Cette histoire parodie Cendrillon, de Perrault et Grimm


Harrillon

écrit par la fée

Ron Weasley dormait tranquillement quand un cri affreux retentit dans tout le Terrier. Il se réveilla en sursaut, croyant que la maison était attaquée par on ne sait quoi. Il sauta hors de son lit, saisit sa baguette, prêt à affronter l'ennemi, même en pyjama des Canons de Chuddley.

Le cri se répéta, c'était un hurlement vraiment terrifiant, à vous glacer le sang. Ensuite, on entendit une femme pleurer à grand bruit, puis râler et ronchonner.

Ron déposa sa baguette. Il n'y avait pas le moindre danger : Ginny était encore en train de piquer une crise, voilà tout. Il soupira et alla la trouver, pour lui dire de la mettre en veilleuse, car le lendemain, il travaillait dans un bar et ne voulait pas s'endormir au beau milieu de la préparation d'un cocktail.

Ça faisait un moment que Ron et Ginny vivaient tous seuls, privés de leur famille, qui avait péri à cause de Celui-dont-le-nom-s'écrit-avec-tout-plein-de-traits-d'union.

-Beuheueuheuuuuuu, ouinnnnnnnn ! Sanglota Ginny en réveillant tous les gnomes du jardin qui se mirent à piailler comme des fous.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Ron de mauvaise humeur.

-Je suis malheureeeuuuuuuuuse !

-Quoi ? Encore ? Et c'est pourquoi cette fois ? Si c'est encore parce que tu penses avoir pris du poids, je t'ai déjà dit que 48 Kg, ce n'était pas un excès pondéral et, d'ailleurs, tu…

-Mais non, crétin, ce n'est pas ça ! Beuouiiiinnnn !

-Alors, c'est quoi ? demanda-t-il patiemment.

-Je n'ai pas de petit amiiiii !

- Rhoooo ce n'est pas la mort ! Moi, je n'ai pas de copine non plus…

-Oui, mais toi, c'est normal, t'es un naze, mais moi qui suis jolie et populaire, je devrais trouver chaussure à mon pied !

-Comment ça "un naze" ? Si j'avais pas juré sur la tombe de papa et maman de prendre soin de toi, je t'assassinerais pendant la nuit !

-Beuheuuueh…tu ne m'aimes paaaaaas !

-Mais si mais si, je t'aime ! C'est juste que t'es une peste…

-Si tu m'aimes, alors prouve-le !

-Quoi ? Mais comment ?

-Trouve-moi un fiancé !

-Rien que ça ? Eh ben…

-Tu refuses ? C'est bien ce que je pensais, tu ne m'aimes paaaasss !

Et elle repartit dans un hurlement tellement puissant que l'air qu'elle expira ravagea la tête de son frère, laissant celui-ci avec une coiffure étrange.

-C'est bon, c'est bon, je vais te trouver un fiancé ! Mais comment veux-tu que…

-Organise un bal et je choisirai celui qui me plait le plus !

-Un bal ? Et avec quel argent ?

-Ben, pourquoi pas celui que tu gagnes à ton travail ?

-Quoi ? Celui que j'économise depuis un an pour me payer un balai que ne se fasse pas doubler par les papillons ?

-Ben oui, pourquoi ? Tu ne veux pas ?

-Ben, c'est que…j'avais envie de l'avoir, ce balais !

-Baaeeuhhhhhouiiiiiiiiiiiiiii iinnnnnnn ! Tu m'aimes paaaasssss !

Elle cria cette fois tellement forte que Ron s'envola et s'incrusta dans le plâtre du mur derrière lui.

-Ok, fit-il, tu l'auras ton bal…mais c'est bien parce que je t'aime !

xxxx

Harry, vêtus de haillons, était en train de récurer les toilettes avec une brosse à dent. Dolores Ombrage, son horrible belle-mère, le regardait faire avec un sourire mauvais.

-Je veux que cela brille comme du cristal, c'est compris ?

-Oui, maman, bougonna-t-il, avec autant de dégoût à l'appeler "maman" que s'il devait lécher la merde qu'il récurait.

-Allez, un peu de nerfs, ça ne rutile pas assez, je veux pouvoir admirer mon incroyable beauté dedans !

"Mais de quoi est-ce qu'elle parle ? Qui pourrait la trouver jolie à part ses compères, les crapauds ?" pensa-t-il amèrement.

-Alors, comment il s'en sort ? dit une voix traînante.

C'était Draco, le "frère" de Harry, avec son chat dans les bras ; enfin, en réalité, il n'avait aucun lien de parenté avec lui, mais leurs parents respectifs étaient morts et Dolorès les avaient recueillis, ainsi que Dudley, un autre orphelin.

Elle déclarait que tous les quatre formaient une grande famille, mais Harry dormait dans une mansarde dans le grenier et servait d'esclave à Dolores. Celle-ci avait toujours privilégié les deux autres parce que leurs prénoms commençaient par "D", comme "Dolores" et comme "décret", d'ailleurs, elle en avait instauré un :

Toute personne dont le prénom ne commence pas par "D" est de classe inférieure.

Lucius, l'énorme chat de Draco, sauta des bras de son maître et alla plaquer ses pattes toutes sales sur la surface propre et brillante du cabinet que Harry venait de nettoyer.

-Oh, non, sale bête !

-Commence ose-tu parler de mon chat ? S'insurgea le blondinet, tu oublies que c'est lui qui nous a débarrassés de ces putain de souris !

Harry retint ses larmes: les souris en question avaient été ses seules amies, ils leur avait confectionné des vêtements miniatures et leur avait donné des noms comme "Jack" et "Gus", mais Lucius n'en avait fait qu'une bouchée.

-Il y a une tâche, là ! fit remarquer Dolores.

-Je ne vois rien, répliqua Harry.

De fait, la cuvette était d'une pureté impeccable, on aurait pu manger dedans (bien que je ne le conseille à personne). Mais l'horrible femme-crapaud prenait du plaisir à maltraiter le pauvre Harry.

-Tu mens !aboya-t-elle, et tu sais ce qui arrive quand on ment ?

-Oui…, murmura Harry amèrement.

-Tu me copieras autant de fois que cela sera nécessaire "Je ne dois pas raconter de mensonges" avec ton sang !

-Bien…

-Mais ne perds pas trop de temps pour ça, j'ai encore du boulot à te refiler !

-Quoi donc, maman ?

-Et bien…comme les écolos commencent à me courir, j'ai décidé de les ennuyer avec un nouveau décret !

Elle sortit un rouleau de parchemin et le lut.

-L'effet de serre n'est pas assez destructeur, dorénavant, toutes les forêts de cette planètes devront être rasées …et toi, Harry, je veux que tu déboises la Forêt Interdite…mais sans magie ! Tu auras juste droit à une paire de cisailles…et tu ne dormiras pas avant d'avoir fini !

-Bien, maman…mais j'aimerais vous demander quelque chose…

-Quoi donc ?

-Ben…j'aimerais avoir une nouvelle brosse à dent…

-Pourquoi ? Tu en as déjà une !

-Parce que j'ai du la prendre pour nettoyer ces toilettes…

-Et alors, tu peux toujours l'utiliser pour te brosser les dents, je ne vois pas où est le problème !

Dolores et Draco ricanèrent en chœur et puis s'en allèrent. Dudley arriva en courant et bouscula Harry.

-Dégage de là, j'ai chopé une gastro !

Harry déguerpit, en se disant que les toilettes auraient encore besoin d'être nettoyées.

xxxx

-Tous les beaux mecs de Grande-Bretagne sont cordialement invités au bal donné par la princesse Ginevra… Non, ça ne va pas ! s'exclama-t-elle alors qu'elle dictait à son frère.

-Bon, je recommence…, grommela Ron avant de prendre un nouveau papier cartonné.

-Tous les beaux mecs du Royaume-Uni…

-Qu'est-ce que ça change, c'est un synonyme ?

-Pas du tout, espèce d'inculte : Le Royaume-Uni correspond à la Grande-Bretagne plus l'Irlande du Nord…ça fait plus de mecs pour moi !

-Je rajoute trois cent couverts ?

-Ronald Weasley, c'est du sarcasme que je sens poindre dans ta voix ?

-Quelle observation, princesse Ginevra !

-Bon, on reprend… Tous les beaux mecs du Royaume-Uni sont cordialement invités au bal donné par la princesse Ginevra… Non ! la merveilleuse princesse. …attends…voilà la délicieuse princesse Ginevra ! Voilà ! T'as fini ?

-Minute papillon…laisse-moi le temps !

-Quoi, tu ne sais pas écrire ?

-Si mais tu m'as demandé de faire les voyelles en rose et les consonnes en bleu, avec des petits cœurs en guise de points sur les i…même si j'étais ambidextre, ça me prendrait du temps !

-Arrête de râler…

-Voilà, c'est terminé…je vais dupliquer cette invitation par magie.

-Au fait, tu sais que j'ai invité Hermione à la cérémonie ?

-Quoi ? Trahison !

-Ben quoi, peut-être que si tu t'excuses d'être sorti avec cette Lavande Brown, elle acceptera de te reprendre, et aucun de nous deux ne sera célibataire à la fin de cette soirée ! Tu vois, je pense à toi, parfois, tu as sérieusement besoin d'aide pour ta vie amoureuse, ah la la …

-Je ne veux pas revoir Hermione ! C'est une cinglée, j'ai même pas eu le temps de m'expliquer avec elle qu'elle m'avait déjà assommé avec L'histoire de Poudlard, puis elle l'a fait avec son manuel de métamorphoses, puis avec La magie pour les masochistes! Et à la fin, je suis tombé dans les pommes et quand je me suis réveillé, j'étais à poil au milieu d'un champs de maïs ! Alors, désolé, mais elle ne m'a pas laissé un très bon souvenir.

-Euh…pour l'histoire que t'étais tout nu dans le maïs…c'est de la faute de Brown…disons que…quand t'étais évanoui…elle en a profité…

-Quoi ?

-Bon, si on en revenait aux invitations…attends, avant de les dupliquer, j'ai un truc à y rajouter !

-Vas-y, je t'écoute…

-Et bien…

Une lueur de malice bien vicieuse brilla dans les yeux de princesse Ginevra.

xxxx

-Les garçoonnnnns ! appela Dolores avec une voix mielleuse qui sonnait bien évidement faux.

Draco et Dudley accoururent.

-Et où est…comment s'appelle-t-il, déjà, celui qui commence par "H" ?

-Je suis là, maman, je m'appelle Harry et je viens de terminer de déboiser la forêt interdite…woua…

Il bâilla.

-Suis fatigué, ajouta-t-il.

-Ben tant pis, je vais avoir besoin de toi pour un travail de couture…mais avant, je voudrais vous lire une invitation !

Elle sortit de sa poche une enveloppe orange contenant l'invitation de Ginny.

-… Tous les beaux mecs du Royaume-Uni sont cordialement invités au bal donné par la délicieuse princesse Ginevra, lut Dolores, vous savez ce que ça signifie mes trésors ? Vous allez enfin vous marier !

Draco et Dudley ne dirent rien, ils savaient que si elle disait cela, c'est parce qu'aucun d'eux n'avait réussi à garder une fiancée, jusqu'ici : Draco les faisait toutes fuir au bout d'un moment avec son caractère de merde, quant à Dudley, il ne parvenait même pas à en séduire une seule…Dolores comptait sur ce bal pour les caser, c'était évident.

-Ben...euh…c'est cool, dit enfin Draco, c'est quand ?

-Ce soir !

-Si tôt ?

-Ouiiiii, il va vous falloir des robes !

-Hein ?

Les deux garçons la regardèrent effarés.

-Mais…vous voulez dire des robes de sorciers ?

-Non,des robes de femmes ! C'est une fantaisie de la princesse, elle veut s'assurer que l'homme de sa vie est prêt à tout pour elle !

-On se croirait dans un jeu de Speed Dating…, commenta Dudley.

-Je ne veux pas porter de fringue de nana! cria Draco.

-Réfléchissez, vous n'aurez peut être pas d'autres chance de trouver une épouse ! argumenta Dolores.

-Bien…OK…, abandonna le blond platine, si c'est un mal nécessaire…

-Très bien, dit Dudley, si je le fais, j'aurais peut être droit à un second rendez-vous avec elle.

-Bien ! dit Dolorès, Harry, tu vas leur confectionner des robes…ainsi que une pour moi…je les accompagne…je vais te donner les modèles que je veux !

Draco et Dudley sentirent leurs cœurs manquer un battement : ils voyaient les horreurs à fanfreluches roses et à petits chatons brodés arriver.

-Vos désirs sont des ordres, maman, dit humblement Harry avant de se retirer dans l'atelier pour commencer son travail.

Et Harry trima ainsi toute l'après-midi pour terminer les robes (qui d'ailleurs étaient bel et bien des horreurs à fanfreluches roses et à petits chatons brodés) pour sa belle-mère et ses demi-frères. Et pendant qu'il était à l'ouvrage, une idée lui traversa l'esprit : et si lui aussi allait au bal pour séduire cette mystérieuse princesse ? Peu t-être le sortirait-elle de cette vie de merde qu'il se trimballait depuis sa petite enfance ! Il fallait tenter sa chance !

Une fois le travail fini, il présenta son œuvre, Dolores s'exclama qu'elle était une grande styliste, mais ne remercia aucunement Harry, et les deux garçons firent semblant de vomir en voyant tant de rose. Lucius manifesta une farouche hostilité aux chatons brodés.

-C'est génial, les garçons, enfilez ça !

Et ils allèrent se préparer, non à contrecœur. Au moment de partir, ils constatèrent que Harry les attendait sur le seuil, lui aussi vêtu d'une robe rose à chatons.

-Mais…tu ne devais faire que trois robes, s'insurgea Crapaud-Woman, pour moi et pour mes deux petits cœurs qui commencent par "D", pas pour toi, t'es trop moche !

"Non, mais elle s'est vue ? Elle ressemble au crapaud de la pub pour Crefibel…sauf qu'elle ne rend le sourire à personne, contrairement à leur slogan !"

-Mais, protesta Harry, moi aussi je suis invité, il y avait aussi un carton pour moi !

-Ouais …mais honnêtement…tu n'as aucune chance…tu ne commence même pas par "D", et d'après mon décret, cela signifie que…

Elle déballe son parchemin pour vérifier.

- que tu es de classe inférieure…

-Oui, mais, cela ne veut pas dire que je n'ai pas le droit d'y aller !

-Bah...C'est vrai…admit Draco…mais d'un autre côté, tu n'as aucune chance…parce que t'es un gros naze…tu te ferais ridiculiser…et moi, ton frère aimant, je veux t'éviter ça !

Il avait dit ça avec un gros sourire faux-cul et Dudley se mit à rigoler tellement fort qu'il exposait ses amygdales au public.

-Je m'en fous ! dit Harry, je veux y aller !

Mais Lucius ne put plus supporter la vue de ces chatons ennemis, il n'y avait de la place que pour un seul chat dans cette maison, et ce serait lui ! Il se jeta sur Harry et mis sa robe en miettes.

-Ben voilà qui est réglé, déclara Dolores, tu n'as plus rien pour aller au bal, donc…

-Je vais en refaire une ! J'ai encore le temps !

Il s'élança dans l'escalier pour rejoindre son atelier, mais Crapaud-Woman décida une fois de plus d'être cruelle.

-Oh, j'ai oublié de te dire…j'ai encore du travail pour toi …

Harry sentit son sang se glacer.

-Il faudrait que tu balaies la cour !

-Mais….

-Exécution !

Harry ne pouvait pas discuter, il prit un balai et se dirigea vers la cour, penaud, alors que les trois autres quittaient la demeure en rigolant. Quand ils furent partis, il se laissa tomber misérablement sur son balai et se mit à pleurer de tout son soul.

-C'est pas juuuuuuussssste !

Cet à ce moment-là qu'une main se posa sur son épaule, le faisant sursauter. Il se tourna et eut une nouvelle frayeur en voyant la gueule du gars : c'était un type très grand, chevelu, poilu et mal rasé, vêtu d'une robe mauve et de chaussettes à rayures noires et blanches lui remontant à mi-cuisse qui lui souriait de façon bienfaisante, mais quand même effrayante.

-Pourquoi tu pleures ? demanda l'inconnu.

-Qu'est-ce que ça peut te faire ? répliqua Harry.

-Ben…ça fait chochotte…

-Et c'est un mec en robe qui se permet ce genre de commentaires ?

-Toi aussi tu portes une robe, je te ferais remarquer…enfin…c'était une robe…

-Qui es-tu, déjà, et qu'est-ce que tu fous dans notre jardin ?

-Je suis ta marraine, la bonne fée, dit-il avec une voix haut perchée.

-Hein ?

L'inconnu repris une voix grave.

-Non, en fait, je suis plutôt ton parrain, je suis Sirius Black et mon rôle est de faire en sorte que tu sois heureux !

-Ah bon ? Et c'est seulement maintenant que tu débarques ?

-Ben…

-T'es en retard d'une quinzaine d'années, mon pote, aussi loin que remontent mes souvenirs, ma vie a toujours été un cauchemar ! Où étais-tu pendant ce temps-là ?

-À Azkaban….

-Quoi ? T'as été en cabane, en plus ?

-Je me suis échappé hier…et je n'ai toujours pas eu le temps de me doucher…

-J'ai remarqué ! fit Harry en se pinçant le nez, mais je dois t'avouer que ça m'effraye un peu d'apprendre que mon parrain est un horrible taulard en cavale ! Et puis, pourquoi t'es habillé avec une jupe ?

-C'est parce que je suis un fé.

-Gné ?

-C'est le masculin de "fée". Mais je dois porter l'uniforme quand même.

-Ça explique l'étoile à la con sur ta baguette…qu'est-ce que ça apporte de plus qu'une baguette de sorcier au fait ?

-Euh…rien ! C'est juste pour faire pas joli…et parfois, je m'en sers pour me gratter quand j'ai des puces !

-Hein ? Des puces ? Bèèèèrk ! Mais pourquoi t'as fait de la taule ?

-Je suis innocent, c'est la faute à un sale rat…il s'appelle Peter, mais quand il se transforme en rat, il se fait appeler Gus !

-Aaaaah…alors cet abruti de chat s'est vraiment rendu utile…mais n'empêche qu'il a détruit ma robe !

-Qui ?

-Lucius ! L'abruti de chat de Draco, mon demi-frère ! A cause de ça, je ne pourrai pas aller au bal…..c'est vraiment trop injuuuuuuste !

-Du calme, Calimero ! Je peux arranger ça !

-C'est vrai ?

-Je suis quand même ton parrain ! Allez, lève toi !

Harry s'exécuta et Sirius lui tapota la tête avec sa baguette étoilée.

- Pilipilou, flûte à six trous, tagada tsoin tsoin ploum ploum. Je m'appelle Jordy, j'ai quatre ans et j'suis petit !

-C'est nécessaire, ces formules débiles ?

-Non, pas du tout, c'est pour me concentrer ! Les chaussettes de l'archiduchesse… bon…j'y vais !

La baguette de Sirius inonda son filleul de paillettes argentées, et un instant plus tard, Harry était vêtu d'une incroyable robe blanche scintillante et d'un petit diadème. Ses lunettes étaient devenues des lentilles.

-C'est super !Enfin, la princesse a de drôles de goûts, ce n'est pas dans mes habitudes, les robes…mais elle est magnifique !

-Je suis génial ! s'exclama modestement Sirius.

-Y'a juste un truc…

-Quoi ?

-C'est quoi ces pantoufles de verres (1) ? C'est peut-être joli, mais…

-Il marcha et les chaussures se brisèrent en mille morceaux…

-Ah ouais…je vois, en effet, c'était pas une bonne idée…pas grave, je vais te refiler mes pantoufles à moi !

Et il lui tendit deux énormes machins avec une tête de chien noir dessus.

-Comme ça, t'auras chaud aux pieds !

-Merci…bon, il faut que j'y aille !

-Attends, passe moi ton balai !

Harry lui donna le balai qu'il utilisait pour brosser la cour et Sirius refit le truc des paillettes argentées dessus.

-Et voilà !

-Un éclair de feu ! Oh, merci beaucoup ! T'es mon parrain adoré !

-Mais de rien !

Harry s'assit sur le balai et s'apprêta à partir.

-Attends ! Une minute ! Il y a un truc que j'ai oublié de te dire !

-Quoi ?

-Ben…c'est que…il va falloir que tu te dépêches de séduire la princesse…parce qu'à quatre heure du matin, le charme se brisera…

-Super…une course contre la montre…mais pourquoi quatre heure du matin ?

-Ben…c'est comme ça…pourquoi ?

-Ben…je m'attendais plutôt à minuit...enfin, je suis content d'avoir un délais plus long, c'est pas ça …mais…minuit, ça fait plus "magique", enfin, tu vois ce que je veux dire ?

-Voilà le topo : le charme est lié avec celui qui l'a jeté, c'est-à-dire moi, tant que je suis sobre, il tiendra bon, mais dès que je ne le suis plus, paf ! tu redeviendras une pauvre petite souillon ! Et si tu crois qu'à minuit, je suis déjà bourré, ben là mon gars tu m'insultes ! En revanche, vers quatre heures du matin, tu peux commencer à t'inquiéter…

-D'accord…bon, j'y vais ! Merci pour tout !

Et Harry décolla.

-Bon, qu'est-ce que je vais faire maintenant ? se demanda Sirius.

Il y réfléchit un instant.

-Je sais ! Je vais discrètement suivre mon filleul pour voir comment il s'en sort ! Comme ça, je profiterai du buffet,en plus…et peut-être que moi aussi je trouverai quelqu'un pour faire ma vie…parce que toutes ces années de prison SANS SEXE, c'était vraiment effroyable…ouais…je vais essayer de me trouver quelqu'un...

Il renifla son aisselle.

-Mais d'abord, je prends une douche !

xxxx

Les invités se tenaient en ligne. Ginny les observait assise dans son trône et Ron se trouvait à côté d'elle, scrutant les prétendants de sa sœur avec un regard haineux. Si on devait se fier à la tête qu'il faisait à cet instant précis, aucun des candidats ne devait gagner. Il se leva, se campa devant eux, et leur sortit un aimable discours de bienvenue :

-Salut, bande de baltringues abrutis ! Super les robes, on se croirait dans La cage aux folles…ou encore chez Michou…alors, vous voulez ma sœur ? Ben va falloir m'impressionner avant ! Je vous ai concocté une série d'épreuves et seul le vainqueur aura le droit d'approcher la pest...euh…princesse !

Il déplia un parchemin sur lequel il avait inscrit les épreuves et le lut.

-Alors, vous devrez : gagner une course contre un guépard dopé, aller rechercher une petite cuillère dans l'estomac d'un alligator à mains nues, avaler du vomi, chanter le répertoire de Lorie…

-Ronald, tu ne m'avais pas parler de ça ! s'écria Ginny.

-T'avais qu'à te débrouiller toute seule pour ta connerie bal si tu voulais que tout ce passe comme tu le veux !

-Tu ne m'aimes paaasssss !Ouiiinnnnnn ! Rhaaaaa, on n'est jamais mieux servi que par soi-même…aller, laisse-moi faire, tu es viré !

-Yeeeesssss ! s'écria le rouquin, ivre de joie, mais comment on fait pour l'alligator ?

Un des cuistots sortit des cuisines en hurlant, les vêtements déchirés et ensanglantés. L'alligator le poursuivit.

-Au secours ! cria-t-il, il a déjà bouffé mon collègue, à l'aide !

Tout le monde se mit à crier et à paniquer.

-Un croco, au secours ! pleura Dudley.

-Nan, c'est un alligator, Ducon ! précisa Ron.

-Fais quelque chose contre cet animal ! tempêta Ginny, si il bouffe les invités, ça le fera pas !

-Ok…Médor ? Au pied couché !dit Ron.

Et l'alligator courut vers lui et se coucha à ses pieds, obéissant. Tout le monde tira une gueule jusque par terre.

-Bravo, Médor ! Tu es un bon alligator.

Médor se coucha sur le dos et le rouquin lui caressa le ventre.

-C'est mon Medorounet à moi, ça, c'est mon Medorounet ! Viens faire un bisou à Tonton Ronnie…

-Vire moi cette horreur ! aboya la princesse Ginevra.

-Rhaaa la la…

Il sortit avec le reptile et Ginny dirigea la soirée selon ses souhaits, et fit donc défiler les candidats devant elle. Harry arriva discrètement et prit place dans la file.

-Trop petit… trop grand…trop laid…trop l'air con…trop Ron…

-Mais c'est moi, espèce d'andouille, je vais juste chercher des cuillères pour Médor.

-Casse-toi !

Elle inspira.

-Bon, je reprends…trop moche…trop chauve…trop poilu…

Arriva le tour de Draco et Dudley.

-Eurk ! C'est quoi ça ! Y'en a un qui ressemble à un phacochère et l'autre à une mangouste ! Vous êtes Timon et Pumba, c'est ça ?

-Quoi ? s'insurgèrent les blonds.

Plus loin, Ron aperçut Hermione dans un coin de la salle.

-Merde ! Je ne veux pas la voir…vite, une cachette !

Il regarda autour de lui et ne vit d'autre solution que de se planquer sous la table du buffet dont la nappe descendait jusqu'au sol. Il y trouva un homme en costume de fée qui bouffait des pistaches.

-Salut, moi c'est Sirius…t'es mignon…tu t'appelles comment ? Tu veux bien me rapporter un peu de sangria ?

xxxx

Hermione ne vit pas Ron. Mais elle aperçut Harry qui lui jeta un œil, se sentant observé. Arriva son tour de se présenter à la princesse.

Ginny, voyant Harry, tomba à genoux et en pâmoison.

-Mon Dieu !

-A ce point-là ?

-C'est lui ! Je l'ai trouvé ! Il est trop beaaauuuuuu !

-Ah euh...d'accord…

-Allez, les autres, allez vous-en, la place est prise !

Les autres candidats furent tellement déçus qu'ils se mirent tous à crier : "Rembourser ! Rembourser !" Une émeute générale se déclencha et les invités commencèrent à tout casser ! Ginny tira Harry par la main et l'entraîna au calme.

-Nous voilà enfin seuls !

-Euh ouais…

-Que tu es beau ! Que tu as la classe ! Même avec une robe tu es divin !

"Elle m'a pas vu avec mes lunettes" songea-t-il.

-Nous allons nous marier et tu seras l'homme de ma vie pour toujours ! Tu es…c'est quoi ton nom ?

-Harry.

-Harry ? C'est un nom de prince ! C'est génial !

Harry eut soudain la vision d'un imbécile de la famille royale célèbre pour ses conneries et ne comprit pas le compliment de Ginny.

-Tu es un prince et je suis une princesse ! Oh, nous allons vivre heureux et avoir plein d'enfants !

-Euh…

-Oh, oui, on aura une grande maison, avec un grand jardin et une grande cour …

"Est-ce que je devrai la balayer ? "

Ginny commença à exposer ses projets d'avenir et Harry lutta pour ne pas s'endormir. Au bout d'un moment, il constata l'évidence : la princesse Ginevra était CHIANTE ! Elle lui rabattit les oreilles toute la nuit avec son discours niais et ennuyeux. Enfin, pas toute la nuit…car 4 heures approchait ! En jetant un coup d'œil à sa montre, Harry s'en aperçut et décida de prendre congé de la princesse.

-Euh…princesse Ginevra…je suis désolé, mais je vais devoir partir…

-Pourquoi ?

-Ben….je doit rentrer pour une certaine heure et…

-Tu aimes déjà une autre femme, c'est ça ?

-Mais non !

-Tu m'aimes paaaaasssss ! Ouiiiinnnnnn !

Confronté à ce cri strident, il se boucha les oreilles et attendit patiemment qu'elle ait fini. Il vit ses pantoufles se retransformer en ses baskets habituelles : il ne fallait plus perdre de temps!

-Je vous jure que ce n'est pas pour une autre femme…

-Alors, jure-moi aussi de m'aimer jusqu'à la mort et même au-delà !

Il réfléchit un instant…être lié à elle pour l'éternité ? Non, mauvaise idée…le jeu n'en valait pas la chandelle !

Il sentit ses lentilles sauter hors de ses yeux pour redevenir des lunettes.

-Hein ? Qu'est-ce qui se passe ? demanda Ginny.

-Je dois y aller ! s'écria Harry avant de s'enfuir en courant.

La transformation s'opéra peu à peu…son diadème disparut, et quand il arriva hors d la vue des invités et de la princesse, il n'avait également plus de robe scintillante, mais des guenilles roses.

-Et ben..voilà,c'est fini….

-Ça alors ! dit une voix.

Il se retourna et vit Hermione.

- Je ne savais pas que tu avais utilisé la magie pour ça !

-Euh…ben…

Il lui expliqua tout, avec l'histoire du fé Sirius et cetera.

-Des fées ? Je n'ai jamais étudié leur magie ! Tu peux me présenter ton parrain ? Où est-il ?

-A cette heure-ci ? Probablement dans le caniveau à dessoûler…

-Ah…euh…on peut se revoir, dans ce cas ? Je m'appelle Hermione !

Ils se mirent d' accord pour se rencontrer à nouveau et ils discutèrent de leurs vies : Harry raconta comme c'était dur de vivre dans une famille de cinglés obsédés par la lettre "D" et Hermione parla des rouquins qui brisent le cœur en sortant avec des pouffes et dont la tête est tellement dure qu'il faut les assommer à plusieurs reprises avec des livres très lourds pour parvenir à les faire taire.

Ils se quittèrent après avoir échanger leurs adresses et Harry rentra chez lui. Il rêva toute la nuit d'une charmante jeune fille, mais ce n'était pas l'abominable princesse Ginevra.

xxxx

Le lendemain matin, Ron se réveilla et sentit la brise matinale sur sa peau nue.

Comment ça "nue"?

Il constata bien vite, qu'effectivement, il était à poil…et dehors, par ailleurs !

Il se releva pour se mettre assis et se trouva nez à nez avec un épis de maïs. Il regarda autour de lui : du maïs, du maïs et encore du maïs !

-Oh, nan ! Ça recommence !

xxxx

Dolores était terrifiée : maintenant que Sirius était là, plus question de traiter Harry comme un esclave ! Cela faisait seulement une matinée qu'ils avaient fait connaissance, et il avait déjà réorganisé les lois dans la maison en supprimant les décrets ! Hermione était arrivée chez eux de bon matin, avide d'étudier les fées.

-Tu veux bien arrêter de prendre des notes en me regardant bêtement ? dit-il, furieux, tu veux pas ma photo tant que t'y es ?

Elle sortit son appareil et le bombarda de flash.

-J'aurais mieux fait de me taire !

Médor l'alligator fit son entrée.

-Je sais pas comment ça se fait, mais quand je me suis réveillé, il dormait au pied de mon lit, comme une abominable descente en écailles ! expliqua Sirius.

-Miaou ! fit le ventre de Médor.

-Il y a un chat à l'intérieur de cet alligator ! s'horrifia Hermione, et il est toujours vivant !

-Lucius ? Où es-tu mon minou ? appela la voix de Draco, c'est l'heure de ton Whiskas !

Harry et Sirius se mirent à rire bêtement.

-Bien fait pour cet abruti de chat !

-Hermione, arrête de m'observer ! Ça me gêne !dit Sirius.

-Mais je t'étudie !

-Rhhaaaaa…Harry, dis-lui d'arrêter !

Mais il remarqua les regards énamourés que Harry envoyait à la brunette.

-Aaaahhh, je vois…la princesse n'était pas à ton goût ?

-Je préfère les intellectuelles aux pestes !

Et ils rougirent tous les deux.

On sonna à la porte. Harry alla ouvrir et découvrit Ron et Ginny sur le seuil.

-Nooonnnn ! Foutez-moi la paix !

-Charmant accueil ! dit Ron avant de se gratter frénétiquement.

-Nous recherchons l'homme que j'ai rencontré hier et qui m'a plus énormément, où est-il ? demanda Ginny.

-Mais c'est lui ! dit Ron en reconnaissant Harry.

-Comment pourrait-on le savoir avant de lui avoir fait essayer les lunettes ?

-Ah…vous les avez retrouvées ? Merci ! dit Harry en attrapant ses binocles dans les mains de la rouquine.

-Heeee, attends, elles appartiennent au prince de hier !

-C'est lui, je te dis ! fit Ron en continuant à se gratter.

-Il les as oubliées hier avant de partir, alors nous parcourrons tout le pays pour le retrouver en faisant essayer ces lunettes à tous les beaux garçons..

-C'est pas la peine de parcourir le pays, je te dis que c'est lui ! Rhhaaa ce que ça peut me démanger !

-Ouais, c'est moi, merci pour mes lunettes !dit Harry.

-Ben voilà déjà quelque chose de fait, dit Ron, mais moi, je suis également à la recherche de mon alligator et de la personne qui a profité de moi la nuit dernière avant de me laisser dans un champ…rhaaa ça gratte !

Hermione et Sirius arrivèrent, intéressés par ce qui se passait. En apercevant Ron, ce dernier stoppa net.

-Pourquoi tu te grattes comme ça ? demanda Harry.

-Ben..Je sais pas comment ça se fait mais…QUELQU'UN M'A REFILE DES PUCES !

Harry se tourna vers Sirius qui sifflait de façon innocente.

-Bon, je vais voir si Hermione va bien depuis trente secondes ! dit-il.

-Elle est à côté de toi, fit remarquer Ginny.

Mais il tourna les talons.

-Et c'est quoi le truc accroché dans ton dos ? demanda Ron.

Avant que Sirius ait pu régir, le rouquin avait saisit la chose et constata que c'était…

-Une feuille de maïs !

Ron leva les yeux vers Sirius et puis l'attrapa par le col.

-Viens dans la pièce à côté…on va s'expliquer !

Ils partirent et Ginny sauta au cou de Harry qui avait remis ses lunettes.

-C'est toi, tu es mon prince !

-Noonnnn ! Je veux pas t'épouser ! s'écria-t-il avant d'aller se réfugier dans les bras d'Hermione.

-Quoi ? Alors tu m'as menti ! Tu aimes vraiment une autre femme ?

-Ben en fait, quand je te l'ai dit, c'était pas encore un mensonge, mais…

Ginny se mit à hurler, mais Harry et Hermione l'ignorèrent et s'en allèrent bras dessus dessous.

-Viens habiter chez moi ! proposa la brunette.

-Merci ! répondit le binoclard, j'en avais marre de vivre chez les dingues !

-Beuuuhhhhh j'ai pas de petit ami, je suis malheureuuuuuuussssseeeee ! pleurnicha Ginny.

Elle se mit à pleurer et Dolorès, Dudley et Draco apparurent pour voir ce qui était à l'origine de ce vacarme épouvantable.

-Roooooonnnnnnnnaaaaaalllld ! appela Ginny, viens me consoleeeeerrr !

Le frangin revint, mais il tenait Sirius par la main et lui souriait niaisement.

-Désolé, sœurette, mais j'en ai marre de passer tous tes caprices ! Je vais te quitter et partir vivre avec Sirius et Médor au Square Grimmauld !

-Quoi ? Tu vas me laisser toute seule ? Mais..pourquoi tu veux aller avec ce crétin ?

-Hey ! fit Sirius.

-On a parlé, lui et moi, expliqua Ron, et tout compte fait, il a peut être une étoile sur sa baguette, il est plutôt un amant CINQ étoiles ! Alors…enfin, tu vois, je crois que je vais faire ma vie avec lui….

-Tu m'aimes paaaaaaas !

-Tu es très lucide !

Sirius sourit et flanqua une petite fessée au rouquin et ils s'en allèrent tous les deux, Médor les suivit.
Ginny se retrouva toute seule.

-J'ai plus de petit ami et mon frère m'a abandonnée…que vais-je devenir ?

-Et bien…dit Dolorès…maintenant que ce maudit fé est parti, nous allons pouvoir recommencer à pratiquer l'esclavage.

-Mais Harry a filé avec Hermione! objecta Draco.

-C'est pas grave, nous lui avons trouvé une remplaçante…

-Hein ? Quoi ? fit Ginny.

Les trois "D" la regardèrent d'un air parfaitement sadique.

Et c'est ainsi que l'énervante petite princesse devint une martyre, que Lucius fut digéré par un alligator, que Harry et Hermione tombèrent amoureux et que Ron et Sirius s'achetèrent de la lotion anti-puce, les colliers qui vont avec et quelques hectares de champs de maïs pour s'amuser dedans.

Ils vécurent heureux mais n'eurent pas d'enfants parce qu'Hermione ne voulait pas et que Ron et Sirius ne le peuvent pas…Par contre, Ginny se retrouva enceinte de Draco par accident, mais ça, c'est une autre histoire…


(1) de vair dans la vraie version, mais merci Walt Disney d'avoir fait cette transition ridicule!