GENRE : Angst - full of angst, sérieux - ; Hm... Hurt - Comfort ; Romance ; Action, etc...

PARING : Drarry, Romione, Luna/Blaise ( Laise ? Bluna ? ) et... C'est tout.

RATING : M, pour la douleur, les grossièretées, etc.

BÊTA : M. a corrigé ce chapitre, merci beaucoup !

NOTE : • Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, je ne suis pas anglaise et je ne suis pas blonde, je ne suis pas JK. Mais tout le reste est à moi, les personnages originaux, l'histoire avec Merlin et Morgana... Enfin, vous verrez bien.

Bonne lecture ~ !


- NOUVEAU CYCLEPARTIE 5 -

- Bonjour Draco.

L'Éternel cligna des yeux et releva la tête de ses parchemins, une main dans ses cheveux totalement décoiffés. Ses yeux piquaient, étaient gonflés, il n'avait pas dormi de la nuit et n'en pouvait plus. Il n'en voyait toujours pas le bout. Face à lui, une Hermione au visage soucieux, une tasse fumante dans les mains. Draco renifla, intéressé, et il sentit son visage se dérider.

- C'est du café ? Supplia-t-il d'une voix brisée.

La jeune Gyrffondor sourit doucement et posa le mug plein du divin liquide noir juste face à lui. Draco poussa un petit gémissement de plaisir en attrapant la tasse pour plonger le nez dedans, inspirant profondément.

- Par la Sainte-Mère... Murmura-t-il avec un grand soulagement.

Ses nerfs le lâchaient depuis un peu plus d'une dizaine de jours. Il avait commencé à faire le rituel pour entrer dans la tête de Lucius deux fois par semaine ; Voldemort avait recommencé à jouer avec des villages de Moldus et avaient mit les bouchées doubles - il voulait défaire le Royaume-Uni Moldu et comptait arracher la couronne de la Reine sur son corps fumant. Mais il voulait d'abord rendre les campagnes folles de peur avant de s'attaquer aux grandes villes, puis entrer en force aux 10 Downing Street et mettre à feu et à sang Buckingham Palace.

Et Draco se perdait un peu plus dans la noirceur poisseuse et malade de l'esprit torturé de son paternel génétique. Et la traduction du journal ? Ah. Draco avait traduit l'équivalent du tome un à trois de l'encyclopédie des potions à travers les âges - autant dire qu'il allait s'user le poignet beaucoup trop rapidement. Et bien entendu, il n'avait toujours pas vu la moindre trace de leur malédiction.

- Blaise nous a dit que tu n'avais pas dormi dans votre chambre cette nuit, déclara Hermione en s'asseyant doucement face à lui.

Depuis qu'il leur avait fait un peu peur en disparaissant, les adultes avaient peut-être toujours une certaine réticence, voire même une répulsion, à les voir tourner autour de l'Ordre du Phoenix ; mais les plus jeunes gens, ainsi que les parents Weasley, leur avaient enfin accordé une confiance minimum et ils les appelaient tous par leur prénom.

Sauf la Belette femelle qui les détestait plus que tout - et Harry... Qui continuait de l'appeler Malfoy, envers et contre tout.

Draco se frotta les yeux en sirotant son café.

- Je n'ai pas dormi du tout en fait.

La jeune femme fronça les sourcils et croisa les mains devant elle, l'air grave.

- Draco, il faut que tu te reposes, gronda-t-elle gentiment.

L'Éternel esquissa un sourire et se passa une main sur le visage.

- Hm... Mouais. Il faut que... que je continue ça, soupira-t-il en montrant les parchemins étalés face à lui.

Il avait commencé à tout traduire en prenant bien soin d'oublier les sorts et autres rituels les plus immondes, mais maintenant, il était submergé par tous les sorts différents qu'il y avait. Des sorts puissants, comme des sorts oubliés pour tenir une maison, changer la couleur ou agrandir un tissu, tout un tas de choses. Plus rien n'avait de logique dans tout cela, et sa tête commençait à exploser.

- Est-ce que... est-ce que je peux t'aider d'une certaine manière ? S'enquit la jeune femme en observant toutes les feuilles autour d'eux d'un air soucieux.

Draco ouvrit la bouche, prêt à lui dire qu'elle ne pouvait pas l'aider à traduire le journal, puis serra les lèvres.

- Eh bien... Tu adores les bibliothèques, est-ce que tu crois que tu pourrais arranger les rituels et sorts que j'ai déjà traduits ? Demanda-t-il.

Elle hocha vivement la tête et commença à rassembler tous les parchemins.

- Est-ce que tu veux que je les range d'une certaine manière ? Les sorts d'un côté, les rituels de l'autre par exemple ?

Le Serpentard haussa les épaules et avala une nouvelle gorgée de café, sentant tout son corps se défroisser avec plaisir.

- Je... Je ne crois pas que ce soit quelque chose d'intelligent à faire. J'avais pensé à les ranger Sorts passablement blanc et Sorts totalement noir et pourris... Sachant que je n'ai pas traduit les sorts les plus immondes...

Hermione hocha la tête en regardant un parchemin.

- Mais là encore, ce n'est pas le rangement le plus adéquat.

- Je vais les lire et les ranger, ne t'en fait pas. J'ai une grande expérience dans la classification de bibliothèque, je vais trouver quelque chose.

Draco esquissa un sourire et termina son café.

- Merci, Hermione, soupira-t-il d'aise.

Elle sourit.

- Mais de rien.

.

Ils restèrent presque deux heures ensembles, Draco penché sur sa traduction, et Hermione classant ses parchemins les uns après les autres en quatre piles. L'Éternel n'avait aucune idée de comment elle s'organisait, mais elle était si concentrée et semblait assez contente d'elle, alors Draco ne dit rien et la laissa faire.

Alors que Draco terminait de traduire des expérimentations pour trouver l'immortalité, prenant en compte le sacrifice de trois nouveaux-nés lors d'une pleine lune de printemps, la porte de la bibliothèque s'ouvrit et Harry entra dans la pièce. Il les aperçut et les rejoignit, les mains dans les poches.

- Hey, les salua-t-il en trouvant une chaise pour s'asseoir à côté en bout de table, Draco à sa gauche et Hermione à sa droite.

La jeune femme s'étira et sourit au jeune homme.

- Coucou 'Ry.

Draco se frotta le visage et hocha la tête.

- 'lut...

Harry l'observa un instant en plissant des yeux.

- Est-ce que tout va bien ? Vous êtes là depuis quand ? S'inquiéta-t-il.

Hermione lança un rapide tempus alors que Draco repoussait ses parchemins pour se laisser tomber sur la table, la tête dans ses bras.

- Eh bien, je suis là depuis deux heures trente. Draco, lui, n'a pas quitté la pièce depuis la fin du dîner... Hier soir, clama-t-elle d'une voix froide.

Draco releva la tête un instant pour la voir le juger du regard, alors que Harry le fixait d'un air surpris. L'Éternel soupira et se réinstalla dans le creux de son coude en grognant, éreinté. Il sourit en entendant Harry rire discrètement.

- Mais qu'est-ce que vous faites, en fait ? S'enquit le Survivant en s'installant plutôt bien sur sa chaise.

- Ça, c'est toutes les traductions du journal de... Comment s'appelle-t-il déjà ? Commença la Gryffondor.

- Barriard, élève de Morgana, marmonna Draco contre ses bras.

- Oui, voilà. Là, on a les rituels sur lesquels il serait intéressant de se pencher pour la défense ; là, les rituels d'attaque et là les rituels qui n'ont aucun intérêt direct dans la guerre. Là, les sorts qui pourront nous servir sur le terrain, ceux de défense, là il y a ceux qui pourraient servir à l'infirmerie. Et là, les inutiles pour le moment. Mais je pense qu'on va leur trouver une utilisation, expliqua Hermione d'une voix docte.

Draco se redressa et se frotta les yeux en jetant un coup d'œil aux sept piles de parchemins ainsi que celle qui était toujours devant elle. C'est plutôt une bonne idée, pensa-t-il en hochant la tête. Harry se pencha en avant pour prendre un parchemin sur la liste des rituels inutiles et fronça les sourcils.

- Je ne comprends pas la moitié des mots, marmonna-t-il.

Draco soupira et prit le parchemin pour y jeter un coup d'œil.

- Hm. C'est un rituel d'exorcisme, répondit-il.

Harry le regarda.

- Comment ça ?

Draco se redressa en se frottant la nuque, le parchemin devant lui.

- Il n'y a pas qu'une sorte de fantômes, il y en a beaucoup plus que ceux qu'i Poudlard. Les fantômes dit classiques, ceux qui ont refusé de partir parce qu'ils n'avaient pas "terminé" quelque chose sur terre, ceux de Poudlard par exemple. Les apparitions, quand un mort n'a pas conscience d'être mort ; qui sont souvent confondus avec les réminiscences - c'est quand les sentiments d'une personne sont si forts que la magie imprègne des lieux ou un objet -. Il y a aussi les esprits frappeurs, les poltergeists... Les esprits vengeurs bien sûr, quand une âme refuse de partir et s'accroche à un endroit ou à un objet, voire même une personne ; il y a aussi les dames blanches, les feux-follets, les possessions, les-... oh...

Hermione releva la tête du parchemin qu'elle était en train de lire et fronça doucement les sourcils vers Draco tandis qu'Harry le fixait aussi.

- Qu'est-ce qu'il y a ? S'enquit la jeune femme.

Draco, la bouche entrouverte, fixait le parchemin dans ses mains.

- Potter, t'es un foutus chanceux, ricana-t-il.

- Euh... Merci ? Marmonna Harry en haussant un sourcil.

- Non, non. Vous ne comprenez pas.

Il étala le parchemin sur la table et montra les différentes runes.

- Ce rituel s'emploie pour libérer et forcer l'esprit enfermé, bloqué sur terre, à passer dans l'au-delà.

Il regarda les deux Gryffondors.

- L'esprit... Ou l'âme, clarifia-t-il.

Hermione écarquilla les yeux et attrapa le parchemin pour le lire furieusement. Harry plissa des yeux en les regardant et Draco lui fit un petit sourire supérieur.

- Et alors ? S'étonna Harry.

- L'âme... Ou des bouts d'âme, s'amusa Draco en levant les yeux au ciel. Les Horcruxes.

Harry haussa les sourcils et chercha à voir lui aussi le document.

- Mais... Enfin, on peut détruire les Horcruxes avec un sort, non ?

- Bien entendu, sûrement. Mais ça détruirait les objets et Voldemort pourrait le sentir. Alors qu'exorciser son âme, il ne le réalisera même pas.

Harry réfléchit un instant et s'humidifia les lèvres en bougeant sur son siège.

- En effet, ce serait bien de ne pas détruire les objets...

Draco l'observa et plissa des yeux.

- Tu sais quels objets il a utilisé, déclara-t-il plus qu'il ne demanda.

Hermione releva la tête, surprise, alors qu'Harry grimaçait rapidement. Et contrairement à avant, il n'hésita qu'un instant avant de parler.

- Dumbledore pense qu'il a fait six Horcruxes différents, pour avoir sept morceaux d'âmes dispersés.

Draco hocha la tête. Il pensait bien que c'était le cas. Harry se frotta le menton.

- Il pense aussi que, au vu de la manière donc il a presque toujours été... obsédé par le pouvoir et par tout ce qui touche Poudlard, les objets qu'il a utilisés sont sûrement des possessions des quatre Fondateurs.

Draco plissa des yeux en observant Harry, surpris.

- Tu crois ?

Harry hocha la tête en grimaçant vers lui.

- Deux ont été détruits, son journal de l'époque où il a ouvert la Chambre des Secrets pour la première fois...

L'Éternel humidifia les lèvres en réfléchissant, souriant doucement.

- À l'époque où tu as cru que j'étais l'héritier de Serpentard.

Harry et Hermione se lancèrent un regard et la jeune femme haussa les épaules, l'air gêné.

- Tu n'as pas le droit de nous en vouloir d'y avoir pensé...

- Oh non, je ne vous en veux pas. Après tout, il faut dire que faire du polynectar à douze ans, c'est plutôt impressionnant, c'est pour ça que je n'ai rien dit.

Hermione hoqueta et Harry écarquilla les yeux. Draco ricana doucement en les regardant tour à tour.

- Vous devriez voir vos têtes... se moqua-t-il gentiment.

Il ne fallait pas lui en vouloir de ne plus pouvoir jouer son rôle, il était un peu trop fatigué pour ça. Émotionnellement et physiquement. Ça commençait à lui peser de maintenir son masque alors que Luna était si proche de lui, que Ron était calme à ses côtés et qu'Hermione cherchait son contact tandis que Harry lui tournait autour, plus curieux que suspicieux.

- Mais comment tu...

- Crabbe et Goyle ne sont pas les idiots qu'ils laissent croire à tous, et perdent toujours leur air benêt quand ils rentrent dans la salle commune.

Il haussa les épaules.

- Mais vous ne pouviez pas le savoir.

- Enfin, quand même. Tu aurais pu nous dénoncer.

Draco inspira un peu avant de soupirer.

- J'aurais pu, c'est vrai. Mais à quoi bon ? Je cherchais aussi à savoir qui avait pu ouvrir la Chambre, et même si tu es fourchelang, tu n'aurais jamais lâché un Basilic sur l'école. Pas avec les enfants.

À l'époque, quand ils avaient tous les quatre créé leur Chambre et que Salazar avait adopté ce bébé Basilic encore inoffensif, les trois autres avaient voulu s'en débarrasser, le relâcher dans la nature. Un serpent pareil allait devenir dangereux au bout d'une centaine d'années. Mais Salazar n'avait rien voulu laisser passer, il leur avait promis que sa petite Sally restera à jamais dans sa chambre, fermée grâce au fourchelang qu'il était un des seuls dans le monde à parler à l'époque.

Draco fronça les sourcils.

- Attendez deux secondes... Il est l'héritier de Serpentard ?

Harry hocha la tête et Draco se frotta le front, se retenant de gronder.

Salazar n'avait jamais eu d'enfants. Il n'avait même jamais été marié, il aimait les enfants, mais ne voulait pas être père. C'était ses propres enfants, ceux de Godric, qui avaient hérité de ses possessions, celles de Rowena par mariage, et celles de Salazar par héritage puisqu'il était "l'Oncle Sal". Godric et Salazar avaient eu des différents, certes ; au point où ils s'étaient entre-tués... Mais Salazar était un conservateur, il voulait que les enfants de moldus abandonnent leurs croyances pour se plier à celles de leur nouveau monde. Avec le temps, cette rumeur s'était déformée, jusqu'à donner à Salazar Serpentard ce côté fanatique et étriqué, meurtrier - et c'était les rumeurs de Voldemort qui avaient aggravé le tout.

Draco secoua la tête.

- Il n'est pas le descendant de Salazar, avoua-t-il enfin.

Harry haussa un sourcil et ricana.

- Qu'est-ce que tu en sais ?

- Oh, j'en sais plus que tu ne le crois. Salazar Serpentard n'a jamais eu d'enfants.

Il se leva sous le regard surpris d'Harry et d'Hermione.

- Venez, on va en parler à Dumbledore et je vais vous montrer quelque chose.

.*.

Draco se redressa et resserra sa cravate autour de son cou sans dire un mot. Il jeta rapidement un regard à Harry, Hermione, Weasley, Luna et Blaise qui ne ressemblaient plus à eux-mêmes grâce à ses bons soins et qui étaient juste à ses côtés. D'ailleurs, malgré ses recommandations, ces derniers semblaient tous mal à l'aise ; même Blaise qui pourtant avait l'habitude de montrer celui qu'il n'était pas, celui qui avait le plus l'habitude de porter un masque, était aussi mal à l'aise que les Gryffondor si propres sur eux.

- Décoincez-vous, siffla-t-il d'une voix bien plus grave qu'habituellement.

Après tout, ce sort changeait totalement le physique, et les cordes vocales étaient comprises dans le lot.

Ils pénétrèrent tous les six dans la banque et personnes ne fit attention à eux.

- Malfoy... Je ne crois vraiment pas que ce soit une bonne idée... Je ne vois pas ce qu'on fait là... Grinça des dents Harry alors qu'ils faisaient la queue pour attendre leur tour.

Draco leva les yeux au ciel en soupirant.

- Il a raison, chuchota furieusement Hermione en hochant vivement la tête. Qu'importe ce que tu crois qu'on va pouvoir trouver ici, la sécurité des coffres des Gobelins est la meilleure, ils ne vont jamais tomber dans le panneau, ils vont voir au travers du sort !

Draco ne leur avait rien expliqué. Quand ils étaient allés voir Dumbledore, ce dernier leur avait expliqué qu'en effet, il pensait sincèrement que les horcruxes de Tom Jedusor étaient d'anciennes possessions des fondateurs. Alors Draco l'avait prit en aparté et lui avait dit qu'il fallait à tout prix qu'il aille à Gringotts. Seulement, Harry et Hermione l'avaient entendu et avaient voulu venir. Pour l'aider et le protéger au cas où. Blaise, les voyant se préparer, avait refusé de laisser Draco sortir, pour éviter de se sentir comme la dernière fois – et au point où ils en étaient, Draco avait dit à Ron de venir aussi. Luna les attendait patiemment dans le couloir et... Et ils en étaient là.

Ils s'avancèrent et Draco se tourna vers elle avec un sourire mystérieux.

- Je n'ai jamais dit qu'on allait leur mentir.

Les cinq autres ouvrirent de grands yeux.

- Mais tu n'y penses pas, Malfoy ! Commença à s'énerver Weasley.

- Dray, tu es devenu complètement fou ?! Venir ici pour demander à avoir accès à un coffre qui n'est pas le nôtre, c'est du suicide ! Ils vont contacter le Ministère, le Seigneur des Ténèbres sera au courant et on sera tous pendu haut et court ! Surenchérit Blaise, un peu pâle.

- Cessez un peu d'être aussi théâtrale, voulez-vous ? Je ne suis pas idiot, vous me connaissez mieux que cela.

Il se détourna pour s'avancer et se défit d'un coup léger d'épaule de la poigne d'Hermione, qui voulait l'empêcher de s'approcher du comptoir.

- Malfoy, non ! Chuchota-t-elle furieusement.

Mais Draco ne l'écouta pas. Devant lui, un gobelin penché sur un parchemin grogna.

- Nom et clé du coffre, s'il vous plaît, marmonna-t-il par habitude et visiblement par ennui.

L'Âme Éternelle eut un sourire.

- Maître Gobelin, déclara-t-il en Gobelbabil, faisant hoqueter les gens derrière lui.

Les oreilles du gobelin tressautèrent, seul signe de sa surprise, et il se redressa. Il jugea du regard le sorcier qui se trouvait face à lui et Draco eu un sourire en laissant s'échapper une légère vague de sa magie. Un éclair de compréhension traversa ses prunelles et le gobelin hocha la tête.

- Que l'or aille à ceux qui l'honorent, s'inclina Draco, toujours en Gobelbabil.

- Et que l'honneur touche ceux qui savent le respecter, répondit le Gobelin en s'inclinant à son tour. Seigneur Lucian, c'est un plaisir de vous revoir, bien qu'il me semblât vous avoir déjà revu dans cette vie.

- En effet, mais nous avions besoin de venir incognito, voyez-vous.

- Je vois tout à fait.

Le regard du Gobelin passa sur les autres derrière Draco. Ce dernier leur jeta aussi un coup d'œil.

- Ils sont avec moi. À vrai dire... - Il se racla la gorge. - Trois d'entre eux...

Il ne termina pas sa phrase, il n'en avait pas besoin, le Gobelin avait compris.

Ce dernier hocha la tête en reposant son regard sur lui.

- Je fais venir le directeur Ragnork tout de suite, déclara le Gobelin

- Je vous en remercie, Maitre Gobelin.

Il hocha la tête et pointa sa main griffue pour leur faire signe d'attendre sur le côté. Ils s'inclinèrent une dernière fois et Draco se détourna pour laisser la file d'attente avancer. Il ravala un sourire arrogant sous les regards estomaqués que lui lançaient ceux qui l'avaient accompagné.

- Tu... tu parles le Gobelbabil ? S'étonna Hermione en n'osant cligner des yeux, son regard planté sur lui.

Draco glissa ses mains dans ses poches et haussa les épaules l'air de dire " Hm... moui, pas une grosse affaire. "

Ils ne purent lui demander plus d'informations ou d'explications puisqu'ils n'eurent pas longtemps à attendre. À peine quelques minutes en fait, puisque quelles que soient les générations, les directeurs de la banque mettaient toujours un point d'honneur à accueillir eux-mêmes les Damnés quand ils se présentaient à la banque.

Ainsi arriva par de grandes portes latérales un gobelin tout comme les autres, si ce n'était l'écusson de Gringott brodé sur son cœur. Le directeur les observa et Draco lâcha de nouveau une légère vague de sa magie. Il se rapprocha et Ragnork se planta devant lui. Il plaqua son poing fermé sur son cœur et s'inclina, signe de respect pour les guerriers méritant chez les Gobelins. Draco lui retourna son geste en s'inclinant lui aussi.

- Directeur Ragnork, salua-t-il en anglais cette fois-ci.

- Seigneur, répondit le Gobelin en se redressant.

Draco désigna les cinq autres d'un geste de la main.

- Ils sont avec moi, déclara-t-il simplement.

Le Directeur les observa tour à tour avant de hocher la tête et de se retourner en leur disant de le suivre.

Quand ils passèrent les grandes portes et alors qu'ils commençaient à s'enfoncer dans les sous-sols de la banque, Harry l'attrapa par le bras pour l'arrêté.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire, Malfoy ? Comment tu as fait pour nous faire entrer dans cette banque ?

Draco inspira puis soupira doucement.

- Ne nous laissons pas distancer, déclara-t-il en se défaisant doucement de sa poigne.

Et en effet, Ragnork ne les attendait pas et continuait de marcher. Draco accéléra la cadence, mais Hermione surenchérit, sans l'obliger à s'arrêter heureusement.

- Malfoy, c'est très sérieux ! Chuchota-t-elle en jetant un regard au directeur de la banque. S'il réalise que nous ne sommes pas qui nous prétendons être...

- Granger, respire un grand coup, sourit un peu Draco.

- Mais Malfoy ! Vitupéra Weasley.

- Quelque chose ne va pas ?

Le groupe, y comprit Draco, sursauta en se retournant vers le Directeur Ragnork qui avait fait demi-tour et qui les observait l'un après l'autre.

- Tout va bien, Directeur Ragnork, acquiesça Draco avec un maigre sourire.

Mais l'Éternel leva tout de même les yeux au ciel alors que Weasley rougissait, qu'Hermione se dandinait sur place et que Harry était trop crispé pour être naturel. Blaise et Luna quant à eux, jouaient hors compétition. Ils n'avaient aucune crédibilité, sérieusement... Cela sembla d'ailleurs être aussi de l'idée du Directeur puisqu'il agita la main, faisant tomber les sorts qui les dissimulaient. Hermione couina, Weasley sembla être sur le point de s'évanouir, Blaise et Harry pâlirent, et Luna sourit en caressant ses cheveux, visiblement contente de retrouver sa blondeur. Draco fit mine de s'étirer.

- Personne ne risque de vous voir ici, c'est bien mieux ainsi, monsieur Malfoy, commenta le Directeur en se détournant.

Draco le suivit et soupira en les voyants distancés les cinq autres. S'ils ne voulaient les suivre, tant pis pour eux.

Alors que le directeur et lui s'engageaient dans un large escalier qui descendait dans une sorte de cheminée de pierre s'enfonçant dans les entrailles de la terre, Draco sourit en entendant derrière eux le bruit que le groupe faisait pour les rattraper.

- OK Malfoy, où est-ce qu'on va exactement ? S'enquit Harry en jetant un drôle de regard au directeur. Pourquoi est-ce que l'on ne prend pas le chemin de fer, comme d'habitude ?

Hermione l'observait.

- On ne va pas au coffre Malfoy, n'est-ce pas ?

Draco secoua la tête en les regardant puis jeta un regard au gobelin. Ce dernier le fixait aussi.

- Vous faites ce que vous voulez, c'est votre coffre après tout, commenta-t-il de sa voix rocailleuse.

L'Éternel hocha la tête et continua de descendre, tout en se tournant vers ses anciens amis et son plus récent.

- En effet, on ne va pas au coffre Malfoy. Et si Potter, on va prendre le chemin de fer, mais bien plus tard. Pour l'instant, il faut que l'on s'enfonce encore plus dans la banque.

- Pourquoi ? Demanda Blaise en observant son ami d'un regard perdu.

- Pour accéder aux coffres les plus anciens, expliqua Draco.

Il inspira doucement en réfléchissant rapidement.

- Si aujourd'hui, les protections de la Banque sont un savant mélange de clés uniques et de sorts de sang, ce n'était pas le cas avant. Les plus anciens coffres... Eh bien, à l'époque, ce n'était pas les sorciers qui venaient déposer leur fortune, c'était les Gobelins qui venaient eux-mêmes trouver les sorciers qu'ils considéraient comme les plus méritants pour leur proposer qu'ils gardent leur fortune. À l'époque, c'était un honneur plus qu'une habitude que de faire des affaires avec les Gobelins.

- À l'époque, les sorciers connaissaient la définition du mot respect et savaient reconnaître notre valeur, pesta le Gobelins en fusillant les sorciers du regard. Heureusement, certains se souviennent encore de certaines valeurs, commenta-t-il en observant Draco avec un sourire mesquin.

Ce dernier inclina la tête en ricanant.

- Ainsi donc, les premiers coffres fonctionnaient bien différemment. À l'époque, c'était le royaume exclusif des Gobelins, c'était leur domaine bien à eux, pas comme aujourd'hui où les sorciers ont mis leur grain de sel pour trouver un terrain d'entente. Alors, comme les protections Gobelinnes de l'époque, la protection des coffres était basée sur les signatures magiques.

Weasley, Harry et Hermione froncèrent les sourcils puis la jeune femme entrouvrit la bouche.

- Oh... souffla-t-elle.

- Et en quoi est-ce une différence importante ? S'enquit Harry se grattant la joue.

- Parce que les signatures magiques sont uniques ! S'exclama la jeune femme en hochant la tête. C'est brillant... Si intelligent !

- Merci, mademoiselle, ricana le Gobelins.

La jeune Gryffondor rougit.

- Sauf qu'il se trouve que c'est en effet une parfaite protection pour empêcher quiconque à qui n'appartient pas le coffre d'entrer, continua Draco avec un sourire. Et au vu de la longévité des Gobelins, c'est une bonne idée. Sauf pour les sorciers, sur le cours terme ça va encore, mais pas sur le long terme. Imaginez, pour que le conjoint puisse pénétrer le coffre, il fallait que le propriétaire originel soit présent, ainsi qu'un gobelin pour pouvoir lier leur magie et que le conjoint soit reconnu comme second propriétaire. Il en était de même pour l'enfant par exemple. Il fallait que les deux parents soient présents pour pouvoir faire le rituel, qui permettra à l'enfant plus tard d'avoir accès au coffre. Sauf qu'il suffisait que l'un des deux parents ne meurt avant de pouvoir faire ce rituel, et sans le dernier parent, l'enfant ne pouvait avoir accès à rien.

Il haussa les épaules.

- Au final, nombre de fortune reposent dans les sous-sols de la banque. Non pas parce qu'il n'y avait pas d'héritier, mais tout simplement parce qu'ils ne pouvaient pas y avoir accès.

Il les observa les uns après les autres alors qu'ils acquiesçaient, comprenant. Sauf que bien entendu, la seule qui était restée silencieuse jusqu'alors ouvrit la bouche.

- Tant de beautés et de fortunes perdues, souffla Luna. Et nous, on va les détrousser, de parfaits petits cambrioleurs.

Hermione l'observa et ouvrit la bouche pour surenchérir ; mais ils venaient d'arriver aux chariots. Le Directeur de la Banque ouvrit la petite porte et les laissa entrer avant de s'installer tout devant. Ils étaient très serrés, mais personne ne dit rien, surtout pas Draco qui se retrouvait pressé entre la paroi du wagonnet et le corps de Harry. Par la Sainte-Mère, que c'était agréable... Même les sursauts et les cahots désordonnés du train n'arrivaient pas à calmer les tambours de son cœur. Il était totalement foutu, comme avant. Rien n'avait changé. Par la Sainte mère et tous ses relatifs...

Quand ils descendirent du train, Harry et tous les autres étaient verts et légèrement nauséeux, Draco, quant à lui, se sentait rougissant. Mais qu'importe.

- Luna a raison, marmonna Hermione en inspirant doucement, reprenant rapidement des couleurs.

Elle se tourna vers Draco.

- Même s'il y a beaucoup de grands trésors en sous-sols, c'est...

Elle se tut en regardant autour d'elle. Ils étaient dans les profondeurs de la terre, bien en dessous des coffres habituels. Là où se trouvaient les tout premiers coffres. À l'époque, pour plus de sécurité, ces coffres se trouvaient sous les grottes qui servaient de ville au Gobelins. Aujourd'hui, cette ville était transformée en coffres ordinaires pour les sorciers. Autour d'eux donc, sous cette voûte magnifiquement sculptée, s'étalait un dédale de lourdes et larges portes ornées de moulures, de bronzes, et même certaines de pierres précieuses. C'était sans aucun doute la plus belle partie de la banque.

- Wahou... Souffla quelqu'un, et comme c'était ce que pensait chacun d'entre eux, il n'était pas obligatoire de parfaitement l'identifier.

- N'est-ce pas.

Certaines portes menaient à ces coffres fermés aux richesses perdues à jamais, et d'autres aux longues et grandes familles de Gobelins, qu'ils utilisaient toujours. Après tout, eux aussi avaient des héritages à protégés et conservés. Ils commencèrent à avancer, suivant toujours le Directeur de la Banque, qui allait vite malgré sa petite taille.

- Luna a parfaitement raison, en effet. Il y a nombre de trésors en ces lieux. Mais, et je suis désolé de te contredire Granger, tu as tort, déclara ensuite Draco, sa voix claquant contre les parois.

La Gryffondor fronça les sourcils en se tournant vers lui.

- Comment ça ?

Draco dodelina de la tête et les regarda tour à tour très sérieusement.

- Je vais vous révéler un des secrets les mieux gardés du monde sorciers, parce que trop peu de gens sont et ont été au courant.

L'Éternel rit doucement en voyant Hermione ouvrir de grands yeux en le fixant, son regard le suppliant de tout lui raconter. À ses côtés, Harry, Ron et Blaise portaient eu aussi grande attention à ce qu'il racontait, tandis que Luna glissait d'une porte de coffre à une autre, caressant du bout des doigts les magnifiques moulures des protections.

- Il est vrai que les signatures magiques sont uniques, commença Draco. Mais certaines... Quatre exactement, ne cessent de revenir au fil des ans, des générations.

Harry fronça les sourcils, Ron et Blaise ressemblèrent à des poissons hors de l'eau et Hermione couina.

- Comment ça ?

- Elles renaissent, Miss Granger, intervint le directeur alors qu'il s'arrêtait de marcher.

Draco lui jeta un regard et hocha la tête.

- Mais c'est ... C'est...

- Comme je l'ai dit, c'est le secret le mieux gardé du monde Sorcier. Personne n'a jamais rien dit, parce qu'on est sous la protection du peuple Gobelin et qu'on veut le rester. Parce que pour eux, la magie est étroitement liée à l'âme.

- Et si l'une revient, l'autre aussi, termina Ragnork en hochant la tête.

Les autres sorciers le regardèrent comme avec un œil nouveau.

- Tu es... Commença Hermione en fronçant les sourcils.

Draco hocha la tête.

- La première fois que je suis venu ici, j'avais sept ans. Tellement excité de venir enfin dans ce magnifique endroit, j'ai fait un acte de magie accidentelle. Les Gobelins m'ont contacté plus tard et m'ont amené ici.

Il haussa les épaules et montra l'énorme porte ronde sculptée dans du cuivre, agrémentée de pierres précieuses et d'une représentation de ce qu'avaient été leurs familiers lors de leur première vie : l'aigle Royal en topaze impériale, les deux Serpents jumeaux en aigue-marine pour l'un et en saphir pour l'autre, le Renard en rubis et le Loup de Jade.

- C'est mon coffre, déclara-t-il avec un petit sourire.

- Tu déconnes ?! S'exclama Ron en fixant l'énorme porte. Tu n'étais pas assez riche ?!

Le Serpentard sourit doucement et secoua la tête.

- C'est... C'est différent. J'ai bien emprunté de l'argent, mais c'est plus...

Il se tourna vers la porte.

- ... Une capsule temporelle.

- Vous êtes les gardiens de l'histoire, Seigneur Malfoy, déclara respectueusement le Directeur.

Draco retint une grimace.

- On peut dire ça comme ça, oui.

- Alors c'est de là d'où sort l'argent qui nous a permis de ne pas être à la rue cette année ? S'enquit doucement Blaise.

Draco le regarda et hocha la tête.

- J'évite de le faire habituellement. C'est trop... Trop précieux pour que je me permette de lapider l'argent qui se trouve dedans, c'est... C'est l'Héritage de la communauté sorcière dans sa totalité qui se trouve là-dedans, la véracité de l'histoire préservée par les contemporains, mais j'en suis pour l'instant le gardien. Mais il fallait faire vite, puisque pour le moment, je ne peux plus accéder au coffre Malfoy.

Il eut un sourire mesquin.

- Mais je n'ai qu'à attendre que Lucius et sa chère femme succombent durant la guerre et je pourrais rembourser les futurs gardiens.

Techniquement, il ne disait pas qu'il était toujours la même personne qui passait les années et qui collectionnait les régénérations comme des timbres, tout comme Hermione, Lune et Harry le faisaient. Alors la malédiction n'agissait pas. C'était une demi-vérité qui avait fonctionné des centaines d'années plus tôt : Hermione était venue le chercher pour qu'il l'aide à trouver un sort bien précis dans la bibliothèque du coffre et avait inventé cette histoire qui avait fonctionné pour lui, alors il la réutilisait.

- Alors ça, pour un secret... murmura Hermione en fixant la porte, la bouche entrouverte.

Draco sourit et se tourna vers le coffre. Le Directeur de la banque s'inclina pour le laisser passer et le Serpentard s'approcha. Les gravures en pierres précieuses représentaient leur familiers joueaient ensemble, formant une ronde où ils se chassaient l'un l'autre tout autour d'une bouche sombre. Draco releva sa manche gauche et y glissa son avant-bras, le poing serré. Il concentra un peu de sa magie dans ses doigts pressés les uns contre les autres, puis desserra le poing la paume vers le ciel. Il pressa l'intérieur de sa paume contre la paroi pour se l'ouvrir, puis fit pivoter sa main vers le sol, faisant tomber quelques gouttes de son sang chargé en magie tombant sur la pierre de pouvoir qui sécurisait la fermeture du coffre.

La porte fut parcourue par un frisson magique, une vague dorée chargée de sa puissance recouvrit toute la porte avant de se concentrer et pénétrer la représentation de son ancien familier, l'Aigle Royal. Ce dernier s'anima doucement et agita ses ailes en poussant un cri silencieux avant de parcourir la porte. Draco s'éloigna pour observer l'Aigle caresser de ses ailes les autres familiers les uns après les autres, qui s'animèrent à leur tour. Une fois qu'ils furent tous animés, ils s'éloignèrent de l'ouverture où Draco avait glissé son bras et une fois qu'ils furent tous pressés contre les parois de cette porte ronde, cette dernière grinça et des traits de lumière découpèrent la porte de telle sorte que de larges griffes de pierres se rétractèrent pour laisser le coffre s'ouvrir comme une fleur de pierre.

Dès que le bruit de tonnerre se calma, le couloir des coffres les plus vieux se trouva plongé dans un silence glacial, jusqu'à ce que le plus jeune Weasley lâche un " Whaou... " à peine soufflé mais perceptible dans ce silence de plomb.

Le Directeur de la banque se tourna vers Draco et s'inclina.

- Je vous attendrais ici.

- Si cela ne vous dérange pas, j'aurai plutôt besoin de vous à l'intérieur. Si vous avez quelques minutes à m'accorder, bien entendu, s'enquit Draco.

Ragnork acquiesça d'un signe sec de tête et pénétra le coffre. Draco allait le suivre, mais en faisant signe aux autres de lui emboîter le pas, la coupure qu'il s'était faite pour ouvrir le coffre lui rappela sa présence. Le Serpentard plissa des yeux et fixa sa paume comme si elle l'avait trahi.

- Hm...

Il releva un peu la tête quand Luna attrapa sa main. Elle sourit alors qu'elle le regardait dans les yeux et sa magie enveloppa sa main, le faisant frissonner. Sa coupure le piqua un instant. Quand il baissa de nouveau son regard vers sa paume, elle était nette, plus de coupure, même aucune trace de sang. Il eut un sourire un peu nostalgique. Si son don de guérison se réveillait maintenant... Bientôt, ils seraient deux.

.

Le cri de joie d'Hermione résonna sous les voûtes du coffre quand ils pénétrèrent ce dernier et Draco secoua la tête en souriant, amusé. Sa réaction n'était même pas étonnante, Terrence avait eu la même quand ils avaient pénétré pour la première fois dans le coffre de Merlin. Parce que c'était le cas, c'était le coffre ancestrale de l'enchanteur qui avait déjà à cette époque vécu plus longtemps que n'importe quel sorcier. Merlin les avait intégrés dans les protections de sang dès leur troisième année d'apprentissage sous ses ordres et avait lui-même façonné les gargouilles à l'effigie de leurs familiers qui gardaient la porte de son coffre qui était devenu le leur.

Il fallait dire que le coffre était impressionnant. Il était gigantesque, peut-être aussi grand que la grande salle de Poudlard, peut-être même plus grand encore. Et il n'y avait pas que de l'or - certes, il y a en avait des masses - si aucune famille n'était trouvée lors de la mort d'une de leurs identités, les gobelins appliquaient les dernières volontés du testament puis s'il restait de l'argent, déposait tout entre ces murs. Quant à ceux qui se souvenaient, ils rassemblaient des grimoires, des artefacts et les entreposaient ici où les léguaient à leur descendance s'ils en avaient.

Hermione regardait tout autour d'elle, Ron était tout pâle en voyant toutes les richesses s'étaler devant lui et Harry et Blaise étaient abasourdit. Luna, elle, avait déjà trouvé l'endroit où étaient entreposés les vêtements et autres drapés tous plus riches les uns que les autres... Ainsi que les chapeaux, que la Serdaigle était en train d'essayer les uns après les autres en chantonnant.

Draco s'avança entre les basses étagères où plusieurs artefacts étaient entreposés jusqu'à se retrouver face à un épais grimoire. Hermione trottina jusqu'à côté de lui en trépignant d'impatience alors qu'elle apercevait les larges bibliothèques qui couvraient les murs.

- Cet endroit est... Il est...

Draco hocha la tête puis ouvrit le grimoire, commençant à fouiller entre les pages. Blaise observait les artefacts avec des yeux brillants et Ron restaient les bras ballants en plein milieu de la pièce.

- Ça me rend malade, toute cette richesse... Marmonna-t-il d'une petite voix.

L'Éternel grimaça un instant et se retourna vers lui.

- C'est peut-être à moi, mais... Enfin, je ne me vois pas...

Il regarda autour de lui. Bien sûr que tout était à eux et qu'ils pouvaient allègrement piocher dedans, mais... Enfin, il n'allait pas s'excuser auprès de Weasley parce que sa famille était pauvre, tout de même, si ?!

- Vois ça comme un musée, ça te paraîtra plus... Moins gargantuesque.

- Gartan... quoi ?

Draco roula discrètement des yeux en reportant son attention sur le grimoire tandis qu'Hermione expliquait à un Ronald perdu l'explication de cette référence littéraire moldue. Harry se rapprocha de lui.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- C'est une sorte de livre de comptes, déclara Draco en montrant le grimoire d'un signe de tête. Ça recense toutes les possessions présentes comme passées des propriétaires de ce coffre.

- Et à quoi ça va te servir ?

Draco le regarda en plissant des yeux.

- Normalement, tu as la même chose dans les comptes Black et Potter. Ce sont de vieilles familles, ils fonctionnent encore avec le recensement. Dis-toi qu'à chaque achat ou présent, une sorte de contrat magique est établit, une signature, un poinçon magique. Aujourd'hui, ça ne se fait que sur les grosses pièces ou les objets d'une extrême valeur comme un grimoire rare ou un artefact unique. Mais avant, ça se faisait pour tout, ainsi il n'y avait pas de vol - à quoi ça pouvait bien servir ?

Il tapota le grimoire.

- Grâce à ça, on a la liste complète de ce qui devrait être dans ce coffre, et son statut. Pour tout ce qui est offert, le contrat est passé au nouveau propriétaire et l'état de l'objet n'est pas mis à jour. Mais pour les autres...

Il jeta un coup d'œil au Directeur de Gringotts et hocha la tête.

- Il est possible de récupérer ce qui a été sortit de ce coffre et égaré ou volé grâce à l'aide du Directeur Ragnork ici présent.

Harry hocha la tête puis fronça les sourcils en observant Draco.

- Attend... En fait, tu ne nous as pas amenés ici pour trouver quelque chose qui nous aiderait pendant la guerre, n'est-ce pas ? Devina-t-il.

L'Éternel eut un rapide sourire.

- Oh si, justement. Ça va nous servir à gagner... à tuer Voldemort.

Il reporta son attention sur le Grimoire alors que le Gryffondor prenait une petite inspiration.

- Tu crois... Tu crois qu'il y a un Horcruxe dans ce coffre, déclara-t-il plus qu'il ne questionna.

- Je suis sûr qu'il n'y en a pas. Aucun des propriétaires précédent n'aurait permit de mettre un tel objet à côté d'autres, bien plus précieux et fragiles. On l'aurait senti de toute manière. Non, je suis pratiquement sûr qu'ils ont été volés à une époque et que Voldemort est tombé dessus après de nombreuses recherches et- Aha !

Harry se pencha contre lui pour lire là où Draco avait son doigt.

- Tu te fous de moi ! S'écria-t-il d'une voix forte et outrée.

L'Éternel ricana alors que les autres se rapprochaient, intrigués par le cri du Gryffondor. Sous le doigt de Draco, une ligne bien spéciale.

« - Lapsit Exillis / Graal / - Helga Poufsouffle -

Coupe Or 24 carats - Sertie de citrine, chrysoberyl et quartz

753 - sortie coffre 767 - (...) Hepzibah Smith ; ? : Perdue »

- Harry ? S'inquiéta Hermione en fronçant les sourcils.

Ce dernier pointa du doigt un Draco tout sourire qui arborait un air supérieur, la bouche entrouverte et les yeux grands ouverts.

- C'est le putain de coffre des fondateurs ! Couina-t-il à moitié.

Le Directeur de Gringotts ricana tout comme Draco alors que les sorciers - sauf Luna - avaient chacun une réaction un peu disproportionnée.

- Oh, pitié Potty, reprends-toi, s'amusa Draco.

Il se tourna vers le Gobelin.

- Directeur Ragnork, est-il possible de faire un rappel de tout objet hors du coffre, je vous pris ?

Le gobelin hocha la tête.

- Cela prendra une bonne demi-heure, Seigneur Malfoy.

Le Serpentard hocha la tête et regarda de nouveau le grimoire.

- Très bien, on va attendre ici.

Le Gobelin hocha de nouveau la tête puis, après un mouvement de tête vers les sorciers un peu choqués, il se dirigea vers l'entrée, où les sécurités du coffre se trouvaient et allaient lui permettre de ramener tout objet disparu des voûtes. Draco tourna quelques pages puis tapota le grimoire.

- Tiens, regarde, apostropha Draco.

Harry cligna des yeux puis se pencha sur le grimoire, là où Draco montrait un certain paragraphe.

- Oh...

C'était la liste des différentes vies qu'ils avaient eues ; à chaque nouveau cycle, celui ou celle qui se réveillait identifiait les autres et venaient ici pour noter les noms ainsi que celui des enfants, s'assurant que certains objets termineraient dans ce coffre, mais que la majorité garde les enfants hors du besoin.

À la ligne de Salazar Serpentard, pas de descendance.

- Peut-être qu'il a fait un enfant hors-mariage... ?

Draco secoua doucement la tête et le regarda.

- C'était un solitaire. Il a bien eu quelques amantes, mais jamais d'enfants. Godric pensait qu'il était stérile, ça a été un de leurs nombreux sujets de dispute - Salazar ne voulait pas d'enfant, mais je pense... Godric pensait que c'était peut-être une façade pour se justifier.

Le Serpentard grimaça.

- Dans le monde sorcier, ne pas avoir d'enfant contribue à l'appauvrissement et à la perte de notre société. Ça s'est arrangé avec le temps, mais à l'époque, ce n'était pas très bien vu.

- C'est le coffre des fondateurs...

Draco et Harry se retournèrent sous le murmure passionné que venait de souffler Hermione. L'Éternel sourit doucement en la voyant regarder autour d'elle, tremblante - et mise à part Luna, Blaise et Ron étaient dans le même état. Draco fit un mouvement de tête en montrant autour de lui.

- Pas seulement, mais oui. Vous pouvez aller fouiller, si vous voulez.

Le regard d'Hermione ressemblait à celui d'un drogué en manque et elle fut la première partie à l'assaut des bibliothèques. Blaise hésita un peu plus, mais s'enfonça dans le coffre vers les objets et Ron se détourna lui aussi, disparaissant comme les autres.

Luna venait de trouver les chaussures.

- Comment tu sais tout ça ?

Draco reporta son attention sur Harry et loucha un instant. C'était que le Gryffondor était vraiment très près de lui... Son eau de Cologne lui caressa les narines et il cligna lentement des paupières.

- De quoi ? Répéta-t-il très intelligemment.

Harry sourit un peu narquoisement en le regardant.

- Comment tu sais tout ça, sur les fondateurs.

Draco haussa un sourcil et montra le coffre d'un geste nonchalant de la main.

- Qu'est-ce que tu crois ?

Il lui offrit un sourire complice.

- Le journal de Godric est quelque part dans les rayonnages, s'amusa-t-il.

Harry regarda autour de lui, jaugeant du regard tout ce qu'il y avait autour de lui avec un nouvel œil.

- Alors... Tu es là... quoi ? Réincarnation de Salazar Serpentard ? S'enquit-il en le regardant, mi-amusé, mi-sérieux.

Draco leva les yeux au ciel et secoua la tête en soupirant.

- Non, du tout.

Harry soupira, comme soulagé, mais Draco n'avait pas fini.

- Moi, c'est Gryffondor, répondit-il avec un sourire supérieur.

L'élève de Gryffondor justement, s'étouffa avec sa salive en le fixant avec de grands yeux verts et Draco l'observa reprendre son souffle avec son petit air mesquin.

- C'est... C'est une blague ? S'offusqua Harry, la voix rauque après avoir repris contenance.

Draco secoua la tête et ferma le grimoire.

- C'est une question de magie, Potter. Mais ne t'en fais pas, moi, Draco Malfoy, je suis un pur produit Serpentard.

Il avait un peu beugé quand il avait appris, quelques années plus tôt, que Harry - son Terrence, il ne fallait pas l'oublier - était la descendance de ... eh bien, d'une de ses vies. Imaginez un peu, Harry Potter alias Salazar Serpentard, alias Terrence Beaumont, était l'arrière, arrière, etc... arrière-petit-fils de Luna Lovegood alias Rowena Serdaigle, alias Vanieta Porikov et Draco Malfoy alias Godric Gryffondor, alias Lucian Perezo.

C'était cocasse.

Harry ferma les yeux et se mit à rire, appuyé sur le présentoir où était exposé le grimoire.

- J'y crois pas... Réussit-il à dire entre deux ricanements soufflés.

Draco haussa les épaules et glissa ses mains dans ses poches en se détournant, près à s'éloigner, mais Harry le retint d'une phrase.

- Tu en as d'autres, des comme ça ?

L'Éternel se mordilla la lèvre puis se retourna pour observer le Gryffondor. Celui-ci s'était redressé, adossé au présentoir et l'observait de pied en cap, un petit sourire sur les lèvres.

Draco frissonna, mais se reprit.

- De quoi, des secrets ?

Harry hocha la tête et Draco haussa les épaules en se rapprochant d'un pas nonchalant.

- J'en ai à foison, répondit-il, amusé.

- Ah, intéressant, sourit Harry.

Draco haussa un sourcil et croisa les bras sur son torse, un peu surpris par la tournure des événements.

- 'Je' suis intéressant ? S'enquit-il.

Harry hocha lentement la tête, son regard planté dans le siens.

- Hermione m'a fait tout le chek-up complet pour tout ce qui est envoûtement, sort de persuasion, sort d'influence, potion... Commença a expliquer le Survivant en se redressant.

Draco plissa des yeux.

- Euh.. D'accord ?

- Je suis tout à fait clean.

Ok cette fois-ci, il était totalement perdu.

- Alors je me disais... Peut-être que, puisque c'est légitime, je pourrais me pencher sur tes secrets.

Draco entrouvrit la bouche de surprise alors que Harry s'approchait lentement de lui, assez lentement pour que Draco puisse s'enfuir s'il le voulait. Mais enfin, qui serait assez fou ? Harry ressemblait à un félin près à bondir sur sa proie, et Draco frissonna de plaisir. Il se retrouva à sourire.

- Ah, tiens donc, vraiment ? Fit-il mine de s'étonner.

Harry fredonna en s'arrêtant juste devant lui, son regard voyageant sur son visage - et peut-être s'attarda-t-il sur ses lèvres. Draco sourit un peu plus.

- Et on pourrait commencer autour d'un verre, tu ne crois pas ? Susurra le Gryffondor en penchant la tête sur le côté.

Draco n'avait plus qu'une envie, l'attirer dans le coin où les vêtements étaient entreposés et qu'ils se redécouvrent - qu'ils se découvrent sur les manteaux de fourrure. Mais il se retint en se mordillant la lèvre.

- Franchement, la maison des Black est peut-être grande, mais il y a tellement de monde que la notion "d'intimité" n'existe pas vraiment, déclara-t-il à mi-voix.

Harry sourit de toutes ses dents, les yeux pétillants.

- Oh, je suis sûr qu'un pur produit Serpentard comme toi trouvera bien un moyen de nous déguiser - comme le sort qui nous a conduits ici.

Draco inspira doucement et se mordit l'intérieur de la joue. Peut-être rêvait-il. Peut-être... Mais non, l'odeur de Harry était trop réelle. Alors il dodelina de la tête et lui jeta un coup d'œil désireux avant de se détourner.

- Je pense que ça peut s'arranger, déclara-t-il en s'éloignant pour éviter de l'embrasser trop rapidement – c'était encore trop tôt...

- Ça ne tient plus qu'a toi, Malfoy ! Lui cria Harry, un rire dans la voix.

Draco ferma les yeux et alors que personne ne le voyait, se permit de sourire, son torse se gonflant d'une allégresse qu'il n'avait plus ressentit depuis des siècles. Harry allait le tuer avant l'heure...


Tadidadidooou ! ;D Alors ? Ça vous plait toujours ? Le coffre, les familiers, Harry qui s'est calmé, la badassitude de Draco \O/ Luna et ses manteaux... Héhéhé x) J'espère vraiment que cela vous plait toujours autant :p

Vous connaissez la rengaine, je vous aime très fort, mail, review, tout ça :)

xoxo, 'Win