Tiens donc, elle est toujours vivante, celle là? :)
Je suis de retour. Merci aux petits messages de soutien, comme j'avais précisé au chapitre précédent (qui date de septembre, oui, je sais ^^) que j'avais des problèmes personnels. Vous êtes adorables 3
Je ne vous promets rien concernant le rythme de publication, mais on peut envisager un retour à un chapitre par semaine.
Sur ce, je ne vous dérange pas plus longtemps, vous avez assez attendu! Bonne lecture!
- Parle-moi des mœurs et des traditions des sangs-purs.
Theo s'adossa au mur et regarda Hermione.
- Il est plutôt simple d'oublier ton enfance défavorisée, jusqu'à ce que tu poses ce genre de questions. Comment y as-tu survécu, au fait ?
Le cercle restreint se tenait dans l'appartement d'Hermione. Ces rassemblements informels avaient lieu chaque semaine et s'étaient progressivement transformés en réunions et en séances de planification.
- Inutile de rabâcher sans cesse mon passé. Comment décrirais-tu vos coutumes sociales ?
- Conservatrices.
Draco était assis dans l'unique fauteuil, penché vers les autres. Ils étaient étendus sur le plancher avec Hermione.
- C'est une question d'éducation. On attend de toi que tu te marries jeune, et avec le bon parti. Les femmes restent à la maison, ont des enfants – désolé Pansy, mais c'est la vérité et tu le sais – et s'occupent des œuvres de charité et du jardinage. Elles utilisent ensuite ces relations pour appuyer les buts politiques ou économiques de leur mari.
Pansy Parkinson roula des yeux et murmura :
- Certaines choses ont changé, Draco.
- Seulement jusqu'au moment où tu te marieras, grogna Theo. Il est parfaitement respectable pour toi de nos jours d'enseigner, de travailler au Ministère ou d'être infirmière, tant que tu es célibataire. Mais que feras-tu quand tu ne le seras plus, Pansy ? Tu continueras à aller travailler ? Ou tu commenceras à diriger le club local de jardinage afin de l'utiliser comme un moyen détourné de gagner de l'influence ? Et distribuer des paniers de nourriture en jouant les dames généreuses ?
- Salaud, souffla-t-elle.
- Tu te dois aussi d'être discrète, sérieuse, assidue et vertueuse, ajouta Blaise. Enfin, les femmes sont supposées être vertueuses. Tant que je reste discret...
- Charmant, dit Hermione en levant les yeux au ciel. Donc, en restant dans l'optique conservatrice des puissantes familles de sang-purs, comment décririez-vous cette image ?
Elle fit glisser le journal du jour au centre de leur petit groupe. Ron se tenait dans un de ces bars dorés, entourés par de jeunes femmes, un verre de champagne à la main. Derrière eux, une danseuse de cabaret montrait ses seins quasiment dénudés en direction de l'appareil photo.
- Chaude ? Demanda Blaise alors que Theo étouffait un rire. Pansy leur fit les gros yeux.
- Dégoûtant, déclara sèchement Pansy. Je suis surprise que Molly Weasley l'autorise encore à pénétrer dans la maison familiale, pour être honnête. C'est un déshonneur. Excuse-moi, Hermione, je sais bien que tu avais un faible pour lui.
- « Avais » est le bon terme. Au passé, souffla Draco.
- C'est tout ? Interrogea Hermione.
- Oh, il y a plus, dit Theo en l'observant. Tu rougirais si tu savais ce qu'il peut se passer derrière les portes closes. Pardonne mon traditionalisme latent, mais les jeunes femmes de bonne éducation ne sont pas sensées savoir ce genre de choses, et surtout pas si c'est moi qui me charge de l'expliquer. Non pas que tu sois une jeune femme de bonne éducation, je dirais plutôt élevée par les loups, mais... crois moi, il te suffit de savoir que ce n'est pas joli.
- Il y a aussi tous les trucs ostentatoires, ajouta Draco.
- Tout à fait, dit Pansy. Ce bracelet que tu portes ? C'est à peine un cadeau approprié à présent que vous êtes fiancés. La seule raison pour laquelle ça reste acceptable, c'est que tout le monde sait qu'il ne s'agit que d'une question de temps. Mais les membres de l'Ordre couvrent les femmes de joyaux, fourrures, et que sais-je encore. Et ensuite ils se promènent dans les rues comme ça, avec des gens qui meurent de faim assis dans l'ombre.
- Ils jettent des pièces à des gens dont ils ont saisi la maison, marmonna Théo.
- Pour le moment, je ne veux pas toucher à ces problèmes de bénéfices de guerre, émit Hermione dans un murmure. Nous y arriverons bien assez tôt. Je veux attiser la haine et le ressentiment de manière plus subtile dans un premier temps. Pansy, dit-elle en se tournant vers elle, peux-tu te trouver seule un travail de colporteuse de rumeur dans un journal à scandales ou as-tu besoin de mon aide? Tu peux très bien exercer en free-lance, ça ne fait rien.
Pansy haussa les épaules.
- Ma famille a toujours assez d'influence, qu'importe la pauvreté dans laquelle nous sommes en ce moment. Cela devrait être plutôt simple pour moi d'écrire une chronique mondaine. Qu'elle est votre volonté, ma Dame ? , dit-elle, soudain formelle.
- Je veux que tu écrives article sur article à propos des vies des membres de l'Ordre. Sois généreuse en détails. Ne mens pas : tu n'en auras même pas besoin. Mets juste l'accent sur les choses qui fâchent. Les femmes, les fêtes, leur train de vie fastueux. Explique qu'ils courent après les plaisirs, déchargés de toute responsabilité. Rabâche ces thèmes encore et encore jusqu'à ce que personne ne pense encore que l'Ordre - et certains officiels du Ministère- ne sont rien d'autre qu'un groupe d'irresponsables hédonistes.
- Mais, se plaignit Greg qui s'était tenu silencieux jusqu'alors et fixait les poitrines des femmes de la photographie, toutes ces choses sont vraies.
- Bien évidemment. Cela serait bien moins efficace si elles ne l'étaient pas.
Hermione fit de nouveau face à Pansy, qui souriait froidement d'un air entendu.
- Tu me dis que tu es surprise que Molly Weasley ne chasse pas Ronald de son foyer, étant donné son mode de vie actuel. Imagine à quel point un flux constant de ce type d'informations pourra affecter une mère de famille rurale qui peut à peine nourrir ses enfants, ou un laboureur qui a travaillé dur toute sa vie pour finalement voir sa ferme saisie pour que des héros de guerre puissent nager dans le champagne.
- Ils vont les haïr.
- Exactement. Et une fois que le ressentiment général à propos de la décadence dont ils peuvent jouir aura grandi, nous pourront alors faire filtrer par d'autres voies les histoires d'abus, de saisies et de profiteurs.
Hermione tapota le sol de ses doigts, pensante.
- Je devrais aussi vous laisser faire un reportage sur moi, contenant des photos de cet appartement.
- Mais c'est un taudis, souffla Pansy, tu n'as même pas de téléviseur ici.
- Élevée par des moldus, tu te souviens ? Je ne trouve pas leur technologie spécialement exotique ou intéressante. De plus, les redevances télévision du ministère sont exorbitantes.
- Donc c'est pour cette raison que tu n'emménageras pas chez moi, comprit Draco avec une grimace, répondant seul à cette question qui le taraudait. Cet appartement est un plateau. Tu te mets en scène en tant qu'Hermione Granger, la seule membre de l'Ordre de Phénix à vivre simplement, la seule qui défend des valeurs anciennes et sincères. Celle qui veut faire changer les choses au lieu de fêter jusqu'à l'aube.
Elle pivota vers lui et lui sourit.
- C'est pour cette raison, c'est vrai, mais aussi parce qu'il est difficile de se présenter comme les défenseurs des mœurs traditionnelles si nous vivons dans le pêché.
- Avez-vous choisi une date, tous les deux ?
Pansy avait sorti un calepin et commençait à écrire.
- Nous ne sommes pas techniquement engagés, Pans.
Draco se renfonça dans son fauteuil et grimaça.
- Regarde sa main. Pas de bague.
- Hum hum.
Pansy ne prit pas la peine de regarder et continua :
- Si vous êtes tous les deux d'accord, j'aimerais écrire un article à dimension humaine sur Hermione, une sorte de «Qu'est-elle devenue » avant que cela ne devienne officiel. Je pourrais y faire allusion et laisser quelques indices, et ensuite je posterais un second article sur ta demande en mariage. J'aimerais montrer que c'est le grand amour entre vous. La plupart des gens n'iront pas voir plus loin que son statut de sang officiel : vous représenterez la grande unification du monde de l'après-guerre, la réconciliation, mettant de côté les vieux préjugés, bla, bla, bla.
- Mais tu sais que ce n'est pas le cas, glissa Draco en la fixant.
Pansy arracha la photo des mains de Greg d'un coup sec et la lança plus loin.
- Arrête de les reluquer. Oui, Draco, bien entendu. Mais je n'ai pas envie de raconter aux mères de famille du nord rural que le personnage d'homme romantique que nous prévoyons de leur offrir n'envisagerait jamais de sortir avec leurs misérables filles sang-mêlées. Ce n'est qu'une belle histoire, et celle de la princesse sang de bourbe est trop bonne pour que j'y résiste. Même si nous savons tous ici que tu ne l'aurais jamais touchée si elle était vraiment une sale petite sang de bourbe.
Elle posa son regard sur Hermione.
- Bien sûr, c'est seulement si tu considère cela comme acceptable.
Draco se demanda si Pansy avait remarqué la façon dont Hermione s'était raidie. Il présuma que non.
- Évidemment. J'encourage ton initiative. Fais ce que tu as à faire pour introduire les personnages des différents acteurs de cette pièce. Mais garde ça …
Hermione fit un geste pour englober la pièce et leur petit groupe regroupé par terre.
- … Secret. Personne n'a besoin d'être au courant.
Pansy approuva de la tête.
- Je veux ta cicatrice sur les photos.
Hermione haussa les épaules.
- Peu de gens peuvent se vanter d'avoir une signature aussi pratique. Il va de soi que nous allons l'utiliser.
Theo leva la main en l'air.
- On est vraiment sensés faire ça ? Demanda Greg en le voyant.
Blaise roula des yeux.
- Honnêtement, comment tu y arrives ?
Theo tenait le journal ouvert à la page d'un article intérieur, et le leva au dessus de sa tête.
- Si j'ai réussi à vous faire taire, tous les deux, et à passer à autre chose que la petite mission d'écriture de Pansy... Est ce que quelqu'un avait remarqué ça ?
Hermione tendit la main vers lui et il lui passa le journal. Elle parcourut rapidement les gros titres, et fronça les sourcils.
- Eh bien , voilà quelque chose que je n'avais pas anticipé.
Draco lut l'en-tête par dessus son épaule. Harry Potter prépare sa candidature de Ministre de la Magie. Peut-être qu'à présent elle relâcherait enfin sa laisse, et le laisserait régler ça à sa manière.
- Non, Draco, dit Hermione sans même le regarder.
Pansy éclata d'un rire grinçant, et il la foudroya du regard par dessus les têtes des autres.
- Greg, j'aimerais que tu recrutes Astoria Greegrass. Daphne aussi, si tu le peux, mais Astoria est celle que je veux vraiment. Blaise, pendant que nous augmentons le nombre de membres, vois si tu peux essayer d'appâter Luna Lovegood.
- Je tiens à dire, intervint Blaise en s'étirant sur le sol, la tête appuyé sur son coude pour regarder Hermione, que te rejoindre a certainement des bénéfices. Theo et moi avons un bon travail au Ministère. Et maintenant tu ordonnes à Greg de partir et de profiter du plaisir de la compagnie d'une fille qu'il a contemplé pendant des années.
- Luna Lovegood, c'était pas la fille bizarre ?, demanda Greg.
- Nous ne pouvons pas nous restreindre le cercle réduit à votre petite bande de notre année.
Hermione s'adossa aux jambes de Draco qui commença à enrouler une mèche de ses cheveux autour de ses doigts, et continua :
- Si nous voulons prendre le contrôle du monde sorcier, nous allons avoir besoin d'un peu plus de ressources. Considérez cela comme une opportunité de rencontrer de nouvelles personnes, de vous faire des amis.
- Mais je connais déjà Astoria, dit Greg en la regardant.
- Tais toi, mon gars, avant que tu ne te tapes Luna et que c'est moi qui me retrouve avec Astoria, rigola Blaise.
- Theo, tu peux rester quelques instants ?
Le ton d'Hermione était clairement une injonction au reste du groupe de lever la séance. Ils commencèrent à se lever et à épousseter leurs vêtements.
- Pansy, j'attends avec impatience de pouvoir lire ton travail, organise les parties sur moi avec Draco. Blaise et Greg, faites moi savoir quand je devrais prévoir du temps pour rencontrer vos nouveaux amis.
- Mais..., commença Greg avant que Blaise ne l'interrompe en murmurant.
- Essaye de ne pas être stupide pour une fois, Greg. Elle sait très bien que tu connais la fille. C'est pour ça qu'elle t'a demandé de la recruter. Allez, on y va.
Il entraîna l'autre homme à sa suite en ouvrant la porte. Pansy suivit en se moquant de Greg. Le journal quant à lui était toujours sur le sol, ouvert à la page de l'article sur Harry et d'une pub rappelant aux gens que les permis d'objets moldus pouvaient être obtenus le mardi et le jeudi au Ministère.
- Theo, commença Hermione en lui souriant, avant que nous commençons, tu as demandé à me parler en privé ?
Elle jeta à regard à Draco derrière elle qui se leva obligeamment.
- Je vais acheter quelque chose pour le dîner.
Alors que la porte se refermait derrière lui, il entendit Theo commencer à parler d'un voix basse et des bruissements de papier. Quand il revint, Hermione semblait assez satisfaite.
- J'ai peur, dit-elle en le rejoignant dans la cuisine alors que Theo quittait l'appartement et que le blond déballait le curry, de ne pas pouvoir passer beaucoup de temps avec toi, comme je vais consacrer mes journées à mon futur volontariat à l'orphelinat.
- Le Centre Commémoratif de l'Ordre pour les Orphelins de Guerre ?, demanda-t-il en haussant les sourcils. Puis-je te demander pourquoi tu as soudain ce besoin urgent de faire de la charité ? Est-ce que ça a quelque chose à voir avec la vaine « préparation » de Potter de sa candidature au Ministère ?
- Oh, je doute qu'Harry se présente vraiment, et s'il le fait, ça ne durera pas.
Hermione ouvrit un tiroir et fouilla à l'intérieur, à la recherche d'une grande cuillère.
- Et non, tu ne peux pas le tuer.
- Tu me gâches tout le plaisir, dit-il en songeant à lui embrasser le bas du coup, se demandant comment elle réagirait, mais sérieusement, des orphelins de guerre ?
- Travailler avec des enfants abandonnés me paraît être une cause très à propos, tu ne trouves pas ? Et si j'ai d'autres raisons d'aller là bas, raisons que Theo vient de me rapporter, eh bien, le temps nous dira si elles jouent en notre faveur.
Elle se retourna et se rapprocha de lui, le tirant doucement vers elle pour le mettre à sa hauteur.
- Rappelle-toi, souffla-t-elle contre sa peau, tu ne peux tuer quelqu'un qu'une seule fois. Mais l'humiliation publique qui nous catapulte au pouvoir ? Nous pouvons la savourer encore...
Elle l'embrassa sur le bord des lèvres.
- Et encore...
Puis sur l'autre.
- Et encore.
Il la poussa contre le plan de travail, se pencha vers elle, la bouche contre sa peau, appréciant la façon dont son corps se pressait contre le sien, et combien ils se fondaient parfaitement l'un sur l'autre.
- Parfois, murmura-t-il, ses lèvres à présent sur le côté de sa nuque, la façon dont ton cerveau fonctionne me terrifie.
- Seulement parfois ?
- Parfois je pense à autre chose.
L'homme feuilletait les pages d'un journal.
- Je ne comprends pas pourquoi tu achètes ce magazine. Ce n'est que de la presse à scandales. Qu'est ce que c'est cette fois ? Une autre garde robe détaillée de Ginerva Potter ?
La femme rit, puis ajouta :
- Quand tu vois combien coûtent ces robes, on aurait pensé qu'il y aurait plus de tissu dessus, hein ?
- Répugnant, tous autant qu'ils sont. Elle, son frère, tous ceux de l'Ordre.
- Et elle ?
Sa femme lui reprit le journal des mains. Hermione se tenait dans son immeuble simple, sans ascenseur. Elle était baignée de lumière et souriait timidement au photographe. La légende titrait : « La membre perdue du Trio d'Or nous parle de son travail avec les orphelins de Londres ».
- Qu'est ce qu'elle devient depuis la guerre, d'ailleurs ? On n'entend pas beaucoup parler d'elle.
- Ils disent qu'elle a un petit travail peu qualifié au Ministère, et qu'elle passe son temps à faire du bénévolat. Elle sort avec Draco Malfoy, et l'article suggère qu'il prévoit de lui demander sa main très bientôt.
L'homme se racla la gorge bruyamment.
- Donc le reste d'entre eux sort faire la fête et elle, reste coincée dans les paperasses du Ministère, hein? Il faut croire qu'être la née-moldue dans leur groupe n'a pas si bien marché que ça. Ces bâtards du Phénix sont en fait aussi pourris que ces maudits Mangemorts.
Il fit une pause.
- Au moins elle s'habille décemment. Malfoy... Ce n'était pas l'un de ces types louches ?
La femme haussa les épaules et reposa le papier.
- Je ne l'ai jamais vu. Sa mère venait par ici autrefois, pour s'assurer que les enfants des petits fermiers du coin avaient les vêtements et les livres dont ils avaient besoin pour l'école. C'était une dame distinguée, pour sûr.
- Plus responsable qu'eux qui sont au pouvoir, c'est sûr.
- Hum.
Narcissa enveloppa Hermione de son regard.
- Il a fait un travail décent en vous habillant, mais vous avez besoin d'un meilleur sac.
Elle était assise à une petite table. Draco avait emmené Hermione jusqu'à elle, embrassé sa mère, et leur avait hâtivement faussé compagnie. Elle va organiser le mariage, avait-il dit à Hermione. Tu ne saurais pas comment envoyer les bons signaux. Elle a déjà accepté. Réfléchis juste aux détails que tu veux mettre en place et ce sera fait.
Cependant, Narcissa semblait moins s'intéresser au mariage qu'à l'examen de sa future belle-fille.
- Je vous demande pardon ?
- Une personne ambitieuse devrait toujours porter de bonnes chaussures, et avoir un bon sac. Tournez-vous.
Narcissa dit un petit geste circulaire avec et son doigt et Hermione, complètement ahurie, s'exécuta et effectua un cercle complet.
- Oui, nous allons vous trouver un nouveau sac, mais les vêtements sont une vraie amélioration.
- Je me réjouis que vous approuviez.
Le ton d'Hermione était d'une rigoureuse politesse.
- J'ai cherché dans les vieilles éditions du Prophète ce que vous portiez auparavant. L'influence des Weasleys était plus qu'évidente. Hideux. Ceci, dit la femme en faisant un geste vers la robe d'Hermione, est bien mieux. Le bracelet est une jolie touche. Subtil, bonne qualité. Donc, aimez-vous mon fils ?
Hermione sourit, puis dit doucement :
- Draco et moi sommes parfaitement appropriés. Nous nous comprenons l'un l'autre. Il est... rare... de trouver une personne qui vous accepte telle que vous êtes.
- Excellent, dit Narcissa avec une grimace. Je n'étais pas satisfaite de le voir se lier avec vous. Je pense que vous préférez que je sois franche avec vous, n'est-ce pas ? Votre naissance, que l'incroyable histoire de mon fils soit véridique ou non, est bien plus basse que la sienne. Vous vous en êtes néanmoins bien sortie dans le monde sorcier, et je suppose que, par les temps qui courent, je devrais me réjouir qu'il ait trouvé une femme du côté des vainqueurs qui ne soit pas une petite cruche sans cervelle à la recherche des plaisirs. J'ai cru comprendre que vous dédiiez votre temps à l'orphelinat ?
- C'est exact, en effet.
Hermione se demanda si ce changement radical de sujet était révélatrice d'une pensée désordonnée ou d'une volonté de la déstabiliser.
- Une excellente occupation pour une jeune femme. Et un bien meilleur choix que celui de vos amis.
- Je crains de vous décevoir, Mrs. Malfoy, si vous espérez que ma relation avec votre fils vous apporte des liens plus étroits avec l'Ordre du Phénix pour votre famille. Je suis presque complètement étrangère à mes anciens amis, à présent.
- Un éloignement qui montre tout votre bon sens. Quand avez-vous appris la vérité au sujet de vos parents ?
- J'ai peur de ne pas comprendre votre question.
Hermione s'assit dans la chaise en face de Narcissa, posa les mains sur ses genoux et sourit calmement à la femme qui la questionnait.
- Vous n'avez peur de rien. La dernière fille qu'il m'a apportée a tremblé tout du long, au point que j'ai pensé qu'elle laisserait derrière elle une ligne d'épingles à cheveux tombées de son absurde coiffure. Mais vous, vous vous êtes assise là, fière et audacieuse. Bien.
Narcissa acquiesça vigoureusement.
- Un Malfoy ne devrait pas être effrayé. A présent, parlez-moi de vos parents.
- Mes parents ont émigré vers l'Australie. Vous n'attendez sûrement pas de moi que je répudie les personnes que j'ai connues ma vie entière ?
Narcissa sourit à la jeune femme.
- Non. Non, certainement pas. Venez, dit-elle en se levant, allons donc vous trouver un sac plus approprié. Il semble que ce soit Molly Weasley qui vous en aie fait cadeau. Pathétique. Etes vous sûre d'être heureuse que je planifie ce mariage ? Il est inhabituel pour la mère du marié d'apporter autant de contribution mais je suppose qu'étant donné votre...
- Oui, dit Hermione, souriante, en se levant. Je serais ravie de laisser toute cette affaire en vos mains compétentes, si vous le voulez bien.
- Vous savez, je peux planifier, certes, mais vous devrez payer. N'importe quoi d'autre donnerait l'impression que mon fils vous achète.
- Pourrez-vous faire en sorte que cela reste simple ?
- Oh, oui, un simple événement de jardin. Nous mettrons des fleurs blanches dans vos mains, des choses qui viennent de l'étal du marché, pas d'orchidées, rien d'exotique. Nous ferons en sorte que tous les invités apprécient votre propriété, qui se démarquera d'autant plus en comparaison de la luxure vos anciens associés. Vous ne voulez pas inviter les Weasleys, n'est ce pas ?
Narcissa semblait soudain horrifiée.
- Pourquoi haïssez-vous autant cette famille ? Vous, Draco, tous ses amis ? Ce ne sont pas les absurdités de l'après guerre, non, Draco le détestait déjà à l'école .
- Vous avez besoin de demander ça ?, dit Narcissa en regardant la jeune femme. Et il me disait que vous étiez intelligente. Asseyez-vous.
Elle lui indiqua la petite table et Hermione accrocha la lanière de son sac à main au dossier d'une chaise avant de s'asseoir à nouveau. Narcissa la rejoignit, ses doigts martelant furieusement le bois de la table.
- Ne vous ont-ils pas accueillie dans leur foyer ? N'y avez vous pas passé toutes vos vacances ?
Hermione acquiesça, sa tête légèrement penchée alors qu'elle attendait ses explications.
- Ils vous ont effectivement logée, nourrie, puis ils vous ont rejetée.
- Eh bien, Ron..., commença Hermione.
- Idioties, coupa Narcissa d'une voix cassante. Si vous aviez été accueillie sous mon toit, vous auriez été ma fille. Il n'aurait pas été requis que vous mainteniez votre relation avec mon fils en vue d'avoir une famille. Je réalise, Miss Granger, que vous n'avez pas la moindre idée du comportement que vous devez adopter dans notre monde, mais même vous pouvez vous apercevoir que les Weasleys sont d'insensibles et égoïstes créatures. Ils ne se préoccupent que d'eux mêmes. Ils sont aveugles à toute décence, toute obligation. Elle vous avait accueillie, elle avait une responsabilité envers vous. Elle, eux, ont trahi notre monde, notre héritage avec leur continuelle vision étroite et leurs choix intéressés. Des traîtres à leur sang, tous autant qu'ils sont.
Son aînée soupira soudainement, comme épuisée par sa brève tirade.
- Quelle pitié, vraiment, que l'ancienne coutume de refuge ait quasiment disparu. Si cela n'avait pas été le cas, vous ne seriez pas dans une institution à faire la lecture aux petits sans famille, ils auraient des foyers décents. Les enfants, Miss Granger, sont un trésor qui n'a pas de prix. Quand nous nous détournons d'eux, les enfermons dans des orphelinats, les rejetons de nos foyers, nous empoisonnons les racines de notre propre culture.
- Expliquez moi ce que vous voulez dire par «refuge ».
Hermione s'était penchée en avant, toute son attention fixée sur Narcissa.
- Habituellement, par le passé, si un enfant se trouvait sans parents, ce qui arrive moins souvent de nos jours -si on exclu les orphelins de guerre, bien sûr-, cet enfant était pris en charge par une famille fortunée, et élevé dans leur foyer comme s'il était le leur. De la même façon, si vous aviez des métayers sur vos terres, vous deviez vous assurer que leurs enfants aient assez à manger, de quoi s'acheter des livres pour l'école, ce genre d'attentions. De vieilles habitudes, de vieilles coutumes. En théorie, le ministère assure lui même toutes ces choses à présent.
- Pas vraiment, murmura Hermione en repensant aux enfants qu'elle avait vus.
- Non, approuva Narcissa. Pas particulièrement bien.
- Quoi qu'il en soit, dit soudainement Hermione époussetant sa jupe, concernant les invités, je pense que les choses se dérouleront plus harmonieusement si nous gardons seulement les amis de Draco, les personnes que vous jugerez appropriées, et peut-être également mon amie d'école Luna.
- Luna...
Narcissa leva un sourcil.
- Lovegood. Elle est la fille de Xenophilius.
- Un homme respectable, bien qu'excentrique. Et Harry Potter ?
- Non. Il n'y assistera pas.
Hermione sourit à Narcissa.
- Vous me laisserez choisir ma robe, j'espère, même si vous planifiez le reste ?
- Tant que qu'elle ne ressemble en rien à cet horrible sac.
Comme d'habitude, si vous avez un commentaire, une question, n'hésitez pas à laisser une review :)
Les choses s'accélèrent pour nos comploteurs...
