Séverine bloquait depuis quelques minutes sur son devoir d'Arithmancie, assise sur un fauteuil de la Salle Commune. Elle était suffisamment intelligente et instruite pour le comprendre et le terminer, bien entendu. Seulement, son attention n'était pas portée sur ses obligations scolaires mais sur ses ongles peints. Narcissa avait beaucoup insisté et Séverine avait fini par céder.
Elle admire la couleur raisin sombre brillante et tournait ses mains pour en voir les reflets. Tout cet univers qui se focalisait sur l'apparence globale lui était inconnu et lui inspirait une sensation d'inconnu et d'excitation. Pour elle, les petits détails étaient ce qui constituaient le charme d'une personne. Ou, dans ce monde de physique, ceux qui se rapprochaient le plus de la perfection étaient ceux qui primaient dans la hiérarchie.
— Tu as bientôt terminé ? Demanda Narcissa, l'interrompant dans sa contemplation.
—Oui. Confirma-t-elle en repoussant une mèche derrière son oreille et en souriant à son amie.
— Donc nous pouvons aller à la bibliothèque pour nos révisions ?
Séverine releva la tête brusquement : elle avait complètement oublié.
— Je suis désolé ! J'avais complètement oublié ! Se confondit-elle en excuse.
— Ce n'est rien. La rassura Narcisse. Sur y va ?
Séverine acquiesça en se levant. Elles se rendent dans le silence à la bibliothèque. Narcissa remarque que Mme. Pince ne leur jetait pas des regards noirs, ni même suspect et trouvé cela étrange. Séverine lui proposa de s'asseoir à une table et Narcissa accepta. Elles commencèrent à travailler.
Narcissa a étudié chacune des expressions de Séverine, dans l'espoir de les reporter à Lucius. Elle réalise que la fille qui l'accompagne était patiente, drôle et absolument pas arrogante, presque timide. Il est vrai qu'elle l'avait approchée pour Lucius, mais elle l'appréciait désormais sincèrement. Une trentaine de minutes plus tard, elles avaient terminé.
— Je suis désolée, je ne te suis pas, je préfèrerais rester à réviser.
— Ce n'est rien, Hélène. Sourit Narcissa, qui songea qu'ils n'avaient aucun examen prévu prochainement, pourtant.
Elle sort de la bibliothèque. Séverine la regarda partir, puis vérifia qu'il n'y avait plus personne.
— Ne t'en fais pas, Séverine, il n'y a plus personne.
Séverine sursaute et se retourne. Mme Pince la fixa longuement.
— Ou devrais-je dire Hélène ? J'ignore ce que tu as préparé durant mon absence.
— Jé. . . C'est long à expliquer. Balbutia-t-elle.
Eileen Prince — car c'était bien elle — haussa les épaules et ouvrit les bras. Séverine hésita quelques instants, à cause de la peur irraisonnée d'une présence dissimulée dans l'ombre, puis s'y jeta. Elle apprécia les bras protecteurs qui la serrèrent, lui procurant la chaleur dont elle avait tant été privée. D'ordinaire, elle n'aimait pas être touchée. Mais ces câlins lui avaient tant manqué. . .
— Chérie, tu sais que tu peux tout me dire. Et cela fait si longtemps qu'on ne s'est pas vu. Cela me cause tellement de plaisir, que tu te confies à moi.
Séverine céda au ton doux et suppliante de sa mère.
— Tu te souviens d'Eglée ? C'est une amie de Poufsouffle, et elle m'a proposé de. . . Me maquiller. Et, étrangement, personne ne m'a reconnue. (elle retint un rire fade) Donc je me suis demandé si je ne pouvais pas. . . Prendre une autre identité. Je m'appelle donc Hélène Prince et j'ai déménagé de France, où j'étudiais à BeauxBâtons. Grâce au directeur.
Eileen hocha la tête, serrant davantage sa fille.
Quand elles se séparèrent, une trentaine de minutes plus tard, Séverine eut l'impression d'être libérée de son rôle. Elle salua sa mère, mais au moment où elle partait, celle-ci murmura : — Mais n'oublie pas, Séverine. . . Les mensonges sont faits pour être découverts et porter malchance à leur porteur. . .
Elle rangea ces paroles dans un coin de son esprit, incapable de les décodeur. Elles y étaient presque oubliées, tant Séverine était d'étendue par leurs retrouvailles.
Séverine avait pris une décision importante.
Sous sa véritable identité, elle avait refusé d'assumer sa certitude d'égalité entre les nés-moldus, sangs-purs et sangs-mêlés. Mais être Hélène Prince lui permet un tout nouveau champ de possibilités.
Et elle en avait assez de se conformer au rôle de la Serpentarde — ou plutôt du Serpentard, du point de vue de la majorité des élèves — méprisante des nés-moldus et sangs-mêlés.
Elle affirme ce choix lors du cours de Botanique avec les Poufsouffles.
— Je peux m'asseoir à côté de toi ? Demanda-t-elle à Eglee.
Ses grands yeux clairs écarquillés la fixèrent un instant, surprise, avant de se plisser avec un sourire.
- Bien sur. Assura Églée.
Ses joues rosirent légèrement tandis que la femme potelée aux cheveux gris désordonnés leur a annoncé le programme de l'heure. Narcissa, quant à elle, hésita entre rejoindre son amie et rester du côté, plus sûr, des Serpentards. Puis elle se fustigea intérieurement : elle ne devait pas sacrifier une réputation pour une toute récente amitié.
Les Serpentards considéraient effectivement la jeune fille d'un air mauvais. Elle crut entendre passer un Encore un traître à son sang !
Narcissa a demandé que la personne parle avant de se souvenir de son cousin, Sirius Black. Il est vrai que les deux partageaient cet aspect.
Même si, d'un point de vue extérieur, ils étaient parfaitement compatibles, Narcissa — bien qu'elle n'aurait su l'expliquer si l'on le lui avait demandé — se ressemblaient.
Elle soupira quand elle vit Séverine et la Poufsouffle plaisanter avec bonne humeur.
Bon, autant le faire dès le départ. . .
Dans un large éventail de possibilités haches, massues, couteaux choisissez vos armes préférées t voici mes jambes.
Tamashii_no_Yume a déjà dû s'excuser de mon retard sur Wattpad, mais j'avais relégué la publication du chapitre 6 par manque de moyens (j'étais partie dans un endroit où il n'y avait pas le réseau) et, inconsciemment, je m'étais mise en tête que je m'en étais déjà occupée.
Heureusement, il y a une compensation (je vous l'accorde, elle est bien trop dérisoire) à cette absence de nouvelles : deux chapitres publiés directement pour ceux qui suivent sur .
Bref, j'abrège mes propos et rendez-vous au chapitre 7 !
