Damoiselles, Damoiseaux,
En raison d'un emploi du temps fort chargé, nous voilà mercredi, que je publie seulement... Sans doute, un pigeon voyageur, aurait-il été plus rapide. A défaut d'être colombophile, il aura fallu utiliser le moyen traditionnel ! (Rassurez-vous, ce n'est là, pas un terme désignant une attirance pour les merveilleuses créatures que sont les colombes)
Mal est de constater que vous n'êtes toujours pas à l'abri, de vous écorcher un oeil, sur une vulgaire coquille, que je n'aurai pas eu la décence, de rectifier. Mais le temps filant, et mon français, n'étant pas le meilleur, vous lisez en connaissance du danger
Quand on se fâche pour un café un peu mal fait
Le lendemain, ce qui réveil Regina, ce n'est pas son réveil prévu à neuf heures, mais les rayons du soleil levant, qui lui taquinent le cristallin, qui malgré ses paupières fermées, perçoit la lumière. Comme si son mal de tête a besoin de ça ! Note à elle-même : penser à fermer les stores à l'avenir.
Il sera toujours temps de se reposer plus tard, parce que dans l'immédiat, ce dont elle a besoin, c'est de reprendre une hygiène de vie plus correct que celui adopté au cours de la soirée d'hier. C'est la dernière ligne droite avant sa place de prédilection : meilleure élève de sa promo, et ce n'est pas envisageable que la garce de Miesha, deuxième au classement, lui passe devant, pour une histoire d'écart.
Après être rentrée hier soir, avec une Tink hilare pour un rien, puis nauséeuse pour d'obscure raison, dont la blonde a évoqué des fées voltigeant dans les airs, et lui faisant tourner la tête, Regina n'a pas pris le temps de prendre une douche après l'avoir couchée. Se défaisant simplement de sa robe, et de ses sous-vêtements, elle s'est toute suite couchée, complètement nue, dans ses draps de soie.
Le filet d'eau chaude qui lui humecte le corps entier, lui procure le plus grand bien. Il lui vide l'esprit de tout, sauf d'une personne Emma. Emma qui lui a interdit de s'approcher de ses amies. Emma qui lui a fait, ce qui s'apparente, selon tous les éléments observés, à une crise de jalousie. Jusqu'à présent, c'est une chose, qu'elle ne lui avait jamais faite. Et pourtant, elle a, au cours des mois durant lesquels elle a fréquenté la blonde, eu d'autres partenaires, sans que toutefois, cela ne l'affecte tant.
Un bas de training et un top conviendront parfaitement à ce qu'elle compte s'adonner comme activité. Mais avant de commencer à se plonger dans son bouquin de droit, un café s'impose, ainsi qu'un déjeuner, et de quoi faire passer cet horrible mal de tête.
Ce n'est que sur les coups de midi qu'une Tink défraichie fait son entrée dans le salon, où Regina, ses lunettes de vue sur le nez, la tête entres feuilles, livres et fardes, fluore, rature et écrit, le tout, avec sa mine concentrée. Trop prise dans ses notes, elle ne relève pas la tête quand son amie lui passe à côté, et ne lui accorde pas même une salutation.
- J'ai besoin d'un café, maugrée-t-elle, en trouvant comme point d'émergence le canapé, dans lequel elle se laisse mollement tomber.
Le corps de la blonde qui percute le tissu, surprend la brune, qui biffure sur sa feuille. Expirant bruyamment en se tournant vers Tink avec la ferme intention de lui rejeter la faute dessus, et de lui expliquer les règles du respect de l'autre, dans une vie en colocation, elle se reprend cependant, quand elle rencontre le regard de la blonde. Une grimace se forme sur ses lèvres aux vues de l'état de son amie, qui semble sujette à un grand mal. Ce n'est pas demain, qu'on la reprendra à boire l'alcool à flot.
- Tu es dans un sale état, constate-t-elle à voix haute, sous le grognement plaintif de Tink.
Plutôt que de prendre le risque d'avoir à ramasser ce que la blonde a, potentiellement, encore comme alcool dans l'estomac, Regina s'en va à la cuisine, lui préparer un café corsé, très corsé. Ainsi qu'une assiette avec les quelques pancakes qu'elle lui a confectionnés ce matin, en préparant son propre déjeuner, sur lesquelles elle ne rajoute qu'un léger filet de sirop d'érable. Une aspirine et un verre de jus d'orange concluent ce déjeuner, si la blonde a besoin d'une chose, c'est au moins de ça.
Regina pose le tout sur un plateau, qu'elle amène à la blonde, dont la posture suggère une mort atroce, comme si au cours d'une horrible dispute, un colosse l'aurait jetée là, comme un avion de papier. Seul ses petits gémissements larmoyants inspirent à la croire toujours vivante.
- Tiens, ça va te requinquer, lui dit-elle en posant le plateau sur la petite table basse à proximité de la blonde, qui se retourne, non sans mal. Et ne sois pas malade sur le canapé, la prévint-elle, en apportant autant de douceur que possible à sa voix.
- Ne me persécute pas ! S'afflige Tink, qui se redresse, et entame son déjeuner par l'aspirine.
Regina ne lui somme pas plus de remarque, son amie n'étant pas en état. Même si elle est tentée de la sermonner, elle sait que si les places venaient à être inversée, Tink ne l'affligerait pas de reproches. Sans plus de cérémonie, elle retourne s'asseoir à la table, pour rattraper les dix minutes qu'elle a accordés à Tink.
Il s'écoule une quinzaine de minutes, durant lesquelles, le silence règne dans la pièce. Regina toujours à rédiger ses synthèses, et Tink occupée à souffrir et déjeuner en même temps. Une fois qu'elle a fini, elle se réinstalle dans sa position initiale, étant victime de crime.
- J'ai fini, tu peux débarrasser, informe-t-elle à Regina, qui se crispe sur sa chaise.
Le tout s'est de restée calme, elle est ta plus vieille amie, elle ne t'a jamais abandonnée, même quand tu étais détestable. Il s'agit de Tink, se moralise-t-elle pensivement, ses lèvres pincées, pour ne laisser paraître aucun souffle exaspéré ou pire, une désobligeante réflexion.
La brune prit une grande inspiration, avant d'aller débarrasser l'assiette de son amie, qui garde la tête enfouie contre le tissu du canapé. C'est un défi à sa patience, et Regina est la reine des défis. Aucun ne lui résiste, elle doit se focaliser là-dessus. Et puis, tant que Tink contient ses reflux gastriques, elle peut gérer.
La journée a été régie par d'innombrables sollicitations de la part de Tink, qui : un coup eut soif, l'autre coup eut faim, mais pas faim de salé, plutôt de sucré. Quoi que finalement, Regina avait tapé dans le bon en amenant du salé, elle eut bien envie de ça. Elle eut froid, il lui fallut sa couverture. Le divan n'étant pas assez confortable pour son mal de tête, son coussin lui eut fait le plus grand bien, mais elle n'eut pas de force assez, pour se déplacer jusqu'à sa chambre.
La patience de Regina ayant été plus que raisonnablement sollicitée pour une journée, elle a décidé d'agir, et si son idée première, pour calmer ses nerfs a été d'assommer Tink, elle s'est ravisée, et a contacté Killian. Elle lui a ordonné de venir s'occuper de son amie, sans quoi, s'il aurait refusé, elle aurait trouvé le moyen de lui gâcher la vie.
Elle tourne en rond, loin de Tink, qu'elle ne veut pas prendre le risque d'assassiner, alors que bientôt, elle en sera libérée, si seulement Killian se dépêchait. Quand elle entend des coups contre la porte, Regina ouvre à son hôte, qu'elle fusille du regard, alors qu'il la salue.
- Ça ne peut pas être si horrible que ça, rigole-t-il en voyant son humeur, personne n'étant sans connaître le comportement royal de la brune.
- Ne la fait plus boire autant, ou ramène la chez toi, se contente-t-elle de lui dire, lui agressant la poitrine de son index, qu'elle y tapote tout le long de sa phrase.
Tandis qu'il frotte sa poitrine meurtrie par la brune, celle-ci ne perd pas de temps avant d'attraper son sac, dans lequel a été préparé, au préalable, ses affaires d'étude, afin de trouver refuge, dans un endroit où elle pourra aisément se concentrer. Le seul salut accordé au jeune homme, fut un bref signe de main, auquel il répond par :
- Au fait, tu reviens à quelle heure ?
Il reçoit comme réponse la porte qui se ferme bruyamment, poussée du pied de la brune, pressée de s'éloigner de cette pièce. Alors qu'il secoue la tête et s'avance vers le salon, tout en déposant son regard partout, n'étant jamais venu auparavant, il se fait arrête par la voix de Tink, qui geint avoir soif.
- J'ai besoin d'un grand verre d'eau fraîche, à température ambiante, si possible…
Peut-être que la brune a réellement fait des efforts pour supporter Tink, et qu'il l'a jugée trop vite. La situation est peut-être réellement horrible. C'est là, ce qu'il s'apprête à découvrir.
Depuis qu'elle s'est réveillée, sur les coups de quatorze heures – plutôt quinze que quatorze, si elle voulait être honnête – Emma n'a pas quitté son lit. Ayant entendu au travers des murs, que Lily et elle n'étaient plus les deux seules occupantes de leur chambre, elle avait décidé de rester terrée dans la petite superficie lui étant entièrement consacrée.
Sa meilleure ennemie, pour une durée qu'elle n'a pas encore prit le temps de déterminer, a envahi les lieux. Ruby est là, à discuter avec Lily et à regarder la télévision, dans SA chambre, alors que pas plus tard qu'hier soir – ou ce matin, dans un souci de précision… - elle aurait pu coucher avec Regina. Regina qui est célibataire, et dont tous ignorent l'ambiguïté de leur relation. Rectification, dont tous, ignorent une quelconque relation dépassant la politesse entres elles.
Cela fait des heures qu'elle rumine des idées, et déjà que cela lui bousille l'humeur, vient s'ajouter à ses sombres pensées, son estomac qui estime avoir besoin de consistance. Il va falloir qu'elle sorte. Sauf que la traitresse est toujours là. Il faut parfois faire preuve de dévotion, pour se sauver. Elle enfile son sweat à capuche noir, dont elle s'en revêtit la chevelure, avant d'attraper courage et semblant de joie, pour affronter ses amies.
- Si c'est pas la belle au bois dormant qui se réveille, la taquine Ruby, alors qu'elle se dirige en grognant, vers la cuisine.
- La bête plutôt, enchaîne Lily, dont la mauvaise humeur d'Emma l'irrite.
- Ne commencez pas, marmonne la blonde en se servant un bol de céréale.
Elle se dirige ensuite vers le divan, où sont installées ses deux amies, elle s'y laisse choir, au milieu des deux, manquant de peu, de renverser son déjeuner sur elle. Tandis qu'elle déjeune, Lily et Ruby en reviennent à leur discussion. Ce n'est qu'après avoir fini son bol, et l'avoir posé sur la table basse, qu'elle se concentre sur ses amies.
Au bout de quelques minutes à être frigide, Emma s'est finalement laissée entraîner par le fait de passer un bon moment avec ses amies, mettant de côté l'écart de Ruby. Après tout, qui dirait non aux avances de Regina Mills ?
- Au fait, je ne vous ai pas dis ! S'exclame Lily, surexcitée, en sautillant sur le canapé. Hier, j'ai appris certaine chose sur Neal et une certaine personne !
- Oh, avec Ruby, je présume, lui demande la blonde, suspicieuse quant aux informations que Lily à tendance à trop vite répandre.
- Moi ? Questionne la brune aux mèches rouges, les sourcils froncés, regardant alternativement ses amies.
- Elle m'a dit qu'il y avait un truc entres vous, lui explique la blonde en haussant ses épaules.
- Ah non, pas du tout, s'amuse la concernée.
- On l'a vu hier, laisse échapper amèrement la blonde, en murmurant.
- Vous n'avez pas envie de savoir de qui il s'agit ? S'impatiente Lily, dont le sourire présage une information surprenante. Avec Belle ! Fini-t-elle par lâcher en souriant de toutes ses dents, après avoir eu la pleine attention de ses deux amies.
- Avec Belle ? Répète Emma, dont l'expression laisse paraître qu'elle n'est pas convaincue.
- Bien sûr, raille Ruby en levant les yeux au ciel.
Tandis que Lily trépigne toujours sur le divan, Ruby se lève pour aller chercher un verre d'eau. Emma en profite pour étendre un peu plus ses jambes, un sourire sournois naissant aux coins de ses lèvres, quant aux peu de places qu'elle laisse à son amie brune.
- Ce n'est pas tout, glisse Lily, dont l'excitation ne semble plus avoir de limite.
- Ils vont être parent, super ! S'amuse Ruby, qui trouve cela ridicule, faisant rire Emma.
- Moques toi ! Mais à ta place, je viendrai m'asseoir, avant que je ne lâche la bombe, chantonne Lily, dont l'excitation fait place à un sourire malicieux.
Sans rien ajouter d'autres, Ruby revient au divan, où elle dévisage Emma, dont le sourire s'étire un peu plus, avant que la brune aux mèches brunes, ne se mette à moitié sur elle, et ne l'écrase.
- Hey ! S'indigne la blonde, en tentant de repousser la brune, qui se laisse aller de tout son point.
De là commence alors une guerre de territoire entres les deux, ayant le même objectif, faire tomber l'autre du divan. Voyant que ses amies ne l'écoutent plus, Lily s'agace.
- Belle s'envoi en l'air avec le père de Neal, qui joue les intermédiaires.
Emma et Ruby cessent tous mouvements, comme mortifiées quant à la révélation que Lily vient de faire. Elles se dévisagent toutes les deux, toujours la brune sur la blonde, avant de tourner leurs attentions vers Lily, qui sourit, fière de son effet. Chacune des deux laissent tomber leur querelle, pour retrouver une position ordonnée.
- Impossible, soupire Emma, comme si le dire à haute voix, rendrait la chose réelle.
- Et Emma s'envoi en l'air avec Mills aussi, s'agace Ruby, que la situation n'amuse pas.
Oh merde. Belle couche avec Gold, angoisse la blonde, dont les yeux s'écarquillent. Et Ruby vient de vouloir faire une ironie, qui se révèle être une secrète vérité.
- Emma fait ce qu'elle veut de son corps, tant que ce soit ailleurs qu'ici, répond Lily, ennuyée de ne pas être prise au sérieuse.
- Belle est notre meilleure amie, et c'est ma colocataire, je le saurai si les vieux c'étaient son truc, enchaîne Ruby, toisant Lily du regard.
- Je propose qu'on commande des pizzas, et qu'on se détentes toutes les trois, devant un film, les coupe Emma, qui voit déjà une dispute se déclencher.
Suite à ça, les trois filles laissèrent tomber les tensions, afin de se concentrer quant au fait de passer une bonne fin de soirée. Entre pizza, rire et télé, la soirée ne prit fin que tard dans la nuit.
La fin du week-end est vite arrivée pour Emma, son dimanche fut régi par l'étude, car malgré qu'elle ne soit pas une étudiante obsédée par la réussite, elle tient quand même à être acceptée en seconde année de psychologie, l'an prochain.
Quant à Regina, elle a laissé la chambre à Tink et Killian, toute la fin du week-end, n'envoyant qu'un message le samedi soir à la blonde, lui signalant qu'elle ne passerait pas la nuit chez elles, et qu'elle n'était pas sûre de rentrée dimanche soir non plus.
Aujourd'hui, lundi, il fait beau, le ciel n'est vêtu d'aucuns nuages, laissant paraître son magnifique bleu, surplombant les verdoyants jardins de l'université du Maine, dont les rayons dorés du soleil, rendent soyeux. De leurs arbres perchés, les oiseaux se laissent aller, à gazouiller en chœur. Emma, un café dans une main, une viennoiserie dans l'autre, se laisse bercer par l'ambiance relaxante du matin, se rendant à son premier cours de ce matin.
De ses amis, aucuns n'a choisi la même filière qu'elle, Lily étant en médecine, Ruby en assistance sociale, Belle en philosophie, tandis que Neal et Killian, eux, eurent choisis ingénierie. Malgré tous leurs choix de vie différents, ils continuent de se voir quand ils le peuvent, entres les cours, après les cours ou le week-end. Et ce midi, ils se réunissent au restaurant de la grand-mère de Ruby, le Granny's, pour dîner ensemble.
Mais avant d'entendre sonner midi, il lui faut encore se concentrer quatre heures sur ses cours, la psychologie infantile n'est pas encore la matière qui la révulse le plus, c'est avec aisance qu'elle y consacre son attention, en quelques minutes.
Quand ses cours de la matinée se finissent, Emma ramasse ses affaires, et s'empresse de quitter la classe, affamée, et se réjouissant d'atteindre le Granny's pour s'y rassasier avec ce qu'il y aura de plus consistant au menu.
Elle est surprise de voir qui l'attend devant sa classe. La brune s'approche d'elle en souriant, alors elle se laisse aller à lui sourire à son tour, quoi qu'un peu gênée de se retrouver seule, face à elle.
- Salut, lui dit-elle, alors qu'Emma, indécise quant à savoir comment se comporter, se contente d'un bref signe de main, avec un sourire crispé.
Ensuite, pendant quelques secondes, plus aucunes des deux ne dit quoi que ce soit, se regardant juste droit dans les yeux, alors qu'entourent d'elles, les étudiants quittent, eux aussi, leurs cours, et s'en vont vagabonder à leurs propres activités.
- Donc, euh, on va au Granny's ? Interroge la blonde, en dansant de ses pieds, anxieuse.
- Allons-y ! Tu m'as l'air étrange, ce matin Emma, sous-entend son amie, alors qu'elles marchent au travers des sentiers de l'université.
- Oh pas plus que d'habitude je dirais, plaisante la blonde, qui reprend contenance de ses émotions, donc, qu'as-tu fais de ton week-end ?
- Ce qu'une étudiante en philosophie fait, j'ai bouquiné, répond la brune, évasive quant à plus de détails.
- Belle French, tu mens ! Je le vois dans ton regard ! Suspecte Emma, dont les yeux inspectent le visage de son amie, en souriant.
Prise sur le fait, la concernée est saisie aux joues, par une fulgurante couleur écarlate, traduisant sa gêne, et qui lui fait bafouiller une piètre défense. Emma, quoi que soudain, emprise d'humeur taquine envers la brune, ne peut écarter de son esprit, l'image de Monsieur Gold, la langue glissant dans la bouche de son amie. Elle en frissonne.
Alors, la fin du trajet est ainsi guidée, entre Emma qui tente par tous les moyens d'extirper la vérité de la bouche de son amie, qui s'obstine à prétendre ne rien avoir fait d'exceptionnel. Une fois face au restaurant, Emma sur les petites marches de l'entrée, Belle la rattrape par la main, et lui demande timidement :
- Est-ce que ça pourrait rester entre nous, s'il te plait…
- Promis, la rassure la blonde, mademoiselle, rigole-t-elle, en lui ouvrant la porte.
- Quelle charmeuse, s'égaie la brune, en s'inclinant grossièrement, l'intention étant de tirer la révérence.
En riant ensemble de leurs enfantillages, elles s'en vont à leur table habituelle, où déjà, Ruby et Lily, sont là, à les dévisager quant à la raison de leurs rires. Quand elles se sont assises, la blonde et la brune échangent un regard complice, sous les interrogations de leurs deux amies.
Il s'écoule seulement quelques minutes, durant lesquelles elles discutent ensembles, dans la bonne humeur, avant d'être rejointe par Neal, tiré sur quatre épingles.
- Mais qui est cet homme ? S'exclame Emma en souriant.
Alors, le brun, avant de prendre place autour de la table, se mit à tourner sur lui-même, tel un danseur, avant de s'incliner, sous les applaudissements des quatre filles.
- Je ne sais pas où est le vrai Neal, mais je ne suis pas contre de garder cette version de lui quelques temps, le taquine Ruby, alors qu'il s'assied à ses côtés.
- Merci Ruby, je vois sur qui je peux compter, lui répond-t-il, passant son bras autour de son cou, et lui grattant le cuir chevelu, sous ses cris outragés.
Dans la bonne humeur, d'être réuni – Killian ne devant pas tarder – les discussions commencent à fuser, et sans même aborder le sujet de réussite scolaire, déjà, sont-ils en train de prévoir des vacances à passer ensemble, loin de l'université, et de leurs parents. Chacun y allant de son idée, passant du camping en forêt, à l'hôtel quelque part sous le soleil d'un pays chaud.
Killian entre dans le restaurant, salue d'un signe de main Granny, qui sort de la cuisine à ce moment-là, et à pas de loup, s'approche de la table où se trouvent ses amis. Un doigt devant ses lèvres, il sollicite le silence de Belle, qui est la seule à l'avoir remarqué. Lily et Ruby étant occupées à se disputer avec Neal, sous l'air amusé d'Emma, qui n'aide pas à calmer leur houleux débat.
- C'est hors de question, rouspète Ruby, soutenue par Lily, qui secoue vivement la tête de haut en bas.
- Ça pourrait être cool les filles, s'obstine Neal.
- On irait chasser l'ours… Ou vous abandonner au beau milieu de la forêt, les taquine la blonde.
Alors, arrivé à hauteur de ses amis, il saisit Emma à la taille, qui par surprise, saute presque hors de la chaise. Tandis que les quatre autres rigolent, le brun se reçoit une légère tape de la blonde sur le haut de son crâne, avant qu'eux aussi, ne se mettent à rire.
- Voilà ce qui arrive Emma, quand on embête son prochain, se moque la brune aux mèches rouges.
- Ça valait au moins ça, lui répond la blonde, en lui tirant la langue.
Killian s'assied près de la blonde, et presqu'en même temps, Granny arrive à la table. Ruby l'embrasse et lui fait une accolade, alors que ses amis, la salue de paroles ou de gestes de la main, accompagnés de sourire. La vieille femme prend leurs commandes, leur intime de ne pas effrayer ses clients en étant trop bruyant, et se retire en cuisine.
- Au fait Killian, dis-nous, comment va Tink ? L'interroge Lily, dont le sourire en coin s'étend au rougissement du brun.
- Bien, répond-t-il en se concentrant pour ne pas rougir.
De tous, Killian doit être le plus timide quant à ses relations sentimentales. Durant son enfance et son adolescence, il a eu à subirplusieurs moqueries de par son handicap à la main, et cela l'a terriblement complexé, faisant de lui un garçon discret, presque renfermé sur lui-même. Jusqu'au jour où il a rencontré Emma et Lily, avec qui il s'est senti en confiance, et qui l'ont aidées à s'affirmer un peu plus, et avec qui une forte amitié est née. Si aujourd'hui il n'est pas seul en mer à naviguer vers tous les horizons, ou dépendant du rhum, c'est grâce à elles, ainsi qu'à Ruby, Belle et Neal, qu'ils ont rencontrés plus tard.
- Oh oui, dis-nous Killian, vous vous êtes embrassés ? Le taquine Belle.
- Elle embrasse bien au moins ? Renchérit Emma, espiègle.
- Peut-être en êtes-vous déjà à l'étape de la chambre à coucher, chantonne malicieusement Ruby, faisant presque sortir les yeux de leurs orbites, à Killian.
Killian, que la gêne semble consommer à petit feu, sous les taquineries de ses amis, se tourne vers Neal, cherchant un soutient masculin, dans ce guet-apens féminin.
- Les filles, calmez vos hormones, le défend Neal, vous savez qu'il a dû se contenter de la pièce close la plus proche, termine-t-il en rigolant, créant l'amusement chez ses amis.
- Faux frère ! Grommelle Killian entre ses dents, mais dont le sourire trahit sa prétendue colère.
Les midis où ils ont la possibilité de se retrouver tous ensemble, sont rarement moins amusant que celui-ci. Toujours étant l'un ou l'autre en train de se taquiner, toujours à discuter de leurs vies, à se raconter ces histoires qu'ils ne confieraient à d'autres, sous aucuns prétextes. Ensuite, quand treize trente vint, ils retournent à l'université.
Dans un des jardins de l'université, celui non loin de l'amphithéâtre où se déroulent les cours de droit, une magnifique brune y lit ses cours. Assise au pied d'un majestueux arbre verdoyant, dont la hauteur égale à sa beauté, immense, elle patiente, l'air détendu.
Le lundi après-midi, alors que ses cours sont finis, Regina ne se rend pas à la bibliothèque, elle rejoint cet arbre. Et Tink la rejoint. Sans jamais qu'une fois, elle ait eu besoin de prévenir la blonde de l'endroit où elle se trouve. Parce que Tink la connait. Parce qu'elle sait l'importance que cet arbre a pour elle. C'est son arbre. Vraiment. L'histoire de cet arbre, Tink est la seule à la connaître, avec une certaine blonde.
Henry Mills, son défunt père, l'ancien directeur de l'établissement, l'avait, autrefois, alors seulement âgée de cinq ans, amenée ici. C'était un soir où il faisait chaud, alors qu'elle était dévastée de s'être retrouvée en deuxième place, au concours d'équitation, pour lequel elle s'était préparée pendant des semaines entières, son père et elle, étaient venu ici. Ni sa mère, Cora, qui l'avait serrée si fort dans ses bras pendant de longues minutes, la consolant en lui répétant sans cesse, que c'était une place bien remarquable, pour une petite fille. Ni sa sœur, Zelena, âgée de treize ans, qui lui avait promis son désert préféré en rentrant, une tarte aux pommes, qu'elles confectionnerait toutes les deux, n'avaient su tarir ses larmes. Seul Henry, avait trouvé les mots. Il lui avait demandée d'aller à la voiture. Elle avait obéi. Elle avait toujours obéi à son père, ne le contrariant jamais. Il était allé chercher un sac d'outil dans l'abri de jardin, et ils étaient venu ici. Elle n'avait pas compris ce qu'ils étaient venus faire à l'université où son père travaillait. Mais ce n'était pas grave. Il lui avait parlé, comme il était le seul capable de le faire. Elle s'était arrêtée de pleurer, mais n'avait pas dit un mot. Il ne s'était pas inquiété de son silence. Il ne s'inquiétait jamais qu'elle préfère parfois ne pas parler. Il savait parler pour eux deux. Il lui avait fait visiter les jardins, autrefois, moins vaste, et ils s'étaient arrêtés à un endroit. Cet endroit. Henry avait sorti du matériel de jardinage, celui de sa mère, et ils avaient préparé une petite parcelle de terre. Elle n'avait pas compris pourquoi toute suite, mais elle s'était salie les mains, parce qu'elle était avec son père. Parce qu'avec lui, plus aucune crasse, plus aucune défaite, n'avaient d'importance. Seul l'instant présent comptait. Et cet instant, ils l'ont consacré à l'ascension de cet arbre. Ce chêne. Leur chêne. Celui qui, tant qu'il tiendrait debout, lui avait dit son père, serait toujours la représentation de sa fierté pour elle, de son amour. Et aucune première place ne voudra un arbre à ses yeux. Aucune ne voudra cet arbre. Ils étaient rentrés chez eux. Elle avait enlacé son père, embrassée sa mère, et s'était couchée dans les bras de sa sœur.
Plus tard, trois ans, alors qu'elle avait huit ans, son père est mort. Comme ça, en dormant. Il ne s'était jamais réveillé. Ne lui avait plus jamais préparé son petit-déjeuner. Ne l'avait plus jamais embrassée, ou même enlacée. Le médecin avait dit que son cœur s'était arrêté, qu'il n'avait plus assez de force pour continuer à battre. Elle lui avait répondu que son père serait toujours assez fort, qu'il ne devait pas être un brillant médecin, pour ne même pas être capable de soigner son père, et de, par conséquent, lui remettre la faute dessus. Elle savait qu'il n'était pas responsable. Elle savait aussi, qu'il n'avait pas voulu employer les termes arrêt cardiaque, la trouvant peut-être trop jeune. Mais elle, elle comprenait. Elle savait, ce que ça signifiait. Elle s'était enfuie ce jour-là. Ni Cora ni Zelena n'avaient su l'arrêter, bien trop dévastée elles-mêmes. Ses yeux la brûlait. Sa tête lui faisait mal, tellement ses pensées rebondissaient dans son esprit. La relation fusionnelle qu'elle avait toujours entretenue avec son père, venait de voler en éclat. Elle s'est rendue à l'arbre. Il y avait pleins d'étudiants. Elle ne les a pas regardés. Et alors qu'elle allait saccager l'arbre, avec le même matériel qu'elle avait utilisé pour le planter, une fille l'a arrêtée. Elle lui avait tout raconté, ses larmes n'en finissant pas de couler. Alors, cette fille n'est pas allée à ses cours de droits, et elles ont été en forêt. Elles ont planté un arbre. Regina a cessé de vouloir devenir médecin ce jour-là. Elle allait devenir avocate.
- A quoi tu penses ? L'interroge Tink, en posant ses affaires au sol, s'asseyant en face de la brune, en souriant.
- A ta sœur, lui répond Regina, avec ce sourire à double sens.
Tink lève les yeux au ciel, en riant légèrement. Regina et ses sous-entendu. Kathryn et Regina sont, depuis ce jour à l'université, très liées, c'est d'ailleurs par le biais de sa sœur, que Tink a fait la rencontre la brune.
Tandis que la blonde sort son repas, la brune range ses affaires avant de sortir le sien, également. Elles restent silencieuses, profitant du soleil. Elles n'ont pas toujours besoin de se parler quand elles sont ensemble. Si au début de leur amitié, cela a posé maints problèmes à la blonde, qui n'est pas une adepte des longs silences, elle a su apprendre à les apprécier. Si bien que parfois, elle se plait vraiment quand ils viennent à arriver. Regina l'influence beaucoup trop.
- Alors, tu t'es remise de ta gueule de bois ? La charrie la brune.
- Oui, Killian a su être patient, lui, lui reproche Tink, scandalisée.
- J'aurai pu partir et te laisser seule, et je ne l'ai pas fait, prochaine fois… Suggère Regina un peu narquoise.
- Amie indigne ! Lui répond la blonde, en lui tapant l'épaule. Et toi, avec qui as-tu passé ton week-end ? Souhaite-t-elle savoir, roulant des sourcils.
- Pas la peine de lancer la production de film dans ta tête, je n'ai passé aucune nuit de folie ! Sourit Regina, en plaçant ses lunettes de soleil sur son nez, gênée par les rayons lumineux.
- Depuis quand Regina Mills est ennuyeuse ?
- Fais attention à toi Tink Nolan, je sais où tu habites.
- On habite ensemble Regina… Lui rappelle la blonde, en levant les yeux au ciel, amusée.
- Et c'est moi qui fait à manger, la plupart du temps, donc soit agréable ou tais-toi ! Chantonne la brune, sa tête appuyée contre le tronc d'arbre.
- Oh je me rappel maintenant ! Depuis à peu près autant de temps que tu es diabolique !
- Tu ne m'atteins pas très chère, souffle la brune, le ton hautain.
- Donc, où étais-tu ? Revient à la charge la blonde, dont les yeux examinent son amie.
- J'avais besoin de m'aérer la tête, j'ai été chez ma sœur, explique-t-elle en haussant les épaules.
Après qu'elle ait quittée leur chambre, elle a envoyé un message à Graham, lui demandant s'il était disponible, afin de décaler leur séance d'étude du dimanche, au samedi, ce à quoi il s'était empressé de répondre par l'affirmative. Ils se sont retrouvés tous les deux au Granny's où ils ont plus parlé qu'étudié. Ensuite, quand le crépuscule est tombé, ils ont été se promener tous les deux, et il lui a rappelé son père un instant. Elle ne s'est pas sentie de rentrer à la chambre, pour peut-être y trouver Tink et Killian, dans une position compromettante. Elle a décidé d'aller chez sa sœur, et Graham, qui possède une Chevrolet bel air rouge de 1957, a tout naturellement proposé de l'y conduire.
Là-bas, sa sœur, qui ne s'attendait pas à la voir arriver, l'a simplement laissé rentrer. Elles ont échangé quelques banalités, autour d'un repas, peu diététique, Zelena n'étant pas une adepte de haute gastronomie ni de cuisine en général, pour dire vrai. Elles ont regardé un dessin animé. Bambi. Quand sa sœur a quelque chose sur le cœur, il lui faut faire preuve de beaucoup de patience, car Regina ne se confie pas toute suite, elle prend d'abord la température, et réfléchit à comment dire à haute voix ses tourments.
Assise toutes les deux dans le canapé en cuir de la rousse, elles regardent Bambi. Zelena prend son mal en patience, d'ici la moitié du film, Regina aura ruminé assez son problème, et elle lui parlera, ce qui la divertira un peu plus que ce dessin animé qu'elle connait par cœur. Ce cerf est l'élément qui permet à sa sœur, de se sentir suffisamment en confiance pour lui parler.
- N'y va pas, n'y va pas ! Tu vas te faire tuer, souffle inconsciemment la brune, serrant les poings quand la biche s'éloigne.
C'est aussi quelque chose qu'elle fait toujours, parler à cette biche. Lui répéter à chaque fois, qu'elle va finir tuée, comme-ci cella allait changer le cours du dessin animé.
C'est au moment où leur père est mort, que Regina s'est mise à parler à la télévision. Tandis que la brune n'avait que huit ans, elle, elle en avait déjà seize, et plutôt que de parler à la télé, elle est allée voir un psy. Pendant plusieurs semaines, elle est allée voir le docteur Hopper, lui confiant tout ce qu'elle avait sur le cœur. Inquiète pour sa sœur, elle lui a parlé de son comportement, et du fait que leur mère, trop désemparée, ne faisait pas grand-chose pour atténuer les choses, s'étant enfermée dans son travail de maire. Il lui a expliqué que c'est un processus thérapeutique, autant pour Regina que pour Cora, que ça s'estomperait avec le temps, que ce n'était peut-être même que le temps du deuil. Et il a eu raison. Sa mère a fini par reprendre un rythme de vie décent, après plusieurs semaines. Et Regina a arrêté de parler à chacun des personnages des films, des séries ou des dessins animés qu'elle regardait. Sauf, qu'à chacun de ses problèmes, Bambi reste son plus fidèle conseillé.
- Zel, murmure la brune, dont les yeux restent figés sur l'écran, captivée par les images.
Oh, oh ! Exactement le même ton que le jour où elle lui a révélé avoir couché avec une fille. Et avec un garçon. Et un deuxième. Ainsi qu'un troisième. Une deuxième. Un quatrième. Puis un bon nombre d'autres filles, laissant de côté la gente masculine. Elle n'a pas été choquée. Enfin, elle n'a pas été choquée de cette annonce…
Après avoir avoué à sa sœur avoir une vie sexuelle plutôt bien remplie, Regina s'est sentie mieux, sa sœur ne l'avait pas jugée ni rejetée. Et ça lui a suffis quelques temps. Mais elle ne s'est pas sentie honnête envers sa sœur. Kathryn et Tink, savaient déjà la vérité. Et Zelena étant sa sœur, elle a ressenti le besoin de lui dire, de lui raconter comment ça se passe. Alors, neuf jours plus tard, au milieu de la nuit, elle est allée voir sa sœur dans sa chambre, habitant encore toutes les deux chez leur mère, elle n'avait eu que deux portes à franchir. Et elle lui a expliqué comment elle choisit ses conquêtes, comment elles les attachent au lit, leur bande les yeux et couchent avec eux, sans jamais les embrasser ou les revoir plus tard. C'est quelque chose qui l'a choquée, mais elle a accepté. C'est sa petite sœur. Elle pourra toujours tout accepter.
Pourvu qu'elle ne soit pas enceinte, pourvu qu'il ne faille pas expliquer ça à maman, prie mentalement la rousse.
- Oui ?
C'est tout ce qu'elle dit, c'est tout ce que la brune acceptera d'entendre sans se renfermer sur elle-même. Elle sait que sa sœur préfère être maitre de la situation, alors des réponses simples, sont le meilleur moyen d'éviter qu'elle se sente prise au piège.
- J'ai couché avec une fille.
Oh. Cela semble plutôt une situation aise à gérer, ce n'est pas comme si elles n'avaient jamais eu cette conversation un bon nombre de fois.
- Plusieurs fois.
Ah. Peut-être qu'elle va lui demander de convaincre leur mère de la changer d'université, ainsi que de ville. Non, sa sœur n'abandonnerait pas le Maine, elle ne laisserait pas les souvenirs de leur père, seul ici. Cora a déjà tenté de concevoir l'idée, mais elle s'était heurtée à une tempête brune, qui refusait même de voir un carton de déménagement dans la maison. Et Zelena n'avait pas trop eu envie de quitter sa vie ici de toute façon. Et si elle était honnête, Cora non plus. Alors, elles ont pris un mois de vacance, en plein milieu de l'année scolaire, et sont parties visiter Cancun et le Mexique en lui-même. Zelena a doublé, n'ayant pas trop eu la tête à l'étude. Regina est quand même passée avec les meilleures notes de sa classe.
- Enfin, à vrai dire je n'ai pas réellement couché avec elle.
Évidemment, comment cela aurait-il pu être simple ? La nuit risque d'être longue, mais après tout, rien n'est idéal, elle aurait pu avoir à annoncer une grossesse à Cora. Et même si elle n'aurait pas renié sa fille, son amour pour ses enfants dépassant bien trop la raison, Zelena imagine sans mal, que ça ne l'aurait pas enchantée.
- En fait, parfois, enfin, souvent, il lui arrive de, tu sais… Eum, disons, me faire des choses…
- Je vois.
Ne pas lui laisser le temps de se poser plus de question, qui la ferait paniquer, où les choses se compliqueraient pour de bon.
- Oui et donc, pas dans un lit tu vois… Et même si c'est arrivé plusieurs fois au fil des mois, il n'est pas question de relation autre que physique, ce ne serait vraiment pas envisageable. Mais, hier, on s'est disputées. Pour rien d'important. Comme on le fait toujours. Et je lui ai sommé de prendre ses distances. Et elle a dit qu'elle allait le faire. Et il est fort possible qu'elle le fasse, enfin ce n'est pas ça le problème. Enfin… Je ne crois pas. Non. Ou peut-être que si. Disons qu'il ne faut pas le perdre de nos esprits. Et Tink m'a forcée la main pour sortir, des heures durant, elle m'a harcelée pour qu'on aille à cette soirée. J'ai accepté.
- Tu as besoin de profiter un peu, tu as bien fait.
- Oui donc, je suis sortie. Et il y avait une fille. C'était l'amie de la fille avec qui les choses se passent.
- Me dire leurs noms ne serait-il pas plus simple ?
Sous l'air terrifié de sa sœur, qui a daigné lâcher le cerf des yeux – une première ! – elle comprend que ce ne serait pas plus simple, et que les choses prendraient sûrement un aspect plus sérieux encore, si des noms étaient donnés.
- Continue.
- Et je crois, qu'elle n'a pas trop apprécié que je passe une partie de la soirée avec son amie. En fait, j'en suis sûre, elle me l'a dit. Non pas qu'elle me l'ait dit de gaieté de cœur, elle est trop bornée pour ça ! Donc, je l'ai un peu forcée à me le dire, mais sans trop avoir à insister. Et on s'est encore un peu engueulées. C'est agréable, j'aime bien quand elle s'énerve. Les choses sont faciles. Après, j'ai voulu retourner à la soirée, mais je me suis retrouvée allongée sur le banc, avec elle sur moi. C'était vraiment intense. Et elle m'aurait bien prise, là, sur ce banc. Et je me serais bien laissée faire, trop emportée par le moment, que pour penser que tout le monde pourrait nous voir. Sauf que mon téléphone a sonné. On est retournées à l'intérieur, où elle est restée avec ses amis et moi j'ai raccompagnée Tink à notre chambre. Et outre que Tink a été un élément perturbateur quant à la qualité de mon étude ce matin, il y a aussi cette histoire qui m'empêche de correctement me concentrer. C'est vraiment énervant Lena !
- Et qu'est-ce que Tink en pense ?
- Elle n'est pas au courant. Ni Kat.
Cette situation est vraiment étrange. Depuis quand sa sœur lui confie-t-elle ses secrets avant d'en parler à ses deux amies blondes ? Jamais. Jusqu'à ce soir.
Avant, elle avait été jalouse, de l'importance de Kathryn dans la vie de sa sœur. Cette blonde qui débarque de nulle part, qui s'invite à l'enterrement de leur père et dans leurs vies, pour lui voler sa petite sœur, ça avait été trop dur à supporter. Jusqu'à ce qu'un soir, Regina lui rappelle la place qu'elle aurait toujours dans son cœur. Regina ne lui avait jamais dit pour l'arbre qu'elle et leur père avaient planté. Ni celui qu'elle a planté avec Kathryn. Mais la rousse l'avait appris, par sa mère, qui était tombée, un soir, sur le journal intime de sa plus jeune fille. Cette nuit-là, elle a décidé de reprendre son rôle de mère, et de délaisser celui de maire. L'un lui étant plus important que l'autre. Et elle a eu l'idée d'aller vivre à Paris. Mais elles sont restées dans le Maine.
- J'ai l'impression qu'elle va me demander de m'excuser.
- Tu n'es pas obligée de le faire.
- Je sais.
- Mais tu vas le faire ?
- Je dois lui passer mon livre de droit fiscal.
Regina n'a pas plus parlé, et n'a pas non plus abrégé les souffrances ses souffrances, en éteignant le dessin animé, comme elle le fait chaque fois que son problème est réglé. Pour la première fois depuis longtemps, Zelena a revu Bambi en entier. Elle sait que c'est un sujet sérieux que sa sœur a abordé avec elle, car si on voit la fin de Bambi, c'est qu'on n'a pas vu la fin du problème.
- Je peux dormir avec toi cette nuit ?
- Il y aura toujours une place pour toi.
Elles ont passées une bonne nuit. Le lendemain, Robin, le fiancé de Zelena, est arrivé à l'aube. Ils ont passés la journée tous les trois, à se promener dans la forêt, dont Robin est le garde forestier. Grâce à ses connaissances, Regina en apprit un peu plus de la faune et de la flore. Et en attendant, longtemps, en silence – ce que Zelena a commencé à vivre comme un calvaire après seulement dix minutes – ils ont vu une biche et son petit. Le regard de Regina fut si pétillant, qu'elle se promit de ne pas faire payer à Robin de l'avoir fait marcher et attendre pendant des heures.
Ensuite, ils ont été au restaurant. Et Regina n'a pas voulu quitter le confort qu'elle ressentait, pour retourner à sa chambre. Alors, elle est restée chez sa sœur. Et ils ont dormis ensemble, Zelena et Robin, avec Regina au milieu. Ce n'était pas gênant. Ou un petit peu au début. Surtout pour Robin. Mais, c'était important pour sa fiancée. Alors, il a accepté n'avoir qu'un peu de place dans son lit, de n'avoir que le matelas comme oreiller et qu'une demie partie de son corps protégé par la couverture. Heureusement, les jours chauds étaient là, sinon, cela aurait pu être une expérience encore plus embêtante pour lui.
Zelena a conduit Regina à l'université tôt ce lundi matin, avant de partir travailler. Elles ne se sont pas faites de promesse, quant à la prochaine qu'elles se reverraient, elles se sont juste saluées, comme quand elles habitaient encore ensemble, au manoir parental.
Tink ne demande pas plus d'élément quant à savoir la raison de cette visite chez sa sœur. Sans savoir quel en est l'origine, cela fait plusieurs jours, même semaines, qu'elle a remarqué un changement dans le comportement de la brune. Visiblement, l'étau qu'est son problème, commence à se refermer sur elle, sinon, elle n'aurait pas ressenti le besoin de s'aérer l'esprit. Il va lui falloir être attentive à chacun des faits et gestes de son amie, foi de Nolan, elle trouvera le tourment de son amie ! Au prix de son année s'il le faut ! De toute façon, ce n'est pas comme si elle est très loin dans son apprentissage de ses cours…
Le temps s'écoule vite, animé par leur discussion, et quand l'heure de retourner en classe sonne, Regina accompagne Tink à ses cours. N'ayant plus rien de prévu avant le lendemain, elle prévoit de rattraper le retard pris tout au long de ce week-end sur ses études. Mais avant, elle a quelque chose à faire.
Et il lui est nécessaire d'attendre encore un peu, là, devant la classe de son amie. Bientôt, la personne qu'elle désire voire arrive, dommage qu'elle ne soit pas seule. C'est embarrassant, mais, elle saura gérer. C'est facile, il suffit de tuer l'espoir d'une deuxième chance. Heur
- Salut Regina, la salue mielleusement la brune, les yeux doux.
- Ruby, lui répond-t-elle platement, avant de se tourner vers la blonde, Lily, je te serais reconnaissante de donner cela à Emma, lui dit-elle, en lui tendant son livre, dis-lui qu'elle prenne son temps.
- Hum… Oui, d'accord, répond la blonde, interpellée, son regard croissant celui de Ruby, qui ne semble pas comprendre.
- Je te remercie, à plus tard, termine-t-elle en souriant, avant de s'en aller.
Lily regarde le livre avec considération, la tête de Ruby par-dessus son épaule. Sans se parler, elles se posent la même question, qu'est-ce qu'Emma va pouvoir faire avec cela ? Lily hausse des épaules, et range le livre dans son sac, avant de saluer Ruby et de rentrer dans sa classe.
La brune aux mèches rouge, elle, ne bouge pas, ses sourcils froncés, les yeux accrochés au dos de la brune, comme hypnotisée par sa démarche. Hésitante quant à ce qu'elle veut faire : aller en cours ou suivre la brune ? Et puis, son cours de psychologie social peut attendre, elle en a pour jusque fin d'année avec ce cours, tandis qu'avec la charmante brune, c'est éphémère.
Ni un ni deux, elle suit la brune, et trottine afin de la rattraper. Elle l'appelle, la prie de l'attendre, mais évidemment, telle une reine, elle l'ignore et continue d'avancer. Il ne lui faut pas plus de quelques foulées, pour se retrouver à ses côtés.
- Tu ne voudrais pas… Commence d'entrée de jeu la brune, mais elle n'a pas le temps de finir sa phrase.
- Non, la coupe Regina, roulant des yeux.
- Tu semblais plutôt partante l'autre jour, évoque-t-elle, persévérante.
- C'est toujours non, s'agace-t-elle, n'ayant nulle envie de discuter de cette soirée avec la brune aux mèches rouge.
- Pourquoi ? L'interroge Ruby, l'arrêtant au milieu du couloir, en lui prenant la main.
Demande à ton amie, aimerait-elle lui répondre, mais ce serait mesquin, même venant d'elle. Et puis, ce n'est pas uniquement pour Emma. En grande partie, certes. Mais, d'un autre côté, elle ne sait pas sentie emballée par la brune ce soir-là. Toutefois, étant d'humeur conciliante, elle taira cet aveu. Quelle bonté d'âme elle fait preuve.
- Au revoir Ruby, répond-t-elle simplement, avant de reprendre sa main.
Dans l'incompréhension totale, la brune se résigne à laisser tomber, il ne lui reste plus qu'à aller en cours. Au moins aura-t-elle eu plusieurs danses avec l'envoûtante brune, qui de ses amis peut se vanter d'autant ? Nul. Du moins, nul qu'elle sache.
Après ses cours, Emma décide qu'il faut qu'elle se vide la tête, alors, elle passe vite à sa chambre poser ses affaires, et se met en tenue de running. Elle prend ses écouteurs, et va faire quelques kilomètres.
Cela fait bien longtemps, qu'elle n'a plus pris le temps de faire une bonne séance de course, ni de sport en soi, et cela commençait à la peser. Cette sensation de liberté qui lui saisit les entrailles, à chacun de ses mouvements. La musique qui lui remplit la tête. Le vent qui lui caresse le visage. Quand son souffle devient difficile, et que ses muscles deviennent douloureux, alors, c'est le moment d'accélérer. De pousser ses limites, peut-être même jusqu'à tomber d'épuisement, si son corps le lui permet, pour que, l'espace d'un moment, tout soit flou, rien n'ait d'importance. Mais bien avant de tomber à la renverse, sa raison prend le dessus, et son allure redevient aux normes de ce qu'elle est capable.
Combien de fois, ses parents, fervent sportifs, ne lui ont pas répétés de ne pas faire cela. Autant de fois, qu'elle a hoché la tête, promettant de ne pas recommencer. Comme si c'est possible, qu'elle se passe de se surpasser. S'il y a une chose dans sa vie, pour laquelle il est hors de question que qui que ce soit la guide, c'est la course. Parce que le temps qu'elle court, elle a la sensation de pouvoir conquérir le monde, que personne ne pourrait l'en empêcher. Que rien ne pourra jamais la faire s'arrêter de rêver, de croire ! Et alors, c'est une raison de plus pour accélérer, d'effleurer ses rêves les plus fous, jusqu'à ce que manque de souffle s'en suive.
Tandis que ses rêves envahissent son cœur, son organisme sécrète l'endorphine, qui se répand dans tout son corps, qu'il lui avait manqué, ce sentiment d'euphorie.
Après presque deux heures à courir, épuisée, toute en sueur, le sourire aux lèvres, elle décide de rentrer. Un coup d'œil à sa montre lui apprend qu'il est déjà dix-neuf heures trente, sans doute, Lily doit-elle l'attendre pour manger. Elle presse le pas.
Arrivée à leur chambre, elle ne prend pas la peine de frapper et rentre directement. Elle ferme à clé, elles n'attendent personne ce soir, et ce sera ça à faire en moins avant d'aller se coucher. Elle enlève ses chaussures à l'entrée, ni Lily ni elle n'étant de parfaite partisanes du ménage, il est préférable de réduire les crasses produites.
- Je suis rentrée, crie-t-elle, tout en défaisant ses lacets.
Un son en provenance de la cuisine, lui répond, sans que toutefois, elle en comprenne le moindre mot. Quand elle arrive à la cuisine, Lily est le cul assis sur une chaise, avec le haut de son corps avachis sur la table, son bras gauche soutenant sa tête, sa main droite tenant une pizza, devant son ordinateur, qui diffuse une série.
- Oh, tu nous as fait de la pizza, génial, s'exclame la blonde, l'eau à la bouche, impatiente d'y goûter.
Tout en tendant la main pour prendre une part, Lily lui tape la main, et tire l'assiette vers elle, la défiant de retenter une attaque envers sa pizza.
- Rectification : je me suis fait une pizza. Pour moi, grogne-t-elle, surveillant Emma du coin de l'œil, toi, mange une salade, que tu n'aies pas couru pour rien, continue-t-elle, son attention partagée entre sa pizza et la série.
- Merci Lily ! Tu as le sens du partage, lui dit-elle ironiquement, tandis que l'autre lève ses épaules.
Sa seule réponse est un grognement guttural, qui sonne comme celui d'un ogre ou d'un ours, en fonction de celui qu'on croit le plus plausible. Elle se dirige vers le frigo, qui est presque vide. Déjà qu'en tant qu'étudiantes, il est rarement rempli, là, c'est à se croire en temps de famine. Heureusement, elles ont toujours des pâtes. Tandis qu'elle met chauffer l'eau, elle regarde son amie, qui semble être proche d'entrer dans son écran.
- Qu'est-ce que tu as ? La questionne-t-elle, interpellée par son comportement anormal.
- Tu ne veux pas vraiment savoir, soupire la blonde, accablée.
Emma fronce les sourcils, qu'est-ce qui peut plonger son amie dans un pareil état. Elle ne lui a pourtant parlé d'aucun garçon dernièrement.
- Ça m'intéresse, lui sourit-t-elle, afin d'essayer de la faire parler.
- Si tu insistes, répond la blonde, fermant l'écran de son ordinateur, cette fichue série ne rime plus à rien ! S'exclame-t-elle, outrée, en pointant d'un doigt accusateur vers ledit ordinateur.
Emma rigole légèrement, en secouant la tête de gauche à droite. Depuis quand Lily a des problèmes sérieux, qui nécessite qu'elle se confie ? Pendant une heure au moins, elle écoute les plaintes incessantes de la blonde, qui se proclame meilleure que tous ces incapables payés trop généreusement quant au travail fournis.
Emma, qui n'est pas une grande amatrice de série, et qui n'a même jamais vu un seul épisode de ce dont lui parle Lily, répond par intermittence, concentrée sur un jeu mobil. Toutes les deux assises dans le divan, Emma en tailleur, Lily les genoux repliés sous elle, son bras droit appuyé sur le dossier, tournée vers la blonde, elle s'exprime en faisant de grand geste.
Quand son indignation est redescendue et qu'Emma en a marre de perdre, il est déjà vingt-deux heures. Lily décide qu'elle va aller se coucher, et la deuxième blonde prévoit de faire la même chose, mais va passer par la case douche avant. Emma est celle qui se lève en première, pour aller à la salle de bain. Elle fait couler un peu d'eau, tout en se déshabillant, afin que la température ne lui fasse pas attraper un rhum, tellement elle est basse.
Complètement dévêtue, un pied dans la douche, qui tâte l'eau quant à savoir si elle s'y glisse ou non, la tête de Lily basse l'embrasure de la porte. Emma qui la remarque, s'exclame :
- Lily ! Il faut vraiment que tu perdes cette habitude !
- Oh ça va, je sais quand même à quoi tu ressembles de toute façon, soupire-t-elle en levant les yeux au ciel, s'appuyant contre le mur.
- Peu importe, tu arrêtes ça ! Lui somme la blonde, entrée dans la douche.
- Demain, promis ! Minaude-t-elle, de sa voix moqueuse, qui certifie à la blonde qu'elle peut toujours attendre. Regina m'a donné un truc pour toi, il est sur ton lit, explique-t-elle, attirant l'attention d'Emma, qui coupe l'eau.
- Regina ? Répète-t-elle, sortant sa tête, pour dévisager Lily, l'incitant à continuer.
- Ouais, elle a dû accompagner Tink à sa classe, et avec Ruby on est tombées dessus, raconte-t-elle, tout en regardant ses ongles, il faudrait que je me remette du vernis.
Tout en savonnant ses cheveux, Emma réfléchit à ce que la brune aurait pu donner à son amie pour elle. C'est peut-être une ruse pour s'approcher de Ruby. Non, Regina ne revoit jamais ses conquêtes d'une nuit. Bien que ce ne soit pas réellement une conquête, elle n'aurait pas été retrouvée Ruby. Ou alors peut-être que si, dans l'intention de l'énerver, c'est possible. Sauf que ça ne marche pas, l'effet de l'endorphine encore dans son corps.
- Elle t'a dit quelque chose ? Lui demande-t-elle, toute même curieuse d'en savoir un peu plus.
- Rien d'intéressant, tu connais Mills, beaucoup de mot pour pas grand-chose.
- C'est pas toi qui envisageais de tenter ta chance vendredi, rigole la blonde, en se rinçant les cheveux.
- J'étais pas sérieuse, Emma ! C'est pas mon truc d'être dominée. Et cette maniaque ne me ligotera pas à un lit, pour abuser de moi. Par contre, Ruby aurait bien aimé elle, continue-t-elle en riant, inconsciente que sous la douche, Emma s'est crispée, sauf qu'elle s'est fait remballée.
Elle ne fait pas que dominer, il lui arrive aussi d'être dominée, pense Emma, en souriant, fière d'être la seule à avoir ce droit-là.
- Ah bon ? Demande-t-elle innocemment.
- De ce que Ruby m'a dit, cette fille ne sait pas ce qu'elle veut. Mais si tu veux mon avis, elle sait parfaitement qu'elle ne veut pas de Ruby, mais ça, Rub' ne le reconnaîtra pas, développe Lily, qui a fini par reporter son heure de couché, pour mettre son vernis.
- C'est dommage pour elle. Après, je ne pense pas que ce soit une fille pour Ruby, soumet discrètement Emma. Tu me passes un drap, lui demande-t-elle en tendant un bras.
- Bien d'accord ! D'ailleurs, tu devrais peut-être coucher avec toi, lui répond Lily, qui lui en jette un négligemment.
- Pardon ? S'étrangle la blonde, tout en enroulant le drap autour de son corps.
- Ne fais pas ta prude ! Si tu couches avec Ruby, elle oubliera Regina, et peut-être que vous vivrez heureuses avec pleins d'enfants, et moi je serai la marraine, narre Lily, emballée par son idée.
Ruby, bien sûr. Elle ne lui parlerait pas d'une relation avec Regina. Elle se doit d'être moins paranoïaque au sujet de la brune. Sans prendre la peine de se sécher les cheveux, ayant une envie de rejoindre son lit bien plus grande que d'avoir les cheveux secs, elle enfile son pyjama avant de sortir de la salle de bain, où Lily termine son vernis.
- Oh Lily, l'appelle-t-elle, pas de rumeur quant à une potentielle relation entre Ruby et moi, c'est clair ? Lui ordonne-t-elle.
- A condition d'être la première mise au courant quand ça arrivera, tente de marchander Lily.
Dans les secondes qui suivent sa phrase, Emma est revenue sur ses pas, et fusille son amie du regard, qui lui sourit narquoisement.
- C'est sans conditions !
- Bonne nuit Emma, minaude-t-elle, en se levant et en éteignant la lumière, avant de passer devant la blonde, pour se rendre dans sa chambre.
- Je suis sérieuse Lily, si j'entends quoi que ce soit…
La porte de la chambre de son amie qui lui claque devant le nez, la coupe dans sa menace, tentant en grognant, elle donne un coup contre la porte, afin de signaler son mécontentement.
Quand elle arrive dans sa chambre, ses yeux se posent directement sur ce qui est posé sur son lit. Le livre de droit fiscal, évidement. Elle le dépose avec soin, sur sa table de chevet. C'est là, sans aucun doute, le drapeau blanc de Regina, sa façon de présenter ses excuses. Tout en se mettant au lit, la blonde pense, Sacrée Mills, et presque aussitôt, elle s'endort, paisiblement.
Le petit tailleur alla hardiment à lui, l'interpella et lui dit :
" Bonjour, camarade, hein, te voilà à contempler le vaste monde ?
Je suis justement en train de m'y rendre pour y tenter ma chance.
As-tu envie de venir avec moi ? "
Le vaillant petit tailleur - contes de Grimm.
