Je n'ai pas grand-chose à dire sur ce chapitre là, à part remercier tous ceux qui commentent cette histoire ! J'espère que vous prendrez autant de plaisir à lire ce chapitre que j'ai pris du plaisir à l'écrire ! Je suppose que le titre vous donne une idée de quoi parle le chapitre ;) Bonne lecture !


Donne-moi la liberté de gambader où bon me semble

D'affronter la neige froide et la bruine cinglante

Laisse-moi plonger dans les lacs les jours de pluie

Observer en haut des montagnes la lune qui luit

Apprendre chaque cri d'animal, chaque cri d'oiseau

Contempler avec curiosité le jour nouveau

Voyager, voyager sans connaître de trêve

Ce n'est pas une vie, mais un doux rêve

O*O*O*O*O

SWAP

Papyrus leva une orbite. Son regard croisa d'abord le réveil ; ce devait être la première fois qu'il se réveillait à cinq heures du matin ! Il se promit intérieurement de se rendormir immédiatement.

C'est là qu'il remarqua que son bras était posé sur l'épaule de Nilac. Entre eux deux, son petit frère s'était pelotonné comme un petit chat contre la poitrine de l'humaine. Ah, c'est vrai. Cela faisait des semaines que la géante s'était habituée à dormir avec eux. C'était venu naturellement, sans qu'on se pose de question. Pour les frères squelettes, elle était devenue leur "petite" sœur.

Depuis combien de temps était-elle apparue dans leur vie ? Un peu plus d'un mois ? Peut-être deux ? Papyrus aurait aimé que cela ait duré depuis toute une vie. La paix qui habitait son âme et celle de son frère était un véritable cadeau. Cette humaine était un cadeau.

Mais il aurait aimé… Juste une fois… Connaître un peu mieux Nilac. Savoir ce qui l'avait fait telle qu'elle était. Voir ce que ses yeux avaient vu. Sans en savait à peine plus que lui.

Ses orbites se refermèrent rapidement, et il plongea dans le sommeil.

O*O*O*O*O

Un son, d'abord. Puis plusieurs. Des bruissements, des craquements, un souffle, une brise. Le regard s'ouvre sur un plafond bleu-noir, percé de points brillants.

« Papyrus ? »

Son frère, à côté de lui, et tout aussi perdu que le grand squelette. Est-ce un rêve ? Alors il est magnifique.

Leur lit est à présent un tapis d'herbes sauvages, graminés, fleurs folles et mousses molles. Le ciel, parsemé d'étoiles regroupées en traînées de lait, se découpe entre de grands résineux et le ciel ouvert d'une clairière.

Personne ne le chuchote, mais ceci est le versant d'une montagne, ils le savent sans le savoir. Un doux chant les fait se lever.

La nuit est calme. Ni tempête, ni nuages, c'est une ode à la tranquillité. C'est pourquoi Nilac chante tel un ruisseau paisible. Parfois les notes craquent, semblables aux brindilles écrasées par les animaux, hululantes comme le hibou veilleur, enveloppantes tel le vent de minuit.

Il y a deux endormies à côté d'elle. Insomniaque, la sœur passe le temps en exerçant sa voix. La nature est bon public.

Souvenir, souvenir. Peindre de milles couleurs l'air du vent, et la mélodie est le pinceau. Souvenir, souvenir, le bonheur est parfois fait de ces petits plaisirs.

Toi qui sais chanter avec le vent

Toi qui connais les sables et l'océan

Les forêts sauvages

Les aigles et les loups

De rives en rivages

Souviens-toi de nous

La terre est si belle

Le monde est si grand

Va mon hirondelle

Sur l'aile du vent.

La terre est si belle

Le ciel est si grand

Va mon hirondelle

La nuit descend

Et brusquement le chant change de tonalité, plus puissant, un cri cherchant à naître. Le ciel se teinte de rose, d'orange. Entre, Soleil ! Lance le char incandescent ! Une nouvelle naissance, renaissance, le dieu-soleil revient des ténèbres.

Une explosion, une hymne de joie. Un rond brillant est apparu, la lumière éclaire à nouveau le monde.

Et soudain, tout s'arrête, tout se tait. L'humaine est retombée au sol, rendormie. Elle a lancé son appel, elle a célébré le monde qui lui permet de vivre encore une fois.

Fin du chant, fin du rêve.

O*O*O*O*O

Sans se réveilla doucement. Il remarqua l'humaine penchée au-dessus de lui, un étrange sourire aux lèvres, mais un regard indéchiffrable.

Il avait fait un très beau songe. Lorsque les trois personnes prirent leur petit déjeuner et qu'il le raconta, tout excité, Papyrus avoua qu'il avait rêvé la même chose. Tous deux se tournèrent vers Nilac.

- Je ne sais pas vraiment comment ce fut possible. C'est un de mes souvenirs de la surface. Il est revenu cette nuit, et il m'avait semblé sentir votre présence… Apparemment, ce n'était pas qu'une impression.

À son grand étonnement, les deux squelettes se levèrent et l'entourèrent de leurs bras, dans une étreinte affectueuse. Ce qu'ils avaient vu était magnifique, et ils venaient de comprendre une chose : le chant était pour Nilac le meilleur moyen pour communiquer. En une nuit, ils avaient beaucoup appris de sa vie à la surface. Un long et magnifique voyage.

Ils espéraient contempler avec elle les paysages qu'elle avait croisés. Et elle l'espérait également.

O*O*O*O*O

- J'ai pris tout ce qu'il fallait ! Happstablook, tu es prêt ?

- Ou-oui mais… … … Je ne sais pas si ça va marcher… … Et si je rate ? Cela va faire des années que nous ne nous sommes pas… … … …

- Prends confiance, Haspty ! Je serai avec toi, ne t'inquiète pas !

O*O*O*O*O

- PAPY ! PAPY REVEILLE-TOI !

Le squelette, avachi à son poste de sentinelle, fut brutalement tiré de sa sieste par la voix stridente de son petit frère.

- Oups, désolé frangin, je me suis endor –

- On s'en fiche ! Dépêche-toi !

Sans le prit par le bras, et sans prévenir, les téléporta dans sa maison. Papyrus n'eut pas le temps de se remettre de son étourdissement que son frère l'avait poussé dans le canapé et allumé la télé.

Papyrus n'eut pas besoin d'explication ; sitôt qu'il entendit la voix, il comprit immédiatement.

Flash et lasers en tout sens, la musique résonna dans la maison. Napstaton Ex, de l'autre côté de l'écran, faisait face à Nilac, munie d'un micro.

Une foule applaudissante, un robot armé de synthétiseurs, une humaine amusée et un petit fantôme timide, dans un coin.

Un seul mot pour décrire l'ambiance.

Electrique.

Le robot mit en marche ses disques, en lançant quelques-uns de tant à autre vers Nilac. Tout en les évitant, elle se mit à chanter, aidée par Happstablook, en rythme avec les mélodies. Comprenant leur petit jeu, Napstablook augmenta le volume et le tempo, et lança quelques rimes.

- Il est temps de démarrer le SHOW !

« Affronte-moi, montre ce que tu vaux !

« Je m'attends à de la résistance !

- Tant mieux ! répliqua Nilac. Ça fait grimper l'audience !

Elle fit un petit signe de tête à Happstablook. Il respira un grand coup et se lança :

- Il en fait des tonnes mais Napstaton nous étonne

Et ses poses dramatiques électrisent le public

Qui tonne

« Oh Napstaton, tout en toi nous impressionne !

Ton sourire magnétique !

Tes répliques fantastiques ! »

Et quand la musique tonne

C'est l'audimat qui cartonne

Et cette danse robotique hypnotise le public

Qui tonne

« Oh Napstaton, tout en toi nous impressionne !

Ton sourire magnétique !

Tes répliques fantastiques ! »

Le robot en eut les larmes aux yeux, ajoutant encore quelques téléspectateurs.

Lumière ! Musique ! Basses ! Caméras ! Chant ! Violence ! Coolitude absolue !

Le spectacle s'emballa, sous un jet de lasers, sous la musique assourdissante qui faisait virevolter le public et les deux frères squelettes. Tous les monstres dansaient, ne tenaient plus en place face à leurs écrans, sans raison cette envie de rire et de bouger avait contaminé l'Underground.

Puis il y eut une explosion. Napstaton s'effondra, ses bras et jambes partis en fumée.

Zut. Toute cette excitation avait consommé toute son énergie.

Son cousin se précipita vers lui, inquiet.

- Je vais bien Hapsty… Je n'ai jamais été aussi bien de toute ma vie. Je suis heureux que tu sois venue faire une battle de chant. Je suis désolé pour… Pour t'avoir laissé seul…

- Oh… Ce-ce n'est… pas grave… J'ai toujours… adoré ton show… Ce que tu es devenu… Tu m'as toujours… impressionné…

Devant toute cette guimauve, on entendit quelques pleurs dans l'assistance. Le téléphone de Napstaton retentit de multiples sonneries ; tout l'Underground voulait féliciter cette incroyable prestation.

- Merci ! s'écria le robot. Merci à tous !

Il tourna le regard vers l'humaine.

- Et merci à toi…

Nilac s'inclina avec un grand sourire et s'éclipsa, laissant les deux cousins seuls.

Sitôt qu'elle fut rentrée, deux squelettes bondirent sur elle, l'écrasant littéralement.

- Nilac ! C'était génial ! Incroyable ! Aussi magnifique que moi !

- Superbe spectacle. Nasptaton s'est ÉCLATÉ, on dirait.

- Papy ! Tu gâches tout !

Riant tous les trois, le plus grand squelette attrapa la jeune fille par la taille et la souleva comme un sac à patates.

- Portons en triomphe la grande chanteuse !

- Papyrus ! réussit-elle à articuler entre deux rires. Repose-moi !

Le plus petit s'agrippa au dos de son frère, ordonnant en riant de la relâcher. Ils luttèrent un instant encore puis s'effondrèrent sur le canapé, toujours pouffant. Finalement calmés, Sans se releva et fit face à l'humaine.

- Papyrus et moi, on voudrait te donner quelque chose, humaine.

Papyrus se contenta de hocher la tête. Son frère se dirigea vers la commode, en sortit un objet entouré grossièrement de papier journal.

- Je suppose que tu as deviné que mon fainéant de frère a fait l'enveloppe (Papyrus lâcha un petit rire).

Le petit squelette déballa le paquet, pour tendre une couronne de fleurs.

Elles étaient faites de papier crépon qui les rendaient presque vivantes. Les pétales, regroupés en cinq par fleur, étaient d'un violet clair et doux, proche de la lavande. Dans l'un d'eux, un petit message avait été marqué :

"Pour Nilac, fait par : Papyrus et LE MAGNIFIQUE SANS"

La géante leur adressa un sourire, mais son regard demandait "Pourquoi ?". Sans se contenta de lui poser la couronne sur la tête, de manière à ce qu'elle cache la partie droite de son visage, où, sous la chevelure, se trouvait son œil absent.

- On sait que tu ne vas montrer ce que tes cheveux cachent, parce que tu trouves ça horrible. Mais nous, on veut te prouver que tu es magnifique, quelque soit ton apparence ! Alors on a fait cette couronne pour te donner du courage ; on l'a confectionné avec toute notre amitié, tu pourras tout le temps la transporter avec toi, c'est elle qui te protégera des regards extérieurs qui pourraient te juger ; on te trouve incroyable, et cette couronne le prouvera à tout le monde ! Tu ne dois pas avoir honte de ton apparence, et on espère que tu gagneras en confiance.

La jeune fille prit les deux squelettes dans ses bras.

- Merci, murmura t-elle. Mais vous me donnez déjà confiance.

- Alors, fit Sans un peu déçu, tu ne vas pas la garder ?

- Si ! Je trouve qu'elle me donne un joli petit air négligé.

Papyrus plongea en avant et s'étala sur le tapis, devant le regard interloqué des deux autres.

- C'est pour prouver que tu es à TOMBER.

- Papyrus !

- Je t'ai vu sourire, petit frère.

- Oui et je déteste ça !

Nilac jeta à Sans un coup d'œil complice, et tous deux se jetèrent sur le squelette au hoodie.

- Non, pas les chatouilles ! hurla t-il (de rire) tandis qu'ils se mirent à le torturer des manières les plus ignobles et les plus chatouilleuses qui soient.

O*O*O*O*O

FELL

Sitôt que son esprit sortit de l'inconscience du sommeil, Sans fut littéralement assommé par la gueule de bois. Comme d'habitude, il avait trop bu chez Grillby. Il serra fortement ses orbites pour tenter de calmer le tambour sonnant dans son crâne, en vain. Tout en gardant les paupières fermées, il inspira longuement (même s'il n'avait pas de poumons) afin de relaxer ses os. Il voulut se remémorer ce qui avait bien pu le mettre dans cet état ; trou noir. L'alcool n'aidait pas beaucoup. Mais il se sentait étrangement bien ; une douce chaleur se tenait au creux de ses bras. Il se rendit compte qu'il était allongé, probablement dans sa chambre. Il n'avait pas la force d'ouvrir les orbites pour vérifier ; autant profiter de ce calme, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas aussi bien dormi. La chaleur entre ses bras relaxait son mal de crâne, et il poussa un soupir de satisfaction.

Une minute… Est-ce qu'il… entendait une autre respiration ?

Ses orbites s'ouvrirent sur le cou de l'humaine, endormie et collée à lui. Toute habillée, il se rendit compte avec horreur qu'il avait enserré sa taille pour mieux les rapprocher.

Il la repoussa brutalement en frappant son ventre de ses deux mains, ayant pour effet de la réveiller. Il se redressa précipitamment et voulut crier quelque chose. Action qu'il ne put réaliser car Soru avait plaqué ses mains sur ses dents et l'avait fait retomber sur le matelas.

- Si vous hurlez, vous risquer de réveiller Papyrus et de le faire accourir. Je doute qu'il ne demande pas ce que je fais ici, et je n'ai pas d'autre idée à part lui expliquer que vous vous êtes retrouvé presque ivre mort au bar. Je ne pense pas qu'il apprécierait. Comment réagirait-il en sachant que j'ai transporté son frère jusqu'à sa chambre, et que, tout endormi qu'il était, il a refusé de me lâcher et j'ai dû dormir avec lui ? Ce n'est pas bon de se coucher avec ses vêtements, j'ai l'habitude de dormir nue.

- Je me serais bien passé de ce détail, marmonna t-il malgré les deux mains qui couvrait sa bouche.

- Je n'en doute pas, dit-elle en le libérant.

C'était lui ou elle se moquait ? Ce qu'elle pouvait l'énerver… La jeune fille massa son estomac, maugréant intérieurement sur ce réveil peu agréable.

- Si ma présence vous gêne, ce dont je ne doute pas, je vais de ce pas vous laisser tranquille. Je dois retrouver Undyne pour son entraînement.

- Et qu'est-ce que j'en ai à battre ?

- Merci pour la politesse. Je prévenais au cas où.

Sitôt qu'elle fut sortie – par la fenêtre pour éviter de croiser Papyrus – Sans s'empressa d'enlever son chandail rouge et de défaire la housse du matelas. Il avait intérêt à enlever cette odeur de résineux, il ne le supporterait pas…

Il descendit dans le salon pour transporter tout ce linge à la machine à laver. Son frère n'était pas présent, tant mieux. Il remarqua le regard interrogateur de Flowey, posé sur la table ; dès que la machine fut mise en route, il lui expliqua rapidement ce qui s'était passé.

Il fut surpris de voir passer un air triste sur le visage de la fleur. Il lui demanda ce qui n'allait pas.

- Frisk aurait beaucoup aimé que tu dormes avec lui…

Sans ne put s'empêcher d'être étonné.

- Je ne le savais pas… Mais maintenant c'est trop tard à cause de So -

- ÇA SUFFIT SANS ! s'écria Flowey, faisant bondir le squelette en arrière. Ça suffit, tu m'entends ? Arrête de toujours reprocher au monde entier tes malheurs ! Soru nous a peut-être volé notre Happy End, mais toi, en quoi devrais-tu regretter la surface ? Tu prétends que Soru t'a arraché un ami, mais qu'est-ce que tu as fait à Frisk pour lui prouver son amitié ? Dis-moi ! Tu as à peine changé pendant ces sept ans, tu n'as pas daigné accorder un peu d'attention à Frisk, rien ! L'enfant vous avait peut-être pardonné, mais il n'avait pas oublié toutes les morts qu'il avait subies ! Sais-tu qu'il faisait des cauchemars toutes les nuits ? Qu'il se réveillait en pleurant, haletant, croyant que son âme allait se briser encore une fois ? Pas une fois tu n'es venu le consoler, tu ne lui as pas montré un tant soit peu d'affection, alors que même ton frère avait fait cet effort ! Frisk connaissait ton caractère, il ne t'avait jamais forcé à faire quoi que ce soit, mais tous ses efforts pour que tu te sentes mieux, est-ce que tu les avais remarqués ? Tu ne lui as jamais adressé de mots doux, jamais fait de câlins, tu n'as jamais cherché à approfondir ton "amitié", et maintenant tu regrettes ? Tu ne pourras jamais rattraper cette vie-là, jamais, c'est terminé ! Soru avait parfaitement raison de croire que tu n'étais pas ami avec Frisk, parce qu'une amitié, c'est réciproque ! Alors au lieu de te lamenter sur le passé, je saisirais plutôt cette occasion comme une seconde chance ! Parce que maintenant c'est tout ce qui nous reste, nos souvenirs, qui permettraient de réparer tant de choses ! Alors arrête, tu m'entends ? Ça ne sert à rien de se tourner vers le passé, tu ne deviens qu'encore plus déprimé, et ça ne fait plaisir à personne. La seule chose que voulait Frisk, c'était que tu sois heureux. Et tu ne l'as jamais montré.

La tige de Flowey se courba sous la fatigue. Cela lui pesait depuis si longtemps… Il l'avait dit, maintenant. Il avait avoué. Même si cela risquait de blesser Sans, il le voyait bien à son expression.

Le squelette avait baissé la tête et empoigné son short. Flowey savait qu'il fallait attendre, maintenant. Laisser le monstre réfléchir. On ne changeait pas du jour au lendemain, mais il avait toutes les clés en main, à présent. À lui d'en faire bon usage.

La fleur aurait bien aimé rejoindre Soru, laisser Sans un peu seul ; mais il ignorait où elle pouvait être. Son entraînement avec Undyne ne devait commencer que dans plusieurs heures, et la jeune fille flânait un peu partout dans l'Underground. Bien que "flâner" ne soit pas le verbe approprié sur sa manière de passer le temps.

O*O*O*O*O

Gerson releva la tête en entendant les notes. Quelqu'un frappait les touches d'un piano, et la vieille tortue reconnut une valse rapide et puissante, qu'il n'avait plus écouté depuis longtemps.

Depuis quand Undyne n'avait-elle plus joué de musique ? Cela plusieurs jours qu'elle avait dépoussiéré son piano, et Waterfall résonnait des notes douces et violentes, suivant la partition.

Grâce à la ténacité d'une petite humaine.

Gerson s'était rapidement lié d'amitié avec Soru. Bien qu'elle parlât peu, elle prêtait toujours une oreille attentive aux propos d'un vieux radoteur comme lui. Il l'avait vu parcourir Waterfall, discutant poliment avec les monstres qu'elle croisait, ouvrant ses oreilles sur tout ce qu'ils avaient à dire, ce qui était plutôt rare ici-bas, qu'on s'écoute les uns les autres. Elle s'éclipsait dans les zones d'ombre, les recoins, pour s'adonner à l'activité que seul Gerson connaissait. Lorsqu'il tombait dessus par hasard, il ne pouvait s'empêcher de s'extasier devant les oeuvres qu'elle avait créé. C'était toujours avec joie qu'il lui donnait pinceaux et pots de peinture qu'il conservait dans son magasin.

La présence de Soru illuminait l'Underground. Qu'Undyne joue du piano était une excellente nouvelle ; lorsqu'elle jouait, elle abandonnait, pour un temps, toute la dureté qui s'était accumulé au fil des ans ; elle redevenait la gamine espiègle et rayonnante que Gerson avait connue autrefois. À force d'arguments, l'humaine avait convaincu la capitaine de jouer à nouveau ; si elle n'était pas aussi têtue, elle n'y serait sûrement pas arrivée !

Alors, en entendant ces mélodies, en voyant les monstres accepter cette drôle d'humaine qui calmait leurs ardeurs belliqueuses, Gerson ne pouvait s'empêcher d'espérer. Espérer, en se remémorant qu'il fut un temps où le monde n'était pas aussi mauvais. Qu'il fut un temps où la cohabitation entre humains et monstres était possible. Qu'il fut un temps où les monstres s'entraidaient tant bien que mal face à la fatalité et à leur errance souterraine. Qu'il fut un temps où la règle de l'Underground n'était pas de tuer ou d'être tué.

Puis le prince mourut.

Puis le roi devint fou.

Et l'atmosphère s'assombrit.

À l'aide d'une palette, une petite humaine tentait de redonner des couleurs à ce lieu sombre. Et Gerson espérait, malgré le roi qui planait, tel une menace. Roi fatigué mais tenace, contre une humaine pugnace.

Lequel mourrait lors du combat final ?

O*O*O*O*O

Soru s'effondra au sol, littéralement vidée de ses forces.

- Déjà fatiguée ?

- Vous pouvez parler… Undyne… vous aussi vous êtes… à bout de souffle…

La femme-poisson émit une grimace qui se voulait être un sourire moqueur, puis s'assit lourdement aux côtés de son élève. Soru se redressa et retira la lance fichée dans son épaule.

- Ça ne te fait pas mal ?

- Ça pique un peu. Cela fait longtemps que ma peau est devenue insensible.

- Un pouvoir comme ça est vachement cool ! Pas toi hein, mais avec ça on aurait pu facilement mettre une raclée aux humains ! Comme dans les animés, le héros (comme moi quoi) se relève malgré les armes plantées dans son dos, avec une musique héroïque, tsa-tsaam !

- Le posséder est plutôt dommage…

- Pourquoi ?

- Parce que ma peau ne ressent ni la douleur, ni tout contact. Je peux à peine sentir les caresses, les câlins, et c'est ce qui me manque le plus.

- C'est quoi ton problème avec les marques d'affection ? rétorqua Undyne avec une grimace dégoûtée. Moi je trouve ça pervers.

- Je sais comment fonctionne ce monde, que l'affection publique est proscrite. Mais la chaleur d'autrui est agréable. N'aimeriez-vous pas serrer dans vos bras la personne que vous aimez ? Je suis sûre que c'est ce que vous voudriez faire avec Alphys.

- Que… MAIS QU'EST-CE TU T'IMAGINES PETITE PESTE ! s'écria la monstre, rouge tomate.

- Ce n'était qu'une supposition, mais merci de l'avoir confirmée ! répondit-elle dans un rire.

Le regard de la capitaine était moitié furieux, moitié honteux. La surprise s'y ajouta également quand la jeune fille laissa retomber sa tête sur l'épaule d'Undyne.

- Est-ce que cela pose problème si je me repose un peu comme ça ?

En temps normal, Undyne l'aurait repoussée en la traitant de demeurée. Mais elle était trop fatiguée pour agir. Etait-ce une excuse ?… Cette gamine savait être convaincante.

À quoi jouait-elle, bon sang ? Serait-elle en train de se… rapprocher de cette humaine ? Depuis quand on se liait avec une condamnée à mort ? Bientôt la machine dimensionnelle serait terminée, les âmes manquantes seraient retrouvées et celle de Soru… arrachée, comme celles de tous les humains tombés avant elle.

Mais en quoi était-ce un problème ? Il n'y avait pas de mal à occuper le temps avec cette fille. Undyne arriverait facilement à l'oublier ensuite, n'est-ce pas ? Les amitiés duraient peu de temps dans l'Underground…

Elle décida qu'il était temps de se lever et que l'humaine rentre chez elle ; mais Soru fut incapable de se remettre debout, ses muscles étant hors service. Grommelant un soupir, Undyne appela Papyrus pour qu'il ramène l'humaine à Snowdin, ordre auquel il obéit en râlant. Voyant qu'elle était incapable de bouger, il la souleva par le dos et l'arrière de ses genoux et la prit dans ses bras, à la grande surprise des deux femmes. Au moment où la capitaine allait probablement lâcher une moquerie, l'humaine lança :

- Bon courage pour votre déclaration d'amour !

Undyne poussa un borborygme-râle étouffé qui manqua de faire éclater de rire Papyrus. Sa charge dans les bras, il quitta sa supérieure et se dirigea vers Snowdin.

C'était la première fois qu'il agissait de la sorte envers elle. Le balancement régulier, les pas qui se répercutaient dans tout son corps, Soru trouvait cela agréable. Elle s'installa un peu plus confortablement et appuya sa tête contre la cage thoracique du squelette.

- N'EN PROFITE PAS NON PLUS.

- Que voulez-vous ? C'est plus confortable que d'être traînée par le col de sa veste.

- … FERME-LA.

- Vous n'étiez pas obligé de le faire, si cela vous gêne autant. Je croyais qu'il fallait éviter de montrer ce genre de geste.

- EN MONTRANT DE L'AFFECTION À QUELQU'UN, ON PREND LE RISQUE DE MIEUX SE FAIRE ATTEINDRE PAR SA MORT, D'ÊTRE AINSI PLUS VULNÉRABLE. MAIS CE N'EST PAS AFFECTIF CE QUE JE FAIS LÀ ; JE ME CONTENTE DE RAMENER MON INCAPABLE D'ELEVE. TU ES ASSEZ FORTE POUR TENIR FACE À UNE HORDE DE MONSTRES, NON ?

Soru se tut. Il venait de mettre les mots sur ce qu'elle avait deviné ; toujours survivre. Au point de couper toute relation avec les autres ? S'il prétendait ne pas paraître attaché à son frère, était-il obligé d'être aussi cruel avec lui, même à l'abri des regards ? Elle se souvenait bien de ce jour, où une énième dispute commençait à paraître entre les deux squelettes. Elle s'était interposée et avait failli arracher le crâne de Papyrus pour qu'il s'excuse devant son frère. Est-ce que cela avait fait évoluer les choses ? Elle en doutait.

Mais elle ne pouvait pas concevoir que des frères puissent se déchirer. La famille était pour elle le dernier rempart, la dernière protection contre la peur. Parce que pendant sept ans, elles furent trois soeurs unies, trois petites humaines contre le monde entier, et chacune se soutenait.

Une famille désunie était une mort en sursis.

Alors voir deux frères se haïr ainsi, elle ne pouvait le supporter. Pouvait-elle y faire au moins quelque chose ? Un petit geste qui permettrait de retrouver un peu de fraternité ?

Finalement, ils arrivèrent à Snowdin. Papyrus poussa du pied la porte de la remise, là où dormait l'humaine. Il resta un instant silencieux devant l'étrange désordre qui se présenta à lui. Partout où se posait ses yeux, il n'y avait que des monticules de feuilles, couvertes de croquis ou vierges, des pastels dont certains avaient été malencontreusement écrasés, des taches d'aquarelle et d'acrylique, des morceaux de bois et de carton colorés, des crayons éparpillés un peu partout.

- TU AURAS INTÉRÊT À RANGER TOUT ÇA, dit-il en reposant Soru. JE NE T'AI PAS OFFERT UN TOIT POUR QUE TU LE RUINES.

La jeune fille opina en poussant un soupir. Elle vit le squelette ramasser un dessin.

- C'EST MOI ÇA ? PAS MAL, J'AI PRESQUE L'AIR AUSSI IMPRESSIONNANT QUE DANS LA RÉALITÉ !

Une chose était sûre, son ego n'avait pas dégonflé. Mais elle sourit devant le compliment. Sitôt qu'elle posa la tête sur l'oreiller, elle s'endormit immédiatement. Mais avant de sombrer, il lui vint une dernière pensée ; ne pas oublier l'histoire du soir…

O*O*O*O*O

TALE

Mheetacce s'assit et posa son livre sur les genoux. Elle jeta un coup d'œil circulaire. Les enfants monstres, agglutinés autour d'elle, attendaient dans un silence presque religieux. Même Papyrus, d'habitude si bavard, s'était tu et la fixait avec des yeux brillants d'impatience et d'excitation.

Lorsque l'humaine ouvrit son livre, tous retinrent leur respiration. Lorsqu'elle ouvrit la bouche, les âmes se mirent à battre un peu plus vite. Et lorsque sa voix ouvrit la porte de l'imaginaire, le monde réel cessa d'exister, et il n'y eut plus que l'histoire qui envahissait l'espace.

Mheetacce aimait voir les différentes émotions passer sur les visages des monstres, selon le passage qu'elle lisait. Elle aimait tout simplement la lecture, et n'aurait jamais imaginé qu'un simple geste puisse aller aussi loin.

C'est grâce à Papyrus que tout avait commencé. Il voulait voir si l'humaine racontait bien les histoires, il lui avait demandé de lire le conte de Fluffy Bunny qu'il connaissait déjà par cœur. Et elle avait tellement bien lu que le grand Papyrus en avait été émerveillé. L'humaine avait trouvé un moyen de renforcer son amitié avec le squelette, et le soir suivant, elle lui avait proposé un des livres qu'elle transportait dans son sac. Papyrus aimait tellement sa voix qu'en deux temps trois mouvements, il avait créé "Le super club de lecture du grand Papyrus et de l'incroyable Mheetacce" (qui se trouvait être une grosse boîte de carton aménagé en salle). Il avait sillonné le souterrain à la recherche d'auditeurs, et il ne fallut pas longtemps pour que des dizaines d'enfants monstres se regroupent autour de l'humaine. Les divertissements étaient rares sous la montagne, et la voix de l'humaine était si belle… Ses plus grands fans étaient évidemment Papyrus et Monster Kid, et elle avait parfois aperçu Napstablook flottant discrètement dans un coin.

Sa seule règle pour le club de lecture, c'est qu'elle lisait uniquement dans la journée. Jamais le soir. Ce moment était réservé à ses sœurs. Elles discutaient de leurs différents mondes, du déroulement des jours et de l'avancement de la machine dimensionnelle. Nilac parlait avec entrain, Soru toujours en chuchotant, car elle n'était pas censée se trouver dans la maison des skelebros à une heure aussi tardive. Puis Mheetacce lisait, ses sœurs lui souhaitaient bonne nuit et elle s'endormait sur le canapé, dans un sommeil sans rêve.

Ce soir-là, Nilac semblait excitée. Elle leur raconta son concert avec Napstaton, et Soru ne put s'empêcher de se sentir un peu jalouse. Le Mettaton de son monde préférait les spectacles violents, où il se battait contre d'autres robots construits par Alphys "sans autre arme" que ses deux tronçonneuses. Il lui avait proposé plus d'une fois de l'affronter, ce qu'elle avait refusé. Elle aurait bien aimé profiter de la sérénité du monde de Nilac. La géante avait monté un stand de cuisine avec son Sans, où ils préparaient tacos et pancakes à bas prix qui ravillaient les papilles des monstres. Point qui fit rire Mheetacce, car la cuisine de son Papyrus, malheureusement pour elle, avait failli plus d'une fois l'intoxiquer. Nilac parlait également de son initiation aux animés ; Undyne l'avait transformée en otaku ! Soru avait tenté plus d'une fois de découvrir cet univers auprès d'Alphys, mais la scientifique refusait de la laisser approcher. Peut-être parce qu'elle avait découvert qu'Alphys adorait tout ce qui était kawaii ?

- Au fait, Soru, ton Sans est-il toujours aussi impossible à vivre ?

- Il ne cherche plus à m'éviter comme avant. Il est, je dirais… perdu dans ses pensées ? On dirait qu'il réfléchit à quelque chose d'important… Tant mieux s'il arrête de m'accabler sans cesse de reproches, mais je suppose qu'il en ferait d'autres s'il savait que je travaillais chez Grillby pour payer son ardoise !

- Non ?! fit Nilac, amusée puisque Soru évitait tout domaine qui se référait de près ou de loin à la cuisine. Pourquoi ferais-tu une chose pareille ?

- Papyrus m'a ordonné de participer aux revenus de la maison, car, je cite "le grand Papyrus ne veut pas d'une fainéante qui profite de la générosité d'autrui". Sachant où je dors et ce que je fais de mes journées, ce fut plutôt ironique venant de la part d'Edgelord Mc Grincheux ! Je travaille comme fille à tout faire chez Grillbz (pas question que je touche à la nourriture, vous savez que sinon ça fait boum), et je donne deux tiers du salaire pour effacer l'ardoise de Sans. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais trop rien… Grillby m'est reconnaissant pour avoir réparé pas mal de ces appareils de cuisson. J'ai même repeint sa cuisine !

- L'artiste se reconvertit en plongeuse… Qui l'eût cru ? se moqua Mheetacce.

- Très drôle ! Au moins, Grillby est l'un des rares monstres qui n'est pas asocial et insupportable à côtoyer ! Il est même plutôt… ouvert. Bon, pas au sens de la discussion étant donné qu'il ne parle pas. Mais il m'a appris la langue des signes, nous pouvons discuter désormais. Au fait, Mimi, rien n'est modifié pour demain ?

- Non, je vous attends avec impatience chez Grillby's !

- Muffet's. Chez moi, le restaurant s'appelle Muffet's.

- Ah là là, il ne faut pas oublier la sacro-sainte pâtisserie de Nilac !

- Au moins ce n'est pas une source de cholestérol comme vos hamburgers trop gras !

- Parce que le sucre est mieux, peut-être ?

Nilac lui tira la langue – dernier recours quand elle sentait qu'elle se faisait battre. Les trois filles se mirent à rire, puis les deux sœurs souhaitèrent bonne chance à Mheetacce pour demain.

O*O*O*O*O

- Salut tout le monde, dit Sans en passant la porte du bar. C'était l'heure de sa pause du soir et il l'avait bien mérité.

La clientèle le salua en retour avec entrain.

- Sans ! s'écrièrent joyeusement Dogami et Dogaressa. Tu arrives juste à temps pour la représentation !

Sans remarqua l'estrade improvisée montée dans un coin. On la dressait de temps à autre quand Grillbz organisait des karaokés, mais à ce qu'il sache, il n'y avait rien de prévu ce soir.

La pièce fut plongée dans la pénombre, et une musique rythmée s'éleva doucement. Une personne encapuchonnée monta sur l'estrade, tandis que le rythme allait crescendo. Au point d'orgue, l'artiste arracha sa cape, et dans un geste dynamique et élégant, l'envoya voler dans un coin.

La danseuse venait d'entrer en scène.

Il n'y eut pendant un moment que le bruit de ses pieds rebondissant sur le bois, elle faisait mine de s'envoler, puis de retomber, sans bruit, et ses bras agrandis par la danse effleuraient le sol, semblable aux oiseaux cloués au sol qui traînent leurs ailes. Puis brusquement elle bondit, aussi haut qu'elle le pouvait, redescendit et frappa ses mains, son torse, ses cuisses en rythme avec la musique. Son corps se tordit en une arabesque humaine, le dos plié en arrière. Ses mains touchèrent le bois, ses jambes décollèrent du sol pour passer au-dessus de son corps et basculer de l'autre côté. Elle se redressa, tourna, tourna comme les derviches tourneurs, sauta encore et ses bras accompagnèrent le geste, puis firent mine de balayer l'air et le bas de son corps suivit le mouvement pour qu'elle soit dos au public. Elle avança en marche arrière, faisant mine de repousser un mur invisible. Puis fonça vers le fond en pas croisés, à une vitesse folle, avant de se retourner. Au moment où la musique touchait à sa fin, elle s'avança vers le public, tournant sur elle-même tout en sautant, avant de s'arrêter brusquement en même temps que la musique, et de s'incliner.

Il y eut un silence qui ne dura que quelques secondes ; il fut rempli par un tonnerre d'applaudissements. Sans dut avouer à lui-même que c'était plutôt… époustouflant. L'humaine descendit de l'estrade, une grande partie des spectateurs se précipita vers elle pour la féliciter. Elle resta silencieuse devant les acclamations, mais sourit ; elle souriait à tous ces gens, elle souriait à ces soeurs, qui ne pouvaient la noyer de tapes dans le dos et de poignées de main. Mais elles étaient là, c'était l'essentiel.

Grillby proposa une tournée générale, et la foule buvait tout en continuant à parler du spectacle ; ils levèrent un toast à Mheetacce, et elle accepta la boisson qu'on lui tendit. En deux verres, elle était déjà saoule ; Sans ne put s'empêcher de rire intérieurement en constatant qu'elle ne tenait pas l'alcool.

Il était temps de rentrer, maintenant ; il lui prit doucement le bras et il les téléporta dans sa maison. Il l'aida à s'allonger sur le canapé, la recouvrit d'une couverture. Il allait partir quand elle posa sa main sur son poignet.

- C'est toi ? murmura t-elle de manière presque inaudible.

Il fut tenté de répondre « Non, c'est Sans », mais il sentait qu'elle allait dire quelque chose, quelque chose d'important, et il ne put s'empêcher d'être curieux. L'alcool était probablement en train de l'aider à se confesser.

- Reste… Reste quelques instants. Est-ce qu'il neige dehors ?

Il lui chuchota que non.

- Tant mieux… Je ne veux pas qu'elle soit là. Je voudrais que le monde reste immobile. Juste quelques instants. Ils remontent, les souvenirs remontent… Aide-moi à les faire sortir, les garder n'est pas bon, ils rongent , ils doivent partir… Parler, juste pour ce soir…

Il s'assit à côté d'elle. Il comprit que c'était pour cette nuit. Que l'humaine acceptait de raconter son histoire.

De raconter le conte de Mheetacce.


*domdomdomdoooom*

*domdom*

Bon ça suffit avec la musique dramatique x) Vous savez de quoi parlera le prochain chapitre ! La chanson que chante Nilac dans son rêve est La terre est si belle, de Hugues Aufray, et le poème en début de chapitre est de moi ^^ Les chansons lors de la battle de chant appartiennent respectivement à Voyage au centre de la toile et Ragnawak Entertainement, allez supporter ces deux Youtubeurs !

En espérant que ça vous ait plu (et que vous me laisserez une review) je vous dis à bientôt !

Cao :)