Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.


Chapitre 05 : Trouvaille en retenue

– ­A plus tard, dit Scorpius devant le bureau de Neville.

Albus fit un signe de la main et frappa à la porte. Neville l'ouvrit presque aussitôt, ses gants de protection dans une main, un sac jeté sur l'épaule.

– Pas la peine d'entrer, Mr Potter, dit-il en refermant magiquement la porte derrière lui, nous allons dans la Forêt Interdite.

– Quoi ?! s'exclama Albus en suivant son professeur. Je croyais que si elle était interdite, c'était pour que les élèves n'y aillent pas !

Neville lui sourit.

– En l'occurrence, Al, tu es avec un professeur, alors c'est permis. Mais n'essaie pas d'y aller tout seul.

Ils suivirent les bords du lac en direction de la cabane de Hagrid.

– Ce que nous devons faire, expliqua Neville, c'est trouver des buissons de Pamplosiers Acides. A cette époque de l'année, les fruits sont mûrs et peuvent être cueillis. Il me reste encore cette partie de la forêt à explorer (il montra les arbres derrière la cabane de Hagrid) pour trouver les derniers. C'est une chance qu'ils ne se déplacent que de quelques dizaines de mètres chaque année. Je ne me sentirais pas capable de fouiller toute la forêt comme j'ai dû le faire à mon arrivée pour chercher tous les buissons. Alors, donc…

Il sortit un papier de sa poche.

– En partant de chez Hagrid, trois cents mètres vers le sud-est, lut-il. Pointe au nord ! Tu viens, Al ?

– Hagrid ne vient pas avec nous ?

Albus se sentirait plus rassuré si le demi-géant les accompagnait, mais jamais il ne l'avouerait tout haut.

– Pas besoin…

Albus s'enfonça donc avec réticence dans les profondeurs peu accueillantes de la Forêt Interdite, à la suite de son professeur de Botanique. Bien qu'il ne fût même pas trois heures de l'après-midi, les arbres séculaires masquaient les rayons du soleil, et il faisait très sombre sous leurs branches dont les feuilles tombaient peu à peu. Les branches mortes craquaient sous leurs pas comme ils s'éloignaient de plus en plus de la cabane de Hagrid, à présent invisible à leurs yeux, et se rapprochaient du cœur de la forêt. Devant Albus, Neville chantonnait, s'interrompant de temps en temps pour vérifier la direction qu'ils prenaient. Enfin, les arbres s'espacèrent et une vaste clairière s'ouvrit devant eux. Neville regarda autour de lui.

– La dernière fois que je les ai vus, c'était ici, dit-il à Albus. Nous allons nous séparer – ne va pas trop loin – et les chercher. Le premier qui les trouve envoie des étincelles rouges.

Albus le regarda s'éloigner avec un frisson. La forêt lui paraissait encore plus menaçante maintenant qu'il était seul. Réprimant l'angoisse qu'il sentait monter, il éclaira les buissons environnants à la recherche des buissons aux fruits ronds et roses. Soupirant en constatant qu'aucun n'était en vue, il résolut de s'enfoncer plus avant dans la forêt.

Crac. Boum !

– Aïe !

Se relevant péniblement, Albus éclaira le sol à l'endroit où son pied avait dérapé. Quelque chose brilla dans la lumière de sa baguette. Albus se pencha et l'attrapa.

C'était une bague, une très vieille bague, apparemment. La pierre noire était fendue sur toute sa longueur, et le dessin d'un cercle et d'un triangle, coupés en deux par la fissure, était encore visible.

Albus resta là à regarder la bague pendant quelques minutes. Que faisait un tel bijou en plein milieu de la Forêt Interdite ? Il songea un instant à appeler Neville, mais renonça en haussant les épaules. Après tout, se dit-il en mettant la bague dans sa poche, ce n'était qu'un vieil anneau… Celui qui le trouve, le garde…

– AAAAAlllllbuuuuusssss !

La voix de Neville le fit brusquement redescendre sur terre. Il se précipita dans la direction des étincelles rouges qui surgissaient de la baguette de son professeur et ami. Neville l'accueillit avec un grand sourire.

– Je les ai trouvés ! Mets tes gants de protection, les Pamplosiers sauvages sont plus acides que ceux de serre.

Trois heures plus tard, après avoir échappé de justesse à sept attaques des buissons de Pamplosiers (qui n'aimaient pas du tout que quelqu'un les dépouillât de leurs fruits), Albus, le corps fourbu, se laissait tomber dans un canapé de la salle commune de Serpentard. Elle était vide à cette heure-ci ; c'était un week-end à Pré-au-Lard pour les plus âgés, et les élèves plus jeunes étaient dehors à profiter des derniers beaux jours.

Comme il se laissait aller contre l'accoudoir, quelque chose s'enfonça dans sa cuisse. Plongeant la main dans sa poche, il en sortit la vieille bague qu'il avait trouvée dans la forêt. Dans la salle brillamment éclairée, elle avait l'air encore plus vieille. Il se demanda distraitement si elle avait de la valeur. Il pourrait peut-être se faire un peu d'or de poche en la vendant ? Il la montrerait à Scorpius. Lui qui vivait quasiment dans un musée saurait sans doute évaluer le bijou.

Il la fit rêveusement tourner entre ses doigts. Si elle valait beaucoup d'or et qu'il la revendait, il demanderait à James de lui acheter des tas de produits inventés par ses oncles George et Fred…

– Salut !

Surpris, Albus se leva d'un bond et se retourna.

– Oncle George ? demanda-t-il, stupéfait. Comment es-tu entré ?

Son oncle le regarda bizarrement. Puis un grand sourire barra son visage.

– Je ne suis pas George, Al, le corrigea-t-il. Je suis Fred.

Albus éclata de rire.

– Oncle Fred est mort il y a vingt ans, Oncle George, dit-il gentiment. Tu sais bien que tu ne peux plus te faire passer pour lui. Et en plus, lui avait ses deux oreilles !

– Exactement, dit son oncle en repoussant ses cheveux. Et je le prouve !

Deux oreilles. Là où son oncle George avait un trou, cet homme avait une oreille parfaitement formée. Maintenant qu'il y pensait, il avait aussi les cheveux plus courts… Et il était étrangement flou.

– Oncle Fred ?! s'exclama-t-il. Mais comment… ?

Fred haussa les épaules. Il ne paraissait pas curieux de savoir comment il était arrivé là. Il regardait autour de lui avec intérêt, souriant largement.

– Alors, c'est ça, la salle commune des Serpentards ? dit-il avec une moue un peu déçue. George et moi n'avons jamais réussi à y entrer ; il n'y a pas d'endroit où se cacher dans le couloir. On ne pouvait pas entendre le mot de passe. On n'a pas manqué grand-chose.

Albus se sentit vexé. Il pointa un index accusateur vers son oncle.

– Je te signale que je suis un Serpentard, alors ne commence pas à faire des commentaires désobligeants sur ma Maison !

– C'est quoi, ça ? demanda Fred en désignant sa main.

Albus baissa les yeux. La bague qu'il avait trouvée s'était glissée à son annulaire droit sans qu'il s'en aperçût. Il fit un geste pour l'enlever, mais son oncle l'en empêcha.

– Où l'as-tu eue ? interrogea-t-il sérieusement, les yeux rivés sur le bijou.

– Je l'ai ramassée dans la forêt tout à l'heure, pourquoi ? demanda Albus, déconcerté.

Fred fronça les sourcils dans un effort de concentration, le regard toujours fixé sur la bague.

– J'ai l'impression que je l'ai déjà vue quelque part…

– Quand tu étais vivant ?

– Non, justement…

Albus haussa les sourcils, incrédule. Fred eut un sourire gêné.

– Je suis resté un peu pour suivre l'action de près, se justifia-t-il. Et voir si Harry allait avoir Tu-Sais-Qui…

Il claqua soudain des doigts.

– C'est ça ! C'est Harry qui l'avait !

Albus regarda la bague.

– Papa ne m'en a jamais parlé…

Fred s'approcha pour mieux voir.

– Oui, c'est ça, confirma-t-il. Il l'a sortie d'un Vif d'Or avant de se rendre à Tu-Sais-Qui. Je crois que celui qui l'a peut parler aux morts, parce qu'après il s'est mis à parler à Lupin.

Albus releva la tête.

– Lupin ? Remus Lupin ? Le père de Teddy ? C'était quand ? Mon père s'est rendu à Voldemort ? De quoi tu parles ?

Fred secoua la tête et parut hésiter.

– Si Harry ne vous a rien raconté, je ne crois pas avoir le droit de le faire. C'est son histoire.

Albus en fut déçu. Il avait espéré que son oncle lui raconterait la Grande Bataille de Poudlard. Il soupira. Son père était un héros, et tout ce qu'il savait, c'était ce qu'il y avait d'écrit au dos de la carte de Chocogrenouille, à savoir qu'il avait permis la disparition de Voldemort. Ni son père, ni sa mère, ni aucun de ses oncles, tantes, grands-parents, amis ou relations n'avait voulu développer, sous le prétexte qu'il était « trop jeune ». La bonne excuse.

Fred se rappela à lui en se raclant la gorge. Albus sursauta. Il l'avait presque oublié.

– Ne crois pas que je n'ai pas été ravi de te rencontrer, commença son oncle, mais j'aimerais bien retourner d'où je viens… C'est assez confortable…

Albus se sentit coupable.

– Je suis désolé, Oncle Fred. Je ne sais pas comment te renvoyer. Je ne sais même pas comment tu es arrivé…

Fred réfléchit quelques instants.

– Enlève la bague, pour voir. Et si ça marche, passe le bonjour de ma part à ma famille.

Albus hocha la tête et enleva l'anneau. Fred disparut aussitôt. Songeur, Albus considéra un moment la bague.

– C'était vraiment bizarre… se dit-il tout haut.

– Tu parles tout seul, maintenant ? lui demanda Scorpius en s'asseyant à côté de lui. C'est le premier signe de la folie, tu sais ? Comment s'est passée ta retenue ?

Albus haussa les épaules.

– Pas trop mal. Ecoute, il vient de se passer un truc étrange…

Et il lui raconta la scène qui venait de se dérouler. Scorpius l'écouta attentivement, les sourcils froncés.

– Une bague qui fait apparaître les morts ? demanda-t-il finalement. Et ton père ne t'en aurait jamais parlé ? Bizarre. Peut-être que Rose sait quelque chose ? Je vais chercher le miroir.

Pendant que Scorpius fonçait en direction du dortoir pour chercher le Miroir à Double Sens que George avait offert à Albus pour son dernier anniversaire (lui chuchotant dans le dos de ses parents que c'était diablement pratique en retenue), Albus reporta son regard sur la bague.

Ainsi, son père l'avait eue en main avant de se rendre à Voldemort… Sa curiosité se faisait de plus en plus vive au fur et à mesure que les années passaient, et il brûlait de poser toutes les questions qui lui passaient par la tête au sujet de la Guerre à ses parents, mais il savait qu'ils ne lui répondraient pas… Peut-être que James savait quelque chose ? Oui, mais James ne lui avait pas parlé depuis la rentrée… Il lui en voulait toujours d'être allé à Serpentard…

Scorpius revint s'asseoir à côté de lui, le miroir en mains.

– Rose Weasley, dit-il très clairement.

Presque aussitôt, le visage aux sourcils froncés de la jeune Serdaigle apparut dans le cadre.

– Je suis occupée, lança-t-elle. J'espère que c'est urgent.

Albus entreprit sur-le-champ de raconter son histoire. Quand il eut fini, Rose ne paraissait plus contrariée. Elle avait l'air au contraire intéressée.

– Et tu dis que tu as parlé à Oncle Fred ? Alors qu'il est mort depuis vingt ans ?

Elle réfléchit un moment avant de reprendre la parole.

– Je crois qu'il vaut mieux éviter de parler de ça à qui que ce soit. Si vraiment cette bague était à Oncle Harry et qu'il n'est pas allé la récupérer, il devait avoir une très bonne raison.

– J'aimerais bien savoir laquelle, soupira Albus en regardant la bague avec insistance, comme si l'objet allait brusquement se mettre à parler – ce qui ne l'étonnerait qu'à moitié.

– Tu ne peux pas lui demander, tout simplement ? interrogea Scorpius.

Albus retint un ricanement et vit Rose faire de même dans le miroir.

– Il est impossible de faire dire à mon père un seul mot en ce qui concerne la Guerre, expliqua-t-il à son ami. Le peu qu'on en sait, c'est ce qu'on a réussi à apprendre quand ils laissaient échapper quelque chose. A mon avis, tu en sais plus que nous sur la Grande Bataille de Poudlard.

– Mon père non plus n'aime pas en parler, se récria Scorpius.

– Oui, mais même…

– Dites, vous deux, s'interposa Rose, si vous n'avez plus besoin de moi, j'ai des devoirs à terminer.

– Bien sûr, ô princesse de mon cœur, roucoula Scorpius d'un ton charmeur. Nous comprenons parfaitement que votre désir de connaissance prime sur la médiocre qualité de notre compagnie. Veuillez excuser les misérables Veracrasses que nous sommes d'avoir osé vous détourner de votre quête de savoir.

– Crétin.

Rose coupa la communication et les deux garçons éclatèrent de rire.

– J'ai comme l'impression qu'elle ne nous rejoindra pas à table, tout à l'heure, remarqua Scorpius quand ils se furent calmés.

– Oh, vraiment ? ironisa Albus. Qu'est-ce qui te fait croire ça ?

Avant que Scorpius ne pût répondre, Theo Badstern, un garçon de leur année, vint se planter devant eux, l'air paniqué.

– Vous croyez qu'on devra inviter des filles pour le bal de Halloween ? demanda-t-il de but en blanc.

Albus et Scorpius échangèrent un regard, leur brouille avec Rose insignifiante comparée à cette horreur absolue qu'était l'invitation au bal d'un individu de sexe féminin.

– Moi, je n'invite personne, affirmèrent-ils en chœur.


Honnêtement, je ne sais pas comment fonctionne la bague, mais je suis partie du principe que le revenant ne peut pas disparaître tant que celui qui l'a appelé tient la pierre dans sa main. Après tout, le quatuor a disparu quand Harry a laissé tomber la bague.

Quelques précisions :

- Ginevra : la raison pour laquelle je n'ai pas respecté les couples de J.K.R. est tout bêtement parce que j'ai commencé cette fic le 22 juillet, après avoir fini le septième tome, et qu'en l'absence d'Internet je n'avais aucun moyen de savoir ce qu'elle avait prévu. Le commencement de ma fic est basé uniquement sur l'épilogue, vois-tu. Mais j'ai modifié les noms de la nouvelle génération pour prendre en compte ses plans et y ai rajouté quelques personnages de mon cru.

- DiagonAlley : Laura Nott n'est pas la fille de Théodore Nott. Mais ils sont effectivement de la même famille.

Merci à Julie Winchester, Hyotsuki, LN-la-seule-l'unique, DiagonAlley, pocabie, Spleen et Ethelred pour leurs reviews!