Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.
Chapitre 04 : Petits mots et homonymes
– Je déteste l'Histoire de la Magie, maugréa Albus en se laissant tomber sur une chaise dans la salle de classe.
Il lança un regard accusateur au professeur Binns qui attendait patiemment que tous ses élèves fussent installés.
– L'Histoire est un sujet fascinant, protesta Scorpius.
– Tu dis ça parce que tu es le seul à ne pas t'endormir…
– Je dis ça parce que, contrairement à toi, j'ouvre mes livres de classe. Et je te signale que Rose non plus ne s'endort pas.
– Rosie est un phénomène inhumain en ce qui concerne les cours.
– Tais-toi, Binns commence.
Deux secondes plus tard, Albus sentit ses paupières s'alourdir et sa tête se pencher. La voix monocorde du professeur fantôme était le plus puissant somnifère du monde. Et même les coups de coude répétés de Scorpius ne pourraient pas le réveiller, songea-t-il en s'enfonçant dans une torpeur béate.
– Hé ! s'exclama Albus en se redressant brusquement.
Quelques élèves, éveillés en sursaut, se retournèrent mais Albus ne leur prêta aucune attention. Il était occupé à défaire la boulette de papier dont la réception sur son cuir chevelu avait causé sa protestation, sous l'œil réprobateur de Scorpius.
Pour Malefoy :
Tu devrais avoir honte de te montrer à visage découvert. Si j'étais toi, j'irais me jeter dans le lac en espérant que le calmar géant vienne me dévorer.
Pour Potter :
Connaissant ta famille, je suis étonnée que tu traînes avec ce genre de racaille. Ta réputation en pâtit. Tu mérites mieux. Pourquoi ne pas te joindre à nous ?
L.N.
Albus fixa le parchemin en état de choc. Il savait que son amitié avec Scorpius n'était pas bien vue, mais il espérait qu'en les voyant ensemble, les gens comprendraient que les Malefoy n'étaient pas si mauvais. Et c'était l'inverse qui se produisait : les autres pensaient que Scorpius allait le corrompre, l'ensorceler ou Merlin savait quoi encore. Il dissimula le parchemin sous son bureau pour que Scorpius ne le lût pas.
L.N… Laura Nott, sûrement, une fille de Serpentard. Il se retourna et lui lança un regard glacial, ses yeux émeraude brillants de colère. Elle se contenta de lui sourire en haussant les épaules. Elle eut même le culot de lui faire un clin d'œil ! Attrapant un bout de parchemin, il griffonna une réponse.
Nott,
Pas la peine d'attendre d'être Scorpius pour aller te jeter dans le lac. Avec un peu de chance, le calmar te fera souffrir en te dévorant. Ma réputation ne regarde que moi et ma famille. Je me fiche complètement de ce que tu peux penser de moi. Et les poules auront des dents lorsque je vous rejoindrai, toi, Raven et Taby.
A.P.
Il fit léviter le morceau de parchemin en direction de Nott et vit son visage se tordre de colère alors qu'elle le lisait, Tina Raven et Xena Taby penchées sur son épaule. Les trois filles entamèrent aussitôt une discussion animée. Quelques minutes plus tard, une boulette atterrissait sur le bureau de Scorpius qui la tendit à Albus sans même y jeter un coup d'œil – heureusement.
Potter,
Comme c'est gentil de ta part de prendre la défense de ton petit copain. Trop mignon, vraiment. Ta réputation (ou ton manque de réputation, à toi de voir) faisant déjà le tour de l'école, je vais t'éclairer : il se murmure que ton père – et, par conséquent, toi et ton frère – serait un descendant de Serpentard. Il y a une vague histoire de Fourchelang et autre magie noire. Tu imagines ? L'homme qui a tué Tu-Sais-Qui serait un puissant mage noir…
L.N.
Fourchelang ? Son père n'en avait jamais fait mention, même si… Albus se tortilla sur sa chaise, mal à l'aise. Nott ne pouvait pas avoir deviné. Il était sûr que James n'en avait rien dit. Et lui-même n'était pas assez bête pour faire passer le mot. Une autre boule de papier rebondit sur le bureau de Scorpius, qui poussa un soupir exaspéré en voyant son nom dessus et déplia la feuille, avant de se figer. Albus la lui arracha des mains.
Malefoy,
C'est bientôt le bal d'Halloween. Je suppose que tu t'habilleras en noir avec un masque en forme de tête de mort ? Ah non, j'oubliais. Ce n'est pas un déguisement pour toi.
Le mot n'était pas signé, mais Albus vit Xena Taby ricaner derrière sa main. Il attrapa sa baguette et, se retournant d'un bond au milieu des cris de stupeur de la plupart des élèves, lui envoya un splendide maléfice de Chauve-Furie. Taby hurla alors que les énormes bêtes ailées l'attaquaient.
– Mr Potter ! s'écria Binns.
Qu'il appelât un élève par son nom correct était un fait suffisamment rare pour que la classe se tût immédiatement. Les seuls sons qu'on entendait étaient les battements des ailes des chauves-souris autour de la tête de Taby qui sanglotait et la respiration haletante d'Albus qui s'était figé, la baguette toujours pointée sur la Serpentard. Le professeur glissa le long de l'allée jusqu'à côté du jeune garçon.
– Voulez-vous bien baisser cette baguette, jeune homme, fit-il d'une voix sévère. Attaque envers une de vos camarades, vraiment… Vous allez devoir venir avec moi jusqu'au bureau de la directrice, mon garçon.
Ignorant les regards ébahis des Serpentards et des Poufsouffles et l'attitude désolée de Scorpius, Albus rassembla ses affaires et sortit de la salle de classe d'un pas rageur à la suite du fantôme.
Comment osait-elle ? fulmina-t-il en suivant Binns à travers un dédale de corridors. Comment osait-elle accuser Scorpius d'être un Mangemort ? Qu'elle s'attaquât à son père ou son grand-père, c'était compréhensible, tout le monde savait que les deux hommes l'avaient été, mais Scorpius !
Son professeur lui jeta un regard sévère quand il donna un coup de pied dans l'armure la plus proche qui protesta aussitôt avec énergie en se frottant la jambière.
– N'aggravez pas votre cas, Mr Parker, le tança-t-il.
Arrivé devant une horrible gargouille de pierre, le professeur fantôme s'arrêta brusquement. Albus eut à peine le temps de freiner pour ne pas le traverser – il doutait que Binns apprécierait.
– Caravage, dit le professeur d'un air de profond ennui.
La gargouille s'anima devant les yeux abasourdis d'Albus et Binns lui fit signe de passer. Albus mit donc un pied prudent sur l'escalier qui prit vie à son tour et s'éleva en tournant. Le fantôme flottant à ses côtés, Albus se retrouva bientôt devant une lourde porte de bois à travers laquelle Binns passa la tête. Un cri retentit de l'autre côté, suivi d'une brève conversation et la tête de Binns réapparut.
– Je vous laisse avec le professeur McGonagall, Mr Bolder, dit le fantôme. J'ai un cours à terminer.
Un peu intimidé à l'idée d'affronter seul la directrice à l'air sévère, Albus frappa à la porte et entra après y avoir été invité. Il s'approcha du bureau sans oser lever les yeux.
– Asseyez-vous, Mr Potter, dit sèchement McGonagall. Je dois vous dire que je suis très déçue par…
A cet instant précis, une explosion se fit entendre à l'étage inférieur.
– PEEVES ! rugit McGonagall.
Elle se leva d'un bond et se rua vers la porte.
– Ne bougez pas d'ici, Potter, et ne touchez à rien, ordonna-t-elle avant de disparaître.
Sa guérilla contre l'esprit frappeur était légendaire. Albus la suivit des yeux alors qu'elle disparaissait dans l'escalier. Alors seulement il se détendit et prit son temps pour examiner le bureau.
Il n'y avait pas un seul papier sur toute la surface du bureau. McGonagall devait être très organisée. Toutes les étagères étaient occupées par des livres. Une grande armoire dans un coin de la pièce faisait entendre des bruits étranges, comme des sifflements. La partie supérieure des murs était encombrée par des portraits qui, tous, semblaient dormir profondément.
Tous, sauf deux, constata Albus en levant les yeux derrière le bureau de McGonagall. Il bondit aussitôt sur ses pieds avec un grand sourire.
– Bonjour ! lança-t-il d'un ton enthousiaste.
Enfin, il allait pouvoir les rencontrer !
– Bonjour, répondit Albus Dumbledore avec un petit rire.
Severus Rogue se borna à incliner la tête, le menton dans la paume de sa main, le coude appuyé sur le bord du cadre doré, un air de profond ennui sur le visage.
– Mon père m'a beaucoup parlé de vous, continua Albus, toujours aussi joyeux. Vous savez que nous avons les mêmes prénoms ? Je m'appelle Albus Severus Potter.
Dumbledore parut flatté – non, satisfait, mais Rogue avait l'air stupéfait.
– Harry Potter a donné mon prénom à son fils ? s'exclama-t-il. Pourquoi Minerva ne m'a-t-elle pas prévenu ?
Dumbledore le regarda, amusé.
– Etonné, Severus ? Après tout, continua-t-il comme Rogue hochait la tête, l'air ahuri, vous lui avez plus d'une fois sauvé la vie.
– Il m'a dit que vous étiez l'un des hommes les plus courageux qu'il ait jamais connus, se souvint Albus.
– Il a dit ça ? s'étonna une fois de plus le portrait de Rogue. Je suppose que quelqu'un lui avait fait boire en douce une potion de Babillage, ironisa-t-il.
Sérieux, Albus secoua la tête.
– Non, c'était avant que je monte dans le Poudlard Express.
Rogue s'enferma dans un silence songeur. Dumbledore le regarda méditer, un sourire visible derrière sa longue barbe blanche, puis il se tourna vers Albus.
– Alors, Albus, il paraît que tu as attaqué une élève ?
Albus se renfrogna.
– Elle avait accusé Scorpius d'être un Mangemort.
Il lui montra le mot qu'il avait gardé serré dans sa main. Dumbledore leva les sourcils.
– Scorpius Malefoy ? demanda-t-il. Oui, nous avons entendu dire que vous êtes plutôt liés…
– C'est mon meilleur ami, affirma Albus avec conviction.
Dumbledore se retourna vers Rogue, l'air ravi.
– Vous entendez, Severus ? Scorpius Malefoy est le meilleur ami d'Albus Potter !
– Je ne suis pas sourd, marmonna Rogue qui parut accuser le coup.
Dumbledore s'adressa à Albus sur un ton de confidence.
– Severus était persuadé qu'une certaine rivalité s'installerait entre vous dès que vous vous seriez vus.
– Pourquoi ? interrogea Albus, déconcerté.
– Parce que ce fut le cas pour vos pères, bien sûr, expliqua Dumbledore. Severus estime qu'une certaine… mésentente entre deux personnes doit se perpétrer à la génération suivante.
Rogue se contenta de hausser les épaules. Albus redressa les siennes.
– Sans vouloir vous offenser, professeur, c'est idiot de penser ça.
– Je ne te le fais pas dire, approuva Dumbledore.
– ça fait quoi d'être un portrait ? demanda Albus, changeant totalement de sujet.
Dumbledore sourit.
– Il y a des avantages et des inconvénients. Nous n'avons besoin ni de manger, ni de boire, et nous ne souffrons ni du froid, ni de la chaleur. En revanche, nous ne pouvons pas nous déplacer comme bon nous semble, et nous sommes facilement destructibles. Mais nous ne nous plaignons pas. Severus et moi avons une très belle vue sur nos tombes, acheva-t-il en se tournant vers la fenêtre.
Au loin, dans le parc, deux tombes de marbre blanc étincelaient dans le soleil froid d'octobre. Rogue y jeta un regard mélancolique.
– Quand je pense que je suis mort pour rien… soupira-t-il.
– Allons, Severus, le consola Dumbledore. Vous êtes mort en aidant Harry à détruire Voldemort…
– Quelle joie, murmura sombrement Rogue.
– C'est vrai ?! s'exclama Albus. Il ne m'a rien dit !
Au moment où la bouche de Rogue s'ouvrait, la porte fit de même et McGonagall entra.
– Mr Potter, dit-elle sèchement, retenue samedi à 14h, bureau du professeur Londubat. Apportez vos gants de protection. Et j'enlève vingt points à Serpentard.
– N'hésite pas à venir nous parler, Albus, dit Dumbledore avec un clin d'œil. Et tu n'as pas besoin d'attaquer des élèves pour ça. Envoie-nous plutôt un portrait et nous descendrons.
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Merci à Hyotsuki, Sandiane, LN-la-seule-l'unique, Ginevra, DiagonAlley, Eileen Ana, Caella, kodako, zaika et Earenya pour leurs reviews.
