GENRE : Angst - full of angst, sérieux - ; Hm... Hurt - Comfort ; Romance ; Action, etc...

PARING : Drarry, Romione, Luna/Blaise ( Laise ? Bluna ? ) et... C'est tout.

RATING : M, pour la douleur, les grossièretées, etc.

BÊTA : Mylush a rejoins l'aventure, merci à elle pour son travail ! :D

NOTE : • Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, je ne suis pas anglaise et je ne suis pas blonde, je ne suis pas JK. Mais tout le reste est à moi, les personnages originaux, l'histoire avec Merlin et Morgana... Enfin, vous verrez bien.

Bonne lecture ~ !


- NOUVEAU CYCLE – PARTIE 3 -

Il aurait du sentir le piège arriver à des lieux à la ronde. Mais allez savoir pourquoi, il avait baissé sa garde. En fait, si on voulait être plus précis, il avait concentré toute son attention sur Harry Potter et la Belette femelle. Il fallait dire que quand Blaise lui avait dit qu'il y avait de l'eau dans le gaz, il n'y avait pas vraiment cru. Et pourtant, le repas avait été le plus étrange auquel il avait assisté. Le silence était lourd et Harry le fusillait du regard, pendant que la belette femelle observait son petit ami - son ex petit ami ? - avec des couteaux à la place des yeux. Blaise ricanait silencieusement à ses côtés et Hermione le regardait comme une énigme à résoudre - sans aucun doute piquée dans son ego qu'il soit le seul à pouvoir traduire le mystérieux journal -. Quant à Luna... Eh bien Luna continuait de chanter à voix basse, le regard dans le vide, recommençant encore et toujours une comptine oubliée et très ancienne qu'elle ne finissait jamais parce qu'elle ne la connaissait pas. Luna Lovegood ne connaissait pas cette comptine, tandis que Vanieta...

Toujours est-il que, les jours suivants ce repas étrange, il sortait beaucoup plus de la bibliothèque juste pour essayer de comprendre ce qui se passait entre Harry et "l'amour de sa vie". Étrangement, ce fut Weasley - celui qui faisait partie du trio d'or - qui donna une explication, sans le vouloir véritablement bien sûr.

- Ginny, il faut que tu arrêtes maintenant ! Harry t'a expliqué gentiment qu'il ne voulait plus être avec toi, fais toi à l'idée ! Il a été très gentil avec toi, ça ne menait à rien et même moi, je le voyais ! Moi, Ginny ! Moi qui ne vois rien ! Crois-moi Gin, tu n'as pas le droit de t'accrocher à lui comme ça, sous prétexte que tu l'attends depuis que tu es toute petite !

C'était très étrange. Lui, Ronald Weasley, qui avait toujours été quelqu'un d'ultra protecteur envers sa petite sœur, prenait la défense de son meilleur ami. Intéressant...

Tout cela pour dire que Draco Malfoy n'avait pas fait attention.

- Que se cache-t-il dans ce journal que tu veuilles à tout prix, Malfoy ?

Draco venait à peine de s'installer à la seule table de la bibliothèque des Black pour se pencher sur la suite de sa traduction, et avait sursauté. Il ne l'avait pas entendu arriver.

- Granger... Souffla-t-il, au final à peine surpris.

Elle croisa les bras sur son torse et haussa un sourcil dans sa direction.

- Alors ? Continua-t-elle de demander.

Draco grimaça.

- Rien de bien... Intéressant.

Même pour lui, cette excuse ne menait nul part. Il grimaça un peu plus.

- Est-ce qu'il y a des sorts dedans que tu comptes utiliser sur nous ?

- Bien sûr, parce que je ne suis qu'un sale Serpentard qui ne sait que pourrir la vie aux Gryffondors du coin, n'est ce pas ? Ricana-t-il amèrement.

- Je me devais de te poser la question, haussa-t-elle des épaules, en répondant d'un ton calme

Il cligna des yeux en l'observant. Venait-elle tout juste de sous-entendre qu'elle ne le faisait que par habitude et non pas par véritable conviction ?

- Qu'est ce que tu veux, Granger ?

- Qu'est ce que TOI, tu veux ?

Draco secoua la tête, perdu. Elle s'approcha et s'assit en face de lui, posant sa main à plat devant elle.

- Pourquoi toi et Zabini ne vous êtes pas vengés du comportement de Ron et de Harry ? S'enquit-elle en le regardant dans les yeux.

Il soutint son regard.

- Et pourquoi aurions nous fait cela ?

- C'était légion, à Poudlard.

- Nous ne sommes plus à l'école. Et nous ne sommes plus des enfants, lui répondit-il calmement.

Parce que c'était vrai. Il n'avait plus besoin de faire semblant et si Hermione venait à lui avec une attitude neutre, il n'allait pas la repousser. Parce que Marie lui manquait, et que Hermione restait une sorcière incroyable.

Elle l'observa un instant avant de tendre le bras vers le coffret contenant le journal qu'il n'avait pas encore ouvert et l'attira à elle. Sans le quitter des yeux, elle posa sa main sur le couvercle et suspendit son geste. Draco haussa un sourcil.

Elle ouvrit le coffret.

Cette fois-ci, Hermione baissa un regard surpris sur l'intérieur de la boite où reposait le journal.

- Nous pouvons vraiment y avoir accès, constata-t-elle avec un plaisir non dissimulé.

Draco retint un ricanement. La jeune Gryffondor retira doucement, voire respectueusement, le journal du coffret et le posa devant elle. Elle jeta un coup d'œil à Draco pour voir s'il allait l'empêcher de faire quoi que ce soit et ne le voyant pas réagir, l'ouvrit pour le feuilleter. Elle observa d'un œil critique de chercheuse les différents croquis et quelques pentacles dessinés, seules choses qu'elle pouvait comprendre des gribouillis de Barriard. Draco frissonna.

- En quelle langue est-ce que c'est écrit ? Demanda-t-elle en plissant des yeux, tentant de reconnaître la langue, peut-être l'étymologie de certains mots.

- Du...

Il s'humidifia les lèvres en cherchant la meilleure façon de s'expliquer.

- En fait, il n'y a pas vraiment de nom pour cette langue, c'est quelque chose de très secret, si secret qu'il n'y a presque plus de textes écrits dans cette langue.

Elle le regarda l'air de dire « Merci beaucoup, Sherlock, mais encore ? ». Il sourit devant sa mine, quelles que soient ses vies, elle avait toujours cette moue.

- Avant même l'époque de Merlin, les mages, les druides et les sorciers étaient et se sentaient si différents des humains sans pouvoirs qu'ils avaient développé toutes sortes de codes vestimentaires ou linguistiques pour se reconnaître entre eux. À cette époque, une société composée seulement et entièrement d'êtres doués de magie, ça ne se voyait pas, c'était même inconcevable. Il y avait bien quelques colonies de druides, des clans nomades, mais rien d'aussi permanent que ce que l'on peut avoir aujourd'hui.

Il montra le journal d'une main.

- Ils avaient par contre leur propre langue, dans laquelle ils se contaient oralement leurs prophéties, leurs sorts et leurs découvertes. Seuls les plus puissants pouvaient seulement penser à se permettre d'écrire leurs découvertes et leurs créations, dans cette langue bien sûr, parce qu'eux seuls étaient assez puissants pour pouvoir cacher efficacement leurs journaux.

Hermione fronça les sourcils en baissant de nouveau la tête sur le journal.

- Et les Sangs-Purs savent tous parler cette langue ?

Draco entrouvrit la bouche, prêt à répondre mais finit par secouer doucement la tête.

- Alors les Malfoy ?

- Non plus. Mon cas est plus compliqué, déclara-t-il calmement.

Hermione releva le regard vers lui en plissant des yeux, suspicieuse.

- Parce que le grand Draco Malfoy en sait plus que personne et est le meilleur, c'est ça ?

Draco rit doucement, surprenant la jeune femme qui le regarda encore plus suspicieusement si possible.

- Si seulement ce n'était que cela...

Elle continua à le fixer suspicieusement. Il soupira et secoua la tête.

- Ce serait trop long à expliquer. Et je ne suis pas sûr que tu me croirais de toute façon. Toujours est-il que je suis en effet le seul à pouvoir traduire ses pages, ne t'en déplaise.

Hermione fit une grimace et Draco sourit rapidement. Elle observa les parchemins où il avait noté les traductions et qui étaient toujours dans le coffret.

- Je peux ? Demanda-t-elle en les pointant.

Draco l'y invita d'un signe de main et l'observa du coin de l'œil grimacer en lisant les différents rituels qu'il avait traduit jusque là.

- C'est... C'est ...

- De la magie très noire, oui. Et encore, je n'ai pas traduit les plus horribles, commenta-t-il simplement.

Elle releva vers lui un regard presque paniqué.

- Parce que ce ne sont pas les pires ?! S'exclama-t-elle et Draco ne put que secouer doucement la tête.

Le regard de la jeune femme se posa une dernière fois sur les traductions avant de se relever vers lui, animé d'un feu brûlant.

- Les mangemorts ne doivent jamais tomber sur ces sorts.

- Ce n'est pas prévu, Granger.

Il la regarda gravement.

- Je ne permettrais jamais Voldemort de mettre la main sur ces rituels.

Ils s'observèrent quelques instants et Draco termina par faire une grimace exaspéré.

- Si ça peut te faire te sentir mieux et plus à l'aise, tu peux toi-même amener ces pages à Dumbledore. Tu veux vérifier une nouvelle fois que j'ai mon avant bras immaculé ? Pesta-t-il presque.

D'accord, il avait parfaitement tenu son rôle de connard profond durant toutes ces années et il ne s'attendait pas à une entente amicale avec eux, voire même cordiale, bien sur qu'il n'y croyait pas ! Mais sérieusement, que devait-il faire pour qu'ils cessent tous de le suspecter de faire quelque chose pour aider le côté des psychopathes et des peureux, HEIN ?!

- Ça ira, lâcha-t-elle froidement en le fusillant du regard.

Ils se regardèrent en chien de faïence près à se jeter à la gorge, et Draco ne put s'empêcher de se rappeler que c'était comme ça qu'ils se parlaient et se regardaient avant d'apprendre à se connaître et à s'apprécier, quand ils n'étaient encore que Lucian et Marie.

Draco ferma douloureusement les paupières en soupirant, incapable d'affronter le regard de la jeune femme. Il entendit des bruits de papiers froissés et en rouvrant les yeux, il la trouva en train de glisser vers lui le journal de Barriard et les parchemins couverts de traductions. Elle lui lança un regard peu amène et se leva pour partir. Il l'observa faire et soupira doucement en la regardant quitter la bibliothèque, le nez en l'air.

Draco se frotta les yeux puis passa une main sur sa nuque douloureuse avant de se pencher de nouveau sur le journal, un nouveau soupir de désespoir le traversant. Il avait encore beaucoup de travail devant lui, il n'était vraiment pas sorti d'affaire.

.*.

Quand Draco quitta la bibliothèque en cette fin d'après-midi, il avait mal partout. C'était une sensation oppressante qu'il n'avait pas senti depuis bien longtemps. Ce n'était pas vraiment dans cette vie qu'il avait eu la possibilité de s'entraîner comme il l'avait fait en tant que Lucian Perezo ou en tant que Godric Gryffondor. Oh certes, il faisait le minimum requis pour rester dans une bonne santé et pouvoir faire face à un ennemi, assez au corps à corps, mais il n'était pas assez en forme pour tenir plus de dix minutes s'il devait faire face à trois personnes différentes.

Draco cligna des yeux et se secoua la tête en soupirant. N'importe quoi, pourquoi est-ce qu'il pensait à cela maintenant ? Peut-être qu'il commençait à manquer de sommeil. Il hocha la tête en retenant un bâillement. Hm, moui. Ça devait être ça.

Il s'étira dans le couloir et commença à bouger silencieusement. Ça, il savait toujours le faire, ce n'était pas le soucis. Après tout, vivre toute une vie auprès des Serpentards lui avait appris à développer certains traits de sa personnalité, certaines capacités physiques. Ça ne l'avait même pas surpris quand le Choixpeau avait hurlé serpentard, en première année. Bien entendu qu'avec tout ce qu'il avait à faire face durant ce cycle, ce n'était pas étonnant qu'il y termine. Faux semblants, masque de petit hériter Malfoy, fils à papa et tout ce qui s'en suivait. Rien n'était plus discret pour un Malfoy que d'être à sa place : Face à tous et ouvrant sa gueule pour dire de la merde.

Il gronda en se secouant la tête. Les écritures de Barriard dansaient presque dans son esprit et ses traductions se superposaient à ces pattes de mouches. Il pensait pouvoir faire vite, pouvoir traduire rapidement le journal, mais ça commençait à s'éterniser. C'était sûr, s'ils étaient deux à plancher dessus... Mais il n'avait pas le temps d'apprendre - de réapprendre - à Hermione leur ancienne langue pour qu'elle l'aide. Il était seul à pouvoir le faire.

Traînant un peu des pieds, il grimpa les escaliers en écoutant d'une oreille distraite les voix qui sortaient de la cuisine. Ils devaient tous être à table, cette fois-ci Blaise n'était pas venu le chercher. Oh, il ne lui en voulait pas, il n'avait pas très faim de toute manière. Alors qu'il passait juste devant une des chambres, il s'arrêta en entendant son nom.

- Hermione, je ne crois pas que ce soit une bonne idée.

- Qu'est-ce qu'on risque ?

- C'est... enfin, c'est Malfoy !

Draco se mordilla la lèvre en se rapprochant, s'appuyant contre le mur juste à côté de la porte ouverte.

- Je sais Harry. Je sais que tu ne veux pas lui parler, je sais que tu ne veux pas lui faire confiance.

- C'est pas ça Mione... C'est... Enfin, c'est Malfoy.

Harry poussa un soupir d'exaspération et Draco sourit derrière la porte.

- Non, tu as raison. C'est parce que c'est Malfoy. Cette sale petite fouine qui...

- Harry. Concentration.

Un temps de silence où Draco s'imagina Harry gonfler des lèvres en fronçant les sourcils. Il se mordilla la lèvre.

- Pour l'instant, dis-moi. Qu'est-ce que lui et Blaise ont fait contre nous depuis qu'ils sont arrivés ici ? S'enquit la jeune femme avec une voix conciliante.

Un autre long moment de silence et Draco fronça les sourcils. Est-ce qu'il y réfléchissait véritablement ?

- Il a... Malfoy a fait... Il m'a fait quelque chose... Souffla enfin Harry.

- Comment ça ? Qu'est-ce qu'il a fait ?

- Et puis ! S'écria le Gryffondor sans lui répondre. Et puis il a pris le journal ! Ce journal que Voldemort veut à tout prix et qui contient des sorts très dangereux parait-il !

- En parlant de ça... Eh bien, il se trouve que j'ai pu y jeter un coup d'œil.

- En pleine nuit ?

- Pas du tout. Tout à l'heure. J'y suis allée sans que Malfoy n'ait le temps d'altérer quoi que ce soit et j'ai pu regarder.

- Il t'a laissée faire ? S'étonna le jeune homme et Draco sourit amèrement.

C'était si étrange de se l'imaginer faire quelque chose de neutre ? - On ne pouvait pas vraiment dire que laisser Hermione lire quelques feuilles de parchemins était quelque chose de gentil, il ne fallait pas déconner non plus.

- Oui, il m'a laissée totalement faire. Il m'a expliqué certaines choses sur la société sorcière, ou plutôt ce que c'était avant.

- Il t'a... insultée ?

- Pas une seule fois. Et pire que ça, il y a quelques jours, je l'ai surpris en pleine conversation avec Zabini. C'était... Tellement étrange.

Le cœur de Draco se serra et il écarquilla les yeux. Est-ce que c'était.. Est-ce que... Qu'avait-elle entendu, exactement ?

- Comme si, tout ce qu'on savait sur eux n'était que... Pouf, que du vent. J'ai l'impression qu'ils nous cachent bien quelque chose, mais pas ce qu'on croit. Je veux dire, Malfoy m'a appelée Hermione et quand Zabini a sorti "sang-de-bourbe", c'est comme si il avait en horreur ce mot et Malfoy l'a sermonné, en disant que... Qu'ils n'avaient jamais aimé cette insulte et qu'ils avaient encore moins à l'utiliser maintenant qu'ils étaient de notre côté.

- Ils ne sont pas de notre côté. Ils sont juste pas du côté de Voldemort, déclara Harry d'une voix faible.

Draco ferma les yeux en soupirant. Après tout, il l'avait cherché.

- Et puis, il y a ça, continua Hermione.

Il y eut un bruit de tissu.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Je n'en sais rien. C'était dans le journal et j'ai eu le temps de regarder l'écriture, ce n'est pas la même que sur ce bout de parchemin.

Draco rouvrit les yeux et fronça les sourcils, tournant la tête vers la porte. De quoi ?

- Qu'est-ce que c'est écrit ? Demanda Harry

- Je n'en sais rien, soupira la jeune femme. Malheureusement, il a raison sur un point : Il est le seul à pouvoir traduire cette langue, je n'y comprend rien et j'y suis depuis des heures. Mais je peux te dire que ça ne fait pas partit du journal. L'encre est différente, le parchemin est différent et l'écriture n'a rien avoir. Dans le journal, ce sont des écritures rapides, saccadées ; là, c'est bien calligraphié, joliment écrit. Après, comment Malfoy a pu passer à côté, je n'en sais trop rien.

- Euh... Ouais... Enfin, calligraphié, c'est vite dit. Tu crois que c'est important ?

Elle soupira.

- Je ne sais pas... Peut-être. Sûrement d'ailleurs. Mais je ne me vois pas retourner le voir et lui dire " Hey, la dernière fois, quand tu ne regardais pas, j'ai trouvé ça dans le journal, à la première page. Ça te dirait de me le traduire ? ".

Harry ricana.

- C'est vrai que c'est une mauvaise idée...

- Hm...

Elle soupira et un autre froissement de tissu apprit à Draco qu'elle avait remis le parchemin qu'elle lui avait volé... qu'importe là où elle l'avait caché en premier lieu.

- Tu n'as qu'à... Je ne sais pas, le glisser de nouveau dans le journal à un moment où il n'est pas dans la bibliothèque et attendre qu'il le traduise de lui-même ? Proposa Harry.

- C'est vrai que c'est une idée... Je vais faire ça, oui... On devrait y aller, ils vont commencer à se demander où est-ce que nous sommes.

Draco sursauta et toujours le plus silencieusement possible, dépassa la porte sur la pointe des pieds et souffla une des bougies du couloir quand le battant commença à s'ouvrir. Il connaissait la maison depuis le temps et il savait que quand les bougies s'éteignaient, il avait deux minutes devant lui avant qu'un sort ne les rallume. En reculant dans le noir complet, puisque sa chambre se trouvait être celle la plus au fond du couloir, il observa Hermione et Harry sortir de la chambre sans faire attention à lui ou même le couloir. Inspirant silencieusement par la bouche, il lança un informulé pour insonoriser le mètre qui l'entourait et ouvrit la porte, qui ne grinça donc pas. Il se glissa dans sa chambre mais n'eut le temps de totalement fermer la porte alors que la bougie se rallumait.

Draco grimaça quand il entendit distinctement les marches du couloir cesser de grincer : Harry et Hermione s'étaient arrêtés.

- Harry ? Lui parvint la voix étouffée de la jeune femme.

- La porte de leur chambre était fermée tout à l'heure.

- ... Malfoy a du remonter avant moi, je n'ai pas fait attention.

- Tu crois que... Tu crois qu'on devrait lui dire de descendre pour manger ? S'enquit Harry.

Draco soupira d'aise et ferma les yeux en posant son front contre la porte de sa chambre. Il se recula un peu, se demandant d'ailleurs ce qu'il préférait, qu'ils viennent le voir ou qu'ils décident de le laisser.

- Dobby lui apporte à manger... En tout cas, je peux tout à fait comprendre qu'il ne veuille pas passer du temps avec nous, vu comment vous vous comportez avec lui et Zabini, commenta Hermione.

Draco hocha la tête. Oui, c'était pas faux, ça. Enfin, presque... Un bruit dans les escaliers le fit presque sursauter et il fronça les sourcils.

- Harry ! Mon chéri, tu viens manger ? Je t'attends depuis tout à l'heure !

L'Eternel grimaça en entendant la voix nasillarde de la Belette femelle. Mais le soupir que Harry laissa s'échapper lui fit hausser un sourcil. Hm, intéressant.

- Ginny, ne m'appelle pas comme ça, gronda le Survivant.

- Mais, mon poussin...

- Ginny, je crois que tu vas trop loin, soupira Hermione.

- On t'a rien demandé à toi, Granger !

Draco cligna des yeux en haussant les sourcils. C'était nouveau ça, ça puait vraiment la tension à plein nez. C'était n'importe quoi, la Belette n'avait pas à parler comme ça à Hermione !

- Ginny, tu deviens ridicule, soupira la plus âgée. C'est vraiment n'importe quoi, tu fais n'importe quoi.

- Je fais ce que je veux ! Pesta la jeune femme.

- Ginny, par pitié, tais-toi. Et ne parle pas comme ça à Hermione !

- Tu me trompes avec elle, c'est ça ? J'en étais sûre ! Madame ne trouve pas mon frère assez bien alors elle me prend mon gars ? T'es vraiment qu'une profiteuse ! Tu caches bien ton jeu derrière tes bouquins et tes manières de sainte-nitouche, hein ?!

- Ginny !

- Je vous déteste tous les deux !

Draco n'eut pas besoin de tendre l'oreille pour l'entendre se précipiter dans les escaliers pour les descendre brutalement. L'Éternel roula des yeux en soupirant. Quelle drama queen, celle-là.

- Ça devient de pire en pire, soupira Hermione.

- Ne m'en parle pas, c'est une catastrophe, gronda Harry.

- Allez, allons-y avant qu'elle n'arrive à faire un lavage de cerveau à Ron, marmonna la jeune femme.

Les deux jeunes gens disparurent donc, allant sans aucun doute dans la cuisine, oubliant totalement leur questionnement sur Draco et sur le dîner qu'il ratait de nouveau.

Draco se détourna de la porte en soupirant. Doucement, il se déshabilla et s'étira. Il enfila un bas de pyjama et se glissa sous les draps rêches d'un des deux lits. Il n'attendit pas que Blaise termine de manger et vienne se glisser dans l'autre lit de la pièce pour s'endormir.

.*.

Deux jours plus tard, Draco sourit en voyant une Hermione paranoïaque entrer dans la bibliothèque de la maison des Black. Il avait patiemment attendu qu'elle vienne ici reposer le parchemin qu'elle avait trouvé dans le journal et qu'elle lui avait dérobé. Et c'était enfin le moment. Silencieusement, il se glissa à sa suite jusqu'à la boite contenant le journal et glissa ses mains dans ses poches en s'arrêtant deux mètres derrière elle. Il l'observa ouvrir la boite le plus silencieusement possible et sortir le parchemin de.. de... de son chemisier ? De son... oh. Draco roula des yeux en souriant. Apparemment, ce n'était pas une légende urbaine, les soutiens gorge des filles étaient vraiment là où elles mettaient les choses les plus importantes. Il attendit patiemment qu'elle remette le journal dans son coffre et sourit comme le chat de Cheshire quand elle se retourna. Elle fit un bond si puissant en arrière qu'elle se cogna brutalement contre la table et lâcha donc un cri à la fois apeuré et douloureux. Elle posa sa main sur son cœur en haletant, le regardant les yeux écarquillés et ayant totalement l'air perdue et choquée.

- M... Malfoy... couina-t-elle.

Draco haussa les épaules.

- Tu as réussi à le traduire ? S'enquit-il d'une voix détachée.

Elle cligna des yeux alors que sa poitrine continuait de se soulever dans un rythme erratique.

- De... de quoi ?

Apparemment, il l'avait vraiment chamboulée à se glisser derrière elle sans bruit. Il fit un signe de tête vers le coffre derrière elle.

- Le mot que tu m'as pris. Tu as réussi à le traduire ?

La voir perdre des couleurs aussi rapidement alors qu'elle commençait à peine à les retrouver était assez cocasse. Elle pensait sûrement qu'il allait... Que savait-il, lui lancer un sort ou quelque chose dans le genre.

- Je... Je...

- C'est aussi simple de te laisser sans voix ? J'aurais dû essayer ça en cours, ça m'aurait peut-être permis de ramasser des points pour les Serpents, ricana-t-il.

Elle rougit furieusement et eut un mouvement de recul quand il s'approcha. Il fit mine de ne rien voir, mais fut tout de même blessé par ce geste. Il attira le coffre jusqu'à lui et le tira vers le bord de la table pour en sortir le journal. Hermione le regarda du coin de l'œil en se tenant toujours à une certaine distance qu'elle considérait sûrement de sécurité.

- Comment tu... Tu savais que je l'avais ?

Draco hocha la tête en l'observant du coin de l'œil.

- Tu es très subtile et discrète, je le reconnais.

Il se tourna vers elle en s'adossant à la table, le journal dans les mains.

- Mais je suis un Serpent. Je gagne à ce jeu là.

Elle rougit encore plus et fronça les sourcils en croisant les bras sur sa poitrine en une position de défense.

- Pourquoi tu ne l'as pas traduit ? Ça dit quoi ?

Draco baissa le regard sur le journal et caressa la couverture en cuir sombre du pouce, une moue sur son visage.

- Hm. Où était-il exactement ?

- Juste à la première page, marmonna-t-elle.

L'Éternel fronça les sourcils et la regarda.

- Vraiment ? S'étonna-t-il.

Il ne l'avait pas vu. Comment n'avait-il pas pu voir ce bout de feuille, cet ajout dans le journal ? Il ouvrit ce dernier, les sourcils toujours froncés et en sortit le parchemin. Hermione se rapprocha, de nouveau avide de savoir.

- Alors ? Qu'est-ce qu'il y a d'écrit ? Demanda-t-elle après quelques secondes de silence. C'est un sort ? Parce que ce n'est pas la même écriture que dans le jour-

- Je ne sais pas... Souffla Draco en fixant le parchemin.

Elle tourna la tête vers lui, les sourcils froncés.

- Comment ça ? S'étonna-t-elle en alternant son regard de Draco au parchemin.

Le Serpentard secoua un peu la tête, perdu.

- Il n'y a... C'est rien. Juste des gribouillis.

Et c'était le cas, ça n'avait aucun sens. Ce n'étaient même pas des lettres, juste des traits de plume sans aucun sens. Pourtant Hermione avait parlé de calligraphie. Quoique Harry avait semblé avoir quelques réserves. Hermione renifla à ses côtés.

- Tu te fiches de moi ? Clama-t-elle.

Il la regarda et pencha le bout de parchemin vers elle pour qu'elle puisse bien voir.

- Tu arrives à y lire quelque chose, toi ?

- Malfoy, ne joue pas à ça, ce n'est pas marrant.

- Eh bien, entre ce parchemin que je n'avais pas vu et toi qui semble être la seule à pouvoir lire quoique ce soit sur ce parchemin, non, je ne rigole pas.

Elle secoua la tête et prit le message en fronçant les sourcils.

- Je ne peux pas être la seule à voir ça tout de même !

Draco la regarda et dit d'une voix calme, comme s'il parlait à une enfant.

- C'est magique.

Elle le fusilla du regard et il retint un ricanement. Draco se délesta ensuite de sa veste pour s'installer à sa place habituelle et prit un parchemin vierge, ainsi que sa plume et de l'encre.

- Dicte moi, commanda-t-il.

Elle le regarda en entrouvrant la bouche et il haussa un sourcil en levant la tête vers elle.

- S'il te plaît ? Tenta-t-il.

- Euh... Oui, oui, d'accord.

Hermione tira la chaise de sous la table et s'y installa, les yeux toujours braqués sur le parchemin. Elle inspira doucement puis se mit à dicter les mots, épelant quelques fois les lettres quand elle ignorait la prononciation exacte. Draco ne chercha pas à comprendre les mots avant d'avoir totalement retranscrit la totalité du mot qu'elle semblait être la seule à pouvoir lire.

Quand ce fut fait, il se pencha un peu plus sur son parchemin et commença à traduire. Hermione se déplaça pour s'installer juste à côté de lui afin de pouvoir lire par dessus son épaule. Plus Draco avançait dans sa traduction, plus il sentait son cœur battre à ses oreilles et le ronronnement du vieux fou ancestral et éternel vibrer à ses oreilles, la magie pure courant dans ses veines alors qu'il reconnaissait les mots.

Quand il mit le point final à sa traduction, il lâcha sa plume et se repoussa dans sa chaise, respirant difficilement. À ses côtés, Hermione était tout aussi pâle, le regard écarquillé sur les mots qui s'étalaient désormais devant leurs yeux.

- C'est... C'est une blague, Malfoy ? Parce que si c'est le cas, elle n'est pas marrante.

- Tu peux aller dans toute la maison pour trouver quelqu'un d'autre capable de lire le mot, je peux t'assurer que tu ne trouveras personne. Et la traduction est exacte.

- Mais c'est... C'est...

- Je sais...

.

« Mes chers enfants.

J'ignore quand ce mot vous parviendra. J'ignore combien d'années, combien de siècles se seront écoulés depuis l'ère de Morgane, qui prend fin ce soir. Je sais en revanche que vous saurez et pourrez le trouver en temps venu. J'ai enchanté ce parchemin pour que seule Marie puisse le trouver ainsi que le lire. Si ce n'est pas elle qui lit ces mots en cet instant, je sais pourtant en être proche, et que quiconque lit ses phrases saura faire bonne usage de cette missive.

Je vous dois mes excuses les plus sincères, mes enfants. Quand j'ai vu ce que Morgana me réservait, je ne pouvais me résoudre à la laisser ne serait-ce que commencer à mettre en place son noir dessein. Malheureusement, je n'ai su voir au delà des simples visions et en voulant aller au devant de ma destinée, j'ai irrémédiablement changé le destin de ce monde, ainsi que le votre. J'ai, sans le réaliser, voulu bouleverser les forces et l'équilibre de la nature et vous payez ma dette. En allant de moi-même défaire Morgana, le destin qu'elle me réservait n'a pu s'accomplir et j'ai provoqué la peine et la douleur de Barriard. À cause de moi, c'est lui qui va accomplir ce noir rituel, et vous en serez les damnés.

Je m'en veux, de n'avoir su voir les différents futurs qui s'offraient à moi et d'avoir voulu défier la Magie. Morgana voulait m'effacer de la réalité, détruire mon histoire et mon image, détruire l'espoir que je représente et que je représenterais apparemment toujours dans des siècles et des siècles. Elle voulait détruire le lien qui m'unissait à Mère Magie et damner mon âme pour me forcer à rester observer le monde s'écrouler sans mon nom, incapable d'y changer quoi que ce soit, condamné à revenir encore et encore, délesté de magie et de lien. Mais ça, vous le savez déjà.

Alors que Morgana et moi venions tout juste de commencer à nous battre... Alors que nous sommes en train de nous battre en ce moment même, les visions m'ont submergées. J'ai ainsi vu que je m'étais échappé de mon destin, mais que c'était vous qui preniez ma place dans ce rituel. Je ne le voulais pas. Mais c'était déjà trop tard, c'est trop tard. J'ai mortellement blessé la Fay et elle va mourir. Et Barriard déchaînera la douleur de son deuil et de sa perte sur vous, vous qui allez empêcher Morgana de revenir en brûlant son corps et exorcisant ses os.

Alors je profite de ce cours moment de répit que Morgana m'offre alors qu'elle rassemble ses dernières forces pour me damner. Je concentre toute ma magie et mon attention pour localiser et voler à distance le journal de Barriard, là où il a consciencieusement noté chaque détail de ce rituel que Morgana a créé. Ce mot y sera glissé et j'enfouirais tout ceci en pays celte.

Je ne peux voir le futur d'aussi loin. J'ignore ce que vous allez devoir traverser pour retrouver ceci et votre sérénité, mais le sort que j'utiliserai pour dissimuler ceci se brisera quand vous en aurez le plus besoin, quand vous pourrez enfin trouver la paix.

Je sais que je ne pourrais être physiquement là pour vous aider, mais Morgane compte me damner autrement et je serais là. Incapable, faible et inutile, mais la Magie Ancestrale sera mon salut, mon vaisseau. Je n'ai plus qu'à prier qu'elle vous garde en vie et vous sauvegarde de mes erreurs.

Je n'ai jamais pris le temps de vous dire à quel point j'étais fier des hommes et femmes que vous êtes devenus et que vous serez toujours. Vous êtes les sorciers les plus puissants et méritants que j'ai rencontré, et je sais que vous n'aurez jamais d'égal. J'espère que vous trouverez la force de pardonner mon erreur de jugement et que vous ne me condamnerez pas trop vite.

Avec tout l'amour que je vous porte, que la Magie Mère vous garde,

Merlin. »

.

Hermione avait sauté sur ses pieds et avant même que Draco ne réalise ce qui se passait, elle avait attrapé sa traduction, l'avait agrippé par le bras et était partie dans la maison pour trouver Dumbledore.

- Professeur Dumbledore ? Professeur Dumbledore ?! Cria-t-elle en entrant précipitamment dans la pièce où se déroulaient les réunions de l'Ordre.

Elle se stoppa et Draco, pris dans son élan, faillit presque la percuter. L'Éternel grogna, encore un peu retourné de sa découverte. Et quelle découverte après tout. Cela expliquait beaucoup de choses, énormément de choses... !

- Hermione ? Qu'est-ce que... Malfoy ?

Draco frissonna et releva la tête. Dans la pièce, Dumbledore semblait en pleine conversation avec Harry. Et...

- Est-ce que tout va bien ? Demanda doucement Draco en apercevant la pâleur presque cadavérique du Gryffondor.

Et oui, quelque chose n'allait pas puisque le jeune homme le regarda mais ne dit rien, préférant plutôt se rasseoir pour prendre sa tête entre ses mains. Draco, son masque fissuré par le mot de Merlin, fit un pas vers lui mais Hermione le pris de court en se précipitant vers lui. Elle s'accroupit devant lui, l'air paniqué.

- Harry ? Qu'est-ce qui se passe ? 'Ry, parle moi !

- Miss Granger, commença Dumbledore.

La jeune femme se retourna pour le regarder, les sourcils froncés. Le Directeur avait perdu son air avenant, il faisait une centaine d'années de plus, la guerre marquée sur chaque rides de son visage et ternissant ses pupilles.

- Monsieur, que se passe-t-il ?

- De mauvaises nouvelles, mademoiselle. De très mauvaises nouvelles... Vouliez-vous quelque chose ? Changea-t-il de sujet.

Draco observa Harry puis Dumbledore avant de soupirer, resserrant sa prise sur sa traduction de la lettre de Merlin - La lettre de Merlin, par la Sainte Mère ! - qu'il avait réussi à récupérer des griffes de Hermione. Cette dernière regarda une dernière fois son meilleur ami avant de se redresser, de serrer son épaule et de se tourner vers Draco en tendant la main.

- Malfoy, montre à Dumbledore, s'il te plaît, commanda-t-elle plus qu'elle ne demanda.

L'Éternel hésita un instant, caressant sa propre calligraphie qui retraçait les mots de son défunt mentor. Enfin, défunt... Pas vraiment, et peut-être que les sorciers avaient besoin de le savoir. Alors très doucement, il tendit le parchemin au Directeur de Poudlard. L'école était peut-être tombée et malgré les défauts du vieil homme, Draco ne pouvait que reconnaître le mérite du sorcier.

- Nous avons trouvé ça plus tôt et nous l'avons traduit, dit-il.

Hermione fronça les sourcils et il la vit se mimer un " nous ? " plus que surpris mais il n'y fit pas attention. Dumbledore attrapa le parchemin et le lu. Ses sourcils se fronçaient au rythme de sa lecture mais petit à petit, son regard s'éclaira pour retrouver quelque chose qui semblait l'avoir déserté depuis longtemps : l'espoir. Il releva vers Draco un regard neuf, l'observant comme s'il le voyait pour la première fois et l'Éternel hocha doucement la tête. Ça ne servait plus à rien qu'il fasse semblant, Dumbledore avait compris de lui-même.

- Est-ce que c'est authentique ? Demanda-t-il d'une voix chargée d'émotion pour celui qui savait écouter.

- Ça l'est, confirma Draco en hochant la tête.

Le directeur resserra sa main sur le parchemin puis se tourna vers le survivant.

- Harry, mon garçon, reprend-toi, lui dit-il doucement. Ceci pourrait très bien être notre salut !

- À quoi bon ? Lâcha celui-ci d'une voix lasse. On n'avance pas, ça ne sert à rien.

Draco fronça les sourcils en observant le Gryffondor. Qu'avait bien pu lui dire Dumbledore pour que Harry soit dans cet état, pâle et à l'allure si dévastée ? Mais heureusement, Hermione était là pour son meilleur ami.

- Harry, qu'est-ce qui se passe ? Demanda doucement Hermione en s'accroupissant de nouveau face à lui, posant sa main sur son genoux.

Le jeune homme releva la tête vers elle avant de tourner la tête vers Draco, posant sur lui un regard trouble, inquiet de parler devant lui. Draco ne fit que hausser un sourcil, sans paraître menaçant ou moqueur, mais Harry secoua la tête.

- Pas maintenant, pas devant lui, murmura-t-il difficilement.

Draco soupira discrètement et se redressa, prêt à partir, mais le Directeur de Poudlard l'arrêta.

- Non. Harry, ceci - il leva la lettre - va nous aider. Avec l'aide de Monsieur Malfoy, je suis sûr qu'on peut le retrouver, puisque...

Dumbledore, tout en parlant, se tourna vers Draco mais celui-ci secoua la tête.

- On ne peut pas le retrouver.

Tout l'espoir qui avait fleuri sur le visage du directeur se flétrit à tel point que Draco se sentit mal de lui mentir ainsi. Mais ce n'était qu'un demi mensonge, l'Enchanteur Éternel était incapable de faire quelque chose désormais, et ce depuis des siècles, malgré tous ses murmures chargés de Magie Ancestrale qui parcouraient la terre.

- Comment voulez-vous retrouver quelqu'un qui est mort depuis des siècles ? S'enquit Hermione.

- Mais de qui vous parlez ? S'étonna Harry avec une petite voix.

Hermione lui offrit un sourire un peu tremblant, sûrement gênée d'être aussi enthousiaste alors que son ami était toujours aussi pâle.

- Merlin, déclara-t-elle d'une voix excitée.

Harry se redressa en fronçant les sourcils.

- Comment ça ?

- Merlin, c'est une lettre de Merlin, déclara doucement le Serpentard, faisant se tourner Harry vers lui.

- Mais c'est inutile, cela ne nous sert à rien, déclara Dumbledore en posant la lettre sur la table et se détourna. Il n'y a aucune indication sur l'endroit où l'on pourrait le trouver, Monsieur Malfoy a raison. C'est inutile.

Draco fronça les sourcils et se rapprocha pour tirer la lettre vers lui.

- C'est fataliste, jugea-t-il.

- Attendez, attendez. Tous les deux, commença Hermione en fronçant les sourcils. Comment pourrait-on... "retrouver" Merlin ? Ricana-t-elle amèrement. C'est... Enfin, il a existé, d'accord, mais il est mort depuis bien longtemps, non ?

Dumbledore se tourna vers elle en soupirant.

- La légende veut que Merlin se soit fait battre par Morgana, bien que cette dernière soit morte, mettant fin à l'ère sombre. Certaines personnes s'accordent à dire qu'il est toujours en vie, quelque part.

Il soupira et c'était si désespéré que Draco se sentit obligé d'intervenir.

- Il l'est, lâcha-t-il.

Ils se tournèrent vers lui et Dumbledore eut de nouveau cette lueur dans les yeux. Draco soupira en fermant les yeux.

- Les légendes sont vraies. Lors de son face-à-face final avec Morgana La Fae, quelque chose s'est mal passé et elle a eu le dessus assez longtemps pour le transformer en arbre, un arbre puissant et intouchable. Elle est ensuite morte, mettant fin à son règne de terreur. Malheureusement, la localisation du... du corps de Merlin est perdue depuis des siècles. Qu'importe nos recherches, nous ne pourrons jamais le trouver.

Il haussa les épaules.

- Et malheureusement, sous une forme végétale, il n'est pas capable de grand chose.

Hermione se redressa en penchant la tête sur le côté, les yeux plissés.

- Comment peux-tu savoir tout ça ?

Draco toucha la lettre d'un air distrait.

- C'est... Je sais beaucoup de choses. C'est un peu comme... Les commérages d'une famille, qu'on se transmet d'une génération à l'autre.

C'était le cas, d'une certaine manière. Juste, pas dans une famille de sang. Draco fronça les sourcils et releva la tête vers le Directeur, qui n'avait jamais semblé plus perdu qu'en cet instant.

- Que se passe-t-il exactement ?

Harry se mordilla la lèvre sans répondre mais Dumbledore le fit.

- Que savez-vous des horcruxes, monsieur Malfoy ?

Draco grimaça. Ah, les horcruxes... Ce n'était pas une mince affaire. Mais en quoi cela avait-il un rapport avec la tête d'enterrement que tirait Harry ?

- Ce n'est même plus de la magie noire, à ce stade là. C'est... De l'abomination, une altération définitive de la Nature d'une Âme.

Il observa les sorciers face à lui.

- Quelque chose que je devrais savoir ? S'enquit-il, s'imaginant quelque chose mais espérant véritablement que ce ne soit pas la vérité, qu'il était juste un peu trop paranoïaque.

Dumbledore le fixa, cherchant quelque chose dans son regard. Draco fronça les sourcils, intrigué.

- Il se trouve que quelqu'un a trouvé le moyen de pratiquer le rituel pour se créer un horcruxe.

Le Serpentard fit une grimace après quelques secondes de réflexion et s'assit à table. Hm, d'accord. Il ne fallait pas être Merlin pour deviner de qui Dumbledore parlait, et ça n'augurait rien de bon, rien du tout.

- Voldemort, lâcha-t-il en fermant les yeux.

Dumbledore s'assit à son tour, de même que Hermione. Harry regarda la situation d'un œil intrigué et un peu suspicieux, mais s'il eut envie de crier qu'en tant que Malfoy, il n'avait rien à faire ici, il eut la présence d'esprit de ne rien dire.

- Alors, il a fait un horcruxe...

- Pas qu'un seul, j'en ai peur, précisa Dumbledore en hochant la tête.

Draco tourna la tête vers lui, les sourcil haussés. Ah, ça, il fallait bien avouer qu'il ne s'y était pas attendu. Il connaissait les horcruxes depuis des siècles bien entendu, à vrai dire, il avait vu le tout premier être créé, en partie à cause d'une régénération de Marie d'ailleurs. Une Marie qui avait craqué à ce moment-là, qui n'en pouvait plus d'être seule une nouvelle fois et qui avait touché Herpo l'Infâme dans sa folie ce dernier donnant sang et larme pour tenter de trouver le moyen de battre la mort pour ses beaux yeux, qu'il puisse rester avec elle jusqu'à jamais. Elle était morte et Herpo l'avait perdue, devenant encore plus fou en ne pouvant la retrouver.

L'Éternel se secoua intérieurement pour se sortir de ses pensées.

- Maintenant qu'on y pense... C'est logique. Deux ? Un avant d'aller essayer de tuer Potter, et l'autre qu'il a utilisé pour revenir... Marmonna-t-il en réfléchissant tout haut.

Mais Dumbledore secoua doucement la tête.

- Honnêtement, le connaissant comme je le fais, je pencherais plus pour six, ou sept, déclara-t-il doucement.

Draco leva vers lui un regard surpris, clignant des yeux d'une manière très benêt.

- Six ou sept ?! Mais est-il fou - question idiote, bien sûr qu'il est fou. Peut-être sept, c'est un chiffre fort en magie, déclara-t-il.

Dumbledore et Hermione hochèrent tous deux la tête. Harry, lui, fixait Draco sans mot dire.

Le Directeur de Poudlard soupira douloureusement.

- Malheureusement, malgré toute nos recherches, il nous est difficile de les trouver.

- Monsieur, nous ne sommes pas obligés de tout lui dire, gronda pour la première fois Harry.

Draco réussit à ne pas le regarder, fixant toujours Dumbledore. Celui-ci observa son visage un instant avant de se tourner vers le Gryffondor.

- Écoute, Harry. Nous sommes dans une impasse.

- Ce n'est pas une raison. Si nous ne l'avons même pas dit aux autres membres de l'ordre, pourquoi le dire à quelqu'un qui n'en fait pas partie?

- Harry, Monsieur Malfoy fait plus partie de l'Ordre que beaucoup d'entre eux.

Le Serpentard frissonna et grimaça.

- S'il ne veut pas m'en parler, c'pas grave, marmonna-t-il en se redressant.

- Monsieur Malfoy, attendez, tenta de le retenir Dumbledore.

Draco soupira et se tourna vers eux.

- Écoutez. Potter et les autres exècrent de nous avoir dans le coin. Je crois que Blaise et moi avons compris depuis le temps. On s'y est fait, d'accord ?

Il leva les bras en signe de défaite.

- On ne force pas six années de ressentiments à partir du jour au lendemain.

Il se retourna et commença à partir de la pièce. Mais il leur jeta un dernier regard.

- Je m'en fous, d'accord ? Les forcez pas, ça ne sert à rien.

Il quitta enfin la pièce, la main froissant la lettre de Merlin dans son poing, le cœur battant douloureusement dans sa poitrine. Il partit s'enfermer dans les cachots, la mâchoire serrée et d'anciens sentiments refaisant surface, des sentiments qu'il aurait préféré garder étouffés tout au fond de lui.

Draco n'avait qu'une envie, s'enrouler dans un draps, collé au corps sec de Harry qui l'enlacerait comme si toutes ces dernières années n'existaient pas, comme si ces derniers siècles n'existaient pas ; qu'ils soient de nouveau Lucian et Terrence, que rien ne pourrait jamais séparer.

L'Éternel se laissa glisser contre la porte en bois, la respiration haletante et des larmes amères se déversant sur ses joues.

Il avait rarement eu aussi mal de toutes ses vies.


Et voici pour la partie n° 3 :D J'espère que cela vous a plus, aux quelques lecteurs qui sont toujours parmi nous ^^

Pas grand chose à dire, il faut le reconnaître, mise à part que je relis cette histoire avant de la poster, et que je l'aime vraiment beaucoup xD *se lance des fleurs* Je veux dire, JE L'AIME VRAIMENT, AAAAAH ! Au moins autant que mon Crossover HPxAvengers \O/ Et j'aime vraiment beaucoup cette histoire. Parce que Harry y est grave badass. Enfin bref, je vous tiendrais au courant pour cette histoire aussi :D

Vous connaissez la rengaine, je vous aime très fort, mail, review, tout ça :)

A samedi prochain pour la partie 4, et à Lundi pour le chapitre 46 de LQUA ! xoxo, 'Win