Heeeeyyyy, devinez qui a fini sa fic et vous poste l'antépénultième chapitre ? (Prenez un dico si vous ne connaissez pas la signification de ce mot bandes d'ignorants) XD Maaaiis je ne posterai la suite que si je reçois le nombre de reviews nécessaires à ma survie :P Que voulez-vous, on ne peut pas vivre sans salaire ! x) En passant la chanson dans la partie "Tale" est de Voyage au centre de la toile.

Bon allez, j'arrête les bêtises et je vous laisse lire :)


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FELL

Si Asgore avait été un bon roi ?

Nul ne se posait la question. Il était le chef, leur souverain, celui qui leur avait appris à haïr, appris à tuer, emplissant leurs rêves de vœux de mort, mort à l'humanité et à ceux qui les avaient enfermés, mort à leur ennemi juré qui avait lui arraché ses enfants et tout espoir de vivre heureux.

La haine est un carburant puissant, brûlant comme un poison mais capable de relever même le plus faible des êtres. Le roi savait que les hommes étaient puissants, trop puissants, et souhaitant son peuple libre sans être exterminé, il voulut les monstres forts, prêts à réduire l'humanité en cendres dès que la barrière serait tombée.

La loi du plus fort leur permettrait de reprendre ce qui leur revenait de droit.

Mais le sang des enfants innocents ne ramena pas les siens.

Mais le sang fut à l'origine de la fuite de son épouse, dégoûté par l'abomination qu'était devenu son époux.

Mais les cris et les cendres des monstres "faibles" tapissaient sa demeure, son royaume.

Il ne lui resta plus rien mis à part la rage. Oui, un animal enragé, cognant les barreaux de sa prison, fatigué, si fatigué, s'interdisant de faiblir tandis que les pleurs des enfants résonnaient dans sa conscience.

Mort à l'humanité. Mort à ceux qui m'ont transformé en animal. Mort au dernier humain qui se tient devant moi.

Et tandis que cette aura de haine et de colère pulsait autour du suzerain, Soru s'inclina avec respect :

- Je vous salue, Roi Asgore.

Le trident s'abattit et brisa le bouton MERCY. Le dernier combat pouvait commencer.

Pendant une éternité, les coups tombèrent. Soru dansa avec la mort, frôlant le trident ensanglanté, tint debout tandis que les boules de feu s'abattaient.

Tête baissée, le roi cachait ainsi sa sueur et ses larmes.

Ce n'était pas une enfant, mais une femme qui cherchait à croiser son regard. Il resta fermé à ses paroles, à ses mains tendus, il lui était défendu de montrer son être en train de s'écrouler. Tandis que Soru sautait et volait entre les attaques, son pinceau flottait entre ses doigts, aspergeant le sol de gouttelettes multicolores.

Et sous ses pieds se peignit une fresque, où le roi vit le soleil couchant, sa femme, lui et tous les autres monstres sous le ciel orangé, tandis que les nuages rosés formèrent un message :

"Libres de la haine, libres de vivre"

D'un cri de rage, il frappa le dessin de son arme, encore et encore, défigurant le travail de l'humaine. Il vit la fleur murmurer quelque chose à l'oreille de la femme, s'enfoncer dans la terre avec une lueur verte entre ses feuilles. Il n'en tint pas compte, resta concentré sur l'humaine. Son arme fendit de nouveau l'air, pour traverser du papier.

Des mains, des poches, des replis de la veste de l'humaine jaillirent des morceaux de papier et de carton, croquis, dessins et peintures qui représentaient tout son peuple, tous les recoins de l'Underground, il vit les monstres enfermés puis libérés il vit un portrait de sa femme, il se vit lui, croulant sous la fatigue puis heureux à la surface.

- Comment ?! rugit-il avec colère. Comment oses-tu te moquer de notre malheur ?! J'ai promis à mon peuple d'être libre, tes stupides gribouillages ne nous aideront pas !

- Au moins ont-ils fait sourire ceux à qui je les ai offerts. Un simple geste peut réchauffer le cœur, fut-il un stupide gribouillage.

Le roi grinça des dents et frappa à nouveau de son trident. Soru esquiva, puis saisit l'arme et la coinça sous son aisselle. Asgore eut beau tirer, l'humaine tenait bon.

- Maintenant vous allez m'écouter, Asgore. Vous avez transformé vos sujets en vulgaires assassins. Vous avez pensé que la violence était le seul moyen pour survivre. Vous avez fait de l'Underground un enfer. Sali la mémoire de vos enfants. Auriez-vous oublié que Chara était un humain ?

- Tu n'as pas le droit DE PRONONCER SON NOM ! hurla t-il en envoyant valser l'humaine à l'autre bout de la pièce.

Elle cogna le mur et glissa au sol. Le roi chargea, et planta son trident dans la poitrine de l'humaine.

L'arme rebondit comme si elle était faite de caoutchouc. Asgore fixa avec stupéfaction Soru se relever, la peau simplement écorchée.

- Vous ne pouvez pas me tuer. Pas par la force.

Elle s'avança vers lui. Il se refusa de faire ne serait-ce qu'un pas en arrière, même si l'ennemi en face de lui était invincible. Il n'avait pas peur de mourir ; c'était ce qu'il méritait, pour tous les crimes qu'il avait commis.

Aussi fut-il surpris de sentir la main de l'humaine sur son bras.

- Et je ne veux pas vous tuer. Votre femme, malgré tout - elle vous aime. Elle a été pour moi comme une mère, et je ne veux pas qu'elle soit triste. Mais je sais que quoi que je dise, quoi que je fasse, vous refuserez de mettre un terme à ce combat.

Asgore entendit un grondement, le sol se mit à vibrer. La pierre autour d'eux se craquela, tandis que des racines sortirent de terre. Et lorsque l'abomination se tint devant eux, Asgore en eut le souffle coupé et le cœur prêt à exploser.

Non. Non, ils n'avaient pas osé.

L'humaine se tourna vers lui, Omega Flowey derrière elle, portant en lui les six âmes humaines.

- Je suis désolée. Mais c'était la seule manière de vous arrêter, même si en échange je recevrai votre haine.

- Comment as-tu OSÉ !? Tu viens de détruire tout espoir de voir la surface !

- Papa…

Une lueur de choc dans son regard, Asgore leva les yeux vers l'écran du monstre. Asriel y était représenté, souriant tristement.

- Mon fils… Comment –

- Ce serait long à t'expliquer, Papa… Mais j'avais peur, tellement peur d'apparaître sous tes yeux, alors que je n'étais que l'ombre de moi-même… Et tu me faisais peur également. Je n'ai jamais voulu que tu deviennes un assassin… Je n'ai jamais voulu que tu te retrouves seul, à souffrir. Je voudrais que pour un instant, juste maintenant… Tu me fasses confiance. S'il te plaît, épargne cette humaine et laisse-la agir. Elle est la clé pour nous libérer de ce souterrain, et elle le sait.

Asgore se tenait pétrifié. Puis il baissa les yeux vers Soru, qui lui souriait tendrement. Il les regarda s'avancer vers la barrière, vit sept couleurs luire, avant qu'une explosion ne retentisse et que la lumière envahisse l'espace.

Flowey dans ses bras, Soru se tourna vers le roi.

- Allez prévenir votre peuple, Asgore. La barrière est brisée !

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SWAP

Si Toriel était une bonne reine ?

Bien sûr qu'elle l'était. De tous les souverains qui gouvernèrent les monstres, elle fut la plus équitable, la plus juste, la plus sage, la plus loyale.

Du moins, c'était le cas avant que le sang ne coule sur ses mains. Avant qu'elle ne s'enferme dans le déni et la folie. Chaque matin, elle préparait le petit-déjeuner pour ses enfants, leur souhaitait bon appétit, puis débarrassait quand ils avaient fini. Elle les autorisaient à jouer dehors, puis les appelaient pour le repas. Ils discutaient un peu, et ensuite elle leur apportait du papier à dessin, des feutres, des pinceaux. Leurs œuvres étaient très belles. Elle les laissaient s'amuser jusqu'au soir, où ils cuisinaient le dîner ensemble. Après mangé elle leur lisait une histoire qu'il avait choisi, puis elle les bordaient et leur souhaitait bonne nuit.

Mais les plats restaient intouchés et refroidissaient.

Mais la cour était vide de tout son, de tout rire d'enfants.

Mais les feuilles étaient toujours vierges de couleurs.

Mais les lits qu'elle bordait étaient vides, vides, comme la maison toute entière.

Toriel s'était remplie la tête pour combler ce néant, remplie sa tête d'illusions, refusant d'admettre que ses enfants ne reviendraient pas. Leurs fantômes étaient pour elle une réalité.

Monster Kid a bien grandi. Ses ailes vont bientôt pousser !

Oh là là, Frisk, mais on "n'attrape" pas la puberté ! C'est normal, ne t'inquiètes pas.

Vous avez encore déchiré vos habits ! Bandes de garnements !

Qu'est-ce qui serait bien comme cadeau pour leur anniversaire ?

Bon appétit !

Et nul n'osait répondre à la souveraine que ce n'était qu'une illusion. Pas même Nilac, qui ne put que compatir face à la douleur de la reine. Celle-ci la regarda tristement, le trident à la main, lui faisant comprendre qu'elle agissait ainsi pour que ses enfants voient enfin le soleil.

- Pardonne-moi.

Mais elle ne put commencer le combat, car une boule de feu l'envoya valser quelques mètres plus loin.

- Quelle misérable créature, osant s'en prendre à une si innocente personne.

- Asgore ! s'écria Nilac toute heureuse, se précipitant dans ses bras pour l'étreindre.

Puis Alphys et Undyne déboulèrent dans la salle. Arrivèrent Sans et Papyrus, et ce dernier échangea quelques blagues avec l'ancien roi, qui s'étonna avec amusement de la véritable apparence du blagueur de la porte. Toriel resta un instant bouche bée, puis un sourire bienheureux se dessina sur son visage. Asgore n'avait pas pardonné les actions de la reine, elle le savait ; celui-ci lui adressa des paroles dures, réprimandant les horreurs qu'elle avait causée, avant de la prendre dans ses bras. Il lui murmura des paroles destinées à elle seule, et la reine, passé un instant, fondit en larmes sur l'épaule de son ancien mari, qui la cajola tendrement.

Nilac sourit doucement. Elle espérait que, dans une autre vie, ils vivraient enfin heureux et libérés des démons du passé.

- Au fait, Sans… demanda Undyne. Comment as-tu su que l'humaine était ici ?

- Oh, c'est un petit chien avec un pull qui m'a prévenu !

Nilac n'eut pas peur quand la magie enserra brutalement ses amis, et Temmie surgit devant elle, ricanant.

Elle n'écouta pas les paroles de Temmie. Elle les connaissait déjà. Elle n'éprouva pas de surprise quand le monstre sans âme absorba toutes celles se trouvant dans l'Underground, pour se transformer en Monster Kid, Dragon de l'Hypermort.

Nilac ne compta pas le nombre de fois où son âme se brisa dans un son cristallin, avant de se ressouder pour se battre quelques instants de plus, vivre quelques instants de plus.

* But it refused.

* But it refused.

* But it refused.

- Pourquoi tu n'abandonnes pas ?! s'écria Monster Kid. Pourquoi tu ne me laisses pas gagner !

Il frappa, encore et encore, mais Nilac plongea au plus profond de l'âme de l'enfant-monstre, appelant ses amis et faisant résonner son âme de concert avec la leur.

- Parce que je veux te sauver ! Monster Kid, laisse-moi t'aider !

- JE NE M'APPELLE PAS MONSTER KID !

Entre ses mains il concentra un immense jet de magie, qui frappa l'humaine de plein fouet.

0,00000001/20 HP

- Frisk… murmura doucement Monster Kid tandis que le monde s'obscurcit.

Lorsque Nilac se réveilla, le petit monstre, revenu à son corps d'enfant, pleurait.

- J'ai fait tellement de mal… J'ai causé tellement de douleur… Je ne suis qu'un méchant garçon…

Nilac le prit dans ses bras, enfant si frêle entre ces troncs d'arbre. Elle le consola, pardonna ses méfaits, le libérant du poids qu'il portait sur ses épaules.

- Nilac… Je vais bientôt retourner à l'état de chien, mais… Je peux entendre toutes ces âmes battre en moi. Il me reste assez de forces pour utiliser leur espoir, et briser la barrière, mais avant… Tu veux bien… Tu veux bien m'appeler par le nom que Frisk m'a donné ?

Nilac hocha la tête. Ce nom, elle l'avait entendu dans l'un de ces vieux VHS.

- Fafnir… Ton nom est Fafnir.

Le petit dragon sourit. Une puissante aura pulsa autour de lui, accompagnée par les âmes dansantes ; un craquement, et la barrière ne fut plus. Avant de se faire engloutir par les ténèbres, Fafnir demanda à Nilac de prendre soin d'elle et de ses parents. Elle préféra ne pas lui dire la vérité. Dans peu de temps, elle rejoindrait sa famille, et ils marcheraient vers la surface, vers sa fin.

- Adieu… murmura t-elle doucement.

O*O*O*O*O

TALE

Asgore sentit quelqu'un approcher derrière lui. Il arrêta de siffloter et s'adressa amicalement à la personne à qui il tournait le dos.

- Je suis à vous dans un instant, j'ai bientôt fini d'arroser les plantes.

Lorsqu'il se retourna, la première chose qui l'étonna, ce fut la grande taille de l'étrangère. C'était un humain, mais quand bien même accroupie, elle était plus longue que les autres enfants, presque une adulte. Elle observait les fleurs dans un silence poli, caressant les pétales qui semblaient la captiver. Dans ses cheveux étaient éparpillés plantes et pétales séchés, emmêlés entre les mèches brunes. La grandeur de ses yeux était accentuée par les cernes noirs en-dessous.

Comprenant que le roi était disponible, elle se releva. Il y eut un court silence, où Asgore rassembla son courage. Le dernier humain…

- C'est une belle journée aujourd'hui. Les oiseaux chantent, les fleurs éclosent. Un temps parfait pour arroser les fleurs.

Et un temps parfait pour mourir.

Ils marchèrent doucement vers la salle de la barrière. L'humaine, pendant le bref trajet, ne dit pas un mot.

- Si tu as une dernière chose à terminer… murmura le roi dans la salle où ténèbres et lumières alternaient. Occupe t-en maintenant.

- C'est déjà fait, sire. Il ne reste plus que vous et moi.

Poussant un soupir, le roi se retourna. Le crépuscule brillait par la barrière, tandis qu'une musique solennelle s'éleva, pour le dernier combat.

- Humain. Ce fut un plaisir de te rencontrer. Au revoir.

Mheetacce resta de marbre. Elle inspira longuement, ferma les yeux un instant tandis que le bouton MERCY fut pulvérisé.

Sous le linceul de mes émotions

Je marche seul, repoussant l'oppression

Incandescente

De leurs attentes

Les pupilles de l'humaine brûlaient. Le feu illuminait et jaillissait à tout endroit, tandis que les visions s'enchaînaient en cascade, lui permettant de tenir un peu plus longtemps. Asgore, lui, demeurait muet. Il grinça des dents lorsqu'il sentit la lame froide frapper.

Je bats le sol de cette prison

Mes peurs s'affolent, m'inoculant le poison

De mon errance

De leur absence

La robe que lui avait offerte Toriel virevoltait, se pliait, suivait ses mouvements et agissaient également comme bouclier.

Elle n'avait pas pris le pendentif. Il n'était pas à elle.

Je t'en prie

Ne fais plus un pas

Ne m'y oblige pas

Tu ne me laisses plus le choix

Ils comptent sur moi

Mais le couteau entre ses doigts avait plus d'une fois servi, dans une autre vie, poussiéreux, dans un hall du Jugement, couvert de sang. S'il lui permettait de vivre quelques minutes de plus, elle s'en servirait volontiers.

Je suis roi d'un monde sans étoiles

Leurs espoirs assiègent ma morale

Mais vers où s'envolent leurs prières

Si le ciel n'est qu'un mur de pierre ?

Cependant, pas un usage auquel il était initialement destiné. Pas contre ce personnage dont le coeur était rempli de tristesse.

Il méritait mieux la vie qu'elle.

Sous terre

Suffoque

Cette guerre

Mon incertitude soliloque

Elle pouvait entendre les pleurs des âmes qui l'entouraient, les pleurs du roi qui tentait d'étouffer sa douleur.

J'incarne leurs rêves

Moi qui ne dors pas

Je suis pris au piège

Je ne peux pas perdre ce combat

Et elle ne pouvait le perdre également. Tous deux étaient des meurtriers ; elle avait déjà été jugée. Mais même les condamnés à mort souhaitent voir le soleil.

Le couteau crissa contre la fourrure, le trident et le feu déchirèrent l'air, violence, encore et encore, jusqu'à ce que le roi tombe, un genou à terre.

Mais l'usage du couteau n'est pas d'être la hache qui décapite.

Mheetacce recueillit les morceaux brisés du bouton MERCY, les recomposa comme on joue au puzzle, et ouvrit ses bras vers le suzerain. Asgore fut étonné, pendant un instant, de cette clémence. Elle acceptait donc de rester enfermée ici ? Pour l'éternité ? Si l'un de ses enfants avait vécu, iel lui aurait sûrement ressemblé…

Il voulait que sa femme revienne.

Il voulait que ses enfants reviennent.

Mais ce voeu n'était-il pas une illusion ? Lui et les monstres, avaient-ils droit au bonheur ? À cette interrogation, l'humaine secoua puis hocha la tête. Non, pas d'illusion. Oui, c'était possible, même probable.

- Accepterais-tu… de partager ce bonheur, humain ? Que je m'occupe de toi, comme… une famille ?

Un rêve de quelques instants, le rêve d'une vie heureuse, avec un père et une mère d'adoption, ses sœurs et elle, ensemble… Cela lui permit de sourire. De sentir grandir une douce chaleur, tandis qu'elle entourait le cou du monstre, et également de la force, car elle en aurait besoin.

Oui, cela lui ferait plaisir. Tout le monde recherche sa part de bonheur, et elle aurait été contente de la vivre ici-bas.

Mais pour l'instant, lui murmura t-elle à l'oreille, pour l'instant il fallait se tenir prêt à fuir, prêt à courir, s'il souhaitait vivre. Elle lui enfonça la tarte à la cannelle-caramel dans la bouche et le repoussa au moment où les projectiles foncèrent sur eux, ne blessant que légèrement Asgore.

- Fuyez ! lui cria t-elle tandis qu'elle était effondrée au sol, ayant tout au plus quelques points de vie. Fuyez, vous devez rester en vie !

Elle lui lança un regard appuyé, un regard lui interdisant de rester ici, car ce qui allait se passer n'était que du ressort de la jeune femme.

- Je vous promets de vous montrer le ciel…

Alors qu'il quittait la salle, elle entendit un rire mauvais derrière elle.

- Toujours douée pour les belles paroles, hmm ? Te sacrifier, quel noble geste ! Mais inutile. Quand j'en aurais fini avec toi, je m'amuserai à le faire partir en poussière. Maintenant, il ne reste plus qu'à prendre ton âme, et je – Qu'est-ce que… ?!

Elle avait brutalement fait volte-face, et fermement empoigné la tige de la fleur.

L'usage du couteau n'est pas d'être la hache qui décapite, mais plutôt…

- La serpe qui coupe la mauvaise herbe =)

Flowey commença à se sentir mal à l'aise devant ce sourire malsain, mais tenta de le cacher.

- Tu ne peux pas me tuer, tu sais ? J'ai suffisamment de détermination pour revenir par ton fichier de sauvegarde, quand tu recommenceras la partie…

Les yeux de l'humaine, écarquillés par une mauvaise lueur proche du sadisme, se fixèrent dans ceux de la fleur.

- Oh, Flowey… Tu ignores que ce sera une timeline unique. Mais tu as connaissance que je ne possède pas de détermination, et donc…

La lame et la poigne forcèrent un peu plus sur la tige de Flowey.

- Pas. De fichier. De sauvegarde. Pour te sauver.

Un coup sec, et la fleur fut sectionnée. Elle observa avec une moue dégoûtée la plante pendouillant mollement entre ses doigts, et la jeta au loin. Cette saleté ne méritait même pas qu'on y touche.

- Tu aurais pu m'arrêter, si cela te dérangeait.

- Comme si tu n'avais pas déjà fait ce genre d'actions, dit simplement Sans, caché dans l'ombre. Mais bon, je vais pas râler sur la perte de… ça.

Mheetacce ne répondit rien et se dirigea vers les âmes. Elle les recueillit dans ses bras et s'arrêta à quelques pas de la barrière.

- Sais-tu ce que signifie l'inscription sur les ténèbres ?

Sans témoigna par son silence son ignorance.

- Cave, cave, dominus videt te. "Prends garde, prends garde, le seigneur te voit". Sur un tableau du monde des humains figure cette phrase : Les Sept Péchés capitaux et les Quatre Dernières Étapes humaines, de Jérôme Bosch. Le titre est assez évocateur sur le thème de l'œuvre. On ne peut tromper le Dieu omniscient. On ne peut échapper au regard du Juge. En conséquence de nos actes s'ouvrira le Paradis ou l'Enfer. L'enfant s'est jeté dans ce dernier, pour finalement s'annihiler de lui-même. Si la rédemption est possible ? Je l'ignore. Quant à moi, c'est ici que tout s'efface.

Alors qu'elle tendait la main vers la barrière, elle s'immobilisa.

- J'ai peur, Sans… J'ai peur. Et j'essaie tant bien que mal de me convaincre que ce que j'ai laissé captera l'attention de quelqu'un. Que cet écho de ma mémoire, de ma vie, m'empêchera de disparaître totalement. Espoir futile, tu ne trouves pas ? Mais c'est tout ce qu'il me reste…

Il y eut le son cristallin du verre qui se brise, le sifflement du vent, et le soupir bienheureux de la liberté.