Note de l'auteur : bonjour à tous ! Je m'excuses de tarder à poster, les aléas de la vie font parfois que l'on ne puisse pas toujours avancer au rythme que l'on voudrait. Mais le nouveau chapitre est enfin là ! Et la fin commence à se profiler à l'horizon ! * en soupire d'aise*. Mais promis, je ne me relâche pas. Déjà, j'ai corrigé le problème de ponctuation qui faisait que l'on ne voyait plus clairement les dialogues, et mine de rien, cela a prit un peu de temps puisque j'ai été obligée de tout relire. Mais avouons que le rendu est tout de même mieux et facilite grandement la compréhension.

Bien, assez jacassé, je vous laisse vous délecter de la suite. Bonne lecture !

"- Que faisiez-vous là-bas ?"

C'était assez rare de voir Sirius Black aussi silencieux devant la directrice de sa maison, surtout avec un air aussi penaud. L'air de rien, il avait lui aussi eu du mal à digérer la scène d'horreur dans les vestiaires du terrain de Quidditch. Pas sûr qu'il y revienne de sitôt.

Chose encore plus rare : voir Heather Greenwood, parfaite préfète-en-chef, l'air aussi coupable et traumatisée que Sirius devant son propre directeur de maison. Dans un coin du bureau du professeur Dumbledore, le professeur Flitwick observait les deux élèves en tremblant d'émotion, guettant leurs explications avec angoisse. Derrière son bureau, Albus Dumbledore observait la scène d'un air particulièrement sévère.

"- Nous cherchions Lucinda", répondit Heather d'une voix faible et tremblante.

Elle ne s'imaginait pas se retrouver dans une telle situation. Comme une enfant prise en faute et que les adultes devaient disputer et corriger. Elle tordait ses doigts d'angoisse, et n'osait même pas regarder les professeurs dans les yeux. Surtout son propre directeur Horace Slughorn, dont elle sentait le regard déçu fixé sur elle.

"- Pourquoi ?" insista le professeur McGonagall.

Le ton sévère du professeur les fit se ratatiner encore plus. L'air de rien, Sirius craignait sa directrice. Et il ne prenait pas non plus la situation à la légère. Heather s'en sentit rassurée.

"- Nous... nous avons supposé qu'elle était peut être la personne qui avait poussé Miss Evans dans le vide depuis le sommet de la volière. Nous l'avons donc cherchée partout et finalement... nous... heu..."

"- Nous l'avons retrouvée dans les vestiaires, dans l'état que vous savez," acheva Sirius d'une voix blanche.

Elle lui était reconnaissante de l'avoir aidé à terminer sa phrase. Le souvenir de cette scène d'horreur lui était encore très pénible à se rappeler. Non. En fait, elle voudrait ne jamais s'en rappeler, mais elle savait déjà qu'elle en ferait encore souvent des cauchemars. Elle peinait également à se faire à l'idée que Lucinda était morte... assassinée ! Et dans l'enceinte protectrice de l'école !

Pire : Elle ne pouvait rien dire de toutes les théories qu'elle avait échafaudé avec Sirius Black, de crainte de passer pour folle.

"- Vous n'avez touché à rien, évidemment", dit Dumbledore avec un calme froid qui fit frissonner les deux adolescents.

Ils secouèrent la tête. Bien sûr qu'ils n'avaient touché à rien. Ils n'étaient pas stupide, pas plus qu'ils n'avaient eu envie de s'approcher d'avantage du carnage. Déjà qu'ils étaient assez impliqués là-dedans. Pourtant, ils ne s'étaient jamais imaginés s'embarquer dans de tels ennuis.

"- Vous ne pensez pas que c'est nous... enfin... que nous avons pu... on aurait jamais fait de mal à cette fille. Nous voulions simplement l'interroger..."

Les paroles de Heather s'évanouir au fur et à mesure. Bien entendu que cela leur avait effleuré l'esprit, et pas qu'un peu ! S'ils ne pouvaient prouver leur innocence, ils seraient certainement renvoyés de l'école. La terreur s'empara de la jeune femme. Jamais sa famille ne lui pardonnerait un tel déshonneur. Surtout après s'être compromise avec le fils Black renégat.

"- N'ayez crainte, nous savons bien que ce n'est pas vous", leur assura Dumbledore. "Les restes de cette pauvre enfant portaient des marques qui suggèrent qu'elle a été attaqué par une sorte d'animal sauvage. "

La préfète réprima un frisson. Heureusement qu'aucun professeur n'était au courant pour le talent d'animagus de Sirius. Avec sa forme de chien, ils auraient pu imaginer qu'il était tout à fait capable d'infliger les mutilations décrites.

"- Mais je voudrais que vous ne vous en mêliez plus."

Dumbledore les observait gravement derrière ses lunettes en demi-lune. Les deux élèves eurent l'horrible sensation que leur vieux directeur lisait en eux et qu'il devinait qu'ils en savaient bien plus qu'ils n'avaient bien voulu en dire.

"- Euh..." balbutia Heather. "Comptez sur nous."

Elle se sentait vaseuse. Les choses avaient prit un tournant dramatique et imprévu, et se retirer lui semblait plus sage. Qu'en pensait Sirius ? Elle tourna son regard vers lui, mais il se contentait de fixer le sol en silence, presque songeur. Lui qui était si enjoué et malicieux d'ordinaire, elle avait du mal avec son attitude calme et silencieuse.

Finalement, ils furent autorisés à sortir du bureau du directeur. Les professeurs devaient discuter entre eux, et certainement préparer la venue de représentants du Ministère de la Magie. Une enquête allait être ouverte. Seraient-ils témoins dans l'affaire ? Heather aurait souhaité que non. Elle avait eu son lot de sensations fortes, et voulait enfin oublier cette scène pénible de sa vie, et reprendre une vie normale d'écolière.

"- Je supposes que notre collaboration s'arrête ici", lança-t-elle à l'adresse du Gryffondor.

"- Fais ce que tu veux, la vieille, mais moi, je vais jusqu'au bout", répondit sèchement Sirius. "Lucinda est morte, et j'ai l'impression de ne pas avoir fait assez pour éviter ce résultat. "

Heather ne sut que répondre. Au fond, elle comprenait les sentiments de Sirius. Elle aussi s'imaginait que la mort de la Serdaigle tenait du gâchis. Elle savait tout comme lui qui était le meurtrier de la jeune fille, cet Yspaddaden -ou Balor- peu importe comment il se faisait appeler, il devait payer. Lucinda était une peste et une manipulatrice, mais elle ne méritait pas un tel sort.

"- Mais sommes-nous de taille contre ... contre LUI ? "

Elle n'osait plus prononcer son nom tant il l'horrifiait. Il était désormais symbole de mort et de désastre. Quand elle y pensait, une bouffée de haine et de dégoût remontait jusqu'à sa gorge et lui donnait envie de hurler toute sa frustration.

Sirius bouillonnait de rage. Probablement aussi de honte, car il avait souvent menacé Lucinda aux professeurs, alors qu'elle avait surtout eu besoin d'aide pour se défaire de l'emprise de son bourreau. C'était en tout cas trop tard pour regretter. Il voulait agir, et faire du mal à ce Balor. Le plus possible. Jusqu'à ce que sa haine et sa culpabilité s'estompent enfin. Cependant, la question de sa camarade résonnait à ses oreilles : étaient-ils capables de se battre contre ce qui semblait être un dieu ?

"- Je ne sais pas, " reconnut enfin Sirius. "La meilleure chose que nous puissions faire pour le moment, c'est de surveiller et de protéger les deux andouilles. Quelque chose me dit qu'après Lucinda, il va essayer de s'en prendre directement à eux. "

Heather acquiesça. Cela lui semblait également logique, et de toute manière, ils ne seraient pas trop de quatre pour repousser l'ennemi. Ce qui l'inquiétait plus, c'était de savoir jusqu'à quand ils tiendraient à ce petit jeu. Pour la première fois depuis le début de leurs investigations, la jeune femme avait peur et ne se sentait pas du tout de taille. Elle se rapprocha doucement de Sirius. Même s'il était plus jeune qu'elle, sa présence la rassurait. Sa main frôla alors celle de son camarade qui ne se recula pas à ce contact. Elle imaginait que Sirius avait lui aussi besoin de quelqu'un pour se rassurer et se calmer.

Des hurlements vinrent cependant troubler la quiétude retrouvée. Les deux jeunes gens se retournèrent pour voir Mrs Dantes bondir à la gorge des professeurs qui venaient de quitter le bureau. Elle exultait de rage, de chagrin, de frustration. Sa magnifique coiffure, qui avait dû être savamment élaborée le matin même, se défaisait peu à peu. Pourtant, même échevelée, Mrs Dantes restait une femme superbe. Derrière elle, un grand bonhomme renfrogné arriva, et eut juste le temps de ceinturer la mère éplorée avant qu'elle n'enfonce ses griffes (Les deux adolescents n'avaient pas d'autres mots pour qualifier les appendices au bout de ses mains) dans les yeux de Dumbledore.

"- Ma fille ! MA FILLE ! MORTE ! PERDUE ! ... PAR VOTRE FAUTE !"

Celui qui semblait être Mr Dantes chercha à calmer les imprécations de son épouse. Entre deux malédictions, elle accusait les professeurs d'avoir négligé leur travail, que la surveillance laissait à désirer et qu'ils étaient forcément responsables. Puis, lorsqu'elle eut épuisé tous les reproches à faire aux enseignants de l'école, elle orienta sa fureur vers une autre victime.

"- Et elle ?! Vous l'avez isolée j'espères. Parce qu'il ne fait aucun doute que c'est elle la meurtrière. "

Sirius prit Heather par la hanche et la poussa vers la cachette la plus proche. Il fallait qu'ils entendent ça. La Serpentard se laissa mener, elle-même fort troublée et captivée par les propos de Mrs Dantes dont la colère confinait à la folie.

Dumbledore faisait rempart entre elle et ses collègues, et recevait avec un calme extraordinaire les doléances violentes de la mère. Il leva les sourcils à l'évocation de la "meurtrière", et demanda :

"- De qui parlez-vous donc Madame ? Que savez-vous que j'ignorerai ?"

Mrs Dantes resta coite d'effarement. Visiblement, les professeurs de Poudlard ne pensaient pas comme elle. C'était pourtant évident qu'il ne pouvait y avoir qu'un seul coupable. Elle avait d'ailleurs écrit une longue lettre au directeur en début d'année sur le sujet, où elle exposait justement sa craintes.

"- Je parles de ma nièce Lilith," lâcha-t-elle.

"- Lilith ?" répéta Dumbledore dubitatif.

"- Oui, Lilith !" s'emporta de nouveau Mrs Dantes qui se débattait pour que son mari lâche enfin prise. "Cette drôle de gamine. Vous savez qu'elle a faillit tuer un élève il y a quelques temps. Vous disiez que vous aviez fait quelque chose pour que ça ne se reproduise plus."

"- Qu'est-ce qui vous fait croire que votre nièce s'en est prise à votre fille ? Elles sont pourtant parentes, elles vivent sous le même toit," argumenta Dumbledore.

"- Cela ne veut rien dire. Ma Lucinda était belle, intelligente, populaire. Elle avait tout ce dont pouvait rêver une jeune fille de son âge, et un mariage prometteur l'attendait après un brillant cursus scolaire. Alors que Lilith, même si elle est mignonne, elle n'est pas tellement populaire. En fait, elle serait plutôt transparente, insignifiante. Les autres la mettent à l'écart depuis "l'incident", et autrement, elle est affreusement banale. Non, Lilith était jalouse de ma fille. Et puis vous savez, c'est une Serpentard. Personne ne peut se fier à un Serpentard. Surtout quand ils fréquentent des gens comme... et bien comme ce garçon qu'elle voit en ce moment... Rogue, je crois ?"

Elle affichait son air le plus hautain, comme si l'obliger à évoquer la maison Serpentard ainsi que ses élèves était un affront. Contre lui, Sirius sentit Heather trépigner de colère contre cette femme. Elle ne supportait pas qu'elle s'attaque à l'honneur de sa maison, et encore moins à son honneur personnel. Il serra la préfète contre lui, et lui marmonna à l'oreille quelques mots réconfortants pour la calmer.

Néanmoins, le professeur Slughorn était comme Heather : bien peu ravi que quelqu'un se permette d'émettre un jugement aussi fallacieux envers sa maison et ses élèves. Ses joues s'étaient violemment empourprées, et il donnait l'impression d'être monté sur ressort et prêt à bondir sur Mrs Dantes. Dumbledore leva une main vers lui en signe d'apaisement, et il défendit les Serpentards :

"- Madame, vous devenez discourtoise. Je sais que la maison Serpentard ne jouie pas d'une réputation sans tâches, mais vous vous permettez un raccourci dangereux. Je doutes également que vous soyez la personne la plus qualifiée pour juger Mr Rogue, aussi, je vous conseilles de bien peser vos mots dorénavant. Car pour accuser il faut des preuves, et si vous n'en avez pas, il ne s'agit ni plus ni moins que de la diffamation. Et c'est quelque chose que je ne saurais tolérer."

Sa voix était polie, mais l'on sentait une certaine froideur derrière, comme si chaque mot était une menace implicite. Mrs Dantes blêmit. Elle ne s'état jamais imaginée que quelqu'un s'oppose à elle et lui parle sur ce ton.

Heather afficha un sourire narquois qui signifiait "bien fait pour elle". Sirius ne pouvait pas lui en vouloir, Mrs Dantes s'était montrée odieuse. Ils tendirent un peu plus l'oreille quand Mr Dantes se mit à parler à sa femme. Hélas, comparé à elle, il avait une voix douce et faible, et ils ne purent rien entendre. Mais ce devaient être des mots qui allaient dans le sens de Dumbledore, car sa femme lui lança un regard assassin.

"- Ne niez pas que cette enfant est dangereuse," insista-t-elle à l'adresse du directeur.

"- Je ne le nies pas", rétorqua-t-il. " Mais nous n'avons aucune preuve qu'elle est coupable."

"- Mettez-la à l'écart des autres !" ordonnait-elle avec impatience. " Vous n'avez pas de preuve que c'est elle, mais vous n'en avez pas non plus pour l'innocenter ! J'exiges qu'elle soit mise en quarantaine le temps de l'enquête. "

Dumbledore fronça les sourcils. La rancœur de cette femme envers sa propre nièce était aussi étrange que stupéfiante, et laissait les professeurs sans voix. McGonagall affichait clairement qu'elle n'avait jamais rien entendu d'aussi grotesque, et Slughorn commençait à grommeler d'indignation.

"- Je refuses !" s'exclama la petite voix fluette de Flitwick.

Le minuscule professeur trottina jusqu'à Mrs Dantes et bomba le torse. Pas que cela le rendit plus imposant, mais il montrait toute sa détermination.

"- Je comprends votre douleur Madame," fit-il." En tant que directeur de la maison Serdaigle, je déplore qu'une telle chose soit arrivée à une de mes élèves. Mais je regrettes ! La douleur, la frustration, la colère, ne doivent en aucun cas nous aveugler et nous pousser à désigner un bouc-émissaire. Je ne pourrai supporter la honte d'avoir condamné quelqu'un s'il s'avérait qu'il s'agissait d'un innocent. Lilith sera surveillée, n'ayez crainte. Mais il ne nous appartient pas de la juger alors que l'enquête n'a même pas encore commencé. J'ai foi dans le travail des enquêteurs du Ministère, vous devriez en faire autant. Je suis certain que la lumière sera bientôt faite sur cet assassinat. "

Heather et Sirius auraient volontiers applaudi le professeur Flitwick, dont le discours était celui d'un homme avisé, si cet acte ne trahissait leur présence dans les parages. Comment expliquer, sans offenser les parents de la défunte, le fait qu'ils écoutaient une conversation privée et difficile.

Le visage de Mrs Dantes se ferma. Les paroles du minuscule professeur l'avaient atteinte, ou du moins, elle se trouvait peut être à court d'arguments. Elle reprit son air digne de femme blessée, tandis que son mari se permettait enfin de souffler un peu.

Ce fut alors que les deux adolescents remarquèrent à quel point l'homme avait les traits tirés et les yeux rougis, alors que le teint de Mrs Dantes était impeccable et tout juste rougi par la colère. La douleur de cet homme était aussi sincère que silencieuse et passait malheureusement inaperçue face aux excès de son épouse. Ils eurent pitié de lui, et s'en sentirent d'autant plus mal.

Les deux jeunes gens eurent leur compte et délaissèrent volontiers les adultes. Ils tenaient à disparaitre des environs avant l'arrivée des enquêteurs du Ministère de la magie. Ils n'avaient aucunement envie de les croiser, de leur parler, d'évoquer si vite la tragique fin de leur camarade.

"- Bien, retrouvons nos amoureux contrariés, " lança Sirius, alors que son pas se fit plus énergique. "Avec ce qui vient de se passer, je ne suis pas tranquille du tout. Je n'aimes pas Rogue, mais ça me ferait mal d'être responsable de sa mort si jamais..."

Mais il fut incapable de terminer sa phrase. La mine sombre, il tentait désespérément de ne pas se remémorer le spectacle effroyable de la découverte du cadavre de Lucinda Dantes, et de même, s'efforça de ne pas imaginer comment cela s'était produit. Heather ne put faire mieux. Profondément traumatisée, elle se contentait de suivre le Gryffondor en acquiesçant.

Comme si l'adrénaline aidait, le cerveau de Sirius se montrait bien plus docile et logique. Ainsi, il lui parut naturel de retourner là où ils avaient quitté le couple en plein mélodrame, de se métamorphoser en chien et de suivre leur piste olfactive. Elle ne fut pas difficile à remonter, au point que Sirius se permit de galoper à travers les couloirs pour les rejoindre le plus vite possible. Heather peinait un peu à suivre mais n'osait pas exiger que son camarade ralentisse. Elle aussi avait peur pour le jeune couple.

Finalement, ils les trouvèrent par terre, blottis l'un contre l'autre. Lilith ne pleurait plus et s'était volontiers abandonnée aux bras de Severus, tandis que ce dernier caressait ses longs cheveux en s'enivrant de son parfum. Reprenant son apparence humaine, Sirius ne put s'empêcher d'esquisser un rictus moqueur. Heather, elle, les trouvait trop mignons. Cela lui faisait plaisir de les voir réconciliés.

"- On les laisse quelques temps et on finit par les retrouver en train de se faire des papouilles," se moquait-il." Je me demandes bien pourquoi je m'inquiètes pour eux."

"- Vas crever Black", lâcha Severus sans se démonter.

Néanmoins, il écarta Lilith de son étreinte. Il se demandait combien de temps ils avaient passé à rester blottis l'un contre l'autre, avant que son esprit ne se rappelle pourquoi Black et Greenwood ne les avaient pas rejoint aussitôt.

"- Vous avez des nouvelles de Lily ?" demanda Severus d'une voix blanche.

Mais Sirius et Heather firent "non" de la tête. Le Serpentard remarqua alors leur teint anormalement pâle alors qu'ils avaient couru. Heather semblait même être sur le point de tomber en syncope.

"- Qu'avez-vous fait durant tout ce temps ? "insistait-il en consultant sa montre, qui lui indiquait que plus de deux heures s'étaient écoulées depuis la séparation de leur groupe.

Sirius serra les poings si fort qu'il s'enfonçait les ongles dans la chair. Severus vit même sa mâchoire se crisper et ses yeux se noyer dans une colère sourde. Le Serpentard observa également que Heather tremblait, perdant son légendaire sang-froid. Quelque chose venait d'arriver. Il sentit les doigts de Lilith attraper son bras et s'y crisper désespérément. Elle aussi sentait le désarroi de ses camarades.

"- On pensait que Lucinda Dantes était responsable de la chute de Lily," souffla Sirius. " On a suivit sa piste. Et on l'a trouvée."

"- Et... ? " renchérit Severus.

Mais Sirius eut du mal à poursuivre son explication. Chaque fois qu'il en revenait au résultat de ses recherches, il revoyait le cadavre déchiqueté de la jeune Serdaigle.

"- Il lui est arrivé quelque chose ?" les pressa à son tour Lilith.

Ils opinèrent du chef, l'air maladifs. Heather semblait en permanence vouloir régurgiter le contenu de son estomac. Severus comprit alors la finalité de leurs recherches.

"- Elle est morte, c'est ça ? Vous l'avez retrouvée dans un coin, totalement sans vie," acheva Severus d'un ton sec.

Sirius ne répondit rien, mais son regard en disait bien plus long que les mots. Severus devinait qu'il avait vu juste, mais aussi que la scène relevait certainement du carnage. Quelqu'un s'était acharné sur la Serdaigle, au point de faire perdre contenance à deux élèves connus pour leur caractère bien trempé. Le jeune homme prit Lilith dans ses bras, autant pour s'assurer qu'elle était bien en sécurité avec lui que pour la réconforter. Il la sentait tremblante, effrayée, et totalement déboussolée.

"- C'est un sale tour de ce sale type sur lequel vous avez enquêté ?" s'inquiétait la jeune fille.

"- Il y a des chances, " lui répondit Heather dont c'était les premiers mots depuis la crise de rage de Mrs Dantes. " Nous le pensions dangereux, prêt à agresser des élèves, mais pas forcément au point de commettre réellement un... un... "

"- Un meurtre" acheva un peu abruptement Severus qui en avait vu d'autres, contrairement aux trois autres élèves.

Le groupe se mura ensuite dans le silence, un peu sonné par cette douloureuse réalité. Chacun se demandait comment tout ceci allait se terminer, et s'il y avait réellement un espoir de s'en sortir. Comment affronter une divinité quand ils n'étaient que quatre adolescents un peu perdus ?

"- Il y a pire, " s'alarma Heather. " Comme nous avons découvert le corps de Lucinda, nous avons été convoqués par Dumbledore. Le directeur ne nous croit pas responsable du sort de cette pauvre fille, mais je penses qu'il nous sait impliqué dans cette situation. Nous savons aussi que le Ministère va enquêter sur ... sur... ça. Je ne sais pas ce que nous pourrons leur dire pour les aider dans leur tâche..."

"- Ils ne nous croiront pas, " la coupa Sirius d'un ton raide. "Des bureaucrates étroits d'esprits qui pensent que leur règlementation suffit à tout ordonner. Comment attendre quoi que ce soit de compétant avec eux ? "

Pour une fois, Severus partageait la vision de son ennemi. La capacité de compréhension du Ministère était effroyablement ridicule, et personne ne les croirait. Il n'y avait que Dumbledore pour saisir les données du problème et réagir en bonne intelligence. D'ailleurs, cela le chatouillait d'aller le voir et de tout lui raconter.

"- Mais en partant, nous avons vu les parents de Lucinda", reprit Heather qui ignorait ostensiblement les griefs de Sirius sur le Ministère.

Lilith tressaillit aussitôt, comme foudroyée par cette révélation. Tout allait trop vite, la tête lui tournait. Severus eut tout juste le temps de la soutenir. Par acquit de conscience, le Gryffondor lui prêta son concours.

"- Elle venait d'être mise au courant," expliqua Heather d'un air désolée. "Elle a fait une sacrée scène. Mais il est important, Lilith, que tu saches qu'elle a exigé que tu sois enfermée, ou tout du moins surveillée. Elle est persuadée que tu es la coupable."

La jeune fille resta un instant sous le choc des révélations. Sa bouche s'ouvrait, puis se refermait, comme si elle avait cherché à parler avant de se raviser à de nombreuses fois. C'en était trop pour elle, le monde s'effondrait sous ses pieds. A quoi bon être la filleule de la Mort si cela ne faisait que lui apporter des problèmes supplémentaires ? D'ailleurs, où se trouvait sa marraine en cet instant critique ?

"- Aucun professeur ne te penses coupable, " tentait de la rassurer Sirius. "Ils ne sont pas stupides. "

Elle acquiesça timidement. Mais si elle n'avait rien à craindre d'eux, elle avait quand même sa tante qui en avait après elle, et un fou dangereux à ses trousses. Elle ne savait même pas ce qu'il lui voulait.

Elle demanda à s'asseoir par terre, et les deux garçons la déposèrent avec délicatesse. Elle voulait du calme, retrouver ses esprits. Heureusement, elle avait retrouvé le bonheur et la foi en Severus. Rassurée par cette pensée, elle rationnalisa la situation en se disant qu'il fallait régler les problèmes un à un. Et comme si Severus avait eu la même idée, il évoqua la soudaine idée de la jeune fille à voix haute :

"- Je crois que le plus urgent à faire, c'est de retrouver Morrigan. Face à un Dieu, il vaut mieux en avoir un autre sous la manche en protection. Peut être même qu'elle saura mieux que nous comment se débarrasser de ce sale..."

Il garda l'injure pour lui, mais les éclairs dans ses yeux traduisaient tout le mal qu'il en pensait. La détermination nouvelle de Severus revigora la jeune fille et remit de l'aplomb à leur groupe.

"- Cela me va parfaitement, " approuva Sirius qui venait de retrouver en entrain habituel."Et comment nous y prenons-nous ?"