Bonjour mes amis !!

Voici un second OS, qui va avec le précédent, mais qui peux (quoiqu'à mon avis il perde un peu de son sens) lire tout seul, si l'on veut ! Ils sont complémentaires, mais pas au point d'être essentiel l'un à l'autre. La preuve... je n'avais pas prévu d'écrire celui-ci !

Du coup, je vais, d'abord, en profiter pour faire un tour de remerciement à tout le monde :D Dream's Girl, Rin, Mademoiselle Else, Lucedelune et Sophayyyy ! Quant à Rosine, je le remercie moi... et vous pouvez la remercier aussi : sans elle, ce second OS n'aurait sans doute jamais existé !

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture. Bergère. (Et n'oubliez pas la petite review à la fin, qui fait plaisir !!)

J'ai toujours eu une vision claire des choses. Totalement claire. Ou, même, affreusement claire. A tout prendre, j'aurais préféré l'aveuglement.

Mais je n'ai pas eu ce don. Un don que je n'aurais jamais cru pouvoir être si précieux. Qui l'eût cru ? Jamais, même dans des songes fantastiques, je n'aurais soupçonné un jour que je courrais après l'aveuglement, que je désespérerais d'être si clairvoyante.

Je voudrais ne pas pouvoir lire les sentiments, reconnaître leur teneur…

Pourtant, les choses sont ainsi.

Je n'ai jamais aimé Albus comme une adolescente, avec passion, en ravageant mon cœur devant le désespoir de n'être jamais aimée en retour. Non. Pour moi, ça a toujours été une forme d'amour poétique, une affection sans fin mais lointaine ; une admiration. Et, avec cela, une peur, une hésitation. Une douceur. Pendant des années, je ne l'ai pas vu : j'ai toujours mieux lu le cœur des autres que le mien. Je sentais un vague, quelque chose d'insaisissable, de caressant. Mais je ne voyais pas. Et puis, bien sûr, j'ai fini par le voir et, étrangement, je l'ai accepté tout de suite.

J'étais amoureuse de mon employeur, Albus Dumbledore.

J'étais amoureuse comme si l'on m'avait prise dans un berceau de douceur, et le voir était une poésie en soi.

J'aimais Albus Dumbledore, comme le vent.

Son passage était celui de l'amoureux Zéphyr, charriant dans la langueur de ses tourbillons délicats une forme de joie, un éveil au bonheur. Il y avait comme un souffle de jeunesse et d'oubli de soi dans sa manière, une sorte de tourbillon dans lequel, les yeux fermés, je me laissais emporter et j'atteignais à une forme de bonheur. Il était la caresse des vents, et la poésie de la divinité que les Grecs leur donnaient.

J'aimais Albus Dumbledore, comme un parfum.

J'imaginais une floraison de senteurs et de douceurs, et la fragrance inconnue de sa peau se mêlait à celle d'aromates enivrants. C'était à la fois un large champ de blé, où Lavande et Thym venaient s'inviter ; et un bouquet de grandes fleurs, mêlant leurs odeurs pour renforcer encore le cocon inexistant, le berceau où je me laissais aller à l'aimer.

J'aimais Albus Dumbledore, comme une vision.

Il représentait le miroitement des couleurs, la délicatesse des formes et des courbes à la sensuelle douceur. Il était comme la main suprême qui dessinait tout ce qui m'entourait, et tout, alors, prenait une beauté, une force. Je me savais transportée par la superbe d'un ciel nuageux, et il en était la raison, la cause et le grain de beauté. Sa personne était comme une palette où se trouvait le pouvoir de dessiner le monde, et je m'adonnais à la peinture du monde.

J'aimais Albus Dumbledore, comme un poème.

Sa personne était un morceau de littérature, un plaisir des yeux et de tous les sens. Je me voyais transportée, par lui, dans un monde d'enchantement et d'extase intellectuels et sensitifs ; et pour rien au monde je n'aurais cessé de l'aimer si cela m'avait fait quitter ce plaisir absolu. Il condensait un Sonnet de Shakespeare et un roman d'Austen ; et je ne pouvais que me perdre dans les méandres de sa beauté littéraire.

Tout cela est encore vrai ; je l'aime toujours ainsi. Il n'a pas cessé d'être un véritable monde, comme une vie. Il est toujours superbe, et je continue à le considérer comme un tourbillon qui m'emporte.

Et, lui, de son côté, n'a pas changé de sentiment depuis longtemps. De questionnement. Je lis en lui comme dans un livre ouvert et, Merlin, pourquoi ? Clairvoyance haïe. J'aimerais mille fois mieux ne pas le comprendre que de voir ce qu'il pense. J'aimerais encore mieux savoir qu'il n'a que de l'amitié pour moi. Mais non…

Non.

Il faut que je sache ses hésitations.

Il faut que je lise sur son visage.

Je l'aime, un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout… Je le vois qui enlève des pétales sans fin. Il ne saurait pas prendre de décision. Il balance. Il se demande. Je peux presque lire toute sa réflexion dans ses yeux.

C'est une amie. Elle me plait un peu. Voilà ce qu'il pense.

Il ne sait pas. Il ne se décidera jamais. Ses sentiments resteront toujours aussi ; et je le sais.

Un brasier infini, un Enfer harassant. C'est cela, l'effet que ça a, sur moi. Savoir qu'il ne m'aime pas. Pas comme je l'aime. Pas assez. Savoir qu'il faut que je choisisse pour lui. Pour nous. Choisir ce que je choisis.

Je choisis le rien. Statu Quo. La sécurité.

Je suis lâche, peut être. Ou, du moins, je ne veux pas briser mon cœur. Est-ce de la lâcheté ? Un cœur est trop précieux pour qu'on le veuille briser ; et le doux sentiment de l'amour, tel un miel envoutant, est trop doux pour qu'on puisse sciemment s'en arracher.

Rien ne doit bouger.

Je ne veux pas tenter ma chance. J'aurais trop mal, et je le sais déjà. Je vais être son amie.

Amie. Pas aimée. Une lettre échangée, une lettre ajoutée : le bonheur. Pourtant, je dis non. Je refuse. Je me refuse. Je ne veux pas.

Ne pas souffrir de son manque d'amour. De la faiblesse de son amour. Non.

Septembre. Le vent dehors. La bourrasque.

Comme toujours, je pense à la même chose, à cette décision que j'ai prise. Juste ne pas me blesser davantage avec le déséquilibre de la balance.

Toc, toc. Toc. Trois coups à la porte. Ca ne peut être que lui, à minuit, comme cela. Que lui arrive-t-il ?

J'ouvre la porte, je le regarde. Je lis en lui, encore.

Par-dessus la douceur et la puissance du monde qui m'entoure en sa présence, par-delà la splendeur du vent, la senteur incroyable, la beauté du monde, la poésie de la vie, je vois. Il hésite. Un peu, beaucoup… Il en est là de son décompte. Je le sens. Je le vois. Mon cœur se sert… que veut-il ?

- Quelque chose ne va pas ?

- Oui, non… enfin… il faudrait qu'on parle.

Je l'observe, et je sens son insécurité. Son questionnement. Pourquoi faut-il qu'il cherche toujours à palper la frontière instable et floue de ses sentiments à mon égard ? Que ne peut-il accepter le manque de clarté qui l'entoure, et l'oublier ?

Que va-t-il dire ?

Que vient-il faire ?

A-t-il eu l'audace de prendre une décision ? J'ai peur. Un peu.

- Je ne comprends pas qui vous êtes et qui je suis.

Il essaye de savoir, il veut savoir. Mes yeux s'élargissent tout de même de surprise : il a réussi à aller si loin dans sa réflexion…

J'aurais presque envie de pleurer : il va falloir que je dise non, moi. Il va falloir que j'empêche.

Je hais mon savoir. Je hais ma détermination.

- Entrez Albus, je crois que j'ai compris.

- Oui…

Il soupire. Il ne pense pas que je puisse avoir compris. C'est si compliqué, en effet. Je ressens son impression de se sentir mal… mon mal à moi ne se voit pas, ne se perçoit pas. Il faut crever l'abcès. Je le regarde. Face à face. Il est si près, mon cœur est plus près encore. Mon corps devrait s'éloigner. Trop près.

C'est à moi de parler. Il ne parlera pas… Il me faut du courage pour deux.

- Sommes-nous amis Albus ?

La phrase résonne dans le vide. Il me fixe, je cligne des yeux. Il faudrait que j'oublie sa présence. Je ne dois pas me laisser bercer par la douceur de sa présence. J'y perdrais pied.

- Je ne sais pas.

- Moi non plus…

A peine les mots sont-ils prononcés que je les regrette. Pourquoi ai-je dis ça. Pendant que je dis cette bêtise, je m'assois sur un des canapés. Moins près, j'ai plus conscience de moi-même. Je ne me laisse pas entrainer dans l'extase intellectuelle et sensitive de sa présence. Il s'assoit en face.

Je combats pour ne pas secouer la tête.

Je combats pour me sortir de ce faux-pas.

Mes mots montreraient de l'hésitation. Sa présence ébranle ma résolution. Je ne suis plus sûre de rien. Je ne perçois plus rien.

Le vague.

Albus se déplace. Je n'arrive pas à comprendre.

Albus pose ses lèvres sur les miennes. Un instant.

Extase.

Que fait-il ? Qu'a-t-il fait ? Comment donc l'ai-je laissé faire ?

Extase.

Il s'éloigne, comment faire. Je ne bouge pas. Je le suis des yeux. Je me sens rougir.

Extase qui s'éloigne aussi.

Il sort. Brusquement, précipitamment. Il fuit. Je secoue la tête.

Ca n'aurait pas dû se passer.

Je ne veux pas m'en souvenir. Le souvenir de ce divin moment, c'est la pensée de ce que je vais m'interdire.

Il va s'interroger, s'il a bien fait, s'il a eu tord. Encore.

Je suis la seule, sans doute, à pouvoir prendre la décision. Je sais quelle est la bonne. Si douloureuse pourtant. Je ne peux pas laisser cela s'étendre, je ne peux pas laisser son demi-amour prendre d'emprise pour moi. Je dois continuer à l'aimer seule, en silence, sans retour, sans qu'il le sache. Il doit penser que je suis dans le même état que lui. Que j'hésite comme lui. Ô ! s'il savait l'objet de mon hésitation. La douleur de mon hésitation. Il ne peut pas savoir. Il ne doit pas.

Deux jours plus tard, un plateau d'échecs et des biscuits. Il mange trop de biscuits au gingembre. Ce n'est pas naturel. Il se pose trop de question.

Il faut prendre mon courage à deux mains. Il faut ne pas compromettre mon bonheur précaire avec une douleur possible. Il faut arrêter l'avalanche en marche. Il faut faire quelque chose.

- C'est une grande question, Albus, mais mieux vaut ne pas se compliquer la vie.

Il hoche la tête, la mienne me fait souffrir. Je me contente d'esquisser un sourire. Et la conversation continue. Le passé est balayé. Le baiser est balayé.

Sans doute aucun d'entre nous ne l'oubliera-t-il : il s'en souviendra avec un sourire, moi avec un pincement au cœur. Mais les choses sont claires. Trop claires. Si claires.

Il n'y a que ça à dire. C'est fini.

« L'amour commence par l'amour ; et l'on ne saurait passer de la plus forte amitié qu'à un amour faible. » La Bruyère.

Je ne peux pas me permettre de tenter l'amour faible. Son amour faible contre mon amour fort. Jamais. Non. Jamais.

Il faut juste fermer les yeux et se laisser bercer par les douceurs de ce qu'il représente.