Personne n'aura trouvé le clin d'œil du chapitre 42 – et j'ai oublié de le mentionner dans le chapitre 43. Il s'agissait de Ken Hidaka, personnage de l'anime Weiss Kreuz. Une note sur cet anime : le graphique est souvent défaillant, l'histoire bancale, et malgré tout ça, j'aime beaucoup les 26 épisodes. Je craque surtout sur les musiques de génériques, toutes interprétées par les 4 seiyus de quatre personnages principaux. L'histoire : les Weiss Kreuz sont un groupe de 4 assassins de l'ombre, agissant sur l'ordre de « Persan », pour punir/tuer ceux qui échappent à la justice. Dans la vie quotidienne, ces quatre garçons (âgés de 27 à 17 ans) sont fleuristes…

Jetez-y un coup d'œil si vous en avez le temps.

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Désolée pour le post tardif… Ma sœur est à la maison pour la fête des mères (ô joie………………)

Pourquoi les gens attendent de vous d'être sociable…

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Merci à Ilia, FicAndRea, Mirty91, Yellou et Spicycoktail sur fanfiction et Chenonceau sur Fanfic-fr… Je remarque que les lectrices de ce second site sont en grève de commentaires…

A toutes, bon courage pour les partiels !!

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Chapitre 44 – Les grands esprits se rencontrent.

- « Qu'est-ce que vous racontez encore ? » Kojirô était mal réveillé mais il se rappelait bien de ce qui s'était passé hier. Qu'est-ce que les deux zigotos de Neeve et Kazuki avaient encore fait ? Il poussa tout le monde et entra dans la pièce. A travers les volets, la lumière s'infiltrait suffisamment pour éclairer la scène.

Kazuki et Neeve étaient encore endormis, blottis l'un contre l'autre comme des petites cuillers dans un tiroir. Elle dormait roulée en boule, les genoux pliés de telle sorte que ses pieds reposassent sur les cuisses de Kazuki. Le jeune homme avait passé un bras autour d'elle pour la ramener contre sa poitrine et avait le visage enfui dans son cou. Deux choses pouvaient expliquer leurs positions. Déjà le matelas était vieux et mou, avec un creux fortement maqué au milieu. Les deux adolescents s'étaient couchés chacun de son côté mais ils avaient roulés l'un vers l'autre durant la nuit. Et puis, le chauffage ne fonctionnant pas, il avait fait froid et tout le monde savait que le corps humain produisait beaucoup de chaleur, donc intuitivement, ils s'étaient rapprochés.

Mais ce n'était pas ce qui choquait ou rendait jaloux. C'était la position équivoque de la main de Kazuki. Placée sur les côtes Neeve, juste en dessus de la poitrine, voire même… sur ladite poitrine. Quelqu'un alla ouvrir les volets. Dérangé par le flot de lumière, Kazuki grogna et tourna son visage complètement pour le cacher dans le creux de l'épaule de sa peluche improvisée. Il resserra son étreinte sur elle et alla même jusqu'à placer une jambe sur ses pieds pour la maintenir. Neeve accompagna le mouvement en se pelotonnant encore plus contre lui et en glissant encore un peu sous les couvertures.

- « KAZUKI ! »

- « Quoi encore ? » Le fait que le joueur copiât la phrase fétiche de leur capitaine fit rire l'assemblée. Il lâcha Neeve, se tourna sur le dos et ouvrit les yeux avec difficulté. « Oh, c'est déjà l'heure ? » Baillant et s'étirant, sans montrer aucune honte ou gêne, Kazuki s'assit. Se faisant, il s'était non seulement décollé de Neeve mais avait emporté une partie des couvertures. Gémissant en guise de protestations, la jeune fille se retourna et vint se coller à la cuisse de Sorimachi. Elle se cramponna au tissu de son bas de pyjama, un peu comme elle s'était cramponnée aux couvertures. Kazuki la regarda faire, un moment interdit, avant de rougir profondément.

- « NON MAIS CA VA PAS ? OÙ EST-CE QUE TU TE CROIS ! » Il l'envoya bouler plus loin dans le lit et remonta les couvertures sur lui.

- « Mais euuuuh… » geignit Neeve en se réveillant. « Mais t'es trop con, je dormais bien moi. Abruti de Kazuki !» Elle lui envoya un grand coup d'oreiller en plein visage. Chose que Kazuki prit très mal – l'oreiller comme l'abruti. Ils se bagarrèrent jusqu'au moment où Kazuki se leva en portant Neeve sur son épaule pour la porter dehors.

- « CA VA TE CALMER, LA GROGNASSE ! »

- « Mais euuuuuh ! Qu'est-ce que j'ai fait, moi ? Kaaaazukiiii j'ai froid moiiiiiii ! »

Mais Sorimachi avait fermé la porte à clé. Personne ne comprenait la raison de sa mauvaise humeur, mais en le voyant lui, le gai luron de la bande, grommeler entre ses dents en se dirigeant vers la salle de bains, tous s'écartèrent. Kojirô soupira et se massa les tempes. Il alla ouvrit à Neeve qui tambourinait à la porte :

- « Moins fort, Neeve… »

- « Mais pourquoi il a fait ça ? Il va me le payer… »

Peu de temps après, les garçons partaient faire leur footing. Neeve avait refusé de se joindre à eux, sous prétexte que c'était trop tôt et trop boueux pour elle, et qu'elle devait faire le ménage. Kitazume ne la laissa tranquille que lorsqu'elle lui avoua qu'elle avait mal au genou. Sa blessure était en voie de guérison, mais menteuse comme elle l'était, même Kojirô ne sut dire si elle souffrait véritablement. Elle fut dispensée et l'entraîneur imita la jeune fille en envoyant Ken Hidaka superviser le début de la session. Il devait téléphoner à la compagnie immobilière : entre un chauffage mort et un toit qui fuyait, il n'était pas content de la qualité des services.

Neeve attendait les garçons de pied ferme pour leur atelier « assouplissement. » Décidée à se rendre utile, elle leur fit prendre des positions les plus loufoques, ce que les footballeurs finirent par soupçonner être une vengeance… contre Kazuki, mais qu'ils partageaient tous.

- « Neeve, je ne peux pas faire le grand écart ! » pestait Renji. « C'est anatomiquement impossible ! »

- « Mais non ! » Elle passa ses bras autour de son cou, chose qui n'était possible que parce qu'il était à son niveau, en pleine flexion, une jambe devant, une jambe derrière. « Je suis sûre que tu vas y arriver. »

Les autres étaient sur le point de protester devant cette forme d'encouragement (pourquoi ne venait-elle pas les câliner eux aussi ?) quand elle se lassa tomber de tout son poids sur les épaules et le dos de sa victime. Renji n'eut pas le choix. Il glissa à terre et avec un grincement de dents équivoque, fit le grand écart.

- « Ben voilà… C'était pas si dur, non ? » (1)

- « Ken, encore un mot et je m'occupe de toi. » menaça-t-elle le grand jeune homme, auteur du bon mot. Immédiatement il reprit son sérieux. « Et puis, ce n'est pas parce que tu es souple que cela te dispense de faire les exercices ! »

- « Mais quand vas-tu me lâcher ? » protesta le goal.

- « Quand tu sauras faire ça ! » Neeve se mit en position dite « y ». Elle leva la jambe droite qu'elle pivota à partir de l'aine et prit son mollet droit dans sa main droite.

- « Ça, je sais faire ! » Le gardien l'imita, avec un petit rien en moins de souplesse.

- « Ne plie pas ton genou. Plus haute la jambe. Techniquement, tu devrais avoir la moitié plaquée contre toi. » corrigea aussitôt Neeve. « Etape deux. » Sans poser le pied à terre, en un mouvement fluide, elle prit la pose « du scorpion » La jambe plié derrière elle, sa semelle venait presque toucher le haut de son crâne. « Normalement, tu devrais faire ça ! » Elle balança les mains en arrière, agrippa sa cheville et tira, de sorte que sa jambe soit au plus proche de son dos, et son pied haut au-dessus sa tête Ken dut poser le pied à terre et dut utiliser ses mains pour tenir la première position, sa jambe n'arrivant pas à se tordre si loin sans aide. Neeve eut un reniflement dédaigneux.

- « Et maintenant ? » lança-t-il avec une pointe de défi.

- « Ça. » L'ancienne danseuse fit passer sa jambe devant elle et la leva, bien droite devant son visage.

- « Pff, on fait ça tout le temps au dojo. » Ken l'imita sans problème.

- « Le grand final ! » Elle tomba gracieusement en grand écart, et tous regardèrent le goal s'arrêter à mi-chemin.

- « J'chuis coincé… » Il n'aurait jamais dû dire ça, il aurait dû savoir qu'il n'aurait jamais dû dire ça. En un bel ensemble collectif, l'équipe se jeta sur lui, tout comme Neeve s'était jeté sur Renji. On ne sut jamais si Ken arriva à faire le grand écart, mais la bousculade tourna rapidement au combat de boue. Neeve essaya de se faire discrète, mais un bras Hyûgaesque passa par là et elle se retrouva au tapis.

- « Pff, regardez-moi ça ! » ronchonna-t-elle.

- « Ouais, on ne fait que ça. » fit une voix à la limite du grivois. Neeve couverte de boue semblait allumer quelques idées graveleuses.

Une bonne claque et un coup de pied au cul plus tard, tous étaient en train de courir derrière le ballon pendant que Neeve commençait à préparer le repas du midi. Nourrir seize personnes demandait du temps.

Le soir arriva. L'agence avait envoyé une équipe de réparateurs dans l'après-midi. Si le toit avait été réparé, le chauffage avait résisté et il avait fallut le démonter pour l'emmener en réparation. Kazuki, Ken et Kojirô se réinstallèrent donc dans leurs lits, mais Neeve boudait.

- « Mon matelas est encore tout mouillé ! C'est moi qui ai pris le pire ! »

- « Et alors ? » Kojirô n'avait qu'une idée, dormir. La session de l'après-midi avait été dure pour lui, parce qu'il avait enchaîné sur une séance de tirs au but. Les deux Ken, utilisés comme cobayes, s'en remettaient à peine.

- « Je ne veux pas dormir toute seule dans la cuisine, il va faire trop froid… Tu me fais une petite place ? » demanda-t-elle d'une voix faible en s'approchant de Kojirô.

- « Il y a tout juste la place pour moi, alors, toi… »

- « … Ken ? » Ken dormait déjà. « Kazuki ? »

- « Hors de question, j'ai déjà donné hier. »

- « Quelqu'un ?»

- « Hase, la ferme ! » grogna un tigre fatigué.

- « Tu n'as qu'à aller dormir dans le salon et me laisser ton lit. » répliqua la jeune fille, boudant devant le peu d'esprit de partage de cette équipe.

- « Non ! … MAIS QU'EST-CE QUE TU FAIS ? » Neeve avait fini par en avoir marre et s'était jetée sur Kojirô. Prestement, elle l'avait contourné pour venir se coller au mur.

- « Tu vois, il y a de la place… Je me fais toute petite… »

- « Détache-toi de ton mur et tu finis à la niche. » capitula son frère. Il n'avait ni la force de protester d'avantage ni l'envie de se faire écraser comme Neeve le ferait sans doute s'il la forçait à sortir de son plumard. Un joueur éteignit le plafonnier. Le silence tomba, coupé par quelques chuchotements et toux. Certains lisaient à la lueur d'une lampe de poche, d'autres écoutaient de la musique.

- « TU AS FINI DE BOUGER, OUI ? »

- « MAIS TU PRENDS TOUTE LA PLACE ! JE N'ARRIVE MEME PAS À ENTRER DANS MON SAC DE COUCHAGE ! » Kojirô se leva et empoigna sa sœur pour la forcer à se mettre debout. Assez brusquement il zippa le sac de couchage autour d'elle, la saucissonna dans une couverture supplémentaire et la fit rouler contre le mur.

- « MAINTENANT, JE DORS ! »

- « … Bonne nuit, Kojirô-san. »

- «… Bonne nuit Neeve. Ne te colle pas à moi. »

- « Non, Kojirô-san. »

- « Réveille-moi cette nuit et tu morfles. »

- « Oui Kojirô-san. »

- « … Tu m'énerves… »

- « Je sais, Kojirô-san. C'est fait exprès--AIE ! »

- « Tu l'avais cherché. Sors-moi un Kojirô-san et tu--. »

- « Kojirô, Neeve, on peut dormir ? » demanda Ken en leur envoyant un coup de pied.

- « Oui Ken-san ! » firent deux voix à l'unisson.

- « Ils sont bien frères pour quelque chose. » commenta Yatarô. « Aussi con l'un que l'autre. »

Kojirô se réveilla le matin avant la sonnerie. Il avait toujours été un matinal et son corps était d'une régularité surprenante. Quand il avait dormi ce dont il avait besoin, hop, debout ! De sa vie, Kojirô n'avait jamais fait une grasse matinée. Un coup d'œil au cadran lui apprit que le réveil était prévu pour dans quarante minutes, et qu'il n'était pas judicieux d'essayer de se rendormir. Il voulut s'étirer mais quelque chose l'en empêcha. Neeve… Contrairement à ce à quoi il s'attendait, elle n'avait pas bougé. Elle était toujours face au mur, pelotonnée au plus près du bord du lit. C'était lui qui s'était déplacé, sûrement pour profiter de la chaleur humaine. Son flanc gauche état collé au dos de la jeune fille qui dormait profondément. Il la regarda en essayant de comprendre ce qui pouvait bien se passer dans sa tête… Sûrement pas grand-chose.

Il se leva et alla directement, à pas de loup, vers la machine à café. A force de voir Neeve engloutir des cafetières entières jours et nuits, il en était arrivé à apprécier le goût amer mais tonifiant du breuvage. Il n'en prenait qu'une tasse, le matin, avant sa distribution de journaux. L'excès de caféine était mauvais, surtout s'il prenait en compte tout ce qu'il ingurgitait de concentré de caféine, sucres et autres toxicités dans les tonneaux de coca qu'il se descendait mensuellement. En attendant que le café soit prêt, il se posta à la fenêtre pour vérifier si le terrain était praticable. Ce qu'il vit le fit sourire. Il regagna la chambre et secoua Neeve.

- « Hum ? »

- « Chuuut, viens voir. » lui murmura-t-il doucement. Elle obéit, et en silence. Elle n'était pas assez réveillée pour protester. Il commençait à la connaître. Tant qu'elle n'avait pas eu sa première tasse de café, elle était soit hystérique soit flagada-maussade. Il en profita pour la mener devant la fenêtre. Sur le terrain devant la maison, des lapins gambadaient librement. Certains mâchouillaient des brins d'herbes, d'autres sautillaient et une bande de quatre se courait après.

- « Que c'est mimi ! Des p'tits lapins ! »

- « A croire que tu n'en as jamais vu ! »

- « Ben non… pas de vrais comme ça ! Roo, y'en a qui se font des trucs pas très catholiques… »

- « C'est sûrement la saison… » Il s'était retenu à temps avant de demander « où. » Parce qu'à y réfléchir, les lapins qui s'envoyaient en l'air… Grand bien leur fasse. Et il n'y avait que Neeve pour repérer les lapins en train de s'éclater.

- « En parlant de ça, comment ça va, toi ? »

- « Moi ? Neeve… »

- « Il te faut une copine -- Merci. » Il venait de lui tendre une tasse de café. « Pourquoi mets-tu autant de sucre dedans ? »

- « C'est pour ton bien. » Il pensait avoir détourné la conversation mais elle s'entêta.

- « Si dans huit jours tu n'as pas une copine potable, je me mets en chasse. »

- « … Tu sais, même si j'ai une copine, je te surveillerai toujours autant. » Celle-là, il la vit venir.

- « … Tu es a-do-ra-ble ! » Et vlan, il se fit avoir par surprise. Elle se colla contre lui, lui enserrant la taille. « J'aime bien avoir un grand frère. »

- « Tu exagères. Tu vas l'user avant l'heure, le grand frère. Neeve. Neeve ! NEEVE ! … Lâche-moi ! Maintenant ! Allez, ouste ! Je ne rigole pas… (soupir)… …(gros soupir) … Tu m'énerves…(énorme soupir). »

- « Et c'est comme ça que tu m'aimes. » Kojirô se tortilla pour pouvoir attraper sa tasse de café qu'il but pendant qu'il endurait le câlin de sa sœur. Au bout d'un moment, voyant qu'elle ne se décollait pas, il employa les grands moyens. « J'en ai marre, je vais pisser. »

- « C'est classe… On en redemanderait presque… » Mais elle le lâcha. « Mais n'imagine pas que je laisse tomber. Une semaine ! Tu as une semaine… »

- « Une semaine pour quoi ? » demanda Ken qui venait de se lever.

- « Pour se trouver une copine. »

- « Sinon il a un gage ? »

- « Sinon JE lui trouve une copine. »

Le gardien de but eut un ricanement nasal avant de s'étouffer avec sa tasse de café. La nouvelle se répandit rapidement et tous se promettaient de suivre l'affaire avec attention. Elle visait haut, la petite Neeve.

- « Je vais faire une tournée de noir. Kojirô-san, sors-moi ton linge sale ! » ordonna la jeune fille, en mode « femme de ménage. »

- « Dans le sac plastique dans mon sac. Sers-toi. »

- « Quelqu'un d'autre a du linge noir à laver ? »

- « Ouais, mes caleçons. » fit une voix masculine en ne cachant pas l'ironie dans sa voix

- « Envoie… » répondit Neeve sans même tiquer.

- « … …. Tu veux laver mes caleçons ? »

- « Et que crois-tu que je lave chez moi ? Les teintures impériales ? Mais vous êtes tous coincés bon sang ! Envoyez-moi vos chaussettes et vos caleçons ! ZOU ! » Il eut un grand remue-ménage dans la chambre commune.

- « Tu peux laver ça aussi ? »

- « Non, ça c'est de la couleur, ça va déteindre, mets le sur le tas là-bas. Le blanc, ici. Oui, Renji, je lave ton pull avec de l'adoucissant, comme ta Môman. »

- « Neeve, viens manger. » fit Kojirô.

- « Je n'ai pas très faim et--. »

- « M'en fous ! Tu manges ! » Il poussa devant elle un bol de céréales avec des rondelles de bananes coupées dedans. « Le petit-dèj est le repas le plus important. Dites-lui, Coach ! »

- « Neeve, mon petit, tu manges ou tu cours. » Devant la menace imminente d'un footing matinal, Neeve s'assit et commença à avaler ses céréales.

- « Je n'avais pas pensé à ça. » admit Kojirô en regardant un rien redevable son entraîneur. C'était tellement difficile de faire avaler trois repas à Neeve. Kitazume ne dit rien mais avec son œil de coach, avait rapidement repéré le manège de son buteur. Il devait admettre que la jeune fille était un rien maigrelette, et qu'elle ne mangeait que du bout de dents, aussi appuya-t-il l'action diététique par une menace de poids.

Kitazume était ravi que Neeve soit venue. Non seulement cela lui faisait un bien fou et formait le caractère de la jeune fille – ce n'était pas permit d'être chiante comme ça - mais cela aidait son équipe. Les garçons participaient toujours aux tâches ménagères, comme décharger la camionnette qui livrait les courses ou faire la vaisselle. Mais la présence de Neeve était un soulagement. Bien nourris et presque pouponnés, les garçons pouvaient se concentrer sur leur foot. Kitazume était en train de se demander comment réussir à convaincre la jeune fille de continuer ainsi après la semaine de vacances. Le poste de manageur d'équipe avait été supprimé voilà bien des années. Les différents entraîneurs avaient trouvé de plus en plus difficile de recruter une personne qui s'y connût assez en foot et dont l'utilité en tant que conseiller pouvait se limiter rapidement à superviser les sessions d'entraînements, puis à servir de porteur de serviettes ou de bouteilles. Ce qui demandait beaucoup de temps et apportait peu de gratification, et les volontaires se décourageaient. Alors le poste avait été supprimé et les joueurs s'organisaient entre eux pour les tours de lessive et ménage dans les vestiaires. L'un dans l'autre ce n'était pas plus mal, cela formait le caractère.

Makoto Kitazume appuyait cette philosophie. Cependant, il reconnaissait l'utilité d'un(e) « auxiliaire de vie » qui soulageait les joueurs de tâches souvent longues en période de championnat. Quelqu'un avec des notions de premiers secours, de nutrition et d'esprit sportif serait bien plus utile qu'un pseudo-analyste de match. Content d'avoir une pauvre âme perdue à exploiter, Kitazume se promit de garder la jeune fille à l'œil.

La journée fut mouvementée. Les garçons réussirent à frapper un ballon boueux dans les draps que Neeve venait de laver. Elle se précipita folle de rage sur les fautifs qu'elle fouetta puis étrangla à coups de draps tachés. Arriva ce qui devait arriver, le drap se déchira. Il fut vite recyclé. L'équipe était d'humeur folâtre et se lança dans un grand jeu de « Attrape-Loup », un hybride entre le cache-cache et le Loup traditionnel. La règle était simple, chaque joueur avait un bout de drap avec un numéro marqué au feutre noir. L'équipe paire devait attraper tous les bouts de draps de l'équipe impaire et vice-versa. Ayant gagné le tosse, l'équipe impaire alla se cacher dans les bois environ. Neeve, avec le numéro trois, parvint à éliminer quatre joueurs avec la technique sournoise dite du « cochon-pendu. » Elle était montée dans un arbre et se laissait pendre, se rattrapant par les jambes autour d'une branche, derrière un joueur pour lui voler son bout de drap, généralement coincé à la ceinture. Elle aurait pu continuer longtemps comme ça, mais Kiyoshi qui arrivait derrière elle, la décrocha de sa branche au moment où elle s'emparait du drap de Ken.

- « Oh, une furie bien mûre ! »

- « REPETE UN PEU ! »

Le soir arriva et elle arriva, l'air tout innocent, près de Kojirô.

- « Mon matelas est encore mouillé…. »

- « … ah… »

- « … … … »

- « … … … C'est bon, j'ai compris. » Avec un soupir, il replia ses jambes pour la laisser se faufiler contre le mur. Elle s'exécuta avec un couinement de plaisir. « Tu l'aimes tellement, ce mur ? »

- « … Toi tu ne comprendras jamais rien aux filles. »

- « Je ne cherche même pas. »

- « Tu ne trouves pas que je suis moins rouge ? » demanda Neeve en se tâtant doucement l'œil gauche.

- « Oui mais là, tu es violette. Ce n'est pas mieux. »

Neeve se cala confortablement contre son flanc en se trémoussant un peu. Kojirô la regarda faire avec un étonnement mêlé de consternation. Pourquoi maintenant ne jure-t-elle que par lui ? Ne pouvait-elle pas l'aimer de loin et lui foutre la paix ? Non, bien sûr, c'était trop demander à--

- « Bonne nuit Kojirô. » fit une voix endormie.

- « … Bonne nuit… » Il était faible, il ne pouvait pas lui résister quand elle jouait à la petite fille modèle. « Mais tu m'énerves. »

- « Je sais, je fais exprès. » Il ne riposta même pas, se contentant de renâcler.

Ceux qui entendaient la conversation sourirent. Dans l'histoire, ils ne savaient s'ils devaient encourager Neeve – qui les énervait pourtant bien – ou plaindre leur capitaine – lui qui était toujours si bouillant voire emporté. Mais ils étaient mignons tout plein. Mais bruyants. Mais mignons. Mais bruyants.

Le lendemain commença avec un grand soleil. Neeve s'était réveillée tôt pour pouvoir revoir les lapins et les prendre en photo pour Natsuko (enfin, pas ceux qui suivaient leur instinct le plus primaire) et en avait profité pour faire des crêpes. Kojirô, réveillé par une chose rampante peu élégamment sur son ventre, se leva aussi et se dévoua pour évacuer les « ratés »….en utilisant son estomac comme poubelle de recyclage. Les garçons se jetèrent sur leur petit-déjeuner tellement vite que ni Kitazume ni Ken Hidaka ne purent goûter les fameuses crêpes.

- « Ce matin, c'est course d'endurance. Voilà le parcours. Le repas sera servi à midi précisément, alors débrouillez-vous pour être à l'heure. Les retardataires auront les restes. »

Les footballeurs s'élancèrent dans la forêt, encadrés par Ken Hidaka qui montrait le chemin. Kitazume prépara des notes stratégiques pendant que Neeve attaquait le ménage de la chambre commune. Quand les premiers sportifs rentrèrent, ils trouvèrent le chalet bien silencieux. Ils finirent par trouver Kitazume au téléphone dehors et Neeve allongée sur le lit de Ken, le lecteur Mp3 de Kojirô aux oreilles, le pull de Kazuki sur le dos, en train de lire le magazine de…. de qui, d'ailleurs ? et de quoi ? Elle tourna le journal pour déplier une image-poster et tous surent de quel genre de littérature il s'agissait.

- « MAIS ARRÊTE DE LIRE ÇA ! » rugit Kojirô en lui arrachant le périodique masculin des mains.

- « C'est vrai, ce n'est pas pour les jeunes filles, ça va te polluer l'esprit. » glissa Ken, son côté samurai en étendard.

- « Elle n'a pas d'esprit à polluer, pour commencer ! » grogna Kojirô. « Mais cela va lui donner des idées et ça, elle n'en a pas besoin. Et puis, où as-tu trouvé ça ?»

- « Par terre, sous les penderies. Ça vous excite vraiment, les filles comme ça ? » questionna Neeve. Elle semblait réellement intriguée.

- « Pourquoi, qu'est-ce que tu leur reproches ? » demanda Hideto Koike en parcourant le magazine rapidement. Neeve le reprit et choisit une photo d'une blonde plantureuse en pose très suggestive, habillée d'un haut artistiquement lacéré. Le bas n'était pas lacéré, parce que le micro-short ne comptait pas comme pantalon aux yeux de la jeune fille. Elle avait des culottes shorty plus longues que ça.

- « Ben quoi, elle est blonde, presque nue avec des gros seins et l'air complètement conne. C'est tout ce qu'on lui demande. » Loin de choquer Neeve, la remarqua la laissa songeuse. Elle fit la moue et feuilleta le magazine encore une fois.

- « Vous préférez la blonde ou la brune ? » fit-elle en montrant tour à tour deux nouvelles photos du même acabit de la précédente. Un concert de voix lui répondit. « Ceux pour la blonde, levez la main ? … Et la brune ? Renji, tu n'as pas voté. »

- « C'est que je préfère l'autre brunette. Page dix-neuf. » Tous comprirent d'où venait le magazine.

- « Ah bon ? Les garçons ? » A l'unanimité, cette nouvelle fille remporta …le cœur, dirons-nous… des footballeurs. « Je vois… je devrais peut-être me faire percer le nombril. » murmura Neeve, toute songeuse devant cette découverte du monde masculin.

- « Refusé. Arrête de lire ce machin ! » Kojirô lui reprit le journal.

- « Mais je n'ai pas fini les mots croisés ! »

- « Il y a des mots croisés ? » s'étonna Renji.

- « Moi, si j'étais toi, ce n'est pas le nombril que je percerais. C'est la langue. » Kiyoshi Furuta surpris tout le monde en prenant la parole. Le défenseur de troisième année était surnommé « l'ours » pour deux raisons : il en avait le physique et la force, mais également le caractère. Discret, voire même muet.

- « Pourquoi ? »

- « C'est une question de… sensation. » Et là, il fit passer une boule noire entre ses lèvres. Neeve parut fascinée, les autres garçons dégoûtés. Presque personne ne s'était rendu compte qu'il avait un tel piercing.

- « Mais cela ne fait pas mal ? Et tu n'as pas de trucs qui se coincent quand tu manges ? »

- « Il faut juste un peu d'hygiène. »

- « Et cela rajoute vraiment quelque chose ? »

- « Je n'ai pas eu de plainte à ce propos. Au contraire… Je peux de le démontrer… »

Et là, devant l'assemblée qui n'en menait déjà pas bien large, Kiyoshi roula un patin à Neeve. Il y eut un hoquet général, Ken attrapa Kojirô qui était en train de suffoquer et Neeve mit fin au baiser avec un grand sourire.

- « Je vois… Intéressant. Bon, ben, si vous êtes là, à table. »

- « Je pense que je n'ai plus faim pour le reste de mes jours. » gronda Kazuki. Il était tout aussi rouge que Kojirô et tous deux évitèrent la jeune fille pour le reste de la soirée. Pourtant, Kiyoshi et Neeve n'eurent plus de contacts rapprochés. Cependant, le défenseur subit les retombées de son initiation au piercing dans l'après-midi. Il ne protesta pas, se contentant d'étaler son savoir-faire en défense, en envoyant Kojirô voltiger dans les airs d'un coup d'épaule appuyé après que le capitaine aie tenté de le passer et tacla durement Kazuki qui essayait de remonter la ligne de touche. O.K Corral n'eut pas lieu.

La semaine se termina à la fois doucement et rapidement. Si les soirées « faisons nos devoirs en groupe. » (qui devraient être renommées « pompons-nous les uns sur les autres ») ou pictionnary allaient manquer à beaucoup, les journées d'entraînements ou de lessive n'étaient pas à inscrire dans les annales. Le dernier soir, alors que Neeve finissait son sac, elle s'écria :

- « NE ME DITES PAS QU'ON VA SE REFAIRE LE PONT ?! »

- « Non, on va suivre la route jusqu'au point de rencontre, là, regarde ton plan. »

Rassurée, elle alla se coucher et fut d'humeur gaie tout le matin. Ce qui était trop beau. Ils arrivaient en vue des deux minis bus qui allaient les conduire à travers la forêt jusqu'à la gare quand le malheur arriva.

- « BEURK ! J'ai marché sur un escargot ! »

- « Pauvre bête ! »

- « Barbare ! »

- « Mais j'en ai plein la chaussure ! »

Toshio voulut … aider, on suppose… et shoota dans la chaussure pour la débarrasser du reste de cadavre de gastéropode. Mais le soulier s'envola en un gracieux arc de cercle et atterit dans le sous-bois.

- « Merde… » lâcha Toshio.

- « ET MOI JE FAIS QUOI, MAINTENANT ? C'EST ÇA, MERDE ! C'EST TOI LA MERDE ! »

Elle sauta à cloche-pied jusqu'au mini bus et changea de chaussure tandis que Toshio cherchait la « pantoufle de verre ».

- « Euh… Neeve… je ne la trouve pas. »

- « T'es trop con, tu me rachèteras une paire neuve. » Et Neeve bouda pendant tout le trajet retour, au grand soulagement de Kojirô.

Le retour à la maison fut un mélange de soulagement et de surprise. Déjà, Penalty qui se propulsa sur eux dès que les deux lycéens passèrent le portail. L'animal, qui n'avait du chiot plus que l'enthousiasme et la gaucherie, avait gagné en taille et en poids. Le ventre de Keiko, qui semblait avoir doublé de volume aux yeux de Neeve, et semblait juste légèrement rebondi pour Kojirô. Une chambre de bébé nouvellement meublée – et là, Kojirô se jura de passer vérifier les écrous avant la naissance du bébé, car le berceau lui paraissait bien trop bancal à son goût. Le comportement de Mam et Tak, qui semblaient avoir grandi en taille, en poids et en … pfff, idiotie ? Et en même temps, ils semblaient plus sûrs d'eux, vivant leur séparation de frères « siamois » beaucoup mieux. Mine de rien, une semaine loin de l'autre leur avait fait comprendre qu'ils s'aimaient toujours autant. Natsuko, qui s'était enfin trouvé un domaine où elle excellait et qu'elle pouvait partager avec son nouveau père, qui aimait bien la photo et lui promit de l'emmener ici et là quand elle le voulait.

Le retour en classe fut moins enchanteur, dans le sens qu'il y avait peu de surprise. C'était un peu comme retrouver des vieux chaussons élimés : confortables, chauds mais petit à petit, le trou au bout, le talon qui grince vous rappelaient pourquoi ils étaient passés du stade de « chaussons» à celui de « chaussons à finir. »

Mais comme tout n'était jamais tout noir, Kojirô eut droit à un petit quelque chose qui lui remonta le moral. Enfin, dans son cas, un gros quelque chose. En une semaine, Neeve avait prit l'habitude de se lever tôt le matin. Et quand Kojirô se réveilla pour aller faire sa tournée de distribution (qu'il avait refilée à Rai pendant son escapade montagnarde), Neeve l'accompagna à la superette. Elle fit quelques courses et quand il revint, sept boites bento étaient prêtes sur le comptoir américain. Neeve essaya de noyer le poisson en prétextant que Shouta, Keiko et Kojirô devaient faire attention à ce qu'ils mangeaient, l'un devenant trop gros, l'autre étant enceinte et le dernier sportif. Mais tous savaient qu'en fait, elle avait pris l'habitude de cuisiner et de chouchouter Kojirô.

Aussi s'installa-t-il avec un contentement non dissimulé sur sa table en bois habituelle et déballa la plus grosse boite bento qu'il lui avait été donné de voir. Remplie à ras bord de nourriture spécialement préparée pour lui, elle attisa des jalousies certaines. Il avala chaque grain de riz, qu'il dut âprement défendre. Au bout de trois jours, Rai craqua :

- « Bro, ta sœur doit absolument rencontrer ma cousine… »

- « Pourquoi, ta cousine cuisine si mal ? »

- « Non, elle est simplement féministe à l'extrême. Elle refuse de me rendre le moindre service. » Rai eut une tête de labrador trempé par la pluie.

- « Ben amène-la ce soir… »

En effet, Neeve était toujours sous surveillance fraternelle et elle devait l'attendre le soir. Elle passait d'abord à la bibliothèque pour y faire ses devoirs, et quand les portes du CDI se fermaient, elle rejoignait l'équipe de foot. Fidèle au poste, Neeve était là à l'heure mais refusa d'entrer dans les vestiaires.

- « Ça pue toujours autant, ici. »

- « Si cela te gêne autant, t'as qu'à frotter… »

- « Je frotte le jour où Kojirô se trouve une copine. » lâcha très méchamment Neeve. L'interpellé se redressa et lui envoya un T-shirt trempé de sueur en pleine tête. Elle l'évita de justesse et rajouta « Tu n'as plus que cinq jours. Allez je te donne le week-end en plus. »

- « Neeve, ta gueule ! »

Elle haussa les épaules et fit un grand sourire en direction de Ken et Kazuki. Ce dernier détourna pourtant le regard. Neeve répliqua en lui tirant la langue. Ce qu'elle n'aurait pas dû faire, puisque cela rappela à l'attaquant un baiser en soi tout innocent mais qu'il n'avait pas apprécié.

L'attitude de Kazuki pouvait s'expliquer très facilement. En sa qualité de play-boy, il fréquentait plusieurs groupes de filles, toutes années confondues. C'était ainsi qu'il se tenait au courant des ragots et rumeurs, des couples qui se faisaient et se défaisaient. Il n'était pas donc pas surprenant que les rumeurs comme quoi Neeve se taperait n'importe qui lui revînt aux oreilles. Il avait eu beau chercher, il n'avait pas trouvé l'origine de cette calomnie. Il avait également tenté de l'étouffer, mais encore et encore, les racontars recommençaient. Il était maintenant certain qu'une ou plusieurs personnes répandaient ces rumeurs volontairement. Alors, quand la jeune fille avait un comportement qui donnait lieu à penser que tout n'était peut-être pas faux, il se crispait. Bien sûr, aucun des gars de l'équipe n'allait jamais proclamer sur les toits avoir roulé ou avoir vu un patin se faire rouler. Mais ce genre de conduite ne devait pas se répéter, et il était pourtant si facile de tomber dans le piège d'une bonne amitié, d'un geste taquin, d'un mot malicieux mal interprété. Et surtout, il était aisé de laisser tomber une allusion, lors d'une conversation « privée ». Tout le monde savait qu'au lycée, les murs ont des oreilles, et des oreilles prêtes à tout déformer.

Il avait essayé d'en parler à Neeve, qui avait éclaté de rire. Il avait essayé d'en parler à Kojirô, qui l'avait longuement contemplé avant de laisser tomber un « t'en mêle pas, c'est une histoire de filles. » pas très convaincant. Alors, il faisait la gueule.

- « Bon, qu'est-ce qu'on fiche ici ? C'est que tu as des maths à m'expliquer ! » s'impatienta Neeve.

- « Encore ? Mais je t'ai aidée hier. »

- « Et bingo on a changé de leçon aujourd'hui. »

- « Rai arrive. Sa cousine ne devrait pas tarder. »

- « Hé, Bro, Sista ! Ma cousine va arriver, elle devait déposer un truc dans une salle spéciale pour son machin dans deux ou trois jours. »

- « Tu te rends compte, j'espère, que ce que tu viens de dire n'a aucun sens ? » releva Emi, qui s'était mis en tête de canaliser la fouge de son joueur star. Si seulement il pouvait se concentrer !

- « Elle est comment, ta cousine ? » demanda Neeve.

- « Oh, tu ne peux pas la rater ! Elle est juste un peu plus petite que moi, elle a les cheveux colorés et un piercing comme moi à la sourcilière. Elle est totalement barjo. »

- « … ah… » Neeve était nettement moins motivée pour rencontrer cette nouvelle amie.

- « La voilà. » Le lien de famille fut immédiatement repéré. Deux sémaphores s'envoyaient des signaux à travers la cour. Et la comparaison ne s'arrêtait pas là. La cousine de Rai avait coloré ses cheveux en un rouge flamboyant, telle une diode électrique. Et elle avait retouché son uniforme qui ne ressemblait plus vraiment à quoi que ce soit.

- « Yo, cousine de moi ! »

- « Yo, cousin de moi ! Alors, elle est où cette fille qui me fait passer pour la mère Michard ? »

- « Ouais, Neeve, voici Nanami, ma cou--. »

- « … Nana ? »

- « …Nini ? »

(1) ma bêta m'a dit que les sportifs ne feraient jamais une telle chose, de peur de se claquer un tendon, voire pire… Peut-être… ceci dit, avec un bon échauffement… Roo, et puis zut. On fait comme si.