Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.
Chapitre 03 : Les professeurs Hagrid, Londubat, Finnigan et Zabini
Chers Papa et Maman,
Je suis désolé de ne pas vous avoir écrit plus tôt, mais j'ai été très occupé. Le château est génial, les portraits sont trop sympas. Les fantômes (surtout Nick Quasi-sans-tête) nous racontent plein d'histoires sur vous quand vous étiez à l'école, et Peeves nous a aidés plus d'une fois à échapper à Rusard. Je ne sais pas pourquoi vous ne l'aimez pas, je le trouve plutôt cool.
Les cours sont bien, aussi. Ma première leçon de Botanique a été bizarre, Neville a dû me rappeler plusieurs fois de l'appeler 'professeur'. On rit beaucoup en Métamorphose, Luna est vraiment étrange comme professeur, mais elle est beaucoup plus gentille que le prof de Potions, Zabini. Lui est un vrai pervers. Je ne sais pas ce que je lui ai fait, mais il n'arrête pas de me faire des remarques. J'espère que ça lui passera.
On va prendre le thé tout à l'heure avec Hagrid. Je viens juste de finir ma première semaine. Enfin le week-end ! Heureusement que nous n'avons pas cours le samedi, je ne crois pas que j'aurais tenu le coup si ça avait été le cas.
J'ai plusieurs grandes nouvelles. La première, celle que vous attendez depuis la semaine dernière et que j'ai interdit à James et à tous les autres de vous dire, c'est dans quelle Maison je suis. Papa, tu te rappelles ce que tu m'as dit à propos du choix ? J'ai choisi d'être à Serpentard. ……………………ça y est ? Remis du choc ? Je sais que je vous ai dit et répété que jamais je n'irai à Serpentard, mais il se trouve que j'avais une bonne raison, qui est d'ailleurs ma deuxième grande nouvelle.
Tu te rappelles le garçon blond de la gare ? Il s'appelle Scorpius Malefoy ; Rose et moi, on s'est assis dans son compartiment dans le train et il est trop, trop, trop sympa. Le problème, c'est que tout le monde le juge d'après les actions de son père et son grand-père, alors il a toujours été seul, et il était très malheureux. Il a été Réparti avant moi, et le Choixpeau l'a envoyé à Serpentard. Vous comprenez ? Je ne pouvais pas le laisser tomber. Les autres Serpentards avaient l'air prêts à lui sauter dessus. Depuis, il est devenu mon meilleur ami, un peu comme Papa et Oncle Ron.
Je vous embrasse très fort. Dites bonjour à Lily de ma part.
Albus
PS : Papa, il va falloir que tu m'expliques pourquoi les gens éclatent de rire quand je m'étonne qu'ils demandent ton autographe. Je me sens vraiment stupide, à ce moment-là.
Mordillant sa plume, Albus leva la tête pour regarder Scorpius qui grommelait entre ses dents (les règles de la Bibliothèque ne l'autorisant pas à exprimer sa contrariété à voix haute) à propos des taches d'encre égrenées sur son devoir de Métamorphose. Ecrire avec une plume quand on était gaucher n'était pas facile. Heureusement que Luna n'était pas regardante quant à la propreté de ses devoirs. Une baguette surgit de nulle part et fit disparaître les taches. Les deux garçons levèrent les yeux.
– Merci, Rose, dit Scorpius.
– Ah, la, la, ces Serdaigles, toujours à faire étalage de leur science, se moqua Albus.
Sa cousine lui tira la langue.
– Il est l'heure d'aller chez Hagrid, annonça-t-elle.
– Amusez-vous bien…
– Ne sois pas stupide, Sco, tu viens aussi, répliqua-t-elle en le tirant par la manche pour le faire lever.
Ils quittèrent tous les trois la Bibiothèque, suivis des yeux par tous les élèves présents, et après un détour par la volière pour envoyer la lettre d'Albus, se retrouvèrent devant la cabane du professeur-garde-chasse-ami où ils furent accueillis par une série de jappements.
– Couchée, Cacahouète !
La porte fut tirée et une énorme boule de poils beige leur sauta dessus. L'instant d'après, la gigantesque silhouette d'Hagrid s'encadrait dans l'ouverture pendant que le chiot mordillait consciencieusement la cravate d'Albus, léchait la main de Rose et reniflait Scorpius avec intérêt, ses trois têtes grognant gentiment.
– Cacahouète ! gémit Hagrid. Désolé, Al, elle est encore en plein dressage… Oh ?
Il venait de remarquer la présence de Scorpius.
– Hagrid, dit immédiatement Rose, voici Scorpius Malefoy, un ami.
Hagrid le dévisagea avec insistance. Scorpius paraissait très intéressé par le bout de ses chaussures, tandis que ses joues affichaient une ressemblance étonnante avec un coquelicot. Finalement, le demi-géant sourit derrière sa barbe noire et blanche.
– J'espère que tu seras plus sage que ton père, dit-il à Scorpius. Merlin sait combien d'ennuis il nous a causés !
Albus soupira de soulagement. L'opinion d'Hagrid comptait plus pour lui qu'il ne se l'était avoué.
– Hagrid, dit Rose en regardant Cacahouète avec incrédulité, je croyais que les chiens à trois têtes étaient interdits ?
– Ah, vraiment ? dit Hagrid en détournant les yeux. Cacahouète, viens ici – et vous trois, ne restez pas plantés là, entrez, on n'attendait plus que vous.
Le « on » s'avéra être Neville, Luna et le mari de celle-ci, Seamus. Pour Rose et Albus qui les connaissaient depuis leur naissance, la situation n'avait rien d'exceptionnel, mais ils se rendirent vite compte que Scorpius était mal à l'aise d'être en présence de ses professeurs hors du cadre des cours – d'autant plus que la cabane exiguë d'Hagrid laissait peu d'espace pour respecter la distance convenable entre enseignants et élèves, comme Rose en fit la démonstration en s'asseyant sans plus de façon sur les genoux de Neville (son parrain) lorsqu'elle s'aperçut qu'il manquait une chaise.
– Alors, comment se passent les recherches, Seamus ? demanda Hagrid en servant le thé.
– Pas trop mal, fut la réponse laconique du grand homme blond.
– Seamus est un Langue-de-Plomb, expliqua Neville à Scorpius. Il travaille au Département des Mystères. Hagrid essaie toujours de le faire parler de ses travaux.
– Et pourtant, même à moi, il ne dit rien, dit rêveusement Luna en ajoutant du lait dans les tasses.
– Oncle Seamus, dit soudainement Albus, où sont Stella, Venus et Sunny ?
Les triplées de dix ans de Seamus et Luna ne manquaient jamais une occasion de descendre voir Hagrid lorsque celui-ci ne donnait pas un cours. Le vieil homme espérait que l'une d'entre elles serait assez fascinée par les « animaux intéressants » pour venir le remplacer lorsqu'il prendrait sa retraite. Pour l'instant, seule Sunny montrait de la curiosité envers les créatures qu'il leur montrait. Stella et Venus préférait chevaucher Buck, l'hippogriffe, pendant que leur sœur et Hagrid discutaient.
– Elles sont chez George, répondit Luna. Il est venu les chercher cet après-midi pour les emmener au magasin, et il les ramènera ce soir. Avec un peu de chance, elles reviendront les mains vides.
George Weasley avait la fâcheuse tendance à offrir des produits de Weasley et Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux à tous ses neveux, au grand désespoir de leurs parents. L'air résigné des Finnigan laissait supposer que les triplées allaient subir une fouille en règle avant d'entrer dans les quartiers de Poudlard où la famille habitait.
– Un gâteau, Scorpius ? proposa Neville.
– Oui, merci, professeur Londubat, répondit le jeune garçon.
Neville balaya le titre d'un revers de la main, renversant la moitié des sablés.
– Appelle-moi Neville en-dehors des cours, demanda-t-il en agitant sa baguette (le plat se remplit à nouveau de gâteaux). C'est un peu bête d'entendre Al me tutoyer alors que tu me donnes du « monsieur ».
– D'accord… Neville, dit Scorpius en souriant timidement.
Albus songea que décidément, son ami n'était pas habitué à voir du monde. Les Malefoy devaient vraiment être isolés pour que Scorpius se comportât d'une telle façon envers des étrangers. Il était en train de se demander comment il aurait pu supporter de ne pas avoir de contacts autres que ses parents quand des coups furent frappés à la porte.
– Rose, tu peux ouvrir ? demanda Hagrid après avoir vainement tenté d'atteindre la porte sans écraser quelqu'un au passage (Seamus avait l'air un peu chiffonné).
La petite fille sauta des genoux de son parrain et ouvrit la porte.
– Bonjour, professeur Zabini, l'entendit-on saluer. Vous voulez voir Hagrid ?
– Oui, j'apprécierais beaucoup de parler avec le professeur Hagrid, répondit une voix froide de l'extérieur, en mettant l'accent sur le mot 'professeur'.
Albus grogna. Déjà qu'il devait supporter l'antipathique homme à la peau sombre qui en plus était son Directeur de Maison pendant deux heures, deux jours par semaine, dans des cachots glacials irrespirables à cause des vapeurs de potions en préparation, voilà que Blaise Zabini le poursuivait en-dehors des heures de cours et ruinait par sa présence un moment agréable entre amis.
Oh, qu'il le détestait.
– Hagrid, le professeur Zabini veut vous voir, annonça inutilement Rose en ignorant – délibérément ? – l'emploi du titre de 'professeur' pour son ami.
– Fais-le entrer, répondit le demi-géant, toujours immobilisé dans le fond de la pièce (où, d'ailleurs, personne ne savait comment il avait réussi à se caser).
Rose, un air sceptique sur le visage dont on devinait parfaitement les raisons (car, à moins de déplacer les murs, on ne pouvait plus se tenir debout dans la cabane), obéit et reprit sa place sur les genoux de Neville. Le professeur de Potions marqua une pause sur le seuil – et de toutes façons, il ne pouvait pas aller plus loin. Un léger sourire incurva ses lèvres alors que ses yeux sombres passaient en revue la petite assemblée.
– Je vois que j'interromps une charmante réunion…
– Zabini, dis ce que tu as à dire et va-t-en, grogna Seamus en coulant un regard haineux vers le professeur qui s'adossa au chambranle de la porte, les bras croisés, l'air narquois.
– Tut, tut, Finnigan, que d'animosité, se moqua-t-il. Quel bel exemple à donner à ces enfants !
– Blaise, dit doucement Luna, les yeux dans le vague, remuant son thé, pourrais-tu nous éviter ta déplaisante compagnie en faisant part à Hagrid de la raison de ta visite ?
Les yeux noirs du professeur s'assombrirent encore plus en accrochant le regard gris de Scorpius. Il ignora totalement les paroles de Luna.
– Mr Malefoy, au nom de… l'amitié… qui me liait autrefois à votre père, je me permets de vous donner un conseil.
Il désigna d'un geste le reste des personnes autour de la table.
– Il est des gens, ici, à Poudlard, qu'il vaut mieux ne pas fréquenter si l'on n'y est pas obligé. Leur côtoiement ne peut apporter chez une personne exceptionnelle qu'un apport de médiocrité malvenue.
Un cri de rage, et un bruit de porcelaine brisée. Seamus s'était levé d'un bond, et pointait sa baguette en direction de Zabini. Le professeur se contenta de sourire doucereusement.
– Allons, Finnigan, un employé du Département des Mystères ne doit pas perdre le contrôle de ses nerfs. Que dirait le Ministre de la Magie ?
– Etant donné que Shacklebolt ne t'aime pas beaucoup, lui non plus, il serait derrière moi à 100 pour cent, ricana Seamus.
Zabini secoua la tête, un air de fausse commisération sur ses traits parfaits.
– Je suis désolé de constater que même le Ministre a des préjugés contre les Serpentards.
– Ce n'est pas vrai ! intervint Rose, indignée. Kingsley est la personne la plus juste qui ait jamais existée ! A part ma mère, ajouta-t-elle après une seconde de réflexion.
Zabini étouffa un rire.
– Kingsley ? répéta-t-il. Je remarque qu'il y a des privilégiés parmi nous. Mademoiselle Weasley, continua-t-il en faisant une révérence moqueuse, je vous prie de m'excuser si je vous ai offensée. J'ignorais que vous étiez en si bons termes avec notre Ministre.
– Je vous pardonne, fit Rose, royale.
Zabini fit une autre courbette.
– Hagrid, dit-il en se redressant, le visage insondable, la directrice souhaiterait vous voir dans son bureau avant le dîner. Elle vous fait dire qu'il s'agit de votre… frère.
Le professeur de Potions sortit sans un mot de plus. Seamus se rassit, l'air toujours en colère, et Albus lui tapota le bras.
– Moi non plus, je ne l'aime pas, Oncle Seamus, lui dit-il sur le ton de la confidence.
– Pourquoi ne suis-je pas étonné ? murmura Neville.
Scorpius fixait le fond de sa tasse d'un air soucieux. Luna se pencha vers lui.
– Tu as un problème ? lui demanda-t-elle de sa voix éthérée.
Scorpius hocha la tête.
– S'il était un ami de mon père, dit-il sans lever les yeux, pourquoi il n'est pas resté avec lui quand… vous savez ?
Il fit un geste évasif en direction de son bras gauche. Les adultes se regardèrent, l'air gêné. Rose et Albus regardèrent les adultes, l'air intéressé. Scorpius ne regarda personne, l'air tourmenté. Cacahouète regarda les gâteaux, l'air alléché.
– Tu sais, dit finalement Neville, il y a vingt ans, c'était la guerre. Gryffondor, Serdaigle et Poufsouffle avaient choisi le camp de Harry Potter, mais les Serpentards ne s'étaient décidés ouvertement ni pour Harry, ni pour Voldemort, même si la plupart étaient du côté de ce dernier. Ton père a été l'un des rares Serpentards à affirmer son choix, et en a payé le prix pour avoir choisi le camp des perdants. Il est devenu un paria pour avoir assumé ses convictions. Bien entendu, les Serpentards qui n'avaient pas choisi de camp lui ont tourné le dos.
Seamus ricana.
– Autant pour la fameuse loyauté des Serpentards !
– Il faut cependant reconnaître, continua Neville sans tenir compte de l'interruption, que ton père s'est trouvé enrôlé malgré lui, au début.
– Pourquoi il ne s'est pas enfui, alors ? demanda Scorpius.
Neville secoua la tête.
– Il ne pouvait pas laisser ta grand-mère...
Un silence.
– Quelqu'un veut un gâteau ? demanda Hagrid.
Cacahouète aboya.
Et voilà le chapitre 3! N'oubliez pas de laisser une review, ça fait tellement plaisir quand on les reçoit...
Merci à Hyotsuki, Earenya, mangli, zaika, Julie Winchester, kodako, LN-la-seule-l'unique et Eileen Ana pour leurs reviews!
