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Toutes mes excuses pour cette update tardive, mais je rentre de Paris où j'ai passé trois jours de folie à courir partout.
J'ai tout de même trouvé le temps de faire un tour par la Foire du Trône (parce que j'ai traversé le parc Dusmenil à un moment) et j'ai gagné une peluche. Devinez laquelle ? Un Tigrou (comme dans Winny l'ourson) de 40 cm… Devinez son nom ? …. Ben oui, Kojirô. Donc ce soir, j'ai Kojirô dans mon lit (hihihi, c'est beau de rêver.)
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Merci à Mokona pour son petit message. Voilà, j'espère que tu es rassurée. Je devrais être capable de publier un chapitre par week-end, généralement le samedi après-midi, mais cela peut être repoussé au dimanche.
Un amical chalut à Chenonceau, FicAndRea, Darkaya et Genzô pour les petits et longs messages.
Et je célèbre le retour de ma première revieweuse, Thokyo ! Nyyyaaaaaaaaaaaaa !
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Statistiques : En comptant ce chapitre 38 : 212 080 mots, 255 pages... Waouh…. Ce que je peux pondre de conneries, moi…
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Chapitre 38 - Dans la joie et la bonne humeur.
- « Mais de quoi je me mêle ? » s'indigna Kojirô. « Me trouver une copine ? Et puis quoi encore ? »
- « Mais tu es tellement…. tellement… tellement… tellement toi, qu'aucune fille ne va vraiment voir qui tu es vraiment. »
- « Et je suis qui vraiment ? » tonna-t-il en se retournant.
- « Un mec bien, voyons ! » fit Neeve comme si c'était évident.
- « Encore cette histoire ! Mais vous allez me lâcher oui ? Je suis tout à fait capable de me trouver une copine ! J'ai sûrement meilleur goût que toi, question filles ! »
- « Ah oui ? OK, parle-moi de ton ex ! »
- « Je t'en pose des questions, sur ton ex ?! » Oups, mauvais sujet.
- « Ben oui, mon ex était un abruti de sourire colgate et donc voilà ! » Elle avait des trémolos dans la voix. « De la même façon que tu as tout de suite su qu'il était pourri, moi je saurai si ta copine est bien. Je ne veux pas que tu sortes avec n'importe qui ! »
- « Possessive avec ça ? » taquina Kojirô dans l'espoir de détourner le sujet de Shun.
- « Oui ! Sinon, tu vas me gâcher tout mon effet. Je ne veux pas m'afficher avec toi et un boudin. »
- « Et le mien, d'effet ? »
- « Tu n'as pas d'effet, Hyûga. Tu devrais entendre ce qu'on dit sur toi… »
- « Et qu'est-ce qu'on dit sur moi ? »
- « Je ne te le dirai pas, nananère ! »
Elle partit en courant si vite qu'il ne la rattrapa pas, démontrant qu'elle ne s'était jamais de chez jamais donnée à fond dans aucun de leurs duels. Ceci enragea Kojirô plus que leur dernière conversation. Du coup, il n'eut plus d'état d'âme. A chaque fois que Neeve devenait mélancolique ou voulait pleurer sur son triste sort, il l'obligeait à venir courir. Jamais Penalty ne fut aussi fatigué de sa vie.
Kojirô revenait mercredi soir d'un des ces joggings forcés. Comme à l'habitude, Neeve avait réussi à le prendre par surprise et était déjà dans la douche. Enfin, si cela lui faisait tellement plaisir, il allait jouer le jeu.
- « Dépêche Hase ! »
- « Lalala, je chante sous la douche, je n'entends rien ! »
Kojirô secoua la tête et se préparait à descendre quand sa sœur fit irruption dans sa chambre.
- « Nii-san ! Où est la boîte à outils ? »
- « Dans le garage, pourquoi ? »
- « J'ai besoin d'un tournevis ! Un petit en forme de croix. »
- « On dit cruciforme. »
- « Si tu veux. »
- « Pourquoi faire ? »
- « Pour ouvrir mon ordinateur. »
- « Ah… attends, quel ordinateur ? »
- « Mon ordinateur ! » répliqua Natsuko très fière. Elle amena sont frère dans sa chambre où un cadavre de tour PC gisait par terre. Un écran plat, un clavier et une souris trônaient déjà sur son bureau. « Je dois changer la carte graphique. »
- « La quoi ? Depuis quand tu t'y connais en informatique ! »
- « Je te signale que je fais partie du club informatique ! »
- « Je croyais que tu voulais faire partie du club photo ! »
- « J'en fais aussi partie. Mais j'ai envie d'en savoir plus sur les ordi. C'est pratique pour faire les retouches photos et les montages vidéo. »
Natsuko avait toujours été intéressée par la photographie, intérêt renforcé depuis que Shouta lui avait offert un appareil photo numérique pour Noël. A force de cajoleries, elle avait obtenu que le chirurgien lui donnasse son très vieux PC portable, afin qu'elle pût sauvegarder ses premiers clichés. Une chose en entraînant une autre, le jeune adolescente s'était mise à la retouche d'images et voilà qu'elle avait utilisé une bonne partie de ses économies pour acheter une tour PC d'occasion, parce que le vieux portable ne suffisait pas. Kojirô alla donc chercher la boîte à outils et regarda sa sœur démonter et remonter en un tour de main les différents composants du PC. Lui-même était complètement perdu dans les fils, termes techniques et éléments que Natsuko lui sortait à la queue-leu-leu.
- « Oh, j'ai presque oublié ! » Il quitta la pièce et revint avec un sachet en papier. « Toutes mes félicitations pour ton entrée à Tôhô ! »
Natsuko reçut le pendentif avec plaisir. Elle était très fière d'avoir réussi les concours et ravie des compliments admiratifs de son aîné. Pendant longtemps, elle avait été la seule fille de la famille et elle avait eu du mal à s'affirmer. Elle essayait de seconder sa mère dans les taches domestiques mais elle était trop petite. Elle essayait d'attirer l'attention d'un grand frère déjà bien occupé, elle qui était si calme et si gentille, contrairement à Takeru, qui s'imposait par son énergie débordante. Bonne élève, elle ne montrait pourtant pas les mêmes dispositions que Mamoru. Elle était certes la sœur aînée, mais c'était Kojirô qui prenait toutes les décisions. De temps en temps, Natsuko s'était sentie invisible dans cette famille. Alors que son grand frère pensât à lui acheter un petit quelque chose rien que pour elle, cela la touchait énormément.
- « Merci Nii-san. Je vais faire de mon mieux ! »
- « Pas de problème. Et je serai là si tu as besoin d'aide. »
- « C'est marrant, Takeshi-senpai m'a dit la même chose. »
Cela frappa soudain Kojirô. Natsuko et Takeshi étaient tous deux au collège, elle en première année, lui en troisième et dernière année. Cela le rassurait, de savoir que son ami était là pour veiller sur sa petite sœur. Il aurait déjà assez à faire avec la première. Première petite sœur qui lui sauta littéralement dessus alors qu'il pensait pourvoir aller prendre sa douche.
- « IL Y A UNE ARAIGNEE DANS LA SALLE DE BAINS ! »
- « Et alors ? … Tu sais que tu es à moitié nue ? Et pleine de shampooing ?»
- « C'EST UNE ENORME ARAIGNEE ! ELLE EST GIGANTESQUE ! »
- « Et alors ? » Kojirô se marrait ouvertement. Il ne savait pas que Neeve avait peur des araignées.
- « FAIS QUELQUE CHOSE ! »
- « Non. »
Neeve gémit, mais parce qu'elle venait de se mettre du shampooing dans l'œil.
- « S'il te plaît ? » implora-t-elle.
- « C'est déjà mieux. » Kojirô, en route pour sa douche, bifurqua. Il y avait bien une araignée qui courait le long du mur. Elle n'était pas vraiment grosse mais de taille respectable. De plus elle avait une sale tête, marron, poilue avec des points blanchâtres sur le dos. Aussi ne l'attrapa-t-il pas à mains nues comme il l'avait planifié.
- « Ecrase-la ! » piailla Neeve depuis l'embrassure de porte.
- « Barbare ! » Il attrapa un verre et un bout de papier, captura l'arachnide et la jeta dehors par la fenêtre. « Finis de te doucher, tu vas attraper froid. Pfff, avoir peur d'une petite araignée. C'te honte… C'est bon, je peux aller prendre ma douche ? »
Le lendemain, Natsuko, Neeve et Kojirô allèrent ensemble en cours. Si les deux filles étaient excitées comme des puces, lui traînait les pieds. Motivation zéro. L'équipe de foot était encore bancale, Kazuki ne pouvait pas jouer et il commençait avec un cours d'anglais… Neeve râlait aussi un peu, parce qu'elle trouvait que le noir de l'uniforme lui allait moins bien que le bleu soutenu de Ste Elizabeth. Elle n'avait pas tord, mais ça, Kojirô n'était pas assez bête pour le lui dire. Surtout que le noir ne lui allait pas si mal que ça.
Arrivés au portail, Natsuko tourna à droite pour aller vers les bâtiments du collège. Déjà, elle avait repéré ses camarades de classes et adressa un vague signe d'au revoir à ses aînés qui continuèrent tous droit. Neeve s'éclipsa rapidement vers sa section. Une fois arrivée dans la cour, ils durent attendre la cloche pour se mettre en rang et supporter le discours ânonné du directeur. Finalement, ils étaient libres… enfin, libres d'aller en cours.
- « Kazuki ! » gloussa Miki en se précipitant sur lui. L'avant grimaça un peu car il avait encore des points et il craignait pour sa cicatrice. Miki était câline, ces derniers temps.
Ken et Kojirô les laissèrent à leurs retrouvailles. Et surtout, Kojirô ne voulait pas à avoir à supporter les reproches de Miki qui était allée rendre visite à son ex-nouveau-petit-copain, persuadée qu'elle allait le trouver mourant.
- « Bro ! Ken ! » Rai était assis sur sa table. « Nous sommes dans le journal ! »
Intrigués, les deux footballeurs regardèrent l'article qui s'étalait sur plusieurs pages dans le journal de l'école. Kaoru Kusumoto avait décrit les principales équipes de sports et leurs futurs dans les différents championnats. Comme les footeux étaient déjà qualifiés pour le leur et ils avaient eut droit à un encart. L'équipe de basket était aussi louée pour ses exploits. Elle était troisième du classement avec encore une bonne demi-douzaine de matchs.
- « Ah ah ! » fit soudain Akira Usui en se levant. Il ouvrit la fenêtre et tendit la main à Yoshi Kizaka qui venait de se propulser.
- « J'ai rien raté, hein ? » demanda ce dernier en s'installant à sa place. « Je déteste les cérémonies. »
- « Tu es aussi toujours en retard… » ajouta Akira en lui filant une taloche.
- « Oui, ça aussi… » admit le volleyeur. « Cet article est odieux ! » rouspéta-t-il. Rai lui avait glissé le journal sous le nez. « C'est qui cette fille ? Qu'est-ce qu'elle y connaît en volley ? Nos défaites, c'est de la stratégie ! On fait croire aux autres que nous sommes faibles et puis nous attaquons… »
- « Il serait donc temps d'attaquer… Dude, vous êtes presque les derniers du classement. Shame on you ! »
- « Rai, shut-up ! »
- « Messieurs, voilà un langage que je ne tolérerai pas. Bien qu'il soit en anglais ! » protesta le professeur Johnson-Kawaru en se dandinant. Il avait bien mérité son surnom de « Le Morse. » Entre sa grosse moustache, ses triples mentons et son embonpoint proéminant, il avait tout du mamnifère. Immédiatement, tout le monde se rua à sa place et en une belle dé-unisson, saluèrent. « Je vois que tout le monde a trouvé sa place… Comme par hasard, les sportifs sont derrière.»
- « C'est parce que nous sommes trop grands ! » expliqua Akira. « On se sacrifie pour que les autres puissent voir le tableau ! »
Des rires accueillirent cette remarque. Non seulement parce qu'elle remettait le prof à sa place, mais aussi parce que celui qui l'avait sortie était le plus petit des six. Si Kazuki était de taille moyenne, même un peu plus grand que la moyenne, Akira était petit et râblé. Yoshi, Ken, Rai et Kojirô dépassaient tout le monde d'au moins une tête. Johnson-Kawaru se renfrogna, peu content de voir son autorité mises en porte-à-faux dès le début des cours.
- « Je vais faire l'appel et désigner les responsables de ménage et délégués. »
Les six du fond reniflèrent. En leur qualité de sportifs, ils ne pouvaient pas être délégués, puisque les deux occupations demandaient trop de temps et n'étaient pas compatibles. Et ils n'en avaient rien à faire. Puis les reniflements devinrent ricanements. Johnson-Kawaru s'acharnait, mais le tiroir du bureau, celui qui contenait le cahier de présence et autres fournitures, ne s'ouvrait pas. Kojirô savait maintenant ce qu'Akira avait fabriqué. Le voilà d'ailleurs qui échangeait un regard convenu avec Ken.
- « Bon… Toi, va chercher un responsable entretien ! » Un élève du premier rang détala. Il y eut un grincement puis un grand boum quand une chaise craqua. Le prof s'était laissé tomber assez brusquement et, comme Ken l'avait prédit, la pièce de mobilier ne pouvait pas supporter trop de poids, donc encore moins l'installation du « Morse ».
En voilà un bon, de début d'année.
Kojirô était encore de bonne humeur en rentrant le soir chez lui. Non seulement les cours s'étaient « bien » déroulés, mais ils avaient trouvé leur quinzième joueur. Toshio Bano avait raté la journée d'orientation pour cause de problèmes familiaux mais il s'était présenté dès la sonnerie de fin des cours. De plus, il avait passé haut la main les tests imposés par Kitazume et Kojirô.
- « Je joue soit avant soit milieu de terrain offensif. » avait-il déclaré.
- « O.K, voyons voir ce que tu vaux ! » défia Kojirô. Il l'avait embarqué dans une série de une-deux et lui fit la passe finale. Toshio faillit marquer mais Ken se détendit tellement loin que même Kojirô en fut impressionné. Difficile de mettre un but au meilleur gardien du Japon. Kazuki, depuis le banc de touche, approuva. Le joueur était soulagé de voir qu'il ne laissait pas l'équipe sans ressource. Bien sûr, Kojirô était plus que capable d'assurer les buts à lui seul, mais… Dépité, l'avant se massa le ventre. Sa cicatrice tirait sacrément, pourtant, il n'avait fait qu'aller en cours. Avec regret, il sut que Toshio allait être nommé titulaire pour la fin des matchs de qualification. Tout comme Ken, il avait de la concurrence.
Neeve, de son côté, était morose. Ayame lui manquait. Non pas que les filles de sa classe fussent désagréables. Mais elles n'étaient pas Ayame. Et puis les garçons… Neeve avait bloqué. Elle n'avait pas réussi à ouvrir la bouche pour se lier d'amitié avec son voisin de table. Pourtant, elle n'avait pas eu de problème pour sympathiser avec Ken et Sorimachi. Mais à ce moment, elle avait Shun. Et maintenant, elle ne l'avait plus. A mort Shun ! Devant chez eux, une silhouette faisait les cent pas. Penalty, de l'autre côté de la grille, regardait cet étranger d'un œil suspicieux.
- « Neeeeeeve ! » s'exclama la personne en courant vers eux. « J'ai eu tes messages que ce matin. Mon portable ne passe pas chez ma grand-mère ! »
- « Ayameeeeeeeeeeeeeeeeeeee ! »
Kojirô crut qu'il était sourd à vie. Neeve venait de glapir de toutes ses forces. Les deux filles s'enlacèrent. Finalement, Neeve n'était plus en colère contre sa meilleure amie.
- « Mais quel gros con ! » râla Ayame.
- « Arrête. » l'arrêta Neeve avec un sourire triste. « Tu étais déjà au courant, non ? » A son tour, Ayame fit la grimace. « Bon, allez, viens dans ma chambre. »
- « Je me demandais quand tu allais me le proposer. C'est quoi, ce chien ? »
- « C'est le chien de la famille. Il s'appelle… Penalty… »
- « Comme c'est original… » railla Ayame en lançant une œillade appuyée vers Kojirô qui haussa les épaules. Le chiot se précipita sur la nouvelle venue pour lui renifler les chevilles. Ayame lâcha quelque chose en anglais que Kojirô ne comprit pas et Neeve éclata de rire. Le jeune homme n'apprécia pas les regards torves qu'elles lui dédièrent.
- « Quoi encore ? »
- « Rien. »
Les deux jeunes filles restèrent enfermées dans la chambre de Neeve pendant toute la soirée, dans le plus grand silence. Ce qui intrigua Kojirô. Depuis quand les filles ne gloussaient pas ? Il se fit recruter par Shouta pour commencer à pousser les meubles dans le salon. Les travaux pour la nouvelle chambre commençaient dès lundi. Puis il tint compagnie à sa mère pendant qu'elle choisissait le papier peint pour la chambre de son futur petit frère. Keiko avait passé sa deuxième échographie ce matin même, mais comme le bébé avait le dos tourné, il avait été impossible de déterminer son sexe. Qu'importe. Cela serait un garçon, ou Kojirô sautait par la fenêtre. Il s'appliqua à faire les mots-croisés dans le programme télé en grognant pour combler les trous dans le monologue de sa mère. C'était pratique, les grognements. Cela pouvait dire « oui » comme « non », et les gens semblaient toujours les interpréter dans le sens qu'ils leur plaisaient.
Lorsqu'il fut libre, il remonta dans sa chambre… pour y trouver Ayame.
- « Qu'est-ce que tu fiches ici ? »
- « Dis-moi… tu l'aimes bien, finalement ? »
- « Ben oui. »
- « Il faut dire qu'elle est adorable. »
- « Je ne dirais pas ça, mais oui, c'est une belle plante. » Ayame le regarda avec des yeux ronds comme des soucoupes.
- « Mais… tu parles de Neeve ? »
- « Non, je parlais de ta plante verte…. Tu parlais de Neeve ? »
- « Oui. Mais c'est sûr, tu t'occupes bien de ta fleur. J'ai bon goût…. Très bien joué, le coup du bracelet. »
- « Mais qu'est-ce que tu racontes ? » ronchonna-t-il en se grattant la tempe d'un air qu'il voulait ennuyé, mais qu'elle interpréta comme gêné.
- « Et moi ? Je n'ai pas droit à un souvenir d'Okinawa ? »
- « Je te signale que j'ai signé la carte postale que Ken t'as envoyée. »
- « Et alors ? »
- « Je n'écris jamais. Même pas à ma mère. » Quelle perte de temps…
- « Je dois donc me sentir honorée. »
- « Carrément. Fiche le camp, je vais me changer. »
- « Ah bon ? Je ne peux pas rester ? » taquina Ayame.
- « Si tu veux… » Il n'avait rien à cacher. Il troqua son uniforme pour un jogging sous l'œil attentif de la jeune fille. « Je ne ferais pas ça si j'étais toi. » Il se retourna juste au moment où Ayame tendait la main.
- « Ce n'est pas vrai, tu as des yeux derrière la tête. »
- « Ben oui, c'est pratique pour éviter les tacles. »
- « Allez, juste pour me faire plaisir ! » plaida-t-elle en essayant de le contourner.
- « Je ne suis pas Ken. On ne me pince pas les fesses. »
- « Un tout petit ? »
- « Sakamoto ! »
- « S'il te plaît ! »
- « Non ! »
Ils débutèrent un ballet harmonieux, Ayame tentant de se glisser soit derrière lui, soit sous son bras, lui la repoussant ou planquant ses miches.
- « C'est bon ? Vous vous amusez bien ? » fit Neeve depuis le pas de la porte. Puis elle ajouta d'un ton malicieux « Je peux jouer, moi aussi ? »
- « OUI ! » « NON ! »
Bientôt la pièce fut remplie de gloussements féminins et de protestations masculines. Les choses se corsèrent quand Natsuko, attirée par le bruit, s'en mêla. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi ses deux amies voulaient à tout prix pincer les fesses de son frère, mais si cela l'embêtait… A trois contre un, il fut rapidement acculé dans un coin, monté sur son lit, un oreiller comme seul rempart entre son corps encore intact, pur et inviolé, et la meute de filles enragées et hilares. Dans la bataille, il avait perdu son bas de jogging. Kojirô prit une note mentale de changer l'élastique de ses pantalons. Heureusement, son boxer avait tenu le coup, à la différence de celui de Takeru. Et lui n'avait pas de soutif pour compenser la perte de son vêtement
- « Mais qu'est-ce que vous faites ? » rouspéta soudain Keiko. Un panier de linge calé sur la hanche, elle regardait le spectacle sans trop savoir quoi penser. « Kojirô, peux-tu me dire pourquoi tu es à moitié nu ? »
- « Elles en ont après mon corps ! » expliqua-t-il d'une voix indignée en repoussant une vague d'attaques à coups d'oreiller rageurs.
- « Tu ne vas pas te plaindre, non ? » répliqua sa mère, provoquant une poussée de rire chez les filles.
- « Maman, aide-moi ! »
- « Débrouille tout seul. Tu es un mec, oui ou non ? » défia Neeve, tentant une approche fourbe en tirant sur la couette pour lui faire perdre l'équilibre.
- « Ouiiiii ! » gloussa Ayame en bloquant une jambe tandis que Natsuko s'occupait de l'autre.
- « Mais qu'est-ce qu'elles te veulent ? » demanda calmement Keiko en posant les chaussettes sur le haut de la commode. Elle avait appris à ne plus ouvrir les tiroirs. Keiko n'aimait pas les surprises.
- « Nous voulons tâter si la marchandise est fraîche ! » fit Neeve en mimant une pince avec sa main. Kojirô se plaqua sur le matelas, résistant aux efforts conjoints des filles qui tentaient de le faire rouler sur le côté afin de dévoiler la cible : son popotin.
- « Oh je vois. » Elle eut un sourire. « Ayame-chan, tu restes manger ici, n'est-ce pas ? »
- « Ben euh… »
- « Mais si, mais si. Bon, je vous laisse tâter. »
- « MAMAN !»
- « C'est tellement gentiment demandé. » Keiko posa son panier et s'approcha du lit. Les filles hésitèrent un instant et Kojirô profita de cet instant de distraction pour se détacher et bondir derrière son bouclier. « Tiens, ton pantalon… »
- « Merci Ma-- AIE ! MAMAN ! »
- « Il est frais, je le garantis. Allez les filles, venez m'aider en cuisine. » Keiko rassembla sa troupe de soldats déçues mais suivirent leur générale en silence, laissant Kojirô se masser la fesse tristement. Sa propre mère. Trahi par son sang. Un coup bas… par derrière. Et c'était le cas de le dire.
- « Allez, Penalty ! On y va ! » Le chien était prêt à déverser une compassion toute « masculine » pour peu qu'on le caressât.
Kojirô pensa qu'il était destiné à avoir des vendredis pourris. Ce n'était que la deuxième journée de cours depuis la reprise et voilà que les professeurs venaient leur prendre la tête à tour de rôle en leur rappelant qu'ils allaient bientôt passer des examens d'entrée pour l'université. Mais qu'est-ce qu'il s'en tapait, de l'université ? Non seulement il n'allait pas y aller, mais même s'il y allait – Dieu seul saurait par quel miracle – il n'allait pas stresser maintenant ! C'était dans deux ans !
Puis, il commença à se dire que le second trio de sportifs allait avoir une mauvaise influence sur lui. Kojirô ne se considérait ni comme un bon élève ni comme un élève dissipé. En général, quand un cours l'emmerd--euh, ne l'intéressait pas, il se contentait de regarder par la fenêtre, de compter les mouches ou les moutons. Mais Akira et Yoshi ne l'entendaient pas ainsi. Rai était paisible mais influençable et les deux autres l'entraînaient facilement dans une quelconque bêtise. Si Kojirô appréciait ne plus être la tête du turc, il devait admettre que ses nerfs n'allait pas tenir longtemps. Mince, impossible de roupiller en paix ! Ils étaient bien trop bruyants. Et c'était tentant de se joindre à eux…
Finalement, il eut droit à sa première confrontation publique avec Neeve. Celle-ci se pointa un peu nerveuse lors de la pause midi. Il la vit le chercher dans la cantine, puis dans la cours avant de l'apercevoir. Elle lui fit signe de venir la rejoindre. Et puis quoi encore ? Si elle voulait lui parler, elle se bougeait les fesses. Ils eurent un dialogue muet tout en signe, où chacun demandait à l'autre de venir ici. Neeve finit par céder. Elle se faufila entre les sportifs qui s'étalaient sur la pelouse ou les bancs. Beaucoup se retournèrent sur son passage. Une petite nouvelle. De la chair fraîche. Bien mignonne. Kojirô ne savait pas s'il devait être fier ou mécontent de cette réaction.
- « Euh… Hyûga-san, il faut… »
- « Salut Neeve ! » fit Ken.
- « Salut Ken ! Donc il faut que…. »
- « Salut Neeve ! »
- « Salut Sorimachi, comment va ton bide ? »
- « Encore en un morceau. On ne peut pas dire ça de ma joue… »
- « Oh arrête avec ça ! »
- « Non, je veux encore des tartelettes. Au chocolat, au citron et…et euh… à la poire. »
- « Ce n'est pas la saison de la poire… De toute façon, je dois parler avec--. »
- « Hé, salut la furie ! »
- « Bonjour, le tout-nu ! »
- « Le tout-nu ? Rai, tu nous as fait des cachotteries ? » fit Akira en décrochant de son manga. « Bonjour, je suis Akira Usui. » salua-t-il poliment.
- « Heu, oui, je suis… »
- « La furie ! » coupa Rai en rigolant. « En fait, c'est vrai, je ne connais même pas ton nom. »
- « Moi c'est Yoshi Kizaka. Tu as pensé à rejoindre l'équipe de volley féminine ? Tu es grande et plutôt en forme. »
- « Euh, non, oui, en fait… » bredouilla Neeve, tout rouge d'être au centre de l'attention des garçons. Elle jeta un coup d'œil à Kojirô pour voir comment se comporter, mais il s'attacha à garder un visage neutre. « Hyûga-san ! Je dois te parler ! » fit-elle. Elle avait voulu couper court aux commentaires, mais elle ne fit qu'enflammer les taquineries des garçons qui avaient très bien vu son trouble et qui s'amusaient tranquillement. Surtout que l'équipe de football venait de remarquer sa présence.
- « Salut, la furie ! » fit Tsuneo Takashima qui se rappelait très bien son intervention lors de la rencontre Tôhô-Meiwa.
- « Mais pourquoi est-ce que tout le monde m'appelle comme ça ?! » gémit Neeve. « Toi ! Viens par ici ! » Elle attrapa Kojirô par le bras et tira. Pris un peu par surprise, il bondit en avant, la suivant presque docilement.
- « Au revoir la furie ! » dirent-ils tous en chœur avec un large sourire.
Ils regardèrent le couple s'éloigner avant que Rai ne se lançât :
- « Mais c'est vrai, sans blague, c'est quoi, son nom ? »
- « Pourquoi, la furie, ça lui va bien… » maugréa Kazuki en se massant la joue.
- « C'est la copine de Hyûga ? » demanda Akira en se replongeant dans son manga.
- « Il a bon goût. » jugea Yoshi en finissant son bento. « Elle est mignonne. »
- « Il paraîtrait que c'est sa sœur. » fit un footballeur.
- « Il ne paraît pas, c'est sa sœur. » confirma Rai. « Mais je ne sais toujours pas son nom. »
- « Hé, Rai, pourquoi est-ce qu'elle t'a appelé le tout-nu ? » relança Akira d'une voix distraite. L'équipe de football était maintenant tout ouïe.
- « Parce qu'elle m'a vu sous la douche… »
- « Ah bon ? » Tout le monde se tourna vers lui.
- « Rooo, entre-aperçu… Mais enfin, c'est quoi son nom ? Ken, toi tu la connais bien !»
- « Hase. Neeve Hase. » déclara Ken. « Et je confirme, c'est sa sœur. »
- « Mais depuis quand ? » L'équipe de foot était un peu indignée qu'on lui ait caché ça. Surtout un truc comme ça. Surtout un truc aussi joli que ça. En fait, c'était normal que leur capitaine leur ait caché ça. Mais bon…
- « A peu près quatre mois… Mais je pense qu'il faudra demander à Kojirô pour plus de détails. » avança prudemment Ken qui sentait que son capitaine n'avait pas envie que tout le monde se mêlasse de ses histoires personnelles.
- « Mais… si c'est son frère, pourquoi est-ce qu'elle l'appelle Hyûga-san et toi, Ken ? »
- « Parce que c'est son chouchou. » fit Kazuki d'un ton qui ne laissait plus place à la conversation.
- « Donc, qu'est-ce que tu devais me dire de si urgent ? » grommela Kojirô en se dégageant.
Neeve se mordit les lèvres et joua nerveusement avec le bout de ses cheveux.
- « En fait… est-ce que tu as entraînement ce soir ? »
- « Ouais. Comme tous les soirs. »
- « Ah bon. O.K ce n'est pas grave. »
- « Qu'est-ce qu'il y a ? »
- « Oh, tu savais que Mam et Tak reviennent ce soir ? »
- « Ouais, mon oncle qui les ramène en voiture. Il a un truc à faire sur Tokyo. »
- « O.K. A plus. »
- « Minute, papillon. » Il la retint par le bras. « Qu'est-ce que tu voulais me dire ? »
- « Non, laisse tomber. »
- « Hase… » Il soupira. « Quand vas-tu comprendre que plus tu me dis de laisser tomber, plus je vais m'entêter ? »
- « D'accord. Tout va bien, tu me manquais. C'est mieux ? »
- « Non, je sais toujours quand tu me mens. »
- « Mais je n'ai fais qu'un demi-mensonge ! Tu aurais dû y croire ! »
- « … attends, cela veut dire que je te manquais vraiment ? »
- « Non, c'était ça le mensonge. »
- « Menteuse ! »
- « Orgueilleux ! Le monde ne tourne pas autour de toi ! » Elle tourna les talons si rapidement qu'il ne put réagir. Il eut envie de courir après elle et de la secouer. Mais il se retint et revint vers sa table, sous l'œil attentif de ses camarades. Le voyant renfrogné, personne ne pipa mot.
Cependant, Kojirô se demandait ce qu'elle avait. Clairement, un problème. Elle avait demandé s'il avait entraînement. Voulait-elle en fait savoir à quelle heure il finissait ? (1) Si elle avait champ libre pour une quelconque stupidité ? Et puis qu'est-ce qu'elle voulait dire, avec Mam et Tak ? Bien sûr qu'ils rentraient aujourd'hui et bien sûr qu'il était au courant. Elle aussi. Après tout, elle avait fait le ménage dans la chambre d'ami hier pour son oncle. Scrogneugneu, qu'est-ce qu'elle avait encore inventé ?
Pourtant, il la vit partir tranquillement bras dessus bras dessous avec Chiyo. Il s'était arrangé pour garder un œil sur le portail pendant les premières minutes de l'entraînement. Ken surpris son manège. Après tout, Kojirô n'avait pas été discret. Toutes les six secondes, il tournait la tête d'un quart de tour. On aurait dit un crétin affublé d'un tic nerveux. Crétin, il ne savait pas encore, mais nerveux, il l'était.
- « Hé, Kojirô ! »
- « QUOI ?... Oh c'est toi… Arrête de te faufiler sournoisement dans mon dos comme ça… »
- « Je ne me faufile pas, je ne suis pas sournois et est-ce qu'il y a un problème avec Neeve ? »
- « Quand n'y aura-t-il pas de problème avec cette fille ? » marmonna le capitaine en vérifiant ses crampons.
- « Allons bon… C'est quoi maintenant ? »
- « Franchement ? Aucune idée. Je verrais ça quand cela me tombera dessus. »
- « Moi, cela ne me va pas. » protesta Ken.
- « Hein ? »
- « C'est qu'elle traîne avec ma cousine. D'accord, elle sait se défendre mais Chiyo n'est pas habituée à vivre dans une grande ville. C'est une petite campagnarde et--. »
- « Et Neeve va lui faire découvrir le meilleur de la capitale, et ne lui fera courir aucun risque. »
- « C'est marrant, là tu lui fais confiance. »
- « Ben ouais. Dis-moi, tu la couves beaucoup, ta cousine. »
- « C'est normal, c'est ma cousine ! »
- « Et c'est donc normal que je me fasse du souci pour Neeve. C'est ma sœur. »
Kojirô rentra très vite chez lui. Il ne prit pas de douche, prétextant qu'il prendrait un bain chez lui. Ken et Kazuki, mis au courant par les soins du premier, esquissèrent un sourire. Leur capitaine se faisait du souci. Apparemment pas pour rien, puisqu'il retrouva Neeve tranquillement assise en face de Shouta en train de jouer à Othello.
- « Salut, Kojirô-kun ! Comment étaient les cours ? »
Neeve fit une grimace dans le dos de son père. Quelle question débile à poser. Les cours ? Nuls, bien sûr.
- « Ça peut aller. » Il foudroya Neeve du regard, qui se tassa un peu sur sa chaise. C'est ça, cache-toi derrière ton père, mais je t'aurai ! Tu ne peux pas jouer indéfiniment à Othello…
Mais Neeve fut chanceuse. Mamoru et Takeru arrivèrent peu après la fin du tournoi (10-4 pour Shouta) et il dut aller les saluer. Keiko vint enlacer son frère, Fumihiro Tsugaru, pendant que les deux jeunes garçons se précipitaient sur Penalty.
- « Ouuuais ! Un chiot ! » hurla Takeru en étranglant presque l'animal. « C'est le mien ? »
- « Non, c'est celui de la famille. » répondit Shouta.
- « Cool, il sait faire des trucs intéressants ? » demanda Mamoru en grattant le chiot sur le ventre.
- « Marcher au pied et ne pas faire pipi partout. »
- « Pff, c'est nul ! »
Bientôt, les deux Hyûga furent couverts de poils et se roulaient par terre avec leur nouvel ami. Neeve, quant à elle, regardait le nouvel arrivant avec intérêt. Fumihiro était le seul Tsugaru restant, n'ayant eut des sœurs - sœurs aînées. Elle pouvait voir les liens entre lui et Keiko, mais c'était avec Natsuko que la ressemblance était frappante. L'oncle de la famille était encore très jeune, tout juste vingt-trois ans. Il venait de finir ses études d'ingénieur et allait passer un entretien d'embauche ici à Tokyo. Keiko était ravie de voir son frère et rapidement la conversation dévia sur les derniers potins familiaux. Neeve tenta de suivre au début, mais fut rapidement perdue entre les noms. Shinobi était-elle la sœur ou la nièce de Keiko ? De qui Yoriko était-elle la cousine ? De Kojirô ou de sa cousine Hisa ?
La jeune femme s'éclipsa dès qu'elle le put et monta dans sa chambre. Ce qui empêcha Kojirô de la passer à la casserole.
Cependant, le week-end passa à une allure phénoménale. Entre les garçons qui voulaient toujours aller dans le parc pour jouer avec Penalty, et Fumihiro qui les emmena faire un tour à la Baie de Tokyo... Puis les cours débutèrent pour de bon, tout comme les entraînements. Le soir, la maison était un vrai chantier, pleine de poussière et de matériels de construction. Ce ne fut que mercredi que Kojirô se rappelât que Neeve existait. Sa classe sortait du labo de biologie et retournait dans sa salle pour un cours de maths, ce qui la faisait longer les premiers terrains de sport, encore une fois occupés par des classes mixtes jouant au volley-ball. Yoshi Kizaka ralentit le pas pour pourvoir regarder le sport tandis qu'Akira ralentissait pour regarder les filles. Automatiquement, Rai et les 3K firent pareil, par esprit de solidarité, bien sûr.
- « Allez la furie ! Montre-leur ! » cria soudain Rai. Une silhouette sur le deuxième cours se retourna et fit un geste colérique envers le garçon qui redoubla d'effort « Mais qu'est-ce que tu attends, la furie ? Sers ! »
Neeve canalisa son embarras dans le ballon. Tout le monde la regardait, non seulement ceux et celles qui ne jouaient pas, mais aussi ceux et celles des autres équipes. Elle frappa de toutes ses forces et la balle fila.
- « Bien joué, la furie ! » applaudit Yoshi. « Encore un ! » Neeve lui tira la langue. Mais marqua un second point. « Tu devrais faire partie de l'équipe féminine ! »
- « Go Furie Go ! » encouragea Rai et Akira encore plus fort tandis que Neeve sautait pour smasher. Sur le coup de la surprise, elle rata son tir et retomba assez lourdement.
- « En fait, je vais peut-être rependre mon invitation… » fit Yoshi.
- « Arrêtez un peu. Elle s'est foulée la cheville récemment. » grommela Kojirô. « Et arrêtez de l'embêter, c'est moi qui vais trinquer. »
- « Mais c'est vraiment ta sœur ? » s'enquit Yoshi.
- « Malheureusement. »
Il pensait avoir eut sa dose de Neeve au lycée mais il la croisa après l'entraînement alors qu'elle sortait du gymnase avec Rai. Autour d'eux, l'équipe de basket se dispersait. Neeve et Rai étaient en grande discussion avec une autre fille que Kojirô n'avait jamais vue. Grande et mince, elle avait les cheveux coupés en un carré mi-long et dégageait une aura particulière. Soudain elle éclata de rire. Elle renversa la tête en arrière et eut un rire franc.
- « Hé bro, bro ! Tu ne devineras jamais ! » s'écria Rai en jouant le sémaphore encore une fois. Ce n'était pas permit d'avoir des bras aussi longs.
- « Non, je ne cherche même pas. Quoi ? »
- « On a trouvé une manageur ! »
- « Neeve ? »
- « Non, c'est Emi ! » répondit Neeve.
- « Hé la furie ! »
L'équipe de foot venait de les rattraper.
- « Mais vous allez arrêter avec ce nom à la mords-moi le noeud? »
- « Moi je trouve que cela te va bien. »
- « Ta gueule, Sorimachi. Ta gueule, Ken. Ta gueule, Hyûga-san ! »
- « Mais comment veux-tu qu'on t'appelle ? »
Emi dit quelque chose en anglais très rapidement. Neeve se retourna et la foudroya du regard.
- « Mais cela ne va pas la tête ? J'ai un nom, c'est Neeve Hase, et vous feriez bien de l'utiliser, parce que sinon je vous… je vous… je vous… je vous fais quelque chose que vous n'oublierez pas. Vous et Tôhô toute entière. Primaire, collège, lycée et université confondus ! »
- « Hé, calmos la furie ! » fit une voix anonyme, dissimulée dans la masse des joueurs.
- « AIE ! Mais t'es cinglée, j'ai rien dit moi ! » brama Kojirô en se massant le ventre qui venait de se prendre un coup. Il n'aurait jamais dû apprendre à Neeve à frapper.
- « C'est toi le capitaine ! Fais quelque chose. »
- « OK. Le prochain qui lui fout un « la furie » en pleine face, il a droit à mon pied au cul. »
- « Et quand elle n'est pas là ? »
- « Rien à foutre ! Voilà, contente, Miss Amabilité ? »
- « Ken ! Tu m'as attendue ! » coupa Chiyo qui venait d'arriver. « C'est gentil. Tiens, porte mon sac. »
- « Pourquoi moi ? » répliqua le gardien, en passant toutefois le sac de sport de sa cousine en bandoulière, au-dessus du sien.
- « Si tu es là, c'est que l'autre a fini aussi. » commença Neeve d'une voix blanche. « Allez, on se casse ! » Elle tira Kojirô par la chemise d'un coup sec.
- « Mais c'est quoi ton problème, maintenant ? »
- « NEEEEEEEEEEEEEEVEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE ! » Comme un seul homme, tous se tournèrent vers la voix stridente. Une jeune fille se hâtait vers eux. « Je n'arrive pas à croire que je ne t'ai pas croisée avant ! » continua-t-elle en arrivant près du groupe.
- « C'est parce que je t'évitais. » répondit froidement Neeve.
- « C'est marrant, de se retrouver ici à Tôhô toutes les deux. »
- « Marrant n'est pas le mot qui me vient à l'esprit. Tu veux quoi ? »
- « Je voulais te dire que j'avais entendu des rumeurs… sur toi et Shun… C'est vrai ? »
- « Ça te regarde ? »
- « Hé, à le prendre comme ça, on se dirait que tu es sur la défensive. A croire que les rumeurs étaient vraies… »
- « Mais va te faire voir ! Tu veux que je te dise ? Elles sont vraies, les rumeurs ! Regarde bien autour de toi ! C'est mon harem personnel ! Lui, » Neeve tapota Kojirô sur le torse, « c'est mon coup du lundi. Lui, » Ken se fit pointer du doigt, « c'est mon coup du mardi. Lui, c'est le mercredi, et lui jeudi ! » Kazuki et Rai furent désignés à tour de rôle. « Eux, le premier rang, c'est vendredi, et le deuxième, c'est samedi. » Les joueurs de l'équipe de foot tressaillirent, hésitant entre le rire et la protestation. « Le dimanche je ne couche avec personne parce que je suis trop fatiguée pour ouvrir les jambes. Ça te va, grosse vache ? »
Sur ces mots des moins distingués, Neeve s'éloigna à grands pas, les laissant tous séchés.
: Commentaire de Nix/Kiito, ma bêta-lectrice (que je remercie) : Roooo, il reparle fille… bieeeen….
C'est vrai qu'il fait des progrès ! non ?
-o-o-o-o-o-
