GENRE : Angst - full of angst, sérieux - ; Hm... Hurt - Comfort ; Romance ; Action, etc...

PARING : Drarry, Romione, Luna/Blaise ( Laise ? Bluna ? ) et... C'est tout.

RATING : M, pour la douleur, les grossièretées, etc.

BÊTA : M. a corrigé ce chapitre, merci beaucoup !

NOTE : • Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, je ne suis pas anglaise et je ne suis pas blonde, je ne suis pas JK. Mais tout le reste est à moi, les personnages originaux, l'histoire avec Merlin et Morgana... Enfin, vous verrez bien.

Bonne lecture ~ !


- NOUVEAU CYCLEPARTIE 6 -

Le diadème de Rowena Serdaigle, le médaillon de Salazar Serpentard ainsi que la coupe d'Helga Poufsouffle étaient apparus au milieu d'une petite trentaine d'objets qui avaient été raptés au fils des siècles.

Draco avait laissé les sorcières observer et découvrir toutes les merveilles qui se cachaient dans le coffre. Et peut-être avait-il joué au chat et à la souris avec Harry. Puis il avait protégé les horcruxes pour éviter toute contamination ou influences. Draco avait remis sur eux les sorts de dissimulations, avait discuter un court instant avec le Directeur de Gringotts pour le remercier de sa présence, de son temps et de sa patience, ainsi que de sa considération ; puis ils avaient quitté la banque de Gringotts.

Dans les rues, une milice, mise en place par le nouveau gouvernement tyrannique, veillait à la bonne dispersion des foules. Cachés sous leurs puissants glamours Draco et les autres s'étaient regardés avant de se disperser. Chacun, pour éviter d'être suivi, transplana deux fois avant d'arriver sur le perron du Square Grimmauld.

Draco avait rapidement récupéré les horcruxes qu'Harry, Hermione et Luna avaient portés - ironiquement, ils avaient porté leur anciennes possessions personnelles -. Étant de vieilles âmes, les horcruxes ne les influençaient pas autant qu'ils le ferraient avec un autre humain. L'Éternel les avait enfermés au sous-sol avant de sceller la porte, tous un peu trop fatigués pour faire quoi que ce soit pour les détruire le jour même.

Ils avaient ensuite dû supporter les cris de la matriarche Black ainsi que les jérémiades de Kreattur, qui traitait chaque humain de traître et de voleur. Au bout de trois heures, excédé, Draco avait usé de son ancienne magie pour faire taire le tableau et avait usé de son nom, de son nom véritable pour effrayer l'Elfe de Maison.

L'Éternel avait alors compris que ce n'était pas seulement la vieillesse qui avait rabougri et rendu fou l'Elfe, c'était aussi et surtout parce que son ancien maître - Regulus Black, un ancien mangemort décédé - avait trouvé et tenter de détruire un des horcruxes de Voldemort, le médaillon de Serpentard. Incapable d'y parvenir, l'Elfe l'avait gardé jalousement contre lui - trop proche, endommageant son esprit.

La magie semblait peut-être ne pas avoir de limites, mais ce cas-là était très différent.

Draco pouvait le calmer, mais pas le soigner. Ce fut donc ce qu'il fit, sans rien dire à personne.

.

Le lendemain matin, Draco se réveilla un peu groggy. Quand il s'assit sur le lit en grognant, il trouva Blaise, lui aussi sur son lit, le regard dans le vide, l'air éteint. L'Éternel fronça les sourcils en l'observant.

- Blaise ? S'enquit-il d'une voix rauque de sommeil.

Le Serpentard cligna des yeux et se tourna vers lui, l'air perdu.

- Hey Dray... Bien dormi ?

Draco le scruta et fronça les sourcils.

- Pas vraiment non, et apparemment, toi non plus.

Blaise hocha lentement la tête, le regard hanté.

- J'ai fait un tas de cauchemar...

Il frissonna.

- Je ne sais pas d'où ça sort, marmonna-t-il à mi-voix. Toutes ces visions d'horreur, du sang, des morts... C'était...

- Des souvenirs de la chute de Poudlard ? Questionna Draco, soucieux.

Blaise secoua la tête.

- Non... Non, pas du tout. C'était... C'était autre chose.

Sa voix blanche fit se redresser Draco qui quitta son lit pour se rapprocher de son ami. Il toucha doucement son front et le trouva plus froid que la normale. Il fronça les sourcils et attrapa sa baguette. Il réfléchit un instant puis murmura deux sorts avant que le troisième ne face enfin son effet, Blaise inspira une gorgée d'air et reprit des couleurs, son regard se fit moins translucide et plus alerte, et sa température remonta.

Le Serpentard regarda l'Éternel avec un sourire.

- Merci... Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Influence des horcruxes. Viens, il faut aller s'occuper des autres, déclara Draco en se redressant.

Ils s'habillèrent tous très vite et descendirent dans la cuisine. Hermione, Harry et Luna s'y trouvaient déjà. Le Gryffondor les salua et offrit un petit sourire complice à Draco, qui n'eut malheureusement pas le temps de s'y attarder.

- Vous allez bien ? S'enquit-il rapidement en les regardants tours à tour.

Hermione hocha la tête, de la farine sur la joue et penchée sur une préparation.

- Je me suis levée avec une furieuse envie de cuisiner après une nuit pas vraiment reposante, mais à part ça, ça va, répondit-elle.

Draco se rapprocha de la table et toucha doucement le front de Luna.

- Pas de cauchemars ?

Harry plissa des yeux et secoua la tête.

- Non, enfin, pas plus pour moi que d'habitude, pourquoi ?

- Personne n'est encore levé ? Questionna-t-il plutôt.

- Non, c'est d'ailleurs étonnant, commenta Hermione en le regardant enfin.

- Draco ? S'inquiéta Harry en se levant.

- Les horcruxes, devina Luna.

Le Serpentard hocha la tête.

- On aurait dû les détruire hier, expliqua-t-il. Ils ont hanté Blaise durant la nuit et je pense qu'ils l'ont fait à tout le monde.

Hermione écarquilla les yeux et Harry serra les poings.

- Comme le journal l'avait fait en deuxième année sur Ginny... Devina-t-il à mi-voix.

Draco plissa des yeux - il ne connaissait pas les détails de cette histoire - mais hocha la tête.

- Si tu entends par là qu'elle a été influencée par l'horcruxe à un moment donné durant l'année jusque parce qu'elle l'avait en sa possession, c'est exactement ça.

Hermione attrapa rapidement un torchon et se nettoya rapidement.

- Il faut qu'on fasse quelque chose !

Draco hocha la tête et apprit aux trois autres Âmes le nombre de sorts qu'il avait lancé sur Blaise et sûrement celui qu'il l'avait calmé. Puis il leur expliqua un vieux sort qui allait protéger une âme de toute influence.

- Il ne durera pas longtemps, ce n'est pas qu'un seul horcruxe qu'on a, mais trois.

Hermione hocha la tête et quitta la cuisine, suivit de Luna. Blaise décida de les suivre mais Draco resta sur place, sachant que mise à part les Weasley - et encore, sûrement pas la Belette femelle - personne n'allait le laisser approcher pour lancer un sort, quel qu'il soit. Une main sur son bras le fit se retourner et il ne fut qu'à moitié surprit que de trouver Harry toujours avec lui dans la cuisine. Le regard que posa le Gryffondor sur lui le fit frissonner.

- Et toi, comment tu vas ? S'enquit le Survivant, inquiet.

Draco esquissa un sourire et hocha la tête.

- Moi, ça va toujours.

Mais Harry fronça les sourcils.

- Pourquoi nous ne sommes pas affectés, nous ?

L'Éternel aurait dû s'attendre à cette question, elle était légitime, mais il n'avait pas pensé à créer un mensonge. Après tout, eux Quatre étaient des âmes trop vieilles pour qu'un horcruxe les influences ou les rende malade.

- C'est une histoire de puissance et de... de résistance.

Harry plissa des yeux et Draco s'humidifia les lèvres.

- Toi et moi, on en a vu beaucoup et on a vécu beaucoup de choses, sachant que j'ai moi-même grandi dans un foyer contenant énormément de magie noire, on va dire que je suis immunisé ; je pense que le fait que Hermione soit une fille de moldue la rend bien moins sensible que les sangs-purs et Luna... Eh bien, Luna n'a pas le même contact avec la vie et l'Univers autour d'elle.

Le Gryffondor pencha la tête sur le côté, jugeant de la véracité des paroles du Serpentard. Ce dernier détourna le regard pour le poser sur la préparation qu'Hermione n'avait pas terminée.

- Ce n'est pas grave, dans quelques minutes, tout le monde ira bien dans la maison.

Il se secoua un peu.

- Mais pour éviter que ça recommence, mieux vaut aller exorciser les horcruxes maintenant, déclara-t-il en jetant un regard à Harry.

Ce dernier hocha la tête mais, avant même de quitter la pièce, il se retourna vers l'Éternel, les sourcils de nouveau froncés.

- Tu en as fait quoi des horcruxes, d'ailleurs ?

Draco ferma les yeux et soupira. Aïe, il allait devoir se justifier. Il passa à côté d'Harry en lui touchant l'épaule pour l'intimer de le suivre et le conduisit à la porte qui menait à la cave. Le Gryffondor la regarda sans comprendre.

- Tu les as mis à la cave ? Dumbledore t'a permis d'y aller ?

- Ce n'est pas... Ce n'est pas Dumbledore qui a scellé la cave, déclara Draco en posant sa main sur le bois, enclenchant le déverrouillage.

Harry le regarda.

- C'est toi ?

Draco hocha la tête sans oser le regarder.

- Mais pourquoi ?

- Parce que si quelqu'un me surprenait en train de faire ce que j'y fais, eh bien... Vu les tensions qu'il y avait encore entre nous il y a quelques semaines, je pense sincèrement que vous m'auriez tué.

Il s'arrêta, la porte à moitié ouverte.

- Hm. Ou du moins, assez amoché pour qu'une fois foutus dehors, les mangemorts n'aient aucun problème pour me retrouver et m'achever, soupira-t-il enfin.

Harry ne dit rien, mais Draco le sentir frissonner alors qu'ils descendaient tous deux les escaliers qui menaient à la cave, passant auprès des cellules et des chambres de torture. Quand les bougies s'allumèrent et que d'Harry vit le pentacle au sol ainsi que le sang, il s'arrêta et observa autour de lui.

- C'est...

- De la magie noire, oui, confirma Draco en s'avançant au milieu du pentacle où il avait invoqué un énorme coffret en plomb.

- Mais... Pourquoi ? S'étonna Harry d'une petite voix.

Draco, la main posée sur le coffre, soupira et regarda enfin le jeune homme qui l'observait, perdu. L'Éternel haussa les épaules.

- Parce qu'il n'y a pas de sorts 'blancs' permettant d'infiltrer l'esprit d'un autre humain comme celui-ci le fait, déclara-t-il en montrant les runes d'un geste de la main.

Harry fronça les sourcils et regarda autour de lui.

- Tu... infiltre l'esprit de quelqu'un avec ça ?

- En amont, il fallait que je tisse un lien particulier avec ma 'victime', mais comme Lucius et moi sommes du même sang, ça a été relativement simple.

Harry braqua son regard sur Draco, clignant des paupières.

- Tu... Tu infiltres l'esprit de ton père ?

Draco acquiesça.

- Qui de mieux que le bras droit de Voldemort pour savoir ce qu'il trame ?

L'Éternel haussa les épaules.

- C'est à sens unique, alors il n'a jamais rien senti. Mais une fois toutes les deux semaines, je rentre dans esprit et j'essaye de grappiller le plus d'informations possibles. Ce n'est pas une expérience très agréable - il suffit de voir comment j'ai réagi la dernière fois, je n'ai pas pris le temps de me remettre du rituel, c'est pour ça que je me suis évanoui. J'essaye de le faire le plus souvent possible, mais c'est assez astreig—

Il fut coupé en plein milieu de sa phrase par Harry, qui traversa le pentacle pour s'arrêter face à lui et attraper son visage pour l'embrasser. Draco sursauta, tant par les lèvres du jeune homme contre les siennes, mais aussi ses mains douces qui crochetaient son visage, ses pouces caressant ses pommettes. L'Éternel ferma les yeux, le cœur battant et tremblant en posant un peu chastement ses mains sur le torse du Gryffondor, et Harry l'embrassa de tout son saoul, Draco lui laissant le total contrôle de l'échange. Il répondit un peu timidement à son baiser, se laissant submerger par ces sensations oubliées depuis si longtemps et gémit doucement quand Harry lâcha une de ses joues pour la passer à l'arrière de sa tête, se collant à lui. Draco enlaça doucement ses hanches et soupira d'aise quand Harry mordilla une dernière fois sa lèvre inférieur avant de s'écarter à peine, son front posé sur le sien et respirant à même sa bouche.

Draco entrouvrit les paupières et loucha un peu pour apercevoir les yeux brumeux, mais souriants, du Gryffondor. L'Éternel se sentit rougir doucement alors qu'Harry caressait de nouveau sa joue, sa main gauche descendant sur sa nuque puis dans son cou, sa paume chaude se posant sur sa clavicule. Draco se racla la gorge, bouleversé de retrouver la manière d'embrasser de Harry. Par la Sainte-Mère... C'était aussi agréable que douloureux...

- Hm... Non pas que je n'aime pas ça, bien au contraire, mais... En quel honneur ? On n'a toujours pas pris ce verre, murmura-t-il d'une voix rauque.

Harry rit légèrement et posa de nouveau ses lèvres sur les siennes, rapidement et légèrement.

- Plus j'en apprends sur toi, plus je réalise que je ne te connais pas, répondit-il sur le même ton.

Draco eut un rapide sourire et resserra ses bras autour du Gryffondor, frissonnant en sentant la chaleur de Harry contre son torse.

- Aurais-je réussi à vous surprendre, Monsieur Potter ? S'enquit-il de sa voix de petit con arrogant qu'il n'avait pas utilisé depuis des mois maintenant.

Le brun sourit doucement et hocha la tête.

- Ça, c'est le moins qu'on puisse dire, s'amusa le Gryffondor.

Cette fois-ci, ce fut Draco qui se rapprocha pour l'embrasser légèrement, mordillant ses lèvres justes le temps d'un instant.

- Tant mieux, souffla-t-il.

Draco s'écarta et frissonna un peu quand Harry le laissa faire, non sans avoir fait glisser ses mains contre son corps alors que le blond faisait un pas en arrière. L'Éternel se racla la gorge et passa une main dans ses cheveux pour se recoiffer un minimum. Harry le regardait faire en s'humidifiant les lèvres et Draco gronda en le fusillant du regard.

- Nous avons des choses à faire, Potty ! Marmonna-t-il en rougissant, tournant la tête pour éviter de le regarder.

- Je n'ai rien fait, susurra Harry.

Draco croisa les bras sur son torse et renifla, amusé, mais cherchant à paraître outré.

- Range tes yeux et tes mains le temps de l'exorcisme.

- Et après on va boire un verre ?

Draco lui jeta un coup d'œil et hocha un sourcil, un petit sourire sur les lèvres.

- À dix heures du matin ?

Harry fit la moue et haussa les épaules.

- Ou alors on déjeune ensemble, proposa-t-il en le regardant dans les yeux.

Draco combattit un sourire, mais hocha tout de même la tête.

Oui, ça pouvait se faire, avec grand plaisir même.

.*.

Draco n'avait pas besoin d'aide pour exorciser les horcruxes, mais Harry avait tenu à rester, bien à l'abri derrière un bouclier de protection. D'ailleurs, il avait bien fait, parce que quand le rituel s'activa, une vague de magie impressionnante s'échappa des différents objets. Un cri déchirant perça le silence quand les bouts d'âme se détachèrent des reliques sans les abîmer, des volutes de fumées noires dansèrent au-dessus d'eux avant de se disperser dans l'air.

L'Éternel haleta en plissant des yeux, fixant les réceptacles des horcruxes désormais vidés de toute cette énergie noire. Il s'humidifia les lèvres en se rapprochant, étendant sa magie autour de lui puis soupira d'aise.

- Est-ce que ça va ?

Draco se tourna vers Harry et hocha la tête. Il se pencha pour récupérer la coupe, y glissant le médaillon et le diadème avant de se redresser.

- C'est bon, c'est fini, acquiesça-t-il avec un sourire.

Il se rapprocha de Harry en tenant la coupe contre lui et lui tendit le médaillon qui avait été le sien fut un temps. Harry l'attrapa doucement en fronçant les sourcils, passant son pouce sur le médaillon.

- Pourquoi tu me le donnes ?

- Je le rangerai quand je retournerai au coffre. Si tu pouvais me le garder pour le moment... Lui dit-il doucement en quittant la cave.

Harry le suivit dans les escaliers et quand ils entrèrent dans la cuisine, Draco sourit en voyant Harry mettre le médaillon autour de son cou et le glisser sous son haut, le cachant à la vue de tous.

Blaise n'était pas là, mais Hermione était de retour, penchée sur sa préparation qu'elle était en train de faire cuire, tandis que Luna sirotait un jus d'orange en tournoyant ses cheveux autour de son doigt. Harry s'approcha d'Hermione, posant une main dans son dos pour la regarder en train de préparer dieu seul savait quoi et Draco posa la coupe d'Hermi... D'Helga sur la table. Puis il attrapa le diadème et se glissa derrière Luna pour le déposer délicatement sur son crâne, la pierre tombant sur son front. La jeune femme pencha la tête en arrière et offrit un beau sourire tendre à Draco qui sourit à son tour.

- J'ai rêvé de nous, cette nuit, lui dit-elle avec un murmure.

Draco tira la chaise et s'y assit, tourné vers elle, un coude sur la table et une main sur le dossier de la chaise de Luna.

- Ah oui ?

Elle s'enlaça et se frotta les bras en souriant doucement, penchée en avant.

- On était dans notre cabane dans la forêt de Paimpont, tu te souviens ?

- Brocéliande...

Elle sourit doucement et hocha la tête tout en se penchant vers lui, ses yeux brillant doucement de la même couleur que le diadème sur son front.

- Il y avait cette peau d'ours immonde juste devant la cheminée, on l'avait tous les quatre en horreur, mais Merlin l'aimait tellement qu'on n'a jamais osé s'en débarrasser.

Draco ferma les yeux et secoua la tête, riant silencieusement.

- Gronours, ricana-t-il.

Elle rit doucement, les yeux pétillants.

- Il neigeait ce jour-là ; Merlin nous y avait laissé, on avait... quinze, seize ans ?

- Seize, confirma Draco en se rapprochant, souriant d'une manière nostalgique en se souvenant parfaitement de cet hiver là.

Elle hocha la tête.

- Toi et Marie, vous vous preniez la tête sur la composition d'une potion, je vous regardais faire en mangeant des ... biscuits, je crois. Et Terrence - elle rit - il en avait tellement marre de vous voir vous prendre la tête encore une fois qu'il s'est mis à jouer avec les volutes de fumée.

Son regard se fit lointain.

- Il y avait... Un aigle, un renard, un loup et deux serpents...

- Nos familiers futurs.

- La manière dont tu l'as regardé ce soir-là...

Elle le fixa et sourit tendrement.

- C'est à ce moment-là que tu es tombé amoureux de lui.

Draco rit lui aussi et secoua la tête.

- Et il a fallu attendre cinq ans pour que j'ouvre les yeux, rappela-t-il.

Son sourire ne quitta pas les lèvres de Luna, mais son regard changea, et Draco se dit qu'elle devait penser qu'ils n'avaient eu que deux petites années pour cesser de se tourner autour et d'enfin vivre leur idylle avant que ce ne soit fauché. Draco posa sa main sur sa cuisse et la serra doucement, ne la quittant pas des yeux.

- Eh...

Elle haussa les épaules alors que son regard se remplissait de larmes.

- Mais c'est triste, renifla-t-elle doucement, souriant toujours.

Il caressa doucement son épaule.

- Je sais... Murmura-t-il.

Il cligna des paupières en reniflant doucement alors qu'une douce odeur délicieuse emplissait la cuisine. Il ferma à demi les paupières en inspirant profondément et Luna rit doucement.

- Tiens !

Draco se tourna vers la table et ouvrit la bouche de surprise.

- Il n'y a pas de cannelle, alors ce n'est qu'à la vanille - et je n'ai pas de fruit confit, alors j'ai mis de la confiture de myrtilles, j'espère que ça te conviendra tout de même, déclara Hermione en commençant à ranger les ustensiles qu'elle avait utilisés.

Draco avança sa tête au-dessus de l'assiette où étaient disposées des sfogliatelle tout chaud qui venaient tout juste de sortir du four. Il sourit et rouvrit les yeux, levant le regard vers Harry qui l'observait avec un petit sourire derrière sa tasse de thé, adossé contre le comptoir de la cuisine ; et Hermione, qui nettoyait la cuisine en lui jetant des regards.

- Merci... Merci beaucoup d'ailleurs. Mais... En quel honneur ?

C'était la journée des nouveautés aujourd'hui, ou quoi ?

Hermione s'arrêta de laver le saladier où elle avait préparé la pâte et tourna la tête vers lui.

- Je... Je n'en sais trop rien. Je me suis levée avec l'envie de t'offrir un petit quelque chose... histoire de dire "pardon" pour les derniers mois ? S'enquit-elle avec une grimace.

Harry ricana dans son thé, Draco lui lança un regard noir en haussant un sourcil puis reporta son attention sur la pâtisserie italienne fumante.

- C'était plutôt de bonne guerre, avec tout ce qui s'est passé ces dernières années à Poudlard, éluda-t-il en agitant la main.

Il attrapa une des pâtisseries et croqua dedans avec plaisir, fermant les yeux sous le goût délicieux. Cela faisait des siècles qu'il n'en avait pas mangé...

- Comment tu as su que c'était mon péché mignon ? Demanda-t-il après s'être régalé de sa première bouchée.

C'était une pâtisserie de son enfance, de son enfance en tant que Lucian bien sûr. Enfin presque. À l'époque, ça n'avait pas ce nom, ça n'avait même pas cette tête. Le temps avait fait son œuvre bien sûr, mais il retrouvait les accents de son passé, surtout que Marie avait toujours été celle qui savait le mieux les faire, lui rappelant la cuisine de sa première mère. En parlant de Marie, Hermione déposa la vaisselle à égoutter et se séchait les mains tout en se tournant vers lui, le regard dans le vague.

- Je... Je n'en sais rien... Dit-elle d'une petite voix un peu perdue.

Draco la fixa, intrigué, alors qu'elle se mettait à marmonner sans bruit. Il la ramena sur terre en poussant l'assiette vers elle, faisant du bruit.

Elle cligna des paupières et sourit doucement.

- Qu'importe. Tout le monde est en train de se réveiller en haut, tu avais raison. Ils sont tous totalement amorphes, mais ils se réveillent peu à peu. Le sort fonctionne bien.

Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'elle sembla remarquer le diadème qui brillait sur la tête de Luna, ainsi que la coupe - sa coupe - qui trônait sur la table.

- Vous les avez détruits ?

Harry hocha la tête.

- Je ne sens plus cette... cette désagréable impression de désespoir, alors je pense que oui.

Draco acquiesça à son tour.

- Oui, ils ont été détruits.

- Maintenant, il ne reste plus que deux horcruxes. Voldemort et Nagini, confirma Harry en hochant la tête.

Hermione observa la coupe puis hocha doucement la tête. Dumbledore était sûr que l'animal de compagnie de Voldemort était un de ses horcruxes, et Draco trouvait cela en effet plutôt intelligent – bien qu'un animal était bien plus simple à tuer qu'un objet, mais qu'importe. Alors qu'Hermione s'approchait pour prendre la coupe et discuter avec Harry du Mythe du Graal, ainsi que de la finesse de l'ouvrage, Luna se pencha vers Draco pour lui piquer un sfogliatella en fredonnant. Draco la regarda.

- Est-ce que tu es pour quelque chose dans les réminiscences d'Hermione ? Demanda-t-il à mi-voix.

Luna haussa les épaules.

- Elle a pu lire le mot de Merlin.

Draco fronça les sourcils et elle rit doucement.

- J'ai les oreilles qui traînent, je te rappelle.

Il leva les yeux au ciel en souriant.

- Et puis je crois que le passage dans le coffre nous a fait beaucoup de bien.

Elle tapota sa tempe.

- Ça ne murmure plus frénétiquement, chuchota-t-elle. Et le souvenir de cette nuit était très net.

Il regarda les sfogliatelle avec un regard vide. Elle se pencha vers lui et posa sa tête sur son épaule.

- Ce n'est pas grave, tu sais. Peut-être que le destin nous aide un peu cette fois-ci, parce que tout ça... Ce n'est rien, comparé à tout ce que tu as sacrifié pour nous dans cette vie, Lucian.

Il sourit et tourna la tête pour embrasser son front.

- C'est Draco ici, ma belle, lui murmura-t-il doucement.

Elle frissonna.

- J'aimerais tellement redevenir Vanieta, tu sais... Gémit-elle doucement.

Il posa sa joue sur le haut de sa tête, regardant dans le vide. Luna avait des souvenirs presque nets, elle savait presque de quoi elle parlait, mais elle n'était pas Vanietta, pas tout à fait. Peut-être que de se retrouver autour de ses anciennes affaires avait stabilisé le lien avec la Nature, mais elle n'était pas "réveillée". Cependant, Draco se sentait tout de même beaucoup moins seul.

.

- Alors, Luna, hein ?

Draco cligna des yeux en sortant la tête de son armoire. Il plissa des paupières et se tourna vers la porte, où Blaise était adossé dans l'encadrement. Il le fixait, un regard froid et un peu douloureux.

Draco fronça les sourcils.

- Pardon ?

- Luna, répéta Blaise en s'avançant et en s'installant sur son lit, le regard dur. Tu l'aimes bien. Je croyais que tu préférais les hommes.

Draco réfléchit un instant avant qu'il n'entrouvre les lèvres, amusé.

- Non, tu n'es pas sérieux... Souffla-t-il, riant à moitié.

Blaise le fusilla du regard.

- Je peux savoir ce qu'il y a de drôle ? Asséna-t-il, les mâchoires serrées.

Draco leva les yeux au ciel et se détourna pour enfiler la chemise qu'il avait préparé. Il se regarda rapidement dans un petit bout de miroir qui traînait puis se tourna vers Blaise, souriant doucement.

- Tu es jaloux, constata-t-il.

Son ami à la peau noire fronça les sourcils, le fusillant du regard.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, gronda-t-il.

Draco sourit un peu plus puis attrapa le bras de son ami et le tira derrière lui.

- Draconis Lucius Malfoy, lâche-moi tout de suite !

- Non, on doit aller manger !

Blaise se débattit un instant et fusilla son ami du regard quand ils entrèrent dans la cuisine, où toute la maisonnée était regroupée. Les Weasley - sauf la belette femelle, qui n'était pas présente - saluèrent les jeunes gens et Draco sourit d'un air supérieur en continuant de tirer Blaise jusqu'à Luna, qui était toujours assise à table, son joli diadème brillant sur son front.

- Luna, ma douce... Appela-t-il pour attirer son attention.

La jeune femme tourna vers lui un regard trouble.

- Oui, Lucian ?

Draco retint une grimace et réussit à garder son sourire en place.

- Draco, corrigea-t-il. Il y a ici un jeune homme que j'aimerais te présenter.

Elle pencha la tête sur le côté, faisant rouler la pierre sur son front, et derrière Draco, Blaise s'étrangla avec sa salive.

- Ah oui ?

- Mm hm, acquiesça Draco.

Il tira un peu plus Blaise et le mit devant lui, le poussant vers la jeune femme.

- Voici Blaise Zabini, un spécimen très intéressant de Squamate egocentrus, de la famille des jalousotis. Il est très bien élevé, très propre et sait tenir une maison. Ses plats préférés sont les pâtes à la crevette ainsi que le tiramisu à la poire, et sa couleur préférée, le bleu de prusse.

Luna sourit, amusée, et regarda un Blaise Zabini mortifié qui, les yeux écarquillés, essuyait les sourires amusés et les regards un peu choqués de voir un Draco totalement ridicule. Harry entra dans la pièce à ce moment-là.

Draco posa ses mains sur les épaules de son ami et se pencha pour continuer de voir Luna.

- Il est calme, quoiqu'un peu sarcastique, et il faut le nourrir d'une conversation intelligente au moins une fois toutes les deux heures. Je te le confie, tu veux ?

Elle hocha la tête et regarda Blaise.

- Avec grand plaisir, Lucian, répondit-elle en dodelinant de la tête, faisant bouger son diadème.

Draco força Blaise à s'asseoir sans relever son lapsus.

- Paaarfait.

Il se retourna et observa Harry en haussant un sourcil. Le Gryffondor le fixait avec un regard amusé, ses yeux descendaient pour regarder sa tenue avec envie.

- Tu es prêt ? S'enquit Draco en se redressant, appréciant le regard posé sur sa personne.

- Toujours d'attaque, sourit Harry en se rapprochant. J'aime beaucoup cette chemise, murmura-t-il en s'arrêtant face au Serpentard.

- Vraiment ?

Draco passa sa main sur son torse pour plisser le tissu avec un sourire.

- Tant mieux alors.

- Prêt pour quoi ? S'enquit Hermione en fronçant les sourcils.

Harry se tourna vers elle avec un sourire malicieux.

- Malfoy va me montrer toutes les utilisations de son sort merveilleux de dissimulation, sourit-il de toutes ses dents.

Draco vit Ron grimacer, mais ne rien dire, et Hermione haussa les sourcils en souriant.

- Ah oui ?

- Vous allez sortir d'ici ?! S'inquiéta tout de suite Molly Wealsey. Mais c'est dangereux !

Avant même que Harry ou Draco ne puissent dire quoi que ce soit, Dumbledore - qui était arrivé un peu plus tôt dans la matinée et qui était dans la cuisine, assit à table juste en face de Luna - posa sa main sur l'avant-bras de la matriarche.

- Voyons Molly, ces jeunes gens ont déjà prouvé l'efficacité du sort de Monsieur Malfoy, rien ne les empêche d'aller se promener.

- Mais c'est dangereux de sortir !

Le regard de Dumbledore pétillait en regardant Harry et Draco. Ce dernier leva les yeux au ciel, mais souriait.

- Madame Weasley, nous allons aller faire un tour dans le monde moldu, ne vous inquiétez pas.

Il frappa doucement la tête d'Harry de son poing fermé.

- Aïeuh !

- Je vais veiller sur cette tête de linotte.

Harry le fusilla du regard et lui donna un coup dans l'épaule.

Hermione rit, Ron sourit, et Luna accaparait l'attention de Blaise en lui parlant de sa voix douce.

.

- Pourquoi Luna t'appelle Lucian ?

Draco releva le nez de son écharpe brune et tourna la tête vers Harry, sous les traits d'un homme blond aux taches de rousseur et aux yeux bleus. Lui, il avait des cheveux châtains clairs tout ce qu'il y avait de plus rependu, et son regard était de la même couleur - et le sort était assez puissant pour qu'il reste en place toute la journée.

L'Éternel avait voulu amener Harry dans un restaurant, quelque chose de classe, mais il avait vu le visage du Gryffondor s'illuminer alors qu'ils passaient à côté d'un camion ambulant vendant des fish & chips à l'odeur alléchante. Alors ils s'étaient retrouvé à grignoter dans un parc couvert, sous une grande véranda. Ils étaient trop habitués à la fraîcheur de la neige d'Écosse, le temps leur semblait plutôt doux en plein milieu de Londres. Ils y étaient restés plusieurs heures après que Draco leur ai tout de même laissé un léger sort de chaleur de leurs vêtements.

Ils n'avaient même pas vu le temps passer...

Maintenant, après s'être acheté des scones dans un salon de thé, ils rentraient doucement vers le Square Grimmauld en traînant des pieds. Draco aurait véritablement voulu rester avec Harry, installé dans le parc à parler jusqu'au bout de la nuit - mais ils avaient prévenu les autres occupants du Square qu'ils allaient rentrer avant l'heure du thé. Et ils étaient déjà en retard.

Draco haussa les épaules.

- Eh bien, comme je te l'ai déjà dit, Luna a un contact différent avec la Nature, avec le Monde.

Il leva le nez vers le ciel tout en réfléchissant à son choix de mot, ciel qui se couvrait peu à peu. Il allait sans aucun doute pleuvoir dans la soirée.

- Je pense que, d'une certaine manière... Elle ressent ma signature magique. Un peu comme Ollivander le fait.

Harry termina son scone et s'essuya les mains avec une serviette en papier qui traînait. Le Gryffondor fronça les sourcils en glissant ses mains dans ses poches.

- Tu veux dire que... Qu'un des anciens propriétaires de ton coffre ancestral s'appelait Lucian ? Et que, d'une manière ou d'une autre, elle croit que c'est toi ?

Draco haussa les épaules, un peu mal à l'aise de lui mentir comme ça.

- Qu'est-ce qu'on sait de ce que Luna peut ressentir ? Mais en effet, il y a eu un Lucian... - sa voix ne devint qu'un murmure - il y a bien longtemps...

Il frissonna alors que Harry se rapprochait de lui, assez près pour qu'il sente sa présence, mais pas assez pour être intrusif. Tout comme Terrence le faisait des années plus tôt. Draco sourit d'une manière nostalgique en le regardant. Harry se frotta le nez pour se le réchauffer avant de remarquer son regard. Il rougit un peu.

- Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? Demanda-t-il d'une voix un peu timide. J'ai du sucre sur la joue ?

L'Éternel secoua la tête en riant doucement.

- Non, du tout. Je me disais juste que... Que je n'avais jamais pensé un jour avoir la possibilité de passer du temps avec toi comme ça.

Harry hocha la tête et se frotta le crâne, souriant un peu mal à l'aise.

- C'est trop rapide, tu crois ?

Draco réfléchit et dodelina de la tête.

- Peut-être... Peut-être pas.

Il sourit narquoisement en le regardant.

- D'un autre côté, ce n'est pas comme si on faisait dans la demi-mesure, nous deux.

Le rire d'Harry le dérangea, puisque ce n'était pas sa voix habituelle. Mais sa manière de respirer était estampillée Terrence Potter - les deux se ressemblaient beaucoup, c'était étonnant. Et un peu dérangeant aussi.

- C'est vrai... Tu as raison.

Ils avaient peut-être passé la journée ensemble, mais ils ne s'étaient pas engagés trop intimement, jusqu'à maintenant du moins. Harry se rapprocha un peu pour glisser son bras dans son dos, posant sa main sur sa hanche, et lui lança un regard.

- Je peux ?

Draco sourit doucement et se rapprocha du Gryffondor, se collant à son flanc. Harry resserra sa prise un instant en souriant de toutes ses dents et ils rentrèrent au Square ainsi, enlacés comme un véritable petit couple.

Malheureusement, cela ne dura pas.

.

Quand ils pénétrèrent le Square, ils surent tout de suite que quelque chose n'allait pas. Ils se jetèrent un regard entendu et, armés de leur baguette, ils pénétrèrent silencieusement la grande demeure. Mais à peine étaient-ils arrivés dans le salon qu'un patronus à l'allure de Phoenix apparus devant Harry, et la voix de Dumbledore s'éleva. « Jeune gens, j'espère véritablement qu'aucun moldu n'assistera à cette apparition, mais c'est un cas d'extrême urgence. Vous devez rentrer le plus rapidement possible, nous avons une situation ici. »

Le patronus s'évapora et Harry et Draco échangèrent un regard soucieux. Les jeunes gens fouillèrent le rez-de-chaussée, mais il n'y avait personne. Alors rapidement, ils montèrent au premier étage et Draco tira doucement sur la manche de Harry pour l'amener jusqu'à la pièce utilisée pour les réunions de l'Ordre. Les deux sorciers se regardèrent une dernière fois et, leurs baguettes brandies devant eux, entrèrent dans la pièce.

Tout l'Ordre était présent, ou presque. Dumbledore présidait le tout, à ses cotés Hermione se rongeait les sangs et tout le monde était tellement sur les nerfs que des baguettes furent brandies vers eux quand ils entrèrent. En voyant que c'était les deux sorciers qu'ils attendaient, les baguettes se baissèrent, et Dumbledore se redressa.

- Vous avez fait vite ! Constata-t-il.

- On venait de rentrer, on a reçu votre patronus dans le couloir. Qu'est-ce qu'il se passe ? S'inquiéta Harry en rangeant sa baguette.

Dumbledore se frotta le visage et fixa Draco. Ce dernier plissa des yeux, inquiet.

- Le journal a disparu.

L'Éternel écarquilla les yeux.

- QUOI ?!

Hermione, l'air grave, se frotta les mains.

- Je voulais juste... Je voulais juste terminer de trier les différents sorts et rituels que tu as traduits. Et en arrivant dans la bibliothèque, le coffret était ouvert mais totalement vide. Il n'y avait plus rien.

Draco remarqua alors le coffre sur la table. Le visage sombre, il s'avança et l'attira vers lui pour jeter un coup d'œil dedans. Il ignorait ce qu'il cherchait, mais il n'y avait rien. Il grimaça et cogna la table. Il jura dans sa langue natale.

- Lucian, langage, marmonna Luna en le fusilla du regard.

L'Éternel sursauta en l'entendant parler l'ancienne langue des communautés sorcières. Il observa la jeune femme et grimaça doucement.

- Désolé, murmura-t-il.

Des murmures furieux se faisaient entendre, mais Draco n'y fit pas attention jusqu'à ce que Molly peste à voix haute.

- Ginerva Weasley, ça suffit !

- Mais il se fiche de nous ! Je n'arrive pas à croire que vous tombez tous dans le panneau ! Ce mangemort a attendu le bon moment pour nous voler le journal et l'offrir à son maître adoré !

Draco ferma les yeux et soupira.

- Ginny, il était avec moi toute la journée, déclara doucement Harry en se rapprochant de Draco.

- Mais Zabini, non ! Pesta la Weasley, le regard flamboyant.

- Blaise était avec moi, chantonna Luna, prenant la main du Serpentard qui était sur la table.

Ce dernier lui offrit un petit sourire rassuré et ne la quitta pas du regard. La Belette femelle commença à s'énerver.

- Comme si ta parole comptait pour quelque chose, ricana amèrement la petite peste en la fusillant du regard. Je n'arrive pas à croire que je suis la seule à voir ce qu'il se passe réellement ici ! S'énerva-t-elle en se levant. Cette sale petite fouine-

- Ginny, stop !

Ce n'était pas Harry qui venait de crier, ni Hermione et encore moins Luna. Contre toute attente, c'était Ronald Weasley qui s'était levé et qui fusillait sa petite sœur du regard.

- Il faut que tu arrêtes cette petite gueguerre infantile !

- Tu n'étais pourtant pas contre, la dernière fois que j'ai vérifié ! Cria-t-elle. Tu n'assumes rien, tu n'es qu'un faible qui n'ose pas faire ce qu'il faudrait faire !

- Non ! Moi, j'ai appris à mettre mes ressentiments de côté ! Je n'oublie pas, mais j'ai appris !

Il désigna un Draco surpris du bras.

- Il a sauvé Fred, Georges et papa ! Il aurait très bien pu ne rien dire, ne rien faire, mais il l'a FAIT ! Et de plus, il n'a pas voulu contracter avec nous une dette de vie, pour nous éviter d'avoir à faire à Lucius Malfoy ! Alors maintenant, tu arrêtes de faire ta petite peste adolescente, nous sommes en guerre, par Merlin ! Cria-t-il enfin.

- Justement !

Elle aurait continué de vociférer si Hermione n'avait pas levé sa baguette pour lui lancer un sort de silence, le visage dur.

- On n'avancera jamais si on continue comme ça ! Pesta-t-elle.

Draco les regarda tour à tour, s'attardant sur une Ginny que Molly Weasley asseyait de force sur une chaise, lui lançant un sort de glu afin qu'elle ne bouge plus. La jeune femme se tortillait et tentait de s'égosiller, mais rien ne sortait de sa bouche, alors elle fusillait toute les personnes présentes du regard. L'Éternel plissa des yeux puis se tourna vers Harry.

- Qu'est-ce qu'il lui arrive ? Demanda-t-il.

Le Gryffondor haussa les épaules, le visage triste et désemparé.

- Je... Je n'en sais rien. Elle a toujours été un peu... fougueuse, mais...

Il observa la jeune femme qui lui lançait des regards noirs qui auraient pu le tuer si elle avait eu des baguettes à la place des yeux.

- Pas comme ça... murmura-t-il enfin en baissant le regard, accablé par ceux de la jeune femme.

Draco s'approcha du Gryffondor et posa sa main sur son épaule.

- Tu as parlé de quelque chose qui s'était passé en seconde année... Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?

Dumbledore s'approcha, les paupières plissées.

- Une idée de ce qui se passe, Monsieur Malfoy ?

Draco le regarda.

- Eh bien, on peut appeler Dobby ou Kreattur pour savoir quelle signature magique s'est approché du coffret en dernier, sachant que seules les personnes présentes le jour où on l'a trouvé pouvaient l'approcher ; mais il suffit de voir qui n'est pas là aujourd'hui !

Il ne manquait que l'homme qui avait tenté de l'attaquer quand ils avaient trouvé le journal. C'était peut-être une idée simple, mais il n'avait jamais dit que les mangemorts - hors ceux du premier cercle - étaient intelligents.

- Podmore ? S'inquiéta Molly Weasley en regardant tout autour d'elle, vérifiant qui n'était pas présent. Mais enfin, ce n'est pas possible... Si ?

Dumbledore prit un air grave et fronça les sourcils.

- Sturgis Podmore est un membre respectable de l'Ordre...

- C'est surtout un voleur, commenta Draco. Et un receleur d'objet volé. Il pense peut-être qu'il en tira un bon prix à Voldemort - les gens frissonnèrent - et c'est sûrement le cas.

Luna se racla la gorge et Draco la regarda en haussant un sourcil. La jeune femme souriait doucement en regardant l'Éternel. Draco pencha la tête.

- Luny ? Demanda-t-il doucement en fronçant les sourcils, mais commençant à sourire.

- J'ai pris des libertés avec le journal.

- ... Ah oui ? S'enquit-il.

Elle sourit et hocha doucement la tête.

- J'avais envie de lire hier soir, voir si ça débloquait autre chose. Tu écris très bien d'ailleurs. J'ai récupéré les traductions, je me suis amusé avec quelques sorts de transfiguration...

Elle joua avec ses cheveux en dodelinant de la tête, chantonnant doucement.

- Elles sont dans ma chambre, dit-elle enfin avec un sourire rêveur.

Les membres de l'Ordre la regardèrent avec tant de surprises et de choc que l'Éternel lâcha un rire en secouant la tête.

- Tu es géniale, souffla-t-il.

Il se frotta le visage.

- Bon... Ça veut dire que dans le pire des cas, Voldemort a désormais dans sa possession un journal potentiellement dangereux, mais qu'il ne peut pas lire, ni déchiffrer...

Luna hocha la tête et Draco soupira de soulagement.

- C'est un bon point...

- Tu es sûr que personne d'autre que toi ne peut traduire ce journal ? S'enquit Harry en fronçant les sourcils.

Draco réfléchit - il réfléchit véritablement - puis secoua la tête.

- Je suis le seul humain qui puisse le faire. Et je ne pense pas que Voldemort soit assez ouvert d'esprit pour penser à aller demander à une... " créature " magique de l'aider à traduire.

Hermione pencha la tête sur le côté.

- Quelles créatures magiques ?

Draco haussa les épaules.

- À l'époque, ça se passait différemment. Il n'y avait pas de société, donc pas de statut. Ceux qu'on considère aujourd'hui comme des créatures magiques étaient des enfants de la magie, tout comme les druides et les sorciers. Eux par contre, avaient une certaine société, une hiérarchie, des terres et des statuts. Et il n'était pas rare à l'époque qu'un sorcier ou un druide puisse demander de l'aide de gobelins ou d'Elfe pour l'élaboration d'un sort ou d'un rituel.

Il hocha la tête.

- Certains sorts lient magie sorcière et magie gobeline, ou magie elfique. Et certains membres de ces communautés pourraient en effet traduire une certaine partie. Mais faudrait-il encore que Voldemort pense à contacter les gobelins pour se payer les services d'un de leur érudit.

- Et pour ce qui est des elfes de maison ? S'inquiéta Ron.

Draco secoua la tête en se frottant le menton.

- Dobby ? Kreattur ? Est-ce que vous pourriez venir s'il vous plaît ?

Deux cracks retentirent et Dobby sautilla jusqu'à Draco avec un sourire sur les lèvres. Kreattur resta en retrait, l'air grave, mais ne disant rien, s'étant enfin calmé. Draco le regarda en pensant au fait que peut-être certains de ses sorts pouvaient aider l'Elfe pour se refaire une jeunesse... Qu'importe.

- Auriez-vous connaissance d'elfe bodagh assez vieux pour connaître l'ancienne langue des sorciers ? S'enquit l'Éternel.

Dobby réfléchit en plissant des yeux, mais Kreattur s'avança.

- Trop vieux, S'gneur, marmonna-t-il d'une voix faible. Les bodaghs apprennent plus aux p'tits. Pas le temps, les sorciers prennent avant l'instruction.

Draco grimaça sous son parler beaucoup plus chaotique qu'il ne l'était avant. Peut-être qu'il devrait se pencher sur son esprit plus rapidement qu'il ne le pensait. Il se tourna vers l'autre elfe.

- Dobby ?

Mais ce dernier hocha la tête.

- Kreattur a raison, Seigneur. Quelques mots, quelques incantations, mais les bodaghs ne s'enseignent plus l'Ancienne Langue. Notre Histoire, mais les Elfes n'ont pas assez de temps avec leurs petits pour toute notre culture, expliqua le petit elfe en se triturant les mains.

- Les Elfes bogdars ? S'enquit Hermione avec une voix curieuse.

Dobby se tourna vers elle en souriant.

- Non Miss Granger, les elfes bodagh. Les Boggarts, c'est une race de naine disparue depuis des années, s'amusa l'Elfe. Les Elfes Bodagh, c'est notre vrai nom, les sorciers seuls nous appellent Elfes de Maison.

La Gryffondor ouvrit la bouche et fronça les sourcils. Les oreilles de Dobby frétillèrent et il s'approcha.

- Les Elfes Bodaghs sont nés d'un accident magique. Il y a eu une explosion et des brownies et des nisses étaient présents. Les deux races se sont liées et les Elfes Bodagh sont apparus. Les Elfes n'étaient pas nombreux au début, et surtout la magie n'était pas stable. Les Elfes se liaient à un village entier de moldu pour ne pas être consumé, et quand les sorciers ont proposé des liens pour lié leur magie à la nôtre, c'était parfait. Un seul sorcier était suffisant pour un Elfe.

Hermione écarquilla les yeux.

- Ça veut dire que... Que vous avez besoin des sorciers pour ne pas mourir ?

Le petit Elfe hocha la tête.

- Le contrat magique qui lie un Elfe à son sorcier permet aux Elfes de ne pas mourir.

- Mais alors... Quand j'ai essayé de tous vous libérer, je.. faisais mal ? S'inquiéta la jeune femme. Par Merlin, je suis désolé !

Dobby secoua la tête.

- Les Elfes de Poudlard étaient énervés. Mais Dobby leur a expliqué pourquoi Miss Granger trouvait que ce n'était pas bien. Alors ils ont compris, parce que l'Histoire d'esclave des Moldus fait un peu peur, c'est vrai.

Hermione se passa une main dans ses cheveux et Harry observa son ami Elfe.

- Mais, et toi ? Tu es un Elfe libre, tu ne vas pas mourir ?

Dobby secoua la tête.

- Dobby est lié à Poudlard, la magie du château permet à Dobby de ne pas se consumer - et Monsieur Dumbledore a fait un contrat avec Dobby, Dobby est payé. Tous les foyers sorciers ne sont pas mauvais. Il y en a des bons et d'autre pas bons, mais on a besoin. Les Elfes de Poudlard sont bien traités, acquiesça l'Elfe.

Il se tourna vers Draco et sourit.

- Et puis Dobby est encore un peu lié à Seigneur Draco, alors ça va encore mieux !

L'Éternel sourit et Dumbledore observa la scène.

- Nous ne savions pas tout ceci... Déclara-t-il d'une voix un peu peinée.

Dobby haussa ses frêles épaules et ses oreilles s'abaissèrent.

- Les Sorciers ne demandent pas, ils ne demandent jamais.

Draco posa sa main sur son épaule.

- Merci Dobby, c'est tout ce que je voulais savoir...

Kreattur disparu mais avant que Dobby parte, Draco sursauta.

- Non, attend ! J'ai oublié quelque chose !

L'Elfe pencha la tête.

- Peux-tu vérifier qu'elles sont les dernières personnes à avoir approché le coffret et le journal, s'il te plaît ?

L'Elfe acquiesça, et comme Draco l'avait prédit, les dernières personnes à l'avoir approché dans l'ordre étaient Hermione, Draco, Luna et Sturgis Podmore. Très rapidement, l'Ordre s'activa, Dumbledore lançant des ordres pour retrouver la trace de l'homme le plus tôt possible. Il fallait qu'ils le retrouvent...


J'ai faillit oublier de poster le chapitre U.U
Voilà voilà, plus qu'un chapitre et c'est terminé :) j'espère que ça vous plaît toujours autant !

Vous connaissez la rengaine, je vous aime très fort, mail, review, tout ça :)

xoxo, 'Win