Salut tout le monde !
Désolée pour le long retard, mais entre la recherche d'un boulot – 4 jours à Forbach, qui s'est montré payante (puisque j'ai un contrat), la recherche d'appartement – 3 jours sur Metz, , qui s'est montré payante (puisque j'ai un tout petit F1), l'organisation du déménagement…. Et le manque d'envie/inspiration…. Voilà voilà…
Alors les bonnes nouvelles : je commence le 11 août comme « Chef de projet » à Forbach/Metz. Si vous êtes du coin, n'hésitez pas à me faire un coucou, parce que je ne connais personne de Lorraine. Snif…. Autre aspect positif : je me sens plus en « appétit » pour vous pondre de nouveaux chapitres
Mauvaises nouvelles (ben oui, jamais l'un sans l'autre) : entre déménagement/prise de position/trajet boulot-maison et fournisseur d'accès internet qui pue… Comptez un silence radio d'un mois à partir de la semaine prochaine. Cependant, je compte bien pondre quelques chapitres durant cette absence !
Et c'est tout pour l'update… place au chapitre
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Chapitre 50 – Qui ne dit mot consent
Kojirô ne put s'empêcher de sourire. Kazuki venait de l'imiter de façon inconsciente, un peu comme Mamoru l'avait recopié en tout pendant un moment. En ce moment, le jeune homme se sentait pris d'un élan d'affection insoupçonné pour son coéquipier. Kazuki était comme un frère pour lui et sa famille. Après tout, Sorimachi avait offert un cadeau d'anniversaire à Natsuko, sa petite sœur. Un copain lambda n'aurait pas retenu la date, ou encore même qu'il avait une petite sœur.
- « Tu sais que tu es con, toi ?! »
Et oui, Kojirô avait sa façon bien à lui d'exprimer son amour. Kazuki se figea et cligna des yeux, parce que le ton cordial et les mots railleurs s'entrechoquaient de trop.
- « Hein ? »
- « Exactement. Allez, viens par ici. »
Et cette fois, ce fut Kazuki qui fut entrechoqué. Avec lui-même. Parce que Kojirô venait de l'embarquer dans une embrassade d'ours. Un câlin, version très virile et très forcée.
- « Lâche-moi ! Mais tu es malade. »
- « Mais jeeee t'aiiiimeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeu ! »
- « Ben pas moi ! »
- « M'en fous ! »
- « Ben pas moi ! »
- « Tu te répètes ! »
- « Lâche-moi ! »
- « Allez, fais pas ton timide ! »
- « Mais tu m'emmerdes à la fin ! Arrête de te croire tout permis ! »
Kojirô s'immobilisa, bloquant la tête de son ami sous son bras, l'empêchant de bouger.
- « Mais si, je me crois tout permis, mais c'est parce que tu es l'une des rares personnes avec qui je peux être qui je suis vraiment. Et j'aurais pensé que c'était réciproque, crétin ! »
Et d'un geste « affectueux », il gratta ses phalanges contre le crâne du buteur, dérangeant les mèches soigneusement peignées. Kazuki rua et se dégagea pour venir se cogner contre le rebord de la fenêtre dont un des battants était ouvert. Un grand boum plus tard, il était à terre en train de se tenir la tête en grimaçant de douleur.
- « MAIS TU ES TROP CON ! » gueula-t-il.
- « Attends un peu ! Tu saignes ! » s'inquiéta Kojirô.
- « Ah ouais ? Au cas où tu ne l'aurais pas encore remarqué, je me suis pris une fenêtre ! IDIOT ! »
- « Mais aussi, quelle idée de te précipiter dessus ! IMBÉCILE ! »
- « C'EST TOI QUI A COMMENCÉ ! DÉBILE ! »
- « TU NE POUVAIS PAS L'ÉVITER ? ABRUTI ! »
- « Euuuuuh…. Les mecs…. » commença Ken. « Vous beuglez en plein couloir et il saigne comme un porc. »
- « Merci pour le porc. » grommela Kazuki en se remettant debout difficilement.
- « Bon, j'ai compris. » fit Kojirô. « Tiens, prends nos sacs, j'amène le grand blessé à l'infirmerie. »
Le gardien attrapa les deux sacoches d'une main habile pendant que Kazuki tentait d'échapper aux mains de son capitaine.
- « Je n'ai pas besoin d'aide ! »
- « Et moi, je suis Barbie girl ! »
Kazuki stoppa net et dévisagea Kojirô avant de s'esclaffer bruyamment. Le rire se transforma en un sifflement de douleur.
- « Allez, sexy boy. J'ai besoin d'une aspirine…Mais tant que tu ne t'épiles pas et ne te teins pas en blond, je refuse de t'appeler Barbie. Parce que nous avons déjà un Ken et il faut faire la paire… »
- « KAZUKI ! » s'insurgea ledit Ken. « Mais c'est carrément dégueu comme image. BEUUUUURK ! »
Le reste de la classe éclata de rire et les exclamations accompagnèrent les deux footballeurs alors qu'ils descendaient les escaliers pour l'infirmerie. Kazuki s'appuyait moyennement sur son capitaine.
- « Tu es trop con ! » rugit-il soudainement en frappant le grand japonais. « Tu vas arrêter de te la jouer grand gentil qui ne comprend rien, oui ? »
- « Tu es en colère ou tu es en train de te marrer ? »
- « Je suis en colère, je suis en train de me moquer de toi et j'ai une grande envie de te coller mon poing dans la gueule. »
- « Et qu'est-ce qui t'en empêche ? »
- « Tu es plus grand, plus fort que moi et tu es mon capitaine. »
- « Et le fait que je sois ton ami, ça, tu ne le mentionnes pas. »
- « Je ne suis pas sûr que tu es mon ami. »
Le coup partit si vite que Kazuki valsa contre le mur avant même qu'il ne comprit qu'il s'était pris un poing dans la figure.
- « MAIS TU ES MALADE ? »
- « Quoi ? Tu as la tête un peu écorchée, ça a dû d'endommager le cerveau. MAIS COMMENT OSES-TU PENSER QUE JE NE SUIS PAS TON AMI ? »
- « UN AMI NE FOUT PAS SON--. »
- « UN AMI NE DOUTE PAS DE--. »
- « UN AMI NE SE COMPORTE PAS COMME TU LE FAIS ! »
- « ET COMMENT JE ME COMPORTE ? »
- « COMME LA PAUVRE PETITE VICTIME À PLAINDRE ? »
- « … … sans blague ? Tu me vois comme ça ? »
- « Depuis pas mal de temps, oui… Bouhou, ma maman va se remarier et va être heureuse. Bouhou, j'ai une sœur super chiante qui m'adore au-delà de tout et qui joue la chieuse juste pour que je m'occupe d'elle. Bouhou, je ne peux pas jouer au foot pendant trois semaines juste parce que cela pourrait compromettre ma carrière de footballeur pour laquelle je me suis toujours cassé le cul. »
- « … tu as oublié Izumi. »
- « Quoi Izumi ? Qu'est-ce qu'elle vient foutre ici, Izumi ? Pourquoi est-ce que j'aurais mon mot à dire avec qui tu sors ou pas ? Mais tu es cinglé, ma parole ? DE TOUS TES PROBLÈMES, C'EST ÇA LE TRUC LE PLUS IMPORTANT DANS TA VIE ? MAIS TU PENSES AVEC TA BITE ! »
- « HÉ HO ! C'EST TOI QUI PARLES, LÀ ? »
- « OUAIS ! JE NE SUIS JAMAIS SORTI AVEC UNE FILLE QUE JE NE CONNAISSAIS PAS ! »
- « ET TU VEUX QUE J'AVALE ÇA ? »
- « OUAIS ! JE NE COUCHE PAS AVEC TOUTES CES FILLES, JE FLIRTE AVEC ! FLIRTER PARLER ! »
- « …… tu sais que cette conversation ne mène nulle part ? »
- « … J'EN AI RIEN À BATTRE ! METS DE L'ORDRE DANS TES PRIORITÉS BON SANG ! MOI JE VAIS ME FAIRE SUTURER ! »
- « Mais merde, où est le problème ? » Kojirô ne comprenait plus rien. Kazuki qui avait déjà fait trois pas dans le couloir se retourna pour le fusiller du regard.
- « OK. Je vais t'expliquer. Avant, il n'y avait que le foot et ta famille. Ta vie était dure et difficile et malgré tout, tu te débrouillais pour tout mener de front et tu étais même heureux. Et depuis six mois, tu boudes, comme si on t'avait arraché ton joujou. Ta mère se remarie, tu vis dans une belle maison, avec un beau-père et une demi-sœur plus que potables, et là tu abandonnes tout. Ta famille compte pour du beurre, sous prétexte qu'il n'y a plus que foot. Et là, le foot ne marche pas vraiment comme tu veux, tu n'arrives pas à mettre ton tir au point et tu as une petite faiblesse physique. Alors pff, adieu le foot. Et pourquoi ? Pour sortir avec une fille avec qui tu n'as aucun avenir ! Personne ne t'en veut parce qu'enfin tu te comportes enfin en être humain de seize ans, mais parce que nous te voyons tous foncer droit dans le mur ! »
- « Mais qu'est-ce que vous reprochez tous à ma copine ? »
- « A ta copine ? Rien ! Je ne la connais pas ! Mais c'est à toi que je reproche quelque chose ! Tu vas lui briser le cœur, bon sang ! Tu sors avec elle pour les mauvaises raisons ! Tu ne l'aimes pas, tu sors avec elle parce qu'elle t'aime, toi, parce qu'elle était là, que c'était pratique, qu'elle était la parfaite diversion, l'excuse idéale pour pouvoir fuir. Comme tu ne peux plus cacher des problèmes derrière des difficultés familiales ou ton foot, tu t'inventes de nouveaux problèmes pour ne pas affronter la vérité : que tu n'arrives pas à t'adapter vraiment à une vie normale. Ce qui n'est pas une catastrophe, irrémédiable. Mais personne ne peut t'aider si tu fuis. KOJIRÔ TU ES UN LÂCHE ! »
- « ET LÀ, JE N'ESSAYE PAS DE RECOLLER LES MORCEAUX AVEC TOI ? »
- « PAR LÂCHETÉ ! PARCE QUE CELA T'EMMERDE QUE TOUT LE MONDE SACHE LA VÉRITÉ SUR TA NATURE ! »
- « JE SUIS LÂCHE OU HYPOCRITE ? »
- « JE NE SAIS--. »
Et Kazuki s'écroula cette fois pour de bon. Il avait blanchi et se tenait la tête en grimaçant.
- « … Pfff » Kojirô ne trouva rien d'autre à dire. Il passa le bras de son ami autour de son épaule et le soutint jusqu'à l'infirmerie. Là, il rencontra encore le vieux médecin qui examina la blessure, fit deux points de suture et donna un calmant antidouleur. Kazuki s'allongea sur son lit et ferma les yeux.
- « Tu vas dormir ? » Kojirô se dandina lourdement, ne sachant pas quoi faire à ce point de leur relation.
- « Non, j'ai trop mal au cœur pour ça. »
- « Pourquoi tu as mal au cœur ? C'est ta tête qui a tout pris ! »
- « Ben va l'expliquer à mon ventre. » Kojirô rit nerveusement puis s'affaissa dans sa chaise. « Va en cours et prends-moi des notes. »
- « Non. Je veux d'abord être sûr que je ne me fais pas utiliser. On ne sait jamais. »
- « Kojirô ! »
- « Mais que veux-tu que je fasse ! Tu m'as dit que tu n'étais pas mon ami. »
- « Non, je t'ai dit que moi, je n'étais pas ton ami, à toi. »
- « ……. Tu doutes vraiment de ça ? »
- « Oui. » Le ton de Kazuki ne laissait place à aucun doute.
- « Vraiment ? »
- « Oui. »
- « Mais comment ? »
- « Tu déconnes, et quand on te dis que tu déconnes, tu te fâches. Moi, les gens que j'apprécie, je les écoute ! Et pleins d'autres choses qui me disent que tu ne m'apprécies pas tant que ça…»
- « Je vous écoute, mais je prends encore mes propres décisions. Mais je dois avouer que tu es le premier à m'avoir dit ce que tu m'as dit. »
- « A quel propos ? Je t'en ai dit des trucs. »
- « Sur tout. Et c'est la preuve que tu es mon ami. Les amis disent toujours la vérité, même si ça fait mal, dans le but d'aider.»
- « Et tu étais tellement heureux de le savoir que tu m'as foutu ton poing dans la gueule ? »
- « J'étais furieux que tu doutes de mon amitié pour toi, parce que cela fait mal. Et si j'ai eu mal c'est parce que… »
- « Parce que tu pensais que je te voyais comme un ami. Ce qui est le cas mais--. »
- « Ce n'est pas de la culpabilité, c'était de douleur à 100. »
- « Donc tu me considères VRAIMENT comme un ami ? »
- « Mais bien sûr ! Abruti de Kazuki ! Si tu n'étais pas mon ami, tu te serais pris mon poing dès ce matin ! »
- « … … …. …. si tu es mon ami, tu pourrais m'apprendre deux-trois trucs sur la façon de tirer comme un boulet sans cerveau ? »
- « …. …. Et il t'a fallu tout ce temps pour me le demander ? »
- « Ben oui. »
- « Je ne te savais pas si timide. »
- « … »
- « Mais… mais…MAIS TU ES TIMIDE ! »
- « … »
- « Mais comment tu peux être timide et être un tel play-boy ? »
- « … »
- « Miki avait vu juste, tu ne sais pas dire non à une jolie fille. »
- « … »
- « Pas étonnant que tu n'arrives pas à dire à la fille de tes rêves que tu l'aimes. »
- « Roo, bon, ça va ! » Kazuki gigota dans son lit à la recherche d'une meilleure position et pour dissimuler sa gêne.
- « Qui est-ce ? »
- « Laisse tomber. »
- « Je te certifie que je ne veux pas me moquer, mais--. »
- « Mais tu veux t'en mêler et en ce moment, c'est bien la dernière chose que toi et moi voulons. Je ne t'offrirais pas la sortie de secours de ta relation avec… euh… euh… »
- « Izumi. »
- « Si tu le dis. Tu sors avec elle, alors tu la largues proprement ou tu donnes une chance à ta relation en te donnant à 100. Ceci dit, discuter des problèmes de cœurs des copains est un des sujets de prédilection des filles. »
- « Oooh, donc en gros tu te sacrifies ? »
- « Je suis un bon ami, n'est-ce pas ? J'accepte de sauver ton couple en devenant le sujet de dissection de la semaine…»
Et les deux garçons rirent de bon cœur. Dans trois semaines, ils auront complètement oubliés pourquoi ils s'étaient enguirlandés et même l'uppercut de Kojirô resterait une anecdote.
- « Kazuki, tu fais quoi ce week-end ? » demanda Kojirô sur le chemin vers le terrain de foot pour leur entraînement du soir.
- « A part le match de foot ? »
- « Ben oui. J'ai peut-être le cerveau en gelée, mais je me souviens encore quand j'ai un match de foot. »
- « Tu ne joues pas. »
- « Je reste le capitaine. Je serai là et je vais te foutre mon pied au cul si tu joues comme une prune. Donc, après le match ? »
Kazuki eut un soupir à fendre l'âme.
- « Je rentre chez moi aider au ménage. J'ai de la famille la semaine prochaine alors c'est galère… »
Kojirô aurait bien voulu aborder le problème de la belle-mère, mais comme il ne savait pas comment s'y prendre, il décida qu'il était plus sage de ne rien dire… pour le moment. La situation avait éveillé sa curiosité.
- « Tu veux un coup de main ? »
- « Ah ! » Kazuki éclata de rire. « Quand je vois l'état de ta chambre, je doute de ta capacité à m'aider à ranger la mienne. »
- « Comme support moral ? »
- « Ma mère risque de t'envoyer ramasser les feuilles mortes ou pire… Je te suggère d'arrêter de te chercher des excuses ou de fouiner dans ma vie amoureuse et de te concentrer sur la tienne. Emmène ta copine au ciné ce week-end ! »
- « Allez, viens faire un câlin ! »
Et encore une fois, Kazuki se retrouva dans les bras de Kojirô.
- « LAAAAAAAAAAAAAAAAACHE-MOI ! Neeve a une très mauvaise influence sur toi. »
- « Elle a une très mauvaise influence sur tout le monde. Ceci dit, si c'était Neeve qui te faisait un câlin, tu ne dirais rien. »
- « Pourquoi est-ce que tu dis ça ? »
- « Parce qu'elle est canon ! Personne ne résiste à ses câlins ! »
- « Et toi ? »
- « Il suffit que je l'imagine avec le visage plein d'algues pour que l'effet câlin soit rompu. »
- « Le visage plein d'algues ? »
- « Laisse tomber, tu comprendras le jour où tu auras une sœur. »
- « Ne parle pas de malheur ! »
- « Ben quoi ? Ma mère est enceinte, pourquoi pas la tienne ? »
- « BEUUUUUUUUUUUUURK ! »
L'entraînement se passa plutôt bien. Kojirô put enfiler ses baskets et gueuler sur tout le monde, ce qui le ravit et désespéra ses coéquipiers.
- « Vous n'allez pas me gagner ce match, mais le dominer de bout en bout, parce que vous allez être encore meilleurs que d'habitude! Vous allez m'écraser tous ceux qui restent debout entre nous et le championnat. Vous n'avez qu'à prendre ça comme un entraînement contre la Musashi ou la Furano ou pire, la Nankatsu. Alors accélérez-moi ce jogging ! Pluuuuuuuuuuus vite ! »
- « T'as qu'à courir, toi ! » râla Ken.
- « Non. Ordre du médecin. Mais l'ordre du capitaine, c'est encore trois tours. »
- « Et l'ordre du vice-capitaine, c'est que le capitaine aille chercher les boissons fraiches ! »
Kojirô eut un grand sourire et répondit :
- « Viens donc m'aider ! Le stock est vide ! »
- « Mais à quoi tu sers ? »
Ken quitta le groupe et les deux amis s'en allèrent vers l'arrière de la cantine, là où étaient entreposéses les caisses de boissons énergétiques et bouteilles d'eau pour les clubs sportifs. Chaque équipe ou vestiaire – puisqu'il arrivait que des équipes partageassent le même vestiaire - avait un frigo pour mettre le tout au frais, mais il fallait se taper soi-même le transfert. En arrivant, ils trouvèrent une Emi en train de se débattre avec les packs de boisson. Et là Kojirô eut une bonne idée :
- « Ken, aide donc Emi ! Sois galant et gentil, veux-tu, puisque moi je ne remplis pas ces critères…» susurra-t-il d'une voix moqueuse mais douce… Enfin, sauce Tigre…
- « Pffff, on ne te demande pas d'être gentil, juste d'être fort. Ou est-ce que tous ces muscles sont là pour faire joli ? » répliqua Emi.
- « Aaaah, Neeve m'a dit la même chose une fois ! »
- « Et alors ? »
- « Rien ! »
Et Kojirô s'éloigna avec une pile de packs en équilibre précaire à bouts de bras, laissant Ken seul face à Emi, et donc libre de la passer à la question sur Kazuki. Il savait que le goal ferait un bon boulot, ne serait-ce que pour ne pas à avoir à le refaire. Pour un manipulateur, Ken avait des états d'âme bien étranges. Kojirô fronça les sourcils. Ken ayant de lui-même avoué qu'il était un manipulateur, il était difficile de dire le contraire. Par ailleurs, cela montrait de nombreux faits et gestes, comportements ou expressions du karateka sous un jour nouveau. Mais jamais auparavant il n'avait dévoilé si ouvertement cette partie de lui-même. Et, à ne pas s'y tromper, l'influence d'Ayame y était bien pour quelque chose…
Comme quoi, les filles ne servaient à rien, si ce n'était repêcher le pire de vous et l'étaler à la vue de tous. La pensée d'Ayame rappela la conversation précédente. Pourquoi avait-il dit qu'il se mêlerait des problèmes de la jeune fille ? Probablement parce qu'il l'aimait bien et qu'il savait qu'elle pouvait être une gentille fille. Mais était-ce vraiment de l'amitié désintéressée ou juste un sentiment de contrition, suite à sa relation avec Hikari ? Ne pensait-il pas qu'en sauvant Ayame du futur où elle devenait la veuve noire bis, il pourrait enfin se pardonner d'avoir commis l'erreur de croire en l'étudiante ? Pire, obtenir la preuve qu'il avait eu raison d'y croire, parce que sauver Ayame voulait dire qu'il y avait – ou avait eu – de l'espoir pour -- ?
Non, il sortait avec Izumi désormais… Et Hikari couchait avec l'autre demeuré de Dejima Abe. Et Ayame n'avait rien avoir avec Hikari. Alors, Kojirô décida qu'il s'intéressait à Ayame par pure amitié. Il allait avoir une bonne discussion avec la brebis perdue et que tout allait s'arranger. Sûrement son côté « grand-frère » qui prenait le dessus. Entre Natsuko et Neeve, il avait du boulot, mais pour Ayame, il acceptait de faire des heures supplémentaires…
Ceci dit, comment s'y prendre ? Surtout si Neeve était à couteau tiré avec elle… En plus, Kazuki avait raison… S'il voulait que çela marchât avec Izumi, il allait devoir prendre soin d'elle. Et lui consacrer du temps… Sauf qu'il n'aimait pas l'idée d'aller au cinéma dès le premier rendez-vous.
Kojirô savait trop bien ce qui se passait dans les salles sombres du grand écran. Et même s'il n'avait rien contre ce genre d'activité avec sa nouvelle petite copine, il comprenait que c'était peut-être aller trop vite… Après tout, ils ne se connaissaient pas si bien que ça… Un endroit où discuter, voilà ce qui leur fallait ! Mais là, Kojirô bloquait. Hors de question de l'emmener au Café Ishii ou au fast-food du coin. Huuuum ! Tilt ! Il allait en parler avec Ayame ! Il allait l'appâter avec une demande de conseil en relations amoureuses et lui remettre les points sur les « i » par la même occasion. Franchement…. il était génial !
Tout content de lui-même, Kojirô revint au terrain de foot, et reprit son rôle de manageur-capitaine, distribuant serviettes et critiques à tours de bras. A vrai dire, il découvrait un nouveau visage de son équipe, et du foot en général. Les choses étaient différentes depuis le banc de touche et s'il était extrêmement frustrant de ne pas pouvoir jouer, quelque part, il ne se sentait pas complètement inutile. Il prit Toshio et Kazuki à part, dans le but de leur transmettre son savoir-faire de buteur. Le trio entama une grande discussion stratégique à laquelle Ken se joignit quand il revint, après une longue absence bien suspecte. Le gardien eut un hochement de tête en direction de son capitaine, qui ne comprit pas le message. Oui ? Mais à quoi ? Avait-il la réponse ? Kojirô haussa les épaules et retourna à la conversation. Il était en train d'expliquer comment juger le timing entre attaque et défense quand il surprit l'air attentif des deux avants qui l'écoutaient quasi-religieusement. A croire qu'il ne disait pas que des bêtises. Soudain, la voix de Neeve résonna à ses oreilles :
- « Pourquoi ne pas faire prof de maths et jouer au foot le dimanche ? »
Ah ! Serait-il en train de s'imaginer un futur en tant que pédagogue ? Mais après tout, Natsuko, Neeve et plein d'autres lui avaient déjà dit qu'il expliquait les choses clairement, bien qu'il n'eut que peu de patience. Et il n'avait jamais eu aucun problème à se faire écouter de ses frères ou de leurs copains. Kojirô Hyûga, prof de primaire/collège ? Ah ! C'tte bonne blague !
Il en riait encore tout seul quand il sortit des vestiaires. Bien qu'ayant aidé à ranger le matériel après la session, il était le premier à être prêt. Ceci dit, il avait fait vite, parce qu'il voulait être sûr que Mlle Amabilité ne lui fausserait pas compagnie encore une fois. Résolu à mettre en pratique les bons conseils des uns et des autres, et encore plus décidé à ne pas laisser traîner des histoires qui lui prenaient la tête, Kojirô s'était fixé l'objectif de mener toutes les filles de sa vie à la baguette. A commencer par sa demi-sœur.
Appuyé contre le mur de pierre, le footballeur passait en revue tout ce qu'on lui avait au sujet de Neeve. Sa discussion avec sa mère, les sous-entendus d'Ayame, les suggestions de Ken… et les déclarations étonnantes de Kazuki. Ainsi, Neeve était folle de lui ? Ouais, ça collait. L'attitude « pas touche à mon grand-frère. » Une jalousie de gamine, un complexe d'Œdipe détourné adapté à une jeune fille de seize ans en mal de repère. Et merde ! Kojirô en avait un peu sa claque de servir de
phare à tout le monde ! Il n'était pas le meilleur des modèles, alors pourquoi est-ce que tout le monde s'obstinait à vouloir faire comme lui, être comme lui ou lui plaire. Enfin, il ferait avec.
En attendant, Kojirô s'occupa à la phase Alpha de son plan « les filles au coucouche-panier ! ». Il dégaina son téléphone portable et appuya maladroitement sur les touches.
- « …. Hyûga-san ? »
- « En personne. Ça va bien ? »
- « …. Tu m'appelles ? »
- « Non, c'est une voix dans ton esprit. Tu ne savais pas que j'étais télépathe ? »
- « Ah-ah-ah… Tu as fait un faux numéro ? »
- « Non, je cherchais une fleuriste…. » L'allusion mit du temps à faire son chemin, mais il sentit Ayame glousser.
- « Quoi ? Tu as tué ta plante, c'est ça ? »
- « Mêêêême pas ! Elle pète la santé, ta plante ! »
- « Tu l'as rempoté, n'est-ce pas ? »
- « Euuuuuuuuuuuuh….. »
- « HYUGA ! »
- « Mais j'ai acheté le pot et le terreau ! » Enfin, Keiko les avait achetés, mais il avait pensé à le lui demander, ce qui revenait au même. Bon, d'accord, le pot et l'engrais prenaient la poussière dans un coin du garage, mais il avait fait le premier pas.
- « Ben alors ? »
- « J'ai besoin de conseils. »
- « Pour rempoter une fleur ? »
- « Nan, sur les filles… et comme tu sembles être une experte en la matière… »
- « La flatterie ne te mènera à rien. » Ayame ne réussit pas à prendre un ton de réprimande pour dissimuler sa jubilation. « Est-ce que la fleur a fleuri ? »
- « Non, mais--. »
- « Alors, c'est trop tôt. »
- « Non. »
- « Si tu le dis…Qui est-ce ? »
- « Qui est-ce qui ? »
- « La pauvre fille qui accepte de sortir avec toi… »
- « Izumi Yamashita. »
- « ………………………………………… »
- « Je sais ce que tu vas me dire, mais bon… je l'aime bien. »
- « Oh, ça je n'en doute pas. »
- « Comment ça ? »
- « Laisse tomber. Je suppose que Neeve l'a mal pris. »
- « Doux euphémisme. »
- « Je ne peux rien pour toi à ce sujet. »
- « Je sais. Mais j'ai déjà un plan. »
- « Je le sens mal. »
- « Mais euh ! »
- « Alors, que veux-tu savoir ? »
En quelques mots, Kojirô lui fit part de ses demandes. Ayame gloussa, eut un cri strident et se mit à déballer des adresses et des conseils en-veux-tu-en-voilà.
- « Attends, attends ! Tu vas trop vite ! » geignit Kojirô qui regrettait déjà de lui avoir téléphoné. « Tu ne peux pas venir à la maison pour--. »
- « NON ! »
- « Alors je viens chez toi. » proposa-t-il.
- « Ch-ch-chez moi ? »
- « Pourquoi pas ? »
- « J'habite un peu loin pour toi. »
- « Ben bouge tes fesses et on se rencontre à mi-chemin. En plus tu as une voiture avec chauffeur, alors zut ! »
- « J'ai cours de danse. »
- « Après. »
- « Demain ! »
- « Demain quoi ? »
- « Je te vois demain. Ce soir, ce n'est pas possible. »
Kojirô grommela mais accepta. Ce n'était pas comme s'il avait une urgence quelconque, non ? En plus, il devait encore inviter Izumi… Et puis, il avait encore quelque chose à faire avant de la rencontrer. Il avait dit qu'il avait un plan, non ?
- « Yo bro ! What's new ? »
- « Où est ma sœur ? »
- « Elle se cache. »
- « Où ? »
- « Sûrement dans le vestiaire des filles. »
- « Hé, Rai, où est ma cousine ? » demanda Ken, qui avait fait le pied de grue aux côtés de Kojirô tandis que celui-ci téléphonait.
- « Same thing. »
- « Et la tienne, de cousine ? »
- « Again and again… »
- « Bon, ça va chauffer ! » Kojirô en avait marre d'attendre.
- « Coooooool ! » Rai eut un sourire immense et suivit les deux footballeurs qui se dirigeaient vers le gymnase. En passant, ils croisèrent l'équipe de basket masculine qui confirma que les filles étaient toujours dans les vestiaires. Kojirô haussa les épaules et vint toquer à la porte.
- « Neeve, tu es prête ? »
- « Non, casse-toi. »
- « Tu as trois secondes pour sortir, ou je rentre ! »
- « Non, casse-toi ! »
- « Tu sais que cela ne m'arrêtera pas ! »
- « Euh, Chiyo…. Ramène-toi avant le début de la troisième guerre mondiale ! » appela Ken à voix haute.
- « Nanami, pareil ! »
- « NOOOON ! » hurlèrent deux voix.
- « Nanami, et si je te laissais me couper les cheveux ? »
- « Chiyo, et si je te sers de victime d'entrainement ? »
En moins de deux, la porte s'ouvrait en grand et les deux filles trainaient littéralement leurs cousins en leur promettant mille morts s'ils se défilaient. A leur tour, Emi, Lola et la troisième fille sortirent, laissant Neeve à l'intérieur et Kojirô, qui lassé d'attendre la fin des caprices, entra dans le sanctuaire.
- « Qu'est-ce que tu as ? »
- « Rien. » Neeve était habillée mais boudait fermement, assise sur son banc.
- « Alors, on y va. »
- « Non. »
- « Quoi ? Tu veux rester ici toute la nuit ? »
- « Non, mais je ne veux pas te voir. »
- « Dommage, parce que moi, si. »
Sans lui demander son avis, il la prit par les deux avant-bras et tira.
- « Lââââche-moi ! »
- « Non ! Pourquoi est-ce que tu pleures ENCORE ? »
- « …… … »
Kojirô la secoua comme un prunier et sans soucier de ses protestations, la poussa hors du vestiaire en portant les sacs. Il claqua la porte et l'obligea à marcher encore et encore, à travers la cour jusque dans la rue, faisant la sourde oreille à ses protestations. Parce que toutes les filles l'avaient laissée
sans trop de problème, il savait que la situation n'était pas très critique. Les bonnes amies ne partiraient pas en laissant l'une d'entre elle dans la panade. Il en avait conclu que Neeve piquait une de ses crises d'angoisse…
- « Alors ? Tu sais très bien que je vais te faire cracher le morceau, alors épargne-nous de longues minutes de perdues… »
- « Rien, ne te mêle pas de ça… »
- « Pourquoi ? »
- « Parce que je ne veux pas … »
- « Ça a quelque chose à voir avec moi ? »
- « Non, ni de près, ni de loin… »
- « …. C'est une histoire de garçon ? »
- « KOJIRÔ ! COMME SI J'ALLAIS T'EN PARLER !! »
- « Ouais, donc c'est une histoire de garçon… »
Le silence maussade de Neeve confirma ses doutes. Restait à savoir si c'était Neeve qui s'était pris un râteau, ou si elle en avait mis un. Mais dans ce cas, elle ne pleurerait pas. Donc la première solution était à privilégier. Sauf qu'il ne voyait pas QUI serait assez débile pour mettre un vent à Neeve. Sauf si…
- « Neeve, regarde-moi dans les yeux… » La jeune fille s'arrêta et tenta d'obéir, mais au dernier moment, elle flancha, signe flagrant qu'elle mentait. Et dire qu'il avait failli gober l'histoire. « Alors, c'est quoi ? » Elle marmonna quelque chose dans sa barbe en se trémoussant. « COMMENT ÇA, TU AS EU 21 POINTS EN MATHS ? MAIS COMMENT TU PEUX N'AVOIR QUE 21 POINTS ? »
Pas étonnant qu'elle eut cherché à l'éviter. Dire à son prof particulier qu'on s'était planté sur toute la ligne lors du dernier contrôle était presque aussi difficile que l'avouer à son père. Encore plus si ledit prof était son colérique et orgueilleux de frère.
- « Mais ce n'est pas ma faute ! » protesta Neeve d'une voix tantôt geignarde, tantôt rageuse.
- « Ah ouais ? »
- « C'est ta faute ! »
- « Ben tiens, c'est pratique ! »
- « Tu m'as embrouillé l'esprit juste avant l'exam. »
- « Comment ça ? »
- « Toi et Izumi. Du coup, je n'ai pas réussi à me concentrer sur mes révisions, j'ai mal dormi et ce matin… trou noir. »
- « Le trou noir, ce n'est pas ce matin, c'est tout le temps !! Mais arrête de me prendre pour un gland ! Même sans réviser, tu aurais dû avoir une meilleure note ! Montre-moi ton énoncé ! » La jeune fille obtempéra. « Mais mince, si ce truc, on ne l'a pas fait cent fois…. »
- « Oui, c'est là où j'ai eu bon. »
- « Ne fais pas ta maline avec moi ! »
Kojirô la prit par le coude et la mena sans trainer dans les rues, les couloirs de la maison avant de la pousser dans son fauteuil de bureau. Keiko les avait regardés passer avec des gros yeux, mais n'avait rien fait. Clairement, son fils était en colère, mais c'était une colère « passive. » Et puis, les laisser régler leurs problèmes tous seuls semblait être une bonne solution.
Neeve dut refaire les exercices comme si elle passait l'examen, sous l'œil attentif de Kojirô. Et cette fois, elle réussit à obtenir le score de soixante-trois points. Toujours pas ce que Kojirô espérait, mais mieux. Il lui réexpliqua les points sur lesquels elle avait buté et lui donna une nouvelle série de problèmes. Et comme il ne voulait pas perdre son temps, il commença ses propres devoirs de maths. Bien sûr, il avait fini avant elle, donc il s'attaqua à son économie. Il fermait son livre quand il s'aperçut que Neeve rêvassait. Le stylo coincé sous le nez par une lèvre supérieure qui faisait la moue, le menton dans la main, elle regardait par la fenêtre/
- « Hé ho, ça va ? Et les maths ?»
- « Rooo, ça va, je pensais, d'accord. »
- « Quoi, tu PEUX penser ? Depuis quand ? »
- « Crétin ! »
- « Pleurnicharde ! »
- « Macho ! »
- « Pimbêche ! »
- « Abruti ! »
- « Ah ! A ce propos, il faut que tu me rendes une faveur. » L'idée avait surgit à la mention « d'abruti » qui rappelait de trop « Abruti de Kazuki. » Mais Neeve n'avait pas suivit le processus hautement complexe de traitement de données chez son frère et avait été coupé en plein élan :
- « Re-- Heiiiiin ? » Clairement, elle ne s'attendait pas à cette sortie.
- « Il faudrait que tu te penches sur le mystère Kazuki. »
- « Qu'est-ce qu'il a Sorimachi ? »
- « Il est amoureux. »
- « Comme si c'était nouveau… » Neeve leva les yeux au ciel en soupirant lourdement.
- « … Tu le savais ? »
- « C'est un peu-beaucoup évident… pour quiconque à un minimum de sensibilité, bien sûr. »
- « Et tu sais qui sait ? »
- « Non. »
- « Mais comment tu sais ça ? »
- « Secret féminin. Et puis, contrairement à Ayame, je ne m'intéresse pas aux menus détails de la vie de tout le monde. »
- « Neeve ! »
- « Quoi ? En quoi est-ce que cela te regarde, de qui Kazuki est amoureux ou pas ? »
- « Parce que sans notre aide, il n'y arrivera jamais ! »
- « Et avec ton aide, tu crois qu'il s'en sortira mieux ? »
- « Et pourquoi est-ce que tu crois que je te demande de t'en mêler, hein ? »
Neeve se rengorgea immédiatement avant de tirer une mine triste comme un jour sans pain.
- « En fait, je ne suis sûrement pas la meilleure conseillère en ce qui concerne les relations amoureuses… Quand on voit ma relation avec Shun… »
- « Justement, tu sais quoi faire pour éviter les erreurs ! »
- « Kojirô-san, sois un peu sérieux ! Je pense que Kazuki est assez grand pour se débrouiller seul, et puis, de toute façon, il ne voudra jamais qu'on se mêle de sa vie amoureuse. Tu apprécies que je me mêle de ta vie amoureuse ? »
- « Jusqu'à présent, tu ne t'ai pas mêlé, tu y as mis un frein. Mais c'est ton devoir d'amie. »
- « OK… Je me mêle des amours de Kazuki, si je peux mêler des tiennes. Toi aussi, tu es mon ami, donc c'est mon devoir d'amie, non ? »
- « Comment ça, tu es mon amie ? »
- « Non ? » Neeve s'était immobilisée et le regardait comme frappée de stupeur. « Je ne suis pas ton amie ? » demanda-t-elle en bredouillant. Déjà, Kojirô pouvait voir des larmes se former dans le coin de ses yeux. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à lui demander si oui ou non ils étaient copains ? Mince, il pensait pourtant être clair : s'il ne vous aimait pas, vous dégagiez.
- « Tu sais que tu es trop conne, toi ? »
Et oui, Kojirô avait sa façon bien à lui d'exprimer son amour. Neeve se figea et cligna des yeux, parce que le ton cordial et les mots railleurs s'entrechoquaient de trop.
- « Hein ? »
- « Exactement. Allez, viens par ici. »
Et cette fois, ce fut Neeve qui fut entrechoqué. Avec elle-même. Parce que Kojirô venait de l'embarquer dans une embrassade d'ours. Un câlin, version très virile et très forcée. Ben oui, le buteur ne connaissait pas mille façons pour se réconcilier avec des amis. Et cette méthode avait fait ses preuves, donc bon… Restait à savoir si Neeve allait réagir comme Kazuki.
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Et voilà !! Chapitre 50! Quel beau chiffre! Allez, pour célébrer, j'aimerai que toutes celles qui suivent l'histoire me mette un commentaire, même un « salut » suffirait… Pour que je connaisse votre « pseudo ». A bientôt pour le chap 51 (enfin, si tout va bien )
