Coucou voilà voilà pour cette semaine. Le chapitre 34 est déjà en correction et ma béta-lectrice m'a dit qu'elle l'avait aimé. Le 35 est en début de rédaction.
Rien de bien neuf ici, sauf que le chap 34 ne sera publié que dimanche et pas samedi, puisque je serais sur Lyon pour raison professionnelle.
J'ai perdu beaucoup de mes fidèles revieuses donc Yellou, Genzo, Chacha, Letie, SuperChewbacca, Thokyo. Donc j'espère que vous allez toutes très bien!
Un grand merci à Mangas gril pour son commentaire. Ne t'inquiète pas, je pense que cette fic va dépasser les 100 chapitres (horreur!). Et j'attends tes comm avec impatience!
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Chapitre 33 – À l'impossible, nul n'est tenu
- «Je
croyais que c'était la copine de Neeve, moi, hein capitaine?»
- «….Moi
aussi…»
- «…
Ben, apparemment, c'est aussi la copine de Ken…»
- «….»
-
«…Kojirô? »
- «Je
me disais juste que Neeve va être folle furieuse…»
- «Quelle
chance, c'est ta sœur et pas la mienne…» Kazuki se
récolta un regard torve. Ce dernier haussa les épaules et se
détourna du couple toujours enlacé.
- «Ken!
On y va sans toi!J'ai des maths à me faire expliquer,
moi!»
- «…
Ah euh, oui, non, j'arrive.» répondit le gardien en
reposant Ayame par terre.
- «Moi
aussi!» chantonna-t-elle gaiement en récupérant son
sac. Puis elle se pendit au bras de Ken. Il était si grand et elle
si petite que leur couple faisait penser à un Laurel et Hardy, sauf
qu'Ayame n'était pas grosse. Kojirô avait du mal à croire
qu'ils sortaient ensemble.
- «Vous
êtes ensemble?» finit-il par demander.
- «Nous
sommes présentement côte à côte.» glissa la jeune fille en
se méprenant volontairement sur le sens de la question.
-
«Sakamoto, tu sais très bien ce que je veux dire.»
- «Donc
tu devrais savoir que je ne répondrai pas à ta question.»
- «Neeve
est au courant?»
- «Au
courant de quoi?» Ayame continuait dans le rôle de
l'innocence aveugle.
- «Je
sens que c'est encore moi qui vais trinquer…» soupira
Kojirô en s'éloignant. Les trois autres lui emboîtèrent le pas.
- «Donc,
c'est toi la fameuse cavalière du bal?» demandait
Kazuki.
- «Moi?
Peut-être…» Ayame eut un sourire malicieux. «Tu
verras si j'y suis ou pas.»
- «Mais
je ne comprends pas! Pas plus tard que cette après-midi, Ken
reluquait les filles qui jouaient au volley!»
-
«KAZUKI!» s'écria Ken en rougissant.
- «Ah
bon?» Ayame ne semblait ni étonnée ni jalouse. «Tu
en as repéré une?»
-
«Peut-être.»
- «Elle
est mignonne?»
- «Ça
fait aller.»
- «…
Attends, tu n'es pas en colère que ton copain regarde les autres
filles?» s'enquit l'avant d'une voix incrédule.
- «Non…
pourquoi, je devrais?»
- «En
général les autres filles n'aiment pas ça.»
- «Mais
je ne suis pas les autres filles…» commenta Ayame.
-
«Vraiment?» ne put s'empêcher d'intervenir
Kojirô depuis sa place en solitaire devant tout le monde.
- «Et
oui. Et puis comme ça, je peux moi aussi regarder les mecs…»
Kojirô s'arrêta et fixa Ayame.
- «Sauf
que j'ai l'idée que tu ne fais pas que regarder!!»
- «En
effet…»
- «AIE!
Mais laissez mes fesses tranquilles, bande de cochonnes!»
s'insurgea Kazuki en se massant là où Ayame venait de le pincer.
- «C'est
parce qu'elles sont mignonnes, tes fesses.»
- «Touche
celles de ton copain!»
- «Mais
je n'ai pas besoin de ton autorisation.» Ayame glissa sa
main dans la poche arrière du pantalon de Ken. Kojirô comprit au
petit soubresaut de son gardien qu'il venait aussi de se faire
pincer le postérieur. Décidément, il n'y croyait pas.
Wakashimazu et Sakamoto étaient en train de mijoter quelque chose de
pas net.
-
«Sakamoto, qu'est-ce que tu faisais à Tôhô?»
- «Je
venais voir Ken, bien sûr.» répondit-elle aussitôt, mais
Kojirô capta l'échange convenu entre le «nouveau couple.»
- «Et
pourquoi est-ce que tu viens chez moi?»
- «Pour
voir Neeve, bien sûr.»
- «Bien
sûr…» Il sentait le coup fourré à plein nez. Il savait
qu'ils savaient qu'il se doutait de quelque chose, mais les deux
n'avoueraient jamais ni le oui ni le quoi de l'histoire. Et
Kojirô n'aimait pas les magouilles dans son dos. C'était le
mettre devant le fait accompli et il détestait ça.
Devant
chez lui, un scooter noir était garé. Une grande colère froide
s'empara de lui. Déjà qu'il n'était pas de bonne humeur. Se
faire voler sa future copine et se taper le copain de sa sœur le
même jour…
- «Vous
étiez au courant?»
- «Mais
que dis-tu, capitaine? Je n'ai jamais rencontré, ce…ce…»
-
«Fujita.» souffla Ayame
-
«Fujita.» se défendit pauvrement Ken.
- «Qui
t'a dit que je parlais de lui?»
- «Et
de quoi d'autrevoulais-tu parler?» demanda
Ayame. Kojirô grommela dans sa barbe en montant les marches et en
ouvrant la porte. La jeune fille le suivait de près.
-
«Bonjour!» clama-t-elle très fort.
Venant du
salon, une série de bruits indiqua une présence humaine.
-
«Ayame?Mais qu'est-ce que tu fais là?»
questionna Neeve en pointant son nez sur le palier.
- «Je
viens t'aider à réviser!»
- «Merci…
mais… euh… Shun est là et il m'aide déjà.»
- «Encore
mieux! Il va pouvoir m'aider aussi!» Ayame
attrapa Ken et Kojirô par le bras et les tira jusqu'à la table du
salon où Shun était assis, Natsuko à ses côtés. «Voyons
voir… Shun ne bouge pas! Neeve, mets-toi à sa gauche en bout
de table et moi, je me pose à ta droite, juste en face de Shun.
Hyûga-san, tu devais expliquer des trucs à Natsuko et Sorimachi,
n'est-ce pas? Natsuko-chan, ma chérie, tu vas devoir te
mettre en face de Neeve. Donc Hyûga, tu te mets à côté de ta
sœur, et Sorimachi se pose là, à côté de Shun. Ken, entre moi et
Natsuko.Shun, voici Sorimachi et lui c'est Wakashimazu!
Les gars, voici Fujita. Allez tous au boulot!»
Ayame poussa, posa et organisa son petit monde qui eut la stupidité de se laisser faire sans rien dire. Il fallait dire que personne n'avait le courage de l'interrompre. Ken et Kazuki en profitèrent pour dévisager le fameux Shun Fujita qui en fit autant. Comme par hasard, les trois se prirent en grippe au premier regard. Neeve essaya de protester, mais Ayame lui coupa la parole en déchargeant son sac de cours et en harponnant Shun sur le sujet de la physique-chimie.
Kojirô
s'assit en notant qu'Ayame avait pensé à mettre Sorimachi comme
bouchon entre lui et l'autre abruti. Avec un soupir, il se tourna
vers sa petite sœur et commença à lui expliquer ses maths. Kazuki
oscillait donc entre la physique de dernière année de collège –
qui bizarrement ne lui rappelait rien… avait-il vraiment étudié
ça? – et les maths de dernière année de primaire – qu'il
trouva, avec un soulagement certain, facile. Ken préparait du thé
dans la cuisine. Kazuki se dévissa le cou et le vit en train de rire
silencieusement. Il se leva pour l'aider.
- «Pstt,
c'est quoi cette manœuvre?» chuchota-t-il.
-
«Technique de rupture numéro un: ne pas laisser Neeve
et son abruti seul à seule… et Kojirô face à lui.»
répondit Ken tout aussi doucement. «Ayame a entendu une de
ses conversation téléphoniques où il proposait à Neeve de passer
l'aider travailler. Sauf qu'elle ne savait pas quand.C'est
pour cela que j'attendais son appel.» Ce que Ken ne dit pas,
c'est qu'Ayame avait également commencé à appliquer les
techniques de rupture numéro deux et trois.
- «Mais
vous êtes timbrés!» Kazuki était admiratif devant le
côté tordu du plan. «Donc vous ne sortez pas ensemble?»
- «L'un
n'empêche pas l'autre.»
- «C'est
oui ou c'est non?»
-
«Pourquoi tiens-tu à savoir?Serais-tu intéressé
par Ayame?» taquina Ken.
- «Non…
on se ressemble trop… dragueur et dragueuse ne font pas bon
ménage... En fait, elle est pire que moi!»
- «Tu
l'as dit bouffi!»
- «Ce
n'est pas ton style…» grommela Kazuki.
-
«Comment ça?»
- «Ce
n'est ni ton style de fille, ni ton style de sortir avec une fille
et de reluquer les autres.»
- «Disons
que j'ai décidé de changer de style.»
- «Moi
je dis que cela ne va pas t'aller.» prévint l'attaquant,
inquiet pour son ami.
- «On
verra, on verra.»
Les deux
garçons regagnèrent la table où une ambiance studieuse régnait.
Kojirô avait fini avec Natsuko et s'occupa de Kazuki et Ken. Ce
dernier remarqua que Shun suivait d'une oreille assez attentive les
explications du buteur. Après tout, lui aussi était en première
année de lycée. Au point qu'il ne put s'empêcher de commenter
un point:
- «Et
pourquoi est-ce que tu ne réduis pas l'équation d'abord?»
Surpris
Kojirô releva le nez de son brouillon sur lequel il griffonnait.
- «C'est
inutile, si on applique la formule avant.»
- «Mais
tu ne peux pas appliquer cette formule, toutes les conditions ne se
vérifient pas. Il faut d'abord démontrer que---.»
- «Ben
non, pas si tu fais un raisonnement par récurrence avant.»
Shun ne
trouva rien à dire, principalement parce que Kojirô avait raison.
Les deux le savaient et l'ambiance allait tourner en vinaigrette
bientôt.
- «Bon
Shun, on s'en fout des maths!» s'écria soudain
Ayame. «On se concentre… Bio-o-lo-gie!»
- «Quoi,
tu as déjà fini la chimie?»
- «Non,
mais j'en ai marre. Et puis Ken va m'aider ensuite, il est bon.»
A ses côtés, Ken eut un petit sourire.
-
«Mais…» reprit Fujita. «Il n'y a rien à
réviser en bio, c'est tout facile.»
- «Pas
quand tu n'as pas suivi un cours de l'année…» susurra
Neeve.
-
«Comment?» Shun était indigné et fusillait les
deux jeunes filles du regard. «Ce n'est pas très sérieux,
ça.» Pour une fois, Kojirô était d'accord avec lui, même
s'il était mal placé pour faire des reproches. Lui-même n'était
pas un modèle de discipline.
- «Mais
c'est nul la bio!» gémit Neeve
- «Oui,
genre comment saute la sauterelle,» reprit Ayame.
-
«Comment respire la grenouille…» continua Neeve.
-
«Comment pète le lapin…» termina Ayame avant
d'éclater de rire avec son amie.
- «Bah,
je peux te filer mes fiches de l'an dernier.» proposa Ken.
- «Oh
c'est trop chou!» Et Ayame plaqua un autre smack sur
les lèvres du gardien.
En
parfaite harmonie, Neeve et Natsuko laissèrent leurs crayons
s'échapper de leurs doigts et rouler sous la table. Elles
regardèrent les deux décoller leurs lèvres, avec la bouche grande
ouverte et un air choqué.
- «Neeve,
ferme la bouche, tu vas avaler une mouche.» taquina Ayame.
Neeve
obéit en silence, Natsuko l'imita et toutes deux se renfrognèrent.
Un ange passa. Etrangement. Neeve tourna ostensiblement le dos à
Ayame qui encore plus étrangement, eut un grand sourire. Encore une
fois, elle et Ken échangèrent un regard. Puis elle se pencha vers
lui et se mit à l'aider en anglais.
Le groupe
travailla encore peut-être une heure avant que Shun, le premier à
partir, ne donnât le signal. Neeve le raccompagna à la porte et
Ayame sauta sur Kojirô.
-
«Chuuuut! ramène-toi!» Interloqué, il se
laissa traîner encore une fois jusque dans sa chambre. Apparemment
Ayame aimait traîner les gens. Elle ferma la porte derrière eux,
vérifiant une dernière fois que personne n'était dans le
coin.Il se laissa tomber sur sa chaise et soupira. Quoi
encore?
- «Bon,
à partir de maintenant, ne mentionne plus Shun à Neeve.»
- «Hein?
Quoi?Mais qu'est-ce que tu manigances à la fin?»
- «Fais
comme je te dis!»
- «Mais
de toute façon, je ne parle pas de ce mec. A Neeve ou à quiconque.
Je ne gâche pas ma salive pour des trucs inintéressants.»
- «Bien
dit! Et maintenant, essaye d'avoir Ken et Sorimachi au
maximum ici.»
-
«Pourquoi?»
- «Parce
que…»
- «Je
n'ai pas très envie de tenir la chandelle…»
- «Oh,
mais je ne serai pas là!»
-
«Pourquoi?»
- «Parce
que Neeve va me faire la tête.»
- «Et
c'est une bonne chose?»
- «Mais
oui!»
-
«Comment ça?»
- «Il
faut vraiment tout t'expliquer, toi! Bon… je te dis tout
mais défense de mettre Sorimachi au courant!»
-
«Pourquoi?»
- «Parce
qu'il ne sait pas mentir.»
- «Lui?
Il jongle avec ses copines!»
- «Ce
qui ne fait pas de lui un menteur. Au fond, c'est un gentil
garçon…»
- «Encore
un truc de mauvais ou gentil garçon… va falloir que vous
m'expliquiez ça…» grommela Kojirô en sentant un mal de
tête puissant arriver.
- «Une
chose à la fois. Donc promis?»
- «Ouais.
De toute façon je me doute que cela va être trop compliqué pour sa
petite tête.» Ayame eut un sourire coquin.
- «Bon,
Neeve pense que Ken et moi sortons ensemble.»
- «Mais
vous l'êtes, oui ou non?»
- «Là
n'est pas la question. L'important c'est que nous… soyons
convaincants.»
- «Donc
non… Mais vous vous amusez.» Ayame élargit son sourire mais
ne dit rien. Malgré lui, Kojirô sourit. Ces deux là…Pas un
pour rattraper l'autre.
- «Donc,
elle va me faire la tête. Elle va aller se plaindre près de Shun
qui va lui dire un truc du genre «c'est normal, c'est un
footeux, c'est un gros con.» J'aimerais bien qu'il
ajoute que je suis une marie-couche-toi-là, mais je ne pense pas
qu'il osera. Quoi qu'il en soit, Neeve va mal le prendre, et va
défendre Ken… ou moi… Elle va donc faire la tête à Shun. A ce
moment, Ken et moi allons rompre. En fait, je vais le larguer. Donc
il va être malheureux. Neeve étant Neeve, elle va se sentir
coupable et tout faire pour le consoler. Si tu vois Ken essayer de
s'incruster chez toi, c'est normal, c'est pour accentuer le
côté «j'ai besoin d'amour.» Shun va être jaloux,
il va faire une scène et Neeve en aura décidemment marre et va le
virer. Une bonne fois pour toute!»
- «…»
Kojirô reçut le tout comme une claque. Il mit une minute à
assimiler le stratagème.
- «Euh…
pourquoi veux-tu que Kazuki reste ici aussi?» Ce n'était
qu'une des nombreuses questions qui lui venaient à l'esprit.
- «Parce
que je suis trop forte. Je vais me comporter comme une Sorimachi.
Style «Je sors avec toi, mais je ne suis pas sérieuse.»
Techniquement, je vais le larguer pour un autre mec moins collant.
Ken va jouer les effondrés de service. Peut-être que Sorimachi va
réaliser que ce qu'il fait n'est peut-être pas mauvais, mais ce
n'est sûrement pas bien. Qu'il fait souffrir toutes ces
filles.»
- «Ah
ouais…attends…euh… euh… mais c'est tordu, ton
histoire!!!» Kojirô oscillait entre la colère et le
rire.
-«Je
suis très fière de mon plan, alors tu n'as pas intérêt à venir
me critiquer.»
Le
footballeur se massa les tempes. Chose promise, chose due. Il avait
mal à la tête.
- «Ayame,
tu commences à me faire douter du bien-fondé de tout ce tralala.»
- «Non,
Shun n'aime plus Neeve.»
-
«Comment le sais-tu?»
- «Parce
que pour la première fois, je l'ai vu en train de flirter avec une
autre fille.»
- «Le
salaud.»
-
«Exact.»
- «Ben,
alors, pourquoi est-ce que tu me casses les coui…pieds… Montre à
Neeve qu'il drague les autres et elle le largue! C'est plus
simple!»
- «Non.
La fille avec qui il flirte ne le fait que dans le dos de Neeve.
Devant elle, elle fait comme si c'est tout beau, tout gentil.
Ecoute, si j'en suis arrivée là, c'est parce que c'est la
seule solution.»
-
«D'accord, d'accord… Je vais organiser des séances
révisions chez moi, ça te va?»
- «Oui.»
-
«Ayame?»
- «Tiens,
je suis Ayame maintenant?»
- «Je
ne peux plus te respecter maintenant que je connais la noirceur de
ton âme.»
- «Quel
poète! Mais moi, je vais continuer à t'appeler Hyûga.
Juste Hyûga.»
-
«Pourquoi?»
- «J'ai
mes raisons.» Elle posa un doigt sur ses lèvres et eut le
plus étrange des sourires jamais vus sur son visage.
- «…
Tu es consciente que Neeve va te faire la gueule?»
- «Oui.»
- «Et
tu es d'accord?» Ayame soupira lourdement.
- «Il
le faut bien. Je sais qu'elle me pardonnera, mais cela va être
dur.» Kojirô vit la tristesse dans les yeux de la jeune fille
et se dit que c'était beau, une amitié comme ça. «De
toute façon, cela va être les vacances bientôt!Elle va
m'oublier! » reprit la jeune fille, en se forçant.
Cependant, il décida de changer de sujet rapidement.
- «Bien…
Je disais donc… Quels sont tes autres plans?»
-
«Hum?» Elle haussa les sourcils.
- «Je
me doute que si tu imagines un truc si sophistiqué, tu as plus
d'objectifs en tête. Donc je veux tout savoir.»
- «Non…
Il faut que tu joues l'innocent!»
- «Quoi?
Tu penses que je ne peux pas ---.»
-
«Mentir? Non, tu ne peux pas. Tu es, toi aussi, un
gentil garçon.»
- «Mais
qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça!»
s'exclama Kojirô.
- «Allez,
ce n'est… JE N'Y CROIS PAS!» tonna soudain Ayame
en milieu de phrase.
- «Hein?
Quoi?»
- «Ta
plante verte!»
- «Ma
quoi? Ho ça…euh….»
Ayame
s'était emparée du pot qu'elle venait tout juste d'offrir à
Kojirô.
-
«Dis-moi que tu l'as arrosé, au moins une fois!»
implora-t-elle.
- «Bien
sûr! Qu'est-ce que tu crois!?»
- «Je
crois que tu es vraiment nul pour les mensonges! Va me remplir
cette coupelle d'eau immédiatement!!!»
Kojirô
détala sans demander son reste. Mince, elle lui avait donné la peur
de sa vie en hurlant comme ça. Il revint avec le récipient mi-plein
et le posa sur le coin de son bureau où il avait planqué… euh
non, qu'il avait dégagé pour la plante. Il remit le pot dedans.
- «Voilà,
satisfaite?»
-
«Présente-lui des excuses!» ordonna Ayame, le
plus sérieusement du monde.
- «…
tu te fous de moi, là?»
- «Est-ce
que j'en ai l'air?»
-
«Malheureusement, non.»
- «Je
t'ai dit de parler à ta plante!»
- «Tu
m'as dit de communiquer!»
-
«Arhem!»
- «Ben,
moi je communique pas verbalement avec ma plante!»
s'emporta Kojirô. «Est-ce que j'ai le droit de faire ce
que je veux avec ma plante!? D'abord, je l'emmerde, ma
plante. C'est l'amour vache! Tu connais?»
- «…
Toi, tu viens de te faire jeter par une fille.»
- «Même
pas!» Comment pouvait-elle lire comme ça en lui?
C'était effrayant.
-
«M'ouais… je ne suis pas convaincue. Mais je te le répète,
si cette plante meurt, c'est foutu pour toi. Tu peux te faire
moine.»
-
«Neeve!» beugla Kojirô en entendant des pas
monter.
-
«Quoi?»
- «Viens
chercher la folle qui te sert de meilleure amie!»
- «Mais
qu'est-ce que vous faites ici tous les deux?» Neeve
entra, aimable comme une porte de prison. «Pourquoi est-ce que
tu es en colère?»
- «Parce
qu'il vient de me passer un savon.» coupa Ayame. «Comme
celui que tu t'apprêtais à me passer. Ne pas toucher Ken, ne pas
jouer avec ses sentiments… et patati et patata.»
- «Il
a raison.» gronda Neeve. «Je ne veux pas à avoir à
choisir entre lui ou toi. Je ne veux pas avoir à te reprocher quoi
que ce soit.»
- «Tout
ira bien, tu vas voir…» Elle serra Neeve dans ses bras et
Kojirô vit ça comme un signe d'au revoir. « Bon, Ken, tu
es prêt?»
- «Oui,
Kazuki aussi!»
- «Allez,
tous dehors! Laissons la joyeuse famille en paix.»
Neeve et
Kojirô se retournèrent en entendant un ricanement. Mais impossible
de savoir si c'était Ken ou Kazuki. Cinq secondes après, la
tornade Sakamoto-Wakashimazu était loin dans la rue. Neeve et Kojirô
se regardèrent.
-
«Tu---tu as vraiment passé un savon à Ayame?»
- «Euh…
oui… Un tout petit!» ajouta-t-il un peu
précipitamment. Kojirô ne voulait pas se mettre Neeve à dos.
-
«…Merci…»
- «…ah
bon? Tu n'es pas en colère?»
- «Contre
elle, pas toi…»
- «Ah
bon. C'est bien.»
- «Ce
n'est pas ta faute. Je lui ai dit de ne pas s'approcher de tes
copains, je te le jure!» Neeve s'accrocha à son bras
en le suppliant du regard. Quoi? Elle pense que je suis en
colère contre elle?
- «Ne
t'inquiète pas… Ken est un grand garçon, il devrait savoir ce
qu'il fait.»
- «…
j'espère…»
-
«Pfffffffffffffff… J'ai mal à la tête… Passe-moi un de
tes cachets.»
- «Oui
Hyûga-san.»
- «Oh
là, tu es bien obéissante!»
- «Si
tu as mal à la tête… je ne vais pas m'acharner sur un ennemi à
terre.»
Mercredi passa en un éclair et ce fut le jeudi fatidique pour Natsuko. Elle passait ses premières épreuves pour le concours d'entrée au collège. La pression était énorme pour elle, parce que cette première banque d'épreuves était celle pour le collège Tôhô et ses deux autres premiers choix. Elle enchaînait après avec une seconde banque d'épreuves pour les collèges publics. De leurs côtés, Kojirô et Neeve commençaient leurs examens de fin d'année lundi. Le jeune homme en avait pour quatre jours complets, et Neeve pour toute la semaine. Bien qu'elle soit déjà admise dans un lycée, elle devait toutefois passer le test national, écrit comme oral.
Elle se savait mal préparée. Sa poussée de fièvre l'avait clouée au lit, et même maintenant, elle se sentait incapable de fournir des efforts constants, physiques ou intellectuels, pendant toute une journée. Elle commençait à stresser, ce qui la rendait agressive. En y rajoutant les soucis qu'elle se faisait de savoir Ken et Ayame ensemble, elle était juste prête à bondir au moindre dérangement. Kojirô étant Kojirô, n'aimant pas se faire prendre à rebrousse-poil, la cohabitation des deux adolescents était donc électrique.
Plusieurs fois, Kojirô se dit qu'il allait lui raconter tout le manège d'Ayame. Histoire de la calmer un peu. Mais il n'osait pas. Il faisait une confiance aveugle en Ayame en ce qui concernait Neeve et Shun, et il ne voulait pas tout faire rater. De son côté, Natsuko avait assez mal prit de votre «son amoureux» compter fleurette à une autre fille. Au fond d'elle-même, la jeune adolescente avait compris que ce qu'elle avait ressenti pour le goal n'était qu'une tocade de gamine, mais elle aurait préféré avoir cette révélation à un autre moment que deux jours avant ses examens.
Mamoru et Takeru marchèrent donc sur des œufs pendant toute une semaine. Ils allaient toujours à l'école, officiellement encore ouverte, mais les cours étant eux officieusement terminés. Shouta se fit assaillir de toute part, chacun voulant un dernier coup de main en maths ou physique. Keiko se contenta de cuisiner de bons petits plats et de décharger les trois grands d'un maximum de responsabilités, pour qu'ils se concentrent sur leurs révisions. Ce fut ainsi qu'elle réalisa que Neeve avait pris sur elle la majeure partie des tâches ménagères. Sans qu'on le lui demande, depuis le déménagement, elle s'occupait des lessives et du ménage et aidait beaucoup à la cuisine.
Ce fait
toucha énormément Keiko. Depuis la colère de Neeve, la mère de
famille avait voulu avoir une discussion «entre femmes»
avec sa belle-fille. Mais l'occasion n'était jamais la bonne et
Keiko redoutait de voir cette échéance repoussée jour après jour.
Elle aimait sincèrement la jeune fille. Elles n'étaient pas aussi
proches l'une de l'autre qu'elle l'aurait souhaité
cependant. La jeune fille dissimulait ses véritables pensées et
sentiments derrière ses sourires et sa bonne humeur, en une sorte de
protection permanente. Keiko avait tout de suite repéré cette
coquille. Kojirô avait la sienne, après tout, plus visible certes,
mais Keiko était maintenant experte en repérage de coquille. Elle
se doutait bien que cela venait du manque de présence féminine dans
ses années ado. Surtout que Shouta n'était pas forcément le père
le plus … à même… de négocier une jeune demoiselle en plein
crise de croissance.
Keiko
avait totalement accepté cette situation. Elle essayait de prendre
contact avec la planète Neeve qui orbitait autour d'elle en une
trajectoire elliptique: tantôt loin, tantôt près. Neeve
voulait une présence maternelle, mais ne savait pas comment réagir
face à cette belle-mère. Keiko se doutait aussi que la jeune fille
ne voulait pas l'accaparer et rendre jaloux les petits. Quand
Neeve était venue la voir toute timide pour lui demander de lui
apprendre à coudre, Keiko avait senti son cœur fondre. Elle était
d'accord avec la définition de son époux: Neeve avait de
l'ADN de chat. Une telle indépendance, mais un tel désir de
ronronner.
Elle se promit d'emmener Neeve pour une journée shopping-beauté. Sans Natsuko. Pour tisser des liens plus forts entre elles. Pour lui parler de sa grossesse aussi. Shouta n'avait pas osé le lui demander, mais elle sentait qu'il ne savait juste pas comment aborder le sujet avec elle. Son nouveau mari et elle avaient eu de longues discussions sur l'éducation de leurs cinq enfants. Shouta avait été honnête: Evelyn avait été, et était, toujours un sujet tabou dans la famille Hase. Keiko ne comprenait pas comment ou pourquoi élever sa fille sans aucune idée de qui était sa mère, mais elle ne pouvait pas y faire grand-chose.
Keiko avait compris que derrière la colère de sa belle-fille face à cette grossesse imminente, il y avait de la peur. Cela s'était vu dans ses yeux. Elle était terrifiée. L'adulte eut un sourire triste: qui pouvait avoir peur d'un bébé? Mais son sourire se fit plus doux. Jamais elle ne le lui dirait, mais elle avait été extrêmement surprise de voir Kojirô partir à la recherche de Neeve de lui-même, sans qu'on le lui demande. Le fait même qu'il s'inquiète suffisamment pour elle pour qu'il décroche de son monde footballistique était presque un exploit.
C'était intéressant de les voir évoluer l'un à côté de l'autre. Doucement, leurs carapaces se rencontraient et les frictions provoquées, si violentes et coléreuses qu'elles soient, finissaient toujours par morceler leurs protections. Pour Kojirô comme pour Neeve, ce re-mariage était une très bonne chose.
Libre! Il serait libredemain soir ! Le Tigre avait survécu à une année scolaire de plus. Encore deux. Plus que deux! Demain, Kojirô avait son examen d'anglais et dans l'après-midi, les maths. Finir par sa matière préférée était un bon signe. Encore un dernier coup de collier et il serait libre! Un mois de vacances! Hourrah!
Le jeune
homme avait déjà son planning tout fait. Comme d'habitude, il
allait passer voir sa tante maternelle qui habitait à la campagne,
dans une grande maison. Contrairement à ses trois benjamins qui
restaient tout le mois, lui n'y passait que trois jours. Une fois
ses devoirs familiaux remplis, il partait pour Okinawa pour
s'entraîner dans le complexe de son ancien coach, Kira. Ken,
Kazuki et Takeshi faisaient partie du voyage. Malheureusement, ils ne
restaient qu'une semaine, puis ils revenaient chez eux. Bah, il
trouverait sûrement quelque chose à faire. Comme transformer une
chambre d'ami en chambre à bébé. Neeve allait chez sa
grand-mère, ce qui permettait aux parents de passer un peu de temps
ensemble. Kojirô se doutait qu'avec la grossesse de sa mère, ce
tête-à-tête était une occasion en or. Bientôt, ils auraient un
bébé. Mais pour le moment, il devait réviser son anglais.
- «Hase!
HASE!» gueula-t-il depuis la porte d'entrée.
-
«QUOI?JE SUIS ICI! » obtint-il en réponse
- «C'EST
OU, ICI?»
-
«Kojirô, chuuut!» pesta sa mère en lui donnant
un grand coup de torchon quand il vint l'embrasser. «Elle
est avec Natsuko.»
- «Ah…
désolé.» Il lui fit un petit sourire en coin pas désolé du
tout et bondit dans les escaliers. Neeve était bel et bien dans la
chambre de sa petite sœur.
- «Tu
tombes bien, il nous faut un avis masculin.» Kojirô prit
peur. Ce n'est pas un truc à dire à un garçon. Il entra dans la
chambre avec la lenteur d'un animal qui sait qu'il va à
l'abattoir.
-
«Ouuuiiiiii?»
- «Est-ce
que tu préfères le bleu ou le blanc?» interrogea
Natsuko en faisant passer devant elle un débardeur blanc et un autre
bleu. Sa chambre était dans une pagaille sans nom. Neeve, assisse
sur le lit, farfouillait dans un tas de vêtements à la recherche de
quelque chose.
- «Essaye
aussi celui-ci!» Natsuko attrapa un nouveau top.
- «Alors,
bleu, blanc ou blanc?»
Kojirô
pâlit. Il n'avait aucune idée de ce qu'il fallait dire. Bleu,
blanc, jaune, rose à pois orange, il s'en fichait. Mais Neeve lui
jetait un regard assassin. Il se retint de soupirer et se prêta au
jeu. Et qu'on ne vienne pas me dire que je suis un mauvais
frère… Il s'assit sur le bureau de sa sœur et examina les
objets du dilemme.
- «C'est
pour quelle occasion?» Kojirô savait au moins que les
filles s'habillaient différemment selon qu'elles aillent au ciné
ou faire du shopping. Même si pour lui, c'était une différence
ridicule. Un jean et un T-shirt faisaient toujours l'affaire.
- «La
boum de Romi. Après les concours.» Ah bon… et
maintenant, je dis quoi?
- «Ah…
pourquoi est-ce que tu choisis ta tenue maintenant?»
- «Parce
que si je n'ai rien de bien, il faudra que j'aille faire du
shopping.» lâcha la toute jeune fille d'un ton frisant
l'incompréhension irritée. Mais tu as déjà plein de
vêtements, sans compter ceux de Neeve. Kojirô sentit qu'il ne
fallait pas répondre à ça et se contenta de répondre à la
première question.
- «Prends
le bleu. Je préfère cette couleur.»
- «Ah…
donc il faut que je change de jupe.»
- «Ah
bon? Elle est très bien ta jupe.»
- «Non,
je ne peux pas mettre la ceinture qui va avec le top bleu.»
- «Ben…
ne mets pas la ceinture.»
- «Non,
il me faut la ceinture…»
- «Ah
bon.»
-
«Qu'est-ce que tu en dis, avec cette jupe?»
- «Non,
c'est trop court.» affirma Kojirô.
- «Mais
non…»
- «Mais
si. Natsuko, je t'interdis de mettre cette jupe. Jette-la
immédiatement!»
- «Bon,
et celle-ci?»
- «Bleu
et noir?» s'étonna Neeve.
- «Tu
as raison. Et si je mettais le haut blanc en gardant la jupe
noire?»
Kojirô
ferma les yeux.Il ne voulait pas voir que sa petite sœur se
transformait en jeune fille, accro à la mode. Pourquoi prenait-elle
les côtés les plus ridicules et ennuyeux des filles? Et puis,
il voulait lui donner la chance de se changer en paix. Il avait
remarqué que Natsuko devenait de plus en plus pudique.
-
«Attends, je sais!» s'écria subitement Neeve.
«Ne bouge pas!» Elle sortit de la chambre et
revenait moins d'une minute plus tard en agitant une jupe en faux
velours rose pale.
- «Cette
jupe est juste un peu trop petite pour moi. Je te la donne. Si tu la
mets avec…. ce haut blanc… là et cette ceinture… avec ce sac…
et tes bottines blanches… voilà!»
Kojirô
ouvrit les yeux. Oui, c'était une jupe avec un haut et une
ceinture. Oui, Natsuko était mignonne, mais pas plus ou moins
qu'avant. Y avait-il une vraie différence?
-
«Qu'est-ce que tu en penses?» demandèrent les
deux filles en se tournant vers lui.
- «Pas
mal.» répondit-il d'un ton qu'il espérait être
convaincu. «Mais j'aimerais bien te voir dans cette jupe…»
railla-t-il en fixant Neeve.
-
«Comment ça?»
- «Si
elle va si bien à Natsuko, je doute fortement que tu rentres dedans.
Un peu trop petite pour toi, mon œil!»
- «Mais
si, Môsieur! Je rentre dedans! Parfaitement, Môsieur!»
s'indigna Neeve.
- «C'est
ça, c'est ça…»
- «Mais
ce n'est pas vrai!! Natsuko, file-moi cette jupe.»
Natsuko fit descendre la jupe. Son haut était assez grand pour
couvrir ses cuisses. Cependant, elle enfila vite un bas de jogging.
De toute façon, Kojirô ne la regardait pas. Les bras croisés,
l'air complètement goguenard, il défiait Neeve du regard. Cette
fois–ci, il se contrefichait de la notion d'intimité. Cette
dernière rosit un peu.
-
«Tourne-toi.»
- «Pas
une chance…»
- «Ferme
les yeux.»
- «Tu
vas tricher…»
- «Je
ne vais pas de laisser te rincer l'œil, non plus?»
Kojirô haussa les épaules. Neeve fit la moue et trouva une solution
qui lui permettait de sauver la face sans se soumettre. Elle attrapa
un grand T-shirt qui servait de chemise de nuit à Natsuko – le
même que Ken lui avait gagné – et le passa. Le vêtement lui
tombait presque à mi-cuisse. Elle put ainsi faire glisser sa jupe
d'uniforme et enfiler l'autre. Elle se trémoussa un peu et se
mordit les lèvres, mais elle réussit à fermer les boutons.
-
«Voilà! Elle me va parfaitement!» Elle
souleva le T-shirt pour prouver à Kojirô que la jupe lui allait.
C'était sûr, question taille et hanche, cela passait. Juste. Il
ne fallait surtout pas qu'elle éternue mais cela passait…
- «Tu
rigoles! J'ai des boxers plus longs que ça!»
rétorqua Kojirô en lorgnant sur la paire de gambettes. Neeve
s'empourpra et renfila sa jupe d'uniforme direct.
- «
C'est pour ça que j'ai dit qu'elle était un peu trop petite
pour moi.» Elle rougit encore.
- «Ce
n'est pas petite, c'est minuscule!Natsuko, si jamais
tu sors avec un truc comme ça je t'étrangle de mes propres
mains!»
- «Tu
es vraiment vieux jeu, Nii-san…»
-
«QUOI?» s'étrangla Kojirô en bondissant sur
ses pieds. «Ce n'est pas vieux jeu, c'est avoir un minimum
de décence---.» Il s'interrompit en voyant que les deux
filles se mordaient l'intérieur des joues pour ne pas éclater de
rire. «Vous avez fini de vous foutre de moi?»
- «Pas
vraiment…» Kojirô le prit plutôt bien. Après tout, il
l'avait cherché. Mais il n'allait pas le leur montrer.
- «La
prochaine fois, vous vous débrouillerez toutes seules. Et ne venez
pas vous plaindre quand un mec vous sortira des obscénités…»
Il sortit de la chambre à grands pas.
- «Mais
non, Nii-san!!!» implorèrent les deux filles, encore
une fois à l'unisson.
- «Hase,
je t'interdis de m'appeler 'Nii-san'.» fit-il en se
retournant.
-
«Pourquoi?»
- «Parce
que c'est effrayant.» En effet, il eut un frisson.
- «Je
ne comprends pas…»
- «Tu
ne peux pas, c'est un truc de garçons.» Et toc.
Elle
trottina derrière lui.
- «Tu
pourrais essayer de m'expliquer, non?»
- «Non.»
- «Mais
pourquoi?» Il se contenta de la narguer d'un sourire
en coin.
- «Viens
plutôt m'aider à réviser mon anglais.»
- «'Veux
pas!» ronchonna-t-elle.
- «Tu
n'as pas le choix.»
- «Depuis
quand?»
- «C'est
comme ça. Je suis l'aîné, tu m'obéis.»
- «…
non…»
-
«Non?»
- «Non.»
- «Tant
pis… pour toi.»
Une séance
de chatouilles plus tard, Neeve était sur son lit en train de
l'aider à réviser sa grammaire anglaise… Non mais…
Kojirô ne réalisa pas qu'il avait fini ses examens. Kitazume leur fit passer le message qu'il les attendait jeudi soir pour un entraînement. Les premières et deuxièmes grommelèrent, traînèrent la patte mais ils étaient là. Seuls les deux troisièmes années étaient excusés parce qu'ils passaient – encore – leurs examens. Mais comme ils allaient quitter l'équipe, ce n'était pas très important. Donc les joueurs de foot subirent ce qu'ils pensaient être un dernier entraînement. Que nenni. Ils étaient attendus tout vendredi, samedi et dimanche pour un décrassage pré-vacances. Ce qui n'était pas très logique aux oreilles des intéressés: pour décrasser, fallait-il encore s'encrasser… mais depuis quand Kitazume était-il logique? Ils durent se faire rattacher aux plots, faire des pompes et des abdos, des enchaînements tête-genoux, genoux-pieds, pieds-tête et autre jonglerie ballonière. A vous dégoûter du foot. Presque.
Lundi
arriva. Par habitude, Kojirô se leva aux aurores. Ce n'était que
lorsqu'il avait presque fini sa tournée de distribution qu'il
réalisa qu'il n'avait ni entraînement ni cours ce matin. Juste
la cérémonie de remise des diplômes dans l'après-midi. Pestant
contre lui-même, il rentra chez lui. Il en profita pour faire ses
sacs, puisqu'il partait le lendemain matin. Une chose en amenant
une autre, il rangea sa chambre et en voyant sa plante verte, il se
sentit coupable. Une semaine sans eau… Devait-il demander à sa
mère de s'en occuper? Ou devait-il prendre la solution de
simplicité que lui soufflait une petite voix, de ne rien faire et de
voir si elle était encore en vie quand il rentrerait. Kojirô étant
un jeune homme simple, il préféra la seconde option.
Enfin, il
alla prendre une douche et se rendit au lycée pour sa cérémonie.
Il avait réussi à obtenir de sa mère et de Shouta qu'ils ne
viennent pas. Presque perfidement, il leur avait suggéré d'aller
à celle de Neeve, qui se tenait en même temps. Après tout, une
remise de diplôme de sortie de collège était bien plus importante
que cette de première année de lycée. Il dodelina de la tête sur
son siège tranquillement, se réveilla à temps pour se lever et
aller récupérer son rouleau de papier qui irait dans la poubelle
aussitôt rentré chez lui, et retourna compter ses moutons. Il
émergea brusquement en entendant les applaudissements autour de lui.
Puis il sortit dans la cour où il fut rejoint par Ken et Kazuki.
- «Tu
t'améliores, capitaine… Cette année, tu n'as pas ronflé.»
commenta Ken en s'étirant. Lui aussi s'était perdu dans la
contemplation du plafond. Wakashimazu était l'un des derniers noms
appelés, donc le gardien avait bien roupillé. Sorimachi avait passé
son temps à envoyer des texto à ses nombreuses conquêtes. Chacun
son passe-temps.
- «Bon,
il faut que j'y aille.» disait justement ce dernier. «Je
dois faire un truc pour ma mère avant le bal.»
- «Hein,
c'est ce soir?» sursauta Kojirô. Il avait
complètement oublié.
- «Ben
oui…» Kazuki le regarda bizarrement. «Tu as toujours
tes tickets?»
- «Ben
oui…»
- «Tu
as invité Kusumoto?» demanda Ken, curieux.
- «Non.»
-
«Qu'est-ce que j'entends? Le grand capitaine s'est
pris un râteau?» interrompit la voix déplaisante de
Dejima Abe.
- «Non
je ne me suis pas pris de râteau!» riposta Kojirô. Ce
qui était vrai, puisqu'il n'avait même pas put lui poser la
question.
- «Donc
tu as une cavalière ce soir?» relança l'ex
footballeur.
- «Bien
sûr que j'ai une cavalière!» dit Kojirô en gardant
tout son sang-froid. «Et toi?» ajouta-t-il d'un
ton suffisant.
- «Et
oui. Mais la mienne est réelle.» Kojirô attrapa Dejima par
sa chemise.
-
«Serais-tu en train de me traiter de menteur?»
rugit-il. Déjà, l'empoignement ameutait des spectateurs.
-
«Totalement.» Kojirô leva son poing. «A moins
que tu ne me le prouves, moi je dis que tu vas venir seul… ou très
mal accompagné.»
- «Mais
au moins, je n'aurai pas de cocard!» Le poing partit,
mais Ken l'arrêta juste à temps.
- «Ne
te fais pas virer de l'équipe le dernier jour!»
tonna-t-il. Kojirô se débattit mais rien à y faire, Ken et Kazuki
le tenaient fermement.
- «C'est
ça. Va te cacher dans ton coin et laisse les grands s'amuser!»
- «Ça
vaut également pour toi! Je n'arrive pas à croire qu'une
fille bien dans sa tête avec des yeux, un nez et un minimum de goût
sorte avec toi! Tu l'as payée, n'est-ce pas?»
Cette
fois, ce fut les copains de Dejima qui le retinrent avec difficultés.
- «Tu
sais quoi, nous n'avons qu'à comparer ce soir. Emmène ta
poufiasse, et ose la mettre à côté de ma copine.»
- « Je
refuse! Je ne traite pas les filles comme… comme un bout de
viande.»
- «Je
savais que tu allais te défiler!»
- «Je
ne me défile pas. Je vais venir et avec une fille. Et toi?»
- «Pour
que je te vois te payer la honte de ta vie? Et humilier la
pauvre cloche qui a était assez conne pour venir avec toi? Si
tu en trouves un, bien sûr.C'est bon, je suis pour.»
clama Dejima.
- «Tu
vas le regretter!»
- «Je
t'attends, tigrounet!»
Le coup
partit si vite que personne ne put l'arrêter. Puisque son poing
n'était pas disponible, il s'était servi de son genou. Kojirô
était multifonction.
- «Et
maintenant, c'est qui le tigrounet?» cracha-t-il alors
que Dejima s'écroulait en se tenait l'entrejambe. Puis il
s'éloigna.
Merde…
Il s'était fait avoir. Bon, il n'avait plus qu'à se trouver
une poufia… euh, non… cavalière. Une pas chiante. Et pas trop
moche. Si possible pas trop bête. Et silencieuse. Ou au moins pas
gloussante. Il avait moins de deux heures… Merde…
o-o-o-o-
