Alors pourquoi je poste au beau milieu de la semaine ? Pour vous embêter ? Mais naaan, j'ai fini le chapitre suivant qui faisait 10 pages et j'avais envie de fêter ça. Parce que avec mes examens, mes 8h de sport, et mes cours par correspondance, je n'ai pas toujours le temps d'écrire, et je voudrais toujours avoir un chapitre d'avance, afin d'être sûre de toujours avoir quelque chose à vous offrir :)

Voilà, c'était le prologue inutile. Je vous laisse à la lecture, bye !


Hello darkness, my old friend

I've come to talk with you again

Because a vision softly creeping

Left its seeds while I was sleeping

And the vision that was planted in my brain

Still remains

Within the sound of silence

O*O*O*O*O

FELL

Après plusieurs minutes de dispute et quelques blagues qui l'avaient mis hors de lui, Papyrus était finalement parti, maugréant sur la flemmardise de son incapable de frère. Lorsqu'il n'y eut plus qu'une tache rouge au loin, Soru descendit de son perchoir, le cœur encore battant. Sans s'adressa à elle d'un ton un peu moqueur :

- On dirait que mon frère n'a pas remarqué le piaf. T'as eu du bol, tu passes pas vraiment inaperçue, avec ton costume d'arlequin.

Je n'ai pas de leçon à recevoir d'un tueur d'enfant. C'est ce qu'elle aurait voulu lui répliquer, mais elle préféra se taire. Pour se rassurer, elle caressa avec gaucherie les pétales de Flowey.

- Y'a un village pas loin–

- Snowdin.

- Oh, s'exclama t-il avec étonnement, t'en as entendu parler ?

Je ne sais pas. C'est venu comme ça.

- Donc je suppose que c'est par là que tu te diriges ? continua t-il.

- Plus loin.

C'est tout ce qu'elle lui a dit, avant de murmurer un « au revoir » et de s'éloigner de lui. Mettre assez de distance entre elle et ce squelette, c'était tout ce qui importait pour l'instant.

Elle marcha durant un temps indéterminé dans la forêt. Le vent sifflait entre les branches dénudées, il n'y avait aucun bruit, rien qui rompait le silence mis à part ses bruits de pas dans la neige épaisse.

Elle entendit soudain un couinement. Non loin, un chien au pelage gris abîmé, la bave aux lèvres, se débattait de toutes ses forces, la patte prise dans un piège à ours. Cet objet était pourtant énorme, comment avait-il réussi à ne pas le voir ? Lorsqu'elle s'avança, un pression douloureuse lui parcouru le mollet et elle tomba en avant.

Un autre piège avait refermé ses mâchoires autour de sa jambe. Celui qui les avait cachés était vraiment doué… Flowey, horrifié, tenta de desserrer la prise des dents métalliques, en vain. La neige commençait à se teinter de rose. Le chien continuait de gémir, et tirait de toutes ses forces sur sa patte emprisonnée.

- Pas comme ça, tu ne vas pas y arriver, dit-elle doucement.

Le chien s'arrêta de remuer et leva sa tête vers elle. C'était lui, ou… il arrivait à comprendre ce que disait ce bipède ?

- Soru, qu'est-ce que tu fiches ? Aide-moi à te sortir de là, tu t'occuperas de ce chien errant après !

Soru l'ignora et fixa le chien.

- Ne tire pas. Tu vas t'arracher la patte. Il faut essayer d'ouvrir.

Elle se pencha vers le piège, et glissa sa main entre les dents. Le chien suivait tous ses mouvements. Puis l'humaine enfonça sa mâchoire dans l'interstice, avant de pousser de toutes ses forces. Elle ne sut dire si le goût métallique dans sa bouche était celui du fer ou du sang, mais elle continua, jusqu'à ce que l'écart entre les deux mâchoires soit suffisant pour qu'elle dégage sa jambe. Elle se tourna vers le chien, qui se mit lui aussi à l'ouvrage, et réussit à se libérer.

Ils restèrent un moment face à face, se fixant l'un l'autre, jusqu'à ce que le chien s'approcha de l'humaine, renifla son vêtement, avant de détaler malgré sa patte blessée, la tarte aux escargots entre les dents.

Flowey ne put s'empêcher de se sentir dégoûté, mais il fut surpris de voir une ombre de sourire traverser le visage de Soru.

- Pourquoi tu t'es autant cassée la tête ? Tu ne pouvais pas utiliser tes deux mains pour te libérer et en faire de même avec lui ?

- S'il avait été trop faible, oui, c'est ce que j'aurais fait. Mais il a pu le faire par lui-même, c'est le principal. Il saura se débrouiller pour la prochaine fois.

Elle inspecta sa blessure, par chance pas trop profonde, et se releva.

- Aujourd'hui je t'aide, demain il faudra te débrouiller seul. C'est ce que j'ai appris au fil du temps, pour ma propre survie. Alors je fais de même avec les autres.

Elle remarqua bien le regard rempli d'incompréhension de Flowey. Alors qu'elle commençait à marcher, elle lui posa une question :

- Flowey, est-ce que tu me trouves folle ?

Un peu sonné par cette phrase, il prit cependant un peu de temps pour répondre.

- Disons que tes actions sont… un peu extrêmes. Je n'ai jamais rencontré d'humain comme toi.

- Ma soeur dit que je suis pugnace. Ces actions extrêmes, comme tu dis, sont presque toujours le bon moyen pour ouvrir les yeux des autres. Je le sais mieux que personne, ajouta t-elle en resserrant sa main sur son poignet.

- Je suppose que je devrais m'y faire, soupira Flowey après un silence.

Mais il lui sourit pour la rassurer, et elle lui rendit son sourire.

C'est là qu'il remarqua ses yeux vitreux, son teint exsangue et sa respiration difficile ; on aurait que la fatigue s'était abattue d'un coup sur ses épaules.

- On ferait mieux de se rendre au village au plus vite. Tu n'as pas l'air d'aller bien.

Elle opina, et accéléra le pas.

Lorsqu'elle arriva à Snowdin, elle était exténuée, comme si son corps allait la lâcher d'un moment à un autre. Les pièges disposés çà et là, manquant de la démembrer, trouer, électrocuter, cisailler et geler ne l'avaient pas franchement aidée. Elle avait arrêté de compter le nombre d'attaques qu'elle avait dû subir ; à chaque pas, il lui semblait que son âme se fendillait un peu plus.

Seul le sommeil pouvait la guérir dans ces moments-là.

Dans les rues enneigées, les monstres lui lançaient des regards menaçants, sous-entendant qu'elle n'avait rien à faire ici. Sur le conseil de Flowey, elle se dirigea vers une auberge ; là-bas, il y avait moins de risques qu'elle se fasse tuer dans son sommeil.

Mais le risque zéro n'existe pas. Et il en était la preuve, en surgissant au beau milieu de la nuit, devant le lit où l'humaine dormait sans bouger, une lueur rouge brillant dans son orbite.

O*O*O*O*O

SWAP

Snowdin était un joli village.

Ça, Nilac ne pouvait le nier. Elle avait l'impression d'être dans ces marchés de Noël que les hommes montaient de temps en temps à la surface. À la différence que l'atmosphère de cet endroit, à la fois calme et festive, était naturelle. Il y avait même un sapin ! D'ailleurs, quasiment tout le monde l'avait salué. Elle ne passait pas vraiment inaperçue, cette géante ! Elle eut tôt fait de se lier d'amitié avec tout le monde, notamment avec un petit monstre à l'apparence d'agneau, du nom d'Asriel, qu'elle avait amicalement surnommé "Poncho" à cause du vêtement en question, vert rayé de jaune, qu'il portait constamment.

La longue marche l'avait quelque peu affamée, et le restaurant « Muffet's » tombait à pic, et lui donnait envie, avec sa façade violette chaleureuse et la délicieuse odeur de pâtisseries qui lui chatouillait les narines.

L'intérieur était très chic. Ce qu'elle prit d'abord pour des tapisseries élaborées étaient en réalité de gigantesques toiles d'araignée, et leurs occupantes trottinaient aussi vite qu'elles le pouvaient pour servir les clients. Plusieurs monstres étaient assis à leurs tables, discutant amicalement autour d'une tasse de thé.

Elle remarqua Papyrus, assis au comptoir qui brillait tellement il était propre. Il l'invita d'un signe de tête à s'asseoir à côté de lui.

- Salut ma grande. J'te souhaite la bienvenue chez Muffet's, le meilleur resto de Snowdin qui défie toute concurrence. En même temps c'est normal, vu qu'y a que lui. (Il ricana). Mais t'inquiète, la patronne est l'aREINEgné en matière de desserts.

Nilac pouffa et salua Muffet, en train de préparer du thé. Elle étira ses crocs en guise de réponse et lui tendit le menu, faisant balancer les dentelles de sa robe.

- Je t'en prie, fais-toi plaisir, mon chou !

- J'espère que t'as assez d'oseille pour payer, lui chuchota Papyrus, parce qu'elle te poursuivra en justice si tu ne règles pas ton addition.

- Pas de souci, je vais éviter de trop m'empiffrer. Je peux avoir de la sauce au piment, s'il vous plaît ? Ou un autre liquide piquant ?

Et sous l'orbite estomaquée du squelette, elle avala une bouteille entière de piment mélangé avec un peu de sauce tomate, sans que sa figure ne prenne la couleur du liquide. Elle commanda ensuite deux assiettes de viennoiseries avec une bonne dizaine de salades de fruits. Elle retint de rire devant le crâne décomposé du monstre, et lui expliqua que, sans épices pour se couper l'appétit, elle aurait pu vider la cuisine.

- Mais, euh… Tu arrives à éviter un incendie malgré tout ce que tu avales ?

- Au début, il me fallait un canon à eau pour éteindre les flammes. Maintenant j'y suis habituée ; il faut bien mettre un peu de PIQUANT dans la vie !

Ils se sourirent mutuellement. Il ne remarqua pas qu'elle glissait quelques aliments dans sa poche. Sa sœur l'avait prévenue : Sans était très doué au combat, et il ne fallait en aucun cas que ses HP baissent. Cette phrase, sortie de nulle part, dansait dans son crâne, telle une menace :

If your HP comes to 0, you lose.

O*O*O*O*O

TALE

- Hé bien, on ne donne aucune nouvelle à son frère pendant sept ans, et on se précipite vers lui quand on a besoin d'aide ?

Néant. Écran noir sur lequel pleuvent des chiffres blancs, code d'un monde, code complexe qu'un seul soit parvenu à déchiffrer.

Ni mort ni vivant, celui qui se tient en face de Sans erre dans cet endroit depuis des années, suite à un accident. Être difforme formé de vide, son grand visage blanc flanqué d'un long sourire, tel un masque, fixant le nouveau venu.

- Je n'ai aucune excuse, frérot, tu sais que je suis un lazybones. Mais là c'est vraiment urgent.

L'autre squelette fut secoué d'un long rire guttural, résonnant dans le silence du néant.

- Mais je n'en doute pas, mon cher Sansy !

La voix de l'ex-scientifique royal se fit soudain plus lente et plus profonde :

- Sombre plus sombre encore plus sombre

Les ténèbres ne cessent de croître

Les ombres tranchent plus profondément

Pas de photon détecté

La prochaine expérience promet d'être

Vraiment

Vraiment intéressante.

Le spectre s'écarta, pour dévoiler une immense tache au milieu du code, noir encore plus sombre que le néant et qui palpitait comme un cœur.

- Les ténèbres, Sans ! Gluantes de honte, visqueuses de mépris envers celui qui les avait créées ! Apparues il y a sept ans, elles sont une cage dont le prisonnier s'est enfui il y a des années. Qui est-il ? Comment a t-il fait naître ces ombres ? Question sans réponse !

- Frisk ? hasarda Sans.

- Hypothèse possible sans possibilité d'affirmation ! Sept ans auparavant, les ombres ont masqué le fichier du joueur, le rendant inaccessible. C'était une barrière infranchissable, immobile et silencieuse. Et trois ans plus tard, quelque chose s'est échappée des ténèbres, quelque chose a quitté le code de l'Underground, et les ombres pleurèrent ce qu'elles avaient perdu. Puis elles ont commencé à s'étendre et à corrompre le code, mais très lentement, ne changeant qu'un infime détail à chaque avancée. N'as-tu rien remarqué d'étrange durant ces sept ans ?

Pas vraiment, songea le squelette. C'était du boulot de regarder autour de soi tout de même ! Le monde se portait très bien ; Papyrus cuisinait de mieux en mieux, des trésors étaient tombés de la surface et avaient rendus beaucoup de monstres heureux, les shows de Mettaton devenaient de plus en plus populaires, Undyne semblait bientôt accepter de laisser Papyrus entrer dans la garde royale…

Tout allait bien. Trop bien même. Aucun problème, aucune dispute, aucune catastrophe…

- C'est qu'une intuition, dit-il au bout d'un moment, mais peut-être que ces ténèbres… cherchent à faire le bien ?

- Tout juste ! Tout juste ! N'est-ce pas intéressant ? En tout cas pas pour toi, à en voir cette expression sur ton crâne.

Non, ce n'était pas intéressant. Il n'y avait rien d'intéressant à voir un enfant se suicider devant ses yeux et à être confronté à ce qui était peut-être sa seule trace, à son dernier reste, tandis qu'une étrangère se baladait dans l'Underground, une étrangère dont il n'était même pas sûr qu'elle puisse manipuler le temps.

- N'était-ce pas ce que tu voulais, mon frère ? Ce que nous voulions ? demanda Gaster, comme s'il avait lu dans ses pensées. Nous avons enfin un moyen d'éviter que le monde soit effacé, nous sommes enfin protégé de la folie de Chara. L'Underground n'est plus à sa merci et à celle de l'enfant. Enfin ! Enfin !

- Et que fais-tu de l'autre fille ? Elle ne semble pas être en mesure d'utiliser les Timelines. Que se passera t-il si elle choisit la Génocide ?

- Hohoho, Sans… rit l'autre squelette. Tu sais déjà la réponse : LA TUER ET PRENDRE SON ÂME POUR OUVRIR LA BARRIÈRE. Elle ne pourra pas ressusciter, étant donné le peu de détermination qu'elle possède. Dommage pour elle !

- Il y a sûrement un autre moyen… Essayer de ramener Frisk ou…

- Frisk est mort, Sans. Tu le sais mieux que personne. J'avais pourtant vu un sourire de satisfaction quand tes mains étaient souillées de sang d'humain…

Il ne répondit rien. Oui, tuer l'assassin de son frère avait calmé, pendant un instant, sa rancœur contre le Génocidaire. Oui, il l'avait fait, encore et encore, pour abreuver sa soif de vengeance.

Mais ce sentiment était parti, maintenant. Il n'y avait plus que du vide, un manque, que l'enfant aurait peut-être pu combler. Mais s'il revenait, il aurait peur de lui, sans aucun doute… Sans trop savoir pourquoi, il tendit ses phalanges vers les ombres mouvantes. C'était la seule trace qui restait de lui après tout…

À peine les avait-il effleurées qu'elles se hérissèrent et se rétractèrent, comme un animal effrayé. Une inscription rouge sang apparut alors sur leur flanc.

- Hoooo, c'est plutôt… surprenant. Mais quoi de plus normal si elles ont été créées par celui que tu as tué ? Quand à cette phrase… Huhu, je dois avouer que je n'y comprends rien !

Sans préféra inscrire ces mots dans sa mémoire. On ne sait jamais…

- Je crois que je vais te laisser, frangin, et garder une orbite sur l'humaine.

Il put entendre son frère murmurer quelque chose alors qu'il se téléportait.

- Sans, les réponses que tu cherches, l'humaine pourra peut-être te les donner…

Pour être franc, il n'en savait rien, pensa t-il alors qu'il était de retour à Snowdin, dans le salon de sa maison. En quoi pouvait-elle avoir un lien avec Frisk ? Alors qu'il se posait cette question, il entendit un gémissement.

Il vit l'humaine qui tremblait. Il pensa que c'était de froid, mais de grosses gouttes de sueur jaillissaient de sa peau. Elle haletait, le souffle court, et il fut surpris de voir de la buée s'échapper de ses lèvres. Il lui secoua gentiment l'épaule, espérant la réveiller. Il obtint pour seule réaction une poigne de fer sur son bras. Sa main à la fois glacée et brûlante lui faisait mal. L'humaine, toujours endormie, s'agrippait à lui comme une bouée.

- À l'aide… À l'aide, quelqu'un… laissez pas faire… tié… pitié arrêtez ça… ne veux plus… J'ai… f-froid… trop… brûlant…

- Mheetacce, arrête, calme-toi ! Retourne dans le présent, je t'en supplie ! Mheetacce !

C'est là qu'il la remarqua. Il pouvait voir cette autre humaine sur le canapé, des larmes coulant sur ses joues transparentes, elle s'agrippait ses longs cheveux tandis que sa main traversait le dos de la jeune fille, incapable de la consoler.

Mais elle ne pouvait l'entendre. Son esprit était ailleurs. Loin dans le passé.

Et Sans se sentit soudain aspiré.


Avant que vous ne criez au blasphème et que vous ne vous jetiez sur moi pour m'étrangler, laissez-moi m'expliquer : je considère Gaster comme le père/créateur de Sans et Papyrus, mais j'avais vu une vidéo théorie de Captain Hype sur Sans et Gaster, ainsi qu'un post de Toby Fox assez énigmatique, comme quoi Gaster était le frère des skelebros. Que je le dise tout de suite, je me fiche pas mal qu'une théorie soit vraie ou fausse, à moins qu'elle soit complètement tarabiscotée, je la prends si elle me permet de faire de bonnes histoires. Donc Gaster comme membre des skelebros, pourquoi pas.

Ah oui, et j'ai imaginé Gaster comme un savant un peu dingue. Parce que j'aime bien l'imaginer comme ça.

Voilà, j'espère que la petite taille du chapitre ne vous a pas trop déçu. A bientôt !

Cao