GENRE : Angst - full of angst, sérieux - ; Hm... Hurt - Comfort ; Romance ; Action, etc...

PARING : Drarry, Romione, Luna/Blaise ( Laise ? Bluna ? ) et... C'est tout.

RATING : M, pour la douleur, les grossièretées, etc.

BÊTA : Mylush a rejoins l'aventure, merci à elle pour son travail ! :D

NOTE : • Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, je ne suis pas anglaise et je ne suis pas blonde, je ne suis pas JK. Mais tout le reste est à moi, les personnages originaux, l'histoire avec Merlin et Morgana... Enfin, vous verrez bien.

Bonne lecture ~ !


- NOUVEAU CYCLE – PARTIE 2 -

Draco soupira discrètement en se laissant aller dans sa petite chaise peu confortable, alors qu'un silence assourdissant plombait la pièce. Il ne regardait personne, redessinant plutôt du bout du doigt les rainures dans l'épaisse et large table de bois.

Un mois après son dernier rituel ayant permis de se préparer face à deux attaques sur le chemin de Traverse, qui n'avaient fait que des blessés grâce au ciel, Dumbledore était venu voir l'Éternel pour lui faire part de la découverte du journal ; journal dont Draco n'avait pourtant trouvé que peu d'informations dans l'esprit de Lucius Malfoy. Alors, chose qu'il ne faisait jamais, Draco avait cette fois-ci accepté d'assister à la réunion de l'Ordre avec Blaise. Le Trio d'Or et la Serdaigle le faisaient depuis longtemps déjà, mais c'était la première fois que Blaise et lui étaient gracieusement invités à venir y assister.

Harry les surveillait d'un air suspicieux, les Weasley de tout âge en faisaient de même, Hermione avait terminé par leur laisser le bénéfice du doute et Luna... Luna continuait de fredonner doucement. Severus, à côté de son filleul, ne disait rien, mais sa main discrètement posée sur son genoux et qui le serrait doucement, aidait un peu. Draco inspira doucement alors que le Directeur de Poudlard et Chef de l'Ordre du Phoenix arrivait dans la pièce.

- Monsieur Malfoy, je suis enchanté de constater que vous avez enfin accepté de venir à l'une de nos réunions, exprima-t-il à voix haute.

Le jeune homme se crispa.

Ça, c'était bas et fourbe, très Serpentard dans l'âme ! Depuis que Dumbledore lui faisait confiance, il lui avait proposé bien trop souvent de venir assister à une des réunions, puisqu'il y avait sa place, en tant qu'espion pour l'Ordre. Mais le fait était que Draco ne voulait pas que tout le monde sache ce qu'il pouvait faire. Il se complaisait dans l'indifférence totale, il n'aimait pas étaler ses capacités, malgré ce que tout le monde pouvait penser. Il avait porté un masque pendant si longtemps et s'était tant attiré les foudres de tout le monde, que tenter de leur faire comprendre qu'il n'était pas si mauvais qu'il le prétendait, c'était peine perdue.

- Pourquoi est-il là, monsieur ? S'enquit Harry en fronçant les sourcils, le regardant toujours. Et comment ça, « enfin accepté » ?!

- Cela fait quelques mois déjà que je voulais que Monsieur Malfoy se joigne à nous, il était temps je pense.

- Mais...

- Harry, mon garçon, Monsieur Malfoy ici présent mérite sa place autant que les autres, avec tout ce qu'il a fait. Après tout-

- Je crois qu'on a compris, merci Albus, cracha Draco en plantant son regard dans celui du Directeur.

Tous ou presque poussèrent des cris outrés ou surpris quant à la familiarité que se permettait le Serpentard. Mais Dumbledore eut un rire qui surprit encore plus les membres de l'Ordre.

- Vous avez raison, mes excuses, Monsieur Malfoy, rit-il en hochant la tête.

Draco frissonna et détourna les yeux. Il n'aimait pas ce que faisait Dumbledore. Lui octroyer un respect plus que visible, ça ne pouvait qu'attirer les suspicions de tout le monde et il allait devoir s'expliquer. Hors de question. Le regard de Hermione et de Harry pesaient lourd sur son profil et la question silencieuse dans le regard de Blaise n'aidait en rien.

Merde, il n'avait vraiment pas besoin de ça.

- Est-ce qu'on pourrait en venir au pourquoi de notre présence à tous, d'aussi bon matin ? Demanda-t-il d'une voix détachée.

- Oui, il m'a semblé important que vous soyez présent pour ceci, déclara Dumbledore en hochant la tête.

Il sortit la baguette de Sureau et l'agita, invoquant un épais coffre en étain couvert de runes que Draco identifia comme des sceaux empêchant toute magie de pénétrer la boite, ainsi que des runes rendant sa localisation totalement impossible. Draco fronça les sourcils en se redressant dans son siège, fixant la boite en posant ses mains à plat sur la table.

Ces runes lui disaient quelque chose : C'étaient des runes bien trop anciennes, inutilisées, totalement oubliées. Et ce n'était pas normal.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Hermione en essayant elle aussi de déchiffrer les runes.

La jeune femme avait beau être la majeur de sa promo en Runes, elle ne pouvait évidemment pas les déchiffrer, et encore moins les comprendre. Elle devait être perdue, et si Draco n'était pas aussi pris au dépourvu de voir ces runes particulières, il aurait pu trouver la situation cocasse, voir marrante. Mais il n'était pas capable de rire, pas maintenant, pas aujourd'hui.

- Ce que nous cherchons activement depuis un mois, expliqua Dumbledore en posant ses mains à plat sur la boite.

Draco frissonna et écarquilla des yeux, surpris.

- C'est... C'est le journal, déclara-t-il plus qu'il ne questionna.

Pourquoi le journal que Voldemort voulait, se trouvait dans un tel coffret, et qu'y avait-il dedans pour qu'il soit aussi bien protégé ? Dumbledore le fixa, une lueur amusée dans les yeux. Il hocha la tête en s'asseyant.

- En effet, c'est celui-là même. En tout cas, nous le pensons, puisqu'il nous est totalement impossible d'ouvrir ce coffre, déclara-t-il en ne le quittant pas des yeux.

- Pourquoi ne pouvons-nous pas l'ouvrir ? S'enquit Harry en détachant enfin son regard du seul Éternel qui se Souvenait.

- Parce que c'est une part d'un passé oublié.

Les regards se posèrent tous sur Luna, qui avait la tête en arrière, observant le plafond avec un sourire nostalgique sur les lèvres. Draco hocha la tête. Il était le seul à n'avoir pas quitté la boite des yeux.

- Elle a raison, murmura-t-il sans même s'en rendre compte. Ça date de l'Ère Noire.

Il ne remarqua pas le regard curieux que posa Harry sur lui, trop concentré sur la boite et ce qu'elle pouvait contenir. Il ne comprenait pas, ce n'était pas normal qu'ils en retrouvent à cette époque. Il n'y en avait plus, il n'avait plus d'existence écrite de cette époque, ils s'en étaient assurés !

- Mademoiselle Lovegood a raison, ça date d'une époque très ancienne, si ancienne que le peu d'écrits qu'il nous reste de cette époque ne sont plus que des traductions. Les textes en eux-même ont été perdus.

- Où l'avez-vous trouvé ? S'enquit Draco, perdu.

Oui, il était perdu. Parce qu'ils avaient tout détruit, il ne pouvait en rester des vestiges, c'était impossible.

- Il y a quelques temps de cela, un groupe de chercheurs moldus spécialisé dans les recherches sur les sites anciens s'est mis dans l'idée de découvrir d'autres secrets cachés à Stonehenge. Étant un lieu de culte très chargé en magie, un chercheur sorcier et une Langue-de-Plomb se sont intégrés au groupe pour garder nos secrets ce qu'ils sont, des secrets. Or ce jour-ci, une porte a été découverte, une porte que jamais aucun sorcier ou moldu n'avait vu jusqu'alors. Les deux sorciers pensent qu'il y avait un sort très puissant de dissimulation qui aurait pris fin entre 1963 et aujourd'hui.

- Comment cela est-il possible ? S'inquiéta Hermione.

- Sachez, Miss Granger, que tout sort usant d'une magie active, quel qu'il soit, n'est pas éternel, répondit Dumbledore d'une voix calme.

Il reporta son attention sur la boite.

- À l'intérieur de cette cavité se trouvait ce coffret et ceci.

Dumbledore sortit une pile de parchemin.

- La langue est inconnue, mais un mot ressemble à de l'ancien gallois, que nous supposons donc pouvoir traduire comme journal.

Il fit passer les parchemins jusqu'à Hermione. Cette dernière observa les écritures puis le coffret, le visage soucieux, preuve de sa grande réflexion.

- En quoi est-il important ? S'enquit-elle.

- D'après les informations que nous avons recueillies du premier cercle... - Son regard s'attarda sur Draco - Voldemort cherche activement ce journal.

Et ça, ça restait un sacré mystère tout de même. Draco ne savait pas pourquoi Voldemort le voulait à tout prix, mais cela ne pouvait rien prévoir de bon. Alors que Severus confirmait qu'il en avait entendu parler, l'Éternel essaya d'apercevoir quelque chose d'écrit sur les parchemins, mais Hermione les gardait hors de son atteinte. La jeune femme avait resserré ses mains sur les feuilles, le visage soucieux.

- Mais pourquoi le voudrait-il ? Qu'y a-t-il dans ce journal ?

Dumbledore secoua la tête.

- Personne ne le sait. Le coffret est scellé et il faudrait pouvoir traduire ces inscriptions pour pouvoir l'ouvrir et savoir ce qu'il y a exactement dedans. Mais malheureusement, plus personne ne parle cette langue.

Son regard se concentra sur Draco.

- Enfin, presque personne, je me trompe ?

L'Éternel releva les yeux et observa le Directeur. Très intelligent. Vraiment très intelligent.

Draco se leva et se rapprocha, et Dumbledore se déplaça pour le laisser se placer devant la boite. Le Serpentard l'observa un instant, n'osant pas encore la toucher.

- Si vous voulez, je peux m'en occuper monsieur ! S'exclama Hermione en observant le Serpentard.

- Elle a raison, monsieur le Directeur ! Si quelqu'un peut traduire ces inscriptions, c'est bien Hermione, on n'a pas besoin de Malfoy.

- Potter, tais-toi un instant, murmura Draco en plissant des yeux.

Son doigt frôla une inscription calligraphiée sur le côté droit du coffret et il frissonna, toute couleur quittant son visage.

- Non...

Draco ne remarqua pas le regard sombre que Harry posait sur lui, alors que Hermione se proposait de nouveau pour travailler sur le coffret à la place de Draco, qui n'avait définitivement rien à faire là d'après eux.

- Dobby, est-ce que tu pourrais venir, s'il te plaît ? Souffla-t-il à mi-voix, surprenant tout le monde.

- Dobby ? Qu'est-ce que Dobby a à faire avec cette histoire ? Qu'est-ce que tu vas lui faire ? clama Harry d'une voix paniquée.

Draco fronça les sourcils en relevant le regard vers le Gryffondor.

- Rien du tout, qu'est-ce que tu crois ?

- Monsieur Draco a appelé Dobby ?

Tous se tournèrent vers le petit Elfe de maison, qui venait d'apparaître dans la pièce, affublé d'un cache théière sur la tête. Harry se leva.

- Dobby !

Le Gryffondor semblait presque surpris.

- Mais qu'est-ce que tu fais là ?

- Dobby est là parce que Monsieur Draco a appelé Dobby, couina le petit Elfe en s'approchant.

- Dobby, peux-tu venir voir ça, s'il te plaît ?

L'Elfe de maison s'avança jusqu'à Draco et se mit sur la pointe des pieds pour regarder le coffret. Draco pointa du doigt quelques runes.

- Regarde, est-ce que c'est bien ce que je crois ?

Dobby plissa des paupières en s'avançant puis écarquilla les yeux et se mit à sautiller.

- Mon Seigneur ! Comment avez-vous trouvé cela ?! Tout a été détruit depuis des siècles !

Il se tourna vers lui en fronçant les sourcils.

- Vous en avez oublié ?

- Apparemment !

- Qu'est-ce que c'est ?! Pesta Harry en s'approchant.

Draco leva enfin son regard vers lui, toujours penché sur le coffret.

- De l'ancien elfique gallois.

- Une langue très ancienne et très rare, peu de sorcier savaient la parler. Mais les Elfes savaient, les Elfes savent. Mais les sorciers s'en fichent, gronda presque l'elfe de maison.

- Les sorciers sont idiots Dobby, n'y fait pas attention.

Draco ne vit pas les regards surpris que s'échangèrent Hermione, Harry et Ron. Au contraire, il s'était de nouveau concentré sur le coffret avec l'Elfe de maison.

- Peux-tu appuyer là et relâcher un peu de ta magie, s'il te plaît ? Demanda doucement l'Éternel, le doigt caressant toujours les gravures sur le côté de la boite.

C'était un vieux procédé que les Sorciers n'utilisaient plus. Ces coffrets étaient fermés par la magie d'un sorcier et de celle de l'Elfe le plus lié à ce dernier. Bien entendu, il fallait utiliser une magie bien spéciale pour éviter la destruction totale du bien enfermé dans cette boite. Mais Draco savait à qui appartenait cette dernière, il connaissait ces gravures, il savait quoi faire.

Doucement, il posa trois de ses doigts sur le côté gauche du coffret, sur les runes de fermeture, et Dobby en fit de même sur l'autre côté.

- Un, deux... trois.

Dobby et lui relâchèrent un peu de leur magie en même temps et le coffret s'illumina d'une vive couleur dorée. Draco sourit rapidement, c'était bon signe ; et en effet, le coffret cessa de luire et un clic se fit entendre quand la boite se descella. L'Éternel retint sa respiration en relevant doucement le clapet.

Dans le coffret, le journal que Voldemort voulait à tout prix. Le journal... Ce journal que Draco connaissait très bien pour l'avoir déjà vu il y a bien longtemps.

- Je n'arrive pas à le croire...

Religieusement, Draco se redressa en ne quittant pas le journal des yeux, incapable de le prendre dans les mains.

- Qu'est-ce que c'est ? S'enquit Hermione en se levant elle aussi, cherchant à regarder dans le coffret.

- C'est impossible...

- Monsieur Malfoy, pourriez-vous nous éclairer ? Demanda Dumbledore.

Si jusqu'alors, les demandes et questionnements de Harry et Hermione, ou des autres d'ailleurs, n'avaient pas sorti Draco de sa contemplation, il revint sur terre quand le Directeur et Severus le poussèrent pour voir le coffret. Il observa d'un air hagard les deux sorciers lancer des sorts pour vérifier que le journal n'était pas dangereux, avant que Dumbledore ne le sorte de la boite. Draco écarquilla les yeux et leva les mains.

- Attention ! Faites-y très attention !

- Ce journal n'est pas protégé par d'autres sorts de protection, Monsieur Malfoy, tout va bien.

- Non, non, non, ce n'est pas ça, faites y très attention, ce journal a été perdu pendant des siècles et si c'est ce que je crois, il aurait dû le rester !

Oui, l'angoisse était palpable dans sa voix, attirant l'attention sur lui. Il s'humidifia les lèvres.

- Qu'est-ce ? Demanda Dumbledore en le déposant sur la table.

Draco se rapprocha et observa le journal, sa couverture en cuir sombre, simple. Pas de fioritures, pas d'inscriptions. Il glissa son doigt sur la tranche, frissonnant sous les résidus de magie ancestrale qui l'entouraient. Il l'ouvrit et sur la première page, des inscriptions dans une ancienne langue, une langue qui n'avait pas été parlée depuis des siècles. Il ferma les yeux et soupira.

- Mon Seigneur, murmura Dobby à ses côté. Est-ce que c'est... ?

- C'est lui, oui, murmura-t-il en rouvrant les yeux.

- Malfoy, qu'est-ce que c'est ?

Draco continua de caresser la première page du journal, perdu dans ses pensées, n'écoutant pas la voix de Hermione.

- Nous l'avons cherché pendant des siècles, on croyait qu'il avait été détruit, comme tous les autres. Nous l'avions espéré et le voilà qui réapparaît... Aujourd'hui... Le destin a un humour sacrément douteux, ricana-t-il, amer.

- Bon, Dobby ?

Le petit Elfe sursauta à l'éclat de voix de Molly Weasley, qui semblait elle aussi exaspérée que Draco se perde ainsi dans ses pensées. Dobby toucha doucement l'avant-bras du Serpentard, qui sortit brutalement de ses pensées en retirant sa main du journal. Il releva les yeux et soupira.

- C'est bien un journal, mais pas un journal de bord ou un journal intime, c'est un journal de sorts. Ça date de l'époque de Merlin et ça appartenait à un sorcier... puissant, très puissant.

Il referma doucement le livre et posa sa main à plat sur le cuir en regardant Dumbledore dans les yeux.

- Voldemort ne doit jamais... au grand jamais, tomber sur ces écrits. Jamais.

L'assemblée frissonna en l'entendant dire le nom honni, mis-à-part Harry qui fronça les sourcils en le fixant. Mais Draco continuait toujours de regarder Dumbledore.

- À qui appartient ce journal ? Demanda le Directeur.

- À l'un des sorciers le plus pervertit et le plus noir qu'il eût existé ; Voldemort, c'est du petit lait à côté.

- ... Morgana la Fae ?

Draco glissa son regard sur son parrain qui avait parlé et qui le regardait, les sourcils froncés. Le pauvre maître des potions ne devait pas comprendre comment et pourquoi Draco connaissait tout cela.

- Mais attendez, Merlin et Morgane, enfin Morgana, le roi Arthur, Excalibur... tout ça, ce ne sont que des légendes, ils n'ont jamais existé ! Clama Hermione d'une voix sûre... N'est-ce pas ?

Draco la regarda un instant avant de baisser les yeux sur le journal toujours sous sa main, revoyant encore parfaitement l'écriture qu'il connaissait et ce nom qu'il maudissait depuis tellement longtemps.

- Pas Morgana. Son pupille, son protégé. Barriard.

Il grimaça.

Un silence s'abattit sur la pièce.

- Mais... Je croyais que les légendes arthuriennes étaient fausses... C'était ce qu'on m'avait dit, on s'était même moqué de moi ! S'exclama Hermione, les yeux jetant des éclairs.

- Il y a une différence entre une histoire moldue retraçant le mythe du sang royal reconnu par une divinité et son épée, et la réalité sorcière, Granger, exposa doucement Draco.

Hermione le regarda, une lueur étrange dans les yeux.

- Tu connais le mythe moldu ? S'étonna-t-elle.

Draco haussa les épaules. À ses côtés, Dobby hocha la tête, attirant l'attention sur lui.

- Les humains ne savent pas conserver et transmettre l'histoire comme les Elfes, les Gobelins ou les Centaures le font, expliqua-t-il de sa petite voix nasillarde. Vous avez oublié Barriard et les Quatre Éternels, et vous savez à peine de quoi vous parlez quand vous citez Merlin le Mage ou la Sombre Morgana.

- Pour certaines choses, il vaut mieux, déclara Draco en faisant un geste de la tête vers le journal.

Dobby hocha vivement la tête.

- Vous avez raison, frissonna le petit Elfe, visiblement apeuré et Draco ne pouvait que comprendre.

- Nous allons nous en débarrasser, déclara Dumbledore en faisant un geste pour attraper le journal.

Draco eu un mouvement de recul en resserrant sa prise sur le journal.

- Bas les pattes, Albus.

Sa voix était froide et son regard de glace.

- Je vous connais. Avec toutes les bonnes attentions du monde, vous allez vouloir vous en servir. Ça ne pourrait que mal tourner.

Le silence et la tension étaient presque palpables.

- Mais pour qui te prends-tu ? Se mit à vitupérer Molly Weasley en le fusillant du regard. De quel droit oses-tu parler ainsi au grand Dumbledore ?!

Les enfants Weasley se mirent à l'insulter de plus belle et Draco serra des dents pour éviter de dire quelque chose qu'il regretterait par la suite.

- Malfoy...

L'Éternel fixa son regard sur Harry, qui avait dégainé sa baguette mais qui ne le mettait pas encore en joue. Il le prévenait pour l'instant, son regard était déjà une menace en soi. Draco secoua doucement la tête.

- Je crois que vous ne comprenez pas bien la situation, commença-t-il avec une voix calme.

- Crois-tu vraiment que l'on va laisser un mangemort tel que toi avoir la main là dessus ?!

Draco ne connaissait pas tous les membres de l'Ordre, mais ce dernier qui venait de parler semblait lui en vouloir personnellement, le visant de sa baguette.

- Expeliarmus ! Cria-t-il, même si Draco n'était pas armé.

Même s'il avait voulu réagir, Draco n'aurait pas pu puisque Dobby s'en occupa. Il invoqua un dôme protecteur d'une tape des mains, dôme qui aspira le sort et en consuma la magie. Mine de rien, le cœur de Draco battait la chamade quand il fusilla l'homme qui venait de tenter de l'agresser.

- Non mais vous vous sentez bien ?! Je ne suis pas un putain de mangemort, je ne suis pas à la solde de ce pathétique mage noir. Je sais que ça vous fait chier mais c'est comme ça, je ne suis pas Lucius.

Il tapota le journal.

- Mais j'en ai besoin, et ce n'est vraiment pas de bon cœur.

La tension était à couper au couteau, le trio d'or faisait gémir leurs baguettes en les serrant un peu trop fort.

- Monsieur Potter ?

La voix de Dobby fit sursauter le Gryffondor, qui posa un regard surpris sur lui. Le petit Elfe inspira doucement.

- Est ce que monsieur Potter fait confiance à Dobby ?

Harry hocha la tête sans une seule hésitation. Dobby releva la tête en fixant le Gryffondor.

- Alors si Monsieur Potter me fait confiance, il peut avoir confiance en Seigneur Draco, clama le petit Elfe avec ardeur. C'est un grand sorcier, vous ne risquez rien, c'est le plus grand sorcier qui...

- Dobby, ça va aller, murmura doucement Draco à ses côtés.

L'Elfe rougit - verdit – et baissa la tête.

- Pardon Mon Seigneur.

Draco fronça les sourcils en fixant l'Elfe de maison.

- Seigneur Draco ? S'enquit Dobby en relevant le visage vers lui.

Il haussa un sourcil.

- Monsieur Draco.

- C'est mieux, déclara ce dernier avec un petit sourire.

Harry le regardait en plissant des paupières, la main serrée sur sa baguette. Dumbledore fixait Draco et l'Éternel connaissait ce regard, le regard de ceux confrontés à un mystère qu'ils veulent à tout prix éclaircir. Draco soutînt son regard parce que mine de rien, il avait besoin de son aval pour prendre le journal. Autour d'eux, les membres de l'Ordre cherchaient à faire entendre leur avis sur la situation, leur avis sur Draco. Le mot mangemort revenait souvent à son plus grand damne. Mais qu'importe, il n'avait pas besoin d'eux, il avait juste besoin d'un tout petit hochement de tête du chef de l'Ordre.

Quoique. Il n'en avait pas vraiment besoin, mais cela soulagerait une certaine tension et faciliterait la situation. Cambrioler l'endroit où ils enfermeraient le journal, très peu pour lui. Parce que tout le monde serait alors sur son dos et-

- Très bien, Monsieur Malfoy.

- Albus ? Vous n'y pensez pas !

- Molly, faites moi confiance. Je place de grands espoirs dans Monsieur Malfoy ici-même. Et si Dobby lui offre toute sa confiance, donnons-lui un peu de crédit.

Draco soupira de soulagement. Ça l'aiderait beaucoup.

Il attrapa doucement le journal et Dobby se tourna vers lui.

- Est-ce que Monsieur Draco veut que Dobby vérifie qu'il n'y ait aucun sort de protection indétectable sur les pages du journal ? S'enquit le petit Elfe.

Draco observa le cuir de la couverture du journal en réfléchissant puis esquissa un rapide sourire pour l'Elfe.

- Non, ne t'en fais pas. Je crois que tout ira bien.

Il avait étendu rapidement sa magie autour de ses mains tenant le journal et il n'y avait rien de plus comme protection que celle un peu usagée du coffret scellé. Peut-être que les sorts que Barriard avait mis s'étaient dispersés avec le temps, ou peut-être encore qu'il n'avait pas pensé que quelqu'un déciderait de s'en servir, ou encore trouve la solution pour ouvrir le coffret. Peut-être encore pensait-il que la protection autour de la cavité sous Stonehenge suffirait amplement. Mais qu'en savait Draco, en vérité ?

Sous le regard suspicieux de tout le monde sauf peut-être celui de Dobby, du Directeur de Poudlard et du Maître de Potion, Draco sortit sa baguette pour transfigurer un verre vide sur la table en un coffret en bois basique afin d'y glisser le journal. Il l'observa un moment en plissant des yeux avant de passer sa baguette en rond au dessus du bois. Le coffret s'illumina d'une petite lueur bleue et à ses côtés, Dumbledore hocha la tête en souriant.

- Très bonne initiative, Monsieur Malfoy.

Draco tourna la tête vers lui en haussant un sourcil.

- Je n'en attendais pas moins venant de vous, cela dit.

- Que vient-il de faire ? S'enquit Harry d'une voix calme.

Trop calme pour un Gryffondor qui était supposé le détester depuis des années.

- Un sort de reconnaissance, non ? Répondit Hermione.

- Tout à fait, Miss Granger. Monsieur Malfoy a posé un sort sur le coffret en accord avec nos signatures magiques. Seules les personnes présentes dans cette pièce pourront voir le coffret et l'ouvrir si besoin.

Hermione jeta un regard vers Draco.

- Nous pouvons nous approcher du journal et le prendre en main si une envie nous prend ?

Draco hocha la tête.

- Si ça vous dit, vous le pouvez en effet. Cela dit, ça ne servira pas à grand chose, vous ne pourrez pas le lire.

- Je pourrais le déchiffrer et finir par le traduire, lâcha la Gryffondor en levant le menton d'un air de défi.

- Je n'en doute pas un seul instant, Granger, ricana Draco. Mais ça te prendrait des semaines. Il ne me suffira que de quelques jours.

- Alors vous allez nous le traduire, Monsieur Malfoy ? S'enquit Dumbledore, les yeux pétillants.

Draco l'observa et secoua doucement la tête.

- J'ai besoin de le traduire pour quelque chose de bien précis. Mais je ne peux vous faire parvenir tous les sorts de destructions d'âme et de rituels qu'il peut y avoir entre ces pages. Je le ferais, seulement si je le juge nécessaire. Nombre de ces sorts doivent perdurer dans l'oubli.

Dumbledore se tourna vers lui en fronçant les sourcils, se sentant visiblement tiraillé par ce qu'il voulait faire et par ce que le Serpentard lui offrait. Mais Draco ne baissa pas les yeux, il continua de le fixer, le regard sûr et glacial, campé sur ses positions. Dans ce journal se trouvait un nombre incroyable de rituels et de sorts en tout genre, qui étaient réellement de la magie noire, pas comme celle d'aujourd'hui. La potion de régénération était considérée comme une potion de Magie noire ? Elle, qui avait tout d'abord été créée pour sauver les grands brûlés, les personnes accidentées au plus haut point ? Attendez qu'ils mettent la main sur le rituel de l'Enaid wedi gollwyd, qui n'était rien de moins qu'un vol d'une âme et d'une vie pour l'intervertir avec celui qui faisait le rituel.

Le Directeur de Poudlard soupira un peu et hocha enfin la tête. Draco retint son sourire et acquiesça lui aussi. Il baissa le regard sur Dobby, qui attendait patiemment. Il tira ensuite le simple coffret de bois jusqu'à eux, juste devant le petit Elfe.

- Dobby, peux-tu t'occuper de cela ?

Les oreilles de son ancien Elfe de maison frétillèrent de plaisir et il fit une courbette avant d'attraper le coffret et le serrer contre lui.

- Dobby va le mettre dans la bibliothèque, cela vous convient-il ?

- Parfait. Merci Dobby.

- C'est un honneur, Monsieur.

Et avec le "crac" habituel, Dobby disparut avec son précieux paquet.

Draco cligna des yeux en fixant l'endroit où il avait été le temps d'un courtinstant, soudainement fatigué. Il réalisait à peine ce qui venait de se passer... Le journal de Barriard. Ils avaient retrouvé le journal de Barriard, cet enfoiré de... Il inspira doucement pour calmer la colère qui enflait progressivement dans son torse.

Il n'avait pas menti, voilà des siècles que chacun leur tour, Vanietta, Marie, Terrence et lui mettaient tout en œuvre pour retrouver cet écrit. Parce que sinon, où pourraient-ils bien trouver les détails du sort qui pesait sur eux ? Toute l'explication de la malédiction, pouvant leur donner assez de détails pour inverser la cadence, pour défaire le sort ? Mais ils avaient beau avoir cherché dans tous leurs pays d'origine, puis ceux des alentours pour finir par retourner tous les continents, ils n'avaient jamais trouvé une seule piste.

Et aujourd'hui, ce n'était pas une piste qui s'offrait à eux, mais la réponse.

Sourd et aveugle aux commentaires et aux regards noirs qu'on pouvait lui lancer, il retourna à sa place et s'y laissa tomber avec un léger et rapide sourire sur les lèvres. Puis il soupira et ferma les yeux.

Ça allait être tellement plus simple, maintenant.

.*.

Dans la journée, il ne fut qu'à moitié surpris lorsque Harry le coinça dans un couloir pour l'attraper presque brutalement par le bras et le tirer derrière lui, l'emmenant dans l'ancien bureau des Black.

Là, il le poussa dans la pièce, se mettant entre lui et la sortie. Ses yeux verts flamboyaient et Draco avait presque l'impression de recevoir des éclairs. Il retint un soupir tendre qui aurait pu sortir de lui. Il adorait quand Harry le regardait, il n'aimait pas quand le Gryffondor l'ignorait totalement. Il avait l'impression de voir Terrence à travers son regard vert, parce que cette vie là... Pourquoi cette vie-là, Draco n'en avait aucune idée, mais tous quatre ressemblaient étrangement à leur physique d'origine.

Et c'était douloureux. Très douloureux.

- Ok Malfoy, à nous deux.

Cette fois-ci, l'Éternel ne put s'empêcher de frissonner. Il croisa les bras sur son torse pour cacher son émoi.

- Qu'est-ce que tu me veux, Potter ?

- Je veux savoir ce que tu prépares.

Draco haussa un sourcil en regardant le jeune homme mais apparemment, celui-ci était très sérieux.

- Ce que je prépare... Peux-tu être plus précis ?

- Ne joue pas à ce petit jeu avec moi, gronda le Gryffondor en le fusillant du regard.

Draco l'observa un instant avant de soupirer bruyamment et de lever les yeux au ciel.

- Sérieusement, Potter ? On en est encore là ? Ça fait cinq mois qu'on est tous enfermés H24 dans cette baraque, et tu vas me faire croire que tu penses encore que Blaise et moi n'attendons qu'une seule chose, vous tuer dans votre sommeil ?

- Vous endormez notre confiance, continua de s'entêter le jeune homme.

L'Éternel grinça des dents et secoua la tête.

- Incroyable. Bordel, crois-moi gamin. Si j'avais voulu te tuer, je l'aurais fait depuis bien longtemps et personne n'aurait seulement pensé à me soupçonner.

- Tu parles, entre Voldemort et toi, je me demande lequel des deux veut plus me voir crever !

Draco soupira sans pouvoir se retenir et se frotta les yeux du bout des doigts.

- Sérieusement Potter... Réfléchis deux secondes. Depuis qu'on est là, Blaise et moi n'avons rien tenté. Nous ne vous avons même pas fait payer tous vos coups de salops en douce. Et tu vas me faire croire que tu penses toujours qu'on prépare un coup ?!

- Ça ne m'étonnerait même pas de toi, le fusilla-t-il du regard.

Draco vit rouge. Il s'approcha et lança au Gryffondor un regard des plus noirs le Gryffondor du regard, la voix glaciale alors qu'il le faisait reculer de sa simple présence.

- Et ça se dit sauveur du monde sorcier, hein ? Quand est-ce que tu comptes grandir ? On n'est pas tes ennemis Potter, fous-le toi en tête. Je n'ai rien fait de répréhensible pour avoir toute ta haine refoulée qui me tombe sur le coin de la gueule, je ne mérite pas ça. Alors maintenant, il serait peut-être temps de mettre en marche les deux neurones qui prennent la poussière dans ton crâne, ou tu ne feras pas long feu devant ce pathétique seigneur des ténèbres.

Il le bouscula pour partir et ses doigts crissèrent autour de la poignée alors que la voix de Potter retentissait derrière lui.

- Je découvrirais ce que tu as fait au Directeur, tu peux me croire.

- ... Je n'en doute pas un seul instant, Potter, lui susurra-t-il en se retournant un peu pour lui lancer un regard acide.

Puis il quitta le bureau et l'arbre généalogique des Black et de tous leurs parents, n'en pouvant plus de voir son nom affilié à des tarés tels qu'eux. Et puis ne parlons pas de Harry... Harry, qui le détestait plus que tout.

Alors que Severus tentait de l'attraper pour lui parler à son tour, sans aucun doute pour savoir ce qu'il s'était réellement passé lors de la réunion du matin même, Draco le repoussa et alla s'enfermer dans la chambre qu'il partageait avec Blaise. Son ami de Serpentard y était d'ailleurs et au vu du regard qu'il lui lança, lui aussi avait des questions à lui poser. Cependant, voyant son visage fermé et son corps crispé, il ne dit rien et retourna à son grimoire.

Draco quant à lui, se laissa tomber sur son lit et se retint de se rouler en boule pour pleurer, enfouissant juste son visage dans les draps rêches pour faire abstraction de tout ce qu'il y avait dans la chambre, la maison, le pays.

Il n'en pouvait plus. Il ne pouvait plus gérer cette situation, c'était trop pour lui. Il n'avait plus qu'une seule envie, retourner auprès de Merlin, l'engueuler en bonne et due forme, comme il se le devait pour enfin déverser toute sa colère, toute la haine qu'il avait accumulé en lui depuis des mois, des années, des siècles. Et peut-être même cramer ce vieux centenaire qui l'avait bien mérité.

Un frisson le parcourut alors que la magie ancestrale naviguait jusqu'à lui pour l'enlacer un instant, calmant petit à petit les palpitations de son cœur, son émoi et ses tourments. Il soupira discrètement.

- Vieux salopard enraciné, marmonna-t-il contre les draps.

- Tu as dit quelque chose ? S'enquit Blaise en se tournant vers lui.

- Non, rien, soupira Draco en tournant sur le dos, désormais seulement fatigué, toute colère envolée.

Il fixa le plafond et son ami l'observait sans ciller.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Osa-t-il enfin demander.

- Potter.

Il n'avait pas besoin d'en dire plus, tout était dit dans ce simple mot, qui avait beaucoup de sens. Blaise observa son meilleur ami inerte un instant avant de soupirer et de hocher la tête.

- Ça va s'arranger, dit-il simplement.

Draco eut un sourire amer. C'était lui qui lui avait sorti cette phrase, encore et encore, les premiers jours de cohabitation forcée avec l'Ordre du Phoenix. Mais plus le temps passait, plus Draco avait l'impression de s'embourber dans une conversation de sourds, un échange stérile qui ne menait à rien. Il savait que Harry ne l'accepterait jamais, que Weasley ne l'accepterait jamais, et encore moins Hermione. Luna... Luna était trop déphasée pour faire quoi que ce soit. Elle ne représentait ni danger immédiat, ni allié potentiel. Elle était juste... Là.

Blaise ne l'avait pas cru, puis il avait commencé a espérer, en même temps que Draco perdait toute confiance.

Maintenant, le noir cherchait à requinquer Draco, qui ne voulait plus qu'une seule chose : que Harry les débarrasse définitivement de ce connard de Serpent pathétique aux tendances schizophréniques, qu'il puisse quitter le monde sorcier et aller se payer des vacances aux Bahamas, une petite île déserte sans aucun moldu et sorcier, seulement lui et la nature, et peut-être Merlin, en fond sonore.

Ce fut d'ailleurssur ces murmures d'encouragements que l'ancestral enchanteur lui glissait à l'oreille, que Draco s'endormit.

.*.

Draco était plongé dans les premières pages du journal de Barriard depuis trois jours déjà. Du matin jusqu'au soir, ne déjeunant même pas, ne croisant personne si ce n'était Hermione qui le surveillait, mal cachée derrière une étagère. Lui, plongé dans ses parchemins où il traduisait difficilement le texte, il n'y prêtait pas plus attention que cela.

Il n'avait pas parlé, écrit ou même lul'Ancien Gallois de l'Enchanteur depuis des siècles, sérieusement, et mine de rien, se remettre dans le bain était difficile. Surtout que la manière d'écrire de cet homme n'était pas des plus agréables.

Ce jour là, il butait sur toute une page, un très long paragraphe. Draco n'osait imaginer ce qui s'était passé à cet instant dans la vie de Barriard pour qu'il écrive aussi frénétiquement dans son journal, ne s'étant visiblement peu occupé des bavures de l'encre, trop prit (pris) dans son hystérie pour prendre le temps de se soigner. Draco avait beaucoup de mal et était depuis le matin même, penché sur le journal, les yeux plissés et extrêmement concentré. Tellement concentré que quand Blaise parla, il sursauta en n'ayant même pas remarqué quand il était arrivé ou depuis quand il l'observait ainsi.

La main sur son cœur qui battait une chamade désordonnée, un Draco au bord de la syncope leva vers Blaise un regard perdu.

- De quoi ? S'enquit-il en haletant.

C'était qu'il venait vraiment de frôler la crise cardiaque grâce à son ami !

- Tu es au courant de la nouvelle ? Répéta le Serpentard en souriant, profondément amusé par son sursaut peu digne de sa personne.

Draco cligna des yeux avant de secouer la tête, la replongeant dans ses parchemins.

- D'un autre côté, ça fait des jours que tu restes le nez dans ce mystérieux journal. Je ne t'ai même pas vu au déjeuner, ce midi.

- Dobby m'a préparé un en-cas, marmonna-t-il en fronçant les sourcils.

Il se demandait si cette tache d'encre était 'madfall' ou 'hedfan', ce qui changeait totalement la composition de cette potion, puisque l'un était une salamandre et l'autre était des ailes de mouche bleue.

- Dray !

L'Éternel soupira et releva la tête pour observer son camarade d'un air blasé.

- Qu'est-ce qu'il y a, Blaise ?

- La dernière. Tu n'es vraiment pas au courant ?

- Est-ce que j'ai l'air de m'en soucier ? Grommela le Serpentard en retournant à sa traduction.

Blaise laissa un petit silence s'installer, son côté dramatique ressortant par ce biais. Du coin de l'œil, Draco le vit sourire et se frotter les mains, un air de hyène sur le visage.

- Y a de l'eau dans le gaz entre le Survivant et la belette femelle.

Draco sursauta intérieurement mais ne laissa rien paraître.

- Tu m'as entendu, Dray ? Y a de l'eau dans le gaz, ça fait trois jours qu'ils se prennent le chou. N'est-ce pas génial ?

- En quoi cela est-il sensé me concerner ?

Blaise soupira et leva les yeux au ciel.

- Pitié Dray. Je suis sûr que tu t'en frottes les mains, que la belette se fasse rembarrer et que Potter la laisse tomber.

- C'est une profiteuse et elle ne le mérite pas, consentit-il enfin à répondre.

Blaise ricana et hocha vivement la tête.

- Mais bien sûr, tu es la seule personne assez bien pour Potter, hein Dray ?

Draco soupira et secoua la tête en souriant, le nez toujours dans ses parchemins.

- Oh non, Blaise. On sait tous les deux qu'il mérite bien mieux que moi.

Il releva la tête en mâchouillant le bout de sa plume, fixant son ami, les yeux plissés dans la concentration.

- Hermione serait la seule assez bien pour lui.

Blaise observa son ami, les sourcils un peu haussés de surprise.

- Parce que c'est Hermione, maintenant ?

Draco grimaça et baissa les yeux.

- Tu m'as compris, Blaise. Granger.

- La « sang de bourbe. »

- Ne l'appelle pas comme ça, grimaça-t-il de plus belle. Déjà que tu as toujours détesté ce mot, tu ne vas pas commencer maintenant, non ?

Blaise sourit un peu en fixant son meilleur ami.

- Tu m'expliqueras un jour ton secret ?

- Je n'ai aucun secret, déclara calmement Draco.

- Mais bien sûr. Je veux bien que le connard imbu de Poudlard ne soit qu'un masque, mais je ne suis pas idiot. Tu es bien plus que le fils Malfoy que tu nous offres depuis des années.

Draco releva les yeux et braqua son regard dans celui de Blaise.

- Et si c'était le cas ?

La voix de Draco était la plus froide qu'il avait, même s'il ne voulait pas vraiment faire fuir son ami. Mais ce dernier recula un peu sur son siège en levant les mains devant lui et sourit un peu gêné.

- Mais ne t'inquiète pas, tu n'es obligé à rien. Ton secret, même si je ne le connais pas, est bien gardé avec moi.

L'Éternel plissa un instant des yeux en fixant son meilleur ami. Blaise était loin d'être idiot, à vrai dire il était même très intelligent. Il savait que les Malfoy, quand Draco les avait repoussé, eux et leurs envies de grandeur estampillée mage noir, l'avaient déshérité, supprimé de la tapisserie familiale, et avaient coupé tous liens du sang ou magiques. Et malgré toutes leurs envies, les Gobelins et leur coffres se pliaient aux lois des sorciers : les coffres Malfoy lui étaient totalement fermés. Draco savait parfaitement que Blaise se triturait les méninges pour essayer de comprendre comment il avait pu avoir assez d'argent pour leur acheter une maison, certes petite, mais une maison tout de même, qui les avait sauvés d'un été particulièrement maussade passé à la rue.

Mais même si Draco avait envie de partager avec lui son secret et la malédiction qui pesait sur leurs épaules, lui aussi en subissait les effets, et Blaise le prendrait pour un fou qui parlerait dans le vide. Mais jusqu'alors, son ami de Serpentard ne le poussait pas à avouer certaines choses, jusqu'à aujourd'hui en tout cas.

Draco brisa la tension en laissant un petit sourire se dessiner sur ses lèvres.

- Et sinon, tu avais quelque chose de véritablement important à me raconter ?

Blaise l'observa quelques instants avant de se mettre à rire à gorge déployée.

- Excuse moi d'avoir pensé que les mœurs du couple Potter-Belette te plairaient. Je te pensais friand de rumeurs.

- Les rumeurs sont à la base de l'information. Et l'information, c'est le pouvoir, mon cher, déclara Draco d'un air faussement pincé et supérieur.

Blaise ricana et Draco sourit.

- Malheureusement, c'était peut-être une forme de pouvoir à Poudlard, mais ici, c'est futile.

- Même pas pour taquiner Potter, hm ?

Draco haussa les épaules en prenant un parchemin vierge et tourna la page du journal pour commencer la traduction d'un nouveau paragraphe. Il retournerait à ce qui le bloquait plus tard dans la semaine, à tête reposée.

- C'est pas en les piquant et les embêtant de la sorte qu'ils nous laisseront tranquilles.

Blaise soupira d'un air théâtral.

- Tu te berces de douces illusions. On est de vils serpents, je te rappelle. Jamais ils ne nous ferrons confiance.

Draco sourit, un peu désabusé.

- Je ne parle pas de confiance, Blaise. Parce que tu as raison, ils n'auront jamais confiance en nous. Nous sommes les vilains petits canards.

- Des Serpents, mon cher Draco.

- Des couleuvres, plus précisément, ricana l'Éternel.

Blaise ouvrit la bouche d'un air outré et fronça les sourcils.

- Eh dis-donc ! Je ne te permets pas !

- Je me permets tout seul, sourit Draco en continuant de griffonner sur ses parchemins.

Le silence s'installa puis l'Éternel entendit Blaise grogner un « sale petite vipère ». Draco ricana en lui jetant un coup d'œil. Puis il y réfléchit un instant et un sourire un peu mystérieux et nostalgique étira ses lèvres.

- Je me verrais plutôt comme une hydre, se murmura-t-il à lui-même d'un air distrait.

Une hydre aux milliers de têtes. L'une fière et le port altier, le regard alerte et au sourire taquin, Godric le combattant dans l'âme. Une autre aux doux cheveux châtains aux reflets roux, les yeux bleus et le rire cristallin, Marine la fille du pécheur. La Marie-Margaret, la tête hideuse, si laide que les autres villageois de cette France profonde l'ont brûlé sur le bûcher. La tête perfide, masquée, qui se cache dans les broussailles et qui agit en catimini, Draco Malfoy, né dans la mauvaise famille, fils de mangemort, qui se débat tout de même pour la Lumière. Et au milieu de tout cela, la tête immortelle, Lucian. Chaque tête coupée, chaque vie prenant fin, une nouvelle tête qui repousse, un cycle qui recommençait, indéfiniment.

Malheureusement pour lui, il n'y avait pas dans cette vie un Hercule bien bâtipour l'abattre, tel que le mythe le voulait.

Frissonnant, il sortit soudainement de ses pensées poétiques, quoique chaotiques. Il releva les yeux pour trouver Blaise le fixant intensément, cherchant visiblement à percer le mystère qu'il représentait à ses yeux. Ils s'observèrent comme deux bêtes curieuses, Draco ressentant soudainement et étrangement une pointe de tristesse, de ne pouvoir partager son secret avec son ami, le seul qu'il possédait dans cette vie et un ami très précieux, un des plus précieux qu'il avait eu jusque là, malgré tous ses cycles.

- Tu me diras un jour ? Murmura doucement le Serpentard en se redressant pour se pencher vers lui au dessus de la table.

Il avait vu, sans aucun doute, le voile de mélancolie qui avait traversé le regard de Draco. Ce dernier sourit un peu et haussa les épaules.

- On verra bien, dit-il doucement.

Et cela suffisait à Blaise, au vu du sourire tendre et amical qu'il lui adressa.

- Je te laisserais pas tomber, Dray, dit-il simplement.

Ils n'avaient pas besoin de plus, pas de mots en trop. Cela leur convenait parfaitement, c'était tout ce qu'il leur fallait.

Blaise se leva d'un mouvement fluide et parfaitement calculé. Il plissa sa chemise et ferma les boutons de sa veste au dessus - Monsieur aimait porter des costards sur mesure moldus, il appréciait leurs coupes délicates. C'était les premières choses matérielles qu'il avait enfourné dans son sac quand Draco lui avait dit qu'ils partaient, qu'ils fuyaient le psychopathe aux pieds nus.

- Allez, lâche tes papiers pour au moins une heure et viens manger.

- Blaise, je n'ai pas très faim-

- Ça, c'est ton problème. Moi ce qui m'embête le plus, ce n'est pas que tu ne manges pas, c'est que tu oses m'abandonner aux griffes des rouges et ors. Et ça, mon cher, c'est inacceptable.

Draco rit un peu et ne résista pas quand Blaise contourna la table pour lui retirer sa plume des mains et attraper son poignet pour le tirer sur ses pieds.

- Bien, Ô grand Zabini. Votre chevalier servant vient surveiller vos arrières, s'amusa-t-il.

Blaise lui offrit un clin d'œil avant de pivoter sur ses pieds, le nez vers le ciel, et Draco secoua la tête, amusé, avant de le suivre.

Les deux amis quittèrent donc la bibliothèque en remettant leur masque pour aller affronter la horde de Gryffondors et les deux seules petites perdues dans cette vague de rouge et or, la Poufsouffle et la jeune Serdaigle.


Je suis désolé pour ce temps d'attente interminable :/ toujours mes soucis électronique, je suis vraiment désolé. Mais la suite est là, et normalement, tous les samedis, ce sera bon :) j'espère que ça vous plaira toujours autant - et sachez que je répondrais aux reviews de mains, je devrais avoir le temps :D

Vous connaissez la rengaine, je vous aime très fort, mail, review, tout ça :)

A la prochaine ! xoxo, 'Win