Chapitre 47 -

Oki doki… désolée pour le retard, ma béta et moi avons toutes deux des emplois du temps surchargés. Voilà le chap 47… et je n'ai plus de chaps en stock. J'essayerais de faire le chap 48 pour samedi prochain (mais cela va être chaud) donc au besoin, je le sortirai dès qu'il est fini et corrigé.

BONNE CHANCE AUX BACHELIERES !

Je sais que c'est difficile pour vous !

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Chapitre 47 – La fortune sourit aux audacieux.

- « Should I understand that you have not done the assignment? (dois-je comprendre que vous n'avez pas fait votre devoir ?) »

Un ange passa… et un autre arriva. Neeve ne frappa même pas et entra en trombes, imitant la glissade de son frère.

- « Kojirô, tu--. Oups.» Elle venait de réaliser que leur prof était déjà là.

- « Indeed. Would you be kind enough to explain this intrusion? (En effet. Pourriez-vous m'expliquer le pourquoi de votre intrusion?) »

Neeve sourit innocemment, se trémoussa un peu et Le Morse succomba :

- « It will be my pleasure, Sir ! (Avec plaisir, Monsieur) »

Puis elle se lança dans un long discours en un anglais presque parfait qui laissa tout le monde, Morse compris, bouche bée. Kojirô ne comprit pas tout – pour être honnête, même pas la moitié – mais suffisamment pour capter que Neeve expliquait avoir trouver son essai dans le livre qu'elle lui avait emprunté et pas rendu à temps. Elle termina en tendant une copie imprimée au professeur et en passant le manuel scolaire à l'élève devant le tableau pour qu'il le fît passer à Hyûga, tout derrière. En croisant le regard du buteur, elle lui fit un micro clin d'œil. Puis elle prit gracieusement congé.

- « Bien… je vois que vous êtes le cas désespéré de la famille pour l'anglais ! » se moqua le Morse. « Et je vois aussi que vous ne savez toujours pas lire les consignes. Vous deviez écrire cette rédaction à la main, pour vous familiariser avec l'écriture romaine. » Il agita la feuille qui était imprimée. « Je vous enlève donc dix points. » Kojirô soupira de soulagement. Dix points enlevés de l'excellent devoir made in Neeve serait toujours une bonne note. « Bon, interrogation surprise ! Grammaire. » Et le buteur grogna. Personne, même pas Neeve, ne trouvera un moyen de lui souffler les bonnes réponses.

- « NEEVE ! »

- « J'ai rien fait ! C'est pas moi ! » fit machinalement l'interpellée en réponse à l'appel plutôt violent de Kojirô. La jeune fille se retrouva prise dans une embrassade d'ours. « Lâche-moi ! Tu es plein de sueur ! LACHE-MOI ! » protesta-t-elle.

- « Je croyais que tu aimais ça ! » protesta Kojirô en resserrant ses bras encore plus. Si cela l'embêtait autant, il n'allait pas se priver.

- « J'aime les câlins, pas les affaissements de masses puantes et lourdes ! »

- « Et moi qui voulais te faire plaisir… » grommela le capitaine, faussement vexé.

- « Tu peux me remercier surtout. »

- « J'ai eu un cinquante-neuf ! »

- « QUOI ? J'avais visé le soixante dix, moi ! » Neeve avait pris l'exclamation de contentement comme un reproche. Il fallait dire que c'était difficile de faire la part des choses avec Kojirô, qui n'était guère heureux de quoi que ce soit, et quand il l'était, le montrait encore plus rarement.

- « Justement. Je ne suis pas content ! » Kojirô reprit la balla à la volée. « Il m'a enlevé des points pour ne pas avoir écrit à la main. »

- « Mais je ne pouvais pas faire ça, je n'écris pas comme toi. Il aurait compris que j'avais fait le truc à ta place. Et j'ai dû faire des fautes, comme toi… Tu ne sais pas comme c'est difficile de faire des fautes. Arrête de te vautrer sur moi. Arrête de rire ! ARRETE ! »

L'équipe secoua la tête. Kojirô avait été sur un petit nuage depuis que le prof lui avait rendu sa copie qu'il avait corrigée durant l'interrogation. Surtout qu'il pensait avoir honorablement réussi son contrôle de grammaire. Neeve n'était pas si inutile que ça, ses cours commençaient à rentrer.

- « Mais tu le mérites ! C'est ta faute ! » répliqua-t-il.

- « Comment ça ? »

- « Si tu ne m'avais pas pris mon livre… »

- « … … je t'ai fait ton truc, non ? Alors arrête de te plaindre. »

- « Et puis, tu as mis des carottes dans mon bentô ! »

- « Tu n'en es pas mort ! »

- « La prochaine fois, tu morfles ! » menaça Kojirô.

- « La prochaine fois, tu te passeras de bentô. » répliqua la jeune fille. Kojirô afficha une tête de chien battu. « … retourne courir après ton ballon… » Elle n'arrivait pas à résister à cette expression. Elle oscillait toujours entre le rire, la pitié et l'attendrissement, et elle finissait généralement par craquer.

L'entraînement se termina et tous allèrent prendre une douche. Kitazume emmena Neeve dans son bureau pour lui montrer un dossier de réservation de chambres d'hôtel pour le tournoi inter-lycée, dans l'espoir qu'elle le remplirait à sa place. Neeve fronça le nez.

- « Ça pue toujours autant ici… Vous pourriez ouvrir la fenêtre ? »

- « Non ! Cela fait des courants d'air ! » rétorqua Kojirô. « Et mêle-toi de ce qui te regarde, nous, on aime notre vestiaire puant ! Mais si cela te dérange autant, viens frotter, on ne t'arrêtera pas. »

- « Je te l'ai déjà dit, je frotte le jour où tu te trouves une copine ! »

Aussitôt, le visage de Kojirô se décomposa. Avec son emploi du temps si bien rempli, il en avait presque oublié ce qui s'était passé samedi soir, ou plutôt, dimanche matin… Une vague de culpabilité vint s'écraser dans son cœur. Quelque part, il avait l'impression de trahir Neeve. Elle s'était montrée réellement gentille ces derniers temps, et voilà qu'il fricotait avec sa pire ennemie. Après tout, s'il voulait vraiment une fille, il avait plus que le choix. Non seulement il avait fait une énorme boulette mais pourquoi d'entre toutes les filles qui ne demandaient qu'à satisfaire ses envies les plus basiques, avait-il choisit – consciemment ou non - Izumi Yamashita ?

Malgré tous les avertissements donnés par Neeve et Ayame, il se sentait… attiré n'était pas le mot, mais … proche, ami… avec cette fille. Contrairement à ce qui lui avait été dit, il la trouvait gentille, amusante, en un mot : normale. Mis à part le fait qu'elle voulut sortir avec Fujita. Mais cela expliquait bien l'attitude de Neeve. Plus rancunière qu'elle… Cependant…

Kojirô savait que quelque chose ne tournait pas rond. Il voyait mal Neeve ET Ayame nourrir une telle rancœur pour Yamashita. Surtout Ayame, qui se souciait de Fujita autant que de sa première chaussette. Et bien que Neeve fût bourrée de défauts, elle n'était pas complètement folle. Il était prêt à la croire quand elle disait que Yamashita n'était pas une bonne fréquentation, mais tout ce qu'il connaissait d'elle clamait le contraire. Cette zone trouble le décontenançait fortement, lui qui n'aimait rien de plus qu'une stabilité à toute épreuve. Plus Neeve multipliait les actes de générosité et d'amitié à son égard, plus il se sentait mal, gêné et coupable. Sans savoir de quel crime…

Et connaissant notre Tigre comme nous le connaissons maintenant, il était clair qu'il n'allait pas supporter ce fardeau encore longtemps. Il n'était ni patient ni compréhensif. Il explosa donc en toute logique.

- « POUR LA DERNIERE FOIS, ARRETE DE LA RAMENER SUR LE SUJET SURTOUT QUAND ON VOIT FUJITA ! »

Il claqua la porte du vestiaire et alla prendre une douche. Tous le regardèrent avec des grands yeux avec toutefois un rien de compréhension. Pour avoir vécu avec Neeve pendant une semaine, ils savaient comment elle pouvait vous pousser à bout.

- « Tu devrais te trouver la pire copine juste pour la faire marronner et l'obliger à frotter. » suggéra Toshio.

- « … la ferme ! » grommela Kojirô.

Ce fut tout ce qu'il trouva à dire. L'ordre s'adressait autant au première année qu'à lui-même. Il se trouvait qu'il caressait le même genre d'idée à l'instant où Toshio avait émis cet avis. Et une chose en entraînant une autre, l'idée de sortir avec Izumi s'était imposée. Il était en train de peser le pour et le contre, quand il réalisa que quelle que soit la raison, cela serait une mauvaise idée.

Dehors, Neeve attendit son frère avec un air désolé. Elle s'était pourtant promis de ne plus aborder le sujet, mais les habitudes ont la vie longue. Elle se dandinait, passant son poids d'un pied à l'autre, d'un air malheureux ; et quand elle le vit sortir, elle baissa la tête, penaude. Kojirô soupira. Si Neeve résistait difficilement à la tête de cocker, lui capitulait toujours devant l'étalage de ses émotions vraies : quand elle était vraiment gentille, vraiment en colère, vraiment en train de pleurer… Il soupira.

- « C'est bon, arrête de geindre… »

- « Je ne… ne… euh… geignais ? pas… » Neeve trébucha dans son conjugaison et Kojirô eut un sourire suffisant. Il lui souffla dans les yeux, juste pour la faire enrager. Ce qu'il réussit presque. Il la vit gonfler les joues et pincer les lèvres puis elle se reprit et haussa un sourcil. Il n'eut pas le temps de se défendre : elle s'était déjà collée à lui.

- « Hé ho, j'ai dit non ! Arrête ça ! Tout de suite ! » Il tenta de décrocher les bras qui entouraient sa taille.

- « Mais tu sens bon, maintenant que tu as pris une douche ! Je VEUX un câlin ! »

- « Va voir ailleurs. Tiens, va voir Ken, il a besoin d'amour ! »

- « Hein ? Quoi ? Moi ? »

- « Non. » Neeve s'accrocha et se blottit encore plus contre Kojirô qui n'avait qu'une envie : partir en courant. Il dut supporter les regards de son équipe, certains amusés, d'autres railleurs.

- « Le premier qui dit un mot… » commença-t-il. Mais personne n'avait l'intention de dire quoi que ce soit. C'était bien trop drôle de le voir pris au piège comme ça. La seule façon de se libérer était par la force, et Kojirô n'irait pas jusque là. Pas avec Neeve. « C'est bon ? Je peux vivre ? »

- « … je peux dire non ? »

- « Non. »

- « Alors je ne dis rien. »

- « Je vois. » Kojirô l'attrapa par la taille et la projeta sur son épaule, un peu style pompier, qui transporterait un blessé.

- « KYAAAAAAA ! Lâche-moi ! »

- « Je peux dire non ? »

- « Capitaine, on voit sa culotte, là… Pas qu'on se plaigne, mais elle peut peut-être avoir des objections… » fit Renji.

- - « KYAAAAAAAAAAAAA ! » Le cri atteignit les aigus et Kojirô se dépêcha de la reposer à terre. Neeve s'éloigna de lui en lui envoyant un regard mauvais.

- « Tu as changé de parfum ? » lui demanda-t-il soudain.

- « Quoi ? »

- « Avant, tu sentais la cerise et la vanille. La vanille a disparu… » Cette fois, elle eut un regard indéchiffrable. « Quoi encore ? » Il se sentait mal à l'aise quand elle le regardait comme ça.

- « J'ai changé de lait corporel. Celui d'avant sentait bien la vanille. Maintenant, c'est un truc qui ne sent rien. » expliqua-t-elle enfin.

- « Ah. »

Le groupe se sépara enfin. Kojirô nota brusquement qu'il aimait bien traîner après les cours et les entraînements, rester planter devant le lycée à discuter de tout et de rien avec ses amis qui attendaient qui son bus qui ses parents. Maintenant qu'il avait le temps de le perdre, son temps, il en profitait. Neeve acceptait sans problème d'attendre qu'il eût fini ses conversations, elle-même discutant avec tout le monde. Des fois, il lui enviait cette facilité qu'elle avait à se lier avec le premier venu en un clin d'œil. En ce moment, elle discutait avec Emi. La jeune fille avait parcouru tous les bureaux administratifs le jour même pour tenter de régulariser l'équipe de basket féminine. Tout semblait bien aller, et l'annonce officielle allait se faire sous peu. Les deux filles étaient toujours en train de se parler et se griffonner sur un cahier quand Kojirô salua son dernier ami. « Ami » et non plus coéquipier.

- « Allez les poulettes, on se bouge ! » clama-t-il en frappant dans ses mains. Il les fit sursauter.

- « Qui appelles-tu poulette ? » demanda froidement Emi en le fixant du regard.

- « Toi et elle. Vous préférez les dindes ? Je suis adaptable, moi. »

- « Tu es surtout soit très lourd, soit très con. »

- « Essaye les deux. » glissa Neeve.

- « Et alors ? »

- « Rien, c'est ton problème. » fit Emi en marchant à côté de lui. « Mais évite de m'appeler comme ça, je trouve ça diminuant. »

- « Si tu veux, cocotte… » Il haussa les épaules et dut sauter de côté pour éviter un coup de sac. Il avait oublié qu'Emi était une sportive, elle. Elle le poursuivit pendant les dix minutes de trajet jusqu'à sa maison. Neeve arriva tranquillement peu après et fit un croc en jambe à Kojirô qui ne l'avait pas vu venir.

- « Mais ça ne va pas ! » gueula-t-il en se relevant, une belle égratignure au genou. Elle le boxa dans le plexus – pas trop fort tout de même.

- « Ne nous appelle plus dinde, cocotte ou poulette. »

- « C'est clair. Vous êtes bien trop moches pour ça. Pauvre basse-cour. »

La guerre était déclarée. Neeve eut une moue qui ne présageait rien de bon et alla s'enfermer dans sa chambre avec Emi. Kojirô fut donc celui qui ouvrit à Ayame quand elle se présenta.

- « Hyûga ! Le redresseur des causes perdues et chevaliers des demoiselles en détresse ! » salua-t-elle. Appuyé sur son avant-bras posé sur le chambranle de la porte, il la contempla à la fois amusé, gêné et ennuyé par sa grandiloquence exagérée.

- « Arrête de fumer, Sakamoto. Neeve est dans sa chambre, je ne te montre pas le chemin. » Il s'écarta pour la laisser passer.

- « Nous allons pouvoir papoter tous les deux. »

- « Je ne papote pas. »

- « Allons bon. Fais semblant. Pour moi. »

- « Demandé comme ça, je ne crois pas que je puisse refuser. »

- « Tu as intérêt. »

- « Sinon ? »

- « Sinon, tu le regretteras. »

- « J'ai peur ! » railla-t-il.

- « Tu peux. Donc… » commença-t-elle en se servant du jus d'orange. « …donc, tu t'es mêlé de cette histoire… »

- « Oui. Je n'ai pas envie de baby-sitter Neeve toute ma vie. » Ayame lui jeta un coup d'œil rapide, mais extrêmement scrutateur.

- « On va dire que je te crois. Mais qu'est-ce qui t'a pris de faire un truc pareil ! »

- « Mais qu'est-ce que tu me reproches !! Tu as bien vu la tête de Neeve, non ? Tu penses que j'allais laisser faire Fujita ou l'autre pouffe ? »

- « Mais qui te dis que ce sont eux ? » demanda calmement Ayame.

- « … Mais c'est toi et Neeve qui--. »

- « Neeve. Moi je t'ai dit de ne pas te mêler de ça. »

- « Pourquoi ? »

- « Parce que c'est compliqué… » Kojirô vit rouge.

- « J'en ai carrément marre qu'on me dise quoi faire ou comment le faire ! C'est fantastique ! Neeve semble avoir tous les problèmes du monde ! Elle n'aime pas Izumi, son copain la trompe avec une fille qui semble être la réincarnation de Satan ! Alors QUOI ?! »

- « Pourquoi est-ce que tu mentionnes Yamashita ? » s'étonna Ayame.

- « Ne change pas le sujet. Est-ce que c'est la grosse de Fujita qui est responsable du cocard de Neeve ? OUI OU NON ? »

- « Oui. »

- « Si je n'avais rien fait, cette histoire aurait-elle continué ? »

- « Sûrement. »

- « Et en faisant ce que j'ai fait, est-ce que j'ai réglé cette histoire ? »

- « Oui. »

- « Neeve n'aura plus de problème ? »

- « Non... mais toi si… »

- « … QUOI ENCORE ? »

- « Oki Murakawa a une dent contre toi. Tu as vu ce qu'elle a fait à Neeve pour lui avoir fait un œil au beurre noir et l'avoir ridiculiser en public. »

- « Ben justement, je n'ai pas approché cette Oki Machin-Chose. »

- « C'est tout comme. Tu sais, son père est soupçonné de faire des choses pas très légales, mais comme il est dans les petits papiers du gouvernement… »

- « Est-ce que je dois m'inquiéter ? »

- « Probablement. Ou pas… je ne sais pas. Ceci dit, si tu as des ennuis dans peu de temps, je ne me poserais pas trop de questions… »

Kojirô passa les mains sur son visage d'un geste las.

- « On se dirait dans un mauvais polar. Quoi ? On va m'attaquer ? Me couler les pieds dans le ciment et me jeter dans la baie de Tokyo ? »

- « Je n'irais pas jusque là. En fait, il est peut-être possible que tu aies marqué un point et que plus rien ne se passe. »

- « ALORS POURQUOI TU ME PRENDS LA TÊTE ? »

- « Pour que tu restes vigilant. »

- « … vous me gonflez les filles. J'en ai ma claque ! Je… je vais prendre l'air… »

Kojirô se leva et siffla Penalty. Il sortait juste quand Shouta revenait avec Takeru et Mamoru qui se précipitèrent sur leur frère et le supplièrent de les laisser venir au parc pour taper dans la balle. Shouta les accompagna, pour une sortie « entre hommes. »

Kojirô fut content de retrouver ses frères. Il lui semblait que leurs liens familiaux étaient beaucoup plus flottants depuis quelque temps. Alors qu'il avait plus de temps libre, il se rendit compte qu'il avait consacré de moins en moins de temps à ses benjamins. Ces derniers bénéficiaient maintenant d'un un environnement protégé et grandissaient. Ils n'avaient plus peur de se faire de nouveaux amis et pouvaient désormais faire ce qui leur plaisait : skate, karaté, club de lecture etc. Mais tandis qu'il se roulait dans l'herbe avec ses crapauds préférés, il réalisa qu'ils s'aimaient toujours autant en qualité si ce n'était en quantité. Chacun évoluait, choisissait sa voie. Lui-même comprenait qu'il avait bien changé depuis le remariage de sa mère. Comme toute transformation, c'était difficile de dire si c'était bien ou mal. On changeait. Tout changement valait mieux que la stagnation. On pouvait toujours faire des erreurs, et les corriger était une nouvelle mutation. Kojirô comprit qu'il n'aurait pas pu rester le même jeune adolescent obsédé par le foot. Le remariage de sa mère avait été un déclic majeur, mais toute chose considérée, il y aurait eut autre chose pour le pousser à... s'épanouir, dirons-nous.

Kojirô regarda Shouta qui tentait de garder le ballon en dépit des attaques de Takeru et de Penalty. Dans un éclair de lucidité, il comprit le courage qu'il avait fallu à Shouta pour décider de changer de vie. Cela avait été un grand saut en aveugle. A côté, la métamorphose que subissait le buteur ressemblait à une promenade de santé.

Les hommes revinrent chez eux tous couverts d'herbe et Keiko râla. Kojirô se fit prendre de vitesse et se retrouva sans douche disponible, puisque Natsuko se lavait déjà les cheveux. Il s'assit à son bureau et commença à organiser son planning de devoir. Soudain sa porte s'ouvrit en grand et une Neeve déboula sur lui.

- « Quoi encore ? Une araignée ? » Elle était blanche comme un fantôme et agitait son bras en direction de sa chambre. « Quoi ? Deux araignées en train de faire des trucs cochons ? » Elle s'agrippa à son bras en plantant les ongles. « D'accord, d'accord, je vais voir… »

Mais il se promit que si elle faisait une montagne d'une malheureuse araignée, il la lui faisait bouffer, l'araignée… Ce n'était pas une araignée, ou même deux. C'était Mambo. Le chaton le regarda en miaulant. Devant lui, un petit oiseau encore agité de soubresauts. Kojirô grimaça. Pas étonnant que Neeve n'ait pas apprécié. Il y avait des plumes et du sang partout.

Mambo miaula encore plus fort. Pauvre animal, il ne devait pas avoir compris la réaction de sa maîtresse. Il chassait et, en preuve de son amour, lui rapportait sa proie, et elle se barrait en pleurant. Kojirô se pencha, attrapa l'oiseau moribond et d'un geste vif, lui tordit le cou. Il y eut un petit craquement dégoûtant, et même lui tressaillit. Mais il valait mieux une mort rapide et sans douleur à une longue agonie. Le félin lui tournait autour des chevilles en ronronnant. Le footballeur se pencha et félicita le chat pour sa prise. Ce n'était pas sa faute, c'était sa nature de prédateur. Boiteux ou pas, Mambo était désormais un chasseur aguerri.

Son cadavre d'oiseau à la main, il descendit les escaliers, Mambo sur les talons. Le chat voulait sûrement voir ce qu'il adviendrait de son cadeau. Pas grand-chose. Kojirô se mit dans un sac plastique et jeta le tout dans la poubelle dehors.

- « Neeve ? Viens m'aider à nettoyer ! » appela-t-il en passant devant sa propre chambre armé d'un seau. « Pas de discussion. » Elle se traîna lamentablement et ramassa les plumes pendant qu'il épongeait le sang. Mambo était là, toujours aussi ronronnant. « Allez, dis-lui quelque chose ! »

- « Mais il a tué un petit oiseau ! » Neeve regardait son chat comme s'il était un monstre incarné.

- « C'est un chat, c'est comme ça. Caresse-le. »

- « Il est tout sale…. »

Avec un geste exaspéré, il attrapa le chat par la peau du cou et le débarbouilla. Mambo se laissa faire, ronronnant encore plus fort. Puis Kojirô le tendit à Neeve. Elle hésita et récupéra son animal en pleurnichant un peu, et lui leva les yeux au ciel. Ce que c'était con, une fille.

Finalement elle craqua et son chat succomba sous les caresses et les papouilles. Kojirô soupira encore une fois et alla vider son seau. Il poussa la porte donnant sur la terrasse et s'approcha du rebord, en face, là où il y avait une bouche de gouttière. Dessous, devant le garage, un bruit sourd de ballon : Emi et Ayame, qui jouaient au basket. Enfin, Emi faisait des paniers et Ayame lui relançait la balle.

- « Enfin, tu n'es pas sérieuse ! » disait cette dernière.

- « Pourquoi ? Et pourquoi pas ? Il est mignon ! »

- « Très mignon, je te le concède. Mais de là à vouloir sortir avec lui…. »

- « J'ai un bon feeling. »

- « Tu le connais à peine. »

- « J'ai un bon feeling ! » s'entêta Emi. Au moins, elle sait ce qu'elle veut.

- « Si tu veux… mais je te préviens, il faut se le supporter. »

- « Comment ça ? »

- « Pour lui, il n'y a que le sport. » Ça semble familier ça.

- « Parce que c'est différent pour moi ? »

- « Et il n'est pas doué pour parler avec les filles… » Euh, ne me dites pas que…

- « Très bien, comme ça, il sera rien qu'à moi ! » Possessive ?

- « Et puis… il y a le problème de Neeve… » hasarda Ayame, la bouche en cœur.

- « Quoi Neeve ? »

- « Il se peut que cela ne lui plaise pas que tu fricotes avec--. »

- « Je ne fricote pas, je suis sérieuse et je ne vois pas ce que Neeve--. » Le bruit de ballon avait stoppé.

- « Il est comme son frère ! »

- « Sauf que ce n'est pas son frère. »

- « Sans blague… »

Heeein ?? Euuuuuh ? Elles… parlent… de moi…. ? Emi… veut sortir… avec moi ?

Kojirô se figea, le seau d'eau sale à la main. Il n'en croyait pas ses oreilles. Il se repassa mentalement la conversation, et aboutit encore à la même conclusion. Parce que Neeve n'avait pas de frère sportif autre que lui. Et comme elles l'avaient si bien dit, il n'était pas son frère. On frôlait la catastrophe là ! Et bien sûr, l'autre truffe de Neeve choisit ce moment pour jaillir de sa chambre :

- « Kojirô-san ! La douche est libre pour toi ! Ben… tu n'as pas fini ? »

- « … non… »

En bas, tous les bruits s'étaient tus. Et merde.

Il choisit de régler le problème en allant se laver. Il espérait que le temps qu'il eût fini sa douche, les deux jeunes femmes seraient parties. Mais quand le Destin a décidé de vous pourrir votre lundi, il n'y allait pas de main morte. Emi et Ayame furent invitées à rester manger et connaissant l'insistance de Keiko qui adorait avoir des enfants autour d'elle, elles durent capituler. L'ambiance était assez tendue à table. Neeve voyait bien que ses deux amies étaient étrangement calmes et que Kojirô bafouillait le peu de mots qu'il arrivait à sortir.

- « Mais qu'est-ce qui se passe ? » explosa-t-elle après le repas, alors qu'elle raccompagnait Emi et Ayame.

Kojirô venait avec elles, pour les raccompagner à l'arrêt de bus, chose dont il se serait bien passé. En chemin, il détailla discrètement la manageuse de l'équipe de basket. Elle était jolie dans son genre, sauf que son genre à elle n'était pas son genre à lui. Ben ouais, il n'était pas du tout attiré par elle. Ça arrivait non ? C'était une jolie fille, il l'avait dit, avec une poitrine un peu petite, mais de longues jambes. C'était plutôt son… aura… L'impression qu'elle dégageait n'était pas celle d'une fille. Cela le rassurait. Il n'en était pas à sauter sur toutes les filles… seulement sur celles qui lui plaisaient.

Neeve s'était écartée du groupe pour laisser le temps à Penalty de répondre à un besoin urgent. Ainsi trois paires d'yeux se regardèrent un instant.

- « Tu as tout entendu, n'est-ce pas ? » demanda calmement Ayame en souriant comme à son habitude.

- « Oui. » avoua-t-il, et Emi s'empourpra. Elle se mit à bégayer :

- « C'est… enfin… tu vois… »

- « Ce que Emi veut dire c'est que toi tu--. »

- « AYAME ! » Emi bondit sur elle et l'étrangla.

- « Mais vas-y, dis-lui, il ne va pas te manger--. »

- « Chuuuuuuuuuuuut !! »

- « Qu'est-ce qui se passe ? » demdanda Neeve qui revenait.

- « RIIIIIIEN ! VOILA MON BUS ! J'Y VAIS ! A DEMAIN ! »

Emi parlait très fort, dans l'espoir que cela cacherait son embarras. Elle courut après le car et se précipita à l'intérieur si vite que Neeve n'eut pas le temps de la saluer.

- « Qu'est-ce qui se passe ? »

- « Rien. Nothing. Nada…voilà mon père. » Elle monta dans sa voiture en riant, se moquant clairement des deux autres qui la fixaient du regard, perplexes et perdus.

- « C'était quoi ça ? » interrogea Neeve en étrécissant les yeux.

- « Je voudrais bien le savoir. »

- « Menteur… Dis-moi tout. »

- « Alors comme ça, tu penses que tu peux me mentir mais pas moi ? »

- « Nan, je suis une fille et toi un garçon--. »

- « Il était temps que tu le remarques. » Il lui souffla dans les yeux ce qui la mit en colère et eut pour effet bénéfique de la distraire de cette nouvelle complication.

- « Emi… est amoureuse de moi… Et moi… pas… comme si j'avais besoin de ça… »

Mardi fut une journée morne pour Kojirô. Penalty avait aboyé une bonne partie de la nuit et il avait une migraine persistante. La douleur ressemblait à celle engendrée par un mal de dents. Il se traîna jusqu'au vestiaire, mais tous pouvaient voir qu'il n'était pas au mieux de sa forme. Au point que Kitazume le força à aller prendre un cachet à l'infirmerie et vérifier sa tension. Comme Kojirô s'y refusait, l'entraîneur dut menacer de le faire escorter par toute l'équipe, pour qu'au moins le reste des joueurs perde son temps utilement. Le Tigre s'en alla seul en grommelant – mais pas trop fort car cela amplifiait son mal de tête.

Heureusement, Hikari n'était pas garde aujourd'hui. Il fut soigné par le vieux médecin qui lui donna la dose maximale d'aspirine et l'obligea à s'allonger après avoir prit deux fois sa tension : il aurait dû être raide mort si on en croyait le cadran.

Bien sûr, Kojirô rouspéta mais obéit. En tant que sportif, il se devait de suivre les ordres des docteurs. Surtout que maintenant, le vieux appelait sa mère pour lui demande de lui faire des prises de sang. Horreur ! Le footballeur n'appréciait pas plus que ça les aiguilles. Et puis, déranger toute la famille pour un mal de tête et un appareil à tension qui était sûrement cassé ? Sans qu'il s'en rende compte, il s'endormit.

Il se réveilla quand Neeve le secoua.

- « Debout. C'est l'heure. »

- « Naaan, encore cinq minutes. » Il se retourna dans le lit, pensant qu'il était dans son lit deux places et s'aplatit contre le mur. Neeve pouffa et lui se frotta le menton et le nez. « Ça va, c'est pas drôle. »

- « Tu n'as pas l'air malade… »

- « Je ne suis pas malade. » gronda Kojirô.

- « Ah… » Pourtant, elle se comportait comme s'il était un handicapé, l'aidant à s'asseoir…

- « JE NE SUIS PAS MALADE ! »

- « C'est dans ta tête que tu es malade… » ronchonna Neeve. Elle avait décidé de laisser passer, mais uniquement parce qu'elle savait qu'il n'allait pas échapper si facilement à sa mère et son père. Elle avait vu juste. Keiko n'avait pas très bien compris ce que le médecin voulait mais Shouta veillait au grain et avait décidé d'emmener Kojirô faire ses examens le lendemain matin.

- « Le docteur pense que tu as des carences en certains--. »

- « Des carences ? Mais je bouffe comme un ogre et je fais du sport ! Plus sain que moi, tu meurs ! » râla Kojirô.

- « Justement, tu fais trop de sport. »

- « … faire du sport rend malade maintenant ? »

- « Oui, si un corps en pleine croissance pousse trop sur son organisme. Kojirô-kun, tu as la musculature d'un homme adulte ! »

- « Et alors ? »

- « Et alors, ton squelette ne suit pas. Tu épuises ton corps. A ce rythme, tu ne vas même pas finir le lycée… C'est un sérieux problème… Mais si on arrive à corriger le tir maintenant, tu pourras continuer ta carrière. » Shouta se voulait rassurant, mais Kojirô avait blanchi, malgré son teint basané.

- « C'est si grave ? »

- « Je ne pense pas… Je pense que tu nous couves encore une poussée d'hormones… peut-être les dents de sagesse. A quand remontes ta dernière visite chez le dentiste ? Et en général, des repas équilibrés et un peu de repos devraient suffire.» Kojirô soupira de bonheur mais Shouta reprit. « Repos veut dire moins de sport. Tu vas sûrement être mis au vert pendant quelques semaines. Et tu vas devoir arrêter le coca. »

- « Hn » Kojirô bouda carrément.

Mais il se résigna et partit le lendemain matin avec Shouta à l'hôpital. A son plus grand embarras, il dut se dévêtir et passer la moitié de la matinée vêtu d'une de ces chemises vertes en coton synthétique pas synthétique à peine fermée. C'était plein de courants d'air et il avait l'impression qu'il montrait son popotin à tout le monde. Petite consolation : les jeunes infirmières étaient aussi peu habillées que lui, et il se rinça bien l'œil, jusqu'au moment où il se rendit compte que sa blouse montrait aussi une autre partie de lui-même qui semblait bien intéressée par les décolletés. Rouge de honte, il se plia en deux et si Shouta parût alarmé au départ, le pensant en train de souffrir, il eut la bonté de ne pas rire en comprenant la cause de cette rougeur. Enfin, pas devant son beau-fils.

Les résultats n'étaient pas attendus immédiatement, aussi Kojirô revint en cours dans l'après-midi tout aussi frustré. Avec un mot à l'intention des ses profs pour excuser son absence et un autre signifiant sa dispense de sport pour quinze jours. Il était donc d'humeur massacrante et quand il s'assit sur le banc de touche après les cours, personne n'osait lui parler.

- « C'est chiant, hein ? On a l'impression de voir toutes les fautes et on se dit que si tu étais, toi, sur le terrain, cela ne se passerait comme ça ? » compatit Kazuki lors d'une pause. Kojirô allait répliquer méchamment, quand il se rendit compte que Sorimachi devait savoir de quoi il parlait. Lui aussi avait été mis au vert pendant sa convalescence. Il avait repris aujourd'hui même, pour compenser l'absence certaine du tigre pour les prochaines rencontres. « Le pire, c'est pendant les matchs. Mon conseil, essaye de t'occuper les mains. »

Le capitaine soupira, Kazuki avait raison. Comme son équipe faisait des exercices basiques et n'avait pas besoin qu'on lui gueule dessus (ce qu'il pouvait toujours faire, malade ou pas), il ramassa les serviettes et alla faire une lessive. Autant se rendre utile. Sur le chemin, il passa devant le gymnase. Rai et son équipe s'entraînaient… avec les filles. Il reconnut facilement Neeve, Chiyo et Nanami. Il y avait une autre fille, sûrement l'amie de Nanami qui faisait des passes à part avec Lola, probablement parce qu'elles n'étaient pas aussi bonnes que les autres. Emi arriva par une porte de côté, les bras chargés de boissons. Les garçons commencèrent une série d'exercices que les filles répliquèrent, mais de leurs côtés. Si les gars étaient concentrés, elles l'étaient tout autant, pourtant, des rires fusaient ici et là. Il alla lancer la lessive et quand il repassa, les deux groupes avaient fusionnés et écoutaient l'entraîneur qui griffonnait sur un grand tableau noir en s'excitant.

Kojirô secoua la tête en se demandant si l'équipe de foot avait l'air aussi cloche quand elle écoutait Kitazume. On dirait des demeurés, la bouche ouverte ou en train de se gratter le crâne en tentant de comprendre ce que l'homme disait. Un grand « ouais ! » enthousiasme le coupa de ses réflexions. Les filles jouaient encore entre elles. Et Emi venait vers lui, portant un panier de serviettes bien rempli.

- « Ooooh… euh… Hyûga… »

- « Euh… Emi… » Il ne se souvenait pas de son nom de famille. Avec Neeve, c'était « Emi » par ci, « Emi » par là.

- « Je… peux te parler ? »

- « Euuuuh ouiiiii… » Il hésita, se demandant s'il pouvait paniquer et s'enfuit en courant tout en préservant sa dignité de mâle. Sûrement pas. Il lui emboîta le pas et revint au local où sa lessive était toujours en cours.

- « En fait, cela concerne… ce que tu as entendu hier… » Emi tournait au rouge à chaque seconde, et Kojirô trouva la situation lourde.

- « Emi, on va faire court. Tu ne m'intéresses pas. Tu es très jolie et je suis plutôt flatté mais je ne veux pas sortir avec toi et--. »

- « Flatte-toi plutôt tout seul, crétin. Ce n'est pas de toi dont je suis amoureuse ! Arrête de croire que la Terre tourne autour de toi ! » Elle était en colère et cela se voyait. « Mais quel âne ! Tu penses vraiment qu'une fille voudrait sortir avec toi ? Sors un peu de ton trou et tu verras que le monde a évolué depuis la Préhistoire, le macaque ! »

Elle sortit en trombes, laissant un Kojirô tout aussi furieux… avant qu'il n'éclatât de rire. Elle aussi avait son caractère. Une Neeve bis. Il plaignait le gars sur lequel elle avait jeté son dévolu.

Ainsi elle veut me faire croire que celui dont elle est amoureuse n'est pas moi. Reste donc… Ken et Kazuki. Ce sont les seuls qu'Ayame qualifierait de « frère » pour Neeve. »

Il resta tout songeur assis sur sa machine à laver. Il n'avait pas envie de retourner au terrain de foot alors qu'il n'avait pas le droit de jouer. Il n'avait pas envie de voir du monde. Il était très bien, là, à se faire vibrer le popotin. Pour un peu, il se serait endormi. Cette pensée le chagrina. C'était donc vrai qu'il était à bout. Il dormait de plus en plus, et avait de grandes difficultés à se lever le matin. Les médecins avaient peut-être raison. Il devait manquer de magnésium ou de calcium. En fait, il se ferait bien des grasses matinées. Il se demanda s'il pouvait faire sauter les entraînements matinaux pendant une semaine.

La machine à laver termina son cycle avec un dernier vrombissement et Kojirô déchargea le tambour, étendit le linge et sortit enfin. Dehors, le soleil brillait encore assez fort et il dut mettre sa main en visière pour marcher. Ainsi, il ne vit pas la scène avant d'arriver dessus. Emi et Izumi étaient face à face.

- « Ecoute… » faisait une Emi un peu énervée. « Je dois vraiment retourner à l'entraînement. Tes questions, fais-les moi passer et j'y répondrai. Mieux encore, Lola écrira l'article. »

- « Ooh non ! Elle fait partie de l'équipe et cela ne serait pas objective. Et puis, il faut que l'article soit écrit pour ce soir pour l'édition de demain. »

- « Fais-le donc pour l'édition de la semaine prochaine ! » Emi partit à grande enjambées.

- « Mais j'essaye seulement de vous aider en faisant de la pub ! » gémit Izumi d'un ton désespéré. Peine perdue, Emi rentra dans le gymnase sans ralentir. « Et mince ! Pourquoi est-ce que tout va mal aujourd'hui ! » râla la jeune fille en piétinant un brin d'herbe.

Kojirô hésita entre se faire voir ou disparaître discrètement. Mais il lui devait une explication, et le plus vite il s'en débarrasserait, mieux il se sentirait.

- « Hé, Yamashita ! » appela-t-il.

- « Hyûga-kun ! » s'exclama la fille en se retournant. Pendant une seconde elle eut un grand sourire chaleureux puis s'empourpra royalement. « Aaaaaaah, euuuuuh je doiiiiiiis…. »

- « Laisse tomber. Je voulais juste… te présenter mes excuses, je suppose. »

- « Ah ? »

- « Pour le week-end dernier. Je ne devais pas être dans mon état normal. Pourtant je n'avais pas beaucoup bu… mais bon, voilà… ne le prends pas personnellement--. »

- « Tu n'étais pas si bourré que ça ! » reprocha soudain Izumi.

- « Hein ? » Il ne s'attendait pas à celle-là.

- « Tu n'étais pas bourré. Je pensais… que tu savais ce que tu faisais… » murmura-t-elle en rougissant encore plus, ce qui relevait de l'exploit.

- « Aaaaaah… Ben… en fait…. J'ai comme un trou noir… donc… j'peux pas dire…. »

- « … c'est pas sympa de dire ça… surtout à une fille. »

- « … Désolé… Tu pleures ? »

- « Non. J'ai envie de te foutre une claque. »

- « Ah ? Ben non merci. »

- « Tu la mérites bien pourtant. »

- « Je suis désolé. » C'était tout ce qu'il pouvait dire.

- « Pourquoi ? »

- « Pourquoi je suis désolé ? »

- « Non, pourquoi est-ce que les gars ne veulent pas sortir avec moi ? Je suis moche ou je pue du bec ou quoi ? »

- « Je ne sais pas… Je ne suis pas expert en la matière. »

- « Heiin ? » Ce fut au tour d'Izumi d'être perdue.

- « On vient juste de me dire que je datais de Cro-Magnon et qu'aucune fille ne voudrait sortir avec moi. »

- « … on t'a dit des conneries. » Et là elle recommença à rougir.

- « Je suis donc matériel pour faire un petit copain ? »

- « Je pense que oui. » souffla-t-elle. « Faut voir à l'usage bien sûr. »

- « … merci… » lâcha-t-il après un moment de silence. « Idem pour toi. Je ne vois pas ce qu'un mec n'apprécierait pas chez toi… au premier abord. »

- « … »

- « … »

Le silence s'éternisa encore un peu.

- « Je dois y aller. » finit-il par dire.

- « …ah… A plus donc. »

- « Ouais. »

Ils s'éloignèrent mais il se trouva qu'ils marchèrent dans la même direction. Kojirô se racla la gorge avant de se lancer pour une ultime mise au point.

- « Donc pour samedi soir, c'est… bon ? »

Elle s'arrêta et eut une drôle de tête : à la fois moqueuse et triste.

- « Oui c'était bon, tu embrasses bien. » Et lui piqua un fard. « Et c'est pour ça que ce n'est pas bon. Je… j'ai cru… enfin, je pensais que tu… »

- « HEIN ? »

- « que tu voulais sortir avec moi. » acheva-t-elle. « Non ? »

Kojirô resta baba. D'où est-ce qu'elle sortait ça ? Ah, oui, si elle avait eu l'impression qu'il n'était pas bourré et qu'il faisait ça de son propre chef…

- « Ben, je ne sais pas… j'y ai pas pensé. » Il se gratta la nuque très embarrassé.

- « Mais… tu y penserais ? »

- « A quoi ? » Panique soudaine.

- « A sortir avec moi ? » Elle se rapprocha. « Après tout, on s'entend bien, je sais que tu fais du sport à haut niveau et je n'en suis pas jalouse… Tu me plais. Physiquement et en général. Pour moi… cela marcherait. » Elle n'était plus qu'à un pas de lui. « S'il se trouvait que je te plaisais… il n'y aurait rien de mal à tenter le coup. » Izumi avait levé son visage vers lui. Elle était un savant mélange de crainte, d'espoir, de gêne et de franchise toute à la fois.

- « On ne se connaît pas vraiment… » objecta très mollement Kojirô qui réagissait bizarrement à cette présence féminine devant lui.

- « Sortir ensemble nous donnerait l'occasion de le faire. »

- « En général, on fait l'inverse. »

- « En général, on n'embrasse pas les filles qui ne vous plaisent pas. »

- « Je n'ai jamais dit que tu ne me plaisais pas ! » Et merde. Le truc à ne pas dire. Elle le savait et elle l'avait eu. Elle se souleva sur la pointe de pieds et posa une main sur sa poitrine pour se stabiliser.

- « celui-là, tu n'as pas intérêt à l'oublier. »

Et elle l'embrassa et il la laissa faire.

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Allez, un petit commentaire entre deux révisions s'il vous plait… Je n'ai pas eu un commentaire sur fanfic-fr depuis 4 chapitres…. Si vous n'aimez plus, dites-le moi !!