Tada !! Le chapitre 30 ! 30 ! Sortez les pompons !

Question statistiques, c'est 180 pages de texte .doc d'histoire pure (sans les blabla avant et après) et 149 540 mots et des patates. Youpi yeah yeah !

Un grand merci à tous vos gentils messages. Je suis officiellement off pour deux semaines, mais je continue à travailler sur mon chapitre 31, déjà à moitié écrit. Aussi je vais en profiter pour relire les chapitres précédents et corriger les dernières erreurs et incohérences.

A plus tard !

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Chapitre 30 - Les petits présents entretiennent l'amitié

Kojirô eut un grognement de frustration. Pourquoi est-ce que toutes les filles qu'il connaissait étaient toutes aussi tordues et casse-bonbons les unes que les autres ? Pourquoi ne pouvait-il pas faire connaissance d'une gentille jeune fille qui se passionnerait pour… il ne savait pas quoi… tiens, les fleurs… c'est joli et pas causant, les fleurs. Une gentille jeune fillenormale ? Etait-ce vraiment trop demander ? Apparemment oui.

La faim ramena Kojirô chez lui. A sa plus grande joie, Shun n'était plus là. Etrangement, Neeve ne rayonnait pas de bonheur bien qu'elle se soit réconciliée avec son copain. Kojirô passa la soirée à la dévisager en biais, en se demandant ce qui pouvait bien passer dans la tête de la jeune fille. Des bribes de sa conversation avec Ayame revenaient rouler dans sa mémoire, un peu comme la mer vient et se retire, jamais avec la même force, mais vous mouillant toujours autant. Et pour la millième fois, Kojirô n'aimait pas se faire mouiller.
- « Quoi ? J'ai un truc sur la figure ? » demanda Neeve en surprenant son regard.
- « Si seulement tu avais un truc dans la figure… » grommela Kojirô en se levant. C'était son tour de faire la vaisselle.
- « Et je suis censée prendre ça comment ? »
- « Comme tu peux… » Il lui dédia son plus grand sourire et à sa plus grande surprise, elle lui retourna son sourire.
- « Ça te va vraiment bien, cette coiffure… »
- « Ce n'est pas la coiffure, c'est moi qui suis beau. Tiens, porte ça. » Kojirô lui tendit un grand plateau avec les assiettes sales. Elle obéit mais s'arrêta à mi-chemin.
- « Pourquoi est-ce que je t'aide à faire tes corvées ? » pesta Neeve.
- « Je ne sais pas. Option un : tu t'es faite avoir. Option deux : je suis mignon et tu as craqué devant mon charme. Option trois : tu aimes faire la vaisselle. »
- « Ben alors, c'est option un… y'a pas à chercher… » Elle posa le plateau sur la table de la cuisine et croisa les bras.
- « Hase, ne reste pas plantée là, fais du thé. »
- « Pourquoi moi ? » répliqua Neeve.
- « Rends-toi utile… pour une fois… »
Ils continuèrent à échanger piques et remarques aigres-douces tout en faisant la vaisselle et ramassant le linge. Comment Kojirô s'était-il retrouvé à l'aider, il ne savait pas trop. Après avoir servi le thé, Neeve avait disparu dans la buanderie. Il s'était contenté d'attraper un panier pour la suivre sur le toit. Elle n'avait rien demandé et pourtant elle le remercia gentiment, ce qui acheva de déstabiliser Kojirô. Il la regarda bien en face, la mettant mal à l'aise et la faisant rougir.
- « Quoi encore ? » s'impatienta Neeve.
- « Tu es vraiment bizarre. » conclut Kojirô en rentrant dans sa chambre. Il n'en sortit pas, et elle ne vint pas le déranger. Quelques heures studieuses après, il s'étira et décida d'aller dormir. Il se laissa tomber de tout son poids sur le matelas et soupira de bonheur. Dodo. Sauf que son oreiller sentait toujours autant la cerise et la vanille et que l'odeur s'incrustait encore une fois dans son pyjama.Jusqu'au bout, hein ? Saleté…

Un jeudi comme tous les autres jeudis, comme tous les autres jours de la semaine. Sauf que Kojirô était de plus en plus impatient de rencontrer la Meiwa. Il alternait nervosité, enthousiasme et hargne, rendant Ken et Kazuki de plus en plus inquiets. Surtout Kazuki.
- «Capitaine…. » commença ce dernier alors qu'ils étaient tous en train de se changer après les cours. « Est-ce que tu es sûr de pouvoir te contrôler samedi ? »
- « Qu'est-ce que tu racontes ? » demanda Kojirô d'un ton très sec.
- « Bon sang ! » explosa Kazuki. « Tu hais les gars de la Meiwa autant qu'ils te haïssent. Chaque année, c'est pareil. Vous vous provoquez et vous vous montez la tête. Et le match ressemble plus à O.K Corral qu'à un match de foot. »
- « Ce n'est pas ma faute s'ils sont cons. » protesta Kojirô toujours aussi coléreux.
Ce n'est pas qu'il détestait son ancienne équipe, mais plutôt trois des ses anciens équipiers, Yasuo Mashino le nouveau capitaine et buteur, Tatsu Arii et Toshio Kimiwada les deux défenseurs. Du temps de Kojirô, Yasuo avait relégué au poste de défenseur, parce que le tigre n'acceptait aucun autre buteur dans son équipe. Aucun des trois garçons n'avait le talent de Hyûga, ou même sa passion. Devant leur comportement, l'entraîneur ne se soucia pas vraiment d'eux et donc ils ne progressèrent pas vraiment. Et donc jusqu'à l'arrivée de Ken, la défense de Meiwa avait été un sujet constant de plaisanterie dans le championnat régional de Tokyo. L'équipe ne devait sa réussite qu'aux exploits de Kojirô, puis de Ken et Takeshi. Quand Kojirô avait été recruté par Tôhô, les trois joueurs avaient pensé qu'il les abandonnait et un sentiment de rancune et de jalousie les avait poussé à s'entraîner encore et encore pour pouvoir enfin se venger. Le plan était de battre Tôhô au tournoi qualificatif. Mais année après année, Meiwa perdait et Tôhô partait pour le championnat.
- « On s'en fout de la Meiwa ! » Kazuki attrapa Kojirô par le col de son T-shirt. « Je n'ai pas envie de me faire éliminer du tournoi parce que Monsieur ne peut pas encaisser quelques plaisanteries de mauvais goût. »
Ken approuva. L'année dernière, Meiwa avait mené une guerre psychologique contre la faible patience de Kojirô, qui, sans grande surprise, n'avait pas fait long feu. Il avait fallut les efforts combinés de Ken, Kazuki et Masahiko Nomi pour séparer Kojirô et Yasuo qui en étaient venus aux mains. Les deux équipes avaient frôlé de peu l'exclusion instantanée.
- « D'accord, d'accord… » grommela Kojirô se sentant un peu – juste un peu – coupable. « Bon, ce n'est pas tout, mais il faut y aller. »

Ken soupira lourdement, imité par un bon nombre de ses co-équipiers qui avaient suivi la conversation. Ce que Kojirô pouvait être bourrin et entêté… Ils avaient bien intention de le surveiller comme le lait sur le feu. Et pour le calmer, ils lui donnèrent la besogne de laver les T-shirts et serviettes. Kojirô haussa les épaules. Après s'être douché, il récolta les vêtements puants et partit dans la buanderie commune aux clubs de sport pour lancer une lessive. Puis il sortit et se mit à jongler avec son ballon, pour ne pas suer alors qu'il venait de se laver.
- « Yo bro ! » Rai venait d'émerger de son vestiaire, les bras remplis de dossards et serviettes. « Toi aussi, tu es lessive-man ce soir ? »
- « Ouaips ! » L'interpellé cala son ballon sous son bras et suivit son copain à l'intérieur. Il déchargea sa lessive et mit le tout dans le sèche-linge. Puis il se tourna vers Rai et éclata de rire. Le basketteur se grattait la tête d'un air perdu en regardant les boutons de la machine à laver.
- « Pas cool, bro… »
- « Fils de riche, va ! » Néanmoins, Kojirô programma la machine en un instant.
- « Waouh. Tu es un vrai héros » fit Raia moitié sérieux.
- « Parce que je sais me servir d'une machine à laver ? »
- « Oi ! Tu es bon à marier… Epouse-moi ! »
Rai se jeta sur Kojirô et essaya de le pousser à terre. Les deux garçons luttèrent jusqu'à ce qu'une femme de ménage les mit à la porte parce qu'ils allaient tout casser.
- « Mais, ma lessive ! » protesta Rai.
- « Je m'en occupe. »
- « Cool Ma'am ! Merci »
Kojirô râla. Il devait encore plier son linge et le transporter au vestiaire, mais personne ne se proposait de l'aider, lui. Bon ami, Rai l'accompagna. Kojirô jugea préférable de ne rien lui donner à porter. Maladroit comme il pouvait l'être, Nishimura allait faire tomber par terre ses maillots tous propres.
- « Mince, j'ai raté mon bus. » gémit le basketteur en voyant le car tourner le coin de la rue. « C'était le dernier… Et mon père ne finit pas avant 21 heures ce soir… »
- « Bah, viens manger chez moi. » proposa spontanément Kojirô. « Comme ça, tu pourras revenir ici attendre ton père. »
- « Non bro, je ne vais pas débarquer chez toi comme ça. »
- « Mais si… »

La maison était silencieuse. Keiko et Shouta étaient au yoga, Mamoru dehors, Natsuko à la bibliothèque.
- « Takeru, Neeve ? » beugla Kojirô depuis la cuisine.
- « Ouiiii ? » répondirent deux voix, tout aussi fort.
- « Qu'est-ce que vous faites ? »
- « On regarde les catalogues de fringues. » fit Takeru en apparaissant en haut des escaliers.
- « Ah bon ? » s'étonna Kojirô. « Depuis quand est-ce que tu t'intéresses aux fringues ? »
- « Depuis que Neeve viendra jouer avec moi quand elle aura fini de passer sa commande. » Takeru disparut.

Les deux garçons s'installèrent au comptoir américain et entreprirent de faire semblant d'étudier, mais ils ne faisaient que vider le frigo de tout ce qui était comestible en bavardant. Soudain, un bruit sourd retentit à l'étage, suivi d'un pas de course. Kojirô et Rai levèrent la tête. Les bruits s'arrêtèrent une seconde, puis reprirent. Cette fois, cela ressemblait à une charge d'éléphants. Le footballeur secoua la tête. Apparemment la séance shopping venait de se terminer. Rai le regarda, un peu surpris.
- « T'inquiète, ils jouent. »
- « Oh. »
Le rire de Takeru explosa soudain.
- « T'es lente ! »
- « Reviens ici ! » Neeve tentait de prendre une grosse voix mais son hilarité gâchait l'effet. « Si je t'attrapes. »
- « Dans tes rêves ! »
- « Rends-le moi ! »
Les éléphants reprirent leur charge. Takeru riait toujours, mais Neeve pestait de plus en plus.
- « Espèce de ouistiti glissant ! Reviens ici ! »
- « Non ! »
- « Rends-le moi ! »
- « Non »
- « Takeru ! »
BOUM ! Les éléphants venaient de tomber. Kojirô releva la tête plus brusquement. Ils allaient se faire mal à ce rythme là.
- « Tu m'as volé mon caleçon ! » s'exclama Takeru. Kojirô s'étouffa avec son coca. Quoi ?
- « Pardon... En fait, non, on échange. Ton caleçon contre ---. »
- « Nooooon ! Regarde, je suis la mouche ! » Takeru semblait ravi.
- « Qu'est-ce que tu crois qu'il lui a pris ? » interrogea Rai, curieux et intrigué.
- « Aucune idée, mais il a l'air d'apprécier… »
- « BZZZZZZZZZZ, je suis la moooooooouuuche ! »
- « Rend-moi mon soutif !! »
Les deux adolescents interrompirent toute activité, mentale ou physique, pour regarder le petit garçon qui venait de sauter des escaliers. Souple comme tous les enfants le sont, il se réceptionna agilement.
- « Haha, je suis Super Mouche ! » clama-t-il en écartant les bras comme pour mimer un avion et se mettant à courir en rond sur le palier. Kojirô regarda son frère bouche bée. Rai, en face de lui, n'en croyait pas ses yeux.
Takeru était bel et bien cul nu, son petit bout de zizi se balançant alors qu'il sautait partout. Venant d'un gamin de sept ans, cela n'avait rien d'inhabituel. Mais le fait qu'il ait un soutien-gorge rouge sur la tête était une autre histoire. Il avait passé les bretelles autour des oreilles et attaché l'agrafe sous son menton, de telle sorte que les bonnets se dressaient sur son crâne à la manière de deux drôles d'oreilles. D'où tenait-il qu'il ressemblait à une mouche… ? Mais les deux jeunes hommes étaient loin d'en avoir fini avec leurs surprises. Neeve venait de débouler sur Takeru, agitant dans sa main droite un bas de jogging et un caleçon Pokemon.
- « Idiot de petit frère ! Reviens ici ! »
- « Grande sœur stupide ! Attrape-moi ! »
Takeru bondit hors de portée, atterrissant en bas de la courte volée de marches donnant sur le salon. Neeve courut après lui, mais patina avec ses grosses chaussettes d'intérieur. Cependant, elle agrippa Takeru par son chandail alors qu'elle dérapait sur le sol en bois, et immédiatement, les deux se mirent à lutter, glissant petit à petit en direction de Kojirô. Les longs cheveux de Neeve volaient partout et Takeru glapissait de rire alors qu'elle le chatouillait férocement pour lui faire perdre prise sur le soutien-gorge. Evidemment, Neeve gagna. Elle se retrouva à califourchon sur Takeru, brandissant son soutif de la main gauche, tenant toujours le caleçon Pokemon de l'autre.
- « Mwahahaha ! A moi le pouvoir des sous-vêtements ! » tonna-t-elle d'une voix magistrale. (1) Puis elle poussa un soupir et entreprit de dégager les cheveux de son visage.

- « Ahrem… » Kojirô crut bon de manifester sa présence en toussotant. Monopolisés par leur jeu, ni Takeru ni Neeve n'avaient remarqué l'aîné Hyûga, et encore moins son invité. Neeve leva la tête, enlevant les dernières mèches encore collées ici et là.
- « Hyug---AAAAAAAAH LE TOUT-NU ! » cria-t-elle en pointant du doigt vers Rai.
- « AAAAAAH, LA FURIE !!!! » hurla le basketteur en retour. « …. ….. Tu sais que tu brandis un soutien-gorge, non ? »
Neeve s'empourpra. En effet, elle avait utilisé sa main gauche, oubliant totalement l'article de lingerie qui s'y balançait tranquillement. Elle cacha sa main derrière elle en rougissant encore plus.
- « Neeve, t'es lourde… » pleurnicha Takeru.
- « Oh, pardon… » Elle se poussa et lui tendit ses habits. Kojirô comprit mieux comment son benjamin s'était retrouvé cul nu. Le jogging devait être un de ces vieux vêtements dont Takeru, en bon dernier de famille, avait écopé après qu'il ait été usé par un de ses frères. L'élastique de la ceinture était plus que lâche et Neeve avait dû tirer trop fort, emportant pantalon et caleçon d'un coup.
- « Alleeeez Neeeeve, viens jouer ! » suppliait justement Takeru.
- « Je pense que nous avons assez joué comme ça ! » réprimanda Neeve.
- « Noooooon ! » Takeru se pendit au bras de la jeune fille et lui fit des gros yeux larmoyants de cocker.
- « Non ! » Elle se débattit, essayant de décrocher Takeru. Ce faisant, elle envoya voler son soutien-gorge.
- « Hé, fais attention ! C'est dangereux ton truc ! » glapit Rai en se baissant pour éviter de se prendre une claque vestimentaire.
- « Quoi, qu'est-ce qu'il a, le tout-nu ? Qu'est-ce que tu reproches à mon soutif ? » Neeve se retourna vers le basketteur avec une moue boudeuse.
- « Oh rien. J'aime beaucoup ton soutif. » dit Rai avec un sourire séducteur.
- « Vraiment ? » Neeve haussa son sourcil droit.
- « Rouge, c'est sexy. »
- « N'est-ce pas ? » La jeune fille s'adressa à Kojirô qui fronçait les sourcils en voyant la tournure que prenaient les événements. « Il a bon goût, ton tout-nu. »
- « Ce n'est pas mon tout-nu et oui, il a bon goût. Je vois enfin une partie de la fameuse lingerie rouge… »
- « Mais je ne suis pas tout-nu. » fit Rai.
- « Heureusement pour toi. » fit Neeve placidement.
- « N'est-ce pas ? » Rai et Neeve se jaugèrent mutuellement du regard et décidèrent qu'ils s'aimaient bien.
- « Bon je vais aller jouer avec Takeru. Au revoir » Neeve salua Rai.
- « A bientôt. »
Il la suivit du regard alors qu'elle montait les escaliers en poussant le gamin devant elle. Elle avait balancé d'un geste nonchalant son sous-vêtement au travers de l'épaule.
- « A quoi on joue ? » demanda Takeru.
- « On va finir ton puzzle à la noix. »
- « Quoi ? Qu'est-ce qu'il a mon puzzle ? »
- « Il a que les pièces sont toujours par terre et que cela m'emmerde à chaque fois que je passe l'aspirateur. »
- « Tu as dit un gros mot ! »
- « Et alors ? »
Les voix s'estompèrent mais Rai avait toujours les yeux fixés sur les escaliers.

- « Rai. » Un ton neutre, une voix basse, un ordre. On se concentre. Ici…
- « Euh…euh… » Nishimura s'empourpra. « C'est vraiment quelqu'un, ta sœur. » avoua-t-il d'une voix admirative.
- « … »
- « Elle te ressemble. On voit bien que vous êtes frères. »
- « Pa…pardon ? » coassa Kojirô sous l'effet de la surprise.
- « Question caractère. Physiquement, vous êtes presque opposés. Elle est adoptée, non ? »
- « … » Kojirô resta muet, toujours sous le coup. Comment ça, nous nous ressemblons ? Mais qu'est-ce qu'il a fumé ?
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- « Je n'aurais peut-être pas dû dire ça… Désolé. » Rai se méprit quand au silence.
- « Elle n'est pas adoptée. Nos parents se sont remariés. »
- « Ah… Je pensais… Je veux dire, elle ne ressemble pas à une japonaise. »
- « Sa mère était européenne. »
- « Cool. Mais c'est bien que vous vous entendiez bien comme ça. Et puis elle est craquante ! »
- « Rai. » Un ton neutre, une voix basse, une interdiction. On ne touche pas. Hors limite…
- « Oi ! Tu comprends tout mal ce soir ! C'est tout de même mieux d'avoir une sœur mignonne qu'une face de thon, non ? »
- « Je suppose… »
Kojirô revint à son exercice de maths. Il n'arrivait pas à croire que Neeve s'était encore mis un de ses copains dans sa poche. Comment pouvaient-ils être tellement aveugles à son manège ? Neeve n'était pas une gentille jeune fille bien sous tous rapports. Bon d'accord, il y avait quelques rapports sous lesquels elle était bien… surtout sans soutien-gorge… Euh… est-ce qu'il venait vraiment de penser ça ? Non ? Si ? si… Misère…. Il grogna et se laissa tomber sur le comptoir, cognant répétitivement sa tête contre le plastique dur.
- « Euh…bro… »
- « Je la hais… » se lamenta-t-il.
- « Qui ? »
- « Hase. »
- « Ah… chacun ses merdes. Moi j'ai ma cousine, toi ta sœur. »
- « Est-ce que ta cousine se ramène devant tes copains en balançant un soutif ? »
- « Pire, elle est capable de se ramener sans soutif…. Et sans T-shirt…. »
- « D'accord, tu as gagné. La tienne est pire que la mienne…» Ils se sourirent, heureux de s'être trouvés en autre point commun. « Mais pourquoi est-ce que ta cousine vit chez toi ? »
- « Son père l'a mise à la porte. » Ce fut au tour de Kojirô de bégayer des excuses, mais Rai continua de parler d'un ton détaché tout en lorgnant sur la feuille de réponse de Kojirô. « Elle a refusé de se soumettre à un mariage arrangé et a laissé tomber les études normales pour se mettre à la coiffure. Vu que mon oncle a un balai enfoncé dans le cul, la pilule est mal passée. Ma mère a protégé Natsumi.»
- « C'est sympa… »
- « Principalement parce qu'elle l'admire pour avoir tout claqué. Le mariage de mes parents a aussi été arrangé. Par chance, ils s'entendent plutôt bien. Mais je suis fils unique… si tu vois ce que je veux dire. »
- « Ta cousine… je ne l'ai pas vue chez toi. » Kojirô détourna la conversation. C'était fou combien de personnes avaient des vies qui partaient en sucette. Et le nombre de personnes qui arrivaient à faire « comme si » tout allait bien dans le meilleur des mondes. Hikari, Neeve, Rai…
- « Non, pour la nouvelle année, elle dormait chez une copine. »
- « OK. Il faudrait que nos furies personnelles se rencontrent. Peut-être aurons-nous la paix… » suggéra le footballeur.
- « Ooooh yeah ! » Le portable de Rai sonna. Son père venait de sortir de réunion plus tôt et venait le chercher. Kojirô raccompagna son copain à la porte et ils croisèrent le reste de la famille. Les salutations d'usage plus tard, Keiko demandait à Kojirô d'aller chercher Takeru et Neeve. Shouta était passé chez le traiteur et la nourriture refroidissait. Il acquiesça et monta vers la chambre de ses frères. Il ouvrit la porte et s'arrêta, un sourire naissant sur ses lèvres. Ils avaient installées le puzzle du pont de Brooklyn sur un vieux kotatsu (2). Neeve et Takeru s'étaient assis côte à côte pour terminer le ciel, mais la couverture chauffante avait eu raison de leur acharnement. Ils dormaient, allongés sur le sol, Takeru blotti contre Neeve, se servant de son estomac comme oreiller.

- « Kojirô ! » appela Keiko depuis le palier des escaliers. Elle n'aimait pas entendre ses enfants s'interpeller en criant à travers la maison – cinq enfants peuvent faire beaucoup de bruit - donc pour montrer l'exemple, elle se déplaçait à chaque fois qu'elle voulait parler avec l'un d'entre eux.
- « Chuuuut ! Viens voir ! »
Keiko s'attendrit, poussant Kojirô à rouler des yeux, et rameuta silencieusement Shouta pour qu'il prenne une photo. Le flash ne réveilla même pas les dormeurs. Kojirô dut aller secouer Takeru qui sauta sur Neeve en voyant que les secousses ne marchaient pas avec elle. La méthode était peut-être brusque, mais avait le mérite de fonctionner. Neeve ouvrit les yeux et s'assit brusquement, cognant le haut de son crâne contre le front de Kojirô.
- «Ouille ! »
- « Aïïïïïïïïe! » Neeve se mit debout péniblement, se massant la tête. « Tu as vraiment la tête dure. » accusa-t-elle.
- « On me l'a dit souvent. » répliqua Kojirô. « Tu es sûre que tu vas bien ? Tu es un peu pâle. » En entendant ces mots, Shouta se précipita sur sa fille qui admit se sentir patraque. Résultat, elle avait de la fièvre et une tension basse et fut envoyée au lit sans ménagement.
- « Et pas cours demain. »
- « Je ne vais pas me plaindre… mais j'ai faim… Est-ce que je ne peux pas me coucher après le repas ?»
- « Et c'est moi qu'on traite de ventre… » railla Kojirô.
Le repas fut plutôt silencieux. Aussitôt qu'elle eut terminé, Neeve fut chouchoutée par son père au point qu'elle le mit à la porte de sa chambre après dix minutes de papouillage intensif.
- « Oui papa, je t'aime aussi, et je vais prendre soin de moi. Bonne nuit… »
Kojirô dissimula un sourire avant de faire la grimace. Il comptait sur Neeve pour lui corriger son anglais. Bof, c'était tout aussi bien. S'il avait de trop bonnes notes soudainement, le prof se méfierait. Il n'eut pas le temps de ressasser ses sages décisions que Natsuko venait lui demander de l'aide en maths.
- « Mais pourquoi est-ce que mes deux sœurs sont nulles en maths ? »
- « Pour que tu puisses t'occuper de nous ! »
Bientôt il fut l'heure de se coucher. Il se retourna pendant un moment, ne trouvant pas le sommeil. Il grogna quand il comprit pourquoi. Keiko était venue changer les draps et l'odeur de cerise-vanille avait disparu. Et bizarrement, cela lui manquait.

- « Kojirô, je peux passer chez toi après les cours ? »
Ken venait de poser innocemment la question pendant la pause midi. Comme à son habitude, l'équipe de foot mangeait dehors, sur une table en pierre. Comme d'habitude, les équipes de basket, volley, base-ball et athlétisme n'étaient pas loin. Les cinq sports étaient les piliers de la section sport de Tôhô. Oui, les équipes de natation, de judo ou de kendo n'étaient pas mauvaises, mais les membres faisaient partie du clan « sportif d'intérieurs » et ne se mélangeaient donc pas avec les « sportifs d'extérieur. » Bien que le volley et le basket avaient tendance à se jouer dans un gymnase. N'allez pas chercher à comprendre… C'était plus une question de statut social que de sport. Sûrement une différence entre sport d'équipe et sport individuel.
- « Pourquoi faire ? » demanda Kojirô en attaquant son second sandwich.
- « J'ai des trucs à rendre à Neeve. »
- « Donne-les moi, je ferai passer. » réussit à articuler le buteur, la bouche pleine.
- « Euh non, en fait… »
- « Elle est malade, donc il ne faudrait pas la fatiguer. »
- « Comment ? »
- « Hein ? »
- « C'est grave ? »
- « Oh, les mères poules ! Juste un coup de fatigue… »
- « C'est décidé, je viens aussi ! » déclara Kazuki.
- « Mais je te dis qu'elle dormira ! Qu'est-ce que tu veux faire ? La regarder ronfler ? »
- « Je doute fort qu'elle ronfle. Mais j'ai vraiment besoin de lui parler. » intervint Ken en voyant Kazuki prendre la mouche.
- « Tiens, c'est lui parler maintenant ? Et les trucs à rendre ? »
- « Euh… bon d'accord, j'ai besoin d'un avis féminin… »
- « Tu n'as qu'à demander à Ayame ! »
- « Kojirô, c'est toi la mère poule… »
- « Hein ? »
- « Donc je passe voir Neeve, pendant trois minutes et Kazuki vient, parce que sinon il va piquer sa crise, et toi tu te contentes de sourire. »
- « Je vous emmerde. » dit Kojirô avec un grand sourire.
Cependant, il les laissa lui emboiter le pas après leur entraînement.

- « Ouuuuiiii, en train de dormir…. » siffla Ken en arrivant aux abords de la maison rose. Il était clair que Neeve avait reprit du poil de la bête parce qu'elle était dehors en train de jouer au basket avec Natsuko et Ayame. Laquelle se précipita sur Ken dès qu'elle le vit.
- « Keeeeeen ! Viens jouer avec moi…. Elles sont méchantes ! »
- « Ce n'est pas que nous sommes méchantes, mais plutôt toi qui est nulle ! » répliqua Natsuko.
- « Natsuko-chan, c'est méchant ! Mais donc j'ai droit à un bonus. Ken, tu joues ! » Le goal n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche pour protester qu'il fut délesté de son sac et tiré vers la porte de garage.
- « Ce n'est pas juste ! Je suis la plus jeune et la plus petite ! Moi aussi, j'ai droit à un bonus ! Nii-san, tu joues avec moi ! » Et Natsuko se jeta sur son frère pour lui faire subir le même sort.
- « Donc, je récupère Sorimachi. » conclut Neeve en envoyant le ballon à l'intéressé. « Tu as intérêt à être bon, je déteste perdre… »
- « Non, vraiment ? » moqua Kojirô. « Ne devrais-tu pas être en train de te reposer ? »
- « Je me suis reposée toute la journée. Et puis j'ai envie de jouer au basket. »
Les trois équipes se mirent en place. Ayame n'avait pas menti, elle était vraiment mauvaise. Natsuko était bien trop petite pour tenir, même face aux filles. Apres quelques minutes, Ken et Kojirô se retrouvaient ensemble contre Neeve et Kazuki, tandis que Natsuko et Ayame encourageaient leurs anciens équipiers depuis les couvercles de poubelles sur lesquels elles étaient assises.
- « Allez Ken, bloque là, ce n'est qu'une fille ! »
- « Traitresse ! » s'écria Neeve, avant de fausser compagnie au gardien qui était censé la marquer.
- « Nii-san ! Il est tout petit ! Allez bouffe-le ! »
- « Natsuko ! » s'indigna Kazuki en fauchant la balle des mains de son capitaine.
Neeve et lui formaient une superbe équipe. Tous deux agiles et nerveux, ils se comprenaient d'un coup d'œil et marquaient point après point sans que Ken ou Kojirô puisse les arrêter.
- « Et voilà le vingtième ! » clama Neeve en passant une balle en hauteur à Kazuki qui sauta et « slam dunka » le tout. « On a gagné !» Elle sautilla sur place avant de se pendre au cou de Sorimachi qui eut un sursaut de surprise. « Nous sommes les meilleurs ! »
- « Ouais ! » Il referma ses bras autour de sa taille. « On a gagné ! »
Ils commencèrent à chanter – ou plutôt massacrer – « We are the champions » mais durent s'arrêter pour rire devant les mines dégoutées de Ken et Kojirô.
- « Vous êtes vraiment de mauvais gagnants… » maugréa Ken en ramassant le ballon.
- « Oui, ça va, ça va… » Kojirô soupirait déjà d'ennui.
Les six rentrèrent pour se désaltérer. Peu de temps après, Ken s'approcha discrètement.
- « Neeve, j'ai besoin de te parler… »
- « Hum… OK on monte dans ma chambre… »
Kojirô monta avec eux, prétextant de vouloir poser son sac dans sa chambre. En fait, il voulait écouter aux murs. Mais Ayame monta avec lui et entra derrière lui.
- « Sakamoto, c'est ma chambre là… »
- « Je sais… J'ai un truc pour toi ! »
- « Euh… » Il prit le sac plastique qui contenait à son tour un sac en papier marron. « C'est une fleur ? »
- « Une plante verte. Pour toi. Cadeau ! »
- « Attends… tu m'offres une plante verte ? »
- « Ben oui ! C'est plutôt original non ? » Ayame était toute contente et Kojirô ne put s'empêcher de sourire.
- « Plutôt oui. Mais pourquoi ? »
- « Parce que Monsieur Kojirô Hyûga, alias le Bellâtre, souffre d'une carence affective ---. »
- « Je ne souffre pas de ---. »
- « Carence affective envers les autres. Tu ne sais pas parler aux autres, tu ne sais pas t'ouvrir aux autres. Donc je te donne une plante verte dont tu vas prendre soin. »
- « C'est censé avoir une logique ? »
- « Mais oui ! Une plante verte a besoin d'amour pour pousser. Certains chantent à leur plantes, certains leur parlent. A toi de trouver le moyen de communiquer avec ta plante. »
- « … »
- « Une plante ne pleure pas, une plante ne pose pas de question, une plante est juste là. Si tu arrives à la faire fleurir, cela veut dire que tu es prêt à aller parler aux autres. Et dans autres, je veux dire, filles… »
- « C'est quoi cette psychologie à deux balles ? »
- « Cette fleur symbolise à la fois les filles et ton cœur. Tu prends soin de la plante, c'est ton cœur. Tu lui transmets de l'amour, des émotions, c'est les filles. Ta plante grandit et fleurit, c'est ton cœur qui s'ouvre… comme une fleur… »
- « Ha-ha-ha… » Kojirô regarda le petit pot que Ayame venait de poser sur son bureau. Une plante verte ? Mais où va-t-elle chercher tout ça ? « Ta plante, je ne lui donne pas une semaine avant de crever. »
- « Hyûga, si je trouve cette plante morte, je t'arrache les intestins pour en faire de l'engrais ! Compris ? »
- « Tu as pensé à faire cheftaine dans l'armée ? »
- « Tu as pensé à ce que je t'ai dit ? Prends soin de cette plante, ou gare à tes miches ! »
Ayame sortit de la pièce et croisa Ken qui avait fini sa discussion avec Neeve. Kojirô vit clairement qu'ils échangeaient une sorte de signe de reconnaissance et il se sentit suspicieux. Surtout quand il réalisa que Natsuko avait gardé Kazuki en bas sous un prétexte quelconque, elle qui n'appréciait pas plus que ça le playboy.

- « Qu'est-ce que vous mijotez, tous les deux ? » murmura-t-il en les suivant dans l'escalier.
- « Nous ? Rien ? » répondit un peu trop rapidement et innocemment Ken.
- « C'est ça ! Vous me prenez pour un abruti ?»
- « Mais, non, qu'est-ce que tu vas chercher… » Ayame balaya ses objection d'un ton exaspéré qui se voulait rassurant.
- « Je cherche que vous mijotez quelque chose. »
- « Tu deviens parano ---. »
- « Qui est parano ? » demanda Neeve en se collant contre le dos de Kojirô pour regarder par dessus son épaule. Comme elle était deux marches au dessus de lui, elle était aussi grande que lui. Aujourd'hui, elle avait un soutien-gorge…
- « Hyûga-san pense que Ken et moi mijotons quelque chose. »
- « Comme si c'était nouveau… Je n'aurai jamais dû vous présenter l'un à l'autre. »
- « Pardon ? »
- « Mon meilleur copain me vole ma meilleure copine… » Neeve prit une voix boudeuse.
- « Et moi alors ? » rétorqua Kojirô. « D'abord, tu voles mon meilleur copain mais tu es assez bête pour que ta meilleure copine me le vole---. »
- « Nous le vole… » corrigea Neeve. « Ce n'est pas ma faute si tu n'es pas prêteur… »
- « Je suis vraiment très populaire ! » se rengorgea Ken.
- « Pff, puisque c'est comme ça, Sorimachi va être mon meilleur copain ! »
- « Hein ? » Ken, Kojirô et Ayame échangèrent des regards surpris. Mais Kojirô nota bien que les deux autres ne semblaient pas si surpris que ça. Neeve se glissa entre les trois autres et vint se pelotonner contre Kazuki.
- « Sorimachi, tu ne veux pas ? » Neeve, toujours plaquée contre Kazuki, lui fit des yeux innocents.
- « Je suppose que je peux faire une exception… » admit ce dernier.
- « Exception à quoi ? »
- « Tut tut, tu es trop jeune pour comprendre… » Il eut un clin d'œil suggestif
- « Hiiiii Hentai (3)! »
- « Comme si cela te gênait… » Ils commencèrent à chuchoter rapidement, avec des petits rires ici et là.
- « Bon, ce n'est pas tout ! » rugit soudainement Ken. « Il est temps de partir. Neeve doit aller se reposer. A demain Kojirô. Kazuki, dis au revoir !»
- « Hein ? » Kazuki se fit attraper par le col de sa chemise, tirer hors du canapé et traîner dans le couloir.
- « Mes chaussures, mon sac, Kazuki…C'est bon j'ai tout ! Ayame, ramène-toi ! »
- « Chef, oui, chef ! A plus Neeve ! » Ayame bondit derrière le gardien de but, récoltant l'écharpe et le sac de Kazuki et poussa l'attaquant qui se débattait hors de la maison avant de fermer la porte derrière eux. Neeve et Kojirô restèrent sous le choc de la tempête Wakashimazu-Sakamoto.
- « Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? » demanda Neeve d'une voix hésitante.
- « Qu'est-ce que j'en sais, moi ? Ce sont tes amis, non ? » rabroua Kojirô.
- « Comment ça ? Ayame est aussi ton amie ! »
- « Non c'est la tienne ! »
- « C'est aussi ton amie. C'est elle-même qui me l'a dit. Et puis moi aussi, je suis ton amie, non ? » Elle essaya de lui faire le coup des yeux innocents, mais tout comme Kazuki, le buteur ne se laissa pas avoir.
- « Je ne suis pas sûr de vouloir être votre ami. Vous êtes complètement timbrées. »
- « …. Vraiment…. ? »
- « Je suis ton frère, c'est déjà assez. Tu en veux encore ? »
- « Hiiii hentai !!!! »
- « Hen--- ? Mais tu vas voir ! »
Kojirô coursa Neeve qui détala et commença à piailler « hentai, hentai ! » juste pour le faire enrager. Elle réussit à lui échapper pendant trois minutes en tournant autour du canapé, avant qu'il ne bondisse soudainement au-dessus du meuble pour la coincer.
- « Allez, Hase, tu vas devoir cracher le morceau ! Qui a dit que ma coupe de cheveux m'allait bien ? Qui veut me faire des câlins ? Qui trouve que les footballeurs ont des belles cuisses ? Qui est le plus hentai de nous deux ? »
- « Qui voulait voir ma lingerie rouge ? Qui n'a pas protesté contre mes câlins ? »
- « Qui a déshabillé mon frère ? Qui s'est ramenée devant mon pote avec un soutif à la main ? » Kojirô décida de régler la question par une séance de chatouilles. Elle semblait avoir oublié sa place, la petite Hase. Mais brusquement, il s'arrêta. « Tu as encore de la fièvre ! »
- « Non ! »
- « Hase, arrête de me mentir, tu sais que cela ne marche pas. »
- « Je peux quand même essayer, non ? »
- « Allez, douche et au lit ! »
- « Mais j'ai faim ! »
- « Je viendrai te réveiller pour le repas. »
- « Hiii hentai !!! »
- « Tu l'auras voulu…. » Kojirô se contenta de l'empoigner, la portant sur son épaule style pompier et la jeta toute habillée dans la baignoire.
- « Je suppose que tu ne vas pas rester me frotter le dos ? »
- « Hase !»

Kojirô avait vu vrai. Entre basket et course-poursuite, Neeve était toujours fiévreuse et Shouta la dispensa de cours encore une fois. La jeune fille parvint à convaincre Kojirô de ne pas mentionner les événements menant à sa rechute, et il accepta seulement si elle restait calme et se reposait pour de bon. Elle passa donc la matinée avec Takeru, ravi d'avoir de la compagnie, et ils finirent enfin le ciel du puzzle. Mais les choses se corsèrent juste après le repas de midi. Kojirô était rentré pour manger, Neeve ayant préparé le sempiternel plat de pâtes en vue du match. Il allait sortir, ses deux frères avec lui, pour aller au match quand il vit Neeve passer son manteau.
- « Où comptes-tu aller? » lui demanda-t-il assez brusquement.
- « Ben, je viens au match… »
- « Je croyais avoir été clair ! Pas d'excitation, repos absolu ! »
- « Ce n'est pas moi qui vais m'exciter à pousser un ballon, c'est toi. Moi, je viens pour support moral. »
- « Et tu ne crois pas que c'est contradictoire ? »
- « Non. Je suis sûrement la pire des supporteurs. » Mouché encore une fois, Kojirô dut la laisser venir, mais se jura d'avoir une bonne discussion avec Miss-je-n'en-fais-qu'à-ma-tête. Il fit la tête jusqu'au portail de Tôhô, où Neeve finit par briser son mutisme coléreux.
- « Arrête de grogner… Je ne vais pas fondre au soleil. Et puis, je te promets d'aller me coucher en rentrant du match. Ça te va ? »
- « Non. »
- « Pourquoi pas ? »
- « D'abord, tu feras un gâteau à l'ananas, pour que j'oublie de parler de certaines choses à ton père. Après tu iras te coucher pour me foutre la paix. » Neeve ouvrit la bouche pour protester mais se tut devant le regard mi-moqueur mi-sérieux de Kojirô. Elle lui fit un pied de nez en lui tirant la langue, ce qui n'impressionna pas le moins du monde le jeune homme. « Tu es ridicule ! Une vraie gamine. Pire que Takeru ! »
- « Mais tu vas voir ! » Elle essaya de lui donner un coup de pieds aux fesses, mais il sprinta sur deux mètres.
- « Petite petite petite… » railla-t-il, appelant Neeve comme une mémé appelle son chat, en claquant les mains sur ses cuisses. « Allez, viens chercher ! » Comme il s'y attendait, elle démarra au quart de tour et fonça sur lui. Il la bloqua facilement. « Hase, j'ai dit calme ! Assis, couché, donne la papatte ! »
- « Je ne suis pas un chien ! » protesta Neeve fortement.
- « Vraiment ? Non tu as raison, tu es plutôt une chienne. Une sacrée belle chienne, ma jolie ! »

Neeve et Kojirô se figèrent et se retournèrent pour dévisager l'auteur de ce grossier commentaire. Enfin, Kojirô savait déjà qui avait osé sortir une énormité pareille : Yasuo Mashino. L'équipe de la Meiwa venait de descendre de son bus et avait assisté à l'arrivée dynamique de la famille Hase-Hyûga. Kojirô se mordit les lèvres, bien décidé à ne pas entrer dans le jeu de son adversaire. Mais il n'avait pas compté sur Neeve :
- « Pour qui tu te prends, l'avorton, pour me parler ainsi ? » Il était vrai que Yasuo était plutôt fluet dans son genre. Mais sous les maigres aspects se cachait un véritable charognard. Neeve défia le primate du regard.
- « Tiens, je ne pensais pas que tu savais parler. D'habitude il les prend connes à souhait. Tu dois vraiment faire des trucs spéciaux avec ta langue pour qu'il te supporte. » Yasuo s'approcha d'elle, puisqu'elle était sur le chemin menant au stade.
- « Au moins, il a droit à une langue. A en croire ta face de cul de poulet, tu dois encore être pucelle ! »
- « Si tu n'étais pas une fille ! » menaça le footballeur
- « Si seulement tu étais un homme ! » répliqua Neeve.
Kojirô intervint en plaquant une main sur la bouche de la jeune fille, pour l'empêcher d'envenimer la situation. Du coin de l'œil, il avait vu Takeru et Mamoru détaler vers les vestiaires dès que la situation avait empiré, et il comptait bien maîtriser les choses avant que des renforts – qui allaient encore le sermonner - n'arrivassent.
- « Hase, laisse tomber ! » souffla-t-il doucement en la tirant à l'écart. Pourtant, il avait la folle envie d'envoyer son poing dans… comment avait-elle dit ?... sa face de cul de poulet.
- « Dis donc, Hyûga, tu as du mal à dominer tes femelles, maintenant ? »
- « Il est devenu tendre, le tigrounet ? »
- « Peut-être est-ce que nous devrions te montrer comment dresser ta chienne ? »
Les répliques successives de Yasuo, Tatsu et Toshio arrêtèrent Kojirô dans son retrait vers le stade. Il serra le poing, manqua d'étouffer Neeve en resserrant sa prise sur ses lèvres mais repartit en la poussant devant lui, d'un pas toutefois nettement plus raide. Heureusement, Ken, Kazuki et le reste de son équipe couraient vers lui.
- « Je n'y crois pas ! Le fameux Kojirô Hyûga qui fait pipi dans sa culotte ! »
- « Défendu par sa grognasse ! »
- « Rien dans les couilles, je te jure ! »
Ken attrapa Kojirô par le coude juste avant que le buteur ne leur montre ce qu'il avait dans la culotte. Kazuki récupéra une Neeve toute aussi furax, prête à en découdre avec des garçons lui rendant facilement dix centimètres et vingt kilos. Sauf face de cul de poulet, bien sûr.
- « Et toi, tu ne dis rien ! » s'emporta-t-elle en fusillant le buteur.
- « Nous réglerons ça sur le terrain. » répondit froidement Kojirô en la calmant d'un regard. Oui, il méritait bien son surnom de tigre.
- « Tu as intérêt à le gagner, ce match. Vous avez tous intérêt à le gagner, sinon je vous arrache les yeux et je joue au foot avec ! Et je vous préviens, je suis nulle au foot ! » Neeve foudroya la Tôhô durement. « Compris ? Je veux du sang ! Je veux les voir pleurer, je veux les voir souffrir. Vous allez les piétiner, les aplatir et les mettre en charpie puis m'apporter leurs couilles pour que je les leur fasse bouffer ! Crues ! Compris ? »
Et elle tourna les talons, agrippant Mamoru et Takeru qui la regardaient, éberlués par cet accès de violence. Même Ken avait reculé devant sa véhémence. Seul Kojirô souriait.
- « Compris les gars ? Il va falloir me la calmer, sinon je vous jette en pâtures à ses doux soins pour qu'elle dé-stresse… »
- « Ouaaaaaiiiis ! » Pouif, ils n'en menaient pas large. Entre la furie et le capitaine…
- « Euh… » demanda une voix « C'était qui d'ailleurs ? »
- « T'occupe, joue bien et tu ne la reverras pas ! » coupa Kojirô.
Les autres joueurs regardèrent en direction de Ken et Kazuki qui décidèrent de les faire mariner en ne pipant mot.
- « La vache, j'aurais peur de sortir avec elle… » murmura un garçon. Tous avaient conclu que c'était la copine de Kojirô. C'était la seule explication possible.
- « N'empêche, elle a une jolie paire de fesses… » commenta un autre. Ils s'étaient bien sûr assurés que Kojirô n'était pas là pour les entendre.

Neeve fut rassasiée. Le match fut violent à souhait, ressemblant plus à un pugilat groupé qu'à autre chose. La Meiwa avait toujours joué les gros bras, avec ou sans Kojirô, et cette nouvelle équipe faisait honneur à sa réputation. Les joueurs provoquaient et insultaient la Tôhô dès qu'ils le pouvaient, tout en restant hors d'écoute des arbitres. Etonnement, Kojirô garda son sang-froid, mais ne perdit pas une occasion pour leur rendre coup sur coup. Ses charges avaient la délicatesse d'un rhinocéros, ses tâcles la douceur d'un taureau, et ses tirs leurs puissances prodigieuses. En toute légalité, il envoya Tatsu à l'infirmerie après s'être occupé de sa cheville, tandis qu'un de ses défendeurs assommait à moitié Yasuo pendant une duel de tête, obligeant la Meiwa à jouer à dix pendant qu'il regagnait ses esprits sur le banc de touche. Kojirô profita de cette toute petite minute pour marquer deux buts l'un après l'autre, dont un presque directement depuis la ligne médiane lors de la remise en jeu. Ils écrasèrent la Meiwa par 4-0, Ken refusant de se prendre un but de la part de ces minables.

Cependant, Kitazume ne l'entendait pas de cette oreille et les réprimanda durement pour ne pas avoir suivi les consignes de jeux et de n'avoir que très légèrement appliqué la stratégie sur laquelle il avait passé tant de temps.
- « M'sieur, l'honneur d'une demoiselle était en jeu ! » objecta un joueur.
- « Comment ça ?! »
- « Apparemment, ils s'en sont pris à la copine du capitaine ! »
- « Ouais, pour une fois qu'il se trouve une fille, on n'allait pas laisser passer ça ! »
- « Hyûga-kun ? » questionna Makoto en fixant Kojirô qui avait la mâchoire pendante devant cette révélation.
- « Ce n'est pas… Mais qu'est-ce que vous allez encore vous imaginer ! » rugit-il. Il partit furax vers les douches. « Cette hallucinée, ma copine ? Mais vous êtes bons pour l'asile ! »
- « Mais alors…. Qui c'est ? »
La question resta en suspens et sans réponse. Mais leur curiosité ne s'en trouva que décuplée quand ils virent Neeve qui attendait Kojirô avec Takeru et Mamoru.
- « C'est donc vous, la jeune demoiselle en détresse ? » Kitazume était au courant de la situation familiale de Kojirô, et avait rapidement associé deux et deux. Enfin, une et une.
- « Hum ? Détresse ? Moi ? Contre cette bande de cul d'ours ? » La Tôhô ricana, mais certains furent plus que surpris de voir que Kitazume ne disait rien.
- « En effet… Vous commencez à vous y connaître en foot maintenant ? »
- « Toujours pas. »
- « Comment ça ? Cela fait au moins trois matchs que vous venez voir ! »
- « Et alors ? Je n'y comprends toujours rien. Ils se mettent toujours en tas au milieu de la pelouse… Vous avez pensé à peindre votre ballon en rose fluo ? »
- « Hum hum… Et que pensez-vous de mes joueurs, en comparaison de ceux de la Meiwa ? »
- « Qu'ils sont bien plus beaux. Eux au moins ont des cuisses et des fesses. Les autres, on dirait des avortons mal fini… » Ken et Kazuki éclatèrent de rire, et pour la deuxième fois de la journée, Kojirô plaqua sa main sur la bouche de Neeve, encore une fois trop tard.
- « Mais tu vas la fermer, oui ? Tu n'es vraiment pas sortable ! »
Il arracha Neeve à son muret et la tracta sur deux mètres à la force des bras tandis qu'elle agitait les siens comme un moulin à vent pour garder l'équilibre. L'équipe les regarda partir, se demandant s'il fallait rire ou pleurer. Jusqu'à ce qu'ils entendent clairement Kojirô hurler un - « Putain, tu m'as mordu ! Chameau, va ! ». A ce moment, ils coupèrent la poire en deux, et pleurèrent de rire.

- « Désolée, mais tu m'étouffais ! »
- « Rien à battre ! Tu sors encore un truc du genre à mon entraîneur, et je te jure que---. » Kojirô regardait la trace de morsure, clairement visible sur sa peau tannée.
- « Mais ça l'amuse ! »
- « Et bien, pas moi ! »
- « Désolée… » fit Neeve d'une petite voix. « Mais j'ai bien aimé la façon dont tu as massacré la jambe de ce type. » Le compliment n'eut aucun effet. « Allez, pour me faire pardonner, je te cuisine ce que tu veux ce soir. » Coupé dans son élan, Kojirô bougonna dans sa barbe. Mais il ne laissa pas passer une si belle occasion.
- « Des crevettes sautées au gingembre avec des nouilles aux champignons. Et du gâteau à ---. »
- « A l'ananas, j'ai compris. Des nouilles plates ou fines ? »
- « Plates. Et puis rajoute du pain aux haricots rouges. »
- « Hein ? »
- « Tu as été insupportable. »
Ce fut au tour de Neeve de bougonner. Mais elle obéit. Elle emmena les trois Hyûga dans l'épicerie où Kojirô récupérait ses journaux et aussitôt rentrée, elle se mit aux fourneaux. Kojirô se sentit un instant coupable, vu qu'il savait qu'elle devait se reposer. Pour se faire pardonner, il coupa les oignons, voyant qu'elle se mettait à larmoyer pathétiquement.
- « Fais des tranches plus fines. Comme ça… » Il se retrouva à prendre des cours de cuisine. Mamoru et Takeru les rejoignirent et les plats furent prêts en un tour de main. Neeve mit le tout au four et alla se reposer sur le canapé, regardant distraitement le film d'action que les trois Hyûga avait choisi.
- « Alors ? » demanda-t-elle à Kojirô pendant qu'ils faisaient la vaisselle.
- « Pas mal. Un peu fade, les nouilles. »
- « Pff…. Je mettrais plus de soja la prochaine fois. » Elle lui tendit une tasse de thé avec un sourire.
- « Il n'y aura plus de prochaine fois. Je t'interdis de t'approcher du stade, de mes joueurs ou de Kitazume-sensei ! »
- « Neeve, Kojirô-kun ? » interpella Shouta. « Keiko et moi voudrions vous parler. »
Intrigués, les deux adolescents s'assirent autour de la table, posant leurs tasses devant eux. Ils regardèrent avec une anxiété grandissante Keiko chasser les trois plus jeunes dans leurs chambres. Ouh la, ça sentait la conversation d'adultes.
- « Vous n'allez tout de même pas nous dire que vous voulez divorcer ? » demanda Neeve d'une voix blanche.
- « Mais non ! » tonna Shouta. « En fait, c'est le contraire. » Kojirô eut un flash. Il savait ce qui allait venir. « Nous voudrions avoir un enfant. »

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(1) Bon, je sais que vous rigolez en lisant mes fic, mais moi je me bidonne devant les commentaires de ma beta-lectrice. « Par le pouvoir de la petite culotte ancestrale, je détiens la force toute puissante ! » Je lui ai presque piqué la réplique.

(2) Pièce de mobilier typiquement japonaise. Une sorte de table basse. Un support – généralement en bois – recouvert d'une couverture, sur lequel on met un dessus de table. La couverture est habituellement chauffante.

(3) Juste au cas où vous n'étiez pas au courant. Hentai pervers. J'aurai dû mettre le mot français, mais bon… blague personnelle entre mes copines A&L… Hiiii hentai !!!!

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Peace out !