avec une pomme ? Pas la moindre chance. Où est le reste de la tribu ? »
- « Neeve est chez le kiné pour sa séance de rééducation et elle récupérera Natsuko qui étudie à la bibliothèque. Shouta a amené Takeru au Dojo pour finaliser son inscription. Et Mamoru est dehors. » Le silence retomba. Keiko finit de plier le linge et entreprit de le distribuer et s'attaqua à d'autres tâches ménagères.
- « Hum… Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? » demanda Kojirô alors que sa mère revenait. Le jeune homme s'était laissé tomber sur une chaise et avait déballé ses cahiers. Il avait beau avoir une chambre avec un bureau, il n'arrivait pas à se débarrasser de l'habitude d'étudier dans le salon… Ou partie salle à manger du salon, maintenant.
- « Je ne sais pas. Qu'est-ce qui te plairait ? »
- « Du porc aigre doux.» Le plat préféré de Kojirô.
- « J'aurais dû m'en douter… »
- « N'est-ce pas ? » Elle passa derrière son fils pour lui frotter les oreilles et termina son geste pour lui caresser les cheveux.
- « Et si tu me laissais te couper les cheveux ? »
Kojirô grogna.
- « Encore cette idée fixe ? »
- « Toujours cette idée fixe. Moi aussi je suis une Hyûga. Têtue et bornée. »
- « Sans blague… Je n'avais pas remarqué. » Il essaya de se débarrasser des mains qui tiraient sur les longues mèches en secouant la tête mais il se reçut une petite tape sur le haut du crâne.
- « Si tu me laisses te couper les cheveux, je rajoute du riz aux patates douces au menu de ce soir. » marchanda Keiko.
- « Grr, tu n'as pas le droit de négocier avec mon ventre. » protesta Kojirô qui en bavait déjà.
- « Comme si j'allais me gêner ! Ne bouge pas, je vais chercher les ciseaux. »
Toute contente d'elle-même, Keiko récupéra son peigne et ciseaux et entreprit – enfin - de coiffer son aîné. Ce dernier se laissa faire, un peu parce qu'il savait que tôt ou tard il allait devoir y passer donc autant s'en débarrasser maintenant, et puis parce qu'il entendait sa mère chantonner en s'attaquant à ses cheveux. Si cela lui faisait tellement plaisir, il pouvait se sacrifier.

Le « tchic tchic » des lames et la voix de sa mère étaient les seuls bruits. Les mains de sa mère étaient chaudes et douces. Il ferma les yeux et eut un gros soupir. S'il avait été un chat, il se serait mit à ronronner.
- « Je coupe court ? » demanda Keiko doucement.
- « Grumph… » En langage Kojirôesque, cela voulait dire « je m'en fiche. »
- « Ne hausse pas les épaules, tu me fais bouger… »
- « Pardon… » grommela-t-il.
- « Donc… » commença la mère d'une voix neutre en tirant les mèches devant les yeux de son fils « Qui est la pétasse qui t'a brisé le cœur ? »
- « Maman ! » Kojirô sursauta. Il était aussi surpris par le fait d'entendre un gros mot dans la bouche de sa mère que de se savoir découvert.
- « Quoi ? Ce n'est pas une fille…un homme ? »
- « MAMAN ! » Cette fois, il était officiellement offusqué.
- « Arrête de bouger, je vais faire un trou ! » Il se récolta une nouvelle tape sur le haut du crâne. Il marmotta quelque chose qui laissait entendre qu'il n'avait pas à bouger pour qu'elle fasse des trous. Keiko avait l'ouïe fine, comme toutes les mères, et donna une autre tape.
- « Ne change pas le sujet. Et je ne fais pas de trous.»
- « … »
- « Donc c'est une fille ? »
- « Hikari. » Il avait capitulé. Elle était têtue, c'était de famille.
- « Mais… je croyais que c'était ton amie, celle qui t'avait soigné la main ? »
- « Ouais… »
- « Et elle n'a pas voulu sortir avec toi ? »
- « On peut dire ça comme ça. » Il n'allait tout de même pas entrer dans les détails. Il se sentit rougir aux souvenirs des détails. Non, ce n'était pas un sujet de conversation entre une mère et son fils.
- « Elle ne sait pas ce qu'elle perd. Bah, tu en trouveras une autre… »
- « Si tu le dis… »
- « Arrête de ronchonner, ce n'est pas comme ça que tu vas séduire les filles… »
- « Je ronchonne si je veux…Et je n'ai jamais eu de plaintes quand à mon ronchonnement. Cela fait partie de mon charme. »
- « Pff, voilà ! » Keiko avait fini. Kojirô porta les mains à son visage. Il avait toujours les cheveux un peu longs, mais raccourcis, surtout au niveau des yeux. Cependant, il avait la nuque dégagée et cela faisait bizarre. Il se leva et alla chercher la balayette.
- « Maman… ? » appela-t-il.
- « Oui mon chéri ? » Keiko rangeait ses outils.
- « Tu as vraiment cru que j'étais homosexuel ? »
- « Non, pas un instant. »
- « Comment as-tu--- ? »
- « La façon dont tu reluques les filles, Kojirô. » Il se redressa, encore une fois rouge et indigné.
- « Je ne reluque pas les filles ! » objecta-t-il un peu trop fortement.
- « Et moi, je suis la reine d'Angleterre… » répondit Keiko en passant dans la cuisine.
- « Ah ouais ? » défia-t-il. Elle lui adressa un regard bien direct, avec juste ce qu'il fallait de moquerie pour qu'il s'empourpre de plus belle.
- « Mon chéri, si je dis que tu reluques les filles, c'est que tu le fais. »
- « Même pas vrai… »
- « Arrête de ronchonner ! » ordonna-t-elle avec un sourire en coin.
- « Cela te dérangerait si j'étais homo ? » demanda-t-il en se mettant près d'elle. Il se mit à couper les poivrons pendant qu'elle nettoyait les patates douces.
- « Je ne sais pas. On verra si cela se produit. Est-ce que cela te dérangerait si Takeru et Mamoru étaient homosexuels ? »
- « Je crois que oui… un peu… au début…Mais bon, moi j'aime les filles. »
- « Je sais… »
- « Et puis, c'est bon signe pour toi. Tu auras des petits-enfants. » Sa mère s'arrêta d'éplucher les patates pour le dévisager.
- « Kojirô, est-ce que tu veux dire que… enfin…toi et cette fille… »
- « NON ! » se récria-t-il. « Je n'ai mis personne enceinte. Mais qu'est-ce que tu vas chercher ! » Il coupa un poivron directement en deux tellement fort qu'une moitié voltigea à travers la cuisine. Il eut un claquement de langue et alla chercher le bout de poivron.
- « Mais tu aurais pu ? »
- « Mais j'au--- MAMAN ! Je ne vais pas parler de ma vie sexuelle avec toi ! » Il la menaça de sa moitié de poivron avant de jeter le légume dans la poubelle.
- « Tant mieux, je suis trop jeune pour être grand-mère. »
- « Et moi être père. »
- « Que Dieu ait pitié, toi père… »
- « Exactement. » Brr, il en avait des frissons. L'idée d'être un père un jour ne lui déplaisait pas. Mais un jour très, trèslointain.
- « Kojirô, peux-tu me dire ce que tu fais avec ces oignons ?! »
- « Ben, je te les coupe… »
- « Ce n'est plus de la coupe, c'est du massacre d'oignons ! »
- « Pff, jamais contente. »
- « Tu es vraiment nul en cuisine. Tu es bien comme ton père… » râla Keiko en essayant de sauver ce qui restait des oignons. Cependant Kojirô sourit. Il aimait être comparé à son père.
- « On peut pas tout avoir dans la vie… »
- « Paroles pleines de sagesse, mon fils. »
Le silence retomba entre les deux qui continuèrent à préparer le repas.
- « Maman ? » questionna doucement Kojirô.
- « Hum ? »
- « Toi et Shouta… je veux dire… est-ce que… » Il ne savait pas comment le dire. L'image du dimanche soir était encore gravée dans sa mémoire. Keiko avait compris où il voulait en venir et rougit violemment.
- « Arhem. Que veux-tu que je te dise ? Vous n'auriez pas du voir cela. Cependant, vous vous doutiez bien de la …nature… de notre relation… »
- « Oui mais… »
- « Nous n'allons pas discuter de ce sujet. C'est personnel. »
- « Tu ne t'es pas gênée pour discuter de ma vie sexuelle ! »
- « C'est différent ! »
- « Mais… ! »
- « Non. Point barre. »
- « Est-ce que tu es enceinte ? »
- « Kojirô ! »
- « Oui ou non ? »
- « KOJIRÔ ! »
- « J'ai tout de même le droit de savoir, non ? »
- « KOJIRÔ ! »
- « … »
- « Non je ne suis pas enceinte. » reprit Keiko doucement. « Maintenant sors de ma cuisine avant que tu ne me fasses tourner ma sauce ! »
Kojirô sut qu'il était dans une impasse. Sa mère n'était pas fâchée mais le serait s'il poussait plus le sujet. Il s'approcha d'elle et passa les bras autour d'elle. Mince, ce qu'elle pouvait être petite. C'était à se demander comment il pouvait être si grand.
- « Je t'aime Maman. »
- « Moi aussi je t'aime mon cœur. » Ils restèrent enlacés et l'arrivée soudaine de la famille brisa se moment précieux.

Keiko regarda son fils ramasser ses feuilles d'exercices pour pouvoir mettre la table. En bonne mère, elle avait senti que quelque chose ne tournait pas rond. Elle avait tout de suite compris qu'il s'agissait d'une histoire de cœur et avait décidé de lui donner une soirée pour décompresser. Cependant, elle se sentait anxieuse, ne sachant pas trop si elle aurait les bons mots pour le réconforter. Elle savait bien que Kojirô avait un fond sensible, même si tout le monde, lui y compris, avait tendance à l'oublier. Elle s'était bien jurée de trouver de quoi il retournait exactement. Kojirô avait tendance à tout faire en grand, les bonnes choses comme les mauvaises. A son soulagement, ce n'était qu'un chagrin amoureux. Certes, son premier chagrin d'amour, mais pas autre chose.

Neeve passa le repas à essayer de convaincre Shouta de l'inutilité des séances de rééducation qui l'obligeaient à abandonner son poste de déléguée de classe. Shouta tint bon, et les parents se retrouvèrent face à deux adolescents boudeurs. En râlant et traînant les pieds, ils montèrent dans leurs chambres. Kojirô se posa devant son bureau et se mit à étudier. C'était long, ennuyant et fastidieux… A quoi cela lui servait-il de connaître le PIB du Japon pour marquer des buts ? Un coup à la porte le tira de ses sombres réflexions.
- « Quoi ? »
- « Coucou ! tu as une minute ? » Neeve venait de passer le nez par sa porte.
- « Ça dépend… » Il ne voulait pas vraiment la voir mais d'un autre côté, il aurait bien aimé savoir ce qui s'était passé la veille.
- « J'ai besoin que tu me corriges mes maths. »
- « Corrige ou explique ? » Il commençait à savoir lire entre les lignes.
- « Hé j'ai fait tous les exos ! » se récria la jeune fille en repoussant une longue mèche en arrière.
- « C'est vrai ce mensonge ? »
- « Bon d'accord, j'ai coincé sur un ou deux points… » marmonna Neeve avec une moue.
- « Un ou deux ? » releva Kojirô, amusé malgré lui.
- « Rooo, d'accord, quatre ! Mais ce sont les plus durs ! » Elle le regarda pleine d'espoir, avec des grands yeux innocents. Manque de chance, Kojirô savait exactement à quoi s'attendre et il croisa les bras sur sa poitrine et secoua la tête.
- « Le marché était de corriger, pas expliquer. »
- « Allez, sois gentil… »
- « Qu'est-ce que j'y gagne moi ? »
- « Euh… » Elle se trémoussa un peu et Kojirô réalisa soudainement qu'elle n'avait pas de soutien-gorge sous son gros pull. Il déglutit difficilement et la fixa du regard. Elle ne comprit pas pourquoi il la fusillait soudainement. « Si tu es occupé, laisse tomber… »
- « Non, c'est bon… Je t'explique, si tu me corriges mon anglais. » Et toc, il n'avait même pas besoin de demander.
- « Deal. » Ils échangèrent les copies. A son plus grand embarras, elle s'assit sur le bord du bureau, mettant sa poitrine à hauteur d'œil. Il se pencha sur les feuilles, bien décidé à ne pas lever les yeux. Mais la voilà qui s'inclinait vers lui, posait une main sur son épaule, et récupérait un crayon dans la trousse posée devant lui. Un parfum de cerise et de vanille flotta vers lui. Il déglutit encore une fois.

Elle finit avant lui. Elle le regarda un instant, puis descendit du bureau pour aller regarder les photos sur le haut de sa commode.
- « Le blanc te va plutôt bien. » dit-elle.
- « Hein ? » Il se détourna un peu. Elle avait le cadre de la photo de l'équipe junior entre les mains. Le cliché avait été pris au Parc des Princes, l'été précédent. Ils étaient tous en maillot blanc et Kojirô posait derrière Tsubasa. Il sourit en se rappelant ces bons souvenirs.
- « Y'a qu'une fille pour dire ça. » Il revint à la correction de l'équation. Neeve avait trouvé la bonne solution, mais ses calculs étaient compliqués et il s'y perdait un peu.
- « Pff, pour une fois que je te fais un compliment… »
- « Hum… » Il écoutait d'une oreille distraite.
- « Pourquoi est-ce que tu n'étais pas le capitaine ? »
- « Parce que Tsubasa est meilleur que moi… »
- « Vraiment ? »
- « Hum. »
- « Mais tu vas le battre ? »
- « Hum. »
- « Quand ? »
- « Quand quoi ? » Il avait perdu le fils de la conversation en remontant ses calculs.
- « Quand vas-tu le rencontrer en match ? »
- « Jamais, il est passé pro au Brésil. »
- « Au Brésil ???? » Neeve en laissa presque tomber le cadre.
- « Tu veux bien te taire trois secondes !? » tonna Kojirô sans même lever les yeux.
Elle obéit et se posa sur son lit. Elle s'allongea et gigota un instant pour trouver une position agréable et s'étira. Ses doigts sous l'oreiller trouvèrent un magazine. Elle le tira à elle, s'attendant à trouver un truc porno. Mais non, ce n'était que le dernier FootMag. Elle était presque déçue. Elle aurait bien aimé voir à quoi ressemblait un magazine masculin. Décidemment, Hyûga n'était pas comme les autres garçons. Elle feuilleta les pages au hasard, regardant les images et parcourant les articles.

En la sentant silencieuse, chose inhabituelle pour elle, Kojirô lui jeta un coup d'œil. Quelle bêtise avait-elle encore trouvé à faire ? Elle était étendue en biais sur son lit, son dos calé par son oreiller. La tête posée sur une main soutenue par un coude plié, elle lisait son magazine. Son pullover était un peu remonté, dévoilant un peu de son ventre. Il n'y avait rien à dire, elle était vraiment mignonne.
- « Est-ce que tu comprends au moins la moitié de ce que tu lis ? » taquina-t-il.
- « Même pas le quart. » A son tour, elle leva la tête et lui sourit. Un vrai sourire, pas sa moue narquoise. C'est alors qu'il remarqua ses yeux rouges. Elle avait pleuré récemment. Se maudissant déjà mentalement, il se lança :
- « Neeve, dis-moi…»
- « Hum… ? » Elle continuait de le regarder en souriant.
- « Tu sors toujours avec Fujita ? »

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Mauvaise nouvelle : le chapitre 29 (bientôt fini !) sera sûrement le dernier chapitre publié avant ma mise en off. Mon patron est méchant avec moi et me donne plein de boulot…