Severus Rogue avait hésité durant plusieurs jours avant de se décider à rendre visite à Lucinda Dantes. Cette hésitation était naturellement compréhensible, car la belle blonde de Serdaigle était une personnalité au sein de l'école et elle vivait dans un quartier où la richesse et l'opulence étaient clairement affichées. Et puis, elle était une sang pur et sa famille était l'une des plus influentes du ministère. La rumeur voulait qu'elle fût promise à l'un des héritiers de la famille Avery. Severus ne tenait donc pas à devenir son ennemi, sinon, il aurait tous les serpentards à dos.

La maison des Dantes était un grand manoir, avec un vaste jardin fleuri où paons se disputaient l'espace vert avec les cygnes et les flamants roses. Une fois passé les grilles de l'entrée, Severus admira les fontaines et massifs de fleurs qui ornaient de ci, de là, le parc du manoir. Il ne faisait aucun doute, en voyant tout ce déballage d'orgueil et de beauté, que la famille était extrêmement riche. Severus comprit pourquoi Lucinda était si vaniteuse, et pouvait se permettre de malmener les élèves sans craindre le renvoi de l'école. Sa famille devait offrir beaucoup d'argent au Ministère de la Magie, et sans doute à Poudlard. Que pouvait donc espérer Severus, lui, l'adolescent tremblant et suivant un majordome aux allures de soldat ? Le jeune homme déglutit en passant devant la statue d'un des ancêtres des Dantes, et il se sentit de plus en plus mal. Il n'était pourtant pas un lâche, alors il ferait face. Mais dans quel état sortirait-il ?

Noyé dans ses questions et ses suppositions, Severus se rendit à peine compte qu'il était devant la porte d'entrée, en bois lourd et richement ornementé. Le majordome ouvrit la porte et entra, faisant signe à l'adolescent de pénétrer dans la demeure à son tour. Une beauté blonde l'attendait et lui souriait poliment.

"- Bonjour, je suis Mrs Dantes, la mère de Lucinda", se présenta la délicieuse femme. "Mon majordome m'a dit que vous désiriez voir ma fille ?"

Severus faillit s'étrangler. Cette femme aux traits de Vélane était la mère de Lucinda ? Il ne l'aurait pas cru. Il aurait d'avantage supposé qu'elle était sa grande sœur. Il comprenait mieux pourquoi la serdaigle pouvait se vanter d'être belle, si sa mère était aussi jolie… et si le reste de sa famille était pareil…

"- Euh… bonjour," répondit Severus visiblement très mal à l'aise." Je désire effectivement voir Lucinda, je dois lui parler d'une de nos camarades de classe, et… c'est… hum, très important."

Il était intimidé par tant de beauté et de richesses affichées, mais en même temps, tout cela semblait faux, sans âme. Il était évident que les Dantes cherchaient à impressionner tous ceux qui pénétraient dans leur domaine. Severus dut admettre que c'était réussi. Mais il se reprit. Il n'était pas là pour visiter, ni pour faire une visite de courtoisie.

"- Lucinda n'est pas là, je suis désolée."

Mrs Dantes jouait parfaitement son rôle. Polie, elle laissait son visage exprimer les sentiments qu'elle voulait faire ressentir, ici en l'occurrence, la peine et la désolation. C'était à la limite du sur-joué, mais l'adolescent en fut quelque peu impressionné. Il avait parfaitement ressenti qu'il n'était pas à sa place ici, et que la maîtresse de maison ne faisait que le tolérer entre ses murs.

""- Où puis-je la trouver ?"

Mrs Dantes se pinça les lèvres et l'espace d'un instant son regard trahit de l'irritabilité. Si elle pouvait, elle chasserait le jeune homme, mais l'étiquette lui refusait ce droit. Dans un monde où tout reposait sur le paraître, il ne fallait pas commettre de faux pas et montrer son véritable visage, ni ses véritables sentiments.

"- Lucinda est avec ses amies. Je ne sais guère quand elle rentrera, je vous suggère la prochaine fois de lui envoyer un hibou pour la prévenir de votre visite."

Une manière édulcorée de dire « allez vous en, votre présence n'est guère souhaitée dans ma demeure. Vous êtes même prié de ne plus jamais y revenir. » Severus fronça les sourcils, agacé par l'attitude désagréable de cette femme. Mais une voix douce et suave s'éleva et prit fait et cause pour le serpentard :

"- Ma tante, moi, je désire recevoir ce garçon."

Mrs Dantes se retourna et fixa la jeune fille qui venait de pénétrer dans le vestibule, une succulente coupe de glace à la main. Elle devait avoir le même âge que Severus, mais pourtant, il ne l'avait jamais remarqué dans sa classe. Il fut surpris de la savoir parenté aux Dantes, car physiquement, elle n'avait rien de commun avec eux, sauf peut être les yeux bleu pénétrant. Et quand ces mêmes yeux bleus se posèrent sur Severus, le jeune homme se sentit désarmé. Une sensation qui lui déplut. Pourtant, il ne pouvait se détacher de ce regard. La jeune fille esquissa un mince sourire malicieux avant de remettre en place sa longue chevelure nuit qui tombait en cascade dans son dos. Ils étaient attachés en une grossière queue de cheval grâce à une barrette bijou qui valorisait la couleur de ses cheveux. Pour le serpentard, ce fut un spectacle hypnotisant. Il déglutit quand il la vit s'approcher d'une démarche légère et gracieuse, et ses yeux s'attardèrent sur la silhouette plantureuse de la jeune fille. Elle n'était pas bien grande, faisant allègrement une tête de moins que Severus, mais elle arborait une poitrine généreuse, mise en valeur par un décolleté très osé. Elle avait un déhanché sublime, qui faisait voleter les pans de sa jupe courte, cette même jupe qui laissait dévoiler de fines et belles jambes légèrement musclées. Et puis, elle avait une taille si fine que Severus pouvait aisément l'enlacer de ses bras.

Le serpentard se reprit, non sans mal, et s'injuria dans sa tête pour s'être si facilement laissé dominer par ses hormones d'adolescent. Il baissa les yeux, pour ne plus voir cette vision féminine délicieuse, et se demandait s'il n'était pas plus sage de partir. Mais la voix de Mrs Dantes le fit relever les yeux presque aussitôt. Elle avait quitté son masque de politesse feinte pour un visage imprégné de mépris et de colère. Une attitude qui amusait la jeune fille.

"- Mais ce n'est pas toi qu'il veut voir, c'est Lucinda."

Mrs Dantes parlait à sa nièce comme si cette dernière était une demeurée totale. Mais la demoiselle ne s'en offusqua pas, bien au contraire. Elle semblait prendre un réel plaisir à agacer sa tante.

"- Je vais partir, désolé de vous avoir dérangé."

"- Oui, c'est bien, bonne idée," fit Mrs Dantes ravie par l'initiative du garçon. "Mon majordome va vous raccompagner."

"- Non, je vais le faire," décréta la jeune fille.

Elle posa sa coupe de glace sur la table la plus proche et se glissa jusqu'à Severus. Elle lui fit un grand sourire, puis, elle lui prit le bras et l'emmena vers le jardin. Être avec Severus Rogue semblait lui procurer un rare plaisir. Cela gênait le serpentard qui n'avait pas prévu ce tête à tête avec une si ravissante créature. Il était même à présent persuadé que cette fille était une Vélane. Sinon, comment expliquer cet attrait soudain pour cette parfaite inconnue ?

"- Je suis ravie de pouvoir enfin te parler Severus Rogue."

Sa voix était agréable, comme du miel à ses oreilles. Il frémit en entendant son nom ainsi prononcé et détourna la tête avant que la fille ne puisse remarquer la légère coloration pourpre de ses joues. Mais que lui arrivait-il ? Il ne se reconnaissait pas. Elle lui faisait perdre ses moyens.

"- Sais-tu qui je suis ? Évidemment non, nous ne sommes pas de la même année et je ne fréquente pas les mêmes personnes que toi. J'imagine que tu n'as jamais pris la peine de t'intéresser aux élèves des autres années."

"- Je… désolé, mais il y a tellement de monde à Poudlard, j'ai parfois du mal à savoir qui est dans ma propre maison."

"- Je veux bien te croire", fanfaronna la fille. "Je suis également à serpentard et tu n'as jamais daigné me regarder."

Severus blêmit légèrement. Elle était à Serpentard également ? C'était ennuyeux. Être avec une fille qu'il ne connaissait pas malgré le fait qu'elle était de la même maison que lui, cela embêtait l'adolescent. Il en ressentait une grande honte. Elle l'avait piégé et devait s'amuser de cette situation.

"- Ne fais pas cette tête, personne ne regarde les élèves des années inférieures à la sienne. Remarque, si j'étais aussi populaire que Lucinda…"

Severus fouilla sa mémoire pour savoir qui elle était, mais rien ne lui revint en mémoire. Il ne supportait pas de ne pas savoir. La jeune fille se mit à rire gentiment, resserrant son étreinte au bras du jeune homme.

"- Mon nom est Lilith Rivers. Je vais entrer en cinquième année."

"- Enchanté", répondit Severus.

Ce nom ne lui était pas inconnu. Il l'avait entendu dans sa précédente vie pendant sa période mangemort. Le Seigneur des Ténèbres avaient un jour ordonné l'assassinat de Lilith Rivers, et de sa famille. Lilith était connue pour être une auror particulièrement efficace, et le fait qu'elle était la protégée d'Alastor Maugrey n'y était sans doute pas étranger. Il avait ouï dire qu'elle était une sorcière particulièrement redoutable et qu'il avait fallut l'intervention de dix mangemorts pour en venir à bout.

Cet épisode de sa vie le rendit encore plus tendu, et il n'osa pas croiser le regard de la jeune sorcière. Il craignait qu'elle puisse deviner ses pensées même si l'idée pouvait paraître ridicule.

"- Pourquoi tu tiens à ce point à me raccompagner ? Je ne suis pas quelqu'un de fréquentable."

"- Je fréquente qui je veux. Ce n'est pas ma tante qui va me dicter ma conduite. Et puis, je tenais à savoir pourquoi tu voulais voir ma peste de cousine. Tu n'es pas le genre d'ami que Lucinda fréquente."

"- Je voulais lui parler de Lily Evans," avoua Severus qui ne pouvait s'empêcher de se montrer honnête avec cette fille. "Sirius Black m'a dit que Lucinda lui voulait du mal."

Severus sentit le regard persistant de Lilith sur lui, et cela le mit affreusement mal à l'aise. Les fins doigts de la belle s'enfoncèrent légèrement dans la chair de son bras, comme un reproche non dit.

"- Lucinda est très jalouse", fit Lilith avec un ton plus froid. "Ton… amie, Lily, est courtisé par un garçon sur lequel ma cousine a des vues. Mais ne t'inquiète pas, je saurais empêcher ma cousine de lui faire du mal. En fait, c'est déjà fait."

"- Vraiment ?"

Severus en doutait. Nul ne pouvait tenir tête à cette cruelle princesse. Comment une frêle jeune fille comme Lilith pouvait y parvenir ? La séduisante brune croisa le regard de Severus et devina les questions qu'il se posait. Elle esquissa un sourire plein de malice et se mit à lui expliquer avec un enthousiasme effronté :

"- J'ai menacé ma cousine de dire à sa mère qu'elle voulait sortir avec un garçon."

"- Et alors ? "répondit Severus qui restait septique.

"- Lucinda est fiancée avec quelqu'un d'autre. Il ne faudrait pas qu'elle sorte avec un autre garçon. La famille de son prétendant le prendrait très mal et cela aurait de lourdes répercutions pour les Dantes. Lucinda se ferait tuer. Elle deviendrait une honte pour la famille. Je dois admettre que c'est un moyen de pression puissant."

Severus ne répondit pas, mais il comprit pourquoi Lilith avait été envoyée à serpentard. Il était indéniable que c'était une petite rusée qui savait abattre ses adversaires sans leur laisser le moindre espoir. Il éprouva une espèce d'admiration pour elle.

"- En fait, que je sois venu pour lui parler était parfaitement inutile", en conclut le jeune homme.

"- Oui, en un sens, mais tu ne pouvais pas le savoir. De toute manière, Lucinda ne t'aurait jamais reçue."

"- Vraiment ?"

"- Oui, je tiens à te faire remarquer qu'en vérité ma cousine était bel et bien présente à la maison, mais elle demandé à sa mère de te dire qu'elle n'était pas là et de t'envoyer promener."

"- En effet, j'avais peu de chance de m'entretenir avec Lucinda."

Severus grinçait des dents. Il appréciait fort peu de s'être fait envoyer balader de la sorte, et il se disait que cela ferait du bien à Lucinda de lui offrir la correction qu'elle méritait. Mais Lilith l'arrêta quand ils se retrouvèrent face aux grilles de la propriété. La belle brune semblait déçue de devoir laisser son compagnon partir si tôt, et fusillait la grille de son regard le plus meurtrier. Revenant vers Severus, elle lui fit son plus beau sourire et le cœur du jeune homme fit un saut périlleux dans sa poitrine bien malgré lui.

"- Ce fut un réel plaisir d'avoir conversé avec to"i, avoua Lilith. "C'était pour moi inespéré. J'espère pouvoir te parler encore."

"- Hum… je n'y vois pas d'inconvénient," répondit Severus qui se battait avec ses sentiments.

"- Et… comment dire", continua Lilith sur un ton hésitant. "Je voudrais te dire autre chose."

"- Quoi donc ?"

Il pensait avoir tout dit avec elle, à moins qu'il ne doive lui avouer qu'elle ne le laissait pas indifférent, mais une telle pensée l'offusqua. Il n'y avait que Lily Evans dans sa vie. Personne d'autre n'avait le droit de faire chavirer son cœur. Pourtant, quand Lilith rapprocha doucement son visage du sien, le jeune homme trouva qu'elle s'y prenait très bien pour chasser la gryffondor de son esprit. Il fut hypnotisé par ses yeux bleus, et il ne bougea pas d'un pouce quand il sentit les lèvres de la belle brune frôler les siennes avec une douceur surprenante. Mais le contact se rompit aussitôt et la tentative de Lilith pour embrasser Severus fut avortée quand le majordome fit bruyamment remarquer sa présence par un affreux raclement de gorge. Lilith avait sursauté et jamais les lèvres de Severus ne purent goûter celles de sa compagne en ce jour précis.

"- Que désirez-vous, Edward ?"

"- Madame se demandait pourquoi vous mettiez autant de temps pour raccompagner notre visiteur. Elle s'inquiétait."

"- Je pense surtout qu'elle était pressée de le voir partir", râla Lilith." Et aussi de me voir retourner dans ma chambre."

Lilith se tourna une nouvelle fois vers le serpentard, cette fois, un air désolé et frustré ornait son beau visage. Severus sentit son cœur fondre comme neige au soleil. La voir triste semblait provoquer en lui un vif émoi. Il tentait de lutter avec ses sentiments naissants envers cette Vélane brune, mais au fond de lui, il savait que c'était inutile. Severus fit ses adieux à la jeune fille et eut à mal fou à lui faire lâcher sa main. Elle s'agrippait à lui comme si sa vie en dépendait. Le majordome tira Lilith en arrière, la forçant à lâcher prise et Severus partit, prenant soin de ne pas se retourner. S'il le faisait, il devinait qu'il ne saurait plus partir. Il entendit derrière lui voix suave de Lilith disputer allègrement le majordome. Severus pressa son pas, pour que ses oreilles n'entendent plus cette voix de sirène qui faisait choir son cœur.

Il faisait presque nuit quand Severus rentra chez ses parents. Ces derniers étaient occupés chacun dans leur coin et ne se soucièrent guère du retour de l'adolescent. Severus devina qu'ils s'étaient encore disputés, comme d'habitude. Il s'en moquait, au fond, c'était devenu banal. Peut être que c'était là le drame. La violence et le chaos dans sa famille était devenu une banalité et plus personne ne s'en souciait. Pas même lui.

Il s'enferma dans sa chambre, d'une vétusté effrayante, n'ayant que le strict nécessaire. Pas de photos, pas de fleurs, pas de souvenirs. C'était comme si personne ne vivait dans cette pièce. Seule une malle à peine défaite et des livres éparpillés autour du lit trahissaient la présence de l'adolescent. Severus se laissa tomber sur son lit et ferma les yeux. Il voulait oublier Lilith mais sa voix résonnait encore dans sa tête. Et que dire de ses yeux bleus qui lui revenaient régulièrement en mémoire ?

"- Jolie fille, n'est-ce pas ? Je la trouve plus belle que Lucinda. Je ne comprends pas pourquoi à Poudlard on préfère cette poupée blonde. Vous l'imaginez avec quelques années de plus ? Quelle superbe femme elle ferait."

Severus prit son oreiller et le balança à mon visage. J'esquivais avec aisance avant de m'asseoir sur le bord du lit, affichant toujours sur mon visage cette malice qui me caractérisait. Je mourais d'envie de savoir comment allait réagir Severus à l'évocation de cette créature enchanteresse.

"- C'est une Vélane n'est-ce pas ?"

"- Pas du tout", fis-je intéressée par cette comparaison.

"- Comment a-t'elle fait pour m'hypnotiser de la sorte alors ? C'est incompréhensible !"

"- Elle est spéciale", admis-je avec une pointe d'amusement qui ne passa pas inaperçue aux oreilles de Severus.

Le garçon se releva immédiatement et me fixa avec colère. Je détournais mon regard, plus pour m'amuser que par gêne. Il brûlait d'impatience et de fureur.

"- Vous ! Vous me cachez des choses à son sujet," vociféra mon protégé. "Son charme n'est pas naturel. Ce n'est pas possible de perdre autant ses moyens devant une simple fille."

"- Elle ne l'a pas fait exprès," m'empressais-je de dire." Elle fait cela sans s'en rendre compte."

"- Elle a fait quoi exactement ? Je veux le savoir !"

Severus ne supportait pas d'avoir été si aisément manipulé. Il avait l'impression d'avoir été trahit. Il frappait son lit pour ne pas avoir à le faire sur moi. Touchant, mais inutile. Ses mains auraient traversés mon corps immatériel. J'eus presque pitié pour lui. Non… J'eus pitié pour lui. Il ignorait encore le tournant que sa vie venait de prendre et les conséquences que cela impliquait.

"- Elle a influencé ton esprit", expliquais-je sobrement. "C'est une légitimens innée. Et son pouvoir dépasse largement celui de Voldemort dans ce domaine. Son cas est unique, et elle est si douée qu'elle est capable d'influencer les décisions des gens. Mais… elle ne le fait pas exprès et Dumbledore lui a bridé déjà une partie de ses dons."

Severus serra les poings comme les dents, très vexé de s'être fait avoir si facilement par une gamine. Il était le meilleur occlumens de sa génération et cela le faisait fulminer de s'être fait mettre en échec de la sorte. Il n'avait rien vu, rien compris. Il ne comptait donc pas revoir cette fille, en représailles. Il lui briserait le cœur, l'ignorerait volontiers. Elle regretterait cette manipulation sur son esprit. Mais il comprit très bien pourquoi Voldemort l'avait fait tuer. Si elle pouvait lire les pensées et influencer les décisions, elle mettait en péril les plans du Lord noir.

"-Un pouvoir redoutable", grommela Severus. "Je devine la puissance de son esprit."

"- Oui, mais comme elle a d'autres pouvoirs particuliers, Dumbledore a pensé bien faire en la séparant un peu des autres et en bridant ses pouvoirs magiques. Cela la rend tellement malheureuse…"

"- Pauvre chose. Je dénote comme de l'amour dans votre voix", fit ironiquement Severus. "Vous en parlez comme si elle était votre fille"

"- C'est tout comme", répondis-je avec une légère froideur." Lilith est ma filleule."

Le sourire mauvais de Severus se figea et je vis son teint prendre une couleur blanche, le faisant ressembler à un cadavre.