Disclamer : Harry Potter appartient à JKR , mais cette histoire est à moi.

Bêta : Marionnette0116


Le Hasard Fait Bien Les Choses partie 5

Franchement, je ne sais pas à quoi carbure ce type, mais cela doit être vachement puissant pour qu'il en vienne à balancer des conneries pareilles. Sinon, avez-vous, tout comme moi, noter l'emploie du féminin ou bien est-ce juste le fruit de mon imagination ? Je demande parce que si c'est bien le cas, je crois que je vais en faire de la patté pour chien de cet abrutit, qui, je vous rappelle, fais le triple de ma personne et dégage une aura super méga effrayante. Je sais, je suis parfois stupide, mais là c'est trop ! Déjà qu'on passe la majorité du temps à me prendre pour la sœur jumelle de ma sœur, je refuse qu'on s'adresse à moi en employant le féminin ! Merde, je suis un mec tout de même ! Et j'ai aussi ma fierté.

Je sais, je sais, ce n'est pas vraiment le moment rêvé pour faire ma petite crise, mais je n'y peux rien moi. J'ai la fâcheuse tendance à perdre mon sang froid quand il est sujet de « ça ». Oh là ! je vous vois venir, donc ce n'est pas la peine. Je sais déjà que je fais un complexe là-dessus ! Mais qui ne l'aurait pas fait, hein !? Mais passons, je crois que l'autre psychopathe aux yeux rouge commence à s'impatienter. Et je ne tiens pas l'énervé, il est suffisamment effrayant comme ça sans que j'en rajoute une couche. Je pense aussi que je vais remettre son passage à tabac pour m'avoir traité de fille à plus tard. De préférence quand il aura le dos tourné et sera endormi. Je sais, ce n'est pas très loyal, mais avec le gabarit que j'ai, je ne vois pas comment gagner contre un géant pareil.

Mais revenons à nos moutons. Enfin, au géant aux yeux rouges. Il fixe son étrange regard sur moi en étirant ses lèvres sur une rangée de dents très blanches et étrangement pointues. À la vue de cette denture effrayante, une alarme se déclenche quelque part en moi. Je dois me tirer de là et presto. Je sens que cet homme, même s'il ressemble énormément à James Bond physiquement, il n'est pas comme lui. Il est plus dangereux. Il se dégage de lui une aura meurtrière, sombre et teintée d'une couche de folie. Je peux même la goûter du bout de la langue tant elle forte. Je ne sais pas comme c'est possible, mais je peux vraiment la goûter.

Comment expliquer cela ? Alors, c'est un peu comme avec la nourriture. Non seulement je sens son odeur, mais j'ai aussi la sensation de tremper mes doigts à l'intérieur de celle-ci avant de les porter à mes lèvres pour en goûter la saveur. C'est troublant et en même temps effrayant. Je me fais peur. Qu'est-ce qui se passe avec moi ? J'ai peur de le savoir. James Bonde avait-il dit la vérité ? Serais-je vraiment la Lupiniard de sa meute ? Une meute de loups en l'occurrence ? La magie de la meute coule-t-elle véritablement en moi ? Et si cela est vrai, vais-je moi aussi me transformer en monstre ? En loup géant, enfin, en loup nain. Je ne suis pas certain de vouloir le savoir. Et puis, ce n'est pas le moment de penser à ça. J'ai une chose bien plus urgente à faire : comme me barrer d'ici.

Pendant que je me pose toutes ces questions, le géant aux yeux rouges s'est silencieusement approché de moi. Seuls deux pas nous séparent et il ne tarde pas à les franchir. Je fais un pas en arrière. Il comble la distance et se penche sur moi en passant son bras autour de ma taille afin de me rapproche un peu plus de lui. Je tente de résister, mais il est bien plus fort que moi. Voyant que je ne suis pas de taille, je stoppe toute résistance et me mets sur la pointe des pieds pour le toiser avec défi. Je sais, je suis con, mais je n'y peux rien ! Je suis bien trop casse-cou pour mon propre bien même si en parallèle, je suis un brin peureux. Allez savoir comment un truc pareil est possible ! Selon ma sœur, Jess, je serais un peu comme Scooby Doo et Samy. Seulement, là où la peur les fait fuir, la mienne me fait prendre des décisions incompréhensibles et suicidaires les trois quarts du temps.

Bref, le sourire méga flippant du géant s'élargit devant ma tentative ridicule d'intimidation. Note à moi-même : ne jamais tenter d'intimider un type qui fait le triple de votre personne. Déjà, ce n'est pas très crédible. Et ensuite, mis à part récolter un torticolis et vous ridiculiser, cela ne mène pas à grand-chose. Pourtant, même en me faisant cette réflexion, je n'arrive pas à baisser les yeux. J'ai l'impression que si je le fais, il va me sauter dessus et ne faire de moi qu'une bouchée. Voilà pourquoi, malgré ma peur et la douleur que je ressens au cou et aux yeux, je persiste à le défier du regard. Ma conduite ne semble pas du tout lui plaire. Et moi qui veux à tout prix éviter de le mettre en colère, c'est loupé pour le coup ! Pour me faire comprendre son mécontentement, il me grogne dessus. Le problème voyez-vous, c'est que je ne parle pas le langage des hommes de cavernes. Et idiot comme je suis, je lui fais part de ma pensée. Il grogne deux fois plus fort, ce qui ne m'avance pas. J'allais lui faire part de cette nouvelle pensée quand il prend la parole.

_ Je vois que comme toutes les Lupiniards, tu as aussi hérité de leur foutu caractère de merde. Mais ne t'en fais, je vais me faire un plaisir de te dompter. Tu vas devenir une gentille et obéissante Lupiniard, car contrairement à cet idiot de Lupin, je n'ai aucun problème à te corriger.

Et sur cette note très réjouissante, il se baisse et pose ses lèvres sur les miennes. Je suis tétanisé. Mon cœur rate un battement. Ne vous trompez pas, ce n'est pas par désir, plaisir ou excitation qu'il le fait, mais par dégoût et peur. J'ai envie de vomir. Sentir ses lèvres sur les miennes me révulse. Et j'ai l'horrible sensation d'être infidèle. À qui ? Allez savoir ? Après le dégoût et la peur, une colère immense monte en moi balayant tout sur son passage. Et avec elle, une force dont je ne savais pas posséder prend possession de mon être. Comme au ralenti, je lève ma main droite et je la pose sur la poitrine du mufle. L'esprit complètement vide, cependant très clair, je rassemble toute ma colère dans la paume de ma main droite.

Le géant aux yeux rouge vole sur plusieurs mètres et va s'écraser brusquement et méchamment contre un arbre. Un sourire cruel et satisfait étire mes lèvres quand le bruit sinistre des os qui se cassent me parvient aux oreillers. Bien fait pour lui ! Il n'avait qu'à ne pas faire ça. Tout en pensant à ça, j'essuie rageusement ma bouche. Je me sens souillé, sale. Et rien que pour m'avoir fait éprouver ces sentiments, j'ai le désir de le tuer, de le faire disparaître de la surface de la Terre. Je voudrais le réduire en pièces, me repaitre de sa chair et de son sang… La peur revient à grands pas au moment où ces pensées macabres me traversent l'esprit. Mais à quoi est-ce que je pense ? Que m'arrive-t-il, non de Dieu ? Apeuré par ces pensées, je tourne les talons et m'enfonce dans la profondeur de la forêt.

Je ne sais pas depuis combien de temps je cours ainsi, mais la fatigue et la faim finissent par avoir raison de moi. Je me laisse donc tomber sur le sol froid et me recoquille sur moi-même. Les larmes coulent toutes seules. Je suis fatigué, apeuré, perdu et je meurs de faim. Mais ce qui m'inquiète par-dessus tout, c'est cette force, cette puissance, ce pouvoir que je perçois en moi et qui ne demande qu'à sortir. C'est tellement fort que j'ai du mal à le retenir. Là, allongé sur sol, sur un tas de feuilles mortes, la faim me taraudant le ventre et luttant contre ce pouvoir inconnu qui tente de m'ensevelir, je me surprends à appeler James Bond.

Je crie son nom dans ma tête avec désespoir. Je l'appelle à l'aide. J'ai besoin de lui. Il doit venir me sauver, c'est son devoir. Les larmes coulent de plus en plus fort alors que les appels désespérés que je lance à James Bond franchissent mes lèvres. Les appels qui au début sont formés par des mots parfois incompréhensibles se transforment en grognements puis en hurlements. Et avant que je ne m'aperçoive de quoi que ce soit, je me retrouve à quatre pattes, la tête levée vers le ciel et poussant des hurlements de loup en détresse. Les hurlements sont alimentés par le pouvoir qui circule en moi. Et après un dernier appel, je m'écroule sur le sol avant de perdre conscience. Quand je reviens à moi, j'ai la surprise de trouver dans un lit. Un lit très confortable, je dois dire.

La surprise passée, je prends peur. Est-ce que l'autre malade mental qui veut me dompter m'a retrouvé ? Suis-je revenu dans la mystérieuse chambre ? Rien que de penser à ça, j'ai les jambes qui tremblent. Prudemment, je quitte le lit afin de faire le tour des lieux. Non, je ne suis pas de retour dans la mystérieuse chambre. Cette réalisation me soulage d'un poids dont je n'avais pas conscience. Le soulagement me coupe les jambes et j'atterris disgracieusement sur le sol. Je mets près de cinq minutes pour me remettre de l'émotion. Si je ne suis pas de retour dans le mystérieux manoir duquel je me suis évadé, où suis-je ? Chez un autre psychopathe qui veut aussi faire de moi sa Lupiniard ou bien ai-je finalement atterri chez quelqu'un de normal ? Afin de m'assurer de cela, je lève péniblement et rejoins la porte de la chambre. Je prends le temps de bien observer la porte. Hé ! Qui me dit qu'elle n'est pas piégée, hein ! Imaginez un peu que je prenne une décharge électrique en posant ma main dessus ! Oui, je sais, je suis un brin parano et ridicule. Mais avec tout ce qui vient de m'arriver, j'ai bien le droit, non ?!

Prenant mon courage à deux mains, je pose un doigt sur la poignée. Voyant que rien ne se passe, je ferme ma main sur celle-ci et l'ouvre. Lorsque la porte s'ouvre sans opposer de résistance, je n'en reviens pas. Je m'attendais vraiment à ce qu'elle soit fermée. Alors que je suis sur le point de franchir la porte après avoir jeté un regard dans le couloir qui est heureusement désert, une pensée me traverse l'esprit. Je baisse alors les yeux pour pouvoir regarder ce que je porte. Ouf, la robe de nuit affreuse de mémé Potter a disparu. À la place de celle-ci, je porte un bas de jogging noir et un débardeur blanc. Au moins, je n'aurais pas à m'inquiéter qu'on me prenne pour un pervers quand je filerais de cet endroit. Mes parents et ma peste de sœur commencent à sérieusement me manquer. Ce n'est pas le moment de penser à eux.

Je dois me concentrer sur ma nouvelle fuite. J'ai l'impression que depuis que j'ai rencontré James Bond, je ne fais que ça : fuir. Je prends une grande inspiration et ouvre un peu plus la porte. Je vérifie qu'il n'y a toujours personne en vue avant de quitter la chambre. Précautionneusement, je longe le couloir sans savoir où il mène. Celui-ci débouche devant un escalier en spiral et trois chambres dont une est entrouverte. Sur mes gardes, je vais jeter un coup d'œil à l'escalier afin de voir où il mène. Alors que je m'approche de celui-ci, mon odeur alléchante vient chatouiller mes narines. Mon estomac me fait coucou en grognant fortement. Oubliant ma première idée, je prends la direction d'où provient la délicieuse senteur.

Sous l'emprise de la douce saveur, je ne fais plus attention à quoi que ce soit alors que mes pas me conduisent vers la porte entrouverte. Guidé par mon estomac vide, je ne prends pas le temps de réfléchir à mes actes et je pousse la porte, l'ouvrant complètement. Et merde ! Je n'ai vraiment pas de chance. Voilà ma première pensée alors que je fais demi-tour et me mets à courir comme si j'avais le diable aux trousses.