Bonjour à toustes !
Merci pour toutes vos reviews sur le chapitre précédent, il me semble avoir repéré des nouveaux pseudos ;) Continuez à me donner vos impressions, c'est un vrai plaisir.
Un peu de lecture de lettres ça vous dit ?
Un peu d'action aussi ? Du genre qui donne chaud ? ^^
Allez, on retrouve Albus, Scorpius, Rose et Drago, Harry, Charlie pour quelques péripéties !
Bonne lecture !
Chapitre 36 — Échanges épistolaires
Dimanche 14 février 2021
Bercé par les mouvements et le bruit répétitif des roues sur les rails, Albus s'est endormi, la tête contre la vitre. La fatigue des vacances l'a rattrapé et il n'avait pas envie de regarder Scorpius et Rose s'affronter aux échecs pendant encore plusieurs heures. À chaque voyage en train où Scorpius est présent – et cela devient fréquent – ces deux-là font de nombreuses parties pour passer le temps. D'habitude, Albus s'y intéresse un moment ou joue avec son frère à autre chose, mais aujourd'hui James est dans le compartiment d'Emily. Du coup ils ne sont que toustes les trois.
C'est un bruit de coups de bec contre une vitre qui le réveille en sursaut. Une petite chouette brune tape sur la vitre de la porte du compartiment. Rose se lève et lui ouvre, le volatile s'engouffre pour se poser sur les genoux d'Albus qui essaye de comprendre ce qui se passe. L'oiseau ouvre le bec et lui lâche une lettre dans les mains avant de repartir aussi vite qu'il est entré, en laissant les trois ami·es perplexes.
— Tu veux pas l'ouvrir, Al' ?
Albus sursaute à la question de sa cousine. Puis il reconnecte les dernières secondes écoulées et déchire l'enveloppe en glissant le doigt sous le rabat. Ses joues se colorent au fur et à mesure de sa lecture et sa peau légèrement hâlée au naturel devient aussi rouge qu'une bannière de Gryffondor.
— C'est qui, Albus ? Forcément quelqu'un qui est dans le train, commente Rose.
— C'est… c'est Daniel.
Depuis sa rencontre percutante avec le garçon de Poufsouffle, Albus s'est peu à peu rapproché de lui et ils sont devenus amis. Daniel est drôle et extraverti, souriant et joyeux. Il a plein d'ami·es dans toutes les maisons de Poudlard parce qu'il est plutôt sociable. Ils se voient presque tous les jours, Daniel vient régulièrement s'asseoir à la table de Serpentard ou de Gryffondor quand Albus y est avec Rose. C'est le genre de garçon qui change de table à chaque repas pour pouvoir parler avec tout le monde.
— Qu'est-ce qu'il veut ? demande Scorpius.
— Il… il veut sortir avec moi, balbutie Albus, encore sous le choc qu'on puisse s'intéresser à lui de cette façon.
— Ah, mais c'est trop bien ! s'exclame Rose. Enfin, vu ta tête je sais pas si c'est une bonne nouvelle finalement…
— Ben, je sais pas trop…
Les émotions d'Albus sont comme un livre ouvert pour Scorpius et il a remarqué tout de suite que son meilleur ami est perturbé par ce courrier de Saint-Valentin, parce que cela ne peut être que ça. Il se doit de l'aider et il abandonne sa partie d'échecs avec Rose. Fort heureusement, il s'agit d'un jeu moldu et les pièces ne se sentiront pas vexées d'être laissées de côté en pleine partie. Les jeux sorciers sont marrants, mais certains ont un si mauvais caractère que ça devient difficile de les utiliser.
— Il te plaît ou pas ? demande-t-il.
— Heu… Oui… Je crois…
— Il n'y a pas à hésiter alors ! Tu n'as rien à craindre, Al', Daniel est un mec vraiment chouette.
— Tu trouves ?
Scorpius s'apprête à répondre, mais il est interrompu par la porte du compartiment qui s'ouvre en faisant « woosh ». Les têtes des trois ami·es se tournent vers le bruit et un silence surpris accueille le visiteur.
— Salut Albus !
— Salut Daniel, répond Rose à sa place. Bon… On va vous laisser, hein.
Scorpius fait un clin d'œil à Albus, puis ce dernier regarde dans un état second ses deux ami·es sortir du compartiment et Daniel y entrer. La porte se referme dans un petit bruit de frottement.
— Je vois que t'as bien reçu ma lettre. J'avais un peu peur que Plume l'ait donnée au premier venu, elle a tendance à être fainéante des fois.
— Ah… heu, ouais, bredouille Albus en baissant les yeux vers ses genoux et la lettre encore entre ses mains.
Il la pose sur la banquette et fait tout son possible pour éviter de regarder Daniel, il se sent intimidé par la situation. Il se trouve ridicule. Du coin de l'œil, il le voit s'asseoir juste à côté de lui.
— Alors, t'es d'accord ? Tu veux bien sortir avec moi ?
Albus ne parvient pas à répondre, les mots sont coincés dans sa gorge. Il observe Daniel de côté, embarrassé par tout ça. C'est la première fois que ça se produit et il n'a aucune idée de ce qu'il faut faire. Il rêvait que ça lui arrive et maintenant que c'est le cas, il est paralysé.
— Merlin, je me suis trompé, c'est ça ? s'inquiète Daniel. T'aimes pas les garçons, en fait ? Oh, mais pourtant j'étais sûr du contraire. Je suis désolé si j'ai mal interprété la façon dont tu me regardais.
Daniel se lève et tourne les talons, il n'a pas compris la raison du silence d'Albus, ce dernier s'en rend compte brutalement. Il le rappelle au moment où il pose sa main sur la poignée de la porte :
— Non ! Attends !
Daniel revient vers lui à pas hésitants cette fois. Albus se force à sourire et à le regarder pour l'encourager à se rasseoir. Il a le cœur qui bat tellement fort qu'il menace de sortir de son corps et ses paumes sont moites, il les frotte contre son pantalon pour les essuyer.
— Tu t'es pas trompé. Je suis juste surpris.
— Pourquoi t'es surpris ?
— Heu… Ben… Que je te plaise ?
— Et pourquoi pas ? T'es sympa et t'es mignon, Albus !
Albus rougit encore plus fort, il ne pensait pas que c'était possible. Il se force à ne pas détourner le regard de Daniel qui s'est rapproché de lui sur la banquette.
— Je peux t'embrasser ?
La question de Daniel résonne comme un coup de tonnerre aux oreilles d'Albus alors qu'elle a été presque chuchotée. Il se frotte encore un peu les mains sur son pantalon, mais à ce rythme là il va bientôt être trempé. Il observe le nez en trompette de Daniel, ses yeux marron, ses cheveux châtains, il le trouve plutôt mignon lui aussi. Et il s'entend bien avec lui jusque-là.
Albus clôt les paupières un instant, imaginant d'autres traits, une tête avec le menton légèrement en pointe, des iris bleu-gris et des cheveux blonds. Puis il les rouvre en se traitant mentalement de scroutt, il faut qu'il arrête de se faire des illusions. Scorpius ne lui demandera jamais de l'embrasser. Jamais. Mais ce garçon là, lui, il attend une réponse, un sourire confiant et avenant sur le visage.
— D'accord, souffle Albus, maintenant sûr de lui.
Daniel se penche et Albus ferme les yeux. Des lèvres sèches se posent sur les siennes pendant quelques secondes. C'est étrange, pas désagréable, pas extraordinaire non plus. Il rouvre les yeux quand la tête de Daniel se recule un peu. Mais il est bien plus près qu'il ne l'avait imaginé, il le regarde avec insistance et ne s'est pas départi de son sourire. Alors Albus prend son courage à deux mains et fait preuve d'initiative en l'embrassant à son tour. Il a si peur que ses mains se sont refermées en deux poings fermement pressés contre ses cuisses. Mais tout se passe bien, Daniel répond à son baiser et bouge un peu les lèvres, puis pose les doigts sur le côté de son cou. Sa paume est chaude et douce et Albus trouve enfin tout cela agréable. Il desserre les poings et se laisse porter.
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Le dîner de rentrée est sur le point de démarrer. Toustes les élèves sont revenu·es depuis la gare de Pré-au-Lard sous une pluie battante et les professeurs ont mis un certain temps à sécher tout le monde avant de passer à table. Le repas prévu est un peu plus festif que d'habitude, mais loin d'être d'un festin.
Neville se lève pour demander le silence et les discussions cessent petit à petit.
— J'espère que tout le monde est bien reposé de ses vacances, nous sommes ravis de vous retrouver. Je vous informe qu'il y aura une distribution exceptionnelle de courrier pendant le dîner, après tout c'est la Saint-Valentin aujourd'hui ! Bon appétit !
À peine les mots prononcés, les plats apparaissent sur les tables et les hiboux s'engouffrent dans la Grande Salle. C'est un véritable ballet de plumes, de becs et de serres qui portent lettres et paquets. Il y a rarement autant de courrier d'un coup.
Albus ne reçoit pas de nouvelle lettre, mais il s'en fiche. Il est assis entre Rose et Daniel, Scorpius est face à lui, il est comblé. Il se sert de purée de carottes et de poulet rôti, serein et heureux.
Rose non plus n'a pas de courrier, mais elle s'en moque tout autant, elle n'a pas la moindre envie d'avoir un petit copain pour l'instant, ni même une petite copine. Elle aura le temps plus tard, après ses études. Peut-être.
Scorpius, lui, en reçoit deux et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il est gêné. Il fait tout pour les cacher, mais c'est peine perdue : ses ami·es ont vu les oiseaux atterrir et repartir.
— Oh ! C'est que tu as des admiratrices, Scorp', taquine Rose avant d'enfourner une cuillère de petits pois.
— C'est qui ? continue Albus, curieux, penché en avant.
Scorpius est bien forcé de décacheter les enveloppes s'il veut faire taire Rose et Albus. Iels ne lâcheront rien tant qu'iels ne sauront pas. Il les lit rapidement et les range, les joues roses.
— Alors ? insiste Rose.
— Les deux sont de Melinda…
— Melinda Davis ? demande Daniel en s'incrustant dans la conversation.
Scorpius hoche la tête, un peu embarrassé. Il replonge dans son assiette pour fuir les regards.
— Melinda lui court après depuis deux ans, explique Rose à Daniel en se penchant en arrière pour éviter de parler à travers Albus. Scorpius lui a dit non au moins vingt fois, je pense.
— Qu'est-ce que tu lui reproches ?
Scorpius garde le silence et espère que la discussion va s'arrêter, les oreilles autour d'eux commencent à s'y intéresser. Et il ne veut pas que Melinda soit au courant de ce que l'on dit sur elle, ça ne serait pas sympa.
— Il la trouve ennuyeuse à mourir, répond Albus, elle ne parle que de son chat et sa passion pour les cailloux qui brillent.
Rose ne peut s'empêcher de pouffer et Scorpius fusille des yeux ses ami·es qui se moquent de la pauvre Melinda. Il n'a pas de point en commun avec elle et ce n'est pas sa faute, mais il aimerait bien que ça ne fasse pas le tour de la Grande Salle.
À la table des professeur·es, il y a aussi quelques oiseaux venus déposer des lettres ou des paquets, mais ils sont bien moins nombreux. Le repas se termine et un grand-duc entre dans la Grande Salle par l'une des ouvertures, puis plane majestueusement pour atterrir sur la table, entre Harry et Drago. Ce dernier tend la main pour détacher le colis attaché à sa patte, mais l'oiseau lui donne un coup de bec.
— Aïe ! Inutile de me mordre, je veux seulement récupérer mon paquet.
Il tend de nouveau la main et le hibou récidive, mais cette fois Drago est prêt et retire ses doigts juste à temps.
— Harry, c'est toi qui m'as fait envoyer ce paquet ?
— Absolument pas, répond Harry qui était en train de discuter avec Neville. C'est quoi ?
— Impossible de le récupérer. Essaye donc, si ça se trouve ce n'est pas pour moi et ce hibou refuse de me laisser le toucher.
Harry n'attend pas plus de colis que Drago, mais il tend la main à son tour pour décrocher le paquet. La réaction est immédiate, l'oiseau le pique et il jure entre ses dents.
— Mais qu'est-ce qu'il a ce piaf ? s'énerve-t-il. Pourquoi il s'est posé là si ni l'un ni l'autre ne peut le récupérer ?
— Attends, regarde ! Il y a nos deux noms sur l'emballage.
Harry et Drago, concentrés sur la récupération impossible de ce paquet, n'ont pas remarqué que leurs cris ont attiré l'attention de leurs voisins de table et d'une partie des élèves, les plus proches de l'estrade. Les deux hommes tendent la main d'un même mouvement vers le colis, avec prudence, mais l'oiseau les laisse le saisir sans les attaquer. Drago soupire de soulagement et Harry se frotte encore la main pour faire passer la douleur. Il laisse son compagnon dénouer la cordelette et déchirer le papier kraft tout en l'observant. À l'intérieur, il y a un parchemin plié en deux et une boîte en carton d'un rouge sombre sur laquelle une inscription s'étale en lettres dorées : « Les gourmandises des dragons ». Harry est perplexe et Drago l'est tout autant. Ce dernier récupère le parchemin et le déplie entre eux deux.
« Chers Harry et Drago,
Voici quelques chocolats spéciaux contenant un extrait de sang de dragon, ils sont fabriqués à la confiserie de la Réserve. Ce sont ceux dont je t'ai parlé, Drago, mais que tu n'as pas pu acheter. Ils ont refait le stock juste après votre départ…
Je vous préviens, ne mangez pas ça en public, le sang de dragon et le chocolat mélangés ont des propriétés… disons… explosives ! Assurez-vous d'être seuls et de ne pas être dérangés. Mais ça devrait vous plaire.
À bientôt !
Amitiés,
Charlie »
Drago se souvient de cette discussion avec Charlie, elle date d'un peu plus de vingt-quatre heures seulement. Ils étaient sur le point de partir pour Bucarest afin de prendre le portoloin pour Londres quand Charlie lui a proposé d'emporter l'une des spécialités fabriquées à la Réserve, une des choses qu'ils vendent pour la financer. Étant donné son amour pour le chocolat, Drago était curieux de goûter ça. Mais les stocks étaient vides au moment de leur passage éclair à la confiserie.
Drago ouvre le coffret et se penche un peu pour observer les délicats chocolats en forme de cœur, ils sont brillants et ils ont l'air délicieux. L'odeur qui lui parvient réveille son appétit et il se contrôle pour ne pas en engloutir un dans l'instant. La mise en garde de Charlie est suffisante pour le retenir, qui sait ce que ces chocolats vont provoquer ?
— Qui vous a envoyé des chocolats en forme de cœur ? demande Neville qui n'a rien raté du déballage.
Harry sursaute et Drago tourne brusquement la tête en direction de Neville, assis de l'autre côté de Harry. Il sent ses joues chauffer et il déteste cette sensation. Il referme le coffret et replie le parchemin, il ne manquerait plus que quelqu'un le lise.
— C'est Charlie, répond Harry à voix basse. C'est plus pour Drago que pour moi, le dingue de chocolat c'est lui.
— Et tu trouves pas ça bizarre que ton ex envoie des chocolats à ton mec pour la Saint-Valentin ? continue Neville, un air dubitatif sur le visage.
— C'est Charlie, Nev' ! Il a pas ce genre d'idées.
— Si tu le dis !
La salle a commencé à se vider, les élèves rejoignent leurs dortoirs. Harry décide que le repas a assez duré et repousse sa chaise. Drago se lève à sa suite, le coffret et le parchemin coincés sous le bras, et ils descendent de l'estrade. Les regards appuyés que certains élèves leur lancent et particulièrement parmi les plus âgés sont éloquents : iels ont entendu toute la discussion. Drago se retient de lever les yeux au ciel et ignore les regards. Il se demande quelles nouvelles rumeurs vont fleurir dans les couloirs d'ici la fin de la semaine.
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Mercredi 17 février 2021 — Charlie
Je m'apprête à sortir de la maison quand un hibou toque à ma vitre. Je le laisse entrer et le reconnais aussitôt, il s'agit du grand-duc que j'ai envoyé à Poudlard samedi midi. Je ne l'attendais pas aussi rapidement, d'autant plus qu'un petit rouleau de parchemin est attaché à sa patte. Il m'autorise à le prendre sans difficulté malgré son caractère affirmé. Je l'ai choisi exprès pour ça d'ailleurs, je préférais que le colis ne soit pas récupéré par quelqu'un d'autre que Harry ou Drago. Je lui donne un peu de Miamhibou et je le laisse retourner à la volière de la Réserve. Nous sommes peu nombreux à posséder des hiboux ou des chouettes, mais il y a une grande volière qui permet d'envoyer et revoir des courriers sans difficulté.
Je reprends le travail seulement aujourd'hui. Je prends quelques instants pour dérouler le parchemin après avoir vérifié à l'horloge que je ne risque pas de me mettre en retard. Ma blessure a nécessité quelques jours de traitement, la faute aux soins rudimentaires que j'ai reçus au chalet et à la journée qui a suivi durant laquelle je ne me suis pas ménagé. Je ne voulais pas gâcher leur séjour, ça aurait été trop dommage qu'ils ratent la deuxième journée ! La médicomage de la Réserve m'a passé un vrai savon quand nous sommes rentrés le jour d'après et m'a fait promettre de ne plus agir de façon impulsive et bornée.
La lettre est plutôt courte, il ne me faut que quelques instants pour la parcourir des yeux. Je reconnais l'écriture de Harry et celle de Drago plus loin.
« Charlie,
Ton oiseau a vraiment un sale caractère, il nous a mordu plusieurs fois chacun parce qu'il refusait que seul l'un de nous détache le colis ! Si tu pouvais éviter de l'utiliser de nouveau à l'avenir, ça serait sympa.
On a pas encore goûté les chocolats, on enchaîne deux semaines d'astreinte, moi d'abord et Drago ensuite. À te lire, ce n'est pas le bon moment pour les manger, on peut être dérangé n'importe quand. Je suis quand même curieux de savoir ce qu'ils ont de particulier !
Le timing d'envoi n'était pas idéal par contre, le colis est arrivé à la fin du dîner de rentrée, le 14. Tout le monde nous a regardés avec des yeux ronds parce que c'était des chocolats… Tu sais comment sont les gens avec la Saint-Valentin. Il serait étonnant que les gamins qui nous ont entendus ne s'imaginent pas des trucs après ça.
Harry.
Ce que Harry essaye de te dire, avec toute son absence de délicatesse, c'est : merci pour les chocolats, Charlie, c'est gentil d'avoir pensé à nous.
J'ai vraiment hâte de les goûter, contrairement à Harry j'ai ma petite idée sur leurs effets.
À bientôt,
Drago »
Je repose la lettre en souriant, leurs caractères transparaissent parfaitement dans ce courrier. Même si je sais pourquoi ils sont faits l'un pour l'autre, leurs différences semblent parfois si énormes que l'on pourrait se poser des questions. Leur histoire n'était prévisible par personne, la vie est souvent étonnante. Je suis surpris et désolé pour eux que le hibou soit arrivé ce soir-là, il a fait vite, je ne m'attendais pas à ce qu'il finisse son voyage avant lundi. Mais ce n'est pas bien grave, Harry a toujours tendance à exagérer de toute façon.
Je sors de la maison de bonne humeur, avoir des nouvelles d'eux si vite après leur départ me fait plaisir. Leur séjour a été intense, mais c'était une joie de les avoir avec moi, ainsi que les enfants. Scorpius est vraiment un jeune garçon incroyable et je crois qu'il rejoindra la Réserve d'ici quelques années. Je ne sais pas ce que son père en pensera.
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Lundi 22 février 2021 — Charlie
Je soupire en me vautrant dans le canapé. Le feu tout juste allumé me réchauffe agréablement. La journée a été intense cette fois encore, mais je crois que je ne pourrais pas me passer de participer au bien-être de ces bêtes. George blague souvent sur le fait que seule la mort pourra m'arracher aux dragons, mais je pense qu'il a raison, rien au monde ne fera quitter mon travail, mes collègues et ces magnifiques créatures. Peu importent la fatigue, les brûlures, les horaires difficiles, j'aime trop ce que je fais. Maman ne comprend pas et m'encourage encore régulièrement à revenir en Angleterre, elle s'inquiète tant pour nous tous. Cette inquiétude est accrue depuis la guerre et la mort de Fred, et je sais que rien ne peut apaiser cette angoisse. Mais si je n'ai pas quitté la Réserve pour Harry alors qu'il me l'a demandé, rien ne le fera. Mais je ne peux pas dire ça à Maman, je préfère tant que possible éviter le sujet des relations amoureuses avec elle, elle devient intrusive beaucoup trop vite.
Je me réveille en sursaut en me demandant ce que je fais sur mon canapé. Il semble que je me sois endormi sans m'en rendre compte, la journée a été fatigante. Je me force à me lever pour manger un peu.
Il y a quelques restes dans les placards, ça suffira bien pour ce soir. Maman serait effrayée de voir comment je me nourris… C'est une chose qui me manque, d'avoir quelqu'un avec qui discuter pendant qu'on cuisine, partager les tâches du quotidien. Cela me fait penser que je n'ai pas répondu à Harry et Drago, leur lettre est toujours sur la table. L'un et l'autre ont cuisiné tous les jours quand ils sont venus, chaque fois. Harry le faisait aussi, je m'en souviens. Il le faisait dès son tout premier séjour, avant qu'on soit ensemble. C'est agréable de se faire un peu dorloter et ma solitude me pèse ce soir.
C'est difficile parfois d'être différent et j'ai conscience que mon mode de vie augmente la complexité de trouver quelqu'un qui peut me correspondre. C'est déjà compliqué de trouver un homme qui accepte mon asexualité, mais en plus les relations à distance ne fonctionnent en général pas bien longtemps. Et je n'ai jamais rencontré aucun dragonnier prêt à partager ma vie, pourtant ça aurait été pratique. Mais non, les hommes ici sont tous hétéro, une vraie calamité.
Je pose ma vaisselle sale dans l'évier et lance un sort de nettoyage dessus. L'éponge se met à frotter toute seule et me laisse libre de mes mouvements. J'en profite pour reprendre la lettre de Harry et Drago, un parchemin neuf, une plume et de l'encre. Je réfléchis longtemps avant de poser mes mots sur le papier.
« Chers Harry et Drago,
Je commence toujours mes lettres ainsi et je me demande soudain si ce n'est pas trop, ils n'ont rien dit, mais je réalise que ça aurait pu être mal interprété. Tant pis, maintenant que j'ai commencé, je continue.
Je suis désolé si Atlas est arrivé en plein dîner de la Saint-Valentin dans la Grande Salle, il a fait incroyablement vite. Désolé aussi pour les coups de bec, il faut savoir s'y prendre avec lui, mais au moins il ne délivre jamais ses courriers à la mauvaise personne.
Je me demande si je ne vais pas réutiliser Atlas pour ce courrier-là, juste pour faire enrager Harry. J'imagine son visage boudeur et Drago qui lève les yeux au ciel devant tant d'énervement. Ça pourrait être drôle si je pouvais y assister.
Drago, je te remercie pour la traduction. Harry est toujours aussi subtil… Entre Gryffondor, on se comprend cependant assez bien sur ce point !
J'ai hâte de savoir ce que vous avez pensé des chocolats, surtout toi Drago ! Harry risque d'être surpris et j'avoue que ça me fait bien rire.
J'espère qu'ils ont pris ma mise en garde au sérieux, ces chocolats sont interdits de vente aux mineurs, ce n'est pas pour rien. Mais les connaissant, ça devrait vraiment les amuser. Même Drago, qui semble avoir déjà deviné de quoi il s'agit. Ce n'est pas étonnant, il connaît bien les propriétés du sang de dragon et a dû faire le lien du mélange avec le cacao, j'en suis certain. Son savoir sur les ingrédients de potions est extraordinaire et il est passionné, c'est un vrai plaisir d'en parler avec lui.
Vous serez peut-être contents de savoir que j'ai bien repris le travail et que mes blessures ont guéri comme il faut. Aucune séquelle malgré la remise en place de mon épaule avec votre aide, elle est en aussi bon état qu'avant, c'est à dire pas génial. Mais ça ira.
Votre séjour vous laissera des souvenirs incroyables grâce à moi, c'est déjà ça, ha ha ha.
J'espère que vous allez bien et les enfants aussi. Passez-leur mon bonjour, s'il vous plaît.
Amitiés,
Charlie »
Je repose ma plume et me frotte les yeux qui brûlent à cause de la fatigue. Je pense que ça ira pour ce soir, je porterai le parchemin à la volière demain matin, ils ne sont plus à quelques heures près ! Je monte me coucher, las et courbaturé par ma longue journée, et je m'endors en pensant à Drago et Harry, heureux de les avoir dans ma vie comme amis.
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Lundi 1er mars 2021 — Drago
J'adore cette nouvelle organisation des astreintes ! Nous sommes lundi soir et nous sommes sortis de Poudlard, Harry et moi. Nous étions invités chez Hermione et Ronald pour l'anniversaire de ce dernier. Un dîner entre adultes, sans enfants et sans tout le clan Weasley. Eux, nous et Neville, ainsi que mes propres amis, à ma grande stupéfaction. Le repas dont nous avions eu l'idée fin novembre chez Harry a brisé les ultimes barrières. Hermione et Pansy se rencontraient déjà régulièrement pour le projet de loi, mais maintenant nos amis respectifs se voient même sans nous ! C'est tout de même un comble !
Nous avons pris la cheminette jusqu'à la maison de Harry, nous avons bien trop bu pour transplaner et aucun de nous n'a envie de rentrer à l'école ce soir. Le réveil sera rude demain, mais peu importe ! Bientôt ce sera chez nous, nous en avons parlé aux enfants et nous déménagerons l'été prochain. James n'a pas soulevé d'objections, il ne lui restera qu'une année à Poudlard avant de partir faire ses études ailleurs et je suspecte qu'il se débrouillera pour vivre avec ses copains plutôt que de demeurer avec nous. Albus et Scorpius ont été ravis, eux, et leur joie m'a fait chaud au cœur.
Assis sur le canapé, devant un feu de cheminée réconfortant, Harry apporte deux tasses de tisane et une petite boîte en carton. Je la reconnais aussitôt : il s'agit des chocolats envoyés par Charlie. Harry ne sait pas à quoi s'attendre, j'ai refusé de lui dire quoi que ce soit de mes soupçons et il est loin d'être patient, ça l'a agacé. Pendant deux jours, il a même fait la gueule et m'a laissé faire mon astreinte seul dans mes appartements. Ce qu'il peut être puéril parfois !
— Je veux manger ces chocolats, Drago. Peu importe ce que ça aura comme conséquences, nous sommes seuls ici et personne ne va nous déranger jusqu'à demain matin.
J'hésite, il n'est pas très tard, mais le réveil sonnera tôt demain. Et si je le laisse en manger seul, je sais parfaitement qu'il va m'en vouloir de ne pas pouvoir partager ce qui va lui arriver. Je suis curieux de vérifier si ça va bien avoir les effets que j'imagine. De ce que Charlie a dit à la Réserve, ça devrait être intéressant et plutôt sportif. D'ailleurs, ça me fait penser qu'on ne lui a pas encore répondu, la faute à Harry qui fait traîner les choses malgré mes rappels répétés.
Au diable mes hésitations, je pose mon mug et je mange un chocolat sans attendre. L'amertume du cacao envahit ma bouche avec des notes légèrement boisées, une petite pointe de sel me titille ensuite les papilles et sur la fin de ma dégustation, un arôme acide se dégage. Ça ressemble à du citron vert, mais ce n'est pas du citron, c'est le sang de dragon, j'en suis certain.
Harry a suivi mon exemple et a déjà mangé deux chocolats. J'en prends un deuxième que je savoure, ils sont délicieux. Un chocolat d'excellente qualité, vraiment. Je ferme les yeux pour mieux en profiter et je me repose contre le dossier du canapé en rejetant la tête en arrière. Je me détends complètement et je goûte ce chocolat encore et encore.
— Drago… J'ai chaud, m'interpelle Harry quelques instants plus tard.
Je rouvre les paupières et je plonge mon regard dans le sien. Son incroyable regard vert plein d'amour qui fait battre mon cœur, qui me tord le ventre, qui me remplit d'une joie incommensurable. Moi aussi j'ai chaud et je pense que c'est normal. J'attends la suite.
Harry lève la main vers moi et ses doigts effleurent ma joue. Ils sont chauds, bien plus qu'ils ne devraient. Ou alors je ressens mieux les choses, parce que son léger toucher provoque comme des petites étincelles de sensation entre nos deux peaux. Ses yeux s'agrandissent de surprise, il vient de réaliser la même chose que moi.
Je n'ai pas besoin de poser la question qui me brûle les lèvres pour savoir qu'il pense comme moi, là, tout de suite. J'ai terriblement envie de lui et je devine que lui aussi. Pas à cause du sang de dragon contenu dans le chocolat – malgré ce que j'avais imaginé – mais parce que celui-ci exacerbe les sensations et qu'il n'y a rien de plus fort que nous puissions partager pour tester les limites de cet effet.
Je me penche vers lui pour l'embrasser sans aucune délicatesse, je veux le goûter comme j'ai goûté ce chocolat, je veux le dévorer tout entier. Ses doigts se referment sur ma queue de cheval et mes cheveux se libèrent de l'élastique qui les maintient tandis que j'explore l'intérieur de sa bouche, me délectant de la douceur exquise de sa langue. Je taquine ses dents, il empoigne mes mèches à pleines mains et il serre. Je geins à la fois de douleur et de plaisir dans sa bouche et je le sens sourire.
Il me repousse en tirant sur mes cheveux et je ne peux que reculer. Nos respirations sont saccadées et je suis dur comme la pierre, excité comme je l'ai rarement été après un baiser, même si celui-ci était exceptionnel.
— Mets-toi debout, demande-t-il avec une sorte d'urgence fébrile dans la voix.
Je me relève face à lui, je le regarde d'en haut, il est beau. Je passe la main dans sa tignasse en désordre, emmêlant un peu plus les mèches noires et les quelques mèches blanches qui y sont perdues. Je le vois clore un instant les yeux sous mes caresses. Il retrousse mon pull et sort ma chemise de mon pantalon puis crochète ses doigts dans ma ceinture. Il tire dessus et glisse ses doigts dessous, il me taquine. La chaleur qui se dégage de sa peau et les légers picotements de délice que le contact provoque me font fermer les yeux de plaisir. Je me mords les lèvres tandis que ses mains remontent sur mon ventre et embrasent mes sens. Par Morgane, j'ai tant envie de lui !
Il se lève soudain et entreprend de me déshabiller, le regard brillant de désir. Mon pull et ma chemise disparaissent en un temps record pendant que je tire sur son t-shirt et son sweat pour les retirer d'un seul geste. Sa bouche rejoint la mienne dans une sorte d'urgence que nous ressentons tous les deux, muent par la même envie de se dévorer. Nos pantalons se retrouvent à nos pieds sans que je m'en rende compte, mes mains ont agi d'elles-mêmes tandis que je me perds dans le baiser que me donne Harry. Sa peau douce contre la mienne provoque des sensations divines, je n'ai jamais ressenti les choses de cette façon avant. Ces chocolats sont terriblement efficaces, on ne va plus pouvoir s'en passer, ce n'est pas possible autrement !
— À genoux, s'il te plaît, me souffle Harry, la voix transpirante, ses mains plaquées dans mon dos. J'ai envie de te prendre, là, tout de suite.
Je n'ose même pas répondre de peur que ma voix ne m'obéisse pas. J'étais à deux doigts de le supplier de me baiser, il m'a devancé. Ses doigts suivent mes mouvements et provoquent des traînées de chaleur sur ma peau tandis que je me mets à quatre pattes sur l'épais tapis. Je frissonne de plaisir en me cambrant sous les sensations. Il repousse la table basse d'un geste brusque et envoie valser les mugs encore pleins qui s'y trouvaient. L'un deux roule et se brise sur le parquet dans un claquement et un bruit d'eau. J'y prête à peine attention, concentré sur les mains de Harry qui caressent mon dos puis ses ongles qui se plantent dans mes fesses. Merlin, je vais jouir en cinq minutes à ce rythme-là.
Je le sens, dur, contre moi, il glisse contre ma peau, joue avec mes nerfs sans s'enfoncer encore. J'ai envie de lui dire de se presser, mais je ne le fais pas. Quelque chose m'arrête, la sensation est moindre que ce à quoi je m'attendais. Les chocolats cessent peut-être d'agir au bout de quelques minutes ? Je n'ai pas la moindre idée du temps qui s'est écoulé. Est-ce que je me suis habitué ? Est-ce que ce n'est que moi ?
— Harry… Toi aussi, tu sens la différence, là ?
— Maintenant que tu le dis, oui. On continue ou tu veux tenter l'expérience jusqu'au bout ?
— Donne-moi les chocolats, je demande en m'asseyant sur mes talons. On n'en a pas beaucoup, ça serait dommage de ne pas en profiter.
Harry attrape la boîte qui a glissé tout au bord de la table. Il engouffre aussitôt un chocolat et vient en déposer un entre mes lèvres, laissant ses doigts traîner pour les caresser. Je ne peux m'empêcher de les lécher avant de mordre dans la sucrerie. Le goût du chocolat m'envahit de nouveau les sens, il est si bon… J'ai à peine fini le premier que j'enchaîne avec le deuxième et Harry fait de même. La boîte vide est jetée à terre sans ménagement et Harry m'embrasse.
Cette fois, je sens les effets du sang de dragon revenir alors même que sa langue taquine la mienne : une brusque bouffée de chaleur et les sensations se retrouvent décuplées. Ses mains sur moi me font vibrer d'impatience, sa bouche me rend dingue. Il me relâche enfin et quand je le regarde, ses pupilles dilatées par l'excitation prennent presque toute la place de ses iris. Son sourire carnassier ne m'échappe pas tandis qu'il se replace derrière moi et m'enjoint du plat de la main dans le dos à me remettre à quatre pattes. Le feu qui brûle dans la cheminée sur notre gauche est tout proche de nous, mais il n'est pas responsable de la chaleur qui me dévore tout entier. Les doigts de Harry provoquent la chair de poule qui décore ma peau, les frissons qui descendent le long de mon dos, le désir qui étreint mon bas-ventre.
Je sens une main serrer ma hanche de façon possessive et son sexe glisser entre mes fesses. Je me recule légèrement pour jouer un peu avec lui, mais je suis surtout impatient qu'il prenne possession de moi. Il me titille encore un instant avant de pousser avec douceur et je prends conscience que ni l'un ni l'autre n'a pensé aux sortilèges de nettoyage et de protection. Peu importe en fait, je m'en fiche ! J'oublie ces détails pour me concentrer sur les sensations qui prennent toute la place dans mon esprit.
Je le laisse aller au rythme qu'il a décidé, mais si ça ne tenait qu'à moi, il pourrait tout aussi bien me défoncer. Je n'attends que ça en réalité. Il m'emplit petit à petit et rien ne m'excite plus que ça, cette sensation de plénitude tandis qu'il prend possession de mon corps, qu'il fusionne avec moi de la plus intime des façons. J'aime l'idée de m'abandonner à lui, à ses gestes, à son amour pour moi, avec la plus totale confiance. Il s'arrête un instant alors que je suis rempli de lui et ses mains caressent mes fesses et mon dos, les crépitements de délice m'électrisent. J'en tremble.
Quand l'une de ses mains revient fermement sur ma hanche alors que l'autre remonte jusqu'à ma nuque en brûlant mes sens sur son passage, je devine qu'il ne sera pas tendre ce soir, tant mieux. Ses doigts entourent mes cheveux qu'il réunit plus ou moins au creux de son poing et il amorce le premier mouvement. Sa queue glisse avec lenteur hors de moi – un vrai supplice de plaisir – pour me pénétrer d'un seul coup puissant. Je lâche un gémissement parfaitement indécent, oh par tous les dieux, c'est incroyable à quel point c'est bon.
Ses doigts s'enfoncent dans ma peau et son poing tire sur mes cheveux alors qu'il recommence encore. Et encore. Et encore. Il va me rendre fou. Chaque coup de boutoir m'arrache un gémissement de plaisir. Je me sens étiré, écartelé, rempli et la plénitude me gagne peu à peu. Les frottements de son corps dans le mien sont un délice incandescent et j'abandonne les dernières résistances pour éviter d'être trop bruyant. J'avais quelques instants oublié que nous étions seuls.
Nos peaux qui claquent, les geignements de Harry et mes cris ont envahi le salon. L'orgasme monte en moi fort et vite, je crois que c'est la première fois que c'est aussi puissant alors que Harry ne m'a même pas caressé. La plus sublime des extases prend possession de tout ce qu'il me reste de conscience et mon corps se raidit tandis que je sombre dans les limbes du plaisir. Les doigts de Harry me tirent presque aussitôt la tête en arrière et je devine qu'il vient de jouir lui aussi. Le gémissement long et grave qu'il laisse passer pourrait presque me faire bander de nouveau si j'avais vingt ans de moins. C'est si rare que je l'entende s'exprimer autant quand on fait l'amour.
Je récupère mon souffle avec difficulté tellement ces ébats ont été intenses et je reprends conscience du tapis sous mes paumes, de mes genoux qui brûlent, de mon crâne qui lance. Harry se retire dans un bruit mouillé et une impression de vide m'étreint. Ses doigts ont relâché mes cheveux et ma hanche pour me caresser les fesses et les côtes, les petites étincelles de sensations sont encore là, en plus de la tendresse que je ressens dans ses gestes. Sans force, je m'allonge sur le dos à même le tapis, je transpire de partout et le feu qui continue de se consumer ne m'aide pas à avoir moins chaud. Harry se blottit contre moi et pose sa tête au creux de mon épaule, je l'entoure d'un bras et caresse avec douceur toute la peau à portée. Il va vraiment falloir remercier Charlie pour ces chocolats, l'expérience était exceptionnelle, même si je ne suis pas sûr de vouloir autant d'intensité à chaque fois. C'est foutrement bon, mais épuisant.
Je me réveille en sursaut, j'ai froid. Je regarde autour de moi et j'aperçois des braises dans l'âtre. Le feu s'est consumé et la fraîcheur de la pièce m'a sorti du sommeil. Je secoue Harry et nous nous levons avec raideur pour rejoindre son lit. Tant pis pour la douche, un simple sort de rafraîchissement suffira bien jusqu'à demain matin.
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Mercredi 3 mars 2021
Harry entre dans le bureau de Drago alors que Scorpius en sort, son sac à l'épaule et des livres sous le bras. Il salue le jeune homme qui le lui rend avec un sourire. Comme à son habitude, il contourne la table et se penche pour embrasser Drago d'un léger baiser. La journée a été longue. Heureusement, ils ont leurs soirées ensemble et les nuits aussi, c'est si appréciable.
Il s'assied ensuite au bord du bureau et regarde Drago finir de corriger ses copies. Ce dernier pose sa main droite sur sa cuisse tandis que la gauche fait glisser la plume sur le parchemin. Ils n'ont pas toujours besoin de se parler quand ils sont ensemble, la présence de l'autre est suffisante.
Après les devoirs de la sixième année, Drago s'empare de la lettre de Charlie restée dans son sac et la lisse de ses deux mains pour pouvoir la relire. Un morceau de papier neuf prend place devant lui et il reprend sa plume.
— Qu'est-ce que tu veux répondre à Charlie ? demande-t-il à Harry.
— Qu'il doit vraiment arrêter avec cet oiseau de malheur !
— Oui, bon, tu lui écriras ça toi-même. Quoi d'autre ?
— Qu'il devrait nous renvoyer des chocolats, pour encore avoir le plaisir de te faire l'amour comme u sauvage sur le tapis du salon !
Drago l'observe avec attention, il se demande s'il est bien sérieux. Le connaissant, il est capable de tout. Harry éclate de rire, incapable de rester stoïque bien longtemps sous le regard scrutateur de Drago.
— Écris ce que tu veux, je verrai ce que j'ai envie de rajouter, dit-il finalement.
Drago soupire, mais il sourit, la légèreté de Harry est à la fois exaspérante et attachante. Il trempe la plume dans l'encrier et commence leur lettre de réponse.
« Cher Charlie,
Nous allons très bien tous les deux et les enfants également. Nous leur avons parlé du déménagement et ils sont tous d'accord, Scorpius et moi nous installerons cet été.
Je suis ravi de savoir que tu as bien récupéré de tes blessures, je me serais senti coupable de ne pas avoir proposé de rentrer si ça n'avait pas été le cas. J'ai préféré suivre le mouvement et respecter ta décision, mais je suis rassuré que les choses se soient bien terminées malgré tout.
Nous avons mangé les chocolats, le moins que je puisse dire c'est que l'expérience a été intense. Je ne m'attendais pas à ces effets-là, mais c'était extraordinaire. Je te remercie encore une fois pour ce cadeau. Ne nous en offre pas trop souvent tout de même, on risquerait de développer une dépendance.
Mes essais de potions n'avancent pas trop mal depuis la rentrée, je pense tenir une bonne idée. Il faut que je fasse d'autres tests pour en être certain cependant. Je te remercie une nouvelle fois pour les ingrédients, tu n'imagines pas à quel point cela me rend service.
J'espère que tout va bien à la Réserve.
Amitiés,
Drago. »
Harry a suivi des yeux les mots tracés par Drago et le sourire n'a pas cessé d'étirer ses lèvres. Son amoureux est toujours si précautionneux et poli – presque distant – dans ses lettres pour Charlie, il trouve ça adorable. Alors que leur amitié est pourtant évidente et qu'il pourrait se permettre d'être aussi familier par écrit qu'il l'est à l'oral.
Il laisse Drago se relire puis il lui prend la plume des mains en caressant ses doigts au passage. Il s'assied sur ses genoux et griffonne quelques phrases à la suite des siennes.
« Tout comme Drago, je te remercie pour les chocolats, c'était complètement dingue ! Drago a refusé de me donner ses hypothèses sur les effets avant qu'on les mange et je lui en voulais un peu, mais au final c'était pas plus mal d'avoir la surprise.
On a été raisonnables et on les a mangés chez moi l'autre soir, tu vois, j'écoute tes conseils et je m'assagis avec le temps. On a bien fait je crois, j'aurais été franchement frustré que cette débauche de sensations soit gaspillée en pleine journée sans pouvoir vraiment tester des choses. Tu peux être assuré qu'on ne pouvait pas faire plus intense que notre petite partie de jambes en l'air.
Contrairement à Drago, je crois que tu devrais au contraire nous en envoyer encore. On devrait en faire une tradition de Saint-Valentin pour faire causer les curieux à Poudlard, ça serait marrant.
Bon, sinon, j'ai renvoyé ton piaf sans la réponse exprès, il nous a encore mordus. Arrête d'utiliser Atlas, il a un caractère encore pire que le mien et c'est pourtant difficile !
Je t'embrasse, Harry »
Drago a levé les yeux au ciel au moins cinq fois en relisant par-dessus l'épaule de Harry, il n'est jamais sérieux, c'est incroyable. Il en a cependant profité pour poser ses mains sur lui et le taquiner à travers ses vêtements. Il ricane en imaginant Harry forcé de ressortir de son bureau frustré et bandant sous sa robe de sorcier.
— Si tu crois que j'ai pas compris que tu essayais de me déstabiliser, Drago !
— Je n'ai rien fait du tout, réfute le concerné en levant les mains.
Harry éclate de rire et se relève, il n'en veut pas à Drago de l'avoir excité, mais il se promet de se venger à la première occasion.
— Pour la peine c'est toi qui vas à la volière, décide Harry avant de l'embrasser. À tout à l'heure, mon cœur, je t'aime.
Drago lève les yeux au ciel mais son cœur s'emballe un peu aux mots de Harry, comme à chaque fois qu'il lui dit qu'il l'aime. Il ne se lasse pas de ces mots qui le rendent plus heureux qu'il n'a jamais été. Et il essaie d'occulter ce ridicule surnom dont Harry ne semble pas vouloir se départir, à son grand désespoir.
Alors ce chapitre ? Les lettres ? Albus et son premier vrai baiser ? Charlie et son oiseau ? Les chocolats ?
Je veux tout savoir ^^
On se retrouve dans deux semaines, le 9 juin 2023 avec le chapitre 37 : « Quand Charlie s'en mêle », ça sera l'avant-dernier de l'histoire (oui déjà !). Que pensez-vous qu'on va y trouver ? Charlie peut-être ? ;)
En attendant, portez vous bien !
