La prison du néant offrait un bien étrange et terrifiant spectacle. Bien que je fusse la Mort, et à ce titre l'une des Entités les plus puissantes, me battre contre l'Entité du Mal et du Chaos et de son nouveau disciple, Voldemort, me donnait énormément de fil à retordre.

La félonie de Balor l'avait poussé à offrir à un mortel une des formules les plus taboues usitées chez les Immortels : voler les pouvoirs de l'un d'entre nous. Et c'était donc sans vergogne que le nouveau disciple du Dieu du Chaos et du Mal s'évertuait à s'en servir contre moi. Ma force et ma magie diminuait peu à peu, et Balor, que j'avais attaqué dans l'espoir de le vaincre rapidement, tenait bien mieux que ce que je ne m'étais imaginée.

"- Tu m'as sous-estimé une fois de trop," raillait-il dans un ricanement insupportable. "Vois, tu es en train de le payer."

Il dévia ma dernière attaque avant de s'élancer vers moi et de m'attraper brutalement les poignets. J'avais perdu trop de ma puissance désormais pour espérer encore le dominer. Il ne me restait plus qu'à résister autant que possible.

Mon esprit se focalisa alors sur mes protégés. Si je perdais, s'en était fini pour eux aussi. Je n'avais pas le droit de les abandonner. Etrangement, leur sort m'importait plus que le destin du monde. Puisque mes pairs ne se souciaient pas plus que cela du devenir des mortels et des agissements dangereux de Balor, alors un monde où ce dernier avait gagné et où mes "disciples" lui étaient jeté en pâture me laissait froide. Je ne résistais que pour leur protection.

Voldemort se rapprocha de moi, certain de sa victoire toute proche. La lueur démente de ses yeux trahissait sa haute ambition : devenir l'égal d'un Dieu, remplacer la Mort pour régner sur le monde des vivants comme des défunts. Ecœurant. M'empêchant de me soustraire à l'influence du sortilège de son acolyte, Balor se délectait de ma fin. Il en transpirait de plaisir.

Alors que la situation semblait atteindre le point culminant du pire qui pouvait arriver, Balor laissa échapper un cri de surprise, me lâchant par la même occasion. Moi-même perdue par son étrange comportement, je ne mis guère plus d'une seconde pour comprendre que c'était ma chance de m'éloigner de lui. Epuisée, j'en étais rendue à ramper pour mettre le plus de distance entre nous deux.

Mon ennemi hurlait et se tordait maintenant de rage. Tout comme lui, je venais de comprendre qu'un mortel était en train de l'invoquer. Juste au moment le plus crucial de son plan. Douce ironie. Et comme il y résistait, la douleur l'assaillait de plus en plus, jusqu'à ce que finalement il disparut, me laissant seule avec Voldemort. Ce dernier avait également observé la scène sans en percer le sens, et lorsque Balor s'évanouit dans le néant, son visage trahissait le doute et un effroi grandissant.

La magie de Balor ne le protégeait plus. Il était donc seul, vulnérable, et surtout, enfermé avec une Entité dont il volait les pouvoirs. Une Entité qui avait soudainement envie d'en découdre avec lui, de se venger, de lui offrir la plus belle leçon d'humilité de sa vie.

Je me sentis d'humeur particulièrement sadique lorsque je me relevais et que je m'approchais de lui. Il recula tout en faisant mine d'être encore sûr de lui et osa me menacer :

"- N'avancez pas ou vous le regrettez !"

"- Ah ! Proférer des menaces à un Dieu qui n'a pas encore perdu l'intégralité de ses pouvoirs ou même son immortalité, c'est hautement suicidaire," m'amusais-je. "Laisses-moi t'en faire la démonstration."


Severus se disait qu'ils allaient chèrement payer leur témérité. Cependant, il ne pouvait en vouloir à Lilith de vouloir mettre fin très vite à ce cauchemar. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et son cerveau passait instinctivement en revu tous les plus puissants sortilèges qu'il connaissait. Hélas, tous lui parurent dérisoires lorsque son esprit logique lui rappela qu'ils cherchaient à affronter un Dieu.

Lilith récitait sans cesse l'invocation, sa voix se montrant plus inflexible à chaque répétition. Pendant un instant, il s'imagina qu'elle avait échoué, ou qu'ils s'étaient trompés dans leur théorie, et que le Dieu du Chaos ne viendrait jamais. Sa matérialisation au centre de la salle de classe désaffectée brisa son espoir.

Il ne sut dire qui dans la pièce se sentit le plus surprit : Balor qui ne s'attendait pas à avoir été appelé par une vulgaire bande d'adolescents, dont deux sur lequel il rêvait de mettre la main, ou les adolescents en question qui se sentaient surprit que l'invocation ai fonctionné et qui se demandaient quoi faire pour la suite. Severus se sentait accablé par une foule de sentiments contradictoires qui se bousculaient en lui, et ses mains en tremblaient.

Lilith se tenait devant le Dieu, raide et n'osant guère respirer. Elle paraissait si minuscule et fragile face à ce montre que cela électrisa Severus qui brandit aussitôt sa baguette en direction de leur ennemi, essayant de montrer une assurance et une bravoure qu'il ne possédait pas. Il fut de suite imité par ses deux autres comparses qui venaient de se rappeler à leur tour qu'ils devaient protéger Lilith.

"- C'est une blague ?" gronda Balor qui, visiblement, riait jaune. "Comment ai-je pu me faire avoir par une bande de sales gosses ?"

Il n'attendait clairement pas d'explication de la part des "sales gosses" en question. Son regard se porta sur le journal intime de Lucinda Dantes que l'un d'eux tenait encore en main. Le quatuor remarqua la lueur de compréhension dans ses yeux, ainsi qu'une rage farouche et grandissante.

"- Je vois", maugréa-t-il. "Cette fille aura été d'une navrante stupidité jusqu'au bout. Et donc, vous pensez que vous êtes assez forts pour m'abattre ?"

Il se mit à rire à gorge déployée, et les murs de la pièce tremblèrent au point de faire pleuvoir sur eux la poussière du plafond. Ils tremblaient de peur tous les quatre, et même si Sirius faisait mine de se montrer courageux et héroïque, en son for intérieur, il n'en menait pas large. Peut être qu'en cet instant, la plus courageuse de tous fut Lilith qui releva la tête quand le rire s'évanouit, et fit front pour demander des explications à son tortionnaire :

"- Pourquoi ?" demanda-t-elle aussi calme que froide. "Quelle sombre ambition vous pousse à nous harceler, Severus et moi, ou encore à mettre en danger certains de nos camarades d'école, et enfin à massacrer une pauvre jeune fille ?"

Balor la considéra avec curiosité. Severus n'aima pas du tout l'intérêt évident que cette grosse brute lui portait, ni même la soudaine admiration qu'il y lisait sur son visage. Et bien qu'il trouvait sa camarade remarquable, il mourait d'envie de lui hurler qu'elle était folle et qu'elle devait fuir. Mais la seule chose qu'il fit, c'était de viser silencieusement le Dieu tout en ouvrant bien grand ses oreilles et en luttant pour que sa main ne tremble pas.

"- Le pourquoi te dépasse," répondit leur ennemi en plissant les yeux en direction de chacun d'eux, les étudiant visiblement. "C'est du ressort des Dieux. Tu as un destin à accomplir, jeune fille, et je ne peux permettre à une petite vermine de contrecarrer cette destiné."

Il lança un regard si mauvais à Severus que ce dernier se demanda comment il avait tenu bon sans que ses jambes ne cèdent sous le poids de la panique. L'adolescent n'arbora heureusement rien d'autre qu'un froid mépris qui irrita le Dieu.

"- Et ta cousine," continua Balor qui se délectait d'avance de ses horribles paroles, "elle devenait inutile. Son esprit égaré lui faisait faire n'importe quoi, et je n'avais pas très envie de prendre le risque qu'elle sabote mes projets. Heureuse de l'entendre ?"

Il adressa à Lilith le sourire le plus vicieux qu'elle eut jamais vu. Les quatre adolescents eurent envie de vomir et se doutèrent bien qu'il était impossible de raisonner avec un individu aussi répugnant. Les yeux de Severus se mirent d'eux même à chercher tout indice pouvant leur permettre de vaincre Balor. Des années de services tant auprès du Seigneur des Ténèbres que de Dumbledore l'avaient rodé à pareille situation de crise. Laissant libre court à son instinct, il retrouva son sang-froid et analysa calmement la situation. Il remarqua un tic chez son ennemi : il effleurait, de temps à autre, une perle montée en pendentif qu'il avait autour du cou. Un bijou bien trop beau et subtil qui n'avait pas sa place parmi la tenu rustre et grossière du Dieu. D'ailleurs, hormis ce bijou fantaisie et ses haillons divins, Balor ne portait rien d'autre.

Ce dernier se lassait de devoir se justifier auprès d'enfants et ses yeux se posaient un peu trop souvent sur le papier que tenait Lilith, tandis que la seconde suivante, sa main se portait à son bijou. Prit d'une soudaine inspiration, Severus leva sa baguette et lança un sort d'attractivité sur le bijou. L'instant d'après, la perle était dans sa main gauche et Balor se ruait sur lui, mût par une rage incontrôlable.

"- Donne-la moi !" hurla Sirius à l'adresse de son rival.

Sans savoir pourquoi, Severus lui obéit. Il jeta l'objet à la figure de Sirius qui s'était aussitôt métamorphosé en chien et attrapa au vol leur larcin. Severus sentit alors les doigts de Balor enserrer violemment sa gorge et l'air lui manqua rapidement. Sa tête lui tournait et sa vision se brouillait dangereusement. Allait-il une fois de plus mourir ? Il s'aperçut que cette fois, ce serait sans regret.

Balor resta figé quelques secondes, déchiré entre son désir ardent d'assassiner le sale ver qui passait son temps à contrecarrer ses plans et son devoir de rattraper le misérable qui venait de s'enfuir avec sa précieuse relique. Il opta pour la poursuite.

Lilith et Heather se précipitèrent, complètement affolées, sur Severus qui venait de perdre connaissance et dont la gorge avait prit une inquiétante couleur violacée. Lilith pleurait et se lamentait abondamment, mais Heather poussa un soupir de soulagement après avoir constaté que le cœur de Severus battait toujours et qu'il respirait encore, même si c'était faiblement.

"- Réanimes-le" lui ordonna-t-elle en l'abandonnant. "Je dois aider Sirius."

Laissant sa camarade porter assistance au Serpentard, la préfète se lança à son tour dans la poursuite. Elle crut les avoir perdu après avoir traversé plusieurs couloirs, mais des hurlements et des bruits d'explosion la guidèrent vers une autre partie du château. Avec effroi, elle remarqua des groupes d'élèves qui s'étaient terrés dans nombres de recoins, tremblants des pieds à la tête suite au traumatisme d'avoir croisé un Dieu fou furieux à la poursuite d'un chien noir. Même s'ils ignoraient en fait qu'il s'agissait d'un Dieu et que le chien qu'il poursuivait était Sirius Black. La situation avait pris une tournure très étrange.

Sans voir les visages flous des élèves qui la dévisageaient apeurés, la jeune fille filait dans les pièces et les couloirs, bousculant des gens au passage, hurlant ses excuses sans jamais s'arrêter. Sa folle course se termina dans le parc de Poudlard, à l'orée de la Forêt Interdite.

A en juger par ce que ses oreilles percevaient, Sirius s'était aventuré dedans, espérant sans doute ralentir ou bien semer la grosse brute divine. Une partie de cache-cache avait débuté, mais l'impatient Balor goutait peu au jeu et s'était mit à exploser les arbres avec une multitude de sortilèges.

"- SORS DE LA, OU JE REDUIS EN CENDRE CETTE MISERABLE FORET POUR RECUPERER SUR TON CADAVRE CE QUE TU M'AS VOLE !"

Les vociférations de la divinité firent tressaillirent Heather, qui fut soudainement tentée de faire demi-tour. Déjà que la Forêt Interdite lui filait des frissons, mais cette même forêt soudainement hantée par un Dieu maléfique, c'était au delà de ses forces. Pourtant, quand les gémissements d'un chien lui parvinrent, elle s'enfonça à son tour sous le couvert des arbres, portée par son affection pour son camarade.

Malgré les bruits d'une redoutable échauffourée, Heather ne parvint pas à les localiser correctement. Pire, elle avait l'impression de s'être perdue, au milieu de ces arbres immenses et sombres qui semblaient tous identiques. Malgré son lumos, l'obscurité se faisait par endroit si dense qu'elle ne voyait pas où elle posait les pieds et elle trébucha souvent sur les grosses racines noueuses des arbres qui l'entouraient. Après de longues minutes de marche, ses genoux et ses mains se retrouvaient douloureusement écorchés. Elle retenait ses larmes, tentait de ne pas se laisser aller au désespoir. Qu'ils avaient été sots de défier un tel adversaire ! Un nouveau gémissement de Sirius lui transperça le cœur. Elle avait beau lever sa baguette, sa lumière ne perçait pas les ténèbres étouffantes de la Forêt. Elle eut beau appeler, personne ne lui répondit. La panique était en train de la gagner.

Elle hurla en bondissant quand quelque chose attrapa son épaule. Son talon tapa sur une énième racine et elle tomba à la renverse, se cognant contre le tronc d'un arbre. A moitié sonnée et mourant de frayeur, elle ne perçut qu'une vague silhouette élancée, bientôt rejointe par une autre, plus petite.

"- Franchement, Heather, tu es un peu décevante."

La voix de Severus Rogue résonnait à ses oreilles tandis qu'elle se sentait relevée par deux personnes. Sa vision demeurait encore trouble, mais elle comprit que Lilith était parvenue à soigner Severus et que ses deux camarades l'avaient retrouvée dans l'immensité inquiétante de la Forêt Interdite.

"- Comment m'avez-vous retrouvée ?" voulut-elle savoir. "Moi, je me suis perdue tellement facilement..."

Severus soupira.

"- J'ai souvent patrouillé dans la Forêt dans ma précédente existence, je la connais par cœur. Du moins, de ce côté-ci de la Forêt."

De nouveaux gémissements les alertèrent. Heather se raidit, de nouveau prise de panique.

"- Sirius !" répétait-elle à tue-tête. "Sirius ! Sirius ! Sirius !"

Elle se défit de la poigne de ses deux camarades et, bien que sa vision fut encore quelque peu floue, elle se remit à la recherche du Gryffondor en titubant.

"- Ma parole," grommelait Severus en la suivant. "On dirait qu'elle est amoureuse de cet imbécile !"

Il s'abstint d'ajouter que le Gryffondor n'en valait pas la peine. Il aurait d'ailleurs laissé ce dernier se débrouiller avec ses ennuis s'il n'avait été en partie la source ces dernières et qu'il avait besoin de remettre la main sur le bijou. Vu la réaction de la divinité, ils avaient la preuve qu'il s'agissait d'un artefact vital pour lui, il ne leur restait qu'à savoir pourquoi.

Ils rattrapèrent Heather facilement et la conduisirent à travers bois, se rapprochant du cœur de la bataille. Severus connaissait si bien cette partie de la Forêt qu'il n'avait pas besoin de s'embêter à produire un lumos. Il guida les jeunes filles à sa suite et ils débouchèrent ensembles sur une clairière où Balor venait de piéger Sirius. Heather laissa alors échapper un hoquet d'horreur.

Sirius était toujours sous sa forme canine, mais il n'avait plus rien de l'imposant et magnifique chien noir qu'il était habituellement, il n'était plus désormais d'un amas de fourrure noire et poisseuse. De toute évidence, le Dieu l'avait blessé à de nombreuses reprises et Sirius avait abondamment saigné. Faible, la respiration haletant, il tenait tout juste sur ses pattes et fixait son ennemi d'un œil las.

"- Black !" lui hurla Severus. "Lâches ce fichu bijou !"

"- Et vas te cacher !" ajouta Heather hystérique. "On s'occupe de lui !"

Le Serpentard trouva sa camarade complètement folle. Mais il n'eut pas le temps d'approfondir le sujet. Epuisé, Sirius avait obtempéré et il laissa tomber de sa gueule ensanglantée le bijou volé. Severus usa d'un nouveau sortilège d'attraction que Balor essaya de contrer. Malheureusement pour lui, Heather avait eu le réflexe de dévier son contre-sort et pointait sur lui sa baguette avide de venger son camarade.

Severus grimaça horriblement en rattrapant le bijou qui collait à sa main tant à cause du sang que de la bave du Gryffondor. Même à l'agonie, son rival trouvait toujours un moyen de le faire sortir de ses gonds. Dépité, Severus essuya la perle blanche sur sa robe de sorcier et prit deux secondes pour l'observer. Heather le couvrait en passant ses nerfs sur la divinité, faisant pleuvoir sur lui toute une gamme de sortilèges plus impressionnants les uns que les autres, et leur violence comme leur dangerosité augmentaient avec les secondes. Elle était en colère.

De près, la perle était d'un blanc assez sale, et cela n'avait rien à voir avec Sirius et ses habitudes dégoutantes. La matière était inconnue à Severus, mais il décelait un puissant sortilège enfermé à l'intérieur, sans pour autant parvenir à déterminer sa nature. Il la roula entre ses doigts, la détailla sous toutes les coutures. L'objet ne lui évoquait rien.

"- Tu devrais peut être presser la pierre," suggéra Lilith qui y jetait également un coup d'œil. "A moins qu'il ne faille une formule, mais dans ce cas, nous sommes dans une impasse."

" - S'il faut une formule, je la lui ferais cracher" rugit Heather qui continuait à s'en donner à cœur joie avec ses sorts.

Mais Balor en avait assez de voir une bande d'adolescents lui tenir tête et le mener par le bout du nez. Puisqu'il ne pouvait pas obtenir son bien avec des moyens subtiles, il opta pour raser la forêt et exterminer au passage ces enfants. Puis, son regard se porta sur Lilith. Non... elle, elle ne devait pas mourir. Pas encore. Elle avait quelque chose à accomplir avant de rendre son dernier soupir. D'une main, il fit apparaitre un bouclier qui le protégea des sorts d'Heather, et de l'autre il fit naître une boule d'énergie, comme du feu, qu'il faisait grandir, encore et encore.

"- Oh oh !" fit Heather en reculant. "Bougez-vous, il contre-attaque."

Ils eurent juste le temps de plonger sur les côtés, échappant d'un cheveu de la boule magique. Derrière eux, le sort de Balor s'était fracassé contre les arbres et les avaient pulvérisés. Face au sol, Severus déglutit. Ils avaient eu de la chance de survivre jusqu'ici, mais il avait conscience que cette chance commençait à leur manquer. Il tourna la tête pour voir leur ennemi faire naître une nouvelle boule dans sa main, et il sut à la lueur folle dans ses yeux qu'il serait la prochaine cible. S'il devait mourir, autant mettre son ennemi dans l'embarra. La seule brillante idée qu'il eut pour cela, ce fut de pointer sa baguette sur la perle et d'essayer de la briser. Il dut essayer plusieurs sortilèges parce que le bijou résistait, mais lorsqu'il tenta des sorts de magie noire, la perle se fissura enfin.

"- NON !" hurla Balor.

Il jeta sa boule sur le Serpentard qui eut tout juste le temps de rouler sur le côté. L'explosion le propulsa quelques mètres plus loin, le sonnant. Aussi, il ne remarqua pas l'épais brouillard qui venait de tomber sur eux et qui masquait désormais les quatre adolescents de la vue de Balor.

Ce dernier fulminait de rage et piétinait çà et là à la recherche des quatre élèves, et principalement de Severus. Il avait très à cœur de le tuer et de remettre la main sur son artefact. A tâtons, Severus le cherchait également. Il tomba sur de l'herbe, des cailloux, des racines, et commençait à désespérer lorsque son oreille capta le bruit du verre qui se brise. Incapable de voir d'où cela provenait, tant gêné par le brouillard que par le sang qui lui coulait dans les yeux, il se sentait frustré.

Un éclair aveuglant rempli la clairière, puis Balor hurla. Un cri qui viendrait souvent hanter leurs nuits. Rage, désespoir, défaitisme et quelque chose qui laissait deviner la promesse d'une vengeance à venir. Sans savoir comment, Balor venait d'être vaincu.

"- C'est fini", lui susurra une voix agréable et familière à son oreille. "Tu t'es bien battu, mon enfant."

Le jeune homme se sentit rassuré, et malgré le froid et l'humidité qui nimbait en permanence le sous-bois de la Forêt Interdite, il se sentait enveloppé d'une agréable chaleur. Pour la première fois depuis très longtemps, il se sentait bien, rassuré et en paix. Il ne lui manquait que la présence de Lilith, mais étrangement, il devinait qu'il n'avait plus à avoir peur pour elle.

Sans s'en rendre compte, il sombra dans l'inconscience. Le monde autour de lui devint néant et silence.