Merci infiniment aux revieweurs/euses, ça me fait extrêmement plaisir à chaque fois, et c'est une réelle aide. Et puis c'est plus agréable d'en discuter ensemble, non? :D
Donc, n'hésitez pas à laisser un avis !
Merci aux guests ! Je vous réponds ici ;)
Davme Banan : Oui, c'est vraiment une relation très ambigue. J'adore aussi ce côté sombre et torturé des personnages. Ils sont un peu en dehors du canon, mais pas tant que ça, finalement. Je pense qu'Hermione a toujours eu ça en elle. Merci beaucoup pour tes compliments, la traduction est quelque chose qui me tient vraiment à coeur !
ali : Merci pour ton petit message, ça m'a encouragée :)
Chapitre 4 : La première recrue
- Tu as la plus grande sainte-nitouche d'entres toutes à tes côtés, et elle porte un serpent au poignet. Un serpent très coûteux. Quelque chose est en train de se passer.
Theo avait un verre dans chaque main, et il fit glisser l'un d'eux vers Draco. Greg en avait deux autres, et il en donna un à Blaise avant de se laisser tomber dans une chaise qui se plaignit de son poids en émettant un long grincement. Le bar était noir, vraiment noir, et mis à part un petit groupe dans un coin pris dans une discussion animée au sujet du quiddich, il était complètement désert.
Il n'y avait pas le moindre nom ou signe distinctif sur la porte : c'était un endroit que deviez connaître avant.
C'était un lieu où les hommes d'une certaine classe se rassemblaient pour converser sans être dérangés, à l'écart des leurs femmes et petites amies. Vingt années auparavant, les transactions commerciales avaient cessé. Il y a dix ans, les Mangemorts auraient traversé la foule d'un pas arrogant en ne laissant que violence et chaos derrière eux.
Par la suite, le mobilier délabré avait été remplacé avec ce qu'ils avaient pu trouver, et des cendres froides étouffaient la cheminée. Même les toiles d'araignées étaient recouvertes d'une couche de poussière. Désormais, il ne restait qu'eux, les anciens écoliers et les supporters sportifs.
- Tu l'apprécies réellement ?
Draco réfléchit longuement à sa réponse.
- Elle est sans doute la femme la plus intéressante que j'ai jamais rencontrée. Je la suivrais n'importe où.
- Je croyais qu'elle était une sang de bourbe. Pas vraiment ton style. Tu as commencé à t'encanailler (1) ou quelque chose du genre ?
Greg traça une ligne dans la couche de poussière de la table avec son doigt, dégoûté. Draco haussa un sourcil.
- En dépit de notre environnement actuel, je ne m'encanaille pas, non. Bien que, vous l'avez sans doute remarqué, je n'aie pas toujours raison.
- Des parents moldus, mon gars. Moldus.
Theo secoua la tête.
- Élevée par des moldus, certainement. Tu as déjà lu le Vilain Petit Canard ?
- Où sont ses prétendus parents, dans ce cas ?
Theo recula sa chaise, son verre en main, en poussant la table que Greg continuait à essuyer avec une serviette en papier.
- Ça n'a jamais été nettoyé, Greg. Tu ne vas pas réussir avec cette chose, laisse tomber.
- En Australie, répondit Blaise. Elle les a envoyés là bas pendant la guerre après leur avoir fait subir un oubliettes complet sur tous les souvenirs qu'ils avaient d'elle, pour les protéger. Après, quand elle a rafistolé leurs cerveaux, ils ont choisi de rester là bas, et elle est revenue seule. Les journaux ont essayé de passer ça sous silence, mais je ne pense pas qu'ils soient très proches, les Grangers. Bordel, tout le monde à l'école savait qu'elle passait toutes les vacances chez les Weasley.
- Merlin, tu imagines ?, marmonna Greg. Élevée par des moldus, et les seules vraies personnes qui se retrouvent à t'héberger, ce sont les Weasley ? Ça me suffit pour que je la plaigne.
Draco sourit intérieurement. Il savait que Greg serait le plus facile à convaincre. Un homme sans intérêt mais loyal, imprégné de l'idéologie sang-pure. Que Granger ne soit pas incompétente lui avait toujours semblé être un affront personnel à son système simple de pensées. A présent, il allait s'agripper de toutes ses forces à l'idée qu'elle soit une sang-pure avec l'ardeur obsessive d'un converti car cela étayerait ses propres préjugés.
- Eh bien, dit-il d'une voix traînante, je ne sors pas avec elle parce que j'ai pitié, vous pouvez en être certains. Mais vous ne pensez pas vraiment que j'irais me souiller en sa compagnie, peu importe son apparence, si elle était ce qu'on pensait, si ?
- Je pense – non, je sais – que tu a baisé avec toutes sortes de sang de bourbe, et probablement aussi des moldues, dans des hôtels minables, donc ne prends pas tes airs grands et purs, grogna Blaise. Cependant, je dois admettre que je ne t'ai jamais vu en emmener une en public.
- La tradition, acquiesça Draco, la tradition.
Ils levèrent tous leurs verres.
- Mais, persista Greg, je pensais que elle et Weasley...
Theo regarda Greg avec dégoût.
- Tu ne lis donc jamais les journaux ? Jamais ? Weasley s'est servi de son petit héroïsme de guerre comme une excuse pour coucher avec toutes les femmes sur lesquelles il pouvait poser ses sales mains, et le Daily Prophet a montré ses conquêtes comme l'opération tape-à-l'œil qu'elles étaient. Pourquoi gâcher une page entière avec de véritables informations quand tu peux écrire un nouvel article à scandale à propos des frasques de ce traître à notre sang ?
- Pas seulement ça, dit Draco en riant. Je pense qu'elle veut réellement le tuer.
- Elle avait l'air vraiment triste la semaine dernière, mon gars.
Theo hocha le tête.
- Si on lit leur petite conversation correctement, elle a l'air d'une femme dont le cœur a été brisé en tous petits morceaux.
- Fais moi confiance là dessus, elle le hait. Potter, pas tant que ça, mais elle hait totalement Weasley.
- Personne ne sait pourquoi ils ont rompu ?
- Elle ne le dira pas, elle a faillit m'arracher la tête quand je lui ai demandé.
Draco haussa les épaules. Il était en réalité toujours furieusement curieux de savoir pourquoi leur petite romance avait mal tourné, mais son instinct aigu de conservation l'avait empêché de trop pousser Hermione sur ce sujet. Blaise était toujours au courant des ragots, même s'ils n'apparaissaient pas dans les journaux.
- J'ai entendu dire qu'il n'arrivait plus à bander après la guerre. Il lui a fait porter le chapeau, et il l'a larguée. Il lui a dit plus tard, en public, après qu'il ait commencé à baiser ses groupies, qu'elle avait été son problème. Pas assez sexy, ou un truc du genre.
- Au lieu d'admettre un truc post-traumatique ?, renifla Greg. Putain, quel enfoiré. Tout le monde sait que certaines personnes ont besoin de temps pour se remettre après la guerre. Certains baisent comme des lapins, d'autres deviennent... non-fonctionnels.
Il leva les yeux vers les autres hommes.
- Quoi ? Je vais mieux ! Je n'ai pas eu de plaintes! Mais vous ne me verrez jamais pas dire à une femme que c'est sa putain de faute si j'ai pété les plombs pendant la guerre. C'était flippant, cette merde.
Blaise leva son verre en direction de Draco.
- En tout cas, mon pote, elle est chaude comme la braise maintenant. Je ne peux pas croire que tu aies le même petit problème que Weasley.
Draco se la remémora, rouge et échevelée, après qu'il ait récupéré sa récompense, et il dit avec un vicieux plaisir :
- Non, je ne peux pas dire que je l'aie.
Spontanément lui vint à l'esprit sa main dans ses cheveux, sa mèche blonde qui les reliait comme une corde, et il retint un frisson, assez pour qu'ils ne le remarquent pas. Mais tous ne furent pas dupes.
Theo lui lança un regard de l'autre côté de la table et quand l'homme aux cheveux sombres quitta la table pour se diriger vers les toilettes, Draco le suivit. Il s'arrêtèrent dans un long couloir sombre, sous une bougie carbonisée depuis des mois, leurs verres toujours en main.
- Je te connais depuis longtemps, Draco. Je sais comment tu te comportes quand tu as une nouvelle copine, et c'est différent aujourd'hui. Vraiment différent. Je peux te dire que tu ne couches pas avec elle, tu n'es pas assez arrogant. Je crois même que tu ne l'aimes pas beaucoup. Bon sang, on dirait que tu as peur d'elle ! Ça n'a aucun sens, et franchement, je ne crois pas qu'elle soit une sorte enfant trouvée. Le Vilain Petit Canard, mon cul. Tu manigances quelque chose.
- Oh, je l'apprécie bien assez. Elle est fascinante.
- Ah ouais ? Des tas de choses sont fascinantes. Les hippogriffes sont fascinants. Je peux comprendre que certaines personnes soient fascinées par les furets. Que Hermione Granger soit soudainement à ton bras, sans ressembler à quelque chose que le chat a ramené ? Que tu l'aies fait arborer un joli petit symbole au poignet? Que tu caches tes pensées quand tu parles de ta prétendue conquête ? Ça, c'est sacrément fascinant. Explique moi ce qui se passe.
Draco le fixa, leva un sourcil, et demanda :
- Qu'est ce que tu penses de l'Ordre du phénix ?
- Probablement la même chose que toi. C'est une conversation qu'on a déjà eue. Est ce que tu changes de sujet, ou veux-tu arriver quelque part ?
- Qu'est ce que tu ressentirais si tu voyais arriver la fin de l'Ordre ?
- Comme une vie entière de Noëls qui se dérouleraient tous en même temps. Pourquoi ?
- Qu'est ce que tu sais à propos de Viviane ?, insista Draco.
- La Dame du Lac, qui a tout apprit de Merlin avant de le trahir et de l'emprisonner magiquement à l'intérieur d'un arbre. A terme, c'est elle qui a donné à Arthur tout ce qu'il a obtenu, dont la royauté.
- Rassemble les morceaux, Theo.
L'homme le regarda pendant un moment, appuyé contre le mur sale.
- Tu joues à un jeu dangereux. Est ce que tu lui fais confiance ?
- Implicitement, dit Draco avec un rire bas et rauque. J'ai plutôt intérêt. J'ai mis ma vie entre ses mains et lui ai dit de le faire de la façon dont elle souhaite pourvu qu'elle mette fin à l'Ordre.
- Des Mangemorts, encore ?
- Merlin, non.
Draco frissonna ouvertement cette fois.
- Pas de feux d'artifice, pas de tatouages, pas de joyeux terrorisme pour l'anarchie. Nous nous déplaçons lentement pour prendre le dessus, et faisons les choses à notre façon. Elle rallie les masses du peuple comme soutien, le troisième membre du trio d'or, si cruellement rejetée par eux. C'est la seule qui peut nous sauver de la corruption et la décadence de l'Ordre. Récupérer nos terres, démanteler le tribunal magique, retourner à un monde d'anciens privilèges et fonctions restaurés.
- Ça a une certaine allure, je l'admets.
- Theo.
Draco le regarda froidement, et dit d'un ton lourd de menaces :
- Elle est une sang-pure. Une pauvre âme infortunée qui a récemment appris ses véritables origines. Illégitime, bien sûr, mais sang-pure.
- Bien sûr qu'elle l'est, dit Theo en souriant. Comment une femme tellement, tellement douée en magie pourrait-elle être quoi que ce soit d'autre ? C'est tragique, vraiment, d'avoir grandi dans l'ignorance. Je présume qu'elle n'aime pas en parler ?
- Beaucoup trop douloureux, oui.
- Dois-je répandre des rumeurs ?, dit Theo en haussant les sourcils. Faire des allusions à propos de son passé mélodramatique ?
- Oh oui, approuva Draco, aussi souvent et à autant de gens que tu peux sans pour autant paraître suspect.
- A la Dame des Ténèbres, alors ?
Theo leva son verre en direction de son ami.
- Je ne l'appellerais pas comme ça en public si j'étais toi. Après l'autre, n'importe quel terme contenant le mot "Ténèbres" ou "Sombre" inquiète un peu les gens.
- Alors, à notre honnête héroïne en croisade politique.
Draco l'imita et leva son verre, et les deux hommes trinquèrent.
. . . . . . . . . .
Theo entra dans l'appartement d'Hermione qui, comme Draco n'avait toujours pas réussi à la convaincre de l'intérêt qu'elle aurait à déménager dans le sien bien plus grand, était toujours dans le même immeuble miteux. La seule vertu réelle de ce lieu était la lumière, qui se déversait des nombreuses fenêtres, ainsi que des lucarnes sales. La pièce était stérile, presque aucun mobilier, et certainement aucune décoration. Les livres s'empilaient contre les murs. Elle ne ressemblait à rien, à part peut-être à celle d'un étudiant à l'Université.
- Ça, dit-il, ça n'est pas vraiment ce que j'aurais attendu du quartier général de la nouvelle ère sombre.
- Je ne vais pas gâcher le temps du cercle restreint avec des apparats inutiles. Tu en fait partie, ou pas, et remplir la pièce de symbolisme exagéré ne va rien y changer.
Hermione s'était installée sans cérémonie sur un vieux fauteuil au centre de la pièce, ses pieds ballant par dessus un accoudoir, et sa tête soutenue par le second. Elle avait l'air d'une héritière, insouciante et oisive. Si ses doigts avaient tenu un verre de vin, l'illusion de décadence aurait été complète. A la place, cependant, ils tenaient une baguette fermement pointée sur Theo.
- Je vois que tu sembles penser que ta contribution sera d'une façon ou d'une autre utile.
Draco s'était positionné à l'écart. Il regardait, curieux de voir comment elle avait prévu de gérer la situation, et comment Theo allait se comporter avec cette version plus dangereuse de la fille qu'il avait nonchalamment méprisée, par principe, lorsqu'ils étaient enfants. Formé dans le monde cruel des politiques des ténèbres, l'homme ne bougea pas, pas plus qu'il ne se mit à plat ventre.
- J'ai compris que tu avais des plans pour nous débarrasser de l'ingérence de ces idiots et restaurer ce qui nous appartient.
Elle hocha la tête et fit basculer ses pieds vers le sol, de façon à ce qu'elle se tienne droite, et se leva.
- Je présume que Draco t'a expliqué le plan dans les grandes lignes ?
Elle poursuivit quand Theo confirma d'un signe de tête.
- Donc, voilà comment ça marche ici. Tu vas me donner ta baguette pendant que j'inspecterai ton esprit. Si tu ne m'es ni intéressant ni utile, je te lancerai un oubliettes et te renverrai d'où tu viens. Si tu es en fait déloyal, tu te retrouveras à Sainte Mangouste la bave aux lèvres, avec à peine assez d'intelligence restante pour savoir ce qui t'es arrivé. Si tu réussis le test, je laisserai un tout petit charme dans ton cerveau de façon à ce que, si par la suite tu aspirais à la trahison, j'aie un bouton off. Pour toi.
Draco se raidit brusquement, et elle lui sourit.
- Certains des livres que tu m'a apportés sur le légilimencie étaient très instructifs, surtout quand ils sont combinés avec ce que j'ai trouvé dans les archives au travail.
Elle sourit à nouveau, en ressemblant cette fois moins à une femme menaçant la mort elle même qu'à une enfant surprise à voler des cookies par un parent indulgent.
- Cependant, je dois admettre que je ne l'ai pas vraiment encore testé. Ça ne marchera peut-être pas.
- Est ce que Draco a aussi un interrupteur dans sa tête ?, demanda Theo en sortant sa baguette et en la lui tendant.
- J'ai d'autres moyens de contrôle sur Draco.
Elle s'empara de sa baguette et fit un geste en direction du sol, où l'homme s'agenouilla avec grâce, inébranlable même lorsqu'elle saisit sa tête et scruta son esprit à travers ses yeux.
Elle était si calme quand elle était concentrée. Draco n'avait jamais remarqué à quel point elle avait besoin de se concentrer quand elle se promenait dans son propre esprit. La question était de savoir si elle en avait besoin seulement avant d'avoir pénétré entièrement dans un esprit, ou s'il était vraiment un livre ouvert pour elle.
Une mouche voletait près de la fenêtre, tentant de s'échapper à travers le verre, et le bruit semblait retentissant dans cette pièce pleine de tension silencieuse. Draco contemplait son meilleur ami agenouillé sur le sol qui laissait son moi profond être retourné comme des poches avant une machine. Quelqu'un devait tuer cette maudite mouche. Pourquoi ça durait aussi longtemps ?
Finalement, elle recula, raffermit sa prise sur la baguette de Theo et l'enfonça durement sur sa nuque, tout en le jaugeant. Puis, elle pivota sur elle-même, se releva et la lui tendit.
- Prends ta baguette, Theodore Nott, et brandis-la pour notre but, pour la défense de ta Dame et pour ton propre honneur, comme cela doit être.
- Jusqu'à la mort, Ma Dame, murmura-t-il en la reprenant.
- Ce qui est, déclara-t-elle sèchement, toute formalité rituelle oubliée, ce que nous obtiendrons tous si nous foirons. Donc, tâchons de ne pas foirer, d'accord ?
Elle dirigea son regard vers la fenêtre, clairement irritée.
- L'un de vous va-t-il se décider à tuer cette maudite mouche ?
Theo donna un petit coup de baguette d'un mouvement rapide, et un éclair de lumière verte éblouit la pièce, qui ne fut soudain plus que silence.
- Impressionnant.
- Je suis le fils d'un Mangemort et ai eu le plaisir discutable d'être formé par les Carrows. Vous jugerez ma technique excellente.
Il se redressa et fit une révérence.
- Plus qu'excellente. Bienvenue dans notre groupe de -eh bien, « frères » semble horriblement patriarcal mais « fratrie » n'a pas vraiment le même sens, mais est sensiblement la même chose - …
- La Noble Compagnie ?, suggéra Draco en leur apportant deux coupes de champagne qu'il avait rapidement été chercher dans la déplaisante cuisine. J'ai pensé que nous devrions peut-être célébrer notre première recrue ?
- Nous, les heureux élus ?
Theo prit son verre et le leva vers Hermione.
- A vous, ma Dame, et au nombre grandissant de recrues, remplies d'hommes à l'estomac rodé au combat. Et de femmes.
Il fit une pause.
- C'est plutôt maladroit mais... Comment suis-je supposé vous appeler ?
Elle rit, et reposa son verre.
- Hermione convient parfaitement quand nous sommes informels ou en public. Garde le « Dame des Ténèbres » pour des occasions privées et formelles.
Elle fit signe aux deux hommes de s'asseoir en se glissant elle même sur sa chaise. Ils étaient tous détendus, Draco sur le sol, contre sa chaise, Theo sur la sienne.
- A présent, que faire de toi ? Y-a-il un intérêt à t'obtenir un travail au gouvernement ?
- Délicat pour un enfant de Mangemort, commenta Theo.
- Es-tu qualifié ?
Elle fit courir ses doigts sur les cheveux de Draco et il n'opposa aucune résistance visible. Theo contempla la scène, fasciné. D'autres moyens de contrôle sur Draco, en effet.
- Je suis très qualifié. Plus que qualifié.
- Recherche une position dans le gouvernement qui t'irait le mieux, quelque chose chose de plausible où tu pourras te frayer un chemin, et je ferai en sorte que tu sois retenu pour le poste.
Face à son regard interrogateur, elle ajouta :
- L'Imperium. Je suis populaire à présent, tu sais, particulièrement auprès des gens qui veulent connaître tous les potins sur le cher Ronald et son vilain petit problème. Je prendrais un café avec toutes les personnes susceptibles de penser qu'on devrait te donner une chance, les amènerai dans leur département et à la fin de notre sympathique conversation ils seront ravis de t'embaucher. Une fois entré à l'intérieur, cependant, tu devras te débrouiller seul. Sois compétent et commence à gravir les échelons. Recrute des gens qui nous sont sympathiques, même s'ils ne font pas encore réellement partie de notre Compagnie. Place-toi là où il faut.
- Je peux y arriver.
- Ne me déçois pas.
Son ton ne contenait pas le moindre soupçon de menace, mais Theodore Nott frissonna.
(1) s'encanailler : chuter socialement, se souiller en fréquentant le bas peuple, la canaille.
Note de l'auteur : Hermione et Theo font référence, dans leur discussion, au discours du jour de la Saint Crépin dans la pièce de Shakespeare Henry V.
"We few, we happy few, we band of brothers; / For he today that sheds his blood with me / Shall be my brother"
