Merci pour toutes vos reviews/favs/follows, ça me fait vraiment plaisir *^*
J'ai trouvé ce chapitre très long à traduire, pourtant j'étais dessus tous les soirs depuis une semaine! Je pense que c'est parce qu'il est vraiment très dense...
Mais je vous laisse le découvrir par vous mêmes :)
Oh, et si vous pouviez m'aider dans ce dilemme existentiel: pour séparer les différentes parties du récit quand il y a une coupure, vous préférez les trois petits points du chapitre précédent ou la grande ligne comme dans ce chapitre? (Ça me préoccupe vraiment ho! x) Perfectionniste? Nan.)
- Dis moi quelque chose que j'ignore sur toi.
Hermione avait la tête posée sur les genoux de Draco qui jouait avec ses boucles en les enroulant une par une autour de ses doigts.
Il commençait à réellement apprécier cet appartement, en dépit du manque de mobilier. Il y avait de pires endroits où se trouver, pensa-t-il. Appuyé sur l'unique fauteuil, cette femme tout contre lui, tout deux baignés dans la lumière provenant des très nombreuses fenêtres.
- Je t'aime bien ?
- Ça, je le sais déjà. Essaie encore.
- Je suis un petit con élitiste ?
- Je le savais aussi. Tu n'es vraiment pas doué à ce jeu.
- Oh, c'est donc un défi, belle sorcière ?
Draco tira une mèche de ses cheveux et elle fit semblant de faire la moue. Après un silence, il dit doucement :
- J'étais terrorisé par Tom Riddle. Complètement terrifié. Quand il est mort, j'étais encore tellement paralysé que je n'arrivais même pas à me sentir soulagé. Tout ce que j'arrivais à penser, c'était que «Même la prison ne pourra pas être pire ».
Elle regarda ses yeux au dessus d'elle. Gris, et obturés par des souvenirs douloureux.
- Pourquoi recommencer, alors ?
- Toi ?
Il cligna des yeux, tentant de revenir au présent.
- Tu es différente. Riddle torturait avec plaisir les gens qui arrivaient en retard aux conseils. Tu n'es ni mauvaise ni folle. En plus, tu n'as pas de serpents. J'ai horreur des serpents géants.
- Tu as peur des serpents ? Toi ?
- Va un peu regarder un serpent manger quelqu'un et dis moi comment tu te sens après ça.
- Tu marques un point.
- Et aussi, toi...
Il se pencha et effleura son front de ses lèvres.
- … comme je pense l'avoir mentionné plus tôt, toi, je t'aime bien.
Hermione leva une main vers lui et caressa sa mâchoire de ses doigts. Il tourna la tête pour les embrasser, et, avec un grognement, enroula ses bras autour d'elle et la redressa à sa hauteur.
- Toi, tu es sans doute la femme la plus intéressante que j'ai jamais rencontrée.
Il fit courir sa langue autour des lèvres de la jeune femme, puis la glissa entre elles alors qu'elle les entrouvrait à son contact. Leur baiser commença avec la curiosité de deux personnes qui se découvrent lentement, les mains de Draco agrippant la nuque d'Hermione pour soutenir sa tête, et devint de plus en plus frénétique et passionné jusqu'à ce qu'elle soit obligée de se tortiller pour se libérer, haletante. Il mordilla sa lèvre inférieure et murmura en la sentant réagir :
- Oui, décidément, tu es vraiment intéressante.
Les yeux de la jeune femme étaient vitreux, et ses pupilles dilatées. Elle se déroba et le regarda.
- J'ai besoin de... Tu dois partir, bafouilla-t-elle. Va faire tes recherches, ou n'importe quoi.
Une fois dans la rue, le cœur de Draco battait toujours la chamade. Il avait sagement quitté son appartement pour commencer ses recherches, comme il en avait reçu l'ordre. Tout en marchant, il heurta de plein fouet un homme qui l'avait regardé quitter l'immeuble et qui l'intercepta discrètement.
- Ta petite amie sang-pure, hein ?
- Elle va finir par me tuer avant le mariage si ça continue comme ça, grogna Draco.
L'homme rit, puis se rendit compte en attrapant son regard qu'il n'était qu'à moitié ironique.
- Dites à la Dame que le peuple est prêt à se dresser à ses côtés.
Puis il partit, laissant Draco seul, aveuglé par la lumière du soleil de l'après midi.
Ginny Potter, née Weasley, détourna la tête en croisant Hermione et prétendit ne pas la voir.
Draco s'était installé dans un coin d'un bar pour ses recherches, heureux et confortablement seul avec son dîner qu'il venait de commander et une bonne bière en face de lui.
Il entendit un bruit de chaise qu'on retirait de la table à côté de lui, et il se retourna pour se retrouver face à face avec le visage inopportun de Ron Weasley. Une de ses nombreuses conquêtes se tenait derrière lui.
- Elle est frigide, tu sais.
- Ta nana ?
Draco la pointa du doigt en lui jetant un coup d'œil. La subtilité n'était visiblement pas son fort, que ce soit au niveau de ses vêtements ou dans l'application de son maquillage.
- Si tu le dis. Mais c'est un peu grossier d'annoncer ça comme ça. Dans tous les cas, ce n'est pas mon problème si ton petit oiseau de paradis n'est pas comme tu l'avais imaginée.
- Non, sale fouine. Je parle de Mione.
Draco renifla sans pouvoir sans empêcher. Le souvenir d'Hermione un peu plus tôt remonta aussitôt à la surface : sa bouche sur la sienne, ses doigts dans ses cheveux, la vue de la jeune femme cambrée vers l'arrière alors qu'il embrassait son cou, le son de sa voix gémissant son nom...
Ces images firent émerger son fameux sourire sarcastique, et il observa Weasley en se demandant encore une fois ce qui n'allait pas avec cet homme. Frigide ? Sérieusement ? Elle était calculatrice, sournoise, fourbe, sans respect des règles, et elle avait propension à utiliser les gens sans arrière pensée, avec une patience terrifiante. Mais frigide, non. Même sans n'avoir jamais réellement fait l'amour avec elle – du moins pas encore – il en était certain.
- On m'a toujours appris qu'un gentleman ne devait pas faire de commérages. Et surtout pas à propos d'une dame. Maintenant, si tu veux bien m'excuser...
Il se replongea dans son livre.
- Qu'est ce que tu fais avec elle de toute manière ? C'est juste une sang de...
- Fais attention, Weasley, dit Draco sans relever les yeux.
… Née-moldue. Et depuis quand est ce que tu te préoccupes du mot « sang de bourbe » ?
- Depuis que je me suis, disons, épris de Miss Granger. Nous sommes adultes à présent Weasley, du moins je le suis. Traverser une guerre... Ça change les gens. Et heureusement pour moi, elle ne me tient pas gré de mes anciennes provocations enfantines.
Il jeta un regard vers la femme qui l'accompagnait. Elle semblait de moins en moins à l'aise au fil de la conversation et se tenait en retrait derrière le roux.
- Weasley, si tu comptes vraiment rester avec moi, va au moins chercher une chaise à ton rencard.
- Elle peut aller la chercher toute seule, dit-il d'un air méprisant.
- Non, c'est bon, je dois aller aux toilettes de toute façon.
Et elle s'enfuit rapidement sur ses talons trop hauts.
- Tu as de bien charmantes manières.
Ron ne sembla pas remarquer le ton sec de Draco.
- Qu'est ce que tu lis ?, dit Ron en lui prenant le livre. Transubstantiation avancée. Quel connard amènerait un putain de manuel dans un bar ?
- Probablement un qui s'intéresse au sujet. Ça devient pénible, viens en au fait et pars avant que je n'appelle la sécurité.
- Reste loin de Mione.
- Je ne crois pas, non.
Draco s'autorisa un lent sourire langoureux.
- En fait, je pense que je vais continuer à ne pas rester loin d'elle pendant très, très longtemps.
- Elle n'est pas ton genre !
Le rouquin plissa les yeux dans ce qui devait être une tentative de paraître intimidant. Draco, qui avait vécu avec un Seigneur des Ténèbres et qui s'était fiancé avec une Dame tout aussi sombre – quoique bien plus attractive – se mit à rire. La simple idée qu'il pourrait être intimidé par un soûlard agressif était risible. Il étudia l'homme du regard. Clairement, il le considérait comme un rival. Après des années à se vautrer dans le plaisir, il avait l'air d'une personne usée, abîmée. La richesse n'avait pas été clémente avec Ronald Weasley.
Draco se pencha en avant, vers lui.
- Brillante ? Magnifique ? Hermione est tout à fait mon type.
- Tu ne devrais même pas avoir le droit de prononcer son nom, sale Mangemort, souffla Ron en se raidissant.
- Oh, mais j'en ai parfaitement le droit, répliqua Draco d'une voix traînante. J'ai le droit de dire le nom de ma fiancée aussi souvent que j'en ai envie, et de l'entendre dire mon nom en retour - parfois de façon vraiment charmante.
Il fit mine de regarder ses ongles, avec une nonchalance savamment étudiée.
- Et... Bien que tu l'aies sans doute oublié, j'ai été jugé non coupable à mon procès. Pardonné grâce mon âge.
Ron pâlit à l'entente du mot fiancé, puis lança, fulminant de colère :
- Tu as acheté ton pardon, ouais.
- Je t'assure que si la corruption fonctionnait, mon père ne serait pas mort en prison.
Draco leva les yeux vers lui.
- De plus, est-tu vraiment en train de suggérer que le Ministère est corrompu ? Nos dirigeants seraient-ils des pourris ?
Quelques tables autour d'eux commençaient à prêter attention à leur conversation, et Draco se demanda s'il pouvait réussir à amener l'homme à le frapper sans pour autant sembler trop hostile lui même.
- Si ça peut te réconforter Weasley, continua-t-il, mes intentions sont honorables, comme on dit. Après tout, je vais épouser ton amie. Pardon, ton ancienne amie. Elle te hait, tu sais. Si tu pouvais être assez gentil pour me dire ce que tu lui as fait, ça m'arrangerait : elle refuse d'en parler. J'ai bien sûr ma petite idée, mais sans confirmation, mon idée reste bancale. Blaise – tu connais Blaise de l'école, je présume – a suggéré que tu avais, comment dire... des problèmes de performance. Serait-ce pour ça que tu lui en veux autant et que tu as rompu avec elle ? A cause de la honte ? Ils ont des traitements pour ça, tu sais. Pour les problèmes de performances, je veux dire, pas pour la honte qui en résulte.
Il se pencha un peu plus vers lui, comme s'il parlait avec un ami, tout en haussant légèrement la voix pour être sûr que leur conversation atteigne leurs spectateurs curieux.
- N'aies pas honte, Ronald. Ça peut arriver à n'importe qui. Enfin, ça ne m'est jamais arrivé à moi, mais tu ne devrais pas avoir peur de demander de l'aide.
- Je parie que cette pute frigide ne t'as même pas ouvert les cuisses !
L'alcool et la frustration avaient poussé Ronald Weasley bien au delà de son vague but initial, et il était à présent clairement dans le registre du « je me ridiculise publiquement ». Hmm, pensa Draco. Tu es tellement facile à manipuler, aucun contrôle sur toi même. Cependant, même s'il l'avait un peu asticoté, il ne devait pas permettre à l'homme de telles libertés. Fais attention, Ronald Weasley. Ma Dame retient ma main pour l'instant, mais elle finira par lever l'interdiction de te tuer. Sûrement très bientôt, même, si tu continues comme ça. Et quand elle m'en donnera l'autorisation, tu me supplieras de t'achever, tu verras.
- Tu sais que ce sont des termes qui s'excluent l'un l'autre ? « Frigide » et « pute », je veux dire. Évite d'utiliser des mots quand tu n'es pas sûr de leur signification, tu ressembles un peu à un idiot. Sans compter que je réalise que tu n'as pas beaucoup d'expérience avec les femmes que tu n'as pas à payer. Certaines femmes, particulièrement les sang-pures, ont tendance à vouloir se préserver jusqu'au mariage. Ça ne veut pas dire qu'elles ont les mêmes problèmes de performance que toi. Et moi, dit Draco en souriant froidement, ça ne me dérange pas d'attendre. On aura toute la vie pour ça, après tout. Tout vient à point à qui sait attendre, comme le dit le dicton.
- C'est une née-moldue !
- Si tu le dis, glissa Draco en haussa les épaules. Tu sembles vraiment attaché au statut de son sang. Pourquoi donc ?
- Parce que je sais que tu l'utilises pour quelque chose, c'est sûr ! Que nous ne soyons plus proches ne veut pas dire que je ne veux plus la protéger de quelqu'un comme toi !
Draco roula des yeux.
- Et tu as pour habitude de protéger les femmes en les traitant de pute ? C'est un mot que tu emploies souvent, en plus, alors laisse moi juste te donner un conseil d'ami : revois ta stratégie. Entre la façon dont tu appelles les femmes, et la façon dont tu traites tes rencards, je commence à me demander si tu n'as pas été élevé dans une porcherie – mais je connais déjà la réponse.
- Je...
- Quels que soient tes malheurs, Weasley, va donc les raconter à ton rencard, pas à moi. Je suis sûr que si tu la payes suffisamment elle fera même semblant de s'en soucier.
Il replongea la tête dans son livre. Weasley émit un son inarticulé et, sans le regarder, Draco fit un geste de la main « Oust ! ». C'est à ce moment là que Weasley le frappa. Draco - qui surveillait discrètement l'homme du coin de l'œil et l'avait vu se lever et se lancer son bras vers lui par dessus la table - regarda autour de lui, le sang dégoulinant à l'endroit où ses dents avaient heurté ses lèvres. Il remarqua qu'un silence pesant était tombé sur le bar.
- Toi, dit-il d'une voix forte qui portait dans toute la salle silencieuse, tu as insulté ma fiancée, une femme que toi et ta famille avez abandonnée après la guerre. Tu l'as poussée dans la rue où tu l'as laissée blessée et en larmes. Et maintenant tu me frappes après que je t'aie demandé de partir, et merlin, je serais dans mon droit si je décidais de t'étaler par terre. Mais je ne suis pas du genre à taper sur des ivrognes dans les bars, donc je te dis seulement ceci : retourne te vautrer dans ton argent sale et tes biens acquis illégalement. Considère ça comme un avertissement. La prochaine fois, si tu es assez stupide pour provoquer une prochaine fois, tu finiras sur le sol en pièces détachées quand j'en aurais fini avec toi. Reste loin d'Hermione. Reste loin de moi.
Quelqu'un commença à applaudir, mais arrêta dans un silence gêné en voyant que personne ne le suivait. Draco s'inclina en direction du son, puis fit signe à la serveuse.
- Si vous pouviez emballer mon repas à emporter, chérie, j'apprécierai grandement.
Elle partit précipitamment le faire. Draco effleura sa lèvre, regarda le sang sur sa main puis leva les yeux vers son adversaire qui se tenait là, la respiration sifflante.
- Essoufflé après un seul coup, Weasley ? Tu devrais peut-être songer à aller à la salle de sport.
- Je te hais, Malfoy, murmura l'homme.
Draco haussa les épaules d'un mouvement élégant.
- Je te haïrais sans doute aussi si je me souciais assez de toi pour t'accorder de l'attention. (1)
- Alors, qu'est ce que tu penses d'elle ?
Hermione observa Blaise assis de l'autre côté de la table. Une des ses mains était enroulée autour d'une tasse emplie d'une boisson mousseuse. Elle était marbrée de tâches, sans doute du café.
- Personnellement, esthétiquement ? Ou me demandes-tu si elle est fiable dans le sens où Theo l'entend ?
- Les trois.
Il grimaça et trempa un biscuit dans sa tasse.
- Elle est... Elle est complètement dingue, Hermione. Je n'arrive pas à savoir si elle fait des jeux de mots sibyllins pour son plaisir intellectuel, ou si elle est dans un monde totalement différent du mien. Ne le prends pas mal, je l'aime bien. C'est une tigresse au lit – désolé – et elle est tout simplement magnifique. Mais elle est juste... au large... en quelque sorte. Si tu me demandais si je voulais sortir avec elle, je te répondrais absolument. Mais est ce que je lui confierais ma vie dans le cadre d'une conspiration délicate ? Non, pas vraiment.
Il soupira et fronça les sourcils.
- J'ignore ce que tu sais déjà à propos de l'hérédité, mais...
- J'en sais déjà pas mal, mais suppose que ce n'est pas le cas et explique clairement ce que tu as en tête.
- Son arbre généalogique, mon arbre généalogique, tous les sangs purs, sont tellement entremêlés entre eux que tu as l'impression de regarder un tableau de Jackson Pollock (2). Si nous élevions des chiens nous aurions trouvé nécessaire d'ajouter du sang neuf à la lignée. Mais pour nous même ? Nous préférons autant risquer la maladie, l'infertilité ou la folie plutôt que de supporter la discrimination sociale d'épouser un sang-mêlé. Tu as sûrement déjà entendu Pansy rabâcher le sujet encore et encore : elle est lourde avec ça. Je ne peux même pas exprimer à quel point je plains celui qui l'aura sur les bras.
Blaise secoua la tête.
- Tu ne penses pas sérieusement essayer de me caser avec elle de la même façon qu'Astoria et Greg, n'est-ce pas ?
Hermione renifla.
- J'avais mes raisons pour Astoria et Greg. De plus, il était déjà fou d'elle. Je t'apprécie trop pour essayer de te faire épouser une femme que tu n'aimes pas. Je te fais confiance pour trouver toi même ta future femme.
Blaise eut l'air soulagé, et reprit son explication.
- Dans tous les cas, après des générations de consanguinité, tu te retrouves avec les Black, qui sont complètement instables, ou les Malfoy, presque totalement stériles, et la liste continue. Tu sais, il y a une raison pour laquelle Draco est enfant unique, et ce n'était pas faute d'essayer pourtant. Les Lovegood sont cinglés : son père était cinglé, Luna est cinglée. Aussi splendide qu'elle puisse être, j'avoue que j'ai un peu peur, si je me rapproche trop d'elle, qu'elle décide un jour que je suis infesté d'un de ses parasites imaginaires et qu'elle me tue en essayant de me soigner.
- Et comment résoudrais-tu ce problème, toi ?
Hermione s'était penchée en avant et regardait l'homme avec attention.
- La consanguinité, je veux dire, pas Luna. Étant donné les problèmes avec les nés-moldus.
- Personnellement ? Je me trouverai une belle femme sang pure aux trois quarts, une femme qui n'est pas elle-même sa propre cousine. Notre famille ne seras pas répertoriée dans les livres officiels comme la plus pure des familles de sang-purs, mais nos enfants seront moins susceptibles de mourir en bas-âge, et de toute façon même les plus tatillons les considéreront comme des sang-purs.
- Donc c'est moins le sang qui te préoccupes que...
- Écoute, tu as grandi avec des moldus, l'interrompit-il. Comment c'était, quand tu es arrivée pour la première fois à Poudlard ?
- Difficile, murmura Hermione.
- Exactement. Tu connaissais pas les coutumes, tu ne connaissais pas les règles du jeu, ni les joueurs. Tu ne savais probablement pas comment faire un cadeau acceptable pour la fête d'Ostara (3), ni pourquoi l'école minimisait le festival historique de Samhain (4) et ramenait tout aux bonbons et autres douceurs. Si tu n'étais pas une telle intello, tu ne t'en serais jamais rendu compte : la plupart des nés-moldus ne s'en aperçoivent jamais. Et c'est bien le problème: tu ne peux pas prendre un enfant de onze ans, le balancer au milieu d'une culture étrangère, et attendre de lui de ne jamais en parler à qui que ce soit dans sa « vie réelle ». Toi, qu'est ce que tu as dit à ta famille ?
- Je n'ai rien dit. Je ne parlais pas vraiment beaucoup de l'école avec mes... parents. Et je n'avais pas beaucoup d'amis à l'école primaire non plus donc... passer toutes les vacances chez les Weasley rendait les choses plus faciles.
Blaise émit un son dégoûté.
- Je déteste ces gens.
- Plus que les nés-moldus ?
- On ne choisit pas ses parents, renifla-t-il. Mais eux, ils ont choisit d'être des traîtres à leur sang. Ne me dis pas que tu aimais être leur petit moldu de compagnie ? Ooooh, explique-nous les trucs moldus qu'on ne comprend pas, et quand on s'ennuie avec toi, on te jette avec les poubelles d'aujourd'hui. Je te parie cher qu'au moment opportun ton Ron va épouser une sang-pure : il peut s'encanailler autant qu'il veut pour ses loisirs, mais comme l'amoureux des moldus qu'il a pour père, il épousera une sang-pure.
Blaise la regarda dans les yeux.
- A présent que tu es qualifiée, tu veux de nouveau de lui ?
- Je pourrais te tuer tout de suite, tu sais.
Il rit en voyant l'expression sur son visage.
- Draco avait raison. Tu le hais vraiment, hein ?
- Blaise.
Hermione plissa les yeux et l'observa alors qu'il mangeait le dernier bout de son biscuit détrempé.
- Pourquoi déteste-tu les moldus et les nés-moldus ?
- Ces sales petits bâtards sont dangereux, marmonna-t-il, la bouche pleine. Excuse-moi...
Il avala sa bouchée, puis continua.
- Ils représentent un risque. Les sang de bourbe... Leur loyauté va toujours à leur famille, les hommes sont ainsi faits. Les gens qui te mettent des pansements sur les genoux quand tu es petit : ce sont eux que tu aimes vraiment. Personne ne croit vraiment un seul instant que les mioches de moldus rentrent chez eux sans dire un mot de la magie à leurs parents, ce serait dingue.
- Et moi ?
Elle sirota son verre sans le quitter des yeux.
- Tu penses que ma loyauté va à mes … parents ? Après tout, ce sont eux qui m'ont élevée.
- C'était peut-être le cas quand tu avais quatorze, seize ans. Fidèle envers eux, je veux dire.
Le regard de Blaise était sérieux.
- Mais tu as connu la guerre, Hermione. Nous sommes tous différents maintenant.
Il déglutit une nouvelle fois.
- Es-tu en train de remettre en question mon allégeance envers toi ? Parce que je jure que...
- Je sais.
Elle posa sa main sur la sienne.
- Et je n'ai aucune inquiétude à ce sujet.
Elle sourit en entendant son soupir soulagé.
- J'essaie juste de comprendre ce préjugé, et d'où il provient. Réfléchis-y logiquement, Blaise. Si nous n'introduisons pas de patrimoine génétique frais chez les sang-purs, nous allons disparaître. De la consanguinité à l'extinction. C'est un problème que nous devons résoudre. Tu es donc en train de me dire que les moldus et les nés-moldus sont dangereux pour les sorciers ?
Hermione laissa une légère trace de mépris transparaître dans sa voix, et observa l'homme avec acuité.
- Et comment ! Tu savais que les moldus tuent parfois les enfants magiques en essayant « d'exorciser leurs démons »? Tout le monde sait que la famille de Potter l'enfermait comme s'il était un monstre. Si ils -assez de gens comme eux- savaient qu'il existe un monde entier de sorciers, et qu'ils vivent juste devant leur nez ? Les choses étaient différentes quand ils avaient seulement des bâtons, des pierres et des couteaux : la magie était bien plus puissante. Mais maintenant ?
Blaise secoua la tête.
- Chaque sale petit sang de bourbe pourrait être celui dont les parents ou les amis décident de commencer une nouvelle chasse aux sorcières.
- Nous allons tout récupérer, Blaise, murmura-t-elle. Je te le promets. Je ferai en sorte que le monde soit nôtre à nouveau, et que ce soit un monde sûr pour nous. Il nous appartient de manier le pouvoir, après tout, et personne ne nous en empêchera. Ni mes cupides traîtres à leur sang, ni même le Ministère.
- Ma Dame dit-il d'une voix basse et prudente, je suis votre reconnaissant serviteur.
Elle lui sourit en le regardant partir.
En vérité, Hermione se demandait parfois si certains de ses vassaux dévoués avaient été trop nourris à la littérature romantique médiévale lorsqu'ils étaient enfants. Ils semblaient se complaire dans les formules chevaleresques et s'il elle ne faisait pas attention, ils finiraient par lui demander des fiefs quand elle saisirait – ressaisirait - leurs domaines, au lieu d'être simplement heureux de les avoir récupérés. La métaphore de la fée Viviane semblait de plus en plus appropriée au fur et à mesure que le temps passait. Cependant elle espérait que personne n'attende d'elle qu'elle commence à sortir des épées des lacs (5). Elle s'empara du reste de biscuits et les trempa dans son thé. Elle devait bien avouer que «Dame » avait une consonance très agréable. Elle songea soudain à Ginny qui se déhanchait dans la rue et qui refusait de lui dire ne serait-ce qu'un bonjour. « Dame des Ténèbres » sonnait encore mieux, pas étonnant que Voldemort ait tant aimé son titre. Patience, se tança-t-elle mentalement. Comme tu l'as dit à Draco, c'est une vertu, et tout finira par venir à point, même la tête de Ginny sur un plateau si tu le décides. D'abord, nous discréditons quelques politiciens et nous nous faisons élire démocratiquement. Ensuite, on remodèle la société.
- Bingo.
Theo regarda la prise de note méticuleuse dans le dossier. Le fait que ces gens soient assez stupides pour noter leurs pêchés noir sur blanc l'étonnait, mais il savait qu'il aurait de toute façon finit par trouver une preuve. Il sortit l'appareil photo moldu qu'Hermione lui avait donné et commença à prendre d'impeccables photos de chaque page, une à la fois.
(1) "You despise me, don't you? - If I gave you any thought I probably would" Citation du film Casablanca
(2) Je vous conseille de taper "peinture Jackson Pollock" sur Google pour vous faire une idée de ce que l'auteur a voulu exprimer... C'est très parlant XD
(3) Ostara : fête païenne du printemps
(4) Samain : fête, assemblée païenne qui célèbre le passage de la saison claire à la saison sombre. Elle est souvent associée au passage du monde des hommes vers le monde des dieux et des morts. (la fête d'Halloween de nos jours en descend)
(5) La fée Viviane, aussi appelée la Dame du Lac, conserve selon la légende l'épée d'Excalibur dans son palais sous le lac à plusieurs reprises.
