GENRE : Angst - full of angst, sérieux - ; Hm... Hurt - Comfort ; Romance ; Action, etc...

PARING : Drarry, Romione, Luna/Blaise ( Laise ? Bluna ? ) et... C'est tout.

RATING : M, pour la douleur, les grossièretées, etc.

BÊTA : Mylush a corrigé ce chapitre, et s'arrête là ^^' Si quelqu'un veut prendre la relève...

NOTE : • Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, je ne suis pas anglaise et je ne suis pas blonde, je ne suis pas JK. Mais tout le reste est à moi, les personnages originaux, l'histoire avec Merlin et Morgana... Enfin, vous verrez bien.

Bonne lecture ~ !


- NOUVEAU CYCLEPARTIE 4 -

La traduction prenait trop de temps.

Draco travaillait déjà depuis un mois sur le journal et au bout d'une semaine, il désespérait déjà de retrouver le rituel que Barriard avait utilisé sur eux. Il se sentait idiot d'avoir pensé qu'il n'avait écrit qu'une cinquantaine de pages. Bien sûr que son journal était bien plus qu'on pourrait le croire aux premiers abords, qu'avait pensé Draco exactement ? Il faisait parti de ces journaux sans fin, basés sur le même sortilège que les tentes de camping que les sorciers utilisaient encore aujourd'hui : plus grands à l'intérieur.

Et Draco n'en voyait pas la fin. Des dizaines et des dizaines, voire des centaines de pages de sortilèges divers et variés se cachaient dans ce journal et l'Éternel n'en pouvait plus. Il commençait à se noyer sous ces parchemins volants que Hermione venait toujours regarder quand Draco n'était pas dans le coin, il le savait très bien. Et encore, il n'avait pas traduit les sorts les plus dangereux - même si le rituel pour rendre une vache totalement folle afin qu'elle se mette à dévorer tout son troupeau et se transformer à moitié en minotaure, il ne le considérait pas vraiment comme sort " peu dangereux ", mais qu'importe.

Plus rien n'allait.

Draco soupira et secoua la tête en grimaçant.

Il n'avait pas à se voiler la face : rien n'allait, et ce depuis des décennies, voire des siècles.

L'Éternel repoussa ses parchemins traduits et posa ses coudes sur la table afin de presser ses mains sur son visage. Il prit une grande inspiration puis soupira profondément, une vague de désespoir le traversant. Il n'en pouvait plus. Il était fatigué, il était lessivé, il n'en pouvait plus des jérémiades de la Belette femelle qui courait toujours après Harry, il n'en pouvait plus des regards prononcés que ce dernier lui destinait, il n'en pouvait plus du regard concerné que Blaise posait sur lui, les sourcils froncés, l'air inquiet.

Draco ferma les yeux et commença à dodeliner de la tête. Luna n'arrêtait pas de chanter ces derniers jours, elle chantait à n'en plus finir dans l'ancienne langue de son pays. Enfin, du pays de Vanieta. Et elle ne cessait de chanter, encore et encore, sans pouvoir s'arrêter. Elle ne connaissait pas cette chanson, car elle n'était qu'un songe oublié, d'une vie passée, dont elle ignorait l'existence. Il n'avait pas été rare que Draco croise une Luna ayant quelques réminiscences de sa vie originelle, mais rien d'aussi prenant, rien d'aussi puissant que cette simple comptine qui restait en tête.

Sans même le réaliser, il se mit à fredonner la chanson, dont lui se souvenait parfaitement. Il revoyait Vanieta la chanter à une fille de la terre, une Nymphe des bois, dont le clan avait pris le risque de quitter la sécurité de leur foret pour les trouver, eux et Merlin, afin qu'ils les aident à sauver leur cadette. Vanieta avait chanté pour distraire la petite tandis que Marie et Terrence se démenaient pour la sauver. Ils y étaient parvenus sans mal, et cette vision avait toujours eu quelque chose de réconfortant pour Draco, quelques soient ses vies.

Alors il se mit a chanter, à voix basse, ce secret bien gardé. Il chanta la comptine, du début à la fin, revoyant le sourire doux de Vanieta alors que la Nymphe s'était mise à fredonner avec elle, oublieuse de sa douleur.

- Certains disent que je suis folle, tu sais.

Draco sursauta en rouvrant les yeux. Devant lui, Luna le regardait d'un air étrange, comme outrée mais pleine d'espoir. Il retint une grimace.

- Tu chantes ma chanson, déclara-t-elle.

Il hocha la tête sans rien dire.

- Peut-être que tu es fou, toi aussi.

Cette fois-ci, il eut un petit sourire.

- Je ne suis pas fou.

- Peut-être pas, concéda-t-elle.

- Et tu n'es pas folle, continua le Serpentard.

- Ça, tu ne peux pas en être sûr, Lucian.

Le sourire de Draco se fana.

- Draco.

Elle fronça les sourcils.

- Pardon ?

- Je m'appelle Draco, Luna. Tu te rappelles ?

Elle eut l'air perdu, désemparée.

- Qu'est ce que... Qu'est ce que j'ai dit ? S'enquit-elle d'une voix étranglée.

Il la vit se mettre à trembler et se leva le plus calmement possible pour ne pas lui faire peur.

- Ce n'est pas grave, Luna. Ce n'est rien, dit-il doucement en s'approchant.

Mais elle tremblait de plus en plus, le regard hanté par dieu seul savait quoi. Draco contourna rapidement la table et l'attrapa alors qu'elle avait un brusque mouvement de recul, la faisant vaciller. Il la maintint pour éviter qu'elle ne tombe.

- Calme toi, Luna, ça va aller...

- Je... Je ne comprends plus rien, se mit-elle à gémir en s'appuyant contre lui.

Il l'aida à s'asseoir sur une chaise et invoqua un verre d'eau d'un signe de main pour la forcer à boire.

- Respire, ce n'est pas grave, ce n'est rien.

- D...Draco, je ne comprends rien à ce qui m'arrive... Je vois des choses, des choses tellement tristes quand je dors. Et quand je suis éveillée, c'est comme si c'était vous, mais que ce n'était pas vous.

Elle posa sur lui un regard d'un blanc laiteux totalement opaque qui lui arracha un frisson. Il connaissait ce regard. Elle leva une main vers lui et la posa doucement sur sa joue.

- Il n'y a que toi qui est vrai... Murmura-t-elle doucement.

Il posa sa propre main sur la sienne et le regard de Luna redevint normal.

- Qu'est ce que ça veut dire, Draco ? Plaida-t-elle d'une toute petite voix. J'ai... J'ai peur, avoua-t-elle enfin.

Il sourit douloureusement, serrant sa main contre sa joue.

- Ça va bien se passer, d'accord ? Je m'occupe de tout, tu n'as pas à t'inquiéter. Je te le promets.

Il parlait aussi bien à Luna qu'aux restes de Vanieta qui semblaient vouloir refaire surface. Il ne pouvait laisser cela se produire.

- De quoi parles-tu ?

- Je t'ai dit de ne pas t'en faire, répéta-t-il.

Elle le regarda avec toute la douceur qui la caractérisait, toute cette douceur qui s'était pendant longtemps cachée derrière la valeureuse guerrière qu'avait été Vanieta.

- Je le sais, je le sens mais... Est ce que je peux te faire confiance ? Dit-elle à mi-voix.

Il sourit tristement et hocha la tête.

- Tu peux avoir une confiance aveugle en moi, Vanieta.

Elle sourit, apaisée.

- Comme toujours, Lucian.

Il se redressa doucement et l'embrassa sur le front, soufflant un peu de sa magie pour lui garantir des nuits tranquilles, sans cauchemars d'un autre temps venant la hanter.

Il espérait sincèrement que cela suffirait.

.*.

Quand il rouvrit les yeux, il ne prit cette fois ci pas le temps de calmer ses nausées ou encore de s'attarder sur sa fatigue ou sur ses courbatures. La fièvre lui contractait le ventre, lui emprisonnait le cœur dans un étau et il sauta sur ses jambes tremblantes pour se précipiter sur la porte des cachots et l'ouvrir brutalement, l'arrachant presque de ses gongs. Il n'accorda aucun intérêt à son dévoué Elfe de maison qui cria après lui, se précipitant à sa suite.

Il n'avait pas le temps, c'était un putain de guet-apens et il n'avait pas le temps de s'attarder, de perdre son temps pour se reposer, et qu'importe s'il avait des effets secondaires désagréables.

Ce fut un Draco Malfoy, éternel de son état, un des sorciers les plus puissants au monde, élève de Merlin quand celui-ci était encore un homme, qui pénétra en trombe dans la cuisine du 12 square Grimaud, aussi pâle que la mort, tremblant de froid tout en étant assommé par une forte fièvre. Ses cheveux étaient collés à son front, ses yeux étaient injectés de sang et un spasme le traversa.

- Malfoy ! Cria Hermione de surprise en se levant.

Ron, Hermione, Ginny, Harry et le Loup-Garou, Rémus Lupin, étaient tous attablés et l'observèrent comme s'il était un revenant. Mais Draco ne s'y attarda pas.

- Albus... Où est Albus ?! Cria-t-il à moitié en cherchant le directeur des yeux dans la cuisine plutôt petite.

Une douleur traversa ses côtes et il gémit en se ramassant sur lui-même, les mâchoires serrées. L'adulte, Lupin, fut le premier à ses côtés.

- Que se passe-t-il, Malfoy ? S'enquit l'adulte en cherchant à le faire se redresser.

Mais Draco le repoussa un peu brutalement, le regard fou.

- Où est Dumbledore ?! Hurla-t-il cette fois-ci et un peu de son sang fut projeté sur le loup-garou.

Le cœur de Draco rata un battement - et non pas l'expression. Son cœur rata véritablement un battement, s'arrêtant de battre le temps d'un minuscule instant, et Draco gémit en se tenant la poitrine, tombant au sol.

- Seigneur !

Dobby avait semble-t-il eut du mal à le suivre dans sa précipitation et se tenait maintenant à ses côtés, un peu haletant.

- Le Seigneur ne doit pas bouger après le rituel !

Son petit Elfe dévoué le poussa au sol pour le mettre sur le dos. Un spasme traversa de nouveau le corps de Draco, qui se mordit la lèvre à sang pour éviter de hurler de douleur. Dobby posa sa main sur le cœur de Draco et lâcha un cri de surprise.

- Votre cœur va lâcher, mon seigneur ! Couina-t-il, terrifié.

Draco sentit une vague de la magie de son Elfe le traverser et il se cambra.

- Dum... Dumbledore ! Réussit-il à bafouiller. Piège... Trouver Albus...

Une toux lui arracha les poumons et il se tourna sur le côté pour vomir du sang. Dobby lui envoya une nouvelle vague de magie dans son corps.

- Où est Monsieur Dumbledore Monsieur ? Clama le petit elfe en levant son regard globuleux et paniqué sur les autres sorciers de la pièce.
- Il est parti sécuriser une autre maison pour une planque, déclara Rémus d'une petite voix. Je vais essayer de le contacter ! Harry, Hermione, Ron, aidez Dobby !

Draco l'aperçut disparaître de la pièce mais déjà sa vision se réduisait. Il essaya de se redresser mais Dobby le maintint allongé au sol.

- Vous ne devez pas bouger, mon Seigneur !

l'Éternel s'étrangla en sentant son cœur faire une embardée peu naturelle ; il faisait de la tachycardie. Il allait mourir maintenant, à cause de son empressement, et d'autres allaient mourir parce qu'il n'avait pas jugé bon d'attendre ne serait-ce que quelques instants.

- ... Cœur... Doloris...
- Qu'est ce qu'il raconte ?! Lâcha Ron d'une voix paniquée.

Dobby observa Draco, qui ouvrait et fermait frénétiquement sa main sur son corps, et releva ensuite les yeux vers les sorciers.

- Dobby ne peut pas lancer de Doloris, Dobby n'a pas de baguette !
- Pourquoi lancer un Doloris ?! Continua Ron, le visage pâle devant tout ce sang.
- Faire sauter son cœur, qu'il reprenne un rythme normal après.

Un gémissement pressant de Draco attira l'attention sur lui alors qu'il fermait les yeux, des étoiles noires lui faisant tourner la tête.

Il cligna des paupières pour éviter de s'évanouir - d'une manière très futile et inutile, certes. Il réussit à attraper l'habit de l'Elfe pour attirer son attention.

- Lucius... Lucius sait...

Il haleta et grimaça.

- Weasley... Jumeaux.
- Pourquoi il parle de Fred et Georges ? S'inquiéta la belette femelle.

Mais Draco ne quitta pas l'elfe des yeux.

- C'est... Un piège...

Dobby écarquilla les yeux, montrant qu'il avait compris, et Draco resserra sa prise sur son habit.

- Va les trouver... Réussit-il à dire distinctement.
- Mais Seigneur-
- Maintenant ! Cria-t-il presque avant de tousser, du sang coulant sur son menton.

Dobby hocha frénétiquement la tête et se releva. La magie de l'elfe quitta son corps et Draco poussa un râle de douleur étranglé en plissant des yeux.

- Quelqu'un doit lancer un Doloris, maintenant, ordonna l'elfe avant de s'évaporer dans un Pop claquant.

Normalement, un Elfe ne pouvait pas parler aussi sèchement à un sorcier, sauf cas exceptionnel d'ordre direct donné par son maître ou, dans ce cas précis, où son maître était en danger de mort. Draco n'était peut-être pas son maître, mais leurs magies étaient liées, permettant à Dobby de ne pas mourir sans qu'un sorcier ne lui soit lié directement.

- Qu'est-ce qu'on fait ? S'exclama Ron d'une voix pressée.
- Tu l'as entendu, il faut que l'un de nous lance un Doloris, répondit Hermione sur le même ton.
- On peut ne rien faire, aussi.

Draco n'avait jamais autant détesté la belette femelle qu'en cet instant.

- Ginny ?! Crièrent les trois autres sorciers.
- Tu n'y penses pas, tout de même ? Continua Harry d'une voix choquée.
- Bah quoi ? Cracha-t-elle.
- Harry, vas-y ! Fais-le ! Coupa Hermione.
- Mais pourquoi moi ?! Paniqua le Survivant.
- Parce qu'il faut avoir une haine colossale pour lancer ce sort ! Expliqua précipitamment Hermione.
- Mais...mais je...

Draco ferma les yeux en ne retenant plus les spasmes et les gémissements de douleur qui le traversaient.

- Harry ! Il est en train de mourir ! Plaida Hermione.
- Mais je...

Le noir commença à l'envelopper, les sons devenant de plus en plus sourds.

- Harry !
- JE PEUX PAS ! Je le déteste pas assez !
- DOLORIS !

Noir et silence.

Le calme, enfin.

.*.

La noirceur opaque se dilua peu à peu pour laisser Draco dans un cocon de douleur supportable aux reflets rosâtre.

La fatigue l'étreignait comme une amie passionnée et semblait ne plus jamais vouloir le laisser partir. Il s'abandonna à ses bras le temps d'un instant, qui dura indéfiniment avant qu'il décide de se concentrer pour sortir de cette torpeur.

Son corps était fait de plomb mais au moins, il reprenait conscience. Si les sons ne lui parvenaient pas encore, il sentit pourtant parfaitement les odeurs et reconnut la chambre qu'il habitait avec Blaise, ses parfums sur les draps et l'odeur musquée et boisée du parfum de son ami. La bouche pâteuse, il réussit tout de même à entrouvrir les lèvres pour inspirer par la bouche.

Grave erreur, car sa toux se réveilla.

Il plissa des yeux - qu'il n'avait toujours pas ouvert d'ailleurs - et soupira d'aise quand on lui fit boire un peu d'eau.

Il essaya de se reconnecter avec son corps pendant encore un long moment, avant qu'il n'arrive à entrouvrir les yeux. La lumière ne l'aveugla pas, la pièce était plongée dans la pénombre, seulement illuminée par quelques globes qui voletaient au plafond.

- Dray ? Lui parvint enfin une voix étouffée.

Son champ de vision encore restreint, il réussit tout de même à bouger la tête pour voir un visage flou ressemblant à Blaise tout près de lui.

- Hey...

Sa voix ne ressemblait à rien, rocailleuse et faible, et il grimaça.

- N'essaye pas de parler, mon pote, déclara son ami à voix basse, lui épargnant une vive douleur quant aux bruits trop fort.

Il réussit à esquisser un sourire. Blaise y répondit, son visage devenant de plus en plus net.

- Lupin est parti chercher Pomfresh et le Professeur Snape. Tu nous as fait une belle frayeur, enfoiré.

Blaise n'était jamais vulgaire, sauf quand la panique ou la colère s'emparait de lui.

Draco sourit paresseusement et bougea un tout petit peu sous les draps pour se blottir contre le matelas.

- T... tout va bien ? Réussit-il à marmonner, les yeux mi-clos.

Blaise fredonna doucement en passant ses doigts dans ses cheveux.

- Repose-toi... lui murmura-t-il doucement.

Draco n'eut pas la force de hocher la tête et resta juste là, tombant dans un sommeil cotonneux, alternant les moments de fièvres accompagnés de délires et un sommeil lucide et reposant. Il avait distingué Severus penché sur lui lors d'un de ses moments de lucidité.

.

Après ce qui lui sembla être de longues semaines de sommeil, Draco rouvrit enfin les yeux, toujours un peu amorphe mais pas de douleur cette fois-ci, heureusement.

Enfoncé dans son matelas, l'Éternel inspira doucement et leva une main faible pour se frotter les yeux, le visage. Il ferma de nouveau les paupières, juste pour se concentrer sur son corps. Tout était à sa place, tout était là et, puisqu'il arrivait à bouger, tout était fonctionnel.

Il rouvrit les yeux en soupirant de soulagement.

Doucement, il s'étira entre les draps et réussit un peu à se redresser. Ses muscles endoloris tiraient doucement mais ça voulait dire qu'il était en vie. Restait à savoir si c'était une bonne chose.

La porte s'ouvrit doucement et Draco cligna des yeux en apercevant Molly Weasley pénétrer sa chambre.

- Draco, tu es réveillé, par Merlin. Quel soulagement !

La femme potelée sourit de plus belle au jeune homme à moitié assis dans le lit qui la regarda approcher d'un drôle d'air. Elle posa au bord du lit un plateau couvert d'un porridge tiède qui embaumait doucement la pièce.

- Severus ne va pas tarder, il est allé chercher quelques potions pour toi, mais rien ne vaut un bon grau comme premier repas. Ça va passer tout seul, tu vas voir, déclara-t-elle d'une voix enjouée, rapprochant le plateau de l'Éternel.

- Euh... D'accord, dit-il d'une voix rocailleuse et douloureuse.

Draco était un peu perdu de la voir aussi ouverte avec lui. Jusque là, et comme tous les autres, elle l'avait regardé d'une manière froide et suspicieuse, elle n'avait jamais été... comme ça.

Est-ce qu'il venait de se réveiller dans un monde parallèle ?

- As-tu besoin que je te ramène de nouveaux coussins ? Tu veux peut-être que je t'aide à te redresser ? Un peu d'eau ? Un thé ? Ou alors du lait ? Continua-t-elle de lui demander avec un air concerné.

Draco cligna des yeux et entrouvrit la bouche.

- Je... Non merci, madame Weasley. Ça va.

Il se racla la gorge avant de tousser et très vite, un verre d'eau se retrouva sous son nez. Il remercia la matriarche rousse avec un signe de tête et se désaltéra avec plaisir.

- Molly, merci. Je vais prendre le relais d'ici.

Draco releva son regard vers la porte de sa chambre et regarda son parrain raccompagner Molly Weasley hors de sa chambre. L'odeur du porridge fit gargouiller le ventre de Draco qui se pencha pour prendre le bol sur ses genoux tandis que Severus se rapprochait. L'Éternel eut un petit sourire en voyant du coin de l'œil son visage grave, alors qu'il lui lançait des sorts de diagnostic.

- Oncle Sev', tout va bien, lui dit-il doucement.

- Je suis le seul capable d'en juger, déclara le maître des potions d'une voix sombre.

Draco secoua un peu la tête et leva le regard au ciel mais le laissa faire sans dire un mot, dégustant son porridge avec de petites bouchées.

- Comptais-tu me le dire un jour ?

Draco regarda son parrain, un homme pour qui il avait un très grand respect.

- De quoi ?

- Que tu jouais double jeu avec ton père. D'ailleurs, depuis combien de temps espionnes-tu Lucius pour relayer des information à l'Ordre ? Continua le maître des potions en l'observant.

L'Éternel haussa les épaules sans répondre et le professeur soupira.

- Tu n'as plus aucune trace de Doloris, mais tes muscles sont encore parcourus de quelques spasmes dus à la fièvre. Tu dois rester alité encore quelques jours.

Draco hocha la tête. De toute façon, il n'avait aucune envie de bouger pour l'instant.

- Dumbledore est là ? Je voudrais lui parler.

Severus observa son filleul comme s'il pouvait juger son état d'un seul coup d'œil puis hocha doucement la tête.

- Je vais aller le chercher. En attendant, tu prends ceci et tu ne rechigne pas.

L'Éternel soupira en avalant les deux décoctions au goût infâme, une pour combattre les effets secondaires du Doloris s'il y en avait que Severus n'avait pas décelé, et un décontractant musculaire.

Puis l'ancien professeur de potion quitta la chambre. Draco en profita pour réfléchir aux derniers événements. Il ne se souvenait pas de grand chose à partir du moment où il avait envoyé Dobby chercher les Weasley, et Draco reconnaissait qu'il ne voulait pas savoir comment s'était terminée cette histoire. Il aurait aussi aimé savoir qui avait lancé le doloris qui lui avait sans aucun doute permis de rester en vie.

La porte de sa chambre s'ouvrit de nouveau et Draco releva la tête, surpris que Dumbledore soit déjà là.

Il déchanta très vite.

Ronald Weasley, le visage sombre et sérieux, s'avança et Draco frémit en se demandant ce qui allait lui tomber sur le coin du nez.

- Malfoy, déclara le Gryffondor en s'arrêtant à un mètre du lit.

- ... Weasley...

Draco ne savait pas à quoi s'attendre alors il se crispa un peu plus, n'ayant aucune idée d'où se trouvait sa baguette. Si Weasley l'attaquait, il se défendrait, certes, mais aurait besoin de répondre à certaines question comme : d'où, depuis quand et quel est le fuck que tu fasses de la magie sans baguette ?!

Et il n'avait bizarrement... bizarrement, pas très envie de s'expliquer pour ça.

- Est-ce que ... Est-ce que tu réalises ce que tu as fait ? Demanda le Gryffondor en croisant les bras sur son torse, la voix sombre.

Draco cligna des yeux et plissa les paupières mais ne répondit rien alors que le Weasley le fixait. Le roux soupira devant son absence manifeste de conversation et attrapa une chaise pour s'y asseoir, juste en face de lui. Il le fixa d'un air sombre, chose que Draco n'avait jamais vu sur son visage.

Il avait définitivement atterri dans un autre monde, si Ronald Weasley devenait soudainement mature.

- Je veux savoir si tu l'as fait sciemment.

- Fais quoi ? Demanda enfin Draco en fronçant les sourcils.

Ronald posa ses coudes sur ses jambes et se pencha en avant.

- Quand j'ai voulu savoir comment tu avais su, Dumbledore n'a rien voulu nous dire, si ce n'était que tu méritais vraiment d'être considéré comme un membre de l'Ordre.

Draco haussa les épaules et se pencha lentement pour attraper un verre d'eau sur la table. Sa gorge lui faisait mal et il grimaça en réalisant que le verre était vide.

Weasley l'observa faire puis se leva et jeta un aguamenti qui remplit le verre. Draco soupira d'aise et hocha la tête pour le remercier. Weasley se rassit et continua de le fixer.

- Je ne vais pas te le cacher. Je ne te fais pas confiance.

Draco ne dit rien.

- Mais je veux savoir, est-ce que tu savais ce que tu faisais quand tu es venu dans la cuisine en demandant à voir Dumbledore ? Est-ce que tu savais qui tu envoyais récupérer quand tu as dit à Dobby d'y aller ?

L'Éternel comprit alors. Il fixa alors le Gryffondor dans les yeux et hocha la tête. Il regarda le roux écarquiller les yeux puis soupirer en se frottant le visage d'une main.

- J'y crois pas... T'aurais pu ne rien dire. T'aurais pu les laisser crever, faire l'innocent et personne n'aurait jamais rien su. C'est ce que tu aurais fait, avant. Mais au lieu de ça, en tant que Malfoy, tu as sauvé la vie à trois Weasley différents...

Draco ouvrit la bouche puis fronça les sourcils.

- Trois ? S'enquit-il de sa voix rauque.

Weasley le regarda et hocha vivement la tête.

- Fred, George et mon père. Ils étaient tous les trois dans la même planque... Tu ne le savais pas ?

- J'ai juste vu... les jumeaux.

Ron parut de nouveau perdu.

- Incroyable... Je... Je, on te doit beaucoup. Merci.

Il était sincère et Draco secoua doucement la tête alors que sa mémoire se rafraîchissait.

- Si je ne me trompe pas, c'est toi qui m'a lancé le doloris, dit-il difficilement.

Le Gryffondor hocha la tête en souriant d'une manière amère.

- C'était assez simple, je l'avoue.

Draco sourit à son tour. Oui, ce n'était pas difficile de se l'imaginer, en effet.

- Tu as lancé le doloris qui m'a sauvé la vie. Alors considère qu'on est quitte.

Weasley le fixa en plissant des yeux.

- Tu as sauvé trois d'entre nous. Nous, Wealsey avons désormais une dette de v-

- Non, le coupa précipitamment Draco en se redressant dans le lit.

Le regard du roux s'enflamma et il grinça des dents.

- Quoi ? Les pouilleux que nous sommes ne méritons pas de t'être redevable, c'est ça ?

Draco roula des yeux et se réinstalla contre la tête de lit.

- Non, tu as tout faux. Si la famille Weasley toute entière contracte sur leur honneur et leur magie une dette de vie avec ... Moi et ceux de ma famille, Lucius le saura ; et crois-moi, il en profitera.

L'Éternel fixa le Gryffondor dans les yeux.

- Crois-moi, tu ne veux pas te retrouver à sa botte, enchaîné à lui avec un contrat de ce genre. Tu m'as sauvé la vie, j'ai permis aux tiens d'éviter de mourir - considère que nous sommes quittes. Vraiment, rien de plus, insista-t-il.

Il regarda les différents sentiments se battre sur son visage et Draco esquissa un sourire.

- Range ton côté cavalier de Gryffondor d'honneur et qui n'a qu'une parole, au moins pour cette fois.

Ronald le fixa en plissant des yeux, se mordillant les lèvres en réfléchissant visiblement à ses paroles. Puis il soupira et hocha la tête.

- Ok... chuchota-t-il enfin.

Il se passa une main dans les cheveux.

- Mais on va continuer à se sentir redevable... Et je n'aime pas ça.

Draco sourit en hochant la tête, jetant un regard à la chambre.

- Ouais, je peux comprendre.

- J'imagine... J'imagine que, peut-être... Zabini et toi n'êtes pas si... horrible qu'on l'a cru.

L'Éternel renifla dédaigneusement.

- Non. On est pire, commenta-t-il en s'amusant de la situation.

Le Gryffondor grimaça outrageusement et se leva.

- Bon. Alors ça, c'est fait...

- Si tu pouvais... Commença Draco.

Il le regarda suspicieusement et l'Éternel dodelina de la tête.

- Si tu pouvais juste lever le pied avec Blaise... Il n'est pas vraiment méchant et il ne mérite pas vos mauvais tours.

Le Gryffondor s'humidifia les lèvres.

- On va vous laisser tranquille, déclara-t-il en hochant la tête.

Et aussi étrange que cela puisse paraître, Draco savait que le Weasley n'avait qu'une parole. C'était un Gryffondor d'honneur, comme il l'avait déjà dit.

- Ah, une dernière chose, rajouta Ronald avant de quitter la chambre, la main sur la poignée.

Il regarda le Serpentard en souriant d'une manière presque... eh bien, presque malsaine.

- Ne panique pas trop pour le comportement de ma mère. Tu as sauvé son mari et deux de ses enfants. Même si ça nous horripile, tu es désormais un pauvre petit membre honoraire de la famille Weasley. Bienvenu chez les pouilleux.

Draco ne résista pas et lâcha un rire en secouant la tête, les yeux fermés.

- Je crois que je pourrais m'y faire, commenta-t-il.

Le Gryffondor le regarda une dernière fois, hocha la tête puis quitta enfin la chambre, laissant un Draco amusé mais un peu dépassé par les événements. Quoique, il était désormais sûr que l'ambiance dans la maison allait enfin s'alléger.

.*.

- ... et puis Dumbledore est arrivé. D'après lui, si je n'avais pas envoyé Dobby, les Weasley seraient morts. Les mangemorts avaient mis des sorts d'anti-transplanage tout autour de la planque dans laquelle ils s'étaient installés, mais qui ne prenaient pas en compte les Elfes de maison, à croire que les sangs-purs en oublient ce qu'ils considèrent tout de même comme leurs esclaves personnel. Je te jure Merlin, cette époque est totalement folle.

Draco soupira et se pencha en avant pour se frotter le visage. Le cimetière presque antique de St. Digain's Church était vide, silencieux - même la nature semblait s'être apaisée pour respecter la plénitude de l'endroit, la quiétude religieuse de ses pierres que le temps avait recouvert de mousses. Il était assis en tailleurs, adossé au grand arbre qu'il sentait chauffer agréablement de magie contre son dos. Il ferma à demi les paupières en soupirant d'aise, se gorgeant de la magie ancestrale qui se dégageait de l'écorce, des racines qui s'enfonçaient profondément dans le sol et qui dégageaient dans toute la Terre ces vagues d'ancienne magie puissante.

L'Éternel se passa une main dans les cheveux et leva le regard au ciel, plissant des yeux alors que le soleil perçait à travers les branchages du conifère et l'éblouissait. Un coup de vent fit danser les branches et la musique de la nature apaisa l'âme tourmentée du Damné.

- Tu l'aimerais bien, Dumbledore. Il te ressemble. Pas trop physiquement, mais il est aussi taré que toi.

Draco esquissa un sourire.

- Enfin, tu joues hors compétition en fait, tu es pire que tout.

Il laissa son regard dériver autour de lui en dodelinant de la tête.

- Tes vannes pourries me manquent... Tout le monde me manque... murmura-t-il d'une voix étranglée.

Il se tut un instant pour profiter de nouveau du silence, alors qu'il frissonnait en sentant la magie l'entourer.

- On a trouvé ton mot, tu sais. Enfin, Hermione - Marie - a trouvé ta lettre, elle me l'a dictée et je l'ai traduite dans la langue utilisée aujourd'hui.

Il s'humidifia les lèvres, le regard dans le vide.

- J'ignorais que ça s'était passé comme ça... Je crois qu'aucun de nous ne savait que ça s'était passé comme ça.

Il fronça les sourcils, plongé dans ses souvenirs.

- C'était incompréhensible que Morgana ait eu le dessus assez longtemps pour te lancer un sort si compliqué. Il est long à faire, à mettre en place et à psalmodier... Ce n'était pas normal.

Draco posa sa main gauche au sol et caressa du bout des doigts les racines qui dépassaient de la terre.

- C'est plus compréhensible maintenant... Mais tu sais, on est encore loin de la possibilité de nous... De nous délivrer. Oh bien sûr, je n'ai que 17 ans dans cette vie, j'ai "toute la vie" devant moi. Mais ça sera juste une de plus. J'aurais juste besoin de convaincre Harry, Hermione et Luna de pratiquer le sort inverse, mais nous ne sommes pas vraiment en bon terme.

Il sourit d'un air amer.

- Enfin, si j'arrive à le trouver, ce putain de sort.

L'actuel Serpentard soupira en levant en ciel.

- M'enfin. Encore faudrait-il que j'arrive à détruire le masque que je me suis construit pour cette vie... Hermione ne me fait pas confiance. Luna est trop déphasée pour réaliser ce qui se passe vraiment autour d'elle et Harry...

Draco ferma les yeux en se rappelant Harry, qui l'avait coincé dans un couloir quand Draco avait enfin pu quitter son lit. Le Gryffondor avait grimacé mais il l'avait tout de même remercié pour avoir sauvé ceux qu'il considérait comme sa famille. Draco n'avait rien dit mais depuis, Harry et Ron s'étaient définitivement calmés. Ils ne les regardaient plus comme des monstres et Molly Weasley s'était mis un point d'honneur à engraisser Draco comme une oie, malgré le fait que son mari et ses deux fils ne soient toujours pas rentrés au bercail, Dumbledore leur ayant conseillé de se faire discrets avant de rentrer, pour éviter qu'ils ne se fassent suivre.

Draco secoua la tête sans terminer sa phrase et frissonna.

Cela faisait des siècles - et quand il disait des siècles, c'était littéralement - qu'il n'était pas venu dans le cimetière de ce petit village du Pays-de-Galle pour parler à l'énorme If.

Les moldus s'étaient accordés pour dire qu'il était un des arbres les plus vieux de la planète. En fait, c'était la magie du mage le plus puissant qui donnait cet effet et cette impression aux humains, moldus comme sorciers. Mais la magie ancestrale rendait aussi l'arbre comme …. inintéressant pour tous, cachant ainsi définitivement le mage à la vue de chacun. Et Merlin restait et restera enraciné dans les terres de Llangernyw, Nord du Pays de Galle, à jamais. Draco n'était pas assez puissant pour défaire le sort de Morgana. Ni Luna, ni Hermione, ni Harry. Aucun d'eux n'était assez puissant pour s'en occuper seul, malgré leurs pouvoirs incommensurables.

Draco soupira puis se leva, frottant ses jambes pour faire passer les douleurs de ses muscles endoloris. Cela lui avait fait du bien de parler, même s'il n'avait pas de réponses en retour. Il se sentait apaisé. Il posa doucement sa main sur l'écorce tiède, envoyant une caresse magique d'adieu dans l'arbre, qui lui envoya une réponse tout aussi agréable. Il s'éloigna un peu, juste un peu, avant de se pencher au pied d'une stèle bien plus récente qu'elle n'aurait dû l'être, tellement banale que personne ne la remarquait.

Terrence avait fait du bon travail, lors de sa deuxième vie où il s'était souvenu.

Marie Bridgestone, qu'Hel t'enseigne.

Vanieta Porikov, puisse les chants te bercer.

Terrence Beaumont, que ta force puisse le trouver.

Lucian Perezo, que la mort t'apprenne la patience.

Draco eut un sourire amer en caressant la pierre, puis il soupira en secouant la tête.

Il fit ensuite demi-tour pour quitter le cimetière silencieux et sa douceur, jetant un dernier regard en arrière pour observer une dernière fois les vieilles pierres tombales protégées du soleil par les branches de l'arbre.

Puis il quitta le Pays-de-Galle en se téléportant au beau milieu de Londres, entre les humains si aveugles.

.*.

Quand Draco pénétra au numéro 12 Square Grimmaurd, il grimaça alors que la voix criarde de feu matriarche Black pestiférait sur les traîtres à leur sang présents dans sa noble demeure. Il soupira en roulant des yeux avant de s'avancer pour fermer le lourd rideau qui atténua un peu le bruit de ses cris perçants. Il s'arrêta pour perdre son regard dans le velours sombre qui servait à réduire ses décibels. C'était étonnant que personne ne se soit encore déplacé pour la faire taire.

L'Éternel secoua doucement la tête avant de quitter de couloir. Il n'y avait personne dans le salon, et en fait, il n'y avait aucun bruit dans toute la maisonnée. Les sourcils froncés, le Serpentard regarda autour de lui pour chercher à savoir ce qu'il pouvait bien se passer pour que tous aient disparu... Et si pendant son périple, quelque chose s'était passé ? Et si le secret avait été éventé et que les mangemorts avaient réussi à les retrouver ?

La gorge serrée, Draco ne s'attarda pas dans la pièce, prêt à grimper les escaliers afin de trouver quelqu'un quand il aperçut un bruit provenant de la cuisine. Le cœur battant sourdement à ses oreilles, il s'avança silencieusement jusqu'à être dans l'encadrement de la porte de la petite cuisine du 12 square Grimmaurd pour observer d'un œil surpris mais inquiet l'intérieur de la pièce.

Harry, Hermione, Ron et Blaise étaient assis à table, Molly Weasley observait d'un œil éteint une soupe en train de mijoter sur le feu, et tous avaient un air désespéré sur leurs traits ; même Luna semblait totalement détruite, alors que tous les jeunes fixaient la table devant eux sans même la voir. Draco déglutit et fronça les sourcils.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda-t-il d'une voix qu'il espérait ne pas être tremblante.

Les personnes de la pièce sursautèrent et tournèrent vers lui des regards effarés et perdus.

- Draco !

En un instant, Hermione fut sur ses pieds et sans qu'il n'ait rien demandé ainsi que rien compris, elle lui sauta au cou et lâcha un sanglot. Surpris, Draco resta seulement un cours instant sans bouger puis referma ses bras autour de la jeune femme tremblante qui refusait de le lâcher.

- Euh... Granger...

Il leva un regard définitivement perdu par dessus l'épaule de la Gryffondor pour trouver une Molly retenant ses larmes, un Harry qui le fusillait du regard, un Ron qui s'était étalé sur la table en soupirant, un Blaise qui se frottait le visage en secouant la tête et une Luna qui murmurait en levant le regard vers le ciel, une unique larme roulant sur sa joue. Draco entrouvrit la bouche sans comprendre et caressa doucement de haut en bas le dos de la jeune femme blottie contre lui.

- Hey, Hermione... Murmura-t-il contre ses cheveux. Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Ce qu'il se passe ?!

Draco fronça les sourcils en observant Harry qui avait sauté sur ses pieds, braquant sur lui un regard noir.

- Tu n'as pas l'impression de te foutre de nous deux secondes, Malfoy ?! J'arrive pas à croire que tu...

Le Gryffondor serra douloureusement les poings et quitta la cuisine sans faire attention, bousculant Draco et Hermione. Le Serpentard tourna la tête pour le regarder partir avant de reporter son attention sur la cuisine.

- Mais quoi ?

- Il a raison pour le coup, Malfoy, soupira Ron en se redressant à moitié, toujours affalé sur la table, tourné vers lui en reposant sa tête dans sa main.

Draco fronça de nouveau les sourcils. Hermione se détacha de lui, les yeux humides.

- On ne savait pas où tu étais, on a cru... On s'inquiétait, expliqua-t-elle enfin.

Draco la fixa en plissant des yeux.

- J'avais laissé un mot dans la bibliothèque...

Il n'avait pas cru être parti assez longtemps pour que les gens de la maison réalisent son absence, mais il avait tout de même laissé un mot à côté du coffret contenant le journal.

- Oui, mais tu es parti quatre heures ! S'exclama enfin Blaise en lui jetant un regard peu amène.

- Autant que ça... ?

Il n'avait vraiment pas réalisé être parti aussi longtemps. Molly Weasley parla enfin.

- Nous n'avons pas prévenu Severus alors que les heures passaient et que tu ne revenais pas, mais nous avons dû prévenir Albus. Il était embêté. Où étais-tu ? Demanda-t-elle enfin d'une voix brisée.

En la regardant, Draco sentit une vague d'exaspération le submerger alors que dans son regard, il trouvait de l'inquiétude mais aussi de la suspicion.

- Si cela peut vous rassurer, je n'ai pas retrouvé mes petits copains mangemorts.

- Personne ne pense ça, s'étonna Blaise, et même Hermione était incrédule.

Mais Molly Weasley eut la décence de paraître gênée.

- Je dis ça, je ne dis rien. Mais si vous voulez à tout prix savoir, j'étais dans... Un cimetière. Sur la tombe d'amis. De ... Très vieux amis.

Le silence tomba dans la cuisine et Hermione posa doucement sa main sur son avant bras.

- Il faut que tu fasses attention. Ça ne fait que deux jours que tu peux sortir du lit, le réprimanda-t-elle d'une voix douce.

Il retient un sourire pour plutôt soupirer en roulant des yeux.

- Bon. Bah je vais aller me justifier auprès de Potty maintenant, geignit-il.

Il réussit à arracher un rire au cadet Weasley et il quitta la pièce. Il n'eut pas vraiment à chercher pour trouver Potter, ce dernier s'était réfugié dans le bureau du Chef de Famille ; Bureau que Harry avait mis à sac dans un visible accès de fureur. Il reprenait son souffle, assis sur une chaise, les coudes sur les genoux et la tête dans ses mains.

- Je ne pensais pas que tu allais m'en vouloir autant, railla Draco en s'adossant au mur pour le fixer.

Il vit Harry se crisper mais il ne fit aucun geste. Draco inspira puis soupira rageusement.

- Je suis pas allé retrouver Voldemort, Potter.

Harry leva enfin la tête vers lui mais Draco, pour une raison obscure, ne releva pas vraiment l'air perdu du Gryffondor.

- Je sais que tu aimerais bien, ce serait une bonne excuse pour m'enfermer quelque part, voire atteindre mon intégrité physique, mais désolé de te décevoir, continua-t-il sur sa lancée.

- Quoi ?

- Je ne suis pas allé voir Voldemort, répéta Draco exaspéré.

Harry sauta brusquement sur ses pieds et se rapprocha de lui.

- Mais tu es con, ou tu le fais exprès ?!

- Langage, Potter, marmonna Draco en fronçant les sourcils.

- Ta gueule, Malfoy ! Ta gueule ! Vitupéra Harry en secouant les bras autour de lui.

Draco laissa la surprise s'afficher sur son visage, son masque chancelant en comprenant que les gens d'en bas, s'ils avaient été suspicieux, s'étaient avant tout inquiétés pour lui. Il en avait marre de devoir jongler entre ces deux sentiments.

- Est-ce que tu réalises dans quel état on était ?! On ne te trouvait plus, on ne savait pas où tu étais, les mangemort auraient pu te trouver et te tuer - et toi, tu reviens comme une fleur en mode " Coucou, j'vous ai manqué ?" SÉRIEUSEMENT MALFOY ?!

- Je ne pensais pas que vous alliez vous inquiéter tant que ça, déclara Draco en fronçant les sourcils, un peu surpris par sa réaction.

- Tu savais PARFAITEMENT ce que tu faisais ! Tu crois que je n'ai pas remarqué ?! Je sais que tu m'as fait quelque chose, mais je ne te laisserais pas faire !

L'Éternel sentit une nouvelle vague d'exaspération le traverser.

- Après ce que je t'ai fait ?! Après tout ce que j'ai fait pour toi, tu crois encore que je veux te faire du mal ? Sérieusement ?

Harry se rapprocha, le fusillant du regard.

- Je sais pas quoi penser de tes petites manigances.

- Bordel Potter, mais réfléchis et arrête ta parano pendant deux secondes, Ok ?! Pesta Draco entre ses dents serrées. Mes petites manigances ? Lesquelles, par la Sainte Mère ? Je suis allé me recueillir sur la tombe d'amis proches, tu crois vraiment que j'aurais osé aller fricoter avec ces abrutis de psychopathes à la solde d'un pseudo mage noir de pacotille ?

Il serra les poings en secouant la tête, exaspéré.

- Tu l'appelles Voldemort.

Draco haussa un sourcil en relevant la tête vers lui. Harry grimaçait, les bras croisés sur son torse en évitant son regard.

- Eh bien quoi ?

- Tu n'as pas peur de l'appeler par son prénom.

- Ouais enfin son vrai nom, c'est Tom Elvis Jedusor, hein, railla Draco.

Harry se mordilla la lèvre et lui jeta un coup d'œil.

- Je ne te comprends pas, murmura-t-il.

Draco plissa des yeux. Le comportement d'Harry n'avait aucun sens depuis quelques semaines - Entre sa haine pour sa personne qui lui procurait des sautes d'humeurs assez incroyables, comme s'il avait une double personnalité ; et les disputes interminables entre lui et son ex qui n'acceptait toujours pas que le grand Harry Potter qu'elle attendait depuis qu'elle était petite lui passe sous le nez.

- C'est toi que je ne comprend pas, Potter, marmonna l'Éternel sans même le réaliser.

Le Gryffondor leva vers lui un regard vert flamboyant, les sourcils froncés et avec de nouveau cette mauvaise humeur qui le caractérisait en ce moment, il combla les derniers mètres qui le séparait de Draco pour le pousser contre le mur.

- Tu me saoules, Malfoy !

- Eh bien comme ça, on est deux ! Sérieusement Potter, oublie-moi deux secondes ! Cria presque Draco en le repoussant à son tour. Trouve-toi une autre victime pour tes sautes d'humeurs schizophréniques !

Le Gryffondor serra les poings en le fusillant du regard, les mâchoires serrées si fortement que l'émail de ses dents gémit.

- Ne me refais plus jamais ça, murmura-t-il d'une voix sombre avant de se détourner.

Draco serra des dents et retint un soupir.

- De quoi tu parles, encore ?

- Ne disparaît plus jamais comme ça, gronda Harry en quittant le bureau.

L'Éternel haussa les sourcils, profondément surpris et bouleversé. Est-ce que... Est-ce que Harry s'était inquiété à ce point pour lui ?

- Oï ! Potter !

Il quitta précipitamment le bureau pour rattraper Harry dans le couloir avant qu'il ne disparaisse dans sa chambre

- Il va falloir que tu me donnes plus que cela, Potter ! Gronda-t-il en l'attrapant par le bras pour le tourner vers lui.

Il frissonna en sentant la puissance de Harry l'envelopper et l'oppresser presque, comme pour l'étouffer. Et en effet, s'il n'avait pas été Draco, si la puissance endormie de Terrence n'avait pas reconnu la puissance de Lucian, il aurait pu être consumé. Mais Draco tint bon et il sentit Harry se crisper sous sa poigne, alors que son corps se tendait et se rapprochait de lui. L'Éternel sentait que c'était un réflexe, un très vieux réflexe enfoui et étouffé, une habitude antique qu'Harry ne pouvait comprendre.

Draco s'empêcha de se focaliser sur le regard du jeune homme qui s'attarda sur sa personne.

- Potter, sérieusement, on peut pas continuer comme ça, gronda Draco en braquant sur lui un regard sûr et net.

- Tu me...

Harry grinça des dents et chercha à se défaire de sa poigne, tout en se rapprochant un peu plus de lui. Draco chancela un instant mais ne put faire un mouvement de recul - la dernière fois qu'ils s'étaient trouvés aussi proche, c'était quand Harry s'était énervé contre lui en cinquième année et qu'ils s'étaient battus à main nue.

- Malfoy...

Le regard vert flamboyant de Harry lui brûla presque les rétines.

- Quel sort tu m'as lancé ? Murmura presque le Gryffondor en plissant des yeux.

Draco frissonna et secoua doucement la tête.

- Je ne t'ai rien fait, Potter, déclara Draco sur le même ton, perdu.

Pourquoi Harry pensait que Draco l'avait envoûté ?

- Je te le promets...

- Pourquoi te croiras-je ? Murmura Harry d'une voix un peu plus basse.

Draco ferma les yeux le temps d'un instant alors que le Gryffondor était près de lui, si près.

- Je ne sais pas, répondit-il enfin en rouvrant les yeux.

Harry était beaucoup trop près de lui, jamais il ne s'était tenu aussi près de l'Éternel sans chercher à atteindre son intégrité physique. Et la seule chose que Draco voulait faire, c'était de se rapprocher un peu plus et de se perdre dans sa chaleur, juste le temps d'un instant, un très court instant.

- Ah, Terrence, Lucian, vous êtes là.

Draco sursauta et fit un bon en arrière, s'écartant brusquement de Harry qui s'était encore plus rapproché de lui. Le Gryffondor aussi sembla se réveiller et cligna bêtement des paupières en observant l'Éternel qui reprenait pied, mais ne réussit pas à remettre son masque avant qu'Harry ne constate son air bouleversé.

Le Serpentard secoua doucement la tête en s'humidifiant les lèvres, reprenant pied. Il se racla la gorge et tourna la tête. Luna se trouvait dans le couloir, le regard dans le vide mais un sourire tendre et nostalgique sur les lèvres, les fixant sans les voir. Ses cheveux blonds encadraient son visage doux et coloré comme il l'était y avait bien longtemps.

- Est-ce que vous allez vous battre comme avant, ou est-ce que vous allez enfin assumer votre-

- Luna, l'arrêta Draco d'une voix douce.

La jeune femme tressaillit et Draco s'approcha doucement, la fixant alors que les couleurs de son passé clignotaient sur son visage.

- Luna, c'est Draco et Harry, tu te souviens ? Dit-il doucement en touchant enfin son bras.

Elle prit une inspiration silencieuse mais brusque, et cligna des yeux alors que son passé dessiné sur ses traits se diluait et disparaissait. Elle baissa son regard vers le sol puis elle se tourna vers Draco en souriant tristement.

- Je l'ai encore fait, n'est-ce pas ?

Draco caressa doucement son dos en souriant douloureusement, lui murmurant doucement de ne pas s'inquiéter.

- Il y avait une peau d'ours dans notre cabane, déclara-t-elle en souriant.

L'Éternel cligna des yeux et jeta un regard vers Harry, qui observait la scène sans comprendre. Mais avant qu'il ne puisse l'arrêter, elle continua.

- Il y avait ce feu dans la cheminée, et Marie a fait de belles créations en fumée. Il y avait des dragons, des chimères, des aigles ; c'était beau. Et tu étais le bâtard du prince, puis garde royal, jusqu'à ce qu'il te trouve, jusqu'à ce qu'il nous trouve. Et on était bien, n'est-ce pas ? Demanda-t-elle, les sourcils froncés.

Draco soupira doucement - sa magie avait peut-être bloqué son passé cauchemardesque, mais ce n'était même pas étonnant qu'elle rêve de leur doux moments passés ensemble. Il hocha doucement la tête, incapable de parler à voix haute. Il aimerait tellement pouvoir la prendre contre lui, qu'ils redeviennent les proches amis qu'ils avaient été des siècles auparavant. Sa magie cherchait à retrouver les liens qu'ils avaient eu, sa Magie cherchait à se fondre dans celle d'Harry pour ne faire plus qu'une, mais elle ne pouvait pas, la malédiction les séparait à jamais, et rien n'était plus douloureux que sa magie rejetée ainsi. Mais Draco ne disait rien, cette vie était un échec complet, plus que quelques années et ce serait à Terrence de s'occuper d'eux.

Draco poussa alors doucement Luna dans le couloir pour l'emmener loin d'un Harry totalement perdu.

Peut-être était-il lâche.


Voilà voilà ! Je suis désolé pour le temps d'attente... Mylush - la bêta de cette histoire - a malheureusement un empêchement, elle ne peut plus s'occuper de mon bébé. Donc me revoilà encore sans bêta, je ne sais toujours pas quoi faire xD Je pense que je vais utiliser un site de correction pour la fin de cette histoire, et si quelqu'un se dévoue pour corriger après moi, libre à vous, vous avez mon mail après tout ^^'" Je vais aussi faire ça pour mon Crossover, qui commence sérieusement à prendre la poussière le pauvre... M'enfin.

Vous connaissez la rengaine, je vous aime très fort, mail, review, tout ça :)

xoxo, 'Win