Avant toute chose, merci aux premiers lecteurs Kate Edelweiss, Mande21 (la première revieweuse ! ) , Ogmah, choupi7895, del93 et kuramaseke, et tous les autres qui sont juste passés par ici.

Vous voyez, ça vaut le coup de vous manifester, vous m'avez donné envie de traduire le deuxième chapitre cet après midi. Seulement quelques heures d'attente entre deux chapitres, vous êtes plutôt bien lotis ! :p

Personne n'a trouvé que la scène avec la baguette de Malfoy dans l'autre chapitre était riche en double sens ? (Ou c'est juste mon esprit pervers qui a provoqué ce fou rire quand je l'ai traduite? D'accord. XD )

Bonne lecture, encore une fois, n'hésitez pas à donner votre avis, vous avez vu le pouvoir qu'une seule review a eu sur mon rendement? x)


Chapitre 2 : Des amants intéressants


De retour dans son appartement, il lui tendit une fiole de veritaserum fermée hermétiquement et un flacon d'antidote.

- Ça, dit-elle, c'est une substance très contrôlée. Illégale à posséder, et illégale à utiliser.

Il se moqua d'elle :

- Tu préférerais ne pas être mêlée à l'usage d'une substance illégale ? Tu veux qu'on discute de la mise en place d'un coup d'état et de ta prise de pouvoir en tant que Dame des Ténèbres et tu t'inquiètes de violer des restrictions sur les substances abusives ?

Elle leva les yeux vers lui et il s'amusa de son air irrité quand elle s'empara de la fiole.

- Va chercher les boissons.

Il traversa la pièce et sortit deux verres et une bouteille de scotch.

- Du whisky moldu ?, lui demanda-t-elle.

- Je n'arrive pas à croire que tu ne saches pas encore que je suis un snob, Granger. Je me fiche vraiment de l'origine de quelque chose tant que c'est le meilleur.

Il versa les boissons, les posa sur la table devant elle et attendit qu'elle ouvre la potion. Elle versa trois gouttes dans chaque verre. Il la regarda, surpris.

- Je suis sûre qu'il y a des choses que tu aimerais me demander. Dans notre situation, la confiance devra aller dans les deux sens. En supposant, bien sûr, que je ne te lance pas un oubliettes après que tu aies bu ça et commencé à parler.

Il s'adossa au mur et prit une gorgée du mélange, puis déglutit et attendit que la potion fasse son effet. Elle était trop proche, juste à la frontière de son espace vital, et il devinait qu'elle se délectait du fait qu'il tentait consciemment de ne pas bouger.

- Explique moi pourquoi je devrais rester, petit angoissé.

Il ressentait un besoin irrépressible qui l'exhortait à lui dire absolument tout, et lutta pour rester concentré. C'était un problème courant avec les sérums de vérité. Les gens avaient tendance babiller de manière incohérente s'ils n'avaient pas de questions précises posées avec soin.

- Je peux t'aider. Je peux t'aider à devenir puissante. Je peux …

- Oui.

Elle leva le bras et plaqua sa main sur sa bouche. Il en resta sans voix.

- Je suis sûre que tu peux faire un tas de choses. Je suis sûre que tu me serais très, très utile. Par contre, j'ignore les raisons qui te poussent à vouloir m'être utile, ou si je peux te faire confiance.

Elle retira sa main.

- Parle.

Il reconnut l'autorisation - non, l'ordre – et son ventre se noua. Il avait reçu un grand nombre d'ordres dans sa vie, certains délivrés en apartés insouciants, d'autres une baguette pointée sur lui. La plupart d'entre eux s'étaient terminés dans la souffrance.

- Je déteste – je déteste vraiment – Harry Potter et ses petits courtisans. Il m'a presque tué à l'école et s'en est tiré avec des retenues car il était spécial. Mais, par dessus tout, l'Ordre du Phénix est un ramassis de voleurs, de la vermine sans valeur qui s'est enrichie au nom de dédommagements. Le Seigneur des Ténèbres …

- Voldemort. Appelle-le Voldemort. Ou Jedusor, si tu trouves son surnom prétentieux excessif.

- Comme ma Dame le désirera.

Il leva son verre vers elle, à moitié moqueur, et prit une autre gorgée.

- Jedusor était un psychopathe qui devait être abattu, comme un chien enragé. Ce n'est pas moi qui vais dire le contraire. Cet homme a vécu dans ma maison, prit la baguette de mon père et menacé ma mère. J'ai bien connu toutes ses horreurs. Mais ton petit club du Phénix a profité de cette guerre de manière obscène. Ce n'était pas assez de jeter les complices survivants en prison, ils ont assez pillé pour couvrir toutes les dépenses de guerre et plus encore. Surtout "plus encore".

Elle acquiesça.

- Ton Ordre, ou, excuse-moi, le Ministère, a confisqué des terres, des demeures, des entreprises et les a distribuées aux membres de sa famille et à ses amis. C'est du favoritisme à bien plus grande échelle que n'importe quel sang-pur corrompu l'aurait rêvé. Et tu sais ce que je peux y faire ? Rien. Je ne peux aider ni mes amis, ni ma mère, ni moi même. Je ne peux pas rejoindre le gouvernement, devenir un bureaucrate quelconque, et faire changer les choses. Je ne peux pas tirer les ficelles dans l'ombre comme mon père l'a fait. Ça ne marcherait pas, pas pour moi. Tout ce que je peux faire, c'est me soûler dans des bars et regarder tes amis se produire et distraire les foules comme des ours de foire, lapant le lait et le miel.

Il était furieux à présent, et ne portait pas attention aux mots qui sortaient de sa bouche.

- Est ce que les Weasley ont déjà lapé ton lait et ton miel, Granger ? C'est pour cette raison que tu les hais à ce point ?

Elle le gifla, fort. Il attrapa son poignet, par réflexe, et la regarda. Il lui faisait sans doute mal à la main, mais elle l'avait giflé. Ce n'était pas la torture que sa tante lui aurait infligé. Lui avait infligé. Ils se dévisagèrent pendant un moment. Il détourna le regard le premier, et lâcha son poignet.

- Tiens-toi en au sujet qui nous intéresse, à savoir, si je peux te faire confiance pour m'aider à planifier une insurrection, cracha-t-elle finalement, se massant à l'endroit où il l'avait agrippée, pas te renseigner sur ma vie sentimentale.

- Je suis désolé, marmonna-t-il.

- Ce ne sont pas mes phénix, tu sais.

- Je sais.

Il s'interrompit amèrement.

- Écoute , tu as le soutien populaire. Ils ont merdé quand ils t'ont mise à l'écart de cette mascarade, ils ont fait une erreur et c'est une erreur que je peux exploiter. Que nous pouvons exploiter. Je peux monter un mouvement de soutien à Hermione Granger d'une manière que je n'aurais jamais pu faire pour moi-même. Tu es l'altesse bâtarde derrière laquelle le pays peut se rassembler. Moi ? Je suis juste un conseiller que personne n'aime. Je peux te faire pénétrer dans l'élite des sang-purs. Je peux organiser un complot, disperser des rumeurs et organiser la propagande. Mais une histoire centrée autour d'un ancien Mangemort ne va pas encourager les commerçants et les sorcières de la classe moyenne à renverser ces enfoirés de Phénix. Je peux te parler de la dépréciation actuelle et le risque croissant d'hyperinflation, mais personne ne rejoint une insurrection parce qu'ils sont contrariés par le déséquilibre de la balance commerciale. La belle princesse trahie leur promet purification, espoir et gloire ? Oh, pour ça ils la suivront. Je peux les faire se ruer en masse sous tes bannières.

- Donc, je prends tes contacts, ton soutien et tes compétences. Tu arrives à un point de ralliement.

Elle fronça les sourcils.

- Tu es calé sur tout ce qui a trait à la politique et l'économie. Et que tu haïsses Harry, je veux bien le croire. Que tu aimes le pouvoir, eh bien, je crois que je l'aurais deviné sans le sérum de vérité. Je te connais depuis assez longtemps pour avoir compris ça. Mais, bien que je sois certaine que tu peux vendre ton petit conte de fée sur mes mystérieuses origines sang-pures à tes pairs, peux-tu, toi, supporter une Dame des Ténèbres sang de bourbe ? Tu me hais, tu hais mon sang, tu hais mon genre. Mon genre sale, répugnant et sans valeur.

Elle leva la main et, d'un doigt, commença à tracer une ligne sur son visage. Il savait qu'elle le narguait, néanmoins, à son contact, il sentit son pouls battre dans sa gorge. Il ne bougea pas : la potion l'avait déjà dénudé, exposé à elle. Il n'avait rien qu'il aurait pu utiliser pour se défendre de ce simple contact. Il n'avait, après tout, pas connu beaucoup de douceur dans sa vie et n'avait aucune pratique pour y résister. Il la fixa de ses yeux gris écarquillés.

- Je les hais parce qu'ils sont dangereux, murmura-t-il alors qu'elle continuait à suivre les lignes de son visage : le front, les joues, la mâchoire, la bouche. Chacun d'eux est un risque pour nous , un risque que certains de leurs amis moldus ou certains membres de leur famille les voient utiliser la magie, et que la chasse aux sorcières reprenne à nouveau.

- Et moi ?

- Toi ?

Il eu un rire rauque, toujours hypnotisé par le mouvement de ses doigts.

- Tu es l'exception. La petite fille parfaite, la plus brillante sorcière de sa génération. Tu as utilisé le sortilège d'oubliettes sur tous à qui il était nécessaire de le faire subir. Le seul risque avec toi, c'est que tu prennes le contrôle. Hermione.

C'était sans doute la première fois qu'il utilisait son prénom, et ses doigts se raidirent, choqués, sur sa peau.

- Pourquoi veux tu faire ça, sincèrement ? Si tu perds, tu mourras. C'est une putain de roulette russe. Tu hésites, Malfoy ?

Il fit pivoter sa tête de manière à ce qu'elle soit en partie cachée dans sa main, ses cheveux tombant sur ses yeux.

- Non. J'ai déjà mis mon destin entre tes mains. Je suis, comme ils disent, à tes ordres. Si tu le veux.

Elle haussa les épaules.

- Je peux faire mieux, tu sais. Je ne peux pas rester ici à regarder les choses mal faites. J'ai passé ma vie à jouer pour de grands enjeux et finalement je n'ai rien, alors même que nous avons gagné. Cette fois que je vais jouer, gagner, et prendre ma récompense. Au fond, j'ai envie de le faire, j'ai prévu de le faire, parce que je le peux, donc pourquoi ne le devrais-je pas ? Tu me hais pour ça, n'est pas, continua-t-elle, sa main reposant toujours sur son visage, sous le rideau de ses cheveux, que je puisse le faire et que toi, de toutes tes générations de lignées raffinées, tu ne puisses pas. Pas sans moi.

- Un peu, oui. Mais toi aussi, tu as besoin de moi, Princesse.

- Un peu.

Il embrassa ses doigts, narquois, et dégagea la tête de sa main.

- Ça suffit. Vas-tu me prendre, ou juste effacer mon esprit et partir ?

Elle versa la moitié de l'antidote dans son verre, et avala une gorgée du sien.

- C'est à ton tour de poser les questions, dit-elle seulement.

Il avala et l'étudia. Elle était complètement décontractée, et le regardait avec une expression sérieuse, hermétique pour une fois. Elle hocha la tête, lui laissant ainsi savoir qu'elle sentait la potion faire son effet. Il n'était pas certain de savoir quoi faire de ce sentiment d'équité, cette partie du jeu était nouvelle pour lui.

- As-tu confiance en moi ?, demanda-t-il simplement.

- Oui, dit-elle tranquillement, pour la politique, je te fais confiance. Que tu me soutiennes, avec toi comme un pouvoir derrière le trône, dans la situation actuelle, oui. Je ne t'apprécie toujours pas mais cela ne me dérangerais pas de t'avoir sous mes ordres, comme tu dis. Avoir le beau et brillant Draco Malfoy sous ma coupe de son plein gré ? Je pense que j'aimerais beaucoup ça.

Il tressaillit. C'était ce qu'il avait proposé, ce qu'il offrait, mais l'entendre dire sans détours par quelqu'un drogué par le sérum de vérité était difficile.

- Tu vas démanteler l'Ordre, les écarter du pouvoir ? Me laisser t'aider ?

- Ça, c'est sûr, approuva-t-elle en hochant la tête.

Il prit l'antidote et versa le reste dans son verre.

- C'est tout ce qui m'importe.

- Eh bien, lança-t-elle tout en buvant, les conspirations donnent d'intéressants amants.

Il leva un sourcil et elle haussa les épaules.

- Je ne disais pas ça littéralement parlant, ne te fais pas d'illusions.

- Tu penses que mon fantasme est de coucher avec des femmes que je déteste ? Qui ne m'aiment pas non plus ?

- J'essaye de ne pas penser à ce à quoi tu fantasmes.

- En ce moment, la nourriture.

Un petit moment pour récupérer de leur conversation pénible et droguée ne sera pas de trop, pensa-t-il. Après une courte fouille dans la petite cuisine de l'appartement, il revint avec des sandwiches et un paquet de chips.

- Mon premier acte au service de la future Dame des Ténèbres, si tu l'acceptes : dîner.

Elle lorgna les sandwiches.

- Oh, pour l'amour de... Tu ne penses pas que j'essaye de t'empoisonner, si ?

Elle renifla et prit un sandwich, l'assiette en équilibre sur ses genoux. Elle s'était installée sur un fauteuil lorsqu'il était occupé. Elle était assez détendue pour s'asseoir, finalement.

- J'ai juste du mal à me représenter Draco Malfoy, le snob élitiste, se souvenir d'aller chercher du pain et du fromage à l'épicerie.

- Eh ouais, je suis plus souple que tu ne le penses. Regarde avec qui je mange.

Il s'assit sur la table et prit une bouchée.

- Et j'achète le meilleur fromage et du pain artisanal.

- Bien sûr.

Quand il eut terminé son sandwich, il écarta l'assiette et lui demanda :

- Veux-tu savoir ce que je pense que nous devrions faire en premier ?

Elle mangeait toujours, mais elle acquiesça.

- D'abord, je pense que tu devrais obtenir ce boulot hautement ennuyeux au Ministère. Cela te donnera accès au bâtiment, et une fois que tu seras à l'intérieur, tu pourras calmement te frayer un chemin vers tout ce dont nous aurons besoin par la suite. A long terme tu devras donner ta démission sous la forme d'un spectacle dramatique, juste avant que tu ne te portes candidate pour le poste de Ministre, mais avant ça tu dois d'abord entrer à l'intérieur.

- Je peux le faire.

- Je vais lancer des rumeurs sur ton sang afin que nous puissions commencer à attirer des gens qui n'auraient jamais suivi une sang de bourbe.

Elle lui jeta un regard et il secoua la tête.

- Tu dois t'habituer à ce mot et exploiter les préjugés de sang. Jedusor l'a fait, et ça a marché pour lui, et tout le monde savait qu'il était timbré. Les gens pensent que tu es brillante, mais tu as encore besoin d'un hameçon pour les attirer, un sujet simple, quelque chose qui puisse les exciter. Mais sois moins claire à ce sujet que lui, pour que les gens ordinaires ne soient pas effrayés par la pensée de la montée d'un autre groupe de Mangemorts, mais le noyau de tes partisans devront être les sang-purs, c'est là qu'est l'influence. Ils chercheront les indices qui leur prouveront que tu supportes les idéaux traditionnels de la pureté du sang, sans ça, ils ne nous rejoindront jamais.

Elle acquiesça lentement et il prit une profonde inspiration.

- Et nous devons commencer à sortir ensemble.

- Rappelle-moi pourquoi, déjà ?

Elle lui tendit l'assiette et il la posa sur la table.

- Parce que je suis un petit con élitiste qui ne serait jamais sorti avec une sale sang de bourbe, déclara-t-il sans détours, et cela expliquera pourquoi nous sommes ensemble si souvent, et nous devrons l'être, pour planifier tout ça. Et ensuite, je pourrais te présenter à ma mère, qui est elle aussi une puriste du sang, et une fois qu'elle t'aura acceptée comme une mystérieuse sang-pure orpheline, les autres commenceront à te porter attention, et nous pourrons alors entamer le recrutement de ton premier cercle.

Il s'arrêta un instant.

- Et aussi parce que je suis magnifique et que tu me veux en laisse.

- Seras-tu capable de supporter le fait de sortir avec une sale sang de bourbe ? Si ça ne semble pas réaliste …

- Je peux y arriver., dit-il sèchement, et toi ?

Elle le regarda, et son visage s'attendrit doucement en un sourire chaleureux. Elle se leva et se pencha vers lui, effleurant son nez avec le sien dans un regard taquin empli d'adoration. Sa bouche arriva au niveau de la sienne, leurs lèvres se touchant presque, et lorsqu'il leva son bras pour la rapprocher de lui, pour l'embrasser réellement, elle recula et ses yeux redevinrent froids.

- Je suis presque certaine que je peux, oui. Je sais faire des choses difficiles. Et toi ?

Il était encore sous le choc de ses talents d'actrice, et un peu ébranlé de souhaiter que ce baiser n'aie pas été totalement feint. C'était une complication inutile.

- Tu es douée.

- Je l'espère, dit-elle en se rasseyant, nous planifions de renverser un gouvernement, après tout. Arriver comme ça et dire aux gens qu'ils sont incompétents et que nous les renversons ne va probablement pas fonctionner.

Ses doigts brossaient ses cheveux tandis qu'elle se penchait sur le côté de la chaise. Elle était de toute évidence épuisée mais continuait à parler.

- Une fois qu'on sera dedans, il n'y aura pas de retour en arrière. Tu as eu une très mauvaise expérience avec le Seigneur des Ténèbres. Es-tu à ce point impatient de recommencer ?

Il secoua la tête et souffla.

- Je n'appellerais pas ça de l'impatience. Disons plutôt que... je suis prêt.

Peut-être qu'il était fou. Le courage n'avait jamais été son fort, et mettre ses choix et sa liberté entre ses mains, ses mains de Gryffondor brillante et impétueuse, était sûrement une forme de folie. Mais, Merlin, elle avait raison. Elle pouvait le faire. Et il voulait que cela soit fait, il voulait que l'Ordre soit détruit.

- Juste quelques précisions. Tu devras t'habiller autrement. Et...

- Qu'est ce qui ne va pas avec ma façon de m'habiller ?

- Tu dois t'habiller selon ton rôle. Des couleurs sombres, des vêtements simples, ajustés. Pas grand chose, mais cela commencera à envoyer le signal que tu n'es plus une Weasley de plus aux cheveux hirsutes.

Ses yeux s'étrécirent, mais avant qu'elle ait pu exploser dans une vanité féminine outragée, il leva les bras en l'air.

- Tu vois, les vêtements sont des costumes. T'habiller de cette façon insinue que tu es une sombre sorcière de sang-pur, d'accord ? Je me fous de quelles monstruosités miteuses tu portes dans l'intimité de ton propre appartement, mais en public, tu dois avoir la tête de l'emploi. Si tu peux m'embrasser, bon sang, tu peux certainement porter des vêtements noirs à la place de – il eut un regard vers ce qu'elle portait et grinça des dents – ça. Et des talons.

- Je déteste les talons.

- Je m'en fous. Les talons sont un signe de puissance. Porte-les.

Un long et dangereux silence s'étira, pendant lequel il se demanda s'il était allé trop loin, lui donnant des conseils qu'elle n'avait pas demandé trop librement.

- Tu ferais mieux de te préparer à faire beaucoup de massages de pieds.

Il étouffa un sourire. Elle avait pris en compte sa suggestion, elle l'écoutait vraiment.

- Nous devons nous sacrifier pour la cause, soupira-t-il.

L'autre chose qu'il devait à présent évoquer était bien moins plaisant que de lui dire qu'elle s'habillait mal.

- As-tu des compétences en légimencie ?

- Non.

- Tu devrais t'y former, de même qu'en occlumencie. La meilleure façon de commencer est d'avoir un partenaire consentant. On dirait que nous sommes chanceux, surtout moi. Comme nous sommes tous deux soûls et fatigués, ça ne fera probablement pas trop mal. Notre résistance est tombée. Ça peut être... désagréable, si tu résistes.

Il se déplaça pour aller s'asseoir sur le sol, devant elle.

- Le contact physique aide aussi.

Il lui tendit ses mains. Il sentit une nouvelle fois son pouls s'accélérer à son contact et se maudit intérieurement : si ça fonctionnait, cette attraction inattendue et non-désirée allait être mise à nue devant elle.

- Donc, je vais établir un contact visuel et tu devras essayer de t'introduire dans ma tête. Je me représente généralement en train de fouiller dans une armoire, mais d'autres utilisent une image différente. Ne t'attends pas à ce que les choses soient claires : des peintures impressionnistes plutôt que des photos réalistes.

Il se prépara dans l'attente qu'elle commence, se raidissant au souvenir de ce viol mental. Avoir quelqu'un dans sa tête le faisait toujours se sentir sans défense, et il souffrait à chaque fois. Après le Seigneur des... après Jedusor et sa tante, il avait juré qu'il ne ferait plus jamais ça, que personne ne le rendrait si vulnérable une nouvelle fois.

Elle se contentait de le regarder.

- Tu détestes ça, murmura-t-elle

- C'est très...

Il s'interrompit.

- C'est plus intime que le sexe. Et je ne l'ai pas appris de quelqu'un de particulièrement gentil.

- Tu n'es pas obligé de faire ça maintenant. Nous nous entraînerons plus tard.

Elle caressa ses paumes avec ses pouces, puis lâcha ses mains. Il avait honte de se sentir aussi soulagé, aussi reconnaissant de ce bref sursis. Néanmoins, il murmura :

- Tu dois savoir que c'est presque dans le manuel d'un Seigneur des Ténèbres.

- Pas aujourd'hui, Malfoy.

Elle secoua la tête.

- Trouve moi un livre, laisse moi me documenter. Je ne vais pas vagabonder dans tes pensées en étant aussi peu préparée. Et, sincèrement, cette nuit n'est pas un bon moment pour le faire, de toute façon. Je suis épuisée, nous sommes tous les deux un peu soûls, et en plus, tu es terrifié.

Ses lèvres s'arrondirent en un sourire qu'il qualifia involontairement d'envoûtant.

- C'est bien que tu aies peur de moi, mais peut-être qu'être terrifié est un peu de trop. Après tout, tu es mon guide en conspirations, mon créateur de plans, mon diffuseur de propagande et mon faiseur de sandwiches. Paralysé par la peur, tu ne serais pas efficace. Et tu devrais peut-être oublier la moutarde ou acheter du fromage moins fort.

- Comme il plaira à ma Dame.

Cette fois, il n'y avait aucune moquerie dans ces mots. Il baissa le regard, et s'agenouilla contre la chaise, sans toucher la jeune femme.

- Tu es bien plus doué dans ces trucs de subalterne que je ne m'y attendais.

- Je suis probablement un peu étourdi par l'alcool et les potions. Ne t'inquiète pas, je reviendrai à mon moi habituel demain.

Hermione faisait courir ses doigts dans les cheveux de Draco, enroulant une mèche autour de ses doigts. Il ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer cette mèche comme une corde les connectant. Il ferma les yeux en tremblant.

- Tu es bien plus douée dans ces trucs de Dame des Ténèbres que je ne m'y attendais.

Elle jouait toujours avec ses cheveux.

- Je suis naturellement autoritaire.

- Ce n'est pas seulement ça.

Il ne développa pas plus, et elle ne lui demanda pas de continuer. Elle n'en avait probablement pas besoin. Après tout, il était déjà assis la tête penchée, à ses pieds.