Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.
Chapitre 06 : Halloween
Albus soupira en se regardant dans le miroir. Jamais il n'aurait dû laisser sa mère choisir son costume. Cette grande croix rouge au milieu de sa robe blanche était ridicule. Et en plus il avait des collants. Il était hors de question qu'il allât dans la Grande Salle avec cet accoutrement.
Quelqu'un frappa à la porte de la salle de bains et la voix de Scorpius se fit entendre :
– Al ! Tu es le dernier, on doit y aller !
Maudissant intérieurement sa mère pour avoir choisi ce déguisement, Neville pour avoir suggéré l'idée d'un bal costumé et la directrice McGonagall pour avoir accepté, Albus déverrouilla la porte et sortit dans le dortoir. Il se figea cependant en apercevant Scorpius. Remarquant son regard insistant, celui-ci sourit, un peu gêné.
– Oui, j'ai pris Nick Quasi-sans-tête pour modèle. Et toi, en quoi es-tu déguisé ?
Albus arracha ses yeux du chapeau à plumes et fit la moue.
– En Templier, d'après ma mère.
– C'est quoi, ça ?
– Aucune idée.
Scorpius l'étudia un moment avant de hausser les épaules.
– Viens, on doit attendre Rose devant les portes.
La soirée commença à empirer pour Albus alors qu'ils attendaient dans le Hall d'entrée. Il avait essayé de se cacher derrière Scorpius, mais son ami ne cessait de bouger dans l'espoir d'apercevoir Rose parmi les élèves qui affluaient vers la Grande Salle. Il avait vu James passer devant lui sans le remarquer, en grande conversation avec l'une des triplées Finnigan, et s'était furtivement demandé pourquoi Venus avait eu l'autorisation de venir alors qu'elle n'était pas encore scolarisée. Il avait eu la réponse deux minutes plus tard, quand une Luna d'humeur assassine était sortie de la salle, tenant sa fille par le bras et s'éloignant à grands pas en direction de ses appartements. Ce faisant, elle n'avait pas remarqué Stella et Sunny qui se faufilaient à l'intérieur derrière son dos en échangeant chuchotements et gloussements. Albus avait aussitôt prévenu Scorpius de ne rien accepter à boire ou à manger venant d'elles.
Puis, il y eut Rose. Elle arriva dans leur dos.
– Coucou, les garçons !
Surpris, ils s'étaient retournés sans se méfier, et la traîtresse avait brandi un appareil photo. Lorsqu'ils avaient recouvré l'usage de leurs yeux (le flash était remarquablement puissant), l'appareil photo avait disparu dans les plis de la robe de marquise de Rose et elle avait prévenu toute tentative de représailles en poussant devant elle la fille aux longs cheveux bouclés qui était montée dans le même bateau qu'eux, le 1er septembre.
– Voici Abigail Anderson, avait-elle dit d'un ton décidé. Elle a gentiment accepté d'être ta cavalière, Albus.
La bouche d'Albus s'était ouverte pour protester mais un regard meurtrier de la part de sa cousine l'avait contraint à ravaler ses réclamations. Scorpius avait tapoté son épaule en signe d'encouragement, et s'était éloigné avec Rose, le lâche. Et maintenant il était stupidement planté en face d'Abigail Anderson, qui semblait absolument fascinée par ses propres pieds, à peine visibles sous sa longue robe pourpre ornée d'une large ceinture d'or.
Albus prit rapidement sa décision. Même s'il n'éprouvait aucune sympathie pour cette fille, il ne prendrait pas le risque d'encourir les foudres de Rose. Mais il trouverait comment se venger plus tard.
– On y va ? dit-il brusquement.
Abigail hocha la tête sans lever les yeux, et ils entrèrent dans la Grande Salle à la suite d'un couple de Poufsouffles de sixième année, avant de s'arrêter sur le seuil, étonnés. Les tables des Quatre Maisons avaient disparu, et des dizaines de petites tables rondes s'éparpillaient autour de la pièce. A la place de la table des professeurs, un grand buffet proposait toutes sortes de plats, viandes froides, légumes, desserts et bonbons au citron. D'énormes citrouilles évidées ornaient les coins, leurs sourires grimaçants illuminés de l'intérieur par des bougies. Des chauves-souris voletaient au plafond, et des chaînes pendues aux murs produisaient un léger tintement chaque fois qu'un élève les effleurait. Les fantômes glissaient au milieu de la foule, ravis de l'attention qu'on leur portait en ce jour dédié aux morts. Albus vit Nick Quasi-sans-tête raconter avec de grands gestes sa décapitation bâclée à un groupe de Serdaigles aux yeux écarquillés.
– Albus, murmura soudain Abigail, je crois qu'ils t'appellent.
Elle désignait la table la plus bruyante. Une table où la plupart des élèves étaient roux. La table où son frère venait de s'asseoir et vers laquelle Rose entraînait un Scorpius plus que réticent. La table où la moitié des personnes agitait les bras dans tous les sens, essayant d'attirer son attention. La table Weasley.
Albus grimaça en remarquant l'air autoritaire de Victoire. Il allait au-devant de gros ennuis s'il envisageait de les ignorer. Après tout, la mère de Vic était la meilleure élève de son école, et son père était briseur de sorts. Victoire avait tout un arsenal de maléfices à sa disposition, et n'hésiterait sûrement pas à s'en servir. Soupirant, il fit signe à Abigail de le suivre et se fraya un chemin jusqu'à la table en feignant de ne pas voir le regard étrange que James lui jetait.
– Salut, tout le monde, dit-il en s'arrêtant à côté de Scorpius dont l'air particulièrement mal à l'aise lui donna envie de rebrousser chemin sur-le-champ avec son ami sous le bras.
Il y eut un chœur de « Salut, Al ! » avant que Sunny ne se matérialisât brusquement à leurs côtés.
– Jamie, roucoula-t-elle, maintenant, s'il te plaît…
James bondit aussitôt vers la piste de danse avec un grand sourire qui dévoilait ses canines pointues, sa longue cape noire flottant derrière lui. Sunny bifurqua en direction du fond de la salle, suivie des yeux par la plupart des Weasley. Steve, le fils de Percy, et Marie, la deuxième fille de Bill, tenaient chacun un des bras de Victoire qui se débattait pour s'élancer derrière Sunny. Dominique, son frère, tentait de la garder silencieuse en plaquant une main contre sa bouche tandis que son jumeau Louis s'emparait de la baguette magique de leur aînée. Ian Saint, le Préfet-en-Chef qui accompagnait Victoire, s'était prudemment reculé de quelques pas et la grande majorité des rendez-vous du clan Weasley s'était réfugiée derrière lui, observant la scène avec intérêt. Les deux Weasley restantes, Molly et Lucy, étaient occupées à essayer de voir à travers la foule ce que fabriquait James. Quant à Scorpius et Abigail, ils regardaient Victoire tenter de se libérer en ouvrant de grands yeux, la bouche ouverte.
– Ne vous en faites pas, les rassura Albus. C'est parfaitement normal.
Rose intervint à son tour, une expression de profonde perplexité sur le visage.
– Est-ce que James vient d'inviter McGonagall à danser ?
Tous les yeux Weasley survolèrent la piste de danse, et plusieurs exclamations choquées s'échappèrent de leurs gorges. Albus grogna de dépit. Il détestait être tenu à l'écart des plans de son frère en matière de blague.
– Viens, Sco, dit-il à voix haute. On va chercher des Biéraubeurres.
En fait, il voulait surtout retrouver Sunny ou Stella pour leur demander ce qui se passait. Et alors qu'il entraînait son ami en direction de l'estrade, il tentait de repérer les deux filles blondes au milieu de la foule. Ce ne fut donc qu'en arrivant près de la table qu'il comprit son erreur.
Les trois filles les entourèrent aussitôt, des sourires carnassiers aux lèvres. Laura Nott se planta devant eux, les poings sur les hanches, l'air narquois sous sa perruque de Cléopâtre. Albus jeta un coup d'œil inquiet à Scorpius.
– Je te donne une dernière chance, preux chevalier, dit Laura avec une douceur qui contrastait avec ses yeux plissés par la méchanceté. Les demoiselles au bon cœur que nous sommes seraient désolées de te voir emprunter le mauvais chemin.
– Parler de soi à la troisième personne est un signe de narcissisme, fit remarquer Albus en serrant les poings.
Il n'avait jamais frappé une fille, mais seuls les préfets avaient l'autorisation de porter leur baguette, ce soir…
Laura tendit une main indolente vers lui et il se raidit. Si jamais elle le touchait… Mais non, elle se contenta de prendre une chope de Biéraubeurre derrière lui. Tina et Xena l'imitèrent en tentant d'étouffer leurs gloussements. Honnêtement, ces filles ne pouvaient-elles pas penser par elles-mêmes au lieu de suivre Nott ?
Laura leva la chope en un salut moqueur.
– A ta santé, Potter. Puisses-tu regretter éternellement ta décision de me rejeter.
Elle but une gorgée, imitée par ses deux acolytes. Et lui jeta le reste à la figure.
Presque aussitôt, plusieurs choses se succédèrent. Il y eut un grand cri dans la foule qui fit se retourner toutes les têtes, une fille blonde qui se trouvait non loin d'eux lâcha son verre qui se brisa sur le sol quand James passa en trombe devant elle pour se précipiter vers le quintet de Serpentards, et Laura, Tina et Xena disparurent.
Albus, dégoulinant de Biéraubeurre, fixa bouche bée les trois chatons aux gros nœuds roses qui se trouvaient à l'endroit même où se tenaient les filles, quelques secondes auparavant. Il n'avait pas fait de magie accidentelle, si ? Cela ne lui était plus arrivé depuis l'âge de huit ans. Mais aussi, pourquoi Nott le tourmentait-elle ainsi ?
Il s'arracha finalement à sa contemplation en entendant un rire naître dans la salle, suivi d'un autre, et encore un autre… Les élèves se rendaient compte que trois d'entre eux étaient transformés en mignonnes petites boules de poils ornées d'un ruban rose, et tous paraissaient trouver l'événement extrêmement comique.
Toujours trempé, il se tourna vers Scorpius, notant au passage la tête auburn de James qui s'éloignait. Les mots qu'il allait prononcer moururent sur ses lèvres, aussitôt remplacés par d'autres.
– Je crois qu'il me déteste vraiment.
Scorpius aussi avait remarqué l'aîné des Potter.
– Ça lui passera, murmura-t-il.
– Il ne te déteste pas.
Tous deux se tournèrent vers la fille blonde déguisée en Muse qui avait cassé son verre. Elle avait un regard bleu décidé, pour ne pas dire têtu. Elle s'avança, la main tendue.
– Patricia Dubois. Je suis en première année aussi, à Gryffondor.
– Ah ! fit Scorpius en serrant maladroitement sa main. C'est pour ça que tu dis que James ne déteste pas Al ?
Albus, lui, s'attarda plus sur les premiers mots que sur les derniers.
– Dubois… Comme dans Olivier Dubois ?
Patricia hocha la tête.
– C'est mon père.
Les deux garçons la regardèrent bouche bée. Elle rougit.
– Ce n'est qu'un joueur de Quidditch, marmonna-t-elle.
– Qu'un joueur de Quidditch ?! s'exclama Albus en sentant sa voix partir dans les aigus.
– Il est le Gardien de l'équipe nationale d'Ecosse ! renchérit Scorpius en s'animant brusquement. Il n'a encaissé que dix buts lors de la dernière Coupe du Monde, il y a trois ans !
– Je n'ai pas pu dire un seul mot, quand je l'ai rencontré, le jour de la finale, soupira Albus.
Scorpius se tourna vivement vers lui.
– Tu l'as rencontré ?
– J'étais dans la tribune officielle avec mon père, expliqua Albus, un air rêveur qu'il savait stupide sur le visage. Dubois était capitaine de Gryffondor quand mon père est entré dans l'équipe.
– Ton père le connaît ?!
Albus remarqua soudain l'air profondément ennuyé de Patricia. Il lui adressa un sourire penaud qui parut la radoucir.
– Désolé, s'excusa-t-il. Pour n'importe quel fan de Quidditch, ton père est un héros.
– Pour n'importe quel sorcier, le tien en est un, rétorqua-t-elle.
Et il ne savait toujours pas pourquoi, vu que son père ne lui avait toujours rien raconté. Il allait avoir une sérieuse discussion avec lui, pendant les vacances. Scorpius toussota.
– Donc, tu… tu disais que James ne détestait pas Al ? relança-t-il timidement.
– Quiconque l'a entendu menacer des pires représailles celui qui dit du mal de toi dans la salle commune est en mesure de le confirmer, assura-t-elle.
Albus la fixa, éberlué.
– Il a fait quoi ?
– Il est le premier à prendre ta défense, continua-t-elle sans paraître l'avoir entendu. Tu n'as qu'à demander à Victoire, Steve ou Dominique.
– Nous demander quoi ? interrompit Steve Weasley en apparaissant à côté d'eux.
Il agita sa baguette et la Biéraubeurre qui gouttait des cheveux d'Albus s'évapora. Celui-ci regarda son cousin dont les lunettes masquaient mal la curiosité, au fond de ses yeux bleus.
– Merci. C'est vrai que James a pris ma défense ?
Steve se baissa pour ramasser les chatons.
– Oui.
Comme la phrase suivante tardait à venir, Albus perdit patience.
– Et… ?
– Et quoi ? s'étonna Steve en se redressant.
– Quoi, et quoi ? s'énerva Albus. Pourquoi est-ce qu'il a fait ça ? Pourquoi il ne me parle pas s'il me défend ? Pourquoi personne ne me l'a dit avant ?
Steve haussa les épaules en évitant un coup de griffe.
– Demande-le-lui. Je dois apporter ces trois-là à McGonagall dans son bureau, elle y a convoqué Luna et ses filles, ça ne va pas être beau à voir, elle avait repéré Sunny malgré l'opération distraction de James.
Son visage se fendit d'un large sourire, contredisant ses propos de catastrophe imminente. Albus regarda son dos s'éloigner avec un sentiment de frustration cuisante. Patricia lui tapota amicalement le bras.
– S'il ne te reparle pas avant, tout s'arrangera pendant les vacances de Noël, prédit-elle.
Albus s'attarda sur la silhouette de son frère qui se trémoussait sur la piste de danse en compagnie de Marie, et serra les mâchoires.
– J'espère que tu as raison.
NdA : Laura a des raisons pour agir comme elle le fait.
Vous ai-je dit à quel point j'appréciais les reviews?
Merci à Julie Winchester, pocabie, Caella, Rini, Ethelred, soleil levant08 et Jullsy pour les leurs!
