Tada !! NyaPowa, le retour…

Je pense que j'ai la solution. Le problème de temps qui m'empêchait d'écrire, parce que les choses allaient devenir stéréotypées ? Je pense que j'ai trouvé la solution. Bon, je vais devoir changer un peu l'histoire, et je garde un gros truc glucose et stéréotypé. Booon, vous ne m'en voudrez pas, hein ?

Donc, inspiration aidant, j'ai écris ce petit chapitre et j'ai déjà attaqué le suivant. J'espère reprendre un rythme de parution plus régulier, mais pour le moment, je vais tenter de faire un chapitre toutes les deux semaines. Histoire de me donner un peu de marge. Et si les chapitres s'entassent, je ferais des sorties bonus.

Pour l'histoire, j'ai perdu mon boulot à Metz – ce qui une bonne chose, puisque la gérante était une personne plus que louche et détestable. Mais maintenant, je suis coincée sur la ville, avec un appart et des meubles… Je veux un boulot !! N'importe où, sur Lyon, Aix/Marseill/Avignon, Metz ou Paris. Si vous avez des pistes, lancer-les !!

-o-o-o-o-o-o-o-

Chapitre 52 - Mieux vaut d'anciennes dettes que de vieilles rancunes.

Kojirô s'arrêta pour dévisager Shun. Mais à qui voulait-il parler ? Neeve ou lui ? Parce que là, c'était carrément confus… Shun dut sentir son hésitation parce qu'il ajouta :

- « Neeve…. On peut se voir ? »

Mais la jeune fille n'avait pas été dupe un seul instant. La voilà qui regardait alternativement son frère et son ex, avec des yeux de plus en plus suspicieux, jusqu'à ce qu'ils soient réduits à deux fentes.

- « C'est quoi, la magouille ? » demanda-t-elle finalement, alors que les deux garçons se sentaient de plus en plus nerveux.

- « Arrête de fumer, Hase… Ton abruti de Colgate veut te parler… »

- « Hyûga… Tu mens très mal… »

- « Parce que je n'ai pas l'habitude, mais là, ce n'est même pas un mensonge. Dès qu'il est mêlé à quoi que ce soit, c'est le bordel. »

- « Et les nouvelles traces de coups sur son visage ? »

- « Il est trop con, il a dû tomber tout seul… pas besoin de moi, non ? »

- « Et tu veux que je te croie ! » Neeve se hissa sur la pointe des pieds et plaqua ses deux mains sur les joues de Kojirô, dans le but de l'immobiliser, mais elle laissa le mouvement se terminer un peu brusquement, de sorte qu'elle ne le gifla pas, mais tout juste.

- « Ne-me-mens-pas ! »

- « Parce que tu te gênes, toi ? »

- « Je suis une fille et ta sœur, j'ai tous les droits ! »

- « Et moi je--. »

- « Tu es censé être le grand frère responsable et parfait, alors tu-vas-accoucher-de-la-vérité ! »

- « …. Je ne vous dérange pas ? » intervint Shun qui commençait à en avoir mal d'être ignoré.

- « Ta gueule, toi ! » rugit Neeve, qui, au grand bonheur de Kojirô et grand malheur de Shun, se délaissa de sa première proie pour s'attaquer à la seconde. « Qu'est-ce que tu veux, de toute façon ? »

- « Booooon, moi je vais rentrer…. » Et Kojirô s'esquiva, tout content de s'être trouvé une porte de secours, mais déçu de ne pas savoir ce qui allait se dire…

Il en profita pour se vautrer dans la salle de bains, au point qu'il en oublia la crise. Il sortit entouré d'un nuage de buée en sifflotant, tout content de lui-même, sans trop savoir pourquoi il était dans cet état d'esprit. Mais Kojirô étant Kojirô, il n'allait pas perdre son temps à analyser ses états d'esprits, aussi plaisants soient-ils… Il avait juste fini de s'habiller que Keiko appelait sa famille pour manger. Il descendit les escaliers en essayant d'enjamber Takeru qui n'allait pas assez vite pour l'estomac à pattes qu'il était. Le petit garçon prit très mal le fait qu'on se moquât même indirectement de sa petite taille et contrattaqua en marchant à deux à l'heure… Kojirô renâcla et finit par empoigner son benjamin comme un sac de patates qu'il déposa – doucement – à sa place, sans pour autant avoir pu étouffer les vagissements de protestations émit par ledit sac. Neeve, qui arrivait à ce moment avec un plat fumant, le regarda de travers et eut sa petite moue.

- « Quoi ? » grommela Kojirô, en flagrant délit de….. de quoi d'abord ?

- « Rien, absolument rien.. »

Le vent d'hiver était plus chaleureux que sa voix. Takeru soupira et envoya un coup de pied dans le genou de son aîné :

- « Qu'est-ce que tu as encore fait ? »

Heureusement, son coup n'avait pas porté fort, et Kojirô souffrit plus du choc que de la douleur.

- « Comment ça ? Qu-qu-qu'est-ce-je-je… » bredouilla-t-il, ne sachant s'il était surpris de s'être fait frapper par son petit frère ou offusqué de l'accusation. « D'abord, pourquoi est-ce que tout le monde pense que c'est ma faute ! »

- « Parce que tu es un garçon, Kojirô-kun. » fit Shouta en s'asseyant à l'autre bout de la table. « Autant t'y faire, pour les femmes, tu auras toujours tort ! »

- « Et le truc « de présomption d'innocence », hein ? » questionna Kojirô, en foudroyant Neeve qui faisait comme s'il n'existait pas.

- « Ne cherche pas, les femmes et la logique, ça fait deux ! »

Si la remarque enchanta le footballeur, elle scandalisa les trois représentantes du sexe féminin présentes autour de la table. Shouta dédia un clin d'œil complice à son beau-fils. Ce dernier marqua un temps d'arrêt, le temps de digérer le fait qu'il aimait vraiment Shouta. Pas vraiment comme un père, mais en général… Au bout du compte, Shouta vint embrasser sa femme et ses deux filles en geste de réconciliation, mais Kojirô nota qu'il s'était arrangé pour ne pas présenter d'excuses et prit bonne note de la leçon reçue… Cependant Neeve boudait toujours.

- « Booon, » commença Shouta en prenant son ton de médiateur des affaires internationales, « quel est le problème, cette fois ? »

Comme Neeve ne montrait aucun signe qu'elle avait ne serait-ce qu'entendu la question, ce fut Kojirô qui prit la main :

- « Honnêtement ? J'en sais rien. Elle me fait la tête, c'est tout. »

- « Ah, ce n'est que ça ? Ne t'inquiète pas, ça lui prend souvent. J'ai l'habitude. Ça partira comme c'est venu… Attends juste que ça lui passe… »

Devant une telle traitrise paternelle, Neeve resta bouche-bée.

- « Neeve, ferme la bouche ! » gronda Takeru d'une voix très sérieuse.

- « Oui, excuse-moi… » répondit-elle automatiquement en s'exécutant, provoquant l'incrédulité chez Kojirô.

- « Mais pourquoi quand c'est moi qui te dit ça, tu m'envoies paître ? »

- « Parce que c'est marrant de t'envoyer paître ? » proposa Neeve d'une voix très innocente. « Et je te fais toujours la tête. »

- « Très bien, ça me fait des vacances… » Kojirô se leva et alla passer sa main d'une manière… affectueuse… dans les cheveux de sa sœur, dérangeant les mèches châtain. Bien sûr, Neeve s'égosilla et Kojirô se contenta de lui souffler dans les yeux. Il profita qu'elle reprenait sa respiration entre deux vociférations pour l'achever :

- « Tu viens demain ? »

- « … quoi, il y a quoi demain ? »

- « Le match ? »

- « Tu ne joues pas. »

- « Mais Kazuki oui. »

- « Et que veux-tu que cela me fasse ? »

- « En qualité de meilleure amie, tu dois être présente ! »

- « J'ai autre chose de prévu. »

Kojirô fut contrarié. Non seulement cela mettait à l'eau pas mal de ses plans, mais en plus, cette attitude le décevait. Neeve aurait dû sentir que ses amis, Ken et Kazuki, avaient besoin d'elle.

- « Si tu le dis…. » lâcha-t-il d'un ton indifférent en haussant les épaules.

- « … tu m'énerves, Hyûga. »

- « Toi aussi, Hase ! »

- « C'est bien… » intervint Takeru qui avait assisté à la conversation, « vous êtes au moins d'accord sur quelque chose. »

Au fur et à mesure que la matinée s'écoulait et que les aiguilles se rapprochaient de l'heure du match, Kazuki devenait de plus en plus blême et Ken de plus en plus nerveux. En tant que vice-capitaine, il allait mener l'équipe. Il avait déjà eu l'occasion d'endosser ce rôle, l'été dernier, quand Kojirô s'était fait la belle pour Okinawa, mais les circonstances étaient différentes à ce moment. Principalement parce qu'il se retrouvait maintenant à la tête d'une équipe qui ne valait pas un clou. L'attaque de Kazuki et Toshio, sans offense pour les deux buteurs, était à des années lumières d'être au point, et il y avait un certain flottement au niveau du milieu de terrain… Heureusement que la défense tenait le coup. Mais Ken n'avait pas envie d'être le capitaine le jour où Tôhô perdrait un match.

Kojirô avait beau pester qu'ils n'allaient pas perdre – au pire, faire match nul – il ne réussit pas à dérider ses coéquipiers. Une fois n'étant pas coutume, il mangea le repas du midi avec eux, à la cantine. Autour d'eux, les murmures allaient bon train… Il fallait dire qu'Izumi n'y était pas étrangère. Elle avait mangé à deux tables d'eux, avec l'équipe de volley féminine qu'elle accompagnait pour leur match à l'extérieur. Après le repas, elle s'était timidement approchée des footballeurs, qui l'avaient vue venir.

- « Euuuh, je voulais juste…. Enfin, bonne chance pour le match… »

L'équipe échangea un regard étonné avant de répondre « merci ! » dans un ensemble des plus embrouillé, ce qui fit sourire la jeune fille. Elle hésita, mais après avoir seulement échangé avec Kojirô

un regard et un signe de la main, elle tourna les talons. Le capitaine, se sentant le point de mire de toute l'équipe, soupira et se leva. En moins de cinq pas, il rattrapa sa petite amie.

- « Je te parie cinq euros qu'il ne le fera pas. » proposa Ken à Kiyoshi Furuta.

- « Tenu. » accepta l'Ours avec un petit sourire en coin.

- « Moi, je dis qu'il va se prendre un vent. » sortit Yutaka Matsuki.

- « Tu crois ? Je te parie un tour de lessive ? » défia Tsuneo. Les premières années, en leur qualité de junior, avaient plus que leur lot de corvées domestiques, aussi les échanges de tour étaient monnaie courante…

L'équipe fixa le couple, imitée en cela par la majeure partie de la cantine. Cela n'était pas vraiment discret, et tout le monde put voir la gêne du couple. Pour autant, Kojirô fit semblant de ne pas voir les signaux d'Izumi, qui aurait préféré avoir une discussion plus privée.

- « On se voit toujours après ? » demanda-t-il.

- « Oh… oui… enfin, si tu veux… »

- « Je me tâte, tu sais… »

- « Co-co-comment ça ? »

- « Si je sors avec toi, c'est parce que tu me plais, et ce qui me plait en toi c'est ta capacité à me parler normalement sans rougir ou bégayer. Ou plutôt, c'était. Parce que là, tu n'arrêtes pas. Soit tu as peur de moi, soit tu as honte de moi, soit tu doutes de moi. »

- « C'est beaucoup de « soit », ça. Et ce n'est ni l'un ni l'autre. C'est juste que je ne suis pas… enfin, je n'ai jamais eu de vraie relation avant, donc encore moins avec la star du lycée…. »

- « Moi non plus, et j'emmerde les autres. »

- « D'accord, d'accord. » Izumi leva les mains pour arrêter Kojirô qui commençait à s'exciter. « Je vais… ça te plaisait vraiment comme j'étais avant ? »

- « A part le coup des taloche, oui. »

- « Bon, j'ai un autre coup pour toi. »

Un peu maladroitement, elle déposa un léger baiser sur les lèvres du footballeur qui mit deux secondes à réaliser qu'ils s'embrassaient en plein endroit public : la cantine. En fait, le temps qu'il réagît, Izumi était déjà partie, se dépêchant pour rejoindre le bus. Bien sûr, les crétins qui lui servaient de coéquipiers se lancèrent dans un concert de sifflements, cris et applaudissements en tout genre.

Ken râla. Il venait de perdre cinq euros bêtement. Il était content que Kojirô s'affichât avec sa copine, mais il aurait pu attendre après le match. Cinq euros, c'était un repas au fast-food du coin… L'Ours empocha son argent avec un sourire satisfait et alla même jusqu'à sortir à son capitaine :

- « C'est bien, tu es un grand garçon maintenant. »

- « TA GUEULE ! VOS GUEULES À TOUS ! ALLEZ, SUR LE TERRAIN ET PLUS VITE QUE ÇA ! »

- « Tu nous l'as énervé. » protesta Kazuki.

- « Et alors ? Ce n'est pas comme s'il allait jouer avec nous, si ? »

En effet, Kojirô dut suivre le match depuis le banc de touche. En tout cas, il était censé être sur le banc. En fait, il creusa un sillon à force de marcher le long du terrain. Il hurla, cracha et grogna comme un fauve, mais exulta comme un coq quand Tôhô l'emporta. De justesse, 1-0, un petit but marqué par Kazuki, à la limite du hors-jeu d'ailleurs. Mais ça, Kojirô ne le lui dirait pas.

- « Youhouuuuuuu ! » Une boule noire déboula au milieu des joueurs qui s'acheminaient vers leurs vestiaires. Ken était clairement la cible de la fusée et tous s'écartèrent d'un bond et regardèrent l'impact entre le gardien et Ayame. « Ça va ? »

- « Ça irait mieux si tu ne m'écrasais pas le ventre ! » gémit Ken. « Tu es venue voir le match ? »

- « Hé oui, je suis trop bonne. Mais j'ai appris que toi et l'autre banane, » et là, Ayame désigna Kazuki d'une main négligente « auviez besoin de soutien moral, alors je suis venue. »

Kazuki, qui s'était étranglé à la mention de banane, dévisagea les trois garçons qui avaient ricané à ce moment. Il semblait évident qu'ils accompagnaient Ayame mais qu'ils ne montraient pas les mêmes intérêt et gentillesse.

- « C'est qui, eux ? »

- « Tu es très malpoli, Kazuki. » L'intéressé haussa les épaules. « Voici Nagata, le capitaine de l'équipe de foot de St Elizabeth. »

- « Jamais entendu parler d'eux. »

Kojirô se demanda pourquoi son ami était si grossier. Ce n'était pourtant pas son genre. Il échangea un regard alarmé avec Ken, qui tenta de rattraper la situation. Et là, le Tigre se douta qu'il se passait quelque chose. Quelque chose dont il n'était pas au courant, parce qu'aux dernières nouvelles, Ken et Ayame se faisaient la gueule. Et vue la façon dont elle s'accrochait au bras du goal, c'était comme s'ils ne s'étaient jamais disputés. Et cette attitude amicale déplaisait clairement à Nagata. Les deux autres regardaient autour d'eux, l'air curieux.

- « Ayame m'a parlé de vous. » commença Ken. « Elle est très fière de son équipe. »

- « Elle peut. » répondit Nagata. « On est plutôt bon dans notre genre. »

- « Ils évoluent sur le tournoi de club d'entreprises. » informa Kojirô. Des murmures appréciatifs saluèrent la nouvelle. « Je suis Hyûga, le capitaine. Ça vous dirait de faire un match, un soir ? »

- « Tu ne jouais pas aujourd'hui. »

- « Non. »

- « C'est marrant, un capitaine qui ne joue pas. »

O.K. Ce type était vraiment désagréable. Il n'avait pas que l'air con, il était con. Les deux autres, ceux qui n'avaient pas été – et ne seraient – jamais présentés, ricanèrent à nouveau.

- « Comme tu veux. »

Kojirô le bouscula de l'épaule en passant. Il n'avait pas envie de provoquer un scandale alors qu'Ayame venait de se réconcilier avec Ken, et puis, Izumi allait l'attendre. Il entendit le reste de l'équipe lui emboiter le pas et Ayame venir dire deux mots à ses amis. Il avait presque atteint les vestiaires quand elle le rattrapa.

- « Attends Hyûga ! Ne te fâche pas ! »

- « Je ne suis pas fâché. Les comportements de gamins, c'est au-dessus de moi. »

- « S'il te plaît ! C'est important pour moi… »

Le Tigre s'arrêta et jeta un rapide coup d'œil à Nagata qui se ramenait mollement. Il soupira puis reprit à voix basse :

- « Tu sors avec lui ? »

- « Si je te disais oui ? »

- « Je dirais que les footeux sont à la mode… »

- « Qu-qu-que--. »

- « Je ne savais pas que tu étais si à fond dans le foot. J'avais cru comprendre que--. »

- « Neeve et moi connaissons Nagata depuis longtemps. Mais j'avoue, le fait de vous connaître à aidé… »

- « Il n'en reste pas moins prétentieux et con comme ses pieds. »

- « Il veut faire le coq par rapport à Ken, c'est tout… »

- « Et pourquoi il me cherche MOI, alors ? »

- « … je ne sais pas, moi…. » grommela Ayame un peu furieuse que cette rencontre ne se passât pas si bien.

- « Hé, Hyûga ! » appela justement Nagata. « Je disais ça comme ça. Mais avoue que c'est rare un capitaine qui ne joue pas. Surtout que tu n'as pas l'air blessé. »

- « Comme tu veux. Aie ! Tu as les coudes pointus, Sakamoto, évite de les mettre dans mon ventre ! »

- « C'était fait exprès ! »

- « Sans blague ? » Kojirô la foudroya du regard.

- « La prochaine fois, évite d'en rajouter. Bon, vous allez le faire, ce match ? »

- « Pourquoi pas ? » Nagata se tourna vers ses deux copains. « En général, on fait les matchs hors tournoi le mardi après-midi. Je devrais demander au coach. »

- « Et nous au nôtre, mais cela devrait passer. »

- « Je vais prendre une douche, moi. » fit soudain Kazuki. « Ken, on doit y aller, grouille-toi ! »

- « Ah, euh, oui ! » bredouilla un gardien qui semblait un peu désemparé par la tournure de la situation. Ayame et lui échangèrent un autre regard mais l'histoire se compliqua à ce moment : Kazuki, qui avait ouvert la porte du vestiaire en grand pour s'y engouffrer, n'avait pas fait deux pas qu'il glissait en poussant un cri de surprise et s'étalait à terre.

- « Ben alors ? » demanda Ken en l'aidant à se relever.

- « C'est mouillé par terre…. » grommela Kazuki en se massant le genou.

- « Ah bon ? »

- « … tu n'as qu'à vérifier. »

- « Je te crois, mais pourquoi c'est mouillé ? On a une fuite d'eau ? »

- « Non, vous n'avez pas de fuite. Mais vous avez des problèmes, parce que vous venez de salir mon sol tout propre ! » rugit Neeve qui débouchait depuis le couloir des douches, seau à la main.

En effet, Kazuki et Ken avaient ramené de la terre, et le sol propre et mouillé était maintenant une belle mare de gadoue.

- « Mais qu'est-ce que tu fous ici !? » commanda Kojirô de sa voix la plus autoritaire. Manquait plus qu'elle !

- « Je tiens ma parole. »

- « HEIN ? »

- « J'avais dis que je nettoierais les vestiaires si tu te trouvais une copine, et tu sembles avoir rempli ta part du contrat, alors, j'ai frotté. C'était vraiment très crade ici. »

L'équipe la contempla dans un silence des plus ahuris. Puis Toshio jura d'un « Et merde ! » au même moment où Azuno Matsuba s'écriait « J'ai gagné ! Un mois de corvée en moins » et bourra Toshio de coups de poings.

- « Toshio, Azuno… vous êtes des crétins. » commenta Neeve. « Et puis, je vous préviens. Vous me salissez ce vestiaire, je vous fais le lécher du sol au plafond ! Parfaitement, lécher ! Et vous savez maintenant que je tiens toujours mes promesses ! »

La jeune fille aurait bien aimé continuer à les menacer, mais Kojirô l'interrompit en la prenant dans ses bras. Juste un instant, tout le monde crut qu'il lui faisait un câlin, mais en fait, il ne faisait que la mettre à la porte.

- « C'est bien Hase. Maintenant, on va se changer ! »

Mais Neeve avait senti qu'il n'avait fait que déguiser son geste. Parce qu'il avait compris le sous-entendu « j'accepte que tu sortes avec Izumi » dissimulé dans son attitude. Et cela lui faisait bien plaisir, encore plus que le fait que le vestiaire fût propre, bien que cela fût extrêmement agréable aussi.

Les choses auraient pu en rester là, mais voilà, ce n'était jamais le cas.

- « Mince, la grande Hase a quitté St Elizabeth pour… venir nettoyer les vestiaires. C'est sûr, c'est de l'amélioration. »

- « Nagata ? Répète-moi ça un peu pour voir ? »

- « Quoique, lécher les bottes de Fujita c'était aussi un rôle de bonniche, non ? »

- « Cela prouve que j'ai un peu d'humilité et que je connais ma place. » répondit Neeve très glaciale. Cette fois, ce fut Kazuki qui ricana, très peu discrètement. Et là, Kojirô sut qu'il était dépassé par les événements et qu'il n'aurait jamais dû se mêler de cette histoire.

- « Ce n'est pas ma faute si je suis bon. »

- « Bon ? Tu voulais dire con, non ? Tu sais, A-B-C ?»

- « Hase, qu'est-ce que tu connais du foot, à part les vestiaires, bien sûr. » Le sous-entendu était clair. La Tôhô entière se hérissa en entendant qu'on faisait une allusion salace à leur furie personnelle. Mais Neeve méritait son surnom de furie.

- « Au moins, je fréquente les meilleurs. Rien que tu ne puisses faire, tu n'es pas à… la hauteur. »

Nagata et Neeve étaient prêts à se jeter l'un sur l'autre, et Kojirô soupira lourdement. Pourquoi fallait-il que la langue bien pendue de Neeve la poussât dans de telles situations ? Ne pouvait-elle pas se taire, par moment ?

A ce moment, le bus de la Tôhô rentra en klaxonnant vigoureusement. Apparemment, l'équipe de volley des filles avait remporté leur match. Cette arrivée brisa la tension alors que tous tournaient la tête pour assister à la scène.

- « A--a-aa-ayame ? Qu'est-ce que tu fais ici ? » murmura soudain Neeve en s'apercevant avec quelques retards de la présence de son amie.

- « Oh, disons que je suis venue--. »

- « AYAME !! » La jeune fille ne put finir sa phrase parce que Neeve s'était jetée dans ses bras, en pleurant et en riant en même temps. Ayame, qui avait un peu plus de retenue, se figea un instant, avant de rendre son étreinte à son amie. En moins de temps qu'il ne le fallait pour le dire, elles se parlaient à toute vitesse.

- « Pitoyable… » Kojirô commenta la scène en secouant la tête, avant de fermer la porte du vestiaire.

- « Rooo, les robinets brillent ! » s'exclama la voix de Sanada depuis la salle de douches.

- « Ouais, mais faites attention, ça gli--. »

BOUM !

- « AIE ! JE VAIS LA TUER ! »

- « Arrête de râler Renji ! Regarde, les robinets brillent ! »

Mais Kojirô ne riait pas avec les autres. Il était trop occupé à fusiller Ken et Kazuki qui venaient d'échanger une prise de main et se congratulaient de leur succès.

- « VOTRE succès ? C'est moi qui les ai réconciliées ! »

- « Kojirô, il faut te réveiller. » commença doucement Ken. « Tu n'y es pour rien, c'est Kazuki et moi qui--. »

- « Et qui c'est qui l'a fait venir ici aujourd'hui ? »

- « Nous. On t'a manipulé pour que tu t'en mêles. » Kazuki expliquait la chose le plus gentiment possible. « Tu étais un trompe-l'œil. Si toi tu venais lui parler, cela voulait dire qu'elle faisait quelque chose de vraiment mal. Ayame n'a pas été convaincue par tes mots, mais ta présence. »

- « …. Je vous déteste ! » Kojirô était mortifié de s'être fait avoir. Mais en y réfléchissant, il aurait dû se rendre compte qu'ils avaient raison. « Vous auriez pu me le dire. »

- « Non. Tu ne sais pas mentir. Là, tu étais dans le ton, j'en suis sûr. »

Les trois garçons étaient maintenant sous la douche, et ils purent constater que le carrelage était en effet glissant et que les robinets brillaient.

- « Et c'est quoi cette histoire avec l'autre prune de Nagata? »

Kazuki grogna et Ken sourit.

- « Rien. Nagata était le grand rival de Kazuki, et il lui a piqué plusieurs copines. »

- « Mais je croyais que tu ne les aimais pas ? »

- « Et alors ? C'est une question d'amour-propre. Se faire rejeter pour un minable pareil. Ken, tu as intérêt à la convaincre ! Sortir avec lui !? Quelle idée stupide !! »

- « Et je fais ça comment, hein ? » Le gardien était pourtant inquiet.

- « Sors avec elle. Le temps qu'elle l'oublie. »

- « MAIS TU ES MALADE ! ON PARLE D'AYAME ! ELLE EST COMME MA SŒUR ! »

- « Ben, elle est bonne, ta sœur ! » fit Renji qui passait par là, avançant avec précaution. « Au besoin, je me dévoue, moi. »

- « Renji…. »

- « Quoi ? Vous ne voulez pas qu'elle sorte avec Naga-chose-truc ? »

- « Si tu sors avec elle, tu auras affaire à MA sœur… »

- « La vache, je --. » VLAN « PUTAIN DE CARRELAGE ! JE VAIS LA TUER ! »

- « Je crois qu'il vient de changer d'avis… »

- « Ce qui laisse Ken. »

- « Ou toi. »

- « Quoi moi ? »

- « Kazuki, tu ne sors avec personne en ce moment, non ? » attaqua Ken.

- « Ouais, et comme tu refuses de dire de qui tu es amoureux…. »

- « … Franchement, vous nous voyez, Ayame et moi…. ? »

Ken et Kojirô s'arrêtèrent de parler, tout comme le reste de l'équipe. Et tous ensemble, ils éclatèrent de rire, un grand éclat bruyant qui écorcha la fierté déjà mise à mal par les récents événements du joueur.

- « Ouais, voilà. Je vous déteste tous. »

Kazuki marmotta encore d'autres injures dans sa barbe en faisant son sac. Il avait pris une douche express, tout comme Kojirô, qui se dépêchait pour son rendez-vous.

- « Bonne chance. » glissa Sorimachi.

- « Tu parles, ce n'est pas moi qui vais subir les foudres maternelles en mode grand nettoyage. » Kojirô se rappelait que son ami attendait de la famille le week-end prochain et qu'il avait été recruté de force dans l'équipe de décrassage. Ce qui le faisait bien rire.

- « Hn… » Kazuki se traina littéralement jusqu'au portail où son père l'attendait. Chose inattendue pour lui, il avait assisté au match de son fils, mais Sorimachi avait déjà confié que ce n'était que pour éviter sa femme… Kojirô avait été étonné que sa famille se désintéressât autant de ses exploits sportifs. Après tout, Sorimachi avait fait partie de la sélection nationale et avait même joué lors des matchs à Paris, l'été dernier.

- « Ce n'est pas qu'ils s'en fichent, mais ils croient tous que je n'ai aucun avenir et que cela va s'arrêter avec le lycée. Mes parents pensent que je vais faire des études supérieures, comme mes frères. »

- « Tu sembles dans les nuages ? »

Kojirô sursauta et réalisa qu'il n'avait pas ouvert les lèvres depuis qu'Izumi et lui avaient pris la direction du centre ville.

- « Désolé, je pensais à autre chose. Ce qui n'est pas sympa pour toi. »

- « Non, ça va, je pensais que tu étais juste du type silencieux. »

- « Ben, disons que… je ne sais pas de quoi parler avec les filles, en général. »

- « Je ne suis pas une fille en général, je suis ta petite amie. »

- « Ça ne change rien au fait que tu sois une fille. »

- « Heureusement pour toi… »

- « N'est-ce pas… … On va où déjà ? »

- « A la boutique de photos, celle en face la librairie. »

- « Hum, je vois. Je croyais que tu faisais partie du club journalisme ? »

- « Oui, mais je suis dans la section photo. J'aide aussi aux tâches administratives et au besoin je corrige les articles, mais je n'en rédige aucun. »

- « Pourquoi ? Tu n'as pas le talent ? »

- « Non, je n'ai pas le temps. Le club photo me prend tout mon temps. »

- « Tu fais de la photo ? »

- « … Oui… sinon, pourquoi j'irais voir les numériques ? »

- « Ben, disons qu'il y a faire de la photo et faire des photos. C'est différent. » se défendit Kojirô.

- « Hum, c'est vrai. Donc, je confirme, je veux faire plus que des photos familiales. »

- « Ma sœur aussi aime la photo. »

- « Je sais. »

- « Comment ça ? »

- « On est dans le même club. Mais suis un peu l'histoire. Je fais partie du club photo ! » Izumi le taquina en imitant une fausse colère.

- « Mais elle est au collège ! »

- « … elle a dû te dire que le collège et lycée Tôhô partageaient les équipements. Les chambres noires, ça coûte cher. »

- « Elle a peut-être dit ça, ouais…. »

- « Tu n'écoutes pas ta sœur ? » Izumi était surprise.

- « Ce n'est pas que je ne l'écoute pas, mais elle plus proche de ma mère ou de Neeve. Et puis, on a une différence d'âge, et entre le foot et tout, on n'a pas grand--. »

- « Ne te justifie pas ! »

- « Je ne me justifie pas ! C'est toi qui demandes alors je te réponds. »

- « Mais tu avais l'air de te justifier. »

- « Et je te dis que non. J'aime ma sœur et puis d'abord, pourquoi on parle de moi tout le temps ! Tiens, dis-moi plutôt pourquoi tu es venue à Tôhô ? »

- « … On t'a dit que tu ronchonnais beaucoup ? Et pour te répondre, j'ai demandé à aller à Tôhô. »

- « Tu dois être déçue de ne pas avoir été admise en section internationale… »

- « Mais où vas-tu chercher tout ça ? Je n'ai jamais voulu aller en section internationale, d'abord. »

Kojirô ouvrit des yeux ronds.

- « Mais qu'est-ce que tu foutais à St Elizabeth alors ? »

- « Rien de particulier, c'était juste le meilleur établissement du coin. »

- « Mais il faut être motivée par les langues pour y rentrer… »

- « OU être fille d'ambassadeur. »

Encore un peu, et les yeux de Kojirô jaillissaient hors de ses orbites.

- « Tu… tu… tu…. »

- « Je, je, je… ? »

- « Ambassadeur de quoi, d'abord ? » gronda le footballeur, en tentant de se remettre de ses émotions.

- « Il était ambassadeur du Japon en Chine et maintenant il est attaché consulaire de la Chine à Tokyo. »

- « Pourquoi la Chine ? » Question stupide, mais c'était tout ce qui venait à l'esprit du Tigre.

- « Pourquoi pas ? Tu as quoi contre la Chine ? »

- « Rien. J'adore la cuisine chinoise. »

- « Et les chinoises ? »

- « Quoi les chinoises ? Ça se bouffe, les chinoises ? » grommela-t-il en enfonçant les mains dans les poches. Kojirô se sentait maintenant débile. Bien qu'Izumi n'eût jamais joué les riches ou les prétentieuses, il sentait bizarrement qu'il y avait désormais un fossé entre eux. Le même qu'il y avait eu entre lui et ses copains : le fossé de l'argent et du pouvoir.

- « Ça se peut. Il se trouve que je suis moitié chinoise. »

- « Grand bien te fasse. » Puis il s'arrêta. Il venait d'être grossier, à passer sa colère sur elle, qui n'y pouvait rien d'être née Yamashita et pas Tanaka ou dans une autre famille. « Tu aimes la sauce soja ? » demanda-t-il soudainement en se retournant vers elle tout aussi brusquement. Prise de court, Izumi balbutia un « oui… » avant de se reprendre.

- « Et alors ? »

- « Et alors, il se trouve que j'adore la sauce soja. Et quitte à manger des petites chinoises, autant le faire avec la sauce soja. »

- « … Manger des chinoises ? » Elle avait l'expression de quelqu'un qui reculerait doucement devant un fou à lier en liberté. Doucement, mais sûrement.

- « Ou des demi-chinoises… » susurra-t-il en s'approchant d'elle pour lui voler un rapide baiser. Et là, il réalisa qu'il n'avait fait qu'augmenter la boulette. La réaction ne tarda pas :

- « Hiiii Hentai ! »

- « Ben quoi ? Je suis un garçon, moi. »

- « Et moi, je suis une fille de bonne famille. On ne me mange pas à la sauce soja. »

- « Dommage. »

- « Je préfère l'aigre-doux. »

- « Le porc aigre-doux, c'est mon plat préféré. »

- « Ce n'est pas les cheeseburgers ? » taquina Izumi, qui s'était remise de sa frayeur. « Tiens, on est arrivé. »

Elle entra dans le magasin et Kojirô resta seul un instant dehors, avec la folle envie de se précipiter sous les roues de la première voiture qui passerait. Pouvait-il être encore plus con et grossier ? Pff, il avait raison avant : ne pas parler évitait de dire des bêtises plus grosses que soi ! Il n'aurait jamais dû abandonner son mutisme monosyllabique d'antan !

Une fois dans la boutique, il écouta distraitement Izumi et le vendeur tout en regardant les étagères autour de lui… et il prit peur. Le prix de ses petites merveilles de la technologie était juste exorbitant. Et à croire les dires du vendeur, ce n'était que l'équipement de base. Après, il y avait les zooms, les filtres et autres machins, sans compter le PC et les logiciels de retouches d'images… Kojirô préféra laisser ses pensées vagabonder avant de devenir fou…

Et bizarrement, il repensa à ce qu'il avait dit avant : « je vais te manger. » Il avait sorti ça inconsciemment, ce qui voulait dire qu'il le pensait vraiment. Kojirô disait généralement ce qu'il pensait, principalement parce qu'il ne pensait pas tant que ça et cela le fatiguait de devoir trouver autre chose à dire.

Et toute honnêteté, elle était très mignonne. Il n'avait jamais fait trop attention à son physique, mais ses souvenirs vagues de la soirée de Rai confirmaient pourtant un corps souple et chaud pressé contre lui alors qu'ils partageaient un fauteuil. Et maintenant qu'il la regardait, elle avait de jolies jambes, un popotin agréable et tout ce qui allait avec. Donc, oui, il confirmait, il avait très envie de la « manger »… Ce qui était surprenant était qu'il ne l'avait pas remarqué avant. En général, le physique, c'était son premier critère de sélection…

Mais ce qui était très étonnant était la réaction d'Izumi. Oui, elle l'avait traité de « hentai », comme l'aurait fait n'importe quelle fille. Mais une fille normale l'aurait pourri verbalement, voire même physiquement. Izumi s'était contentée de ça… Voulait-elle dire ainsi que cela ne la dérangeait pas de se faire manger ? ou qu'il se fasse l'idée de la manger ? Pourtant, elle avait bien dit qu'elle n'avait pas eu de copain avant. Ce qui voudrait dire qu'elle serait vierge. Et il aurait pensé que les vierges étaient un peu anxieuses ou paniquées à l'idée de sauter le pas.

Ce qui voulait dire qu'elle n'était pas pure et innocente. Alors, elle avait menti. Quoique, techniquement parlant, elle pourrait très bien ne pas avoir eu de copain et avoir perdu sa virginité… RAAAAAAA ! ce que c'était compliqué les filles !

Kojirô secoua la tête et revint à la conversation en cours. En fait, Izumi était maintenant seule à un comptoir et regardait un catalogue. Il s'approcha d'elle et remarqua qu'elle examinait un modèle super sophistiqué, un vrai équipement de pro.

- « Heu… je sais que tu veux faire de la photo, mais ce n'est pas un peu…exagéré, un matos comme ça ? »

- « Sauf si je veux devenir photographe pro… »

- « Hein ? »

- « Hé oui, le club photo et les prises de clichés de sportifs, ce n'est qu'un début. »

- « Je ne le savais pas. »

- « Tu ne pouvais pas le savoir. »

- « Il faut dire que je n'ai pas demandé… »

- « Ça aussi. Mais, c'est aussi pour ça que j'ai quitté St Elizabeth. Il n'y a pas de club photo là-bas, et le journal est juste une feuille de chou. Et à quoi bon aller dans une section internationale, alors que je parle déjà japonais, chinois et anglais ? »

- « Et dire que moi, j'ai déjà du mal avec une seule langue… » grommela Kojirô qui contemplait sa petit amie avec un regard nouveau. Non seulement faisait-elle preuve de caractère et était-elle jolie, mais elle était aussi très intelligente. Et décidée quant à son avenir. Décidemment, il avait fait le bon choix. Comme quoi…. In vino veritas…. Il avait bien fait d'être bourré ce soir-là…

- « Hum, tu galères en anglais ? »

- « Je rame complètement… »

- « Ben, je peux t'aider. »

Kojirô retint de justesse le « Neeve m'aide déjà » et proposa à la place un diplomatique « je veux bien ». Avant d'enchaîner :

- « Alors, tu as décidé quel modèle acheter ? »

- « Oh, je ne prends rien aujourd'hui. Je n'ai pas assez d'argent, je dois bosser plus. »

- « Tu pourrais demander à tes parents de te le payer. »

- « Je le pourrais. Mais je ne préfère pas. Mon père n'est pas très content du choix de carrière que j'ai fait. »

- « Ah… c'est bête… Tu dois encore bosser beaucoup ?»

- « En fait, ça dépend un peu… »

- « Dépend de quoi ? »

- « De toi. »

- « De moi ? »

- « De toi… de savoir si tu vas m'inviter au bal du festival culturel et savoir si je dois garder de l'argent pour la robe et tout… »

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Et voilà, à bientôt pour le chap 53.